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Mon bloc perso.
Bonavinuta!
Bienvenue sur le blog Corse noir'soeur de vos nuits blanches
Blog non agressif et sans arrière-pensée. ..
Des articles après le Blog perso....
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B log cousin de CORSICAPOLAR à l'adresse : http://www.cors icapolar.eu
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RE NDEZ-VOUS:

- Festival du polar méditerranéen de Villeneuve lez Avignon (84) les 3, 4 et 5 octobre 2008
Parrain de cette 4ème édition: Didier Daeninckx
voir article

- Rencontres littéraires du Barreau de Marseille le 12 octobre 2008, Maison des avocats
rue Grignan 13006 Marseille. de 11 heures à 18 Heures.

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Opér ata "Noirs de Corse"

Initi é en Corse par l’association Handi 20, le projet d’éditer un recueil de nouvelles sur le thème du polar dans le but d’acquérir du matériel adapté aux personnes handicapées, prend en 2008 des allures de véritable challenge. Partenaire de ce projet solidaire en faveur de l’accessibilité , l’association Corsicapolar, organisatrice du premier festival du polar corse et méditerranéen qui avait obtenu un succès remarqué à Ajaccio en 2007, a décidé en effet de mobiliser toutes ses forces pour cette initiative.

Le blog des auteurs corses et amis de la Corse, www.corsicapola r.eu, a battu le rappel des troupes et les réponses n’ont pas été longue à venir. L’entraide n’est pas encore un vain mot. L’appel a été entendu par de nombreux auteurs et bien au-delà de l’île.

L’app el lancé par Fabrice Albertini, président d'Handi 20 a été entendu puisque 26 auteurs ont offert un peu de leur univers noir :

Trente nouvelles inédites signées par:
Arlette Shleifer, Claude Ferrieux, Danièle Piani, Denis Blémont Cerli, Elisabeth Milleliri, Eric Patris, Fabrice Albertini, Jacques Mondoloni, Jean-Louis Vassallucci, Jean-Michel Raffalli, Jean-Paul Ceccaldi, Jean-Pierre Orsi, Jean-Pierre Petit, Jean-Pierre Santini, Jeanne Tomasini, Jérôme Camilly, Marie-Catherine Deville, Marie-Hélène Ferrari, Martine Rousset, Michel Jacquet, Okuba Kentaro, Pierre-Paul Battesti, Pietr'Anto Scolca, Rémi Talbi, Ugo Pandolfi.

Pa trice Antona, chroniqueur de RCFM, a signé l'avant-propos.

Cet ouvrage a fait l'objet de nombreuses souscriptions et sera vendu et dédicacé à l'occasion du deuxième festival du polar corse et méditerranéen qui se déroulera du 4 au 6 juillet 2008 à Ajaccio. On pourra également le trouver sur le car ferry Danielle Casanova lors de la traversée Marseille-Ajacc io départ le 3 Juillet 2008 en soirée.

Tout es les informations sont données sur le site de Corsicapolar à l'adresse ci-dessous:
http://www.cors icapolar.eu

Pour les commandes aller sur le site Handi 20 : http://handi20. free.fr/
Courr iel : handi20@free.fr

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- Jean-Pierre Santini, écrivain et éditeur corse dans l'actualité littéraire en 2008

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Les dix droits imprescriptible s du lecteur ( édictés par Pennac dans son ouvrage "Comme un roman")
1°/ Le droit de ne pas lire.
2°/ Le droit de sauter les pages
3°/ Le droit de ne pas finir le livre
4°/ Le droit de relire.
5°/ Le droit de lire n’importe quoi.
6°/ Le droit au Bovarysme (maladie textuellement transmissible…)
7°/ Le droit de lire n’importe où.
8°/ Le droit de grappiller.
9°/ Le droit de lire à haute voie.
10°/ Le droit de nous taire.

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A dopu!
A plus tard!
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Corse noire
Publié le 29 janvier 2007 à 09:16
Par flicorse

Noir du polar à la Maison de la Corse, avec Jean-Pierre Orsi, et noir anthracite au théâtre Toursky, avec Piétra…




Samedi 27 janvier 2007: La maison de la Corse était trop petite pour l’affluence qu’elle a connue ce dernier week-end, 27 et 28 janvier 2007.

Plusieurs salles étaient à la disposition des éditeurs et des auteurs présents. Entre les conférences sur Pascal Paoli et les leçons de cuisine corse, les visiteurs se sont pressés autour les livres, une exposition de tableaux et les produits corses, avant de fêter le Capu d’Annu lors d’un apéritif. Les habitués sont venus compléter leur bibliothèque corse et leur nombre s’est renforcé par de nouveaux venus. Pour tous, c’était l’occasion de rencontres et de nouvelles présentations lors desquelles il n’est pas rare de recevoir des nouvelles de relations ou de parents. Les salons culturels restent des lieux privilégiés de cohésion sociale et de solidarité. Il faut rappeler que la Maison de la Corse recevait des dons alimentaires pour l’île où, comme partout, le nombre des nécessiteux augmente.

