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Mon bloc perso.
Bonavinuta!
Bienvenue sur le blog Corse noir'soeur de vos nuits blanches
Blog non agressif et sans arrière-pensée. ..
Des articles après le Blog perso....
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RE NDEZ-VOUS:

- 5 décembre 2009, Salon Culture et écriture Institut Perrimond Roucas Blanc Marseille 7ème
- Les 20, 23 et 24 décembre 2009 Cultura La Valentine Marseille

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CHANTS CORSES: Pas de lien MP3 mais de l'écoute en ligne aux adresses ci-dessous...

Radio Alta Frequenza

ht tp://www.alta-f requenza.com/in dex.php/fr/webr adios

Radio Voce Nustrale

htt p://adecec.net/ radio/listen.as x

Sur Radioblog

ht tp://www.radiob logclub.fr/sear ch/


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Le 1er juin 2009 à 22H15 .... 200.000ème visiteur I
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Les dix droits imprescriptible s du lecteur ( édictés par Pennac dans son ouvrage "Comme un roman")
1°/ Le droit de ne pas lire.
2°/ Le droit de sauter les pages
3°/ Le droit de ne pas finir le livre
4°/ Le droit de relire.
5°/ Le droit de lire n’importe quoi.
6°/ Le droit au Bovarysme (maladie textuellement transmissible…)
7°/ Le droit de lire n’importe où.
8°/ Le droit de grappiller.
9°/ Le droit de lire à haute voie.
10°/ Le droit de nous taire.

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A dopu!
A plus tard!
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Corse noire
Publié le 10 décembre 2008 à 11:05
Par flicorse

Première rencontre littéraire du Barreau de Marseille

 



« Le Mythe du polar et la réalité judiciaire » est le thème annoncé de la première rencontre littéraire du Barreau de Marseille. S’agissant de littérature,  ne doutons pas que l’humain sera au cœur du débat dans cette époque où les avancées techniques pourraient conduire à se passer des aveux qui, hier, étaient arrachés aux coupables sous la torture. 

Les sociétés évoluent, la littérature policière a fabriqué des mythes à partir de la réalité judiciaire de leur époque et de leur imaginaire. En Europe, les plus connus  ont fait de leurs héros les chantres de la raison dans la lutte contre le mal qui trouble l’ordre établi.  Par la suite d’autres, Outre-Atlantique, ont inventé le « dur-à-cuire ». En France ;  avec le néo-polar, des auteurs se disent arpenteurs du réel.  Sont-ils plus proches de la réalité judiciaire en refusant tout manichéisme et l’ordre établi?... Quelle est la réalité judiciaire au regard du mythe de la Justice ? Des mythes aux mystifications, n’y-a-t-il qu’un pas à franchir ou est-il déjà franchi ?... Des premières questions que l’on pourrait se poser   et qui trouveront sans doute des échos et des  développements le 12 décembre 2008 à la Maison des avocats de Marseille.  

 

Rencontre littéraire au Barreau - 12 décembre 2008

MAÎTRE ROGER VIGNAUD, AVOCAT ET ÉCRIVAIN

 

Chargé par le Barreau de Marseille d’organiser cette première rencontre littéraire (dont il est l’instigateur),Me Roger Vignaud est un passionné et un battant. D’un milieu modeste, il quitte l’école très jeune. Il part naviguer sur les mers du globe durant six ans dans la Marine nationale. Puis il passe les sept années suivantes comme ouvrier dans la sidérurgie et l'industrie pétrolière, dans la région de Fos. Marié entre temps, le jeune homme se décide une nouvelle fois à changer de vie. Il va entreprendre des études universitaires en formation continue après avoir passé un examen le dispensant du baccalauréat. En même temps, il s’essaye à l’écriture journalistique en rédigeant d’intéressantes rubriques. Comme il l’explique avec simplicité, son expérience de militant syndical le pousse “presque naturellement à choisir des études de droit”. Roger Vignaud devient avocat, prête serment en 1992 et se spécialise dans le droit du travail. Passionné par l'histoire politique et sociale de la ville de Marseille, il se met à l’écriture de façon assidue. Un penchant dont il ne dissimule pas l’origine : “J’ai quitté l’école trop jeune, et je ressens comme un manque culturel profond”. Sans doute un besoin de reconnaissance, aussi. Commencé en 2000, son premier ouvrage est publié en 2003 chez Edisud. C’est une biographie sur Gaston Crémieux, un avocat marseillais qui fut exécuté pour avoir pris la tête de l'insurrection de la Commune en 1871. L’ouvrage fut récompensé - comme premier lauréat ex aequo - par le prix du Grand livre historique de Provence en 2004. Le choix du sujet ne fait aucun doute : tenter de réparer une injustice, car personne n’avait encore traité ce thème. En 2005, il termine ses études sur La Commune par la publication d'un dictionnaire biographique sur le mouvement communaliste marseillais. En 2006, il publie la biographie de Vincent Scotto, le célèbre compositeur de musique. Début 2008, paraît un ouvrage qu'il consacre à la carrière cinématographique du réalisateur Henri Verneuil. “Ce qui est tout de même étonnant, c’est que ces deux personnages - universellement connus - n’avaient jamais fait l’objet d’un ouvrage biographique”, explique Roger Vignaud. De cette expérience, il garde d’excellents souvenirs des contacts avec la famille Verneuil. Dans quelques mois, l’avocat marseillais va avoir 50 ans, et il écrit toujours... ( article de Michel Deuff )

 



Rencontre littéraire au Barreau - 12 décembre 2008

Le roman noir et la justice

 

Inscrit au Barreau de Marseille depuis 1992, Roger  Vignaud mène également une carrière d’écrivain. Cette année, le Barreau de Marseille innove avec une première “Rencontre littéraire”. Thème retenu, “le mythe du polar et la réalité judiciaire”. L’occasion d’évoquer les liens qui existent entre le roman noir et la justice. Au programme, la rencontre avec une vingtaine d’auteurs et des tables rondes.

 

Le succès du roman noir et policier ne se dément pas. Certains titres font de gros tirages et tiennent les lecteurs en haleine. Un festival annuel leur est dédié et les auteurs sont parfois proches du milieu judiciaire : magistrats, avocats, officiers de police judiciaire, journalistes spécialisés. Voilà d’assez bonnes raisons pour inciter le Barreau de Marseille à innover. Contactés, les auteurs se sont montrés enthousiastes. Ils sont une bonne vingtaine à avoir répondu présent.

Le Bâtonnier Marc Bollet explique la création de ces “Rencontres littéraires” (quasiment unique au niveau national) par une volonté d’ouverture. “C’est une initiative supplémentaire du Barreau de Marseille pour faire rayonner la profession d’avocat. Culture et Droit sont en effet deux notions inséparables. Nous l’avons vu avec la candidature de Marseille comme Capitale européenne de la Culture. Il nous a paru important d’ouvrir les portes de la Maison de l’Avocat au public. Le thème que nous avons choisi permet d’échanger avec les auteurs. Cette volonté d’ouverture existe déjà depuis longtemps. C’est la raison d’être des partenariats que nous avons mis en place : avec la Juris’cup, avec le Téléthon et désormais avec le monde du polar... Nous sommes déjà très présents dans la cité. Nous y serons encore davantage”.  Article de Michel Deuff

 

 

L’événement :  Table ronde…

 

NP

Roman noir, récit d’enquête, polar social, politique, historique... Où commence la fiction, et où s’achève la réalité ? Les meilleurs auteurs seront présents à Marseille le 12 décembre. Un rendez-vous avec le public, à la Maison de l’Avocat, 51 rue Grignan.

