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Publié le 19/04/2008 à 17:43
Par Trebor Yles
Il était une foi…
celle du verre à soi
 
 

Qui n’a jamais eu soif. Mais vraiment soif. Au moins une fois dans sa vie. A en avoir la pépie. Cela arrive à chacun de nous. Mais pour d’autres, le culte du verre à soi à d’autres origines. Moins avouables le plus souvent. 
Lorsqu’il quitta ses Abruzzes natales en quête de travail et remonta vers le nord, Vitali Bezoli n’imaginait pas le fabuleux destin qui l’attendait.
Ayant franchi les Alpes et ne trouvant toujours rien il finit par s’échouer dans le ru Tabaga tant il avait soif…
Ne voyant plus couler l’eau qui alimentait sa citerne Mailar Doise jura tout ce qu’il savait contre son voisin qu’il soupçonnait depuis toujours de vouloir détourner cette eau. Mais qu’elle ne fut sa surprise lorsqu’il trouva le Vitali couché en travers du ru en train de se noyer dans 5 cm d’eau. L’ayant tiré d’affaire il s’enquit de ce qu’il fichait là.
- Ben je cherche du travail.
- Si tu rechignes pas à l’ouvrage t’es mon homme, tope là.
Ce qui fut fait, Vitali devint commis de ferme. 

Un soir Dagmar (1) le surprit en train de lansquiner dans la cour. Elle fut impressionnée par ce qu’elle aperçut plus qu’elle ne vit. Faut dire aussi que depuis quelques temps notre Vitali était devenu accro à la chopine. Mais cela n’expliquait pas tout. Faut savoir que comme tous les gars Bezoli depuis des lustres et des lustres, il était bien doté par la nature.
 
Aussi un matin que son homme était parti à la ville elle rusa pour amener le Vitali dans la grange.
 
Quelques  semaines plus tard elle commença à prendre des rondeurs qu’elle ne put cacher à son mari. Celui-ci soupçonna tout de suite qui pouvait être le père car il savait depuis longtemps que ses propres cartouches étaient mouillées. Ce n’était pourtant pas faute de changer de cibles mais aucune n’avait bougé.
 Aussi fut il ravi lorsque Dagmar mit au monde un gars qui ne pouvait renier ses origines.
Puis ce fut une cadette et deux autres gars qui vinrent gonfler les rangs de la fratrie. Heureusement pour Mailar Vitali et lui avaient à peu près la même allure pour le haut.
 

Pourtant, au bourg personne n’était dupe, même si le Vitali avait fini par épouser la Mauricette Taimieux, la veuve d’Alcée mort lors de la guerre 14-18  et qui avait hérité de l’usine séricicole (2) qu’elle gérait, aidée de sa fille Lucette.
Mais la Mauricette faisait des envieuses dans le bourg. Un brin avide, elle s’en ouvrit à Vitali qui saisit la balle au bond. Puisqu’il y avait une partie de la maison qui n’était pas employée, il l’aménagea en nid douillet où il put répondre à la demande. Toutefois, devant le succès de son entreprise il se trouva de plus en plus souvent à cours de ressources. Il fit alors appel à cinq de ses frères et cousins qu’il installa dans ce qui inspira JP Mocky pour son film l’Etalon avec Bourvil. 

Un Dimanche matin, Vitali et Mauricette virent arriver une partie des notables de Ménoies qui venaient faire part de leurs doléances. Ils crurent que leur commerce les dérangeait. Mais non, bien au contraire, cela les déchargeait de devoir accomplir certain devoir.
Non ce qu’ils voulaient, c’était qu’ils fassent la même chose pour eux car la maison où ils avaient leurs habitudes à Cernés avait changé de propriétaire et ce n’était plus ce que c’était.
Un peu d’huile sur les rouages et les travaux commencèrent pour aménager un hôtel bourgeois à la place de leur appartement et les messieurs de Ménoies purent reprendre leurs habitudes sans faire trop de kilomètres.

Vint la guerre de 39-45 qui vit repartir frères et cousins.
Puis la loi Marthe Richard sonna la fin de la maison de rendez-vous et sa transformation en simple hôtel de tourisme. La fusion des deux n’intervint que quelques années plus tard avec le mariage des familles Tansay-Taimieux  

(1) Mme Doise – Dagmar Doise si vous préférez
(2) Usine où l’on avait longtemps déroulé les cocons de vers à soie pour les soyeux lyonnais.
 