Du côté littéraire, il n’est plus besoin de dire que nos éditeurs proposent de bons romans et de beaux livres. C’est une réalité maintenant ancienne. Le succès du salon du livre corse est donc mérité pour les organisateurs et les participants. Jean-Pierre Orsi dédicaçait ses trois polars corses : " La chèvre de Coti-chiavari " (réédité ), " Sous le regard de Napoléon " et son dernier " la nuit de San Matteo " qui est déjà un succès en librairie. Nous avons noté la présence de son éditeur Le Journal de la Corse en la personne de Jean-Charles Gaspari. Il faut rappeler que le Journal de la Corse est aussi un journal vieux en âge mais moderne par sa ligne éditoriale, sa présence sur le Net et dans l’édition de polars contemporains.

Dans ce genre littéraire, Jean-Pierre Orsi et Jean Crozier – Pandolfi (auteur de La vendetta de Sherlock Holmes) ont pris l’initiative de créer une association des auteurs corses de polars et un site avec des projets d’événements d’abord en Corse et ensuite sur le continent. Corse noire s’est associée à cette aventure. Vous pouvez visiter le site de l’association Corsicapolar à l’adresse ci-dessous :

http://www.corsicapolar.eu



Et puisque nous en venons au "noir", à 21 Heures, le Théâtre Toursky à Marseille donnait la dernière représentation du ballet " conditions humaines " de notre talentueuse compatriote Marie-Claude Pietragalla.

pietr_montage.JPG

Dans cette œuvre dansée, le noir est celui du charbon et des terrils de la région Nord - Pas de Calais. C’est le noir des conditions d’existence des mineurs au début du 20ème siècle et c’est le noir de la mort. Le 10 mars 1906, la catastrophe de Courrières : coup de grisou à la suite d’un incendie qui couvait dans la veine Cécile de la mine. Sur 1425 mineurs, 1099 ne remonteront pas. Trop rapidement, la direction de la mine décide qu’il n’y a plus de survivant et fait inverser l’air dans les puits. Malgré cela, le 30 mars treize rescapés réapparaissent et le 4 avril, quatorze autres. " Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire " est le sous-titre de ce spectacle de danse - théâtre. C’est le Président de la région Nord Pas de Calais qui a sollicité la troupe Marie-Claude Pietragalla, pour la commémoration de cette catastrophe. Avec Julien Derouault, danseur et compagnon, la chorégraphe et danseuse - étoile a consulté des archives, parcouru le bassin minier et rencontré d’anciens mineurs et des veuves de mineurs, réalisant un véritable travail d’investigation. Après la première représentation devant une salle composée, en grande majorité, d’anciens mineurs, les personnes contactées ont trouvé normal que ce soit un ballet, de la danse, qui parle de la mine et raconte leur vie, parce qu’au fond (de la mine) il y avait tellement de bruit que la parole n’avait pas de place. Pietra et Derouault concluent une interview croisée dans le journal " L’Hebdo " en disant : " Le corps, la mémoire du corps avait parlé… " Que reste-t-il de cet événement, de ce qui demeure gravé dans le corps ? Pietra commente son travail : " C’est à travers ces questionnements que l’œuvre chorégraphique " Conditions humaines " tentera de se frayer un chemin…. où poésie et humilité seront les armes du mouvement " et Julien Derouault ajoute : " La danse est peut-être l’art le plus légitime pour raconter l’histoire des mineurs : les deux ont en commun le corps comme outil de travail ".

Le rideau s’ouvre sur un tableau allégorique de la mine " dans son drapé de noir " : surélevée, Pietragalla fait danser ses bras, son buste sort d’une immense jupe noire qui couvre toute la scène. Sous le tissu " noir anthracite ", des corps ensevelis. Le deuxième tableau met en scène une femme désespérée luttant contre la folie, bientôt rejointe par d’autres… Chaque tableau est inspiré par les récits authentiques recueillis lors du travail journalistique qui a précédé la chorégraphie. L’enfer de la mine est mis en scène de façon dantesque dans un tableau qui fait penser à une œuvre du peintre Fernand Léger. Les hommes – machines exécutent leurs danses mécaniques dans un concert de bruits assourdissant. Et puis, des tableaux ouvrent des parenthèses sur la vie dans les corons de briques rouges où la vie reprend provisoirement le dessus avec ses amours, ses espiègleries mais aussi parfois la solitude, la fatigue, l’ennui des femmes pendant que les hommes s’enivrent … Et toujours, la mort qui rode dans la mine. La mort et la mine incarnées par une seule danseuse Pietra, Peut-être parce que les deux ne font qu’une, lorsque les corps ne remontent plus et laissent des vêtements vides à des veuves. Quelle mémoire subsiste ? Celle gravée dans les corps cassés des mineurs et dont l’odeur imprègne encore les vêtements. " Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ". A l’époque la justice n’a pas eu ce courage et les responsables de la catastrophe ont été mis hors de cause, malgré une longue grève et une prise de conscience collective de la réalité des mines. Cette catastrophe, qui aurait pu être évitée, a traumatisé pour longtemps les habitants du Nord de la France.