 

 

1°/ Les auteurs :

 

Philippe Bilger

Avocat général à la cour d'assises de Paris depuis 1999. Il écrit des articles relatifs au droit de la presse (Le Monde, Le Figaro, La Gazette du Palais). Publie son premier ouvrage en 1991, “Le Besoin de justice”, puis dix ans plus tard “Plaidoyer pour une presse”.

 

Philippe Carrese

Marseillais, réalisateur, romancier, dessinateur et compositeur. S’est lancé dans l’écriture de romans noirs en 1990. Fasciné par l’univers méditerranée, il publie Le bal des cagoles, puis récemment, une série décapante pour les adolescents “Marseille quartiers sud”. A reçu le prix des lecteurs marseillais au Carré des Ecrivains.

 

Jean-Paul Ceccaldi

Originaire d'Ajaccio, il est un ancien commandant de Police. Après un long passage au SRPJ de Marseille, il termine sa carrière à la police des polices. Il se lance dans l'écriture d'un polar mettant en scène un flic corse (La plume de Maât). Il publie ensuite « Tamo ! Samo! » et « Complices obscurs ». Jean-Paul Ceccaldi est également membre de l'association Corsicapolar qui organise à Ajaccio le festival de polar corse et méditerranéen..

 

Jean Contrucci

Journaliste à Marseille, c’est un écrivain et romancier populaire, auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Sa saga “Les Nouveaux mystères de Marseille” remporte un vif succès. A partir de véritables affaires judiciaires, Jean Contrucci met scène un jeune journaliste, Raoul Signoret. Ses affaires judiciaires se déroulent dans un Marseille du 19e.

 

Mathieu Croizet

Avocat au Barreau de Marseille. Ce marseillais passe six ans aux Etats-Unis et s'inscrit à l'école cinématographique de New-York, avant finalement de s'orienter dans le droit. Publie “Polka” en 2008.

 

Gilles Del Pappas

Marseillais “pure huile d'olive”, a passé son enfance au Racati, un quartier populaire. Commence par la photo, la peinture, le cinéma. “Le Baiser du Congre”, son premier roman a été salué par la critique. En février 2002, les académiciens Marseillais lui ont décerné le Grand prix de Provence.

 

Ysa Dedeau

Marseillaise, elle a exercé divers métiers avant de se consacrer à l'écriture. En 1994, un événement va la pousser à ne plus laisser ses textes dans les tiroirs (garde à vue, incarcération, non-lieu général). Son premier roman, “Le dimanche était en noir” sort en 1998.

 

Olivier Descosse

Avocat, il a exercé à Paris et Papeete (Polynésie Française). Publie son premier thriller, “Mythes”, en 2001. Suivront d’autres thrillers mettant en scène son héros récurrent : Paul Cabrera, un flic de la BAC Nord de Marseille. Vit entre le Sud et Paris.

 

Hubert Dujardin

A été magistrat jusqu’en 2006, et militant du Syndicat de la magistrature. Juge d'instruction à Lille en 1968, il devient conseiller pour les affaires pénales auprès de Robert Badinter en 1981. Se fera remarquer avec ses démêlés lors de l’affaire Xavière Tiberi. Son livre intitulé “Juge rouge ?” est publié en 2007.

 

André Fortin

Juge d’instruction à Toulon (1980), puis juge des enfants, André Fortin est nommé en 1994 Premier vice président au Tribunal de grande instance de Marseille, conseiller à la Cour d’appel d’Aix-en-Provence. Fin connaisseur des affaires judiciaires, il se tourne vers l'écriture et publie en 2005 son premier roman, “Nos meilleurs vieux”.

 

Maurice Gouiran

Natif du Rove il est l'auteur d'une quinzaine de romans publiés pour l'essentiel aux éditions Jigal, qui ont été pour la plupart nominés. Docteur en mathématiques, spécialisé en informatique, consultant pour les Nations-Unies et l’UE, c’est un auteur incontournable.

 

Eric Hossan

Marseillais, a été publicitaire avant de devenir romancier. Spécialise du thriller et de la comédie. “La cité parfaite”, sorti en 2000. Neuf romans salués par la critique. Éric Hossan est également l’auteur de scénarios et participe régulièrement à des manifestations littéraires.

 

Michel Jacquet

Marseillais, a fait carrière au sein de la Police Nationale (Brigade de Sureté Urbaine Nord de Marseille). Se consacre essentiellement à l’écriture de polars dans lesquels il aborde des sujets de société sur fond d’enquête policière. Premier roman, “l’Enfer Blanche” en 1993. A cosigné une pièce de théâtre, “Madame Olivier”.

 

Eliane Kéramidas

Avocat au Barreau de Marseille depuis 1970, elle s'est illustrée en plaidant dans des affaires célèbres. Publie en 2005 aux éditions Anne Carrière, “Comment faites-vous pour les défendre”, puis L'affaire EVA". Son troisième roman (en cours d'écriture) relatera un parricide hors du commun.

 

Laurent Lèguevaque

A d'abord été journaliste pour La Dépêche du Midi avant d'entrer dans la magistrature en 1989. Juge d’instruction à Mâcon puis à Tours. En 2001, son roman, coécrit avec Michel Embareck, “Accusé, couchez-vous” est très mal apprécié dans le milieu de la magistrature. Claque la porte en 2005 et écrit “Un juge s’en va”.

 

Roger Marion

Après 27 ans de service, prend la direction de la division nationale anti-terroriste et se voit confier l'enquête relative à l'assassinat du préfet Erignac. Depuis 2006, il est préfet, chargé de mission à l’Inspection Générale de l’Administration. C'est son expérience professionnelle qu'il relate dans “On m’appelle Eagle Four”, paru en 2007.

 

Franck Membribe

A exercé les fonctions d'inspecteur du Trésor à Vitrolles et a Aix-en-Provence. Passionné de musique. Premier roman, “L'ouverture cubaine, salué en 2004”. Dernier ouvrage : “Ultime tercio”.

 

Jacques Nain

A été, officier à la Direction centrale de la police judiciaire avant de terminer dans le renseignement. Ce policier a eu à connaître et à participer aux investigations de nombreuses affaires judiciaires. Nombreux ouvrages (Mesrine, ennemi public numéro 1, L’antigang, Les brigades du Tigre...).

 

Jean-Louis Pietri

Commandant de la P.J., il démissionne en 1998. Est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages. Son itinéraire professionnel l’amènera à diriger le premier groupe d’enquête pour la répression du vol d’objets d’art créé au sein de la Police Nationale. Se consacre à l'écriture et vit aujourd'hui entre Provence et Ecosse.

 

Jean-Hugues Oppel

Aprés avoir commencé sa carrière professionnelle dans le cinéma (assistant d’Ariel Zeitoun, de Bertrand Tavernier, de Roman Polanski), Jean-Hugues Oppel est l'auteur d'une vingtaine de romans noirs salués régulièrement par la critique. Il est l'un des meilleurs spécialistes du roman noir français.

 

Sebastien Rutès

Maître de conférence à Nancy 2, il enseigne la littérature latino-américaine. Spécialiste du roman policier mexicain (thèse de doctorat en 2003), il publie “Le linceul du vieux monde”.

NP

Thierry Vieille

Ce marseillais est licencié en histoire, docteur en droit public. Animateur, assistant social, juriste puis éditeur. Prolixe, il est l’auteur d'une dizaine de romans.

 

Roger Vignaud

Avocat au Barreau de Marseille. Passion pour l'histoire politique et sociale. Publie une biographie sur Gaston Crémieux, puis celle de Vincent Scotto, et un ouvrage sur Henri Verneuil.

