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Mon bloc perso.
Bonavinuta!
Bienvenue sur le blog Corse noir'soeur de vos nuits blanches
Blog non agressif et sans arrière-pensée. ..
Des articles après le Blog perso....
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RE NDEZ-VOUS:

- Les 30 et 31 janvier 2010 , Salon du livre de la Maison de la Corse, rue Sylvabelle à Marseille
- Les 3, 6 et 7 fevrier 2010, le polar en lumières à Vitrolles, Cinéma Lumière.umière.
- Les 27 et 28 février 2010, Journées ccrses d'Aubagne, Espace Bras d'or, Allée du stade de Lattre.

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CH ANTS CORSES: Pas de lien MP3 mais de l'écoute en ligne aux adresses ci-dessous...

Radio Alta Frequenza

ht tp://www.alta-f requenza.com/in dex.php/fr/webr adios

Radio Voce Nustrale

htt p://adecec.net/ radio/listen.as x

Sur Radioblog

ht tp://www.radiob logclub.fr/sear ch/


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Le 1er juin 2009 à 22H15 .... 200.000ème visiteur I
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Les dix droits imprescriptible s du lecteur ( édictés par Pennac dans son ouvrage "Comme un roman")
1°/ Le droit de ne pas lire.
2°/ Le droit de sauter les pages
3°/ Le droit de ne pas finir le livre
4°/ Le droit de relire.
5°/ Le droit de lire n’importe quoi.
6°/ Le droit au Bovarysme (maladie textuellement transmissible…)
7°/ Le droit de lire n’importe où.
8°/ Le droit de grappiller.
9°/ Le droit de lire à haute voie.
10°/ Le droit de nous taire.

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A dopu!
A plus tard!
Ma photo
Corse noire
Publié le 20 avril 2008 à 11:00
Par flicorse
Combat écologiste en Corse : réalité ou fiction ?



Au petit matin, sur le pont 10 du Car ferry Danielle Casanova, j’apercevais les îles Sanguinaires. J’ai alors inspiré l’air à pleines narines sans que l’odeur du maquis ne vienne réveiller mon imprégnation sensorielle des voyages d’antan. Ensuite, la côte m’est apparue un peu plus « mitée » par des constructions modernes. Heureusement, arrivé à bon port, la vieille ville était toujours là. Sur quelques vitrines de magasin, je remarquais alors la présence d’affiches annonçant une manifestation écologiste pour le lendemain à 17 heures.

J’ai d’abord profité de quelques heures sur une plage dont des parties chaque année plus étendues sont privatisées par l’étalement des matelas de paillotes aux allures et aux tarifs de restaurants de luxe. Des vaches surréalistes et leurs veaux y préservent encore un espace public. Dans la soirée et une partie de la nuit, les musiciens et les chanteurs ont occupé la ville pour un shopping nocturne organisé par les commerçants ajacciens.



Je suis passé par une Librairie pour acheter quelques friandises littéraires, parmi lesquelles j’ai choisi un polar de Jean-Louis ANDREANI « Sole di Corsica » , après avoir lu la quatrième page de couverture :

Le paysage était splendide. Le golfe baignait les étendues vierges d’un espace protégé : la Punta Pulèmica, refuge d’oiseaux de passage et d’espèces végétales rares. Convoitée depuis toujours par les promoteurs, défendue par les écologistes au prix d’une guérilla permanente, la Punta Polèmica était devenue emblématique de la lutte contre les « bétonneurs » Mais la SCI Sole di Corsica – et qui dit sci dit souvent partenaires bien mystérieux…- veut implanter justement là, dans ce paradis, un superbe complexe touristique de luxe avec golf dix-huit trous et tutti quanti. Tout est dit : Delphine Mailly, la superbe blonde qui avait déjà fait des ravages dans « La Salamandre de Vizzavona », appelée à la rescousse par ses copines écolo, va se mobiliser pour empêcher ce désastre.

Cela me rappela l’affiche d’une manifestation prévue à 17 heures et organisée par un collectif de cinquante associations appelant à manifester pour exiger : « l’application de la loi littorale pour tous, le maintien des espaces remarquables ainsi que celui des terres agricoles, la réalisation concrète du sentier du littoral et un PADDUC respectueux de l’environnement et des intérêts de l’île ».

En fin d’après-midi, un peu avant ce rassemblement, je m’installais sur un banc de pierre à l’ombre des palmiers de la place de la Mairie et je prenais le temps de commencer ma lecture. Dans les dix-huit premières pages, l’auteur met en scène l’héroïne Delphine Mailly, avocate des causes écologistes appelée par deux animatrices d’association de défense de l’environnement : Blanche, prof au lycée Fesh d’Ajaccio et Mado, employée d’une chaîne de produits bio, sœur de François, bachelier de 17 ans nouvellement inscrit à l’université de Corté. Il s’agit de préserver le site de la Punta Polèmica menacé par le projet immobilier de la SCI Sole di Corsica créée avec des capitaux pouvant provenir de la Mafia italienne. Dix-huit premières pages denses avec l’inventaire de problèmes corses très sensibles, sur lesquels les points de vue divergent comme celui du jeune François qui dit à sa sœur écologiste :

« On va rester entre nous à se regarder le nombril au bord de notre beau littoral désert, en attendant que le continent veuille bien nous donner assez de subventions pour manger ? Merci ! Moi je veux travailler et gagner des tunes. La réserve d’Indiens vous vous la gardez!»

17 Heures, la réalité s’imposait devant moi : une manifestation dénonçant «la privatisation du littoral, la spéculation immobilière, la spoliation et la défiguration des sites », tout en rappelant que la loi sur le littoral n’est pas une loi de sanctuarisation et que l’on pouvait «concilier développement et respect de l’environnement ».



Un instant distrait, je revenais à la fiction et à son héroïne. Avant d’être avocate, elle était agent du Fisc dans un polar précédent du même auteur, « La salamandre de Vizzavona » où elle s’attaquait à un dirigeant autonomiste qu’elle devait essayer de coincer grâce à une enquête fiscale menée de façon ultra secrète qui avait tourné au dérapage incontrôlé jusqu’à ce qu’elle frôle la mort sur l’éperon rocheux de la citadelle de Corte. La «ravissante Delphine » avait fait la Une de la presse people et épousé un grand avocat fiscaliste qui la débaucha de son administration, l’embaucha comme collaboratrice puis l’épousa et qu’elle quitta rapidement pour s’installer à son compte dans son nouveau polar et y défendre les causes écologistes.

Cette «beauté blonde » est tout le contraire d’une poupée écervelée et vénale. Malgré le traumatisme de sa dernière mission en Corse, elle accepte d’y revenir pour aider deux femmes corses à sauver un bout de littoral. Blanche et Mado envisagent même de faire parler la poudre en ayant recours, comme dynamitéro, au vieux Simon, ancien militaire descendant du grand bandit d’honneur Bellasoscia ( « Belle cuisse » pour une généalogie viril et prolifique), spécialiste des explosifs sans être lié à un groupe d’autonomistes…. Notre avocate va se retrouver dans un nouveau pétrin politico-financier et devenir rapidement la cible de la Mafia mais aussi de quelques barbouseries fomentées dans les arcanes de l’Elysée. Sous des noms humoristiques et évocateurs des personnages (Paolo Nostracosa, élégant avocat italien de la Mafia, le Préfet Leprudent, Alex Compromissionni maire de Pinetello, ou encore Nicolas Vurtz, conseiller spécial à L’Elysée, notamment) ou de lieux (La Punta polémica et le village de Pinetelleo ), l’auteur utilise la caricature en forçant un peu le trait et toute ressemblance ne semble pas toujours fortuite. Un polar avec une héroïne originale, une écriture claire et efficace avec des passages d’anthologie où d’aucuns se reconnaîtrons ou penserons à quelques connaissance. Un récit qui laisse à penser!

Tout finira-t-il par des chansons? Je me suis interrogé : A la fin du roman « Sole di Corsica » , les militants écologistes corses feront-ils la fête autour d’un spuntinu ( buffet « saucisson, fromage et vin » ) en chantant « compagneru » ?…

Parfois, en Corse, on finit par mélanger la réalité et la fiction. Mais c’est cela qui fait le charme de notre île qui offre mille paysages et où chaque voyage est une aventure humaine. La Corse est aussi (et sans doute surtout) une terre de femmes à l’image de Blanche et Mado.

Je suis monté le lendemain faire un tour dans un village où des «maisons qui donnent sur la rue et cachent, côté montagne, des balcons suspendus sur des paysages grandioses » (extrait de Sole di Corsica).

Jean-Louis ANDREANI est journaliste au quotidien « Le Monde ». Il a écrit les deux polars dont nous avons parlé mais aussi d’autres ouvrages et notamment : Le problème corse - La Corse, histoire d’une insularité – Bail précaire à Matignon – Le mystère Rocard - De la Vème République…



Le troisième volet des aventures de la blonde « Plongeon à Bonifacio » est paru en juin 2007.

Présentation de l'éditeur
Delphine Mailly est de retour en Corse ! L'héroïne blonde de La Salamandre de Vizzavona et de Sole di Corsica mène une nouvelle enquête, cette fois sur une série d'incendies de forêt criminels dans le secteur des célèbres aiguilles de Bavella, en plein été bien sûr. Aidée à la fois par la chance, son intelligence et ses formes - de celles qui font tourner la tête aux hommes ! -, l'avocate va aller de surprise en surprise, comme d'habitude au péril de sa vie. Nous retrouvons les personnages emblématiques de cette série fleurant bon le maquis : deux jeunes nationalistes que seule la prison peut séparer, l'éternel soupirant de la pulpeuse détective, un représentant de l'ordre bien timide... ainsi que des nouveaux venus, telle cette gendarmette d'élite peu sensible au (x) charme (s) de l'avocate... Comme les deux précédents épisodes des aventures de Delphine, Plongeon à Bonifacio mêle humour et action dans un roman au rythme haletant, ancré dans la réalité et l'actualité corses. Sans oublier une belle balade dans quelques lieux mythiques de l'île, comme les falaises de Bonifacio ou encore le lac de Creno.



Bonifacio !… J’ai reçu un e-mail adressé par le canal d’un forum corse. Il dit :
Le tribunal administratif de Bastia a autorisé le publicitaire Jacques Séguéla à poursuivre la construction d'une résidence secondaire à Cala Longa, sur le territoire de la commune de Bonifacio (Corse-du-Sud) , dans une ordonnance rendue jeudi.
M. Séguéla avait dû suspendre la construction d'une villa de 568 m2 le 28 février à la suite d'un référé suspension instruit à l'initiative de l'Association bonifacienne comprendre et défendre l'environnement (ABCDE) qui regrettait le "mitage" d'un site vierge par cette construction.
Dans son ordonnance rendue jeudi, la présidente du tribunal, Lucienne Erstein, a motivé sa décision par "la présence d'éléments de droits nouveaux et de nouvelles explications" .
Le tribunal administratif a débouté ABCDE dans ses actions en référé concernant deux autres permis de construire délivrés à un avocat lyonnais, Xavier Delsol, pour une villa de 348m2, et à la SCI Casa di Fiori, représentée par Marc Sulitzer, cousin de l'écrivain Paul-Loup Sulitzer, pour une résidence de 2064m2.
"Nous sommes étonnés et scandalisés. Les décisions du tribunal administratif sont en contradiction avec sa configuration antérieure. Ces mêmes permis ont été annulés dans le passé et aujourd'hui ils sont jugés conformes. C'est un permis de bétonner qui a été envoyé. Tout un tas de permis de construire vont s'engouffrer dans cette brèche", a déploré auprès de l'AFP la présidente d'ABCDE, Vincente Cucchi.
"Nous envisageons de saisir la cour administrative d'appel de Marseille afin de lui demander de statuer de façon plus urgente sur la validité de ces permis de construire", a déclaré à l'AFP l'avocat d'ABCDE, Benoist Busson.
La validité de ces permis de construire devrait être déterminée par le tribunal administratif d'ici deux mois.


Un autre message m’informait du combat mené par les Ecologistes corses contre la construction d’un incinérateur…
Nous vivons un moment crucial du combat contre les incinérateurs en France. Le projet de Clermont Ferrand est prêt à passer et il faut rassembler toutes les forces pour s'y opposer. Je vous invite à signer cette pétition proposée par Cyber Acteur et à la faire circuler à tous vos contacts. Nous verrons si "notre souris a du pouvoir" ! Cordialement
Pour le Collectif contre l'incinération des déchets en Corse
Colette Castagnoli
http://www.contreli ncinerateurcorse .org/
(nous avons aussi une pétition en ligne, car il n'y a toujours pas de nouveau projet pour la Corse)


Finalement dans ce monde qui s’est mis à tout conceptualiser après Platon, la réalité dépasse-t-elle la fiction et l’illusion est-elle une réalité ? C’est vrai que dans le polar, tout n’est pas que littérature.


Publié le 17 avril 2008 à 12:45
Par flicorse
Néo-polar versus polar




Didier Daeninckx a donné sa définition du roman policier : " un type de roman dont l’objet se situe avant la première page " ; et celle du roman noir : " Un roman de la ville et des corps en souffrance ".





C’est Jean-Patrick Manchette qui a inventé l’étiquette « Neo-polar ». Il est entré dans la Série noire en 1971 avec un roman signé sous le nom de Jean-Pierre Bastide " Laissez bronzer les cadavres ". La même année, L’Affaire N’Gustro de Manchette et en 1972, La Nuit des grands chiens malades écrit par A.D.G seront les deux romans les plus novateurs de ce que les critiques ont considéré comme une nouvelle école du polar.



Aujourd’hui le terme néo-polar est une référence historique qui marque la rupture sociale de Mai 1968 et la rupture littéraire avec le roman policier. C’est le début de ce que l’on a appelé aussi le roman noir social. C’est Manchette qui avait inventé cette étiquette de néo-polar pour démarquer le roman noir social du roman policier et du Thriller. On peut considérer que, sous l’influence de hard boiled, en France le roman noir a évolué en roman social baptisé « Néo-polar ». c’est le roman de la vigilance ! De la résistance ! De la transgression!



