Y avait longtemps que la rue Pavée d’andouilles n’avait point eu les honneurs de notre visite. C’est chose faite maintenant. Nous revoici plongés au temps de sa pleine activité. La nuit est tombée et chacun vaque à ses obligations, fonctions, loisirs, plaisirs… Tous, Z’êtes bien sûr ? Moi pas.
Y a toujours un empêcheur de tourner en rond qui rôde quelque part. Prêt à semer la zizanie dans le groupe. Regardez bien. M’étonnerait que vous ne l’identifiiez pas.
En attendant, faisons un petit retour en arrière. Cette rue aux amours tarifées ne serait pas ce qu’elle est sans la faune qu’elle accueille la nuit tombée. Mais il y a quelques semaines il n’y a pas que la nuit qui soit tombée. C’était la nuit du 4 août. Pas celle de l’abolition des privilèges puisqu’ils sont toujours présents. D’accord ce ne sont pas les mêmes, mais il y en a de plus en plus.
Hé Duc…,
revient à tes moutons!
Je disais donc que cette nuit là les habitants de la rue Pavée d’Andouilles entendirent un camion s’engager et s’arrêter quelques instants dans la rue puis repartir. Curieux certains se levèrent mais ils ne virent rien sur le coup. C’est vrai que la lumière est assez chiche, rapport aux commerces qui s’y traitent.
Ce n’est qu’au petit matin que l’on découvrit le banc. Un banc public qui avait encore de la terre à ses pieds. D’où venait-il ? Qui l’avait abandonné là ? Mystère et les supputations de voir le jour et se multiplier.
C’est Anatole Hélys qui leva le voile. Il avait lu dans la Feuille de Choux Farcie que le maire du Chef lieu avait décidé de remplacer tous les bancs publics de sa commune par des bancs en ciment. Devait donc venir de là-bas. Personne viendrait le réclamer. Aussi décida-t-il de le placer devant sa boutique pour permettre à sa (maigre) clientèle d’attendre à l’extérieur.
Mais le soir venu ce banc fut la convoitise de la "concierge du cent moins un" qui vit en lui un point d’observation inespéré. Elle s’empressa d’en revendiquer l’occupation jusqu’aux aurores. Bien assise avec son ouvrage posé à ses côtés (1), elle observait tout ce qui se passait dans la rue.
Mais oui c’est bien de la mère Vettico dont je vous parle. Elle surveille aussi son gredin de fils Emilio -35 ans, célibataire - qui compte fleurette avec ces Dames avant d’aller rejoindre l’Avalanche (2).
Tout à son repérage là mère Vettico se répand en propos acerbes et très imagés sur la faune qui fréquente la rue. Critiquant, apostrophant, se moquant, accusant, gratifiant chacun et chacune d’un quolibet.
La scène se reproduisant régulièrement chaque soir de paye de l’Emilio, elle finit par marquer l’esprit d’un petit gamin (3) qui, des années plus tard, s’étant souvenu d’elle, lancera sur les ondes d’une radio lyonnaise « les potins de la mère Cottivet » rendus célèbres par cette phrase : « En descendant, montez donc ! Vous verrez le petit comme il est grand.» qui valait son pesant de grattons.
(1) ouvrage qui n’avança pas d’un centimètre tant que le banc fut en place
(2) cf. Et à l’écrit ?
(3) le créateur - et interprête - du personnage de la mère Cottivet était Elie Périgot Fouquier
Y a toujours un empêcheur de tourner en rond qui rôde quelque part. Prêt à semer la zizanie dans le groupe. Regardez bien. M’étonnerait que vous ne l’identifiiez pas.
En attendant, faisons un petit retour en arrière. Cette rue aux amours tarifées ne serait pas ce qu’elle est sans la faune qu’elle accueille la nuit tombée. Mais il y a quelques semaines il n’y a pas que la nuit qui soit tombée. C’était la nuit du 4 août. Pas celle de l’abolition des privilèges puisqu’ils sont toujours présents. D’accord ce ne sont pas les mêmes, mais il y en a de plus en plus.
Hé Duc…,
revient à tes moutons!
Je disais donc que cette nuit là les habitants de la rue Pavée d’Andouilles entendirent un camion s’engager et s’arrêter quelques instants dans la rue puis repartir. Curieux certains se levèrent mais ils ne virent rien sur le coup. C’est vrai que la lumière est assez chiche, rapport aux commerces qui s’y traitent.
Ce n’est qu’au petit matin que l’on découvrit le banc. Un banc public qui avait encore de la terre à ses pieds. D’où venait-il ? Qui l’avait abandonné là ? Mystère et les supputations de voir le jour et se multiplier.
C’est Anatole Hélys qui leva le voile. Il avait lu dans la Feuille de Choux Farcie que le maire du Chef lieu avait décidé de remplacer tous les bancs publics de sa commune par des bancs en ciment. Devait donc venir de là-bas. Personne viendrait le réclamer. Aussi décida-t-il de le placer devant sa boutique pour permettre à sa (maigre) clientèle d’attendre à l’extérieur.
Mais le soir venu ce banc fut la convoitise de la "concierge du cent moins un" qui vit en lui un point d’observation inespéré. Elle s’empressa d’en revendiquer l’occupation jusqu’aux aurores.
Mais oui c’est bien de la mère Vettico dont je vous parle. Elle surveille aussi son gredin de fils Emilio -35 ans, célibataire - qui compte fleurette avec ces Dames avant d’aller rejoindre l’Avalanche (2).
Tout à son repérage là mère Vettico se répand en propos acerbes et très imagés sur la faune qui fréquente la rue. Critiquant, apostrophant, se moquant, accusant, gratifiant chacun et chacune d’un quolibet.
La scène se reproduisant régulièrement chaque soir de paye de l’Emilio, elle finit par marquer l’esprit d’un petit gamin (3) qui, des années plus tard, s’étant souvenu d’elle, lancera sur les ondes d’une radio lyonnaise « les potins de la mère Cottivet » rendus célèbres par cette phrase : « En descendant, montez donc ! Vous verrez le petit comme il est grand.» qui valait son pesant de grattons.
(1) ouvrage qui n’avança pas d’un centimètre tant que le banc fut en place
(2) cf. Et à l’écrit ?