 

Jean-Christophe Duchon-Doris

Ancien élève de l'ENA, magistrat administratif à la Cour administrative d'appel de Marseille, Jean-Christophe Duchon-Doris est, en plus de ses activités juridiques, un écrivain reconnu, auteur de dix romans et nouvelles. En 1994, il a reçu le Prix Goncourt de la nouvelle pour les “Lettres du baron”, publié chez Julliard. Son livre le plus connu, “Les nuits blanches du chat botté”, mêle habilement intrigue policière au début du 18e siècle et contes de Perrault. Son dernier roman “Le cuisinier de Talleyrand”, sous-titré "Meurtre au congrès de Vienne" publié en 2007 chez Julliard, propose, au prétexte d'une enquête policière, une plongée dans les charmes de la Vienne de 1814 ainsi que dans l'univers de la grande cuisine française mêlé à la subtilité des tractations politiques du congrès.

 

 

2°/ Modérateurs de la journée :

 

Blandine Berger-Gentil

Avocate au barreau de Marseille, passionnée de littérature, elle voue un amour jubilatoire pour les mots et la pensée libératrice

 

Christian Baillon-Passe

Avocat au barreau de Marseille, il assure depuis plusieurs années une chronique de critique littéraire et bibliographique à la Revue Les Petites Affiches – La Loi (Paris) comme Qu’ai-je donc fait de Jean d’Ormesson, ou encore Petit Déjeuner avec Mick Jagger de Nathalie Kuperman. Il a été membre en 2005 du Jury du

Livre Inter

 

 

3°/ Programme de la journée

 

• 11h00 : installation des auteurs

• 13h30 : allocutions du bâtonnier Marc Bollet et du dauphin Dominique Matteï

 

• 14h00 : début des tables rondes :

 

• 14h00 - 14h30 (animateur Roger Vignaud)

- Philippe Carrese, Gilles Del Pappas, Maurice Gouiran

• 14h40 – 15h10 (animateur Blandine Berger-Gentil)

- Jean-Paul Ceccaldi, Michel Jacquet, Ysa Dedeau, Jean Contrucci,

• 15h20 – 15h50 (animateur Roger Vignaud)

- Laurent Lèguevaque, Hubert Dujardin

• 16h00 – 16h30 (animateur Christian Baillon-Passe)

- Olivier Descosse, Eric Hossan, Thierry Vieille

• 16h40 – 17h10 (animateur Roger Vignaud)

- Jean-Hugues Oppel, Sébasten Rutès, Franck Membribe

• 17h20 – 17h50 (animateur Christian Baillon-Passe)

- Philippe Bilger, Roger Marion, Jacques Nain

• 18h00 – 18h30 (animateur Blandine Berger-Gentil)

- Jean-Christophe Duchon-Doris, Jean-Louis Pietri, André Fortin, Mathieu Croizet

 


 

 


 

Publié le 03 décembre 2008 à 11:00
Par flicorse
Storytelling ou l’art de raconter des histoires



Les enfants se fient aux contes de fées plus qu'à tout discours rationnel car ils s'adressent à eux sous une forme qui leur est familière : la forme magique. Selon Piaget, l'enfant reste en grande partie animiste jusqu'à la puberté ; dans son monde à lui (et qu'il garde pour lui car il sait que les adultes voient les choses autrement) la frontière entre vivant et inanimé, hommes et animaux, imaginaire et réalité est encore floue ; à partir de ce monde là, transporté hors du temps ("Il était une fois…") et de l'espace ("…dans un royaume aujourd'hui oublié…"), dans un univers décalé de sa réalité quotidienne, il est à même d'intégrer ce qui ne passerait pas par le canal de la raison.

La Bible, les Évangiles, le Coran, La Torah,  L’Iliade, L’Enéide, La Chanson de Roland nous en racontent des histoires et ont contribué à façonner l’imaginaire des peuples. Nous sommes dans les domaines des religions et des mythologies.

Depuis les années 1990, aux Etats-Unis puis en Europe, l’art de raconter des histoires a été investi par les logiques de la communication et du capitalisme triomphant, sous l'appellation anodine de 'storytelling'. L’art de raconter des histoires est devenu une arme aux mains des 'gourous' du marketing, du management et de la communication politique, pour mieux formater les esprits des consommateurs et des citoyens. Derrière les campagnes publicitaires, mais aussi dans l'ombre des campagnes électorales victorieuses, de Bush à Sarkozy, se cachent les techniciens sophistiqués du storytelling managment ou du digital storylelling. C'est cet incroyable main-mise sur l'imagination des humains que révèle Christian Salmon dans son livre, au terme d'une longue enquête consacrée aux applications toujours plus nombreuses du storytelling. Le marketing s'appuie plus sur l'histoire des marques que sur leur image ; les managers doivent raconter des histoires pour motiver les salariés, les militaires en Irak s'entraînent sur des jeux vidéos conçus à Hollywood et les spin doctors (conseillers en communication et marketing politique agissant pour le compte de personnalités politiques) construisent la politique comme un récit...

Le fait est que l'on nous raconte des histoires à longueur de journée : des histoires de moines et d’abbaye pour la bière Greenbergen ; l’histoire édifiante de Barack Obama, celle de Nicolas Sarkosy, celle de Ségolène, le complot palpitant des nations voyous pour produire des armes de destruction massive…

Nous aimons que l’on nous raconte des histoires. «Un récit, c’est la clé de tout», confirme M. Stanley Greenberg, spécialiste américain des sondages. Chez les adultes, "L'art de raconter des histoires" (storytelling)  est-il devenu l’art de "formater les esprits" pour les aliéner ? Cela pourrait être certainement l’objet d’une fiction.


Dans une réalité qui copule avec la fiction, selon Christian Salmon, ancien Président de l’éphémère Parlement international des écrivains*,le Storytelling serait la nouvelle "arme de distraction massive" qui managerait le monde depuis les années 90. Le storyteller est le conteur mais aussi le menteur. Le storytelling signifie donc  « l ‘art de conter, de raconter des histoires ».

L’expression «avoir l’art de raconter des histoires » contient une connotation de manipulation mentale selon laquelle l’art de raconter des histoires est utilisé pour détourner de la réalité et fabriquer du réel. C’est la méthode marketing qui consiste à raconter des histoires pour influencer le consommateur, et celle des gouvernants pour influencer  l'électeur.

« On a beaucoup dit que la machine excluait les rêves, ce que chaque expérience contredit, affirmait André Malraux (et reprend Christian Salmon dans un article publié dans le Monde le 7 mai 2008). Car la civilisation des machines est aussi celle des machines de rêves, et jamais l'homme ne fut à ce point assiégé par ses songes, admirables ou défigurés. » C'était le 13 février 1968 lors de l'inauguration de la Maison de la culture de Grenoble. Vision prémonitoire qui anticipait ce que le futurologue danois Rolf Jensen a appelé « the Dream Society », la société du rêve, dans laquelle « le travail, et non plus seulement la consommation, sera dirigé par des histoires et des émotions

Vidéo interview de Christian Salomon


La réflexion de Christian Salmon porte sur la mutation de la propagande (publicitaire, politique, etc.). Cette dernière consisterait, de plus en plus selon l'auteur, à standardiser les réactions des «consommateurs », rendant floue la limite entre le réel et la fiction, entre le vrai et le faux.  Les cyniques ont découvert l’aubaine. Et si on racontait des histoires et des blagues de manière industrielle en se déclarant  le maître de la réalité ? Karl Rove, le gourou de Bush Jr a trouvé le nom de cette stratégie : la stratégie Schéhérazade. Fabriquons la réalité avec nos histoires. Tant pis pour les crédules qui vivent dans ce qu’ils croient leur réalité, nous leur raconterons et imposerons les nôtres : «Nous sommes un empire, et lorsque nous agissons, nous créons notre propre réalité», dit un conseiller de Bush.