A la suite de Manchette, les " barons " du roman noir sont Jean Vautrin ( A bulletins rouges, Billy Ze Kick, Boody Mary, Groom, Canicule), Marc Villard ( Légitime démence, Nès pour Perdre, Corvette de nuit…) , Frédéric H Fajardie (Tueurs de flics, Le souffle court, Clause de style, La théorie du 1%), Hervé Prudon ( Mardi gris, Tarzan malade, Banquise…), Joseph Bialot (Le salon du prêt à saigner ; Le sentier, Babel ville…), Sébastien Japrisot ( Compartiment tueurs, La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil) qui est devenu scénariste pour le grand écran ( Le passager de la pluie, La course du lièvre à travers les champs…) ou encore Jean-François Coatmeur, Hervé Jaouen, Hugues Pagan, Jean-Hugues Opel, Tonino Benaquista…

En 1979, les collections " Engrenage " et " Sanguine " furent créées pour ce nouveau genre. Les auteurs et les éditeurs de ce que Manchette a étiqueté du terme « néo-polar » ont voulu vendre des bouquins bon marché et c’est toujours dans cet esprit que fonctionnent certaines collections.

Dans les années 1980, des auteurs réalisent et scénarisent une série policière «Néo polar », anthologie d’histoires inspirées de romans du néo-polar français. Sept épisodes ont été diffusés sur Canal+ en 1984 et FR3 en 1985. Dans la distribution, Michel Beaune, Dominique Blanc, Jean-Pierre Léaud, Vincent Lindon, Claude Nougaro, Florent Pagny. Parmi les scénaristes, on trouve Férédric Fajardié, Hervé Jaouen et Marc Villard entre autres ; et parmi les réalisateurs , Jean-Pierre Bastid, Michel Andrieu, Patrick Jamain… Quelques titres d’épisodes : Shangaï Skipper, La Théorie du 1%, Salut ma puce, Des choses qui arrivent, La Mariée rouge, L'Amour en gâchette et Un père anonyme.
On voit apparaître des néo- polars dans des collections grands formats.

http://www.evene.fr/info/guide-livres-ete-2006/portrait-interview.php?id=366



Manchette disait que le polar était une littérature ferroviaire et d’insomniaque. Jean Bernard Pouy sera surnommé " l’homme des trains " après avoir écrit un premier roman ferroviaire " La vie duraille " cosigné avec Daniel Pennac et Patrick Raynal. On lui doit aussi « Train perdu, wagon mort ». Il a multiplié les romans avec des titres évocateurs comme Spinoza encule Hegel et, après l’introduction, la pénétrance… le deuxième volet : A sec ! (Spinoza encule Hegel : le retour) dans lequel il écrit tout le bien qu’il pense du foot-ball. Le «Hegel 4 » du néo-polar ( Hegel four et non pas Eagle 4 dont traduction : Il gueule fort !) s’affiche donc spinozien ». Il a son idée sur le polar et l’évolution du polar. Il l’a exprimée sur le site Noircommepolar où il déroule un feuilleton « Les compagnons du veau d’or » et tient une chronique. On a pu y lire : « Parce que ça fait un paquet de temps et de textes que le roman noir a gagné. Le roman policier est à enfoncer dans les poubelles de l’Histoire, le thriller dans les chiottes du néo-freudisme et le roman à énigme dans le compost du sudoku. Et ça depuis Sophocle, Dostoeivski ou Gadda….Ces putains de polars accompagnent efficacement la mondialisation (pour le plus grand nombre) et l’Internationalisme trotskiste (pour les plus "radicaux"). Faire gaffe, quand même, à ce mot : polar, qui, s’il rime pauvrement avec soixante-huitard, rime aussi avec vicelard, ringard, connard, faiblard, etc… "

Propos " couillus " sur le polar qui rime aussi avec " Jean-Bernard », leader du néo-polar canal historique, et lorsque l’on dit « couillus », c’est qu’il y a dans les formules du poil à gratter. L’intégralité est sur le site Noir Comme Polar à l’adresse ci-dessous :
http://www.noircommepolar.com/f/actu_archives.php

Jean-Bernard Pouy s’est intéressé à la « polémique » sur l’origine du roman policier. Il aurait trouvé (dit-il… ! ! ! ? ? ? ) une pièce inachevée de Pierre Corneille (17ème siècle) qui pourrait être considérée comme une ébauche de mise en scène policière. Il en donne un extrait à l’adresse ci-dessous :
http://www.noircommepolar.com/ktml2/images/uploads/pdf/brocante.pdf
Nota : Une étude graphologique a été demandée pour établir l’authenticité du document.




Jean-Bernard Pouy est à l’origine de l’aventure de Gabriel Lecouvreur, alias Le poulpe à cause de ses longs bras. C’est une collection de romans inaugurée en 1995 par Jean Bernard Pouy avec « La Petite écuyère a cafté ». À partir de sa fiche identitaire, ce personnage a vécu sous la plume de nombreux polardeux revendiquant leur opinions de gauche et anti- Front national. Les petits polars du Poulpe sont édités par les Editions La Baleine au premier petit prix de 39 francs. " Qu’est-ce qui fait courir Gabriel le juste ? L’injustice, surtout si elle est pratiquée par un patron sans scrupules, un intégriste vachard, des néo-nazis pédophiles, des trafiquants de cassettes porno et des politiciens véreux. Défenseur d’une gauche orpheline de ses promesses évanouies, Lecouvreur va, court, vole et nous venge… " – extrait de l’article " La pieuvre est faite " écrit par Emmanuel Laurentin dans Télérama n°2508 du 7 février 1998 dans une rubrique " La rage et le noir : le polar " pages 10 à 18.

On peut citer parmi les bons récits du poulpe, celui de Patrick Raynal "Arrêtez le carrelage ". Les Éditions Baleine ont commercialisé une bière, « La Poulpeuse», fabriquée en Bretagne. Le groupe punk Zampano a réalisé en collaboration avec les écrivains Jean Bernard Pouy et Jean-Christophe Pinpin Le bruit des boucliers (Bakalao Producto), 6 titres consacrés au Poulpe.

Après des difficultés financières et son rachat par Les Editions Seuil, la Baleine est toujours vivante au sein du groupe La Martinière. Lecouvreur, dégingandé, continue de déambuler dans des récits écrits par des auteurs différents.

L'idée de ce type de héros récurrents que s'approprient des auteurs différents a été copiée avec plus ou moins de bonheur. Citons :
- "Alias" au Fleuve noir (1997-1998 : six titres),
- "Le Furet enquête" chez Albin Michel jeunesse (1998-2001 : 32 titres),
- "Le Polar du Routard" aux Éditions Hachette Tourisme (1999-2001, 13 titres),
- "Moulard" aux Éditions de l'Aube (en 2000, 6 titres).

Les Éditions Baleine ont cherché à "publier une littérature accessible à tous, produite par des auteurs sensibles à la notion de roman populaire et de gare". Baleine a permis à de nombreux auteurs de publier leur premier roman. En 2007, cet éditeur s’est enrichi de deux collections « Baleine noire » et « Club Van Helsing ». Dans la collection "Le Poulpe", trois nouveaux romans publiés entre septembre et décembre 2007 : Lalie Walker : L'Appel du barge, Jean-Marc Ligny : La Ballade des perdus et Francis Mizio : Sans Temps de latitude. À noter que les éditions Baleine ont commercialisé une bière, « La Poulpeuse », fabriquée en Bretagne. Antoine de Kerversau, fondateur des Editions Baleine, a créé en 2003 une nouvelle maison d'édition, Les Contrebandiers éditeurs - ADK, proche de l’esprit Baleine par les auteurs qu’il publie : Bénédicte Heim, Jean-Bernard Pouy, Yves Bulteau, Gérard Alle, Jean-Paul Jody, Pierre Filoche…

En 2006, Jean-Bernard Pouy a créé une nouvelle édition « Suite noire » sur le format des premières séries noires. Il a été interviewé à ce sujet sur le site Evene. Vous pouvez lire l’entretien à l’adresse :
http://www.evene.fr/info/guide-livres-ete-2006/portrait-interview.php?id=366

Les auteurs de la Noire française ont écrit et écrivent beaucoup, souvent des textes courts et incisifs dans lesquels, parfois par la dérision, la déjante et le sourire jusqu’au rire, ils dénoncent l’ordre établi d’une société ultra-libérale « … un monstre qui avale de la chair et chie du pognon » pour reprendre une phrase dans le roman « Cloaque » de Henri-Frédéric Blanc, un auteur qui ne devrait pas tarder à écrire un Poulpe car il a le sens de la formule: "Vous verrez, quand tout sera à vendre, la vie ne vaudra plus rien", dit aussi son héros Chris dans Cloaque.



Dans l’Editorial de la collection L’atinoir des Editions L’écailler, Paco Ignacio Taïbo II, ecrivain mexicain de renommée internationale, écrivait au début 2007 : « Les genres littéraires se redéfinissent à force d’écriture et de réécriture. Poussés jusqu’à leurs extrêmes, ils finissent par exploser. Au cours de ces dernières années, le littérature policière a connu la mode et la facilité dont elle a trop longtemps profité. Je me souviens de Manchette qui me disait : « Nous sommes devenus trop respectables ». Le regard subversif qui, à l’origine du courant neo-polar, remettait en cause la loi et l’ordre, appelait vaux ruptures avec toutes les conventions, savait trouver des expérimentations formelles, une richesse linguistique, l’originalité des trames, s’est peu à peu détourné et fond doucement dans la réitération. Nous mettions à nu en les révélant des faits et des histoires, et aujourd’hui nous courons le risque de devenir de simples chroniqueurs…. »

Les sous-genres et les genres sont devenus poreux. Des auteurs écrivent des romans hybrides en s’appropriant le roman d’espionnage, le roman historique, le roman d’aventure, la science-fiction... Dans ce qui a fait l’universalité du polar « meurtre, flic, victime, criminel, société », on peut trouver des flics cyniques, brutaux, malhonnêtes… des victimes qui sont de vrais salauds et des criminels sympathiques dans une société qui favorise la domestication et l’exclusion. Dans le roman noir social, le flic ( ou plus généralement celui qui mène l’enquête) peut n’être qu’un personnage secondaire ou ne pas être présent. Le héros en est alors le criminel. Il n’y a plus d’enquête mais l’intrigue reste le noyau dur.

Le roman noir français décrypte le présent, stigmatise l’ordre établi, revisite des trous noirs de l’histoire….



Didier Daeninckx revient sur des dénis historiques, notamment la répression sanglante du 17 octobre 1961 et la politique colonialiste de la France au début du XXème siècle. L’arpenteur du réel Didier Daeninckx fait resurgir dans le présent les ombres noires de l’histoire de la France et notamment son passé colonial. Pour cela, il imbrique dans ses récits le présent et le passé, la réalité et la fiction. Tel un archéologue, il fait resurgir les dessous de l’histoire pour éclairer le présent à la lumière de ce passé mis un temps sous l’éteignoir.

Meurtre pour mémoire, roman qui revient sur la répression sanglante, le 17 octobre 1961, par la police parisienne d’une manifestation de ressortissants algériens. Parmi les mort : Thibaud. S’agissait-il d’une bavure policière ou d’un meurtre ? C’est son fils, en 1981, est tué à son tour, après avoir consulté les archives de la Préfecture de Police. L’inspecteur Cadin mène l’enquête qui va l’amener à s’intéresser à un certain André Veuillot, fonctionnaire compromis sous le régime de Vichy en 1942.

Le retour d’Altaï : Il s’agit de la suite donnée par l’auteur à son excellent roman " Cannibale ". Vous y retrouverez Gocéné, trois quarts de siècle plus tard, qui revient en France sur les traces d’un kanak tué 124 ans plus tôt en Nouvelle Calédonie. De quoi sortir du formol des spectres historiques et parler aussi de la culture des kanaks, de leur humanité. La piste du repentir passe par le musée de l’homme, dans cet opus de 114 pages. Avec le retour d’Altaï, Gocéné nous donne une belle leçon de ce repentir généalogique et le chef de la tribu de Kowale peut lui accorder un pardon collectif. A méditer….Question extraite : " Vous tous qui dites " hommes de couleur ", seriez-vous donc des hommes sans couleur ?"

Didier Daeninckx a écrit, pour Shangaï express, un feuilleton " l’inspecteur L’entraille ", qui sifflote des refrains de Maurice Chevalier. Des meurtres sous le régime de Vichy et l’occupation allemande. Le décor historique est planté. Le coéquipier de l’inspecteur L’entraille est un certain " Verdier ". Justement, notre auteur a publié un recueil aux Editions Verdier. Il s’agit du titre : " Les cités perdus "…. à lire et un livre également sous le régime de Vichy, au titre annonciateur: Itinéraire d'un salaud ordinaire!

Daeninckx a écrit dans la série du Poulpe. A l’époque, Il avait déclenché une querelle interne, lorsqu’il avait révélé que Serge Quadrupani, auteur du n°2 du Poulpe, aurait fréquenté les milieux révisionnistes. On a reproché à Daeninckx d’avoir lancé une fatwa sur Quadrippani et il avait même du faire face à des " broncas " non littéraires notamment lors d’un salon du Polar, place de la Bastille à Paris.

Une collection " Polarchives " a été crée , avec la Baleine, en 2002 par Gérard Streiff. Il s’agissait de mêler une intrigue policière à un événement historique. Si des polars mêlent encore intrigues et faits historiques, cette collection s’est mise en sommeil après quelques titres comme, pour exemples, Les caves de la Goutte d’or écrit par Gérard Streiff ou L’inconnu du Paris – Rome, écrit par Gilda Piersanti. Elle a été reprise un temps par Les Editions du Passage.