Le succès était au rendez-vous. La troupe part pour Belgrade où le Théâtre national veut reprendre " Fleurs d’automne " créé en 2001 à Marseille. Au théâtre Toursky, la troupe est toujours la bienvenue et affiche complet à chaque passage. Le précédent ballet était " Je me souviens ", inspiré par les souvenirs d’enfance de Pietra. Avant, il y a eu " Ni Dieu, ni maître " en hommage à Léo Ferré. On doit citer aussi " Sakountala " inspiré par Camille Claudel. Il y a eu " Ivresse " " et son flamenco. ; en remontant beaucoup plus loin, " Corsica " et les musiques de Guelfucci. Dans tout ce que la star corse de la danse fait, le choix des musiques est toujours un bonheur. Avec " conditions humaines ", Marie-Claude Pietragalla démontre qu’elle peut aborder les sujets les plus difficiles. Cette liberté de création qu’elle dit avoir trouvée est une chance pour un très large public. Vous pouvez aller visiter son site qui offre aussi des extraits en vidéo, à l’adresse ci dessous :

                                      http://www.pietragalla.com




Dimanche 28 janvier 2007, Jean-Pierre Orsi accueille, sans entrechat ni pirouette, de nouveaux lecteurs intéressés par ses trois polars corses. L’un d’eux est venu exécuter une commande faite par sa sœur qui n’a pas pu se déplacer. L’inventeur du Commissaire Batti Agostini a décidé de faire de la place aux polars corses dans les rayons des librairies du Continent. Les siens sont déjà en vente dans toutes les grandes librairies de Marseille comme Cultura pour n’en citer qu’une.

lachevredrjdceditions.jpg orsinapoleon.jpg et La Nuit de San Matteo (2006).

Les trois romans forment une trilogie avec des personnages récurrents : trois récits distincts des enquêtes menées par le Commissaire Baptiste Agostini, assisté de ses deux collaborateurs, Jean – Antoine Mariani, affublé du sobriquet " A ghjobula " et Angelo Leonetti dit l’Acellu. Nous vous laissons découvrir, par la lecture, les explications des sobriquets. Nos trois compères ne connaissent pas l’oisiveté. Au commissariat d’Ajaccio, leur quotidien était fait de vols à la tire, de la petite délinquance, des petits casses, des petits trafics de drogue, des scènes de ménage, des actes de racisme ordinaire… jusqu’à ce que Jean-Pierre Orsi les fassent entrer dans le monde du polar d’abord avec " La chèvre de Coti-Chiavari " qui n’est pas un de ruminants caprins dont le lait caille pour notre plaisir dans une bergerie de Coti-chiavari. Il s’agit d’une coutume sicilienne pour règlement de compte raffiné. Lorsque la victime est Antoine Doria, professeur des civilisations méditerranéennes à l’université de Corte, descendant d’une illustre famille génoise, militant nationaliste en rupture avec son mouvement… et de surcroît vieil ami de notre commissaire, ce dernier est prêt, avec sa garde prétorienne, à affronter tous les dangers d’où qu’ils viennent… A peine sortis de cette affaire éminemment délicate qui le touchait personnellement, voilà notre commissaire avec un nouveau cadavre sur les bras : Un jeune homme retrouvé mort " sous le regard de Napoléon " qui n’a pas bougé et reste muet… Non ! … Napoléon n’a pas ressuscité. Il ne s’agit pas de l’omerta d’un illustre descendant mais du lieu de la découverte du cadavre : au pied de la statue de Napoléon, au Casone, quartier habituellement calme à Ajaccio. Le défunt est un toxicomane qui a succombé à une overdose de cocaïne aggravée par un abus d’alcool. S’agit-il d’une simple affaire de drogue ? On aurait pu le penser, si le cadavre n’avait pas eu, posée sur sa poitrine, une étrange croix en bois. Rapidement, un journaliste local échafaude une hypothèse selon laquelle le corps du jeune homme aurait été l’objet de rites sataniques ayant un rapport avec le Croisé du jardin d’Austerlitz… Par la suite apparaît une certain Silvana Papalardo. Est-elle vraiment immortelle ? Que manigance un ancien de l'Indochine aux méthodes douteuses ? Vous aimeriez bien tout savoir ? Rien de plus facile : lisez les romans.