Et si l’incrédulité devenait une arme contre les storytellers ? A la stratégie de Shéhérazade, on oppose celle de Saint Thomas. Les politiques, depuis les années 90, ont compris l’intérêt du Storytelling dans la communication capitaliste et politique avec l’explosion de l’Internet et plus généralement des nouvelles techniques de communication. Christian Salmon constate que «les marques s’attribuent les pouvoirs qu’avant on cherchait dans la drogue et dans les mythes ». Ce n’est plus le rapport au monde qu’il faut changer mais la perception du monde. On est passé de la marque au logo, du mot à l’image, et on revient à la narrativité en passant du logo aux «stories ». L’acte de consommation devient, par la communication, un acte de communion planétaire. Bien sûr cela a changé radicalement les méthodes de marketing.

Le récit est le meilleur vecteur du sens. Le sens y est incarné par des personnages, il se révèle dans l'irruption des situations, il devient manifeste au travers des conclusions que l'on en tire . Le récit, le conte, l'art de créer et de dire des histoires, est le chemin le plus court et le moyen le plus percutant pour créer du sens et le transmettre à un public.

Voilà ce qu’on peut lire sur le site de conseil i-KM :

« L'art ancien des conteurs devient une ressource pour le management, et s'adapte aux pratiques de l’entreprise Steve Denning de la World Bank et Dave Snowden de l’Institute for Knowledge Management IBM, ont fait connaître à un large public cette méthode du "storytelling", qui touche à des enjeux importants de l’entreprise.
Cette approche est reconnue comme un puissant moyen d’évaluation des valeurs courantes de la culture d’une organisation, et comme un levier efficace pour la faire évoluer. En fait, la conduite d’importants changements, la fusion de sociétés, l’identification et la constitution de communautés d’intérêt et de pratiques, la communication interculturelle dans des organisations globales... sont des circonstances dans lesquelles pratiquer le storytelling est particulièrement intéressant. Il vise à une évolution rapide des idées ou des représentations mentales et donne de nouveaux repères partagés, facilite la communication, permet une mobilisation large là où l’on pensait trouver surtout des blocages.
La clé, c'est le langage ! Et les histoires constituent un fantastique vecteur de création et diffusion du sens, de compréhension spontanée et d'approche de ce qui est complexe
. »

Ce n’est pas le consumérisme qui nous intéresse dans nos propos du jour mais le choix du storytelling comme méthode de marketing politique. Les histoires ne produisent pas de l’explication, mais de la familiarité et de la connivence. Nous sommes, écrit Salmon, passé dans une civilisation "d’injonction au récit". A partir de ce constat, Christian Salmon interpelle la fiction romanesque et cinématographique dont les auteurs, selon lui, avaient compris ce qui se tramait avant que les chercheurs n'aient pu le formuler. Notre émotion est atteinte dans son intimité et utilisée par le marketing et le politique. Elle est plus sollicitée que par les auteurs de fiction.

Après une intrusion de la fiction dans le réel, on fait appel à la fiction pour prévenir le réel. Le Pentagone fait appel à Hollywood ! Pour exemple, après les attentats du  11 septembre, les hauts responsables américains réunissent quelques réalisateurs et scénaristes pour imaginer des scénarii d’attaques terroristes afin de penser les parades.

Ce n’est pas le monde qui change ? … Selon Evan Cornog, professeur de journalisme à l’université Columbia, « la clé du leadership américain est, dans une grande mesure, le storytelling ». «  La politique, théorise Clinton, doit d’abord viser à donner aux gens la possibilité d’améliorer leur histoire. » Les gourous de la communication moderne se sont mis à ne plus jurer que par l’art de raconter des histoires. La bonne histoire (« good story ») est conviée pour remobiliser l’employé, ou susciter un regain d’engagement du consommateur. C’est le cœur de la théorie managériale du « storytelling ».

L’idée de Christian Salmon est d’avoir rapproché ces techniques de celles mises en œuvre dans le monde politique. Quelques jours avant l’élection présidentielle de 2004 aux Etats-Unis, un conseiller de G.W. Bush prend à parti un journaliste en lui reprochant d’appartenir à la reality-based community, à la communauté de ceux qui croient à la réalité. C’était un peu comme le traiter de ringard, car le monde, il en était sûr, ne marchait plus ainsi. Il s’agit de convertir chacun de nous en spectateurs naïfs car nous sommes plus avides de fiction que de réalité.

Salmon précise que le monde de demain sera le résultat d'une lutte entre les narrations imposées et les contre-narrations libératrices. Il explique aussi que  les artistes sont prévenus, et ont déjà commencer à lutter.

Et les journalistes ? « Si vous lisez une lettre et que vous découvrez que l’auteur a « pioché» le matin, vous penserez peut-être qu’il a travaillé dans son jardin. Si vous savez que cet auteur est Flaubert, vous commencerez à douter du sens de « pioché ». Si vous êtes familier de Flaubert, vous saurez exactement ce qu’il entend par « pioché ». Je ne dis pas qu’il faut que tous les journalistes deviennent des auteurs mais je crois que nous ne devons pas perdre l’habitude de lire les auteurs. Je n’ai jamais rien appris d’important en lisant les journalistes mais des auteurs ont changé ma vie. On ne change pas la vie de quelqu’un avec du digeste, du parfaitement défini, de l’objectivité, du sans ambiguïté. » C’est Thierry Crouzet, journaliste qui l’a écrit sur son site Internet.

Ne plus subir la réalité mais la créer ! Les gouvernants sont aujourd’hui capables de vendre leur réalité comme une marque. L’art de gouverner se confond avec celui de raconter des histoires. Le discours officiel s’adresse au cœur plus qu’à la raison, à l’émotion plus qu’à l’opinion. Le pouvoir exécutif devient un pouvoir d’exécution du scénario présidentiel.

Evidemment, tout cela n’arrive pas qu’aux autres. Salmon conclut le livre en traitant du nouvel ordre narratif en France où, comme ailleurs, nous aimons que l’on nous raconte des histoires.

«Il me faut pour tenir le coup des histoires à dormir debout. » chantait Guy Béart

Pendant que des politiques en charge de la réalité complotent leur fiction, des auteurs en charge de la fiction se disent « arpenteurs du réel ». Comment déceler la part de fiction dans la  réalité et la part de réalité dans la fiction  ?  

Dans un autre ouvrage intitulé « Le tombeau de la fiction », Christian Salmon met en évidence ce qui caractérise le roman : son jeu perpétuel avec la frontière entre réalité et fiction. Il fait remarquer que les grands héros de romans, Don Quichotte, madame Bovary, sont souvent eux-mêmes, fondamentalement, des êtres qui ont du mal à faire la part entre les deux. « Toute l’histoire du roman n’est qu’une longue réflexion sur les limites de l’illusion romanesque et, ce faisant, sur la frontière mouvante qui sépare le réel et la fiction. Le roman s’enchante des multiples passages de l’un à l’autre, des courts-circuits incessants entre la vie et le rêve. Loin d’effacer la frontière qui les sépare, l’art du roman consiste au contraire à souligner cette différence, à la rendre perceptible, presque palpable parfois, comme chez Kafka. L’illusion romanesque n’est rien d’autre que l’illusion donnée par le roman d’une communication constante, intime, immédiate entre le réel et le fictif, entre le rêve et la vie. »

L’illusion donnée par le Storystelling est la même… 

Oui, mais, comment faire pour retrouver la réalité ? Peut-être en commençant par juxtaposer toutes ces histoires à dormir debout. Ensuite en entrant dans les détails, où se cache toujours le diable, lui bien réel. Car les histoires ne marchent qu’en gros. Dans le détail, elles ne marchent pas du tout ou apparaissent pour ce qu’elles sont : de la fiction qu’on a plaisir à temporairement faire semblant de croire (techniquement, les philosophes appellent cela «la suspension temporaire de l’incrédulité») commente Yves Michaud dans un article sur l’ouvrage « Storytelling » de Christian Salmon.