La liste est longue des auteurs contemporains de la Noire: " De Dominique Manotti à Thierry Jonquet en passant par Dennis Lahane ou Cesare Battisti et Paco Ignacio Taïbo II, les écrivains témoignent de leur temps et s’ancrent dans le réel. Même si l’imaginaire et l’efficacité de l’intrigue restent le pivot de ces fictions, la description de milieux particuliers, de marges interdites ou de professions singulières leur confère une valeur documentaire. " Christian Barbault dans un article de Valeurs mutualistes n°236 Mars/Avril 2005 – article " Le polar, une passion contemporaine ". Sans oublier les femmes :Depuis 1990, des femmes se sont affirmées dans le genre avec notamment : Andréa H.Japp ( La Bostonienne), Brigitte Aubert ( Les quatre fils du Docteur March), Maud Tabachnik (Un été pourri ), Fred Vargas ( Debout les morts) , Claude Amoz ( Le Caveau ) Catherine Fradier ( Camino 999) … puis s’y sont maintenues, comme leur homologues anglo-saxonnes.


Lorsque Daeninckx parle d’un « roman de ville et des corps en souffrance », il définit ce que d’autres ont nommé le « Polarville ». Jean-Noël Blanc, sociologue, a publié en 1991 aux P.U.F une étude sur les rapports entre le roman policier et l’espace urbain défini comme : « cet univers complexe, contradictoire et non- maîtrisable que représente la ville dans les sociétés industrialisées ». Dans le roman noir, des couples écrivain- ville se sont formés : Hammet- San Francisco, Chandler – Los Angéles, Goodis – Philadelphie… Montalban – Barcelonne, Izzo – Marseille.

Il y a le couple Malet – Paris et puis, dans la région parisienne, la ville c’est aussi la banlieue. Daeninckx décrit la sienne documentée, où les tours, les barres, les centres commerciaux, les bistrots… côtoient les usines, les friches industrielles mais aussi les îlots pavillonnaires. Au milieu de ce décors, des voleurs, des camés , des agents de sécurité mais aussi des syndicalistes, des militants d’associations de proximité, des clandestins… C’est une banlieue bien différente de celle « stylisée », presque abstraite d’un Vautrin. Ce sont des banlieusards bien plus ordinaires et non des personnages pittoresques ou déjantés évoluant dans des récits picaresques. Daeninckx parle des conflits sociaux, du racisme, des sans-abris sans-papier et des magouilles immobilières.

De la ville à la région :







Le Barcelonnais Montalban et le Belge Simenon ont ouvert la voix au sicilien Andréa Camilleri. C’est sans aucun doute le sicilien Camilleri et le Marseillais Jean-Claude Izzo qui ont fait connaître le polar régional, en lui donnant sa place au sein de la littérature policière et noire. Le polar s’hybride. Il est en perpétuelle évolution parce qu’il offre une grande liberté d’écriture en permettant la suture entre le parlé et l’écrit… Une offre que, après le Sicilien Camilleri, les Bretons, les Catalans, les Corses, les Sardes et d’autres écrivains enracinés ne pouvaient ignorer. Toutes ces régions ont vu apparaître des auteurs mais aussi des éditeurs.

A suivre…
Publié le 11 avril 2008 à 15:46
Par flicorse
Jean-Pierre SANTINI, dans l'actualité littéraire en 2008.



Jean-Pierre Santini se décrit comme un militant parmi les autres. Il avait situé l’intrigue de son premier roman noir  « Isula Blues » dans son village natal, Barretali (un village mourant, déplore-t-il) où il était revenu vivre, après trente ans d’absence. Il y décrit la Corse qu’il a retrouvée : une île abandonnée dans sa désolation et ses habitants dans leur solitude. " Ici les hivers sont blancs ", dit-il. Alors lui, pour noircir les pages hivernales, il décrit ce désert humain et cette identité corse qui se désintègre. Pour lui "les romans naissent des faillites de l’histoire ". Après des années de militantisme engagé qui a commencé avec la création du FNLC, il a écrit un livre intitulé " Front de Libération Nazionale, de l’ombre à la lumière ". et " Nimu ", troisième roman noir dans la collection Nera des Editions Albiana.

Jean-Pierre Santini  écrit sur les Corses parce qu’il s’est engagé dans la survie de son peuple. Il nous offre des passages au lyrisme inspiré et donne chair à des personnages désespérés ou désespérants. Ses ouvrages recèlent la pensée sans concession d’un militantisme qui pousse à la réflexion. Dans Nimu, le constat est amer : "… ce pays (la Corse) n’a jamais écrit sa propre histoire. Il a appris à résister à celle que ses envahisseurs successifs ont voulu lui imposer. C’est comme une histoire en négatif, qui, à une exception près, assez brève, n’a jamais pu se révéler et permettre aux Corses de se révéler à eux-mêmes. Dès lors, l’affaiblissement constant de l’affirmation identitaire était trop souvent compensé par une exacerbation nationaliste de plus en plus vide de sens. "

Cet auteur corse est publié depuis 1967, avec son premier roman "le non-lieu " aux Editions Mercure de France. Nous avons cité son ouvrage sur le FNLC publié en 2000 chez l’Harmattan. Entre 2001 et 2003, cinq ouvrages ont été édités par l’Editeur Lacour : Corse, un froid au cœur, Petite anthologie du racisme anti-corse, Pour une assemblée nationale provisoire, Un petit commerce de nuit (roman), Indipendenza : Pour une Corse libre, démocratique et sociale.

Dans un article de Joël Jegouzo (NCP), J.P Santini  avait été interviewé et s’était un peu livré, se définissant comme "un militant parmi les autres ". Depuis la création de la collection Nera, il a écrit trois ouvrages : Corsica Clandestina (2004), Isula Blues (2005) et Nimu (2006). Le militant est un écrivain à suivre ou à découvrir. En 2007, il  a créé une maison d’édition « A fior di carta »

Il  est à l’origine d’un événement littéraire qui s’est déroulé dans son village Barretali  début août 2007.  Il apparaît comme  un touche à tout des genres littéraires, avec une prédilection dans ses lectures  pour la poésie ( par laquelle tout commence, dit-il ), ce  qui explique le lyrisme souvent présent dans sa prose.

Nous attendons la sortie d’un ouvrage où il fait côtoyer plusieurs genres littéraires, comme les strates de sa vie d’écrivain…  Il nous en avait parlé en octobre 2007 et nous avait dit au sujet de ce manuscrit en cours d’écriture :
« Il s'agit en fait d'une histoire déclinée, ou plutôt fragmentée, en plusieurs genres ( même si les frontières sont poreuses entre les genres littéraires) ».  Le titre étant provisoire, l’auteur ne nous l’a pas révélé… Il nous donnait toutefois quelques précisions alléchantes sur cet opus en quatre déclinaisons soit :
Un « pré-histoire » plus qu’un avant-propos, qui sera une entame poétique car tout commence avec le verbe.
Un Roman noir "Le sentier lumineux" ... pas celui du Pérou !
Une nouvelle  «  Les cercles du silence »
Et avant de baisser le rideau, une pièce de théâtre….
Nous n’en savons pas davantage et  nous avons contacté Jean-¨Pierre Santini qui nous a annoncé que  son ouvrage est chez son éditeur. Il ne s’est pas arrêté là puisque deux autres parutions sont déjà prévues aux Editions Clémentine dont un roman noir.



Jean-Pierre Santini sera présent au Festival de polar corse et méditerranéen lors de sa deuxième édition prévue du 4 au 6 juillet prochain. Il a participé avec l’association Corsicapolar à un recueil de nouvelles « Noirs de Corses » qui sortira à l’occasion du festival. Il y a écrit une nouvelle dont le héros est surnommé "Le pommadé". Cet ouvrage réunissant 26 auteurs fait l’objet d’une souscription et sera vendu au profit de l’association corse d’aide aux handicapés, Handi 20.
   
Nous reparlerons de ces ouvrages après publication. En attendons, revenons sur les trois romans noirs parus aux Editions Albiana.


Présentation des trois polars déjà édités chez Albiana :
 
Corsica Clandestina (2004):



Corsica clandestina vient un an après la publication du livre " indipendenza " : pour une corse libre, démocratique et sociale " et un deuxième roman "un petit commerce de nuit " en 2003. Son premier roman "Le non-lieu " a été édité en 1967. Le titre de "Corse clandestine " situe le contexte de l’intrigue.

La réalité corse :
Le 5 mai 1992, à 20 h 20, la tribune nord du stade de Furiani, montée en moins de quinze jours pour accueillir un maximum de spectateurs lors de la demi-finale de la coupe de France de football entre l'Olympique de Marseille et le Sporting Club de Bastia, s'effondre. La catastrophe fait 16 morts et 2 326 blessés, dont une quinzaine très lourdement handicapés.
Un militant nationaliste, Robert Sozzi, dénonce publiquement l'attitude des dirigeants bastiais, en reprenant les griefs exprimés mezza vocce par les familles des victimes. Sozzi parle fort. Sozzi parle juste. Sozzi parle trop. Le 15 juin 1993, il prend la route depuis son village pour descendre travailler à Bastia. Un commando l'attend dans un virage et l’assassine : un avertissement clair aux détracteurs de Jean-François Filippi . Au lendemain de Noël, le 26 décembre 1994, il sort de sa maison de Lucciana. Il doit se rendre à l'aéroport, dont on aperçoit les lumières en contrebas. Il va signer à Sarcelles un contrat portant sur l'élimination des ordures ménagères de l'agglomération bastiaise. Mais la date de son voyage a été ébruitée. Jean-François Filippi se trouve encore sur le pas de sa porte lorsqu'un coup de feu, un seul, retentit. L'homme s'écroule, tué par un tireur embusqué, disposant apparemment d'un fusil à visée infrarouge. Trois jours plus tard, le soir de ses obsèques, le FLNC -Canal historique réplique à l'aveugle, en supprimant un autre dissident nationaliste, Franck Muzi: Comme son ami Sozzi, il avait osé dénoncer l'affairisme de Filippi et du SCB. Cette série de meurtres n'a jamais été élucidée. Et les assassins - nationalistes, mafieux ou les deux - courent toujours.

La fiction de Corsica Clandestina :
Sylvestre Soler, entrepreneur et président de l’Athlétic club de basket, est responsable de l’effondrement d’une tribune du stade de Casaluccia, agrandie à la hâte pour la finale de la coupe d’Europe des vainqueurs de coupes contre l’équipe yougoslave de Belgrade. Matea Bozzi, rendue veuve par ce drame, a constitué un comité des parents des victimes pour exiger que la justice soit rendue. Le leader du FNLC, Vincent Franchi soutient Sylvestre Soler, maire de la commune et bailleur de fond pour la formation clandestine. C’est l’émergence d’une dissidence, organisée par des scissionnistes purs et durs. Sylvestre Soler est assassiné sur la route de l’aéroport par un tireur embusqué. Entre nationalistes, la machine d’une guerre fratricide s’emballe. Dans un climat social et politique explosif, l’auteur décrit leur justice expéditive. Il dresse une série de portraits plus vrais que nature, acteurs d’une vendetta nationaliste sans pitié.

Extrait : " On ne dira jamais assez la fragilité du monde et ici plus qu’ailleurs sur les îles dérivantes bercées de sels et de lumières. La lenteur du temps donne des poètes égarés, des leaders charismatiques, des politiciens véreux et des foules infatigables sensibles aux mythes obscurs de la nation. "
 

Isula Blues (2005):



Dans Isula Blues, Jean-Pierre Santini décrit la Corse profonde : un village perdu où les solitudes se côtoient, s’évitent et parfois s’épient. Sorties du village, des âmes maquisardes errent sur les sentiers de terre et de rocaille où l’on perçoit le drame sourdre. La mort rode et cherche sa proie… Un père et son fils, un commissaire fasciste à la retraite, une femme aussi belle que libre, un amoureux plus âgé qui n’ose pas se déclarer… Chacun a ses fêlures, ses faiblesses, ses névroses dans une Corse désertifiée où le temps épuise la vie et pousse à la mélancolie. Des vies se prennent dans la toile d’araignée que constitue ce récit construit sans espoir et de main de maître (du destin). Le ludi magister vous réserve une fin à la fois tragique et belle : un amour posthume donc éternel.

Extraits :
" Cette île est un pays sans retour. Restent les chemins de terre où les pas se font rares et des maisons qui ferment les unes après les autres. Alors, les regards se tournent vers l’intérieur ".
" Dominique craint parfois que la vie de son fils ne soit à l’image de la sienne. C’est que le pays est fermé. Mais ceux qui prennent le risque de l’évasion n’y reviennent jamais intact. Ils continuent de voyager. Dans l’absence. Comme des touristes que la lumière dissipe aux marches de l’été. Ceux qui restent s’exercent à la mélancolie sans jamais s’émouvoir de leur sort. Quand on est d’ici, l’orgueil commande. On apprend à vivre seul, à exister seul, à se battre seul, à ne jamais aimer s’il le faut puisqu’il n’y a plus personne
. "
 

Nimu (2006)



Personne, " Nimu ", est le titre du nouveau roman de Jean – Pierre Santini qui, dans la 4ème page de couverture, nous dit, comme un avertissement : " Personne ne peut y échapper… " Echapper à quoi ? Au vertige de la "la mise en abîme de cette Corse à la dérive ".

