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Publié le 22/07/2008 à 19:13
Par Trebor Yles
Avertissement
Fut un temps il existait à la télévision une émission que diffusait des films muets sous le tire d' "Histoires sans paroles". Voici pour une fois un délire sans photos qui me trottait trop dans la tête pour être correctement illustré. Qu'en pensez-vous ?
Connie la terrible
Connue sous le nom de Nicole Aufion Mais à l’état civil Nicolas Dufion
Au cours de l’année 1961 le canton de Cernés fut le théâtre d’une succession de faits d’hiver, bien qu’ils eurent lieu de mai à novembre. C’est vrai que dans cette histoire, tout était approximatif, alors l’orhtographe ou la grandmère …. Bof ! A chacun de retrouver ce qu’il cherche.
Je disais donc, qu’une série de faits divers alimentèrent les chroniques de la Feuille de Choux Farcie. Ils permirent à Gérard Manpassoif de se faire un nom. Parmi ceux-ci il y eut l’attaque de la poste de Cernés le Vieux par une belle soirée d’été. Attaque qui se révèlera fatale pour son auteure. Hé oui, que voulez-vous, aujourd’hui il faut tout écrire au féminin lorsqu’il s’agit d’une femme. Et quelle femme ! Connie la terrible ! On avait fini par la repérer. C’est vrai qu’elle opérait dans la plus grande discrétion en circulant sur les petites routes du canton à bord d’un cabriolet Chevrolet BelAir de 1957 conduit par Mimile la Jonquaille (1). Les forces de l’ordre la connaissaient sous le nom de Nicole Aufion pour l’avoir déjà enchristée. Du moins le croyaient-elles. Au cours de la nuit qui s’en suivit ladite attaque de la Poste, une véritable chasse à l’homme, pardon à la femme, s’engagea. N’exagérons rien cependant. Faut rester raisonnable. Faut relativiser et ramener les proportions aux moyens disponibles à l’époque. Toujours est-il que sur le coup des 4h30 quelques jours plus tard et à plus de deux kilomètres de là, Nicole Aufion fut arrêtée à un barrage. Mais lorsque la maréchaussée s’en saisit elle eut la sensation de s’être fait berner une fois de plus. Elle venait d’arrêter un homme portant robe et perruque du nom de Nicolas Dufion. ...................
Pourquoi cela revient-il à la surface aujourd’hui ? Tout simplement parce qu’ Arpel Hycule vient d’immortaliser cette histoire pour la TV. Et comme sa script avait la tête on ne sait où, le film dont vous avez vu la bande annonce est plein d’approximations. A l’image de la fameuse scène du film « Il ne faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages » où Bernard Blier fait une cascade au volant d’une Simca 1300 grise alors que l’image d’avant il est au volant d’une 1501 également grise et qu’il passe alternativement de l’une à l’autre pendant cette scène. ………………
Entre-temps …
_...? _ Oui, Brigadier, c’est arrivé just’après 18 heures. J’étais en train de refermer ma serviette lorsque j’ai entendu une clé tourner dans la porte de derrière. J’ai cru que c’était Duhaut(2) qui arrivait … _ Qui c’est ce Duhaut ? _ Ben, Gontran, le facteur qui emporte le courrier au chef lieu avec la 203. _ Et c’était pas lui ? _ Ben non pisqu’ vous êtes là. _ Alors c’était qui ? _ Une rousse avec une mitraillette qui voulait l’argent… _ Vous lui avez donné ? _ Disons que j’ai cédé. Vu que j’ai pas fait la guerre, cause à mon asthme… _ Et vot’ coffre ? _ Ce vieux machin que les boches ont laissé … un ouvre boite et y a qu’à se servir. _ Et vous alliez où avec cet’ serviette ? _ Ben chez moi, comme tous les soirs. _ Devait connaître vos habitudes la rousse ? _ Sais pas, jamais vue ici en tout cas… _ Et elle était comment ? _ Pas très grande, moins que vous en tout cas … dirai 1m50 – 55 … mais carrée d’épaules… et une poitrine ! (admiratif) gonflés qu’ils devaient être… _ C’est tout que vous avez remarqué ? _ Non, ses yeux cachés par des miroirs en guise de lunettes … comme les pilotes de chasse dans les films. _ Et comment qu’elle était habillée ? _ Chic… oh oui, très chic même… j’ai cru que c’en était une de la ville… savez, Paris. _ Un signe particulier ? _ Sa façon de parler : "file la serviette et casse toi pauvre con !" … d’un vulgaire… ça n’allait pas avec le reste… et pis, maintenant que j’en parle… je son de sa voix… _ La voix de son maître ? _ Pourquoi dites vous ça Brigadier ? _ Parc’que je vous parie que vous allez dire que ça ressemblait à une voix d’homme. _ S’avez deviné. Et puis très nerveuse et agitée qu’elle était… alors j’ai tendu la serviette et disparu sous le bureau. _ Et elle est partie ? _ Ouais. Aussi vite qu’elle était entrée. _ Ben avec ça je vais aller loin… enfin bon… si quéque chose vous revenait, passez à la brigade. _ J’y manquerais pas Brigadier…
Reconduisant le brigadier à la porte, le receveur des Postes, revient aux civilités d’usage. _ Bon, maintenant que t’as tous les détails, Agathon (3), comme j’t’ connais, t’as déjà une piste. _ J’ peux rien te cacher Serge (4). L’on est sur une piste… celle de la Nicole Aufion, t’ sais ben, la Camamity Janes du Centr’Est comme l’écrit L’Echos du Morvan. Manquait plus qu’ait vienne par chez nous. Vais devoir ouvrir l’œil. Bon ben salut et n’oublie pas … _ T’inquiète ! Veux retrouver les sous, moi ! Sinon c’est pour ma pomme… _ T’es pas assuré ? _ Ben non, c’était l’ancien, le père Larampe (5) qui l’était… moi j’ crois pas. Vais téléphoner au centre. _ Bonne chance et à demain soir chez Léontine (6) … _ A demain et bonne chasse
……..Et le lendemain soir chez la Léontine. Agathon, en civil, est rejoint par Serge Mandeux. _ Alors, cette enquête ? Elle avance ? _ Semblerait …. Aurait été vue du côté d’Epinal. C’est vrai que c’est une belle image qu’on a là.
