celle du verre à soi
Qui n’a jamais eu soif. Mais vraiment soif. Au moins une fois dans sa vie. A en avoir la pépie. Cela arrive à chacun de nous. Mais pour d’autres, le culte du verre à soi à d’autres origines. Moins avouables le plus souvent.
Lorsqu’il quitta ses Abruzzes natales en quête de travail et remonta vers le nord, Vitali Bezoli n’imaginait pas le fabuleux destin qui l’attendait.
Ayant franchi les Alpes et ne trouvant toujours rien il finit par s’échouer dans le ru Tabaga tant il avait soif…
Ne voyant plus couler l’eau qui alimentait sa citerne Mailar Doise jura tout ce qu’il savait contre son voisin qu’il soupçonnait depuis toujours de vouloir détourner cette eau. Mais qu’elle ne fut sa surprise lorsqu’il trouva le Vitali couché en travers du ru en train de se noyer dans 5 cm d’eau. L’ayant tiré d’affaire il s’enquit de ce qu’il fichait là.
- Ben je cherche du travail.
- Si tu rechignes pas à l’ouvrage t’es mon homme, tope là.
Ce qui fut fait, Vitali devint commis de ferme.
Un soir Dagmar (1) le surprit en train de lansquiner dans la cour. Elle fut impressionnée par ce qu’elle aperçut plus qu’elle ne vit. Faut dire aussi que depuis quelques temps notre Vitali était devenu accro à la chopine. Mais cela n’expliquait pas tout. Faut savoir que comme tous les gars Bezoli depuis des lustres et des lustres, il était bien doté par la nature.
Aussi un matin que son homme était parti à la ville elle rusa pour amener le Vitali dans la grange.
Quelques semaines plus tard elle commença à prendre des rondeurs qu’elle ne put cacher à son mari. Celui-ci soupçonna tout de suite qui pouvait être le père car il savait depuis longtemps que ses propres cartouches étaient mouillées. Ce n’était pourtant pas faute de changer de cibles mais aucune n’avait bougé. Aussi fut il ravi lorsque Dagmar mit au monde un gars qui ne pouvait renier ses origines.
Puis ce fut une cadette et deux autres gars qui vinrent gonfler les rangs de la fratrie. Heureusement pour Mailar Vitali et lui avaient à peu près la même allure pour le haut.
Pourtant, au bourg personne n’était dupe, même si le Vitali avait fini par épouser la Mauricette Taimieux, la veuve d’Alcée mort lors de la guerre 14-18 et qui avait hérité de l’usine séricicole (2) qu’elle gérait, aidée de sa fille Lucette.
Mais la Mauricette faisait des envieuses dans le bourg. Un brin avide, elle s’en ouvrit à Vitali qui saisit la balle au bond. Puisqu’il y avait une partie de la maison qui n’était pas employée, il l’aménagea en nid douillet où il put répondre à la demande. Toutefois, devant le succès de son entreprise il se trouva de plus en plus souvent à cours de ressources. Il fit alors appel à cinq de ses frères et cousins qu’il installa dans ce qui inspira JP Mocky pour son film l’Etalon avec Bourvil.
Un Dimanche matin, Vitali et Mauricette virent arriver une partie des notables de Ménoies qui venaient faire part de leurs doléances. Ils crurent que leur commerce les dérangeait. Mais non, bien au contraire, cela les déchargeait de devoir accomplir certain devoir. Non ce qu’ils voulaient, c’était qu’ils fassent la même chose pour eux car la maison où ils avaient leurs habitudes à Cernés avait changé de propriétaire et ce n’était plus ce que c’était.
Un peu d’huile sur les rouages et les travaux commencèrent pour aménager un hôtel bourgeois à la place de leur appartement et les messieurs de Ménoies purent reprendre leurs habitudes sans faire trop de kilomètres.
Vint la guerre de 39-45 qui vit repartir frères et cousins. Puis la loi Marthe Richard sonna la fin de la maison de rendez-vous et sa transformation en simple hôtel de tourisme. La fusion des deux n’intervint que quelques années plus tard avec le mariage des familles Tansay-Taimieux
(1) Mme Doise – Dagmar Doise si vous préférez
(2) Usine où l’on avait longtemps déroulé les cocons de vers à soie pour les soyeux lyonnais.
Lorsqu’il quitta ses Abruzzes natales en quête de travail et remonta vers le nord, Vitali Bezoli n’imaginait pas le fabuleux destin qui l’attendait.
Ayant franchi les Alpes et ne trouvant toujours rien il finit par s’échouer dans le ru Tabaga tant il avait soif…
Un soir Dagmar (1) le surprit en train de lansquiner dans la cour. Elle fut impressionnée par ce qu’elle aperçut plus qu’elle ne vit. Faut dire aussi que depuis quelques temps notre Vitali était devenu accro à la chopine. Mais cela n’expliquait pas tout. Faut savoir que comme tous les gars Bezoli depuis des lustres et des lustres, il était bien doté par la nature.
Quelques semaines plus tard elle commença à prendre des rondeurs qu’elle ne put cacher à son mari. Celui-ci soupçonna tout de suite qui pouvait être le père car il savait depuis longtemps que ses propres cartouches étaient mouillées. Ce n’était pourtant pas faute de changer de cibles mais aucune n’avait bougé.
Puis ce fut une cadette et deux autres gars qui vinrent gonfler les rangs de la fratrie. Heureusement pour Mailar Vitali et lui avaient à peu près la même allure pour le haut.
Pourtant, au bourg personne n’était dupe, même si le Vitali avait fini par épouser la Mauricette Taimieux, la veuve d’Alcée mort lors de la guerre 14-18 et qui avait hérité de l’usine séricicole (2) qu’elle gérait, aidée de sa fille Lucette.
Un Dimanche matin, Vitali et Mauricette virent arriver une partie des notables de Ménoies qui venaient faire part de leurs doléances. Ils crurent que leur commerce les dérangeait. Mais non, bien au contraire, cela les déchargeait de devoir accomplir certain devoir.
Vint la guerre de 39-45 qui vit repartir frères et cousins.
(1) Mme Doise – Dagmar Doise si vous préférez