Le récit s’ouvre sur un lendemain de cataclysme qui, en 2033, a ravagé la région du Cap corse, champ de ruines peuplé par les morts. Le commissaire Yann Caramusa, enfant du Pays et flic dans la lignée d’un Sherlock Homes, survit au désastre et, en professionnel, évalue les dégâts puis trouve quelques feuillets écrits soigneusement par Michel Casanova sur L'Etat clandestin de la Corse ( une prêche enflammée sur la responsabilité collective du choix du régime des ombres). Quel rapport existe-t-il entre ce cataclysme et l’assassinat de Pétré Céccé, ce curé de campagne soutenu par un quarteron de paroissiennes zélées et quitté brusquement par sa gouvernante, Maria Maddalena Felici, en 2000 ? Quel lien peut-il y avoir avec une Corse clandestine omniprésente? En ce temps – là, Polo était l’amant d’Alice. Il était chargé de la collecte des ordures dans un village ou chaque maison "mais aussi d’autres endroits les plus anodins éveillait quotidiennement la mémoire… Les souvenirs les plus persistants correspondaient à des faits ou des récits dramatiques… "

L’auteur nous plonge dans un huit-clos Sartrien d’une Corse désertée où, gardiens de hameaux éparpillés, les derniers habitants, comme piégés, tournent en rond dans le vide de leur existence solitaire jusqu’à perdre les mots, comme Alice qui oublie son nom et celui des choses devenues des innommables. Innommables ! On pense au passage sur le canapé dans la Nausée de Sartre, mais le propos est tout autre. Le roman de Sartre fait de la nausée la prise de conscience par Roquentin de l’existence des choses et de sa propre existence alors que l’auteur de Nimu décrit chez Alice un processus inverse : celui de la perte du sentiment d’exister dans une île à la dérive, face à un abîme vertigineux. Roquentin affirme son existence qui l’atteint de plein fouet et l’envahit. Alice s’étiole dans la solitude qui ronge ses souvenirs jusqu’au plus profond de son être. L’existence la quitte et ne renvoie aucun échos à ses cris désespérés face à la beauté vide de la Nature. Sans véritable histoire d’amour, quel avenir pouvait avoir son couple avec Polo disparu en 2033 et, avec qui, elle avait l’impression d’avoir vécu une suite de vies minuscules… "le temps était devenu perceptible, presque pâteux, au point qu’ils s’étaient résigné à se dire le moins de choses possibles, tout juste le strict nécessaire pour marquer leur raison d’être encore là, presque sans mémoire, dans un monde vacillant". Et puis, l'esprit de Polo se refuse à la complicité d'un monde qui se déshumanise et il s'enfonce dans l'inconnu pour trouver du nouveau...

Autre extrait : " On vivait une ère d’errance. Les uns passaient à proximité immédiate des autres comme des objets mobiles, extraordinairement neutres, glissant en orbites lentes dans une sorte de nomadisme intersidéral. Il semblait que l’on se fut lassé de tout et des mots par-dessus tout. Depuis bien longtemps d’ailleurs, il n’y avait plus de littérature. La communication sociale en était réduite à quelques consignes utiles. "
 
Jean-Pierre Santini ne nous a pas tricoté un récit pour nous tenir chaud l’hiver. Il défait maille par maille l’armure de l’égoïsme qui, comme une camisole, enferme chaque Corse et ses habitants les plus vulnérables dans la solitude et le silence d’une île à l’abandon. Et si, en 2033, la Corse connaissait un cataclysme ! Si ce silence et cette solitude étaient eux-mêmes ensevelis ou noyés sous un Tsunami ! Que resterait-il ? La constatation du désastre, de la catastrophe naturelle. La Corse mourante euthanasiée par une Nature qui, pillée et négligée, se déchaîne. Cette idée tragique, autant que celle d’une mort lente, devrait pousser à la réflexion et à l’action militante, dans le sens noble du terme.



Dans le recueil de Nouvelles "Corse noire " (collection Librio), un autre auteur corse, Jacques Mondoloni, avait déjà écrit un récit apocalyptique sur la Corse : Le dernier Corse. Le seul survivant y est un prêtre qui refuse de quitter la Corse sous les bombes incendiaires d’une armée envoyée par un pouvoir qui a décidé de couler l’île, comme l’on coule un vieux rafiot devenu inutile. Avant de mourir le curé écrit son journal. Il s’appelle Pascal Géronimi, de père corse et de mère anglaise. Il se raconte pour expliquer son choix de rester en Corse et d’y mourir en dernier témoin. Nous avons relevé ce passage final : " La terre ne fait que vibrer, et cette fois, je comprends pourquoi : la montage s’affaisse, je découvre l’abîme, des abysses vertigineux, des puits sans fond qui se remplissent de liquides et fusent comme des volcans : la Corse a été minée… ". Plus loin : " … Le Cap corse se décroche de son socle – On dirait une immense caravelle dérivant sur la mer. " On y retrouve des mots du roman "Nimu " : abîme, vertige, dérive… des mots qui provoquent le malaise.

La Corse est-elle minée par la solitude et le silence qui, peu à peu, font disparaître le sentiment d’exister puis l’existence elle-même, plongeant un peuple et sa culture dans le néant ? Les Corses sont-ils progressivement amputés de leur corsité, dissoute dans un océan d’indifférence ?

Dans Nimu, le Curé du village a été tué, 33 ans avant un cataclysme. Pendant cette longue période, des lieux de culte disparaissent, la mort se désacralise... Quel sens donner à la Corsité, si les morts disparaissent comme éclatent des bulles de savon ? Si chaque décès n’est plus un arrachement, une plaie dans l’utérus social du groupe? Quelle histoire pourrait s'écrire sans lien entre les vivants et les morts ?

Et nous nous interrogeons... Un jour viendra-t-il où l’on n’aura plus besoin de livres pour mourir ? N’y aura-t-il plus, en Corse, de mère pour enterrer leurs fils en récitant des stances venues de la nuit des temps?... " Ghia ! Mon fils, va sous cette terre, ta nouvelle mère aux vastes séjours, aux bonnes faveurs ! Douce comme laine à qui sut donner, qu’elle te garde du néant ! Terre corse ! Forme voûte pour lui et ne l’écrase point ; Reçois-le, Terre, accueille-le ! Couvre-le d’un pan de ta robe comme une mère protège mon fils… " Cette incantation inspirée du védisme prend toute sa signification sur l’île de beauté où la mère doit rester la déesse de la famille, celle qui assurait la cohésion, la protégeait et la nourrissait. N’y aura-t-il plus de transmission orale, plus de généalogie entre les vivants et les morts?

Passer de l’ombre à la lumière ! Donner du sens à une résistance millénaire ! Porter son devoir de mémoire et le transmettre ! Faire peuple ! Entreprendre dans les situations les plus désespérées ! Sans doute, des exigences pour que les Corses écrivent enfin leur propre histoire et irisent leurs hivers blancs.

Nimu (Personne), le terme polysémique exprime tout et rien. Une personne est un tout humain avec son identité. Personne, c’ est aussi sa négation, son rien. Sorti de la sémantique, entre le rien et le tout, il y a ce que, ensemble, nous y mettons d’humain et c’est de cet intervalle textuellement transmissible que dépend l’histoire d’une famille, d’un village… la survie d’un peuple et, au-delà, de l’humanité.

Une lecture de Nimu par Jean-Claude Loueilh sur le site Corsicapolar: « Nimu, paradoxalement, écrit un livre d’aube ».


De Corsica Clandestina à Nimu, Jean-Pierre Santini nous invite, dans des récits construits et denses, à fouiller notre horizon noir. Lorsqu’on le questionne sur celui du peuple corse, il se dit toujours porteur du projet de Consulta Nazionale, projet ambitieux qui permettrait de passer de l’ombre à la lumière, de "faire peuple ". Mais, à partir de la singularité corse, il fait la cosmologie de l’agonie d’une culture, d’une langue, d’un peuple… En ce sens, il rend le drame corse universel. Il lui arrive de citer Paul Valery, grand poète français de père corse et de mère italienne, qui nous a appris que les civilisations étaient mortelles. Il nous parle de nos peurs, des sociétés qui fonctionnent sans nous, du cours trop tranquille d’une vie où l’existence diaphane se dilue en attendant un déluge final. Il incitera peut-être les Corses à faire de leur île l’arche de Noé d’une identité culturelle menacée.
 
Pour reprendre les mots de Bernard Biancarelli ( Albiana)  , le roman "crée un lien et du sens dans une société qui, en retour, se définit souvent en fonction de ses productions littéraires. Il est éminemment politique, au sens noble du terme. " Jean-Pierre Santini, qui, selon Joël Jegouzo de NCP, "travaille au corps une société en perdition ", invente des histoires qui ressemblent à la vie plus que la vie elle-même, sans doute parce qu’il est un arpenteur du réel mais aussi un poète. " Nimu " est un roman noir d’anticipation sans concession au chauvinisme béat et aux clichés. Deux enquêtes, deux époques s'imbriquent à 33 ans de distance dans ce roman hybride et finalement non classable dans un seul genre romanesque.

Publié le 06 avril 2008 à 12:11
Par flicorse
La théorie de la paëlla générale, cuisinée par Henri-Frédéric Blanc





Henri-Frédéric Blanc
est l'auteur d'une vingtaine de romans publiés chez Actes Sud et aux Editions du Rocher. Il a aussi écrit du théâtre et de la poésie. Certaines de ses œuvres ont été portées à l'écran et il est traduit dans six langues. Co-fondateur de L'overlittérature aux Editions L'Ecailler, il a écrit dans cette collection, "Discours sur l'universalité de l'esprit marseillais" et "L'art d'aimer à Marseille" . En 2007, L'Ecailler a réédité son roman "Cloaque" dans la collection L'Ecailler du Sud

Une théorie de la Paëlla générale sera servie à la Boîte à Sardine, 11 Boulevard de la libération 13001 Marseille le vendredi 11 avril 2008 à partir de 19 Heures…




« Hors de la péninsule ibérique, à Oran comme à Saint-Jean-de-Luz, la paella s'enracine dans la culture locale jusqu'à devenir un véritable marqueur d'identité. Avec les paellas parfaitement intégrées à certaines de ses cuisines régionales, les paellas au goût authentiquement ibérique proposées par les restaurants espagnols de ses grands centres urbains et les paëllas fourre-tout dispensées occasionnellement dans ses réfectoires, la France contemporaine montre combien, à une même époque et sur un territoire restreint, la paella peut être plurielle, peut s'inscrire dans des systèmes de représentations et de significations différents.

Née d'une cuisine champêtre chargée de pourvoir aux besoins d'un groupe de travailleurs, la paella demeure bien souvent un plat du "manger ensemble". En effet, préparée en commun ou achetée en quantité à un traiteur, elle apparaît au menu de bien des repas associatifs, de nombreuses romerías. Forte d'une réputation de plat convivial, la paëlla peut aussi se préparer aujourd'hui à même la table du salon, dans une paëllera électrique fortement mâtinée de wok. Cela n'est pas la seule facette de sa modernité, qui l'a vu aussi devenir un plat de fast-food à la préparation hyper rationalisée. En effet, aux anciennes formules d'un plat dont la variabilité des ingrédients constitue un trait essentiel, d'autres sont venues s'ajouter, purs produits d'un nouvel esprit du temps: la paëlla s'est faite végétarienne, etc…
»

Cet extrait théorique est tiré d’un article « La paëlla dans le monde » à l’adresse ci-dessous :

http://museum.agropolis.fr/pages/savoirs/paella/paella.htm#intro


La théorie de la paëlla générale servie avec du poulpe :



Mardi 11 avril prochain, à la boite à Sardines, c’est la théorie de la paëlla générale que nous serviront, avec du poulpe, Henri-Fréderic Blanc et  Jacques Aubergy de la librairie L’écailler.

Henri-Frédéric Blanc est né en 1954 à Marseille. Malgré un doctorat de lettres, il fait de nombreux petits métiers (caissier, veilleur de nuit, guetteur d'incendies...) avant de se consacrer exclusivement à la littérature. Il vit en exil dans une ruelle d'Aix-en-Provence. C’est un auteur prolifique, touche-à-tout en littérature. Dans le genre néo-polar, il use du rire contre le sérieux de l’ordre économique établi et de l’autorité.

Le titre de son dernier roman est « La théorie de la paëlla générale». Alors quels sont les ingrédients de cette paëlla? S’agit-il de restes accommodés ou de fast-food, paëlla Mac’Donaldisée ? Va-t-on y trouver du poulet et des poissons pêchés en eau trouble ? Ce plat de ri(re) littéraire que nous servira l’auteur sera sans doute un plat de résistance même si parfois on pourrait avoir le sentiment qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer.

Présentation de l’ouvrage :

Prune Sauvage, adolescente surdouée, boulimique et asociale, reste seule ce soir à la maison : ses parents vont à l’opéra. Certes, un tueur en série, l’étrangleur à la chaussette, rôde dans la ville, mais la maison est bien protégée, du moins tant que les verrous restent fermés…
Une discussion téléphonique avec sa copine ne va pas la rassurer, mais Prune, sorte de Zazie mâtinée de l’Ignatius de La Conjuration des imbéciles, a la ressource d’une imagination sans limite : on se trouve en direct dans l’esprit tendre et détonnant d’une adolescente de notre temps qui aimerait appeler les extraterrestres sur son portable, rêve de rencontrer Robinson Crusoé ou de sauver les ours blancs, s’imagine cardinal et dialogue avec Einstein, sans oublier d’explorer le réfrigérateur. L’impossibilité totale qu’elle éprouve d’accéder à l’état de sérieux en vigueur chez les adultes ne cesse de faire des étincelles, entre théories farfelues et résolutions extravagantes.
Le road-movie en huis clos est entrecoupé de trois lettres du tueur adressées à la police. Celui qui se surnomme lui-même « le justicier du sexe » se livre à une confession délirante où il évoque la persécution spirituelle dont il est l’objet de la part des femmes. Il vit leur indifférence à son égard comme une agression permanente. Mystique contrarié, il les étrangle parce qu’il ne peut supporter leur beauté. Il raconte son histoire “à reculons”, en remontant le cours de son existence vers ses premiers crimes, sa jeunesse, son enfance, jusqu’à dévoiler l’incroyable traumatisme qui a structuré sa personnalité.
Cette errance à deux voix, à deux cris, se resserre de plus en plus, jusqu’à la rencontre nocturne, quasiment hors champ, des deux personnages. C’est aussi une réflexion sur l’autisme de masse qui se propage sous le bienveillant contrôle satellite de la police-monde. Et pourtant le miracle existe : c’est la résistance acharnée de l’esprit dont témoigne l’humour iconoclaste qui habite le roman
.