Dans les deux premiers volets, l'horrible des situations propres à un bon polar côtoie souvent des instants plus quotidiens, à savoir les problèmes familiaux du commissaire, la perte d'un ami cher ou une certaine actualité corse. Le troisième volet " La nuit de San Matteo " débute, en 2005, avec la grève de la SNCM et l’intervention du GIGN sur la " Pascal Paoli " au grand dam du lieutenant Mariani qui ne comprend pas l’opération commando menée contre des syndicalistes. Connaissant bien entendu les raisons du conflit social, le commissaire Agostini se souvient alors de son ami feu Antoine Doria qui prônait une politique audacieuse d’investissement en Corse et, d’abord, préconiser de casser le système clanique, frein au développement de l’île… Sur ces bonnes paroles, il se rend à Cuttoli , village corse où il possède une maison que son ami " Zi Pè " (Jean-Pierre Poletti) lui a laissée en héritage. Un lègue qui lui vaut la haine des deux neveux du Défunt et une raclée mémorable interrompue par une vieille dame, Anna-Maria Meniconi qui a très bien connu Zi Pè. Le lendemain un gamin, contre 20 euros donnés par un inconnu affublé d’une casquette et de lunettes de soleil, lui remet une enveloppe contenant deux balles de Kalachnikov. Une menace claire avec la question qui se pose : Qui veut tuer le Commissaire Agostini ? … Nous ne vous en dirons pas plus que ce qui est écrit dans la quatrième page de couverture : lors d’une nuit, un commando cagoulé et armé pend par les pieds, en haut de la grille d’entrée du cimetière de Cuttoli, un homme apparemment sans vie. L’intrigue se déroule sur fond de conflit social lié au projet de privatisation de la compagnie maritime corse, la SNCM.

Si vous n’avez pas lu les deux premiers, nous vous conseillons cette trilogie. Jean-Pierre Orsi nous parle de choses sérieuses sans se prendre au sérieux et nous rend familier ce commissaire Agostini, au point d’avoir envie de l’appeler Batti, en lui donnant une tape amicale dans le dos, avant d’aller partager un apéritif à Coti-Chiavari où notre auteur, ancien journaliste et cadre mutualiste, trouve son inspiration, en contemplant la Méditerranée… Malgré quelques césures, je termine cette trop longue phrase, un peu essoufflé mais satisfait car, arrivée à Coti-chiavari, la vue est belle sur le Golfe d’Ajaccio. Au bout des trois lectures, j’ai aussi suivi trois enquêtes prenantes. Toutefois, je n’ai pas pu savoir si le commissaire Baptiste Agostini est parent avec son homonyme prénommé Léonard que j’ai rencontré dans un polar du corso-québécois François Canniccioni. Ce que je peux dire, c’est que " Jean-Pierre Orsi ", il n’y en a qu’un, en bonne place dans le polar corse
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Publié le 24 janvier 2007 à 22:24
Par flicorse
Après Molto Chic , Le bar rouge d’Arlette Shleifer – Colonna Edition.


catalogue_chinois_020.jpg bar_rouge.jpg

Le Bar rouge, Il s’agit du quatrième roman d'Arlette Shleifer dans lequel on retrouve un thème récurrent : la quête de faire de sa vie une œuvre d’art authentique.

Nous avions déjà consacré un article sur les précédents romans et en particulier Molto Chic. A l’époque Arlette Shleifer, artiste - peintre, était à Taïpei ( Taïwan) et avait annoncé la prochaine parution de son dernier ouvrage : Le bar rouge. Nous avions écrit : A nos yeux, ce qui caractérise Arlette Shleifer, c’est cette " pulsion d’errance " que l’on trouve chez d’autres auteurs comme Jack Kerouac, J.M.G Le Clesio, Kenneth White ou Ernest Sabato. J’ai choisi cette bande des quatre car on les retrouve dans un opus de l’universitaire de renom Michel Maffelosi : " Les jardins de l’errance ". Il écrit sur eux : " A la lumière de ce double héritage culturel et des nombreux espaces qu’il sous-tend, on comprend l’importance de l’errance dans la vie et dans les œuvres de ces auteurs. L’errance est envisagée comme une quête active qui renouvelle le regard du sujet sur le monde et qui enrichit sa connaissance. Dans ce cas, elle résonne comme une sorte d’éveil de l’homme contemporain au monde qui l’entoure, à sa simplicité, ses merveilles comme à ses sordides manifestations. ". Et il ajoute plus loin : " L’écriture se nourrit des mouvements du corps et des lieux traversés, élabore un espace porteur d’aventure errante. " mais aussi : " … l’errance est un déplacement fécond permettant de tisser des liens solides entre le sujet, l’espace et l’altérité. " En littérature, Arlette Shleifer poursuit son chemin, creuse l’ouverture, déplace les frontières et revient publier un nouveau roman, peut-être par tropisme, en Corse. Elle a choisi le noir de l’élégance.



De quels pigments (ou piment) est fait le rouge ambivalent dans son dernier roman dont le fond reste noir ? Rouge diurne, couleur du sang et du feu, rouge éclatant de force, rouge provocateur, conquérant, colérique, rouge des interdits, ou bien rouge sombre mystérieux, cinabre, riz rouge de la Cité des Saules…peut-être le rouge en héraldique, rouge révolutionnaire de la Chine… sûrement le rouge à l’extrêmité du spectre visible, du spectre solaire… Un livre fait des rouges animal, végétal et minéral de la Chine ancienne mélangés aux synthétiques contemporains. Grasset a une collection " Les cahiers rouges " qui rassemble des écrivains sous la bannière de la passion : " La passion d'aimer, de voyager, la passion du crime, la passion de vivre... " écrit l’éditeur.