La suspension temporaire de l’incrédulité ! Pierre Bayard, écrivain et universitaire, s’y oppose même lorsqu’il s’agit de fiction. On pourrait aussi revenir sur les fictions et s’amuser à démontrer, comme l’a fait Pierre Bayard, qu'Œdipe n’a pas tué son père ou que l’affaire du chien des Baskerville n’a pas été élucidée par Sherlock Holmes.

Et si Sherlock Holmes s’était trompé ? C’est ce doute effronté que se permet Pierre Bayard après la relecture d’une des plus célèbres aventures du plus célèbre des détectives. ( C’est Pierre Bayard qui a voulu démonter que l’on pouvait parler d’un livre sans l’avoir lu. Il est aussi responsable de la contre-enquête sur le meurtre de Roger Ackroyd écrit par Agatha Christie).

Pierre Bayard fait une relecture qui s’appuie sur la critique policière, partant du postulat que des meurtres racontés par la littérature n’ont pas été commis par ceux que l’on a accusés. "En littérature comme dans la vie, dit-il,  les véritables criminels échapperaient souvent aux enquêteurs en laissant accuser et condamner des personnages de second ordre."

Sans tomber dans une théorie de la conspiration planétaire,  si j’ai un conseil à transmettre aujourd’hui, c’est le même que Pierre Bayard : «être toujours libre de réinventer un roman à son goût, de s’y investir sans crainte, d’en quereller le sens, et de batailler avec l’auteur, ligne à ligne ». Un exercice qui vous servira contre cette réalité inventée par les cyniques storytellers de l’économie et de la politique.

Travailleurs, chômeurs,  jeunes, vieux, malades, handicapés, automobilistes, piétons, locataires, propriétaires, consommateurs, téléspectateurs, Internautes, lecteurs,  électeurs…   Citoyens, soyez incrédules !

Qui est citoyen ? « Est citoyen quelqu’un qui est capable de gouverner et d’être gouverné. » a dit Aristote. Donc, si vous êtes capable d’être gouverné, vous êtes capable de gouverner. Il y a une contre-éducation politique à faire. Il faut se déshabituer à suivre une élite. Chacun doit être conscient qu’il est apte à prendre ses responsabilités et refuser d’être une victime dominée. Refusez le béni-oui-ouisme ! Ne soyez pas les victimes de la globalisation des cultures en étant celles de la globalisation économique et politique. Ne laissez pas d’autres construire votre imaginaire autour de leurs projets de globalisation. Méfiez-vous de l’exploitation que les storytellers de la politique font des espaces nouveaux de communication et d’échange. En affirmant que la globalisation est un paradigme unique et irréversible, ils excluent une partie de la population mondiale. C’est une triste réalité à dénoncer et non pas une « good story » à gober.  

Depuis sa parution en 2007, le livre de Christian Salmon «Storytelling la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits » est un succès. L’auteur est sollicité par des rédactions (dont celle du Monde sur lequel il tient une rubrique Storytelling) pour donner des conférences aux journalistes".

Notes :

Sans véritable rapport sur le fond de notre propos du jour, signalons que "Storytelling" est aussi le titre d’un film de Todd Solondz  en deux parties : Fiction et non-fiction.

Le Parlement International des Ecrivains est un réseau de villes refuges avec l’appui de plus de 300 intellectuels. En juillet 1993, à la suite de l’assassinat de l’écrivain algérien Tahar Djaout, une soixantaine d’écrivains réunis à Strasbourg, à l’initiative du Carrefour des littératures animé par Christian Salmon, lancent un appel afin de créer une structure internationale capable d’organiser une solidarité concrète avec les écrivains victimes de persécutions. Le Parlement international des écrivains voit le jour en novembre 1993. Association régie par la loi 1901 dont le bureau exécutif compte Adonis, Breyten Breytenbach, Jacques Derrida, Édouard Glissant, Salman Rushdie, Christian Salmon et Pierre Bourdieu, il va se donner pour tâche de contribuer à créer de nouveaux espaces de liberté, d’échange et de solidarité pour défendre la liberté de création partout où elle est menacée. Présidé par Salman Rushdie (1994-1997), puis Wole Soyinka (1997-2000) et par Russel Banks (2000-2003), le Parlement va rapidement mettre en place un réseau de villes-refuges tout en engageant des enquêtes et des recherches sur les nouvelles formes de censure. Il se dotera de deux instruments de diffusion : une revue internationale, Autodafé, éditée simultanément en huit langues et un site Internet qui entend favoriser la traduction et la circulation des œuvres censurées. Suite à des divergences idéologiques, et à un voyage controversé en Palestine en 2003 (l’Espagnol Sarramago y compara Ramallah à Auschwitz), Salmon décida de cesser l’activité du PIE qui s’efface au profit du Réseau international des villes-refuges et de sa revue Autodafé.




Publié le 22 novembre 2008 à 15:15
Par flicorse

 

Extrême méridien, juin 2008

Treize nouvelles de Marc ( Marcu) Biancarelli

Editions Albiana - 201 pages - 15 €

Isbn : 9 782846 982665

 






Extrême méridien (  ou Stremu meridianu )

 

Marcu Biancarelli est un auteur corse qui écrit en corse et donc ses textes en français passent par la traduction. Il utilise la vieille langue corse et les formes anciennes que sont le théâtre et la nouvelle, pour tenir des propos neufs. Dans son dernier opus, le recueil de nouvelles « Extrême méridien », si vous êtes amateur de chair littéraire, de la chair vous en trouverez à travers ses personnages qui, en y regardant de plus près, incarnent la vision d’une Corse intimiste loin des dépliants touristiques, celle des Corses en prise avec des démons et leurs propres démons.   

 

(extrait)

La terre qui l’avait vu naître, il en avait mangé à tous les repas jusqu’à la vomir, il en connaissait le goût amer, le goût de charogne, souvent ! Tenir debout, conjurer le moment de la rencontre avec les asticots qui l’attendaient affamés, dans le sein de sa terre natale, devenir celui qui nourrirait la terre des porchers, pas de son cadavre, mais de son éclat, avec cette force souveraine qui naissait à la pointe de ses pinceaux, sur le plat de ses couteaux. Les autres remuaient, et cherchaient sans cesse une raison d’espérer, lui, son moteur, c’était cette flamme intérieure, et tant qu’elle ne s’éteignait pas, la rupture n’était rien. Tant qu’il avait toujours le geste sûr, la maîtrise, la luminosité dans sa tête, et la clarté projetée telle quelle sur la toile, tant qu’il avait la capacité d’y lancer ses tripes, de se mettre à nu, de crier ce qu’il était au milieu du non-sens collectif de son monde qui n’avait jamais su naître, mais qui gisait là à ses pieds, comme avorté, et qui n’attendait que d’être recueilli, tant que sa main contrôlait la ligne, la courbe, tant que les fonds de toile éclataient comme il les avait voulus, pensés, imaginés, sentis, ce serait lui le maître de ce jeu de fous, il contiendrait le mal qui lui dévorait les entrailles et qui n’avait pas pu l’abattre jusqu’à maintenant.