L’humour n’est-il pas le meilleur moyen d’expression pour lutter contre la domestication et l’exclusion, lorsque la société fabrique de l’autisme? Son précédent ouvrage « Cloaque » a été publié aux Editions de l’Ecailler du Sud qui ont confié à l’auteur la direction d’une collection baptisée « Overlittérature ». La Préface vaut son pesant de cacahuètes d’Oulan-Bator (Mongolie). L’humour tisse la trame du récit. Il s’agit d’un humour noir, désenchanté mais sans renoncement car porteur de révolte. Le héros narrateur ( Il permet que nous l’appelions Chris) prend le parti d’en rire car il ne sert à rien d’en pleurer. C’est finalement un rieur sérieux des temps modernes Son rire fissure et s’insinue dans la pensée routinière. Il est inconfortable. La force comique de son langage ne dissimule pas les intentions politiques lorsqu’il fustige les pantins de la consommation et ceux qui tirent les ficelles. Pour cela, il fait appel au jugement critique du lecteur comme le théâtre le fait avec le spectateur.

Extrait de Cloaque : « L’indifféroute continuait, empire de goudron, bande infinie de non-vie ponctuée de panneaux métalliques. Si seulement il y avait le paradis au bout ! Au moins était-ce clair : cet implacable rouleau gris était absolument contraire à moi. S’il avait raison d’exister, c’est moi qui avais tort de vivre. J’étais ensablé dans ma cervelle, aussi pataud et déboussolé qu’un éléphant tombé de son nid. Il faisait désespérément beau. J’aurais préféré un bon déluge plutôt que cet azur dégueulasse. Si la voûte céleste pouvait se casser comme une coquille d’œuf et faire tomber sur le monde mille milliards de boue, qu’est-ce que je me régalerais ! Enfin un peu de justice ! Je vais vous dire : Dieu est un naze, en plus d’être le roi des branleurs. C’est un naze non point parce qu’il n’est pas assez gentil avec les hommes, mais parce qu’il n’est pas assez vache avec eux. Moi, je serais Dieu, vous auriez intérêt à numéroter vos abattis, je vous enverras des pestes et des choléras, je vous ferais pleuvoir du souffre, je vous balancerais des météorites brûlantes et pointues, je transformerais la planète en punching-ball ! Et cette couille molle de soleil qui descendait piane-piane, qu’attendait-il pour s’écraser sur la terre ; pour faire cramer cette autoroute à la noix ? Toujours la même tête, le soleil ! Toujours à l’heure ! Le train-train quotidien ! Le ronron rayonnant ! Ne rate jamais un jour ! Premier levé, on fait chauffer tranquillo le terrestre foutoir, et hop ! Au plumard. Tu n’exploseras donc jamais, gros sac de braise, qu’on rigole un peu ? Allez, va te coucher, eh, pantouflard ! … »

Parce qu’il est un rire de résistance, nous ne lui avons pas résisté. C’est un rire rabelaisien dont Victor Hugo disait … « Et son éclat de rire est un des gouffres de l’esprit ». C’est un rire humaniste profondément ambigu face à une société absurde. Karl Max avait prédit que «l’humanité se séparera de son passé en riant ». Par le rire, H.F Blanc se sépare d’un présent qui préfigure un avenir inhumain. Par instinct de survie, le rire se fait dérision et déraisonne. Au réalisme débilitant, s’oppose le surréalisme créatif. Etre au dessus du réalisme, c’est faire œuvre de visionnaire. Comme l’auteur de Cloaque, les poètes font appel à autre chose que la raison, l’intelligence, la logique… Ils sollicitent l’irrationnel, l’imagination, l’intuition, la sensibilité, l’enthousiasme, le rêve… le cœur.

Dans sa lettre du 15 mai 1871 à Paul Demeny, Rimbaud expose son programme poétique : "Je dis qu'il faut être voyant, se faire voyant. Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens". Ainsi, "il arrive à l'inconnu, et quand, affolé, il finirait par perdre l'intelligence de ses visions, il les a vues". Le Bateau ivre, écrit la même année, apparaît comme la transposition allégorique de ce programme. Les cinq premières strophes racontent comment un bateau rompt ses amarres : c'est le poète rompant avec les normes de la poésie, les conventions de la morale, l'idéologie dominante de la société.

Dans Cloaque, Chris pratique d’abord l’autodérision. Contre la fatalité qui l’accable, il choisit de faire front à ses adversaires : la connerie humaine et ceux qui en profitent. L’une de ses armes est la paresse qui lui permet d’être créatif, c’est-à-dire de penser. Il a séduit un peu par ruse Karine avec qui il file vers Rome dans une Jaguar. Mais ils ne sont pas seuls car Thibaud, le propriétaire du véhicule, les a pris en autostop et s’intéresse à la plastique de Karine. Donc si Karine était à Chris, il n’en est pas de même pour la Jaguar. Pour Karine, Chris nous demande de nuancer ses propos: Karine était à lui ?… avec un point d’interrogation « de plus en plus gros, de plus en plus méchant, et qui avait la forme d’un crochet planté dans son cœur ». On sent que l’on va vers une embrouille sur cette « indifféroute », cet « empire de goudron, bande infinie de non-vie ponctuée de panneaux métalliques » d’autant plus que Chris nous confie que « cet implacable rouleau gris était absolument contraire à lui ». Je n’en dirai pas plus. A vous d’embarquer dans la Jaguar. La promenade vaut le déplacement… J’ai même eu envie de demander que l’autoradio soit coupé pour mieux entendre penser Chris et pour faire chier le hâbleur mondain, Thibaud qui accompagnait une valse guillerette de Chopin en pianotant sur son volant.


De la paëlla aux fruits de mer : La poésie



Comme le rire, la poésie engagée est résistance. Neruda est allé jusqu’à dire qu’elle était insurrection. Avec le rire, elle est un moyen d’expression contre tous les conformismes et les totalitarismes. Vendredi dernier, au Théâtre Toursky, avait lieu une soirée exceptionnelle qui rassemblait des textes forts et ardents de Léo Ferré, Louis Aragon, Boris Vian, Charles Baudelaire et Arthur Rimbaud portés par des musiques mythiques de Mendelssohn, Puccini et Britten interprétées par l’Orchestre philharmonique de Marseille.

Poésie et musique se son conjugués pour être les passeurs de l’émotion, du partage et de la réflexion. Richard Martin, tendre passeur des beaux textes, a fait vibrer sa colère et sa révolte, toujours à fleur d’émotion. Il a commencé par la mémoire et la mer , texte de Léo Ferré…

La marée, je l'ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe
Je meurs de ma petite sœur,
de mon enfance et de mon cygne
Un bateau, ça dépend comment
On l'arrime au port de justesse
Il pleure de mon firmament…


Et nous avons pris avec lui Le bateau ivre de Rimbaud. A la fin de cette heure et demi magique, il lançait au public le début de la chanson de Léo Férré Les Anarchistes… en tapant de son poing sur son cœur : un geste d’amour que le public fidèle lui rend bien…

Y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent
La plupart Espagnols allez savoir pourquoi
Faut croire qu'en Espagne on ne les comprend pas
Les anarchistes!...


Nous avons aperçu Henri-Fréderic Blanc dans le public du Théâtre Toursky qui affichait complet. En le lisant, on peut penser qu’il doit se sentir proche de ces poètes et de Richard Martin. Il faisait partie des voyageurs de la croisière du Danube organisée par ce dernier.


De la paëlla au calamar : Le Théâtre

Cette Saison H-F Blanc sera aussi au Théâtre Toursky de Richard Martin avec une création : La révolte des fous les 25 et 26 avril prochains.



"La Révolte des fous"
MARSEILLE - Arts vivants - Pièce jouée
Du vendredi 25 avril 2008 au samedi 26 avril 2008

« Aliéné en chef, Richard Martin incarne un directeur d'hôpital psychiatrique sur le chemin de la retraite, médecin-chef en proie à ses patients et à ses démons. Dans ce rôle flamboyant écrit pour lui et pour le public du Théâtre Toursky, Richard Martin incarne un directeur d'hôpital psychiatrique sur le chemin de la retraite, médecin-chef en proie à ses patients et à ses démons - notamment à un calamar qui ne cesse de le hanter et qui est pour lui l'image du néant, un néant agressif, glouton et virulent, contre lequel il a lutté toute sa vie et qui, malgré le succès de sa carrière, ne désarme pas.
La verve farcesque, satirique et philosophique de Henri-Frédéric Blanc se donne libre cours dans cette pièce où la folie est la métaphore de la poésie, de l'imagination, de notre génie à tous enfermé dans nos oubliettes intérieures.
La folie fleurit au-dehors mais aussi au-dedans. Celui qui s'approche de la vérité est aussi menacé de l'intérieur. Chez le personnage, le feu sacré menace de s'éteindre sous la routine du bon sens, et il cherche désespérément de quoi l'entretenir. Le monstre est-il le djinn étouffé, bafoué, enterré sous le jeu social, ou au contraire l'homme raisonnable, l'homme réussi ?
Auteur marseillais souvent joué au théâtre, Henri-Frédéric Blanc est un écrivain majeur de la littérature moderne, libertaire et anarchiste.
Ses textes remplis d'humanité transpirent d'une vitalité propre à sa langue d'inspiration rabelaisienne. Le thème de la cruauté du monde montré dans toute sa nudité hante la plupart de ses œuvres.
L'utopie de Martin rejoint celle de Blanc qui déploie ici plus que jamais sa critique de la rationalité économique totalitaire, bulldozer impitoyable qui risque de faire du monde un désert peuplé de chiffres et d'âmes mortes. Mais comme toujours chez Blanc, le toboggan se transforme en tremplin : libéré de ses liens, l'esprit peut affronter joyeusement et ridiculiser à mort son ennemi le Néant
».

Des explosions de sens et des feux d’artifice de mots. Ce texte édité dans le numéro 12 de la Revue des Archers sera disponible au Théâtre.

H.F Blanc est-il fou ? Je ne pose la question que pour faire un lien entre la folie et l’écriture en reprenant ce qu’Alexandre Dumas disait au sujet de son ami Nerval : « … pour nous, il est tout simplement plus conteur, plus rêveur, plus spirituel, plus gai et plus triste que jamais ». Dans le Mague, Serge Scotto dit de H.F Blanc : « J’en suis même un peu vexé, car je préfèrerais franchement que ce soit moi, mais je tiens Henri-Frédéric Blanc pour notre plus grand auteur vivant, probablement. Pourquoi ? Parce qu’il écrit comme nul autre, avec une liberté de ton fracassante et une force d’imagerie qui me laisse hésitant à voir en lui le génie ou la folie… L’un peut-il être bâti de l’autre ? Au final, une littérature inventive, subversivement incorrecte, qui laisse rêveur devant tant d’acuité au fil d’opus régulièrement accouchés par voie naturelle… Car le salopard prolifique n’est ni alcoolique ni drogué, non, mais un quinquagénaire négligemment barbu et sincèrement timide, qui s’excuse presque lorsqu’on le complimente sur ses livres ».

Le rire, la poésie, la folie… la révolte ! La révolte non surtout pas contre les excès du cœur mais contre ceux des institutions, des morales, des religions… La folie est féconde lorsqu’elle arrache les masques d’une raison hypocrite et conformiste qui ne serait qu’un consensus social.

Du poulpe à la Boîte à sardine vendredi 11 Avril 2008 :

[…/…]
A Marseille, la sardine qui bouche le Port
Était bourrée d'héroïne
Et les hommes-grenouilles n'en sont pas revenus...
Libérez les sardines
Et y'aura plus de mareyeurs!

Si tu savais ce que je sais
On te montrerait du doigt dans la rue
Alors il vaut mieux que tu ne saches rien
Comme ça, au moins, tu es peinard, anonyme, Citoyen!

[…/…] extrait de « Il n’y a plus rien » ( Léo Ferré)


Alors, citoyen(ne), ne reste pas peinard(e) chez toi et si tu veux tout savoir sur Henri-Frédéric Blanc, viens à la boîte à Sardine, boulevard de la libération 13001 Marseille, tout près de la librairie L’Ecailler. On t’y offrira même du poulpe et du blanc… du vin blanc. Du poulpe, il y en a toujours dans la bonne paëlla, façon néo-polar. Je ne parle pas de celle en portions surgelées avec laquelle on veut paëllaminer les esprits déjà cocacolaminés. Vous pouvez venir nombreux, on n’a pas peur de se serrer dans la boîte à sardine… et puis les ouvrages de Henri-Frédéric Blanc, ce n’est pas de la Gallimerde encaustiquée, ni de la littératurette consacrée par des eunuques ou des gagas, pas plus que du ronroman pour retraités ou du romancule pour psychopathes.



Ouvrage présenté : La Théorie de la paella générale, Henri-Frédéric Blanc, aux Éditions du Rocher.

Lieu : La boîte à Sardine 11, Bd. de la Libération (à deux pas de la librairie) Métro-Tramway Réformés-Canebière

Où vous accueillera Jacques Aubergy, librairie L’Ecailler…





Bonus :

« La mémoire et la mer » et « Il n’y a plus rien »- Léo Férré- Dailymotion

http://www.dailymotion.com/video/xrurx_leo-ferre-la-memoire-et-la-mer_music

http://www.dailymotion.com/video/x1e3zh_leo-ferre-il-ny-a-plus-rien_music


Vous pouvez retrouver tous les textes chantés par Léo Férré sur le site « Les vieux copains » :

http://lesvieuxcopains.free.fr/textes.htm

Publié le 01 avril 2008 à 14:38
Par flicorse




A l’Alcazar, la salle était bien remplie pour assister à la conférence sur le Rock et le polar. Dans le public nombreux, nous avons noté la présence de Philippe Carrese, écrivain,cinéaste et musicien, mais aussi Childeric Muller, nouvel élu Modem des dernières Municipales sur la liste de gauche conduite par Patrick Mennucci dans le 1er secteur de Marseille.