La quatrième page de couverture nous dit : "Le Bar rouge" est une variation au féminin de Caïn et Abel en Asie, sur fond de trafiquants de faux tableaux, d'enlèvements et d'art contemporain. A travers ce roman d'aventure, on découvre l'Asie d'aujourd'hui, de la mondialisation aux vestiges des traditions culturelles anciennes. Entre Tiger, le bon Samaritain, Moutone, personnage étrange et Kaï, la belle rencontre, un nouvel univers, authentique, se trame, fait de métissages, si loin de la journaliste parisienne "branchée" qu'elle était. Faut-il tant de tribulations à Florence, tant d'errance pour faire un choix de vie entre deux îles, Taïwan et la Corse, à la fois si différentes, si lointaines et si proches?"

Dans la dédicace qu’elle nous a adressée, l’auteur nous invite à un voyage entre deux îles de Beauté.

L’héroïne Florence nous amène à Taïwan. Elle s’y rend pour remplacer, au pied levé, sa sœur Carla, courTière en art, qui devait faire une conférence sur l’art contemporain au Musée de Taïpei. Cette dernière a prétexté une grosseur au sein nécessitant des examens immédiats pour expédier sa sœur à Taïwan. Arrivée sur place, Florence devait se rendre dans un établissement " Le Bar rouge " pour y remettre une grande enveloppe au tenancier chinois. Ce qu’elle ne sait pas , c’est que sa sœur a fait certifier une petit Rubens par un expert avant d’en faire exécuter une copie livrée à l’acheteur avec le vrai certificat. Ce tableau tient dans une grande enveloppe, convoitée par des trafiquants d’art. Sur l’île de Taïwan, l’arrivée à l’aéroport Tchang Kai Chek de Taipei ne se fera pas sans encombre… L’enveloppe y est volée et notre héroïne, enlevée et maltraitée…

Le roman commence donc comme une aventure qui tourne au thriller. Le voyage se transforme en survie puis en errance initiatique, émaillé d’images filantes des sœurs Weiss aux rapports freudiens et des rêves angoissés de Tiger au pays du Dragon. Dépouillée de ses bagages, de son argent et de tous ses papiers " dans un monde dont elle n’avait pas la clé ", Florence subit " un temps vide, un temps noir, un temps lourd : la fatalité chinoise ". " Elle n’arrivait pas à nommer la situation, le lieu n’était pas défini, et c’est à peine si elle parvenait à savoir qui elle était. Elle se situait dans l’innommable. " Florence , perdue dans cette île grande comme la Corse ( à un tiers près), le même pourcentage de montagnes, avec cent fois plus d’habitants. Là, Florence , journaliste mêlée malgré elle à un trafic de tableau, , se retrouve meurtrie, " analphabète, muette et sourde à tous mots… L’insolente solitude, sans maquillage, sans mensonge qui met la tête au milieu du miroir de soi-même et s’offre le luxe infâme d’allumer les projecteurs…" C’est le choc des cultures pour cette journaliste ayant passé son enfance en Corse et mené une vie parisienne branchée de femme libérée. De si loin, cette vie lui apparaît moderato cantabile même dans ses extravagances devenues rituelles. Elle se révolte ( une révolte romantique, va s’en dire) et vit une nouvelle naissance à Taiwan. Sur l’écran noir, le roman est un fourmillement d’images, de sensations, de sensualité et de sentiments, matières filantes de création et de découverte de soi. " Atteindre quelque chose de soi-même est la seule matière de l’art ", rappelle l’auteur en citant Chagall. C’est aussi découvrir en soi la possibilité de l’autre, éprouver que nous nous retrouvons en autrui et que nous retrouvons l’autre en nous. Il y a des sentiments qui restent implicites jusqu’au moment où apparaît l’être unique qui les éveille et ce n’est pas l’une des moindres illusions de l’amour. Il y a, dans l’amitié et dans l’amour, des affinités électives… Florence rencontre Tiger, Moutone, Stella (silhouette filante dans le récit qui " était comme une œuvre d’apparence mineure dans une grande collection, de celle dont le nom de l’artiste et le plus souvent inconnu mais qui font chanter les œuvres de maîtres " )… et Kaï avec qui le rouge devient sensualité sur une musique de Mozart. C’est une nouvelle histoire qui commence, une promesse sans fin et donc, dans l’instant, éternelle.