  
  
  
  
Publié le 19/04/2008 à 07:46
Par Trebor Yles
Au nom de l’Aronde 

La  polémique avait surgit par un après-midi pourtant ensoleillé mais frais.
Pepper Mint affirmait qu’il existait quatre macarons de couleurs différentes ayant vanté les records mondiaux glanés par l’Aronde.
Sépia, fort de sa connaissance en ce domaine lui répliquait qu’il n’y a en avait eu juste deux : un bleu ciel apposé sur les berlines et coachs de l’AM 1958 et un rouge pour les mêmes modèles de l’AM 1959. En clair le bleu ciel pour la dernière AM de la ligne Océane ; le rouge pour la première AM de la P60.
De son côté, Trébor, comme à son habitude, pataugeait lamentablement dans la semoule sur ce point.
C’est alors que Sépia lui demanda de voir si du côté de Lézieux-Cernés une manifestation ne pouvait se dérouler pour obtenir d’Ixo le respect de ces attributs sur les Simca de la collection Altaya.
Contact fut établi avec le Président du M.C.Z. = Mini Club Zieuté - le club des collectionneurs de miniatures de Lézieux-Cernés, c'est-à-dire Jean Aymard du Tacot.
Celui-ci fit valoir qu’en cette période où d’autres préoccupations plus importantes se faisaient jour – crise des subprimes, faim dans le monde, hausse des prix des matières premières et des denrées alimentaires, le sujet était vraiment très mince et question de spécialistes pour justifier une manifestation. Pour lui s’était presque de l’intégrisme.
Par contre il n’était pas hostile à une rencontre avec les différents protagonistes pour discuter de cette collection.
Aussi retrouvons nous Jean Aymard du Tacot entouré de Sépia, Pepper et Trébor autour de la bonne table du Lion d’or à Ménoies sous Vairges. Chacun est venu avec sa voiture personnelle : Jean Aymard du Tacot avec une Alfa Roméo 2600 SZ signée Zagato, Pepper son Horizon, Sépia son cabriolet 404 et Trébor …  sa Laguna.
A la fin de repas, ils convinrent que le seul compte rendu de cette réunion suffirait à attirer l’attention de M. Ixo sur cette épineuse question du respect de la couleur du macaron suivant l’année modèle de l’Aronde : bleue pour l’AM 1958, rouge pour l’AM 1959.  

Je voudrais m'excuser auprèsq de Sépia et Pepper pour ne pas disposer de modèles de la même couleur que les leurs
.

  
  
  
  
Publié le 10/04/2008 à 14:39
Par Trebor Yles
Le chant de l’Aronde 

Tel le cygne du ballet, l’Aronde vit ses derniers instants de commercialisation en cette année 1962. Pourtant elle a encore ses adeptes. C’est pourquoi Paul Hyttick fait un effort pour présenter la dernière mouture de la Monaco que lui a commandé Eléazar Faytoux, l’ancien gérant du Comptoir d’épicerie fine.
Celui-ci vient de se mettre à son compte sous une enseigne alors peu connue : Le…c. Faut dire que la Loterie nationale lui a sourit quelques mois plus tôt avec le billet des Bleuets de France que lui a proposé « Nicotine » le buraliste (1).
Pensez donc 250.000 NF qu’il a gagné. Alors il a acheté les murs de sa boutique et la maison voisine de la mère Cedesbenz (2) où jadis était un commerce de bois et charbon.  Du coup avec plus de 800 m2 de plancher pour son magasin et 300 m2 de remise, sans compter les 400 m2 de la cour intérieure, il a le plus gros commerce du bourg.
Bobonne, elle ça lui a monté à la tête ; a changé tout son trousseau ; en a eu assez de poser ses fesses dans la Commerciale qu’à déjà l’âge de mon aîné ! Qu’elle a dit, l’Elvira née Surlel, veux une vraie automobile et plus belle que celle de la bouchère (3).

Eléazar résista tant bien que mal à la charge et se résigna à commander cette Monaco Spécial dont il prendra livraison lundi, jour de fermeture de son magasin. Il aurait préféré attendre un peu d’avoir tout payé ses travaux et s’offrir une 1500…


 
 (1) surnommé ainsi pour ses doigts jaunis – à croire qu’il fume tout son fonds de commerce. C’est aussi que faut voir comme il pratique. C’est un rouleur de cibiches. Mais un manuel. Il prend une feuille OCB. Lui donne la forme d’une gouttière. Met son tabac dedans. Puis roule les deux extrémités. Se colle l’engin entre les lèvres et l’allume. Effet immédiat, ça s’embrase…
Il tire deux ou trois goulées et jette le reste - pour éviter un second incendie - dans une boîte de bombons faisant office de cendrier. Quel gâchis ! Y aurait de quoi s’en rouler beaucoup d’autres. C’est vrai qu’en forme de bonbec une cloppe n’a rien de terrible.  
(2) la veuve de Dalmar Cedesbenz 

(3) une 403

  
  
  
  

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