Derrière les conférenciers du jour, attendaient des guitares électriques, un synthé et une batterie. François Thomazeau a fait un long exposé qui s’est voulu à la fois historique et parsemé de conseils de lectures. Chaque étape a été ponctuée par un standard du Rock en commençant par « Rock to night ». Les autres intervenants étaient Thomas Labat et Bruno Leydet, tous les deux musiciens Rockers et auteurs de polars, comme François Thomazeau. François Billard, dans le rôle du modérateur intervenait peu (rappelons que historien de la musique, il a écrit aussi un Poulpe). Thomas Labat et Bruno Leydet, après s’être livrés à des lectures d’extraits d’auteurs rock’n roll, ont été d’accord pour dire que, chez eux, musique et écriture étaient liées au Rock’n roll, tout en précisant qu’ils vivaient cette dualité en schizophrènes.

Finalement «être rock’n roll » ne serait-il pas (entr’autres goûts déterminés par des origines socioculturelles) écouter cette musique et lire des polars ? Aujourd’hui, le lien entre la musique et le polar serait-il la crise d’adolescence qui , par la revolte, d’un mode de vie passe à une mode qui se prolonge en mode de vie dont la musique, la littérature et le cinéma sont des aspects culturels ? Aujourd'hui, si certains mettent du Rock dans leur polar, d'autres n'y mettent-il pas du rap et du slam? Les mots n'ont-ils pas leur propre musique? Un livre ne se regarde pas. Comme la musique, il est un plaisir d'abord solitaire, intime. On le lit, l'écoute et le savoure, le regard tourné vers l'imaginaire.



Pour les images du Rock, on peut penser à James Dean et au film culte des années 50 «La fureur de vivre » qui fait découvrir aux américains leur jeunesse rebelle et délinquante. Le film montre le premier ado qui dit parfois aux parents qu’ils ont tort. De nombreux jeunes s’identifient à James Dean qui porte sur l’écran leur angoisse et leur colère jusqu’à la révolte. James Dean avait une blessure : la mort de sa mère alors qu’il avait 9 ans. Cette mort n’a pas été expliquée au gamin qu’il était et semble à l’origine de son mal de vivre et sa colère qui l’ont certainement aidé à créer son personnage d’adolescent rebelle. L’acteur deviendra un mythe en mourant dans un accident au volant de sa dernière voiture de course, une Porsche Spayder portant le n° 130. Il roulait face au soleil couchant lorsqu’un véhicule a coupé sa trajectoire le 30 septembre 1955. Il jouait dansle film Giant en cours de tournage. Son producteur l’avait pourtant interdit de conduite automobile jusqu’à la fin du tournage mais il n’a pu résister à la fatalité. Avec les voitures et la vitesse, la musique faisait aussi partie de sa courte existence puisqu’il jouait des Congas, notamment dans un bar branché d’Hollywood. Il incarne encore l’esprit Rock’n roll lorsqu’il dit à un ami : « Je ne vais pas traverser la vie avec un bras dans le dos. » Huit mois avant son décès tragique, il se faisait photographier dans un cercueil. Le film « La fureur de vivre » sortira dans les salles une semaine après sa mort. Les photos du film sont devenues légendaires et alimentent le mythe qui est devenu un produit de marketing comme l’est devenu celui du King Elvis Presley.

La littérature et la musique sont tributaires des modes. Il y a les genres éphémères et ceux qui durent, qui sont les expressions des générations et de leurs révoltes. Dans cette dernière catégorie de genres qui durent, on peut classer le Jazz, le Rock’n roll, le Rhythm and Blues et le polar. Cela me fait penser à l'obsession de l'auteur d'écrire enfin le grand roman d'une vie, d'une époque, peut-être d'un génération dans l'ouvrage de Juan hernandez luna "Fausse lumière" ( Collection L'atinoir de L'écailler - 2007). Qui écrira le grand roman de la génération Rock'n'roll? Tout a-t-il déjà été écrit?...



Comme autre film culte, on peut citer celui antérieur à la Fureur de vivre puisqu’il est sorti en 1953 : «L’équipée sauvage » (The Wild One ) avec Marlon Brando dans le rôle de Johnny, chef d’une bande de motards qui roulent de ville en ville dans le seul but de s'amuser comme des gamins, d'attirer l'attention et de déranger les habitants bien pensant. Ils s'arrêtent à une course de motos mais provoquent rapidement la pagaille et le Policier de service leur demande expressément de déguerpir sous peine de se retrouver en prison. Ce qu'ils font sans demander leur reste, en dérobant la coupe du deuxième vainqueur. Ils arrivent ensuite dans une petite ville tranquille dont le Policier local veut éviter les ennuis. La bande s'installe dans le café et vadrouille dans les rues, provoquant un petit accident qui les oblige à rester sur place, le temps d'attendre leur pote blessé se faire soigné. Ce qui ne tarde pas à mettre en colère les habitants les plus obtus et bagarreurs...



Un mot sur Brian de Palma qui réalisa Phantom of paradise (1973) : Reprenant plus ou moins la trame du roman Le Fantôme de l'Opéra, de Gaston Leroux, le mythe de Faust, ou encore Le Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde, le film de de Palma raconte les mésaventures d'un chanteur-compositeur talentueux (Winslow Leach) dont l'œuvre, une cantate intitulée Faust, est volée par la maison de production Death Records appartenant au producteur star, Swan. Ce dernier envisage d'ouvrir son opéra-rock avec les chansons remaniées de Winslow qui va alors entreprendre sa vengeance. La musique est de Paul Williams, saxophoniste de Rhythm and Blues et compositeur. Quelques années plus tard, le même de Palma réalisera Scarface avec Al Pacino. Tony Montana, petit truand expulsé de Cuba, débarque à Miami. Malin et sans scrupule, il entre en contact avec Lopez, un patron de la pègre qui fait le trafic de cocaïne. Ayant attiré sa confiance, il devient un de ses hommes de main, puis son second. Tony, appelé "Scarface" à cause d'une balafre au visage, peut compter sur son ami Manny venu avec lui de Cuba, fidèle allié de son ascension. La musique est de Giorgio Moroder. Il a composé une quinzaine de bandes originales de films et a collaboré (en tant que producteur ou en tant que compositeur) avec des artistes de premier plan comme David Bowie, Eurythmics, Freddie Mercury, Elton John, Sparks ou Debbie Harry (Blondie).Mais c'est avec Donna Summer qu'il connaîtra ses plus grands succès de compositeur et de producteur. Pour n'en citer que quelques uns : Hot stuff (1979), Bad Girls (1979), le fameux Love to love you baby (1975) ou bien encore I feel love (1977) récemment repris par Madonna dans sa tournée Confessions On The Dance Floor Tour 2006.



On pourrait aussi cité des films de Scorcese et de Coppola qui montrent cette Amérique du Rock’n roll et, enfin, pour mémoire, la comédie musicale West Side Story : L'histoire est inspirée de Roméo et Juliette de William Shakespeare. A New York, dans les années 1950, deux gangs de rue rivaux, les Jets (américains de la première génération, fils d'immigrés irlandais ou polonais) et les Sharks (d'origine portoricaine), font la loi dans le quartier. Ils se provoquent et s'affrontent à l'occasion. Tony et Maria, chacun d'eux attaché à l'un des belligérants, tombent amoureux, mais le couple doit subir le clivage imposé par leur clan.

Revenons sur l’exposé de François Thomazeau : les histoires parallèles du Rock et du polar.

Le Rock ’n’ roll (pour Rock and roll), ou simplement Rock, est un genre musical qui mêle le blues noir et le Rythm and Blues en premier lieu, avec une culture blanche marquée par la musique country notamment. Le rock devient par la suite une véritable philosophie avec sa cohorte culturelle, du cinéma aux bandes dessinées en passant par la mode vestimentaire. C’est la musique des bandes de mauvais garçons, en jeans et blousons noirs, et des bouseux devenus citadins.


Pour Thomazeau , après les romans Hard boiled, les apparitions presque concomitantes du Rock et du polar correspondent à celles du livre de poche et du microsillon 45 Tours. Il constate, avec François Billard, que si le Jazz est peu présent dans les polars, le Rock'n'roll y a pris une grande place, estimant que, avec le Hard boiled , Hammet, Chandler and Co étaient des auteurs Rock ‘n roll avant l’heure et qu’on les retrouve dans les textes des Rockers qui sont aussi des « durs à cuire », sans aucun doute inspirés par cette littérature. Le polar et le Rock ‘n Roll se seraient ainsi interpénétrés et les auteurs de polars d’aujourd’hui seraient des enfants du Rock auquel ils empruntent parfois des standards comme titres de leurs ouvrages. Thomazeau évoquait le mythe américain « Stagger Lee », l’histoire de ce type de la fin du 19ème ou début du 20ème siècle, chauffeur de taxi, pauvre, noir, qui, las de subir le racisme et les humiliations, aurait pris un flingue et tué un shériff, Billy Lyons, qui lui aurait volé son Steton à 5 dollars. De nombreuses versions de cette histoire circuleront. Stagger devient Stagolee ou StaGG Amais surtout l’archétype du pauvre type qui prend sa revanche sociale par la violence. Vous pouvez lire l’histoire de ce mythe à l’adresse ci-dessous :

http://arbobo.over-blog.com/article-3392942.html

Ce mythe a inspiré des centaines de titres du Rhythm and Blues au Rock et à la Pop. Certains sont même allés jusqu’à le reconnaître dans Hey Joe de Jimi Hendrix. Vous pouvez consulter une liste de titres reprenant « Stagger » sur le site Allmusic à l’adresse ci-dessous :

http://www.allmusic.com/cg/amg.dll

Greil Marcus est un critique et auteur de livres sur le rock et la Soul music. On trouve ses livres et ceux de Nick Cohn ou Nick Tosches, qui remplissent le même office, aux éditions Allia et parfois en folio Gallimard. On lui doit notamment chez Allia Sly Stone, le mythe de Stagger Lee. A travers Sly Stone, leader d'un des plus fameux groupe de funk dans les années 60 et 70, il retrouve la légende de Stagger lee, le bandit noir, et offre un tableau saisissant de l'histoire de la révolte des Noirs.

L'étiquette rock 'n' roll a été d’abord utilisée pour discriminer le Rhythm and Blues des Afro-Américains pour des raisons liées à la politique raciale de l'époque. Il était inadmissible que des artistes blancs soient mêlés sous la même étiquette que les artistes noirs chez les disquaires. Le style particulier du Rhythm and Blues blanc a reçu une nouvelle étiquette « Rock 'n roll ».



Ike Turner, son cousin Jackie Brenston ( proxo et petit voyou sans envergure mais aussi saxophoniste) et leur groupe The Delta Cats rallient Memphis, Tennessee depuis Clarksdale, véritable pépinière de musiciens ; c'est en effet la ville natale de Junior Parker, Bukka White, Son House, John Lee Hooker, Earl Hooker, Jackie Brenston, Ike Turner, Eddie Boyd, Sam Cooke, Willie Brown et Johnny B. Moore. La légende raconte que c'est là que Robert Johnson aurait vendu son âme au diable.

http://haraldsgraffiti.over-blog.com/article-3387940.html



Jackie Brenston et Ike Turner enregistrent Rocket 88 à Memphis le 3 mars 1951.Ce morceau est d’abord une chanson de Rythm and Blues. Elle est inspirée de Cadillac Boogie de Jimmy Liggins. Dans les paroles, Brenston remplace la vieille cadillac par la nouvelle Oldsmobile Rocket Hydra-Matic 88. La mélodie est quasiment la même. Bill Haley enregistre une version de Rocket 88 avec son groupe The Saddle-Men publiée sur le label Holiday en juillet 1951. Il est le premier musicien blanc à faire une reprise d'un n°1 de Rhythm and Blues.



Par la suite, leur disque Rocket 88 sera davantage considéré par certains comme la première chanson de rock'n'roll de l'histoire que le «Crazy Man Crazy » de Bill Haley, même si ce titre est la première chanson rock'n'roll à atteindre le haut des charts. Tous les experts ne sont pas d’accord sur ce point, certains considérant que Rocket 88 reste du Rhythm and Blues. « Il faut mettre une fin ce mythe, malgré ses évidentes qualités ce titre n'est pas le premier Rock and Roll de l'histoire, cela reste malgré tout du R&B. La rythmique de Rocket 88 tient plus du shuffle (rythmique à contretemps) hérité des productions de la fin des années 40. Le Rock and Roll est caractérisé par son rythme particulier, un "eight to the bar" (8 temps par mesure) typique du Boogie mais avec un back beat accentuant le 4ème et le 8ème temps. La variante quatre temps est aussi possible, l'accent étant alors porté sur le 2ème et le 4ème temps ». écrit l’auteur d’un blog Tutti frutti consacré aux musiciens blacks :
http://tutti.allmyblog.com/




Rocket 88, dont la partie vocale a été laissée à Jackie Brenston, a été enregistré dans les mythiques studios Sun Records, célèbres pour avoir enregistré That's All Right Mama, le 1er tube d'Elvis Presley en 1954, pur rock'n'roll également. Ike Turner est connu aussi pour avoir été le mari de la chanteuse Lina Turner qu’il battait. Il est mort, après Brenston et à l’âge de 76 ans, le 12 décembre 2007.

Rocket 88 était une voiture américaine (il s’agit de l’Oldsmobile Rocket 88). Les voitures et l’alcool sont présents chez les Rockers. Il y a eu le polar jazzeux , feutré, ambiance whisky et petites pépées. Lui succèdent le polar rock’n roll. Henri Thomazeau cite aussi Robert Johnson, petit guitariste inconnu qui deviendra un grand guitariste de Blues. Il est devenu une légende et une grande source d'inspiration pour des artistes tels que Jimi Hendrix, Led Zeppelin, Bob Dylan, The Rolling Stones ou encore Eric Clapton et Cream. En 2003, le magazine Rolling Stone l'a classé 5ème meilleur guitariste de tous les temps.

En 1951, le disc jockey Alan Freed anime une émission de radio appelée Moondog's Rock And Roll Party. C'est la première diffusion du rock 'n' roll à une large audience. C'est ce disc jockey radio qui trouve son nom au rock 'n' roll en reprenant une expression que l'on retrouve depuis les années 1940 dans certaines chansons de Rhythm and Blues et qui signifie en argot « faire l'amour ». Alan Freed est le premier disc jockey blanc à soutenir avec force des artistes noirs jouant la « musique du diable ». La bonne société américaine en fera son « ennemi numéro 1 » et aura d'ailleurs sa peau en 1959.