Après que chacun de ses pas la conduisait là, où elle n’avait pas prévu d’aller, Florence survit. Qu’advient-il de sa sœur, Carla ? Subit-elle le sort de Caïn ?" Saré errante è vagabondu nantu à a terra ", avait dit, en Corse, le Bon dieu à ce dernier. Et oui, depuis qu’il existe une Bible bilingue Corse/ Français, on peut penser que, sans perdre son latin, le Bon Dieu savait parler le corse. Nous n’en dirons pas davantage pour laisser à chacun sa lecture, avec le plaisir de la découverte de cette œuvre au rouge, et, au bout, l’envie de voir la Corse par " d’autres yeux… Vous connaissez Elstir, ce peintre inventé par Proust?… Si vous l’avez oublié, relisez Proust, en savourant des canistrelli.



L’auteur a fait un long séjour à Taïwan. On peut qualifier cet écrivain de peintre car elle l’est. Elle ne nous sert pas un dépliant touristique aseptisé lorsqu’elle nous décrit cette île connue d’abord sur les étiquettes de la mondialisation " made in… ". Elle nous offre un beau roman sur fond noir où le rouge s’invite de partout, même sur le nez pour des traits d’humour. Elle utilise un vocabulaire concret, précis, parfumé, coloré. Elle nous décrit l’extérieur pour révéler l’âme des lieux et des êtres. C’est aussi un roman sur l’art, sur la façon de vivre l’art et sur l’art de vivre, plein d’émotions et de sensualité. Il est rythmé et dense par les thèmes abordés sans ennui avec, en prime, un coup de gueule courageux de Florence sur l’art conceptuel : " tous ces concepts parlent à la tête, pas à l’âme ". Elle renvoie le cabinet de Duchamp à son concept originel.

Les écrivains ont toujours été fascinés par l’art, comme Balzac, Gogol, Poe, Wilde, Zola… et des auteurs de romans noirs qui ont ancré ( ou encré ) leurs intrigues dans le monde de la peinture et des musées. Pour rester en Chine, on peut citer le roman de He Jiapong " Le mystérieux tableau ancien " (2002). Comme Arlette Shleifer, des artistes et des historiens de l’art se sont aussi risqués dans le roman noir. On doit citer lain Pears, spécialiste anglais de l’histoire de l’art et inventeur du marchand de tableaux Jonathan Argyll et du général des carabiniers Bottando, unis dans la lutte contres les contrefaçons et les vols d’œuvres d’art. Né en 1955, il a publié une dizaine d’ouvrages noirs depuis 1990. Par ailleurs, Dan Brown est l’auteur du Da Vinci Code. On se souvient aussi de la bande dessinée " Maltisse ", un trafic d'art avec Voldine Self, enquêteur déjanté. Lorenzo nous plonge dans les rouages secrets de l'Art, avec humour et dérision. Une bande dessinée-polar haute en couleur.

Arlette Shleifer a ramené de son séjour à Taïwan la photographie " le restaurant de rue " qui illustre la couverture de son livre édité par la Maison corse Colonna Edition, Collection San Benedetto et, bien sûr, des toiles dont l’une est intitulée " Red tea ", thé rouge : rouge du cœur, de l’âme, du mûrissement et de la régénération de la femme et de l’œuvre. Cinabre chauffé dans l’Athanor ! Alchimie de la vie !… En artiste, Arlette Shleifer crée son univers personnel avec un humanisme d’esthète.



Entretien avec Arlette Shleifer en quatre questions :


1°/ Nous vous avions présentée dans un premier article consacré principalement à votre roman Molto Chic. C’est l’occasion avec Le Bar rouge et votre retour de Taïwan, de nous parler d’abord de vous. Quelles raisons vous font revenir vers la Corse où tous vos livres ont été édités ?

A.Shleifer
: Pourquoi la Corse ? Parce que j'ai découvert ce lieu magique en voyage de noce. Depuis j'y habite une grande partie de l'année entre deux voyages. Mon fils a épousé une petite corse....Donc que de merveilleuses raisons de venir y écrire et y peindre. Je suis très sensible aux senteurs de cette île ; je les ai cherchées partout ailleurs, en vain. Et puis il y a les amis, si importants... Taïwan a été une parenthèse qui a duré environ 18 mois. J'y étais invitée entre autres au village d'artistes de Taipei, la librairie française m'a réservée un accueil touchant (d'ailleurs la directrice et la propriétaire sont venues en vacances en Corse l'été 2006 car elles étaient impatientes de voir ce que je leur en avais dit et surtout écrit !).

2°/ Vous êtes artiste peintre et donc je m’autorise à penser que les couleurs ont de l’importance même dans vos romans. Alors , quels pigments de rouge ont teinté votre imagination dans votre dernier roman " Le Bar rouge " ?

A.Shleifer:
Evidemment les couleurs sont un langage à part entière dans mes livres; Dans le Bar rouge j'ai sciemment voulu cette couleur "rouge". D'une part parce que le rouge est la couleur de la fête, du bonheur pour les chinois et d'autre part c'est la couleur de la passion. Une troisième raison : je parle d'un Rubens au début or ce qui caractérise la sensualité de ce maître c'est son fameux rouge qui rendait les lèvres de ses modèles si vivantes. Il la posait en touche sur la chair pour donner cette vie. Ce livre parle donc de vie, de passion et de découverte.