 

Marcu Biancarelli a dit :

 

« Que les choses soient claires, je peux me permettre, moi, de dire du mal de mon pays, mais moi seul." (Chì i cosi siini chjari, ghje’ mi possu pirmetta di parlà mali di u me locu, ma ghjeu solu...)

 

« … ... ce qui est important c’est de montrer les choses pour ce qu’elles sont, et après chacun en tire ce qu’il veut en retirer.”

 

D’abord là encore il faut se méfier des paraboles littéraires. Elles ont bien sûr leur part de vérité mais ne disent pas tout. Le monde est toujours plus complexe, meilleur et pire que ce que l’on trouve dans les livres...

 

Le ton est donné pour ce recueil de nouvelles sans concession, sans complaisance et sans tabou. Mais que l’on ne s’y trompe pas, Marcu Biancarelli explique :

 

« J’ai mal à l’humain plus qu’à la Corse. Mais la Corse me tient évidemment à cœur et représente plus qu’un univers littéraire : un espace mental et affectif des plus puissants. C’est donc dans mon île, où je vis, que je situe l’essentiel des histoires que je raconte, et Corses sont le plus souvent mes personnages, parce qu’étant de simples projections de moi, des fantômes de moi qui errent dans les pages de mes livres, je crois qu’une communion de culture et de sentiments s’impose naturellement entre moi et mes personnages. Disons qu’ils me viennent d’instinct. Mais il n’y a là rien qui doive être une règle d’écriture, je ne m’interdis rien à vrai dire. Mais plutôt pour m’interroger sur le monde et interpeller le lecteur, non pas sur ses tares ou ses déviances, mais sur la recherche d’une vérité que tous nous partageons, et une vérité qui n’est pas que Corse. Je dirais pour résumer que la Corse est le premier laboratoire du désespoir humain qui me touche et m’interpelle, mais quand on y réfléchit les maux de l’île sont souvent aussi les mots d’une humanité plus vaste. »

 

L’auteur nous dresse une série de portraits aux antipodes des caricatures et des poncifs sur les Corses, poussant même  jusqu’à la caricature à rebours. Par des textes noirs écrits pour choquer,  il nous montre en nous laissant la liberté d’interpréter, c’est-à-dire de réfléchir.

 

La littérature, dit-il,  c’est tout sauf le refuge des bons sentiments, ou des discours moralisateurs. Si j’écris une nouvelle sur le racisme – c’est le cas ici – il ne sert à rien d’écrire que le racisme ça n’est pas bien. Mais il faut illustrer le propos, et montrer ce qu’est le racisme, sous différentes formes qui toucheront, blesseront, feront mal, interrogeront, et donc peut-être feront aussi réfléchir. C’est pareil pour tous les sentiments que l’on voudra illustrer : c’est l’histoire et la tramme qui doivent illuminer le propos ou l’interrogation de l’auteur, et pas une démonstration stylée des plus abscontes.”

 

Et il ajoute: “... si des lecteurs qui ne sont pas Corses se retrouvent dans mes livres – et je sais que c’est possible – je m’en félicite, et plus que ça même, mais je n’ai jamais prétendu être autre chose que ce que je suis : un écrivain corse, qui écrit donc de l’intérieur, et d’abord pour le lectorat corse, et puis pour tous ceux qui au delà voudront entendre ce que j’ai à dire de cette réserve indienne...

 

Puis il constate: “... la Corse n’a pas à trouver grâce à mes yeux parce que la Corse n’est coupable de rien. Ce n’est pas “la Corse” que certains textes peuvent stigmatiser, je dirais même que c’est l’inverse : c’est les maux qui sont faits “à la Corse”, et auxquels hélas nous souscrivons trop souvent, qui me révoltent et inspirent nombre de mes écrits.

 

Dans cet opus de l’extrème, le méridien passe par les déviances de la nature humaine.  Bien sûr il y a la violence mais cette violence n’est pas intrinséquement corse. On la  retrouve dans le monde, les relations sociales et les sentiments humains. Marcu Biancarelli n’en fait pas une approche manichéenne. La Corse est-elle violente? Il répond que oui, comme beaucoup d’autres lieux mais la différence c’est que la Corse, elle, le sait! En codifiant la violence, on évite qu’elle ne devienne trop destructrice. C’est lorsque l’on perd la maîtrise des codes qu’on s’accroche aux déviances parce qu’elles sont plus visibles et plus abordables tout en accompagnant la déliquescence d’une société. C’est là qu’intervient la glorification de la violence. Sans glorifier la violence, on débouche inéluctablement sur la révolte et la phrase célèbre de Camus: “Je me révolte, donc nous sommes!”. Dans “Extrème méridien”, cette révolte conduit parfois, dans l’exprit de la magagne, au fantasme lorsque des toursistes dévastateurs et adeptes du quad sont transformés par magie noire en cochons contentinentaux pour terminer en salaisons corses. Nous sommes là dans le domaine de la violence symbolique mais qui, peut-être de façon subliminale,  interroge aussi sur la filière de la charcuterie estampillée “corse”.

 

Pour citer une nouvelle corso-corse, nous retenons “Le poulpe, la langouste et la murène”, son spuntinu pour la veillée d’un mort et ces surnoms qui font l’identité des villageois comme “Tuppuchju” ( petit-rat). Toutes sont à lire et se situent dans “l’extrème méridien de chairs et de damnation”.

 

Vous pouvez retrouver l’intégralité d’un long interview de Marcu Biancarelli sur le site des Editions Albiana.

 

Nous ne pouvons qu’être d’accort avec lui lorsqu’il constate que: “Les gens qui aujourd’hui en Corse me semblent les plus libres, les plus porteurs d’espoir, sont souvent des artistes. Des écrivains ou des chanteurs, des poètes. Tous n’ont pas forcément la conscience aigüe d’exprimer la voix d’une société civile libre, mais c’est pourtant ce qu’ils font. Avec le peu d’impact réel qu’ont les artistes en général.

 

Nous conseillons “Extrème mérdien”,  ouvrage d’un auteur libre qui pratique la langue corse mais pas la langue de bois. Ce livre s’adresse à votre intelligence, c’est-à-dire à votre capacité aussi de prendre du recul sur les faits sans manichéisme  et avec  humour,  même si le constat reste noir dans cette terre où le goût du drame et de la mort reste chevillé au corps.


 

 

Extraits en français (cliquer)

        et

Extrait en corse (cliquer)


 

Descriptif:

 

1.      Stremu meridianu – Extrême méridien

2.      Baruffa Caffè di a Liccia  -  Baston au Café A Liccia

3.      Orly

4.      Sirata d’inguernu – Soirée d’hiver

5.      Cazzuttata Carrughju Altu – Coups de poing Rue Haute

6.      A più bella zitedda di u paesu – La plus belle fille du village

7.      U pulpu, l’argusta è a murena – Le poulpe, la langouste et la murêne

8.      U portafogliu – Le portefeuille

9.      Ghjubileu - Jubilé

10.  Rumpera – Point de rupture

11.  U pòpulu di u quad – Le peuple du quad

12.  Zia Maria Cucaina – Marie Cocaïne

13.  Otranto - Otrante

 

 



Bibliographie chez Albiana ( cliquer)


 

Blog de Marcu Biancarellu ( en langue corse):

 


 

 

Dernière minute:

 

Marcu Biancarellu a participé à un recueil collectif de nouvelles intitulé sobrement “Nouvelles corses” et édité aux éditions Magellan & Cie, dans La collection Miniatures des éditions Magellan  qui lève le voile sur la Corse en faisant la part belle aux voies du polar, du roman noir et du roman historique. Cinq auteurs pour ces Nouvelles (polyphoniques) de Corse :  Andria Costa, Archange Morelli, Paul Milleliri, Eliane Aubert-Colombani et Okuba Kentaro. 