Le terme Rockabilly désigne la première forme historiquement identifiable de Rock 'n' roll, il s'agit essentiellement d'un croisement de Rythm and Blues et de musique country. Elvis Presley et Bill Haley sont deux précurseurs chez les chanteurs blancs. Elvis Presley, surnommé The King (« Le Roi » du rock 'n' roll), enregistre ce qui est probablement l'un des tout premiers morceaux de rockabilly avec That's Alright Mama et collectionnera très rapidement les succès, mais, pour les experts, c'est Bill Haley and His Comets qui signent officiellement l'acte de naissance du rock 'n' roll pour de nombreux historiens avec le titre Rock Around the Clock (reprise de Sonny Dae and His Knights, 1952). Ce premier tube de l'histoire du rock 'n' roll qui figure au générique du film Graine de violence est numéro 1 des hit-parades aux États-Unis (8 semaines) et au Royaume-Uni (3 semaines) en 1955. Buddy Holly, Jerry Lee Lewis, Eddie Cochran et Gene Vincent s'engouffrent dans la brèche. Les musiciens noirs restent très actifs grâce à Chuck Berry et Bo Diddley tout particulièrement. N'oublions pas Little Richard, qui sur son premier 45 tours signe quatre des plus grands standards de rock : Tutti Frutti, Long Tall Sally, Rip It Up et Ready Teddy.

Le rock 'n' roll provoque un mouvement de rejet de la bonne société américaine qui croit avoir triomphé de ce mouvement en 1959. On annonce alors la mort du rock 'n' roll et il est vrai qu'aux États-Unis, le mouvement semble s'essouffler. Les chanteurs sont désormais très consensuels et Elvis Presley est institutionnalisé, cantonné aux ballades. Le rock 'n' roll continue cependant de se développer sous des formes plus locales et confidentielles comme la surf music de la côte ouest ou le garage au nord.

L’Internaute vous propose son histoire du Rock’n Roll de 1954 à 1997 à l’adresse ci-dessous :

http://www.linternaute.com/histoire/categorie/40/a/1/1/histoire_du_rock_n_roll.shtml

L’apparition du Rock remonte donc aux années 1950. Le roman noir est installé dans la littérature américaine et s’est démocratisé avec l’apparition des livres de poches. C’est aussi l’époque de James Dean, acteur que l’on peut qualifier de Rock’n roll à l’écran comme dans sa vie. En évoquant le littérature et les films sur l’apparition de Rock’n roll, François Thomazeau reprend le mythe du pacte avec le diable scellé d’abord à Clarksdale par le mythique Robert Johnson. Les Rockers seraient entrés en Rock ‘n roll par ce pacte démoniaque, ce qui expliquerait l’hécatombe dans leurs rangs pour causes d’overdose de drogue mais aussi de plomb, puisque plusieurs ont été tués par armes à feu. François Thomazeau établit une filiation avec des écrivains de l’errance comme William Seward Burroughs, Jack Kerouac et Jack London. On peut citer des propos de Kérouac, mort d’une cirrhose et de l’abus de dopants : « Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller. » A 15 ans, Jack London commença une vie d’errance. Il fut tour à tour, marin, blanchisseur, chercheur d’or, pilleur de parcs à huîtres. Il retourna aussi à la fac. Puis Il devint garde pêche, chasseur de phoque, alcoolique, vagabond, socialiste. Il alla aussi à l’université et fut petit à petit publier... jusqu’à la gloire (son roman, Martin Eden est très autobiographique). En 1944, Burroughs vit avec Joan Vollmer dans un appartement partagé avec Jack Kerouac et sa première femme Edie Parker. C'est à cette période qu'il entame sa consommation d'héroïne. Il épouse Joan en 1946 avec le projet de fonder une famille. Le 6 septembre 1951, en voyage à Mexico, Burroughs, ivre, tue accidentellement sa femme d'une balle en pleine tête alors qu'il essayait de reproduire la performance de Guillaume Tell, qui fendit d'une flèche la pomme posée sur la tête de son fils. Burroughs est inculpé pour homicide involontaire mais échappe à la prison en rejoignant le Mexique en 1952 puis en vivant des années d'errance ; Principalement connu pour ses romans hallucinés mêlant drogue, homosexualité et anticipation, il est associé à la Beat Generation et à ses figures emblématiques (Jack Kerouac, Allen Ginsberg). On retient aussi de lui son utilisation littéraire du cut-up, technique (mise au point dans une petite chambre d'hôtel rue Gît-le-Cœur à Paris avec Brion Gysin) qui consiste à recréer un texte à partir de bribes découpées et mélangées au hasard, utilisant parfois des fragments d'autres auteurs.

En France, selon Thomazeau, les premiers romans noirs Rock ‘n Roll sont les polars post-soixant’huitards parmi lesquels certains reprennent comme titres ceux de standards du Rock.

Pour conclure le propos on pouvait s'interroger en écoutant un auditeur proposer l’étiquetage suivant : le Jazz pour le flic et le détective, le Rock pour le quidam, et l’ Opéra pour le serial killer… Les rapprochements entre le Rock ‘n Roll et le Polar sont apparus à plusieurs égards comme les mêmes relevés entre le Jazz et le polar. Par ailleurs, on ne peut pas occulter une filiation entre le Rythm and Blues, le Rock’n Roll, le Jazz et le blues. Seul l’opéra nous semble jouer dans une autre catégorie et notamment celles de certains Thrillers. Les goûts musicaux d’un auteur de polars se retrouvent-ils dans son phrasé ? Certainement en ce qui concerne un Rocker dur et pur. Mais ils se retrouvent d'abord dans son mode de vie.

En consultant Wikipédia, on peur lire cette définition : « Le rock 'n' roll (pour rock and roll), généralement raccourci en rock est un genre musical qui mêle le blues noir et le Rythm and Blues en premier lieu, avec une culture blanche marquée par la musique country notamment. Le rock devient par la suite une véritable philosophie avec sa cohorte culturelle, du cinéma aux bandes dessinées en passant par la mode vestimentaire. »

Article complet : http://fr.wikipedia.org/wiki/Musique_rock

Le Rock, une philosophie ! Le mot est lâché. Le Rock est un « bruit qui pense » et donc donne à penser. Stop ! Stop it!… Don’t stop the Music ! C’est tout d’abord de la musique à écouter et à danser. Après la conférence, nous avons assisté au concert donné par le groupe Double Blanc.

Double ban pour Double blanc!...



Après le conférence, quatre musiciens ont récupéré les instruments de musique. Il s’agissait du groupe «Double blanc », un nom en hommage à un album des Beatles « White Album ». Connu sous le nom de Double Blanc, ce disque devait ramener les Beatles sur terre après trois ans d'expérimentation en studio. Au lieu de cela, cet album leur fit explorer des terres inconnues, continuant à faire exploser les normes de la musique pop. Lennon et McCartney sont encore à leur zénith, notamment Lennon qui devient alors une des figures éternelles du rock.



Le groupe « Double blanc » a été créé en 1995 autour d’une passion commune, la musique des Beatles. Il s’est spécialisé dans la reprise de standards des années 60 à 70 : Wilson Picketts, Pink Floyd, Rolling Stones, Hendrix, Creedence Clerwater Revival…A la basse et au chant, nous avons reconnu Mario Albano, journaliste des sports à La Provence. Nous n’en doutons plus, Marseille, si le Rock est liée, comme le Jazz, à la drogue, celle de Marseille est l’OpiOM, OM étant une équipe totalement Rock’n Roll, y compris ses commentateurs journalistes..

Mario Albano s’éclate au stade Velodrome mais, depuis 2005, aussi avec Jacques ( guitare et chant), Michel ( Batterie, chant) et Jacques ( Clavier, guitare et chant). C’est Mario Albano qui présente intelligemment et en fin connaisseur chaque titre d’un répertoire de standards orientés sur la thématique Rock et Polar. C’est lui, le soliste du groupe. Il donne le tempo avec sa basse et sa voix passe sans problème des Doors, à Hendrix, en passant par les Beatles et Elvis Presley notamment.. Michel, à la batterie, rivalise avec Ringo Star et Jacques, à la guitare, avec Eric Clapton , avant d’être un moment relayé par le deuxième Jacques qui a quitté provisoirement le Synthè pour la guitare rythmique et solo sans perdre de sa virtuosité. Un moment d’intense plaisir pour les enfants du Rock présents…

Alors nous proclamons un double ban pour Double blanc, un groupe avec un bassiste et un guitariste d'enfer, Mario Albano et Jacques Saruggia, Michel Tarasiuk à la batterie et Jacques Puvieux aux claviers et guitare.

Le groupe Double blanc aurait pu se retrouver rapidement avec la salle vide, car les auditeurs n’étaient pas tous avertis de sa présence. Les habitués des conférences de l’Alcazar tablaient sur une fin vers 18 Heures 30... can't stop the Music!... et même ceux qui avaient des rendez-vous et des obligations, restaient pour entendre le morceau suivant et le suivant… et le suivant jusqu’après la fermetrure de l’Alcazar. Pour ceux qui n’ont pu entendre les derniers morceaux, tout en se mettant en retard à leurs rendez-vous, nous avons appris que « Double Blanc » se produisait sur d’autres scènes. Si vous voulez connaître ses prochains concerts, nous vous communiquons ses contacts :
Portables:
Mario : 06.03.13.20.34
Jacques : 06.72.77.20.51
Mails :
Mario.albano@wanadoo.fr
Michel.tarasuik@wanadoo.fr


Et un extrait en vidéo amateur ( malheureusement de mauvaise qualité ) trouvé sur Dailymotion :

http://www.dailymotion.com/video/xrszm_le-rock-des-nageurs_events


A la bibliothèque de l'Alcazar à Marseille, le gang de l'écailler du sud sur le sujet "Rock et polar" a mis à disposition un petit prospectus intitulé "rock et polar, bibliographie sélective":

- Graines de violence (Evan hunter alias qui vous savez)
- Le chanteur de Gospel (H. Crews)
- Wake up little susie (Ed Gorman)
- American Psycho ( Ellis)
- Un homme de glace (ian banks)
- Divorce Jack (Colin Bateman)
- Les nains de la mort (J. Coe)
- Crème Anglaise (Robin cook)
- Soul circus ( G. Pelecanos)
- La jambe gauche de J. Sturmmer (C. Ferey)
- Fatal song ( C. Hiaasen)
- Passé imparfait (K. Friedmann)
- La faute à dégun (F. Thomazeau)
- Les portes du garage ( T. Crifo)
- Jim Morrissonis alive and well and living in Ibiza (B. Leydet)
- Nous serons les rois de Marseille (S. SCotto)
- La musique de Papa (J.L. Bocquet)
- Backstages (L. Baranger)
- Un chat dans un chenil ( T. Labat)
- Bleu noir ( Anthologie rivages noir)


Arrêt sur quelques titres proposés :



Le chanteur de Godspel, Harry Crews – Série noire de Gallimard 1995

L’itinéraire miteux d’un sous-Elvis pas très net…
A Enigma, Géorgie, les routes n’ont pas l’habitude des Cadillacs. Pourtant depuis des mois, alors que la canicule suce la terre, on guette l’arrivée d’une certaine cadillac pour qu’enfin la pluie tombe et que le miracle advienne. On attend le chanteur Godspel… Il a fait le tour du monde, n'empêche qu'il est né à Enigma et que tout le monde attend qu'il revienne au pays pour chanter en souvenir de Mary Bell. Rien ne se passe dans ce bourg d'où personne ne sort jamais. Mais aujourd'hui n'est pas un jour comme les autres. Non, c'est le jour du retour de l'enfant prodige. L'homme par qui les miracles arrive, revient pour voir ses parents. Alors, tout le monde attend, même Wilalee Bokatee, le prédicateur noir accusé d'avoir assassiné MaryBell de soixante et un coups de pic à glace, après ou avant l'avoir violée car le shérif n’a pas retrouvé la culotte. Le plus fou (mais les autres le sont-ils moins) des livres d'Harry Crews. Noir. Très noir. Son humour comme son univers de monstres trop humains. Harry Crews est un auteur aussi puissant que tourmenté, et on ne sort jamais indemne de la lecture de ses romans

Article sur l’auteur à l’adresse : http://www.polars.org/article74.html



Wake Up Little Susie -Ed Gorman – éditions de l’aube – 2006

Le titre nous plonge directement dans la période durant laquelle se déroule ce roman d’Ed Gorman : 1957. C’est en effet cette année-là que sort « Wake Up Little Susie » tube international des Everly Brothers, devenus vedettes du country soft et idoles du rock américain naissant.

Clip sur Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=pabt0QXJ_GY

Le 14 septembre 1957, c'est le jour du lancement officiel de la Edsel, dernière création de la gamme Ford qui sera un sensationnel fiasco commercial. En attendant, la petite ville de Black River Falls se prépare à la fête dans une ambiance de kermesse très américaine quand une jeune femme, épouse d'un ambitieux homme d'affaires, est retrouvée morte dans le coffre de l'un des trois modèles exposés chez le concessionnaire local. McCain, jeune avocat qui arrondit ses fins de mois en enquêtant pour le compte de la juge Esme Anne Whitney, se voit une fois encore obligé de faire équipe avec le chef de la police locale Cliff Sykes, son pire ennemi. Un cadavre dans le coffre d’une voiture, une jeune et belle jeune fille qui disparaît, un policier lourdaud et incompétent, une mystérieuse blonde à la conduite intrépide… rien ne tourne vraiment rond dans la tranquille petite ville de Black River Falls, véritable image d’Epinal de la ville américaine moyenne dans des années encore marquées par les fantômes de la crise de 29 et de la Deuxième Guerre mondiale. Dans cette drôle d’atmosphère où flotte en permanence un vieux standard du rock et quelques effluves de Lucky Strike, l’anticonformiste Sam McCain va devoir faire démonstration de tout son talent d’enquêteur.