Arrive la Martine (7) pour prendre les commandes. Et la regardant, le visage de Mandeaux s’éclaircit et celui-ci s’entend déclarer : _ Agathon, j’ souviens maintenant … la rousse… celle d’hier… et ben, elle n’avait pas de vernis aux ongles mais elle était maquillée, pire qu’une des bagnoles à Carambouille (8). T’aurais du voir le tableau… _ Et c’est maintenant qu’tu dis ? _ Ben, c’est en regardant Martine que ça m’est revenu. _ Rien d’autre ? Poursuit Caminot reprenant vite ses habitudes de gendarme. _ Si, maintenant que tu demandes … la montre … _ Quelle montre ? _ Celle de la rousse… _ Et bien, vas-y, dis … _ Elle était grosse et voyante… avec plein de créneaux… tu vois c’qu’j’ veux dire ? _ Une montre d’aviateur ? _ Ouais, c’est ça… plus j’y pense, plus m’dis qu’était peut’être pas une femme après tout …_ Qu’est-ce que tu me chantes là ? Pas une femme ? On est tous sur les traces de la Aufion. Tu vas me dire que c’est pas elle qu’à fait le coup chez toi ? _ J’dis pas ça ! J’ dis qu’c’était plus un homme qu’une femme qu’a fait le coup à force de t’ répondre. _ Bon… calme toi, on en reparlera plus tard… Martine ! Une autre tournée ! _ ‘Scuze-moi Agathon, mais êtes vous sûr que vot’ Nicole Aufion soit bien une femme ? _ Qu’est-ce t’insinues là ? _ Moi rien. Qu’une supposition. Qui la vraiment vue d’aussi prêt que moi ?
Martine ramène deux verres pleins et les dépose sur la table. Les deux la détaillent des pieds à la tête. Ou dans l’autre sens. C’est vous qui voyez. Ou plutôt qui la regardez. _ Ben, à côté de la Martine, la rousse c’était pas une femme… j’en mettrais ma main au feu. _ Voilà que t’ remets ça sur le tapis. T’ veux pas en démordre ? _ Non, suis de plus en plus certain. Demande donc à tes collègues ce qu’ils en pensent. _ On verra ça lundi matin. Maintenant parlons d’autre chose…
….. Ainsi fut fait et le lundi matin, aux aurores Agathon actionna la manivelle de son téléphone et demanda à l’opératrice de lui passer le chef de la brigade de Beauchâteau le Chevelu qui coiffait l’affaire. C’est le cas de le dire. _ Allo, ici le Brigadier Caminot de Cernés. _ Brigadier-chef Lieu de Canton, à l’écoute. _ C’est au sujet de l’affaire Aufion… J’ai un témoin qui affirme que c’ serait pas une femme mais un homme… _ L’est certain vot’ gars ? Vous le connaissez bien ? _ Pour le connaître, ça fait depuis la communale qu’on s’ connaît. L’avais perdu de vue depuis l’armée mais l’ai retrouvé quand j’ai été muté à Cernés y a cinq ans. _ Et alors ? _ Alors il est persuadé que c’est quelqu'un qui en a deux. Pour lui c’est un type déguisé en femme. Et qui veut pas en démordre. _ … _ Aussi, j’ m’ suis dis que peut être les autres témoins, ils l’ont mal vue l’Aufion… _ Qu’est-ce que ça veut dire Brigadier ? _ Vous emportez pas Brigadier-Chef. Mais le Serge … pardon mon témoin… il n’était qu’à un mètre de la rousse qui l’a agressé… alors il l’a bien vue. _ D’accord, Brigadier, d’accord… _ C’ qu’ j’ veux dire, c’est si les autres étaient aussi près et si ils ont bien vu ? _ Je prends note de votre demande Brigadier et je vous tiens au courant.