 

Ce recueil publié en partenariat avec Courrier International, est mis en vente au prix de 12 € .

 

Présentation de l’Editeur:

 

Au sud-est de la Côte d’Azur, à l’ouest de la Toscane dont elle est proche et au nord de la Sardaigne, la Corse, « Île de Beauté », véritable « montagne dans la mer », balcon sur la Méditerranée, est un pays en soi, un monde miniature à la fibre identitaire forte, où l’on écrit en français et en corse. Dans cette île noire et rouge sur fond de bleu marin, où les chants polyphoniques, les lamenti, sont un terreau commun aux créateurs, les thèmes imaginaires ou réels qui inspirent les auteurs corses sont la politique, les indépendantistes, la musique et les chants, la pauvreté, le huis clos, les mythes, les légendes… mais aussi le « silence », l’honneur, le clanisme, la « cursia », ce mal du pays, cette nostalgie,… 

Les nouvelles réunies dans ce volume explorent plusieurs voies avec force : le polar (Manuel Vasquez Montalban en Catalogne, Andrea Camilleri en Sicile, Jean-Claude Izzo à Marseille, Yasmina Khadra en Algérie, ont tracé les contours d’un polar méditerranéen où la Corse ne demande qu’à figurer), le roman noir et le roman historique. Elles reflètent ce moment particulier de la création littéraire corse Au sud-est de la Côte d’Azur, à l’ouest de la Toscane dont elle est proche et au nord de la Sardaigne, la Corse, « Île de Beauté », véritable « montagne dans la mer », balcon sur la Méditerranée, est un pays en soi, un monde miniature à la fibre identitaire forte, où l’on écrit en français et en corse.




 

Publié le 17 novembre 2008 à 09:04
Par flicorse
EXILIO aux Editions L’atinoir.

Nous avions rendu compte des quatre romans édités dans la collection L’atinoir de l’Ecailler sous le direction de Jacques Aubergy et  les conseils littéraires de Paco Ignacio Taïbo II. La collection est devenue une Maison d’Edition  avec déjà deux collections « L’atinoir » et « L’atineur ».

Alors, pourquoi avoir donné le nom " L’atinoir "? Dans l’Atinoir, on trouve latin et noir (qui en latin se dit " ater ") … " Latin " et " ater " donnant l’atinoir, ater et noir insistant doublement sur le noir ? A chacun d’avoir son opinion.

L’atineur ! Mot nouveau pour une nouvelle collection qui mélangera les genres pour des ouvrages courts mais denses, incisifs!...  








EXILIO, écrit par Sara Sonthonnax.
Isbn: 9 782018 112068
prix 6 €

Nous avons lu d’un seul trait le premier ouvrage de la collection L’Atineur .

« Des lettres, adressées à des républicains espagnols réfugiés à Marseille en 1939 sur des bateaux hôpitaux, étaient oubliées aux Archives Départementales et ont été trouvées en 2000 par l’historien J.J. Jordi. La connaissance de leur existence en 2004 m’a donné l’envie de rendre voix à ces paroles oubliées. » nous dit Sara Sonthonnax

L’auteure Sara Sonthonnax s’est immédiatement emparée de cette source précieuse pour nourrir un travail d’écriture qui a donné naissance à Lettres mortes, une seule longue lettre composée de centaines de voix. Le travail autour de Lettres Mortes a, à son tour, inspiré l’écriture d’un texte théâtral sur le thème de la déchirure (guerre civile et exil) intitulé Exilio.

Le projet de Sara Sonthonnax est d’écrire les « Chroniques du yonder ».
« Yonder » est un mot norvégien qui signifie « entre ici et là »

Après avoir été peintre, comédienne, puis anthropologue, Sara a retrouvé le théâtre en 1984 pour fonder la compagnie Théâtre et mémoire. "Exilio" était d’abord une libre adaptation du livre d'Andrès Tapiello "les cahiers d'Augusto Garcia" par Sara Sonthonnax Le récit, de février à mai 1939, des derniers jours de la guerre d'Espagne, de la retirada, puis de la vie dans les camps (Argelès...) avant l'exode vers le Mexique. Une voix et des ombres évoquent l'épopée douloureuse de 150 000 personnes partageant la déchirure d'un pays et celle de leurs vies. : une source d’écritures croisée.

La pièce "Exilio" a été donnée au théâtre Gyptis, du 20 au 24 novembre 2007.

Récit de la déchirure. Janvier 1939, fin de la guerre d’Espagne. Deux républicains espagnols vivent côte à côte ces derniers jours de lutte, puis l’exode, la traversée de la frontière et la découverte des camps de concentration. Par leurs témoignages se font entendre les voix de leurs compagnons et l’aventure de milliers d’Espagnols contraints de fuir leur pays pour avoir tenté d’y défendre leur idéal de justice et de liberté.

Sara Sonthonnax a écrit au sujet de la pièce de théâtre : « Des lettres, adressées à des républicains espagnols réfugiés à Marseille en 1939 sur des bateaux hôpitaux, étaient oubliées aux Archives Départementales et ont été trouvées en 2000 par l’historien J-J. Jordi. La connaissance de leur existence en 2004 m’a donné l’envie de rendre voix à ces paroles oubliées. J’ai donc donné à un montage d’extraits de ces lettres la forme d’une seule lettre composée de centaines de voix et je l’ai intitulée Lettres Mortes. Ce temps de lectures et de découvertes ayant été nourri de rencontres (humaines, littéraires, historiques, témoignages écrits, fictions et documents), il a inspiré l’écriture d’un texte théâtral sur le thème de la déchirure (guerre civile et exil) intitulé Exilio. Je souhaite que la part de fiction utilisée pour porter cette histoire ne trahisse pas les faits réels qui l’ont inspirée… C’est autour de la notion de déchirure qu’est bâtie la mise en scène. Un plateau nu où seuls les éclairages dessinent les zones (fragmentées ou assemblées) de guerre, de froid, de peur ou de douleur qu’évoquent les deux personnages. Déchirure des idéaux, des familles, d’une société et finalement d’un pays qu’une grande part de la population se voit contrainte d’abandonner. Une destruction que rien n’illustre d’autre que la rigueur du jeu d’acteurs et la sobriété d’une diction travaillée musicalement. »

Compagnie Théâtre et Mémoires
Création mars 2007 / Coréalisation Cie Chatôt-Vouyoucas
Textes et mise en scène de  Sara Sonthonnax
création lumières : Xavier Longo
création sonore : Yves Robial
avec : Alfonso Rodriguez Gelos et Vincent Saint-Loubert Bié


Benito Pelegrin a dit : « Sara Sonthonnax a fait un texte personnel, respectueux, beau et grave, sensible, poétique sur la politique, si la politique n’avait de conséquences si terribles. Durant un hiver exceptionnellement froid, ces soldats dépenaillés, harassés, déposant leurs armes au poste frontière, ces cohortes de fantômes affamés traversant des villages clos sur la crainte et la frilosité ou l’égoïsme : trop grande tragédie pour des cœurs rétrécis, endurcis par le nombre trop grand de gens à soulager. L’exil commence où finit l’exode. Et souvent dans des camps dont passe ici le noir frisson : celui, cauchemardesque d’Argelès, plutôt qu’un camp, des barbelés improvisés clôturant une plage glaciale où l’on s’enfouit dans le sable pour survivre, creusant déjà sa tombe d’enterré vivant. »

L’écriture mêlant rigueur, humour et émotions à une interprétation très musicale du texte (plages sonores, rythmiques variées, assonances), portée par deux comédiens et adoucie par les improvisations d’une guitare ont fait d’Exilio un moment de rencontre, sensible et fort, avec la guerre d’Espagne.