Graine de Violence, Evan Hunter ( alias Ed MacNain) Manitoba les belles lettres- Le grand cabinet noir (200)

L’histoire d’un homme qui occupe son premier poste de professeur dans un lycée professionnel. Il sait qu’il aura affaire à des élèves difficiles mais, après deux ans de service dans la Marine, il se croit de taille à les dompter par la douceur et la compréhension. Graine de violence a été adapté au cinéma par Richard Brooks. Le film Blackboard Jungle est sorti en 1955 et il met du “Rock'n roll” dans sa musique avec le célèbre "Rock around the clock" de Bill Haley et ses “Comets”.

Ce film est une étude réaliste et vigoureuse de la délinquance juvénile dans les milieux urbains populaires américains, et des rapports entre les jeunes (rapports selon les origines ethniques - Afro-américains, Portoricains, Irlandais, WASP, Sino-américains ...- et rapports en fonction des clans, des bandes, des gangs). Miller, le seul élève noir de la classe de Dadier, interprété par Sidney Poitier est, parmi les autres élèves, l'élément le plus digne, le plus courageux et le plus lucide, c'est un chef-né, et c'est grâce à sa collaboration que le professeur va inculquer à ses élèves un comportement positif. Ce film va à l'encontre de beaucoup de préjugés en vogue à l'époque.



Fatal Song, Carl Hiaasen – Denoël, Rivages-Noir 2007

L'univers de Carl Hiaasen est peuplé de personnages loufoques et caricaturaux en quête d'aventures rocambolesques aux dénouements incroyables. Sur fond de Floride, sa région natale, il dépeint les travers d'une Amérique décadente lorsqu'elle cède à la facilité. Chroniqueur au Miami Herald depuis de nombreuses années, il a publié plusieurs best-sellers édités dans le monde entier, dans lesquels il alerte les lecteurs des menaces qui pèsent sur notre société. Fatal Song est un pamphlet contre la société américaine et ses dérives médiatiques.

Résumé de Claude Mesplède : « Pour avoir dit ses quatre vérités au nouveau propriétaire de l'Union-Register, un quotidien de Floride, le brillant journaliste Jack Tagger se retrouve confiné depuis quelques mois à la rubrique nécrologie. Jack a critiqué vertement la nouvelle ligne éditoriale qui consiste à transformer un journal réputé pour son sérieux en un ramassis d’informations racoleuses. Chargé d’écrire la nécrologie de Jimmy Stoma, ex-star sulfureuse du rock, qui vient de se noyer au large des Bahamas, il soupçonne ce décès de ne pas être naturel. Bien qu’interdit d’enquête et malgré l’opposition de sa chef de rubrique Emma l’Impossible dont il est amoureux, Jack se met à fouiner. Il interroge ceux qui ont connu la star, notamment sa veuve, la chanteuse Cleo Rio, dont les larmes de crocodile cachent mal une attitude plus que suspecte. Jack s’entête et il va mettre à nu quelques dessous peu reluisants du showbizz. Normal, on ne la fait pas à un journaliste qui, comme lui, connaît bien la musique...
Carl Hiaasen a bâti sa réputation grâce à plusieurs thrillers écologiques à l’humour ravageur dans lesquels gravitent une galerie de personnages des plus farfelus. Moins délirant mais toujours aussi caustique, Fatal Song porte un regard sans concession sur le milieu journalistique dominé par les groupes de presse tout en épinglant au passage certaines pratiques crapuleuses du showbizz. »

Bibliographie chez Denoël à l’adresse ci-dessous:

http://www.denoel.fr/Denoel/Control.go?action=rech&idauteur=16034


Passé imparfait de Jinky Friedman – Rivages-Noir 2007.

L’auteur est aussi musicien, ami de Bob Dylan et Willie Nelson. Tous ses romans se déroulent sur fond musical. Passé Imparfait se déroule à Greenwich Cillage où un cow-boy et chanteur de country juif survit en se produisant au Lone Star Café. La vie de Ratso est devenue dangereuse depuis que l’activiste Abby Hoffman, leader du Youth International Party, a quitté la clandestinité et s’est invité chez lui. Le romn dépenit l’Amérique des années 1960 et 1970.


Nous rajoutons à la liste de L’Ecailler quelques autres ouvrages…



- Les héros oubliés du Rock’nRoll : « Nick Tosches a commencé à écrire pour des magazines de rock, avant de se lancer dans le polar (cf. la très bonne réédition en Folio de Trinités). Il n'en a pas pour autant délaissé ses premières amours puisqu'il a déjà sorti Country : les racines tordues du rock n' roll (aux éditions Allia aussi) et qu'il nous offre ce coup-ci Héros oubliés de rock n' roll. "Le Blues, la country et leur bâtard prodigue le rock n' roll, ont en commun une chose fondamentale et envahissante : la connerie. Ils sont, pour l'essentiel, la musique de la folie et non de la sagesse"… le ton est donné est on est loin des papiers compassés, des articles lissés ; Tosches la gouaille vous offre le début de la légende, dans un style décapant et truculent, vous parle des fondateurs, sans qui Elvis ne serait pas là, vous fait rire et découvrir le rock n' roll, avec des propos rock n' roll. Yeah !!! » avis sur le site http://www.entre2noirs.com
- Son premier ouvrage, Hellfire, biographie de Jerry Lee Lewis publiée en 1982, le place d'emblée au rang des écrivains majeurs de la scène musicale. Les biographies qu'il écrit par la suite retracent les itinéraires de Dean Martin, Michele Sindona, Sonny Liston, Emmett Miller (un des derniers chanteurs de minstrel show) et Arnold Rothstein. Nick Tosches a également publié un recueil de poésie, Chaldea, et trois romans : Cut Numbers, Trinities et In the Hand of Dante. Ce dernier est considéré par l'auteur lui-même comme son meilleur ouvrage. Ses textes ont en outre été publiés dans les revues Vanity Fair et Esquire. Il fut l'un des plus grands critiques de rock américains. Son dernier roman, Le roi des juifs, vient de paraître chez Albin Michel. Ses écrits ont été regroupés dans un recueil : The Nick Tosches Reader.



- "Dieu a tort" de J.J. Busino considéré par certains comme le polar rock par excellence. Un producteur musical à l'affût de tout bon nouveau commercial tue au hasard des êtres qui ont le malheur de croiser sa route. Dans le métier, l'homme est considéré comme génial et complètement barge, violent et frappadingue. Mais il a l'oreille... et un besoin dément de pureté chez les autres, au point de jouer lui-même au Créateur. On y apprend entre autre comment baiser une table de mixage. L’éditeur annonce : « Le sac d'une femme reste un mystère au même titre que le cerveau humain. Les clés mirent le temps d'une psychanalyse à sortir de sa besace. Ce soir la serrure de la vieille porte d'entrée s'ouvrit sans poser de problème. ll entra dans l'allée et chercha à tâtons l'interrupteur. La montée d'escalier était dans l'obscurité complète et les kirs royaux qu'elle avait bus avec ses compagnons d'université la firent presque chuter. Elle se rattrapa à quelque chose qu'elle mit un moment à reconnaître comme un bras. Elle descendit le long du membre et découvrit une main serrant quelque chose. Comme si un membre supérieur se promenait seul dans la nuit dans les allées, elle demanda à l'obscurité s'il y avait quelqu'un. Dieu, en parfait administrateur, reprend toujours d'une main ce qu'il donne de l'autre. Par l'auteur de Un café, une cigarette. »


On pourrait citer bien d’autres auteurs comme David Peace entr’autres. Nous avons choisi, en dernier lieu , de citer la collection « Polar Rock » aux Editions Mare Nostrum :

« Sex, drugs and rock 'n' roll » est la fameuse maxime de Ian Dury. Voici venu le temps du polar rock "où les héros s'envoient des rails et baisent les étoiles". Fort de ce beau constat, Serguei Dounovetz, a créé la collection Polar rock chez Mare Nostrum.

Il a répondu aux questions de Fluctuat et nous vous reproduisons un extrait concernant le musicien de rock et l’auteur qu’il est : « Je suis un auteur de littérature de genre. J’ai été publié notamment au Fleuve Noir. Le polar est mon genre littéraire de prédilection. Mais avant de jouer de la plume, à la fin des années 1970, j’étais chanteur et guitariste rythmique dans un groupe de rock parisien qui s’appelait "Les Maîtres nageurs". Tous mes bouquins transpirent le rock. Dans mes histoires les protagonistes en écoutent. Je cite parfois quelques groupes, non pas pour faire "genre", juste pour donner une indication au lecteur, afin qu’il situe un peu mieux les goûts de mes personnages, leur façon de fonctionner. Mes héros sont le plus souvent issus de milieux marginaux, underground, où la musique fait partie intégrante de leur vie. De plus, j’écris le plus souvent mes romans en écoutant du Rock. Il n’est pas rare que j’attaque un chapitre avec NOFX ou The Ramones à fond les ballons ».

L’idée de créer une série de polars autour du Rock lui serait venu d’une discussion de comptoir avec Jean-Bernard Pouy, créateur du Poulpe. « C'est un fêlé de Rock, dit-il
».

Et il ajoute : « Les auteurs que j’approche sont de ma génération. On a bouffé du rock depuis tout petit. En 1976, quand les Pistols déboulent, on a 18 ans. Les mecs qui ont traversé les Seventies pendant leur adolescence et qui ont tripé sur le Rock’n roll ne peuvent pas en sortir indemnes. Ils sont marqués, d’autant plus pour des auteurs de polar.
Il y a un lien direct entre le roman noir et le rock, le rythme de l’écriture, le style nerveux, la puissance de feu, la violence, le sexe, la défonce, la poésie et d’autres ingrédients que l’on retrouve dans ces deux cultures.
Nos vieux faisaient du polar Jazzy, feutré, whisky et petites pépées. Nous, les héros de nos histoires s’envoient des rails et baisent les étoiles…
»


Pour les propos recueillis par Maxence Grugier, allez à l’adresse ci-dessous :

http://www.fluctuat.net/5958-Polar-Rock-editions-Mare-Nostrum



Serguei Dounovetz a écrit en 2000 « Fleur de bagne » dont le résumé illustre l’esprit de la collection Polar Rock : « J'aime deux choses dans la vie : ma guitare et ma fleur de bagne. Un tatouage n'est jamais innocent, il respire, il a sa propre histoire et la foutue greluche qui tortille ses fesses sur mon avant-bras est loin d'être innocente. Pulchérie aussi a un tatouage, plus intime, plus près du corps. Pulchérie, c'est ma gonzesse et elle est en cloque jusqu'aux yeux. Je déteste les femmes enceintes, alors je m'accroche à mon tatouage. Sur l'écho, il semblerait que ce soit une petite pisseuse qui se pointe. Je suis jouasse, mais j'ai peur. Surtout depuis qu'une bad girl a laissé en consigne, dans l'étui de ma guitare, un bon kilo de coke sans que je puisse m'empêcher de mettre le nez dedans. Ce truc, ça aiguise le tempérament, mais ça attise aussi les convoitises et les représailles. Maintenant, j'ai un tueur qui me colle aux tiagues et le tatoueur qui veut s'envoyer ma fleur de bagne. Un tatouage n'est jamais innocent..


Les romans de la collection Polar Rock sont carrés comme une pochette de 45 tours, ou de CD 2 titres. Rapide, concis, immédiat, comme une novella (petit roman autour de 100 pages).
Le but est que le lecteur lise le texte d’une traite sans lâcher le tempo.

Finalement le polar rock, il faut qu’il sonne « Rock’n roll ». C’est une alchimie, ça s’invente pas, tu es Rock ou pas.

Déjà parus dans la collection Polar rock :

Serial Loser de Pierre Hanot
Fleur de bagne de Serguei Dounovetz
Un grand bruit blanc de Laurent Fétis
A paraître :
Les portes du garage de Thierry Crifo
Nota : Jean-Bernard Pouy, Jérôme Leroy et Marcus Malte ont également accepté de signer un polar chez Mare Nostrum.


Bonus :

Biblioblog : Philippe Carrese, romancier, cinéaste et musicien a été interviewé par Laurence… Comme il ne s’est pas exprimé à l’Alcazar, nous lui donnons la parole…

Extrait sur le polar et la musique :

« Laurence : Dans ces trois romans, la musique prend une place de plus en plus importante. Pratiquement absente dans « Trois jours d'engatse » (1994), anecdotique dans « Conduite Accompagnée » (2002) elle prend toute ses aises dans « Une belle histoire d'amour » (2003). Je sais que vous êtes par ailleurs musicien de Jazz. Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de mêler réellement la musique à vos écrits?

Philippe Carrese.: J’ai essayé de ne pas tout mélanger, surtout de ne pas tomber dans ce cliché, justement, du polar associé avec le jazz des années cinquante, et qu’on retrouve encore aujourd’hui dans nombre de romans qui se veulent pourtant contemporains. Les approximations et les lieux communs qui courent dans et autour des romans noirs me nifflent particulièrement. Ça me parait aussi tartignole (et aussi vain, aujourd’hui) de décrire un détective avec un imper dans un bureau avec machine à écrire éclairé par le soleil qui filtre a travers les stores, que de lui faire écouter du jazz dans un bar enfumé. Et surtout quel jazz ? (et surtout quel bar ? A Marseille, il n’y a plus un seul lieu où on puisse écouter du jazz). Cette musique est suffisamment riche et vivante pour éviter les éternels standards éculés. Des qu’il s’agit de musique, je deviens maniaque. C’est un univers qui me touche trop.

L : Pourrait-on imaginer un futur roman où la musique serait le ressort principal de l'intrigue?

P.C.: Absolument. Mais ça deviendrait alors peut-être un livre pour spécialistes. Je ne sais pas encore. Une course poursuite entre Stravinsky et les contrebassistes du Sacre du Printemps qui refusent de désaccorder leurs instruments ? Un roman à tiroirs, avec trois histoires simultanées sur Charles Ives ? Un roman construit sur le modèle structurel et harmonique de la valse de Ravel ? Ça ne sera peut-être pas le prochain, mais un de ces jours…"




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