3°/ Votre ouvrage commence comme un thriller. Le trafic d’œuvre d’art apparaît comme un prétexte à une errance initiatique. L’art , comme le rouge, est présent dans tout le récit. Florence quitte une société européenne avec ses rapports freudiens et au bout de son voyage, vit une rencontre difficile avec une société chinoise ignorante de Freud, avec ses propres codes indéchiffrables. Avez-vous ressenti ce choc des cultures aussi intensément que le vit votre héroïne ?

A.Shleifer
: L'art étant une quête permanente (des questions souvent aux réponses incertaines) qui nécessite de se mettre constamment en péril en abîme. Or le voyage vers une culture différente vous renvoie à vos propres questions, à une recherche de l'autre sans lunettes occultantes et sans à priori. En tentant de décoder l'autre on s'approche mieux de soi même.

4°/ Avez-vous de nouveaux projets artistiques ou littéraires, de nouvelles errances en perspectives ?

A.Shleifer:
Actuellement je travaille à un nouvel ouvrage dans lequel pour la première fois il ne sera pas question d'art. Le voyage bien entendu sera également un personnage du livre. Après avoir travaillé et montré des toiles sur le thème des "ex voto", je vais décliner cette approche. J'ai un projet d'une exposition de photos sur le thème des traces, des fêlures et du passage.... J'attends actuellement la réponse : le lieu fait rêver.... Le Bar Rouge est un lieu très à la mode à Shanghaï. Les lieux décrits existent réellement.

Sur son séjour à Taipei, elle a écrit :
A propos de lumière…
Lorsque je suis arrivée, il y a un an, àTaiwan, je savais que quelque chose se passerait dans mon travail. Le ciel atone, laiteux donnait aux couleurs une sensation de douceur, de pâleur telle une goutte de lait qui tombe dans l'ambre du thé.
Cela me fit penser aux ‘terres de Sienne naturelle' que les Anciens mettaient dans toutes les couleurs pour les lier entre elles et donner ainsi une belle harmonie de palette.
Un peu comme le pain est le liant d'un repas ou bien le riz.
La retenue imposée par la lumière me poussa bien au delà de mon travail, à réfléchir et à tenter de comprendre un peu mieux [ si toutefois on peut comprendre] l'Asie.

Arlette SHLEIFER ... Taipei , mai 2006

En premières pages, Arlette Shleifer adresse des remerciements à Jacques Picoux (artiste connu notamment pour ses collages). Elle lui a écrit un article intitulé " Le passe-Hirondelle " sur le site de cet artiste à l’adresse ci-dessous :

http://www.jacquespicoux.com/index.htm



Nous saisissons l’occasion pour rappeler la parution de " Comme un besoin d’utopie ", ouvrage de Maddalena Rodriguez-Antoniotti édité chez Albiana avec le commentaire suivant :
Le parcours du regard - Un parcours d’Art contemporain en Corse
Le parcours du regard c’est dix années de présence estivale au cœur du village d’Oletta de nombreux artistes contemporains. Une ébullition artistique volontairement inscrite dans les lieux les plus improbables (caves, ruelles, placettes), à la recherche de cette alchimie secrète appelée " rencontre ". Rencontre avec l’Art, avec l’artiste, avec les lieux, avec les gens qui laissèrent traces et espérance. L’ouvrage est un recueil des plus belles pages de cette expérience hors du commun, première de son genre en Europe, avec à l’appui une iconographie de premier ordre complétée de témoignages des artistes en situation. Dans la catégorie Beaux-livres, Comme un besoin d’utopie est le premier à consacrer, en Corse, l’Art contemporain sous toutes ses formes.


Publié le 24 janvier 2007 à 14:32
Par flicorse


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Jacques Tardi
est né en 1946. Son grand-père, d'origine corse, militaire de carrière, a fait la guerre de 14-18. C'est à travers les récits de sa grand-mère qu'il découvre l'horreur et l'atrocité de cette guerre qui alimentera ses cauchemars d’enfants et son imagination d’auteur de Bandes dessinées. Son père a été soldat pendant la seconde guerre mondiale. À seize ans, il entre aux Beaux Arts de Lyon puis il intègre les Arts Décoratifs à Paris. Il fait ses débuts de dessinateur à 23 ans dans le célèbre hebdomadaire Pilote. Sa première histoire longue " Rumeurs sur le Rouergue " paraît en 1972, début du succès et d’une longue suite comprenant l’alliance avec.les écrivains de polar ou de roman policier. Il adapte en images leurs histoires noires prenant souvent pour cadre le Paris. Il a ainsi travaillé avec Jean - Patrick Manchette qui écrit le scénario de Griffu en 1982, avec Didier Daeninckx en 1997 sur La Der des Ders.