La communication fut coupée sans aucune autre forme de procès. Restait plus qu’à attendre la suite des événements. Ce qui ne fut pas très long. A peine une paire de jours…
Ainsi, le jeudi suivant, sur le coup des 7 du mat le téléphone sonna à la brigade de Cernés. _ Adjudant-chef Beaurepas de Roule sous Lefut… je voudrais parler au Brigadier Caminot. _ Quittez pas, je l’appelle... Et quelques minutes plus tard : _ Ici Brigadier Caminot, j’écoute ? _ Nous venons d’arrêter la Nicole Aufion il y a une paire d’heures maintenant… _ Bravo et vous avez récupéré l’argent ? _ Oui, mais c’est pas pour ça que je vous appelais … _ Ah bon ! Et pourquoi alors ? _ Vous devinez pas ? _ Non… _ Ben, parce que vous aviez raison… Votre témoin avait bien vu … C’était bien… ou plutôt c’est bien un homme qui s’habillait en femme pour faire ses coups. D’ailleurs il est toujours accoutré ainsi en ce moment.
(1) De son vrai nom Emile Bahl (cf. 618 - Les triplettes de Ménoies) (2) de son état-civil complet : Gontran, Amédée, Pantruche Duhaut du Ponlevis (3) Agathon Caminot, brigadier natif de Morgelas (Bugey). (4) Serge Mandeux, contrôleur principal au bureau de poste de Cernés le Vieux, et assurant les fonction de receveur par intérim depuis la mort du père Larampe (presqu’à plein temps - qu’il dirait - vu que ça fait déjà 3 ans et 12 mois qu’ j’ fais fonction de. Sont pas pressés en haut pour nommer un autre) (5) Sébastien Larampe (qui l’a lâchée au petit matin sur son journal, il y a … voir en (4)) (6) Léontine, la veuve du regretté Albin Thurque et tenancière du bistrot des Dardanelles en souvenir d’un ancien très bon client Ladal Ampante (cf. 405 – Mais qui est la dame en jaune ?) (7) Martine Pizoli, surnommée « la pisseuse » allez savoir pourquoi, accorte jeune femme, serveuse de son état. (8) Oscar Rambouil dit Carambouille, ferrailleur-casseur et occasionnellement vendeur de voitures d’occasion plus que douteuses
Publié le 16/07/2008 à 08:33
Par Trebor Yles
Mattra Harry
Lorsqu’il lut le synopsis qu’il avait reçu quelques semaines plus tôt et qui traînait sur son bureau, sous une pile de propositions diverses, Ludovic Sconti eut le déclic. Voilà une idée intéressante se dit-il et chercha à joindre son auteur. Le temps de le faire son idée se dégonfla tel un soufflet. Non ce ne serait pas son prochain film. Il repoussa le texte si violemment vers la corbeille que le contenu de celle-ci se renversa sur le sol. Il se dit qu’il devrait peut-être la vider carrément. Ce serait un gros effort pour lui qui vivait dans un véritable capharnaüm d’ouvrages et de scénarii. Il se baissa malgré tout et dans un effort qu’il jugea surhumain il ramena sur son bureau tout ce qui avait chu. C’est alors qu’il découvrit une pette pochette verte qu’il avait ignorée trois jours plus tôt. Intrigué par ce sursaut de curiosité, il se décida à l’ouvrir et en retira quelques photos. Elles représentaient Jean-Pierre Beltoise au volant d’une Matra-Simca lors d’un grand prix de Spa auquel il avait assisté à l’époque. Il se souvint alors qu’au cours d’une soirée sans eau bien qu’assez arrosée il avait évoqué ce grand prix avec d’autres invités. C’était l’un d’eux qui les lui avait envoyées. C’est alors qu’il eut l’idée d’une histoire d’amour entre une spectatrice et un pilote l’ayant pour cadre. Ce n’était pas d’une grande originalité en convint-il mais il n’avait pas trouvé mieux. Il appela un soit disant scénariste à qui il dicta la trame de l’intrigue. Puis il se mit en quête d’un spécialiste capable de lui fabriquer une réplique de la Matra-Simca qu’il avait sous les yeux.
C’est ainsi qu’un beau jour Gérard Manpassoif eut l’honneur d’immortaliser avec son nouvel APN ce qu’il vit dans l’atelier des Lefort. Jay-Filémon Bas et son assistant en train de procéder aux derniers assemblages et réglages de la réplique de cette ancienne formule I. A croire certaines images les essais sur les petites routes autour de Bielles ne furent pas de tout repos.
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