La guerre d'Espagne est un conflit qui opposa le camp des «nationalistes » à celui des «républicains ». Elle se déroula de juillet 1936 à mars 1939 et s'acheva par la défaite des républicains et l'établissement de la dictature de Francisco Franco, qui conserva le pouvoir absolu jusqu'à sa mort en 1975. Particulièrement violente, et durablement traumatisante, elle est tristement célèbre comme théâtre de multiples exactions. Le nouvel Etat nationaliste se construisit à travers la terreur et l'épuration systématiques. En particulier, les franquistes refusèrent toutes les propositions adverses de compromis et poursuivirent longuement, après leur victoire, une répression de masse d'une rigueur et d'une durée particulièrement saisissantes.

Cette guerre divisa et passionna les opinions publiques du monde entier. L'engagement de nombreux intellectuels et artistes auprès des combattants, en particulier dans les Brigades internationales, a contribué à lui faire acquérir très vite une dimension légendaire.

L'écriture est au centre du travail et de la démarche artistique de Sara Sonthonnax, fondatrice du Théâtre et Mémoire. Depuis 1988, elle anime divers ateliers d'écriture principalement dans la région PACA. Elle a écrit et mis en scène : Le Songe du géographe, M', Les Yeux sourds, Passages, … mais aussi adapté des textes contemporains comme Novecento d'Alessandro Baricco ou encore Le Lavoir de Dominique Durvin et Hélène Prévost.

Au théâtre, Exilio est un récit (à deux voix) porté sur scène par deux personnages : Pablo et Miguel. Leurs voix sont devenues, dans l’ouvrage, le récit d’un seul homme « Pablo, l’homme ordinaire » et ce, à la demande de Jacques Aubergy, l'éditeur. Le texte est précédé de celui « Froid et silence de l’exil », préface écrite par le critique Bénito Pelegrin dont le site dérange mais reste accessible.

Sur le Web, nous avons aussi trouvé un montage vidéo de présentation de la pièce « Exilio » à l’adresse ci-dessous :

Blog de Mumu : Des mots, des photos, des vies…

Sara Sonthonnax espère, avec son texte publié par les Editions L’atinoir, ne rien avoir trahi des réalités qui l’ont inspirée.  Elle nous fait vivre de l’intérieur la débâcle des Républicains, le choix forcé de l’exil et la déception de l’accueil des « Rojos » (comme les nommait le journal « Le Matin de Paris) par les autorités françaises qui ont séparé des familles et laissé des hommes parqués dans des camps, dont celui de la plage d’Argelés , malgré blessures,  privations et froid.
A la mi-mars 1939, Dans  l’énorme camp de la plage d’Argelès-sur-Mer où sont internés près de 75.000 républicains espagnols. Capa décrit ce camp comme "un enfer sur le sable" : les hommes y (sur)vivent sous des tentes de fortune et des cabanes de paille n’offrant qu’une misérable protection contre le sable et le vent. Pour couronner le tout, il n’y a pas d’eau potable, seulement de l’eau saumâtre extraite de trous creusés dans le sable. Beaucoup sont morts en France. Les vivants sont restés en construisant d’abord sur le sable des baraquements de fortune et en donnant des noms aux lieux : «  Puerta del sol », « Ramblas » et même un « Barrio chino »… Ils s’organisent et, par la force de l’esprit, restent humains, des êtres pensants… Un groupe d’artistes et d’intellectuels, créent même un journal la « Barraca ». Certains ont ensuite émigré vers le Mexique et ont traversé l’océan… Parmi eux, Pablo qui s’interroge : «  dans cet océan qui sauve nos corps, nos rêves se noient. Et comment devenir sans rêves… saurons-nous un jour en inventer d’autres ? »

L ‘Exilio se lit facilement par le rythme donné au récit mais ce n’est  pas une œuvre facile. Elle est ciselée jusque dans le récit de quelques anecdotes cruelles. L’auteure a sans aucun doute atteint son but car son texte (de fiction dans la forme) porte témoignage de plusieurs voix réunis en une seule, si vraie, si juste.

A la fin de notre lecture, nous avons pensé une phrase d’Armand Gatti : " Sans écriture, pas de culture, pas de dignité…. les mots sont des armes…  On ne combat pas pour être libre, mais parce qu’on l’est déjà."  C’est la lecture des journaux et des lettres qui sauve de la bestialité les réfugiés espagnols d’Argelès… Pablo le dit. Son ami Miguel trouvera même un instituteur pour organiser des cours d’alphabétisation et de français dans le camp d'Argelès..

Quelques extraits :

"Miliciens républicains, socialistes, communistes, anarchistes ou venus des Brigades Internationales, nous avons tous lutté contre le fascisme."

"Et devant la folie des actes peut-on sans cesse accepter l’impuissance des idées. La question se pose tous les jours."

"Peut-être que vivre, c’est déjà vaincre…"

"Image exacte de notre situation.
Un morceau d’humanité à la dérive,
Des naufragés entre deux continents.
"

"Cris de perdition de ces hommes auxquels le vent
arrache l’âme.
"

"Le vent souffle ainsi des jours et des jours, des semaines."
Il semble faire partie de la fatalité qui nous accable.
On se résigne à en souffrir ou on désire en mourir.
"

"Le sable s’infiltre partout
Il dessèche, blesse, use, griffe, râpe."



Jacques Aubergy, qui est éditeur ( Les Editions L’Atinoir ) et libraire ( Librairie de L’Ecailler,  2 rue Barbaroux 13001 Marseille ) nous annoncé la prochaine sortie dans la collection L’Atineur  d’un ouvrage de Paco Ignacio Taïbo II : Je paie pas le loyer, je fais grève !

Dans la collection l’Atinoir,  nous avions déjà parlé des quatre premiers ouvrages dans différents articles que vous pouvez retrouver en cliquant sur les titres ci-dessous :


Harrraga, Antonio Lorenzo ( Espagne )

Le Linceul de vieux monde, Sébastien Rutès ( France )

Almago dans ses brumes, Eduardo Monteverde ( Mexique )

Fausse lumière, Juan Hernandez Luna. ( Mexique )


Par ailleurs, dans la même collection, vont paraître :

Iode, de  Juan Hernadez Luna ( Mexique )
Saint Remède de Rafael Courtoisie ( Uruguay )
Les Alabaniles deVicente Lenero  ( Mexique )



Publié le 12 novembre 2008 à 21:10
Par flicorse

Daouda et son quartier de la Busserine:


Daouda, alias Anticorps, a été plébiscité par le vote des lecteurs du quotidien La Provence pour sa participation dans l’épisode « Le Clandestin » avec 65% des suffrages. Nous avons mis le lien avec cet épisode de la série FB One tournée à Marseille sur le Ferry Boat. Cette série nous a permis de découvrir un jeune talent de 17 ans mais aussi tout l’humanisme de l’entourage de Daouda dans le quartier de la Busserine…

En effet sur Dailymotion, nous avons découvert un clip tourné pour dire à une habitante de ce quartier, au moment elle le quitte, tout l’amour qu’elle a inspiré autour d’elle… Daouda vous le propose.... 

« Voila un dernier clip auquel  jai participé pour le départ de Hélène Emile qui était présente pendant 12ans dans notre quartier . Plusieurs  jeunes artistes chantent : les groupes Senco, Saga, Anticorps  (Daouda),  ali mero de alafount et la superbe chanteuse moufida
un clip fait par les rappeurs de mon quartier et  il en manque mais bref,  Hélène , ce clip et pour toi !... signé : Anticorps
"


name="movie"http://www.dailymotion.com/video/x64opa_clip-helene_music



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