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Publié le 10/04/2008
Par Trebor Yles
Le chant de l’Aronde 

Tel le cygne du ballet, l’Aronde vit ses derniers instants de commercialisation en cette année 1962. Pourtant elle a encore ses adeptes. C’est pourquoi Paul Hyttick fait un effort pour présenter la dernière mouture de la Monaco que lui a commandé Eléazar Faytoux, l’ancien gérant du Comptoir d’épicerie fine.
Celui-ci vient de se mettre à son compte sous une enseigne alors peu connue : Le…c. Faut dire que la Loterie nationale lui a sourit quelques mois plus tôt avec le billet des Bleuets de France que lui a proposé « Nicotine » le buraliste (1).
Pensez donc 250.000 NF qu’il a gagné. Alors il a acheté les murs de sa boutique et la maison voisine de la mère Cedesbenz (2) où jadis était un commerce de bois et charbon.  Du coup avec plus de 800 m2 de plancher pour son magasin et 300 m2 de remise, sans compter les 400 m2 de la cour intérieure, il a le plus gros commerce du bourg.
Bobonne, elle ça lui a monté à la tête ; a changé tout son trousseau ; en a eu assez de poser ses fesses dans la Commerciale qu’à déjà l’âge de mon aîné ! Qu’elle a dit, l’Elvira née Surlel, veux une vraie automobile et plus belle que celle de la bouchère (3).

Eléazar résista tant bien que mal à la charge et se résigna à commander cette Monaco Spécial dont il prendra livraison lundi, jour de fermeture de son magasin. Il aurait préféré attendre un peu d’avoir tout payé ses travaux et s’offrir une 1500…


 
 (1) surnommé ainsi pour ses doigts jaunis – à croire qu’il fume tout son fonds de commerce. C’est aussi que faut voir comme il pratique. C’est un rouleur de cibiches. Mais un manuel. Il prend une feuille OCB. Lui donne la forme d’une gouttière. Met son tabac dedans. Puis roule les deux extrémités. Se colle l’engin entre les lèvres et l’allume. Effet immédiat, ça s’embrase…
Il tire deux ou trois goulées et jette le reste - pour éviter un second incendie - dans une boîte de bombons faisant office de cendrier. Quel gâchis ! Y aurait de quoi s’en rouler beaucoup d’autres. C’est vrai qu’en forme de bonbec une cloppe n’a rien de terrible.  
(2) la veuve de Dalmar Cedesbenz 

(3) une 403

  
  
  
  

Les commentaires
Publié le 22/04/2008
Par Jotracbar
Très bon comme toujours Trebor !
Pauvre Dalmar Cedesbenz, je me suis laissé conté qu'il n'avait que très peu honnoré sa femme, en effet celle ci n'avait qu'un sein de naissance et il sentait horriblement fort. Malheureusement il n'avait découvert ce tue-l'amour qu'après être passé devant le curé... Aussi quand on lui demandait pourquoi son couple battait de l'aile, il n'hésitait pas à s'exclaffer : "La Mère Cedesbenz ? son sein sent l'aisselle". Mais ceci est une autre histoire...

Jotracbar
Publié le 25/04/2008
Par fcfretrovision2
Merci beaucoup pour cette pointe d'humour.
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