"J'ai entendu parler de la Grande Guerre, à l'âge de cinq ou six ans, par ma grand-mère. J'ai très vite voulu en savoir plus. Ce qu'elle me racontait avait trait au quotidien dans les tranchées. Je faisais des cauchemars, mais j'étais proprement fasciné. Par la suite, j'ai vu des photos et mon désir de dessiner cette guerre en a été accru." Propos de Tardi recueillis par Y. Alion pour Le Journal du Polar, décembre 97.

Jacques Tardi a adapté les aventures de Léo Malet et de Nestor Burma., Brouillard au pont de Tolbiac en 1982, puis Rue de la gare en 1988, Casse pipe à la nation en 1996 et Une gueule de bois en plomb. Il collabore avec Daniel Pennac. Il réalisera en 1988 illustration de Voyage au bout de la nuit, œuvre majeure de Louis Ferdinand Céline, puis Casse pipe en 1989 et Mort à Crédit en 1991.
Il est l’inventeur du personnage d'Adèle Blanc-Sec, dont il a écrit lui-même les scénari des aventures extraordinaires. Il est le dessinateur d’ affiches de films, des jaquettes de CD ou d’ illustrations de couvertures de romans. En 1985, les Editions Futuropolis/Gallimard ont publié deux importants volumes: Mines de Plomb et Chiures de Gomme, qui rassemblent et recensent de façon exhaustive l'ensemble de ses travaux graphiques (couvertures de livres, affiches de films, croquis, portfolios, caricatures...) ainsi que de nombreux inédits. Il est l’auteur du roman " Rue des rebuts ", publié en 1990. Sa notoriété fait que de nombreux sites vous proposent des biographies et bibliographies.



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Dans l’actualité, il est " l’homme de peine " de la revue " L’étrangleur " aux côtés de Nadia Gibert " femme de tête " et Guillaume Prieur " homme de cabinet ". Nous avons pu nous procurer les numéros 2 à 5 mais pas le numéros 1. Les cinq revues datées du 2 au 6 février 1959 suivent les meurtres de l’Etrangleur pendant que la Police parisienne fait grève. La première victime est l’acteur Gaston Malinguet, suivi d’un aveugle, d’un représentant en timbres –poste de collection et d’un marchand de journaux ( ancien combattant de la guerre 1914-1918 dans l’Armée d’Orient* ). Ces revues accompagnent la bande dessinée " le secret de l’Etrangleur ". Entre le 2 et le 6 février 1959, la police est en grève et, dans la capitale plongée dans le brouillard, un mystérieux étrangleur rôde en commettant d’affreux forfaits… Jacques Tardi donne sa vision d’un roman "Monsieur Cauchemar" signé Pierre SINIAC, auquel nous avons consacré un article pour un autre roman " La course du Hanneton.. " édité après que l’auteur fut mort dans la solitude et l’oubli.

Armée d’Orient* : rappelons-le, dans cette armée, il y avait de nombreux Corses qui ne sont pas revenus de la guerre - pour mémoire, Pierre Laurent Fabiani, originaire de Monticellu est mort à l’âge de 27 ans sur le front serbe, en laissant une femme, Jeanne Ceccaldi, de Partinellu, et deux fillettes, une de 2ans et un bébé qu’il n’aura pas connu. Il est enterré au carré militaire du cimetière St Pierre à Marseille.




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Revenons un court instant sur " Voyage au bout de la nuit " illustré par Jacques Tardi dans un beau livre grand format, texte intégral , collection Futuropolis de Gallimard. La nouvelle édition est de novembre 2006 et reprend les préfaces des deux précédentes datant de 1932 et de 1949. Dans la première préface, il est écrit : " Voyager, c’est bien utile, ça fait travailler l’imagination. Tout le reste n’est que déceptions et fatigues. Notre voyage à nous est entièrement imaginaire. Voilà sa force. Il y va de la vie et de la mort. Hommes, bêtes, villes et choses, tout est imaginé. C’est un roman, rien qu’une histoire fictive. Littré le dit, qui ne se trompe jamais. Et puis d’abord tout le monde peut en faire autant, Il suffit de fermer les yeux. C’est de l’autre côté de la vie ". Jacques Tardi avait déclaré à propos de son travail : " Avec Céline, je restais dans l'univers qui m'intéresse, 1914-1918, tout ça... Et c'est un très grand écrivain. Mais ses livres sont très peu dialogués, il aurait donc fallu que je coupe. C'est tout à fait possible d'adapter Céline en BD mais cela impliquait des coupes. Or j'avais moins de scrupules à les faire dans Malet que dans Céline ; c'est quand même une autre pointure ! Je l'ai donc illustré, pas adapté."
Vous pouvez aller voir un interview complet du 17/08/05 sur le site du journal Le Monde à l’adresse ci-dessous :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-680761@45-1,0.html



Note sur Voyage au bout de la nuit
:

" La vie c'est ça un bout de lumière qui finit dans la nuit "… " Notre vie est un voyage / Dans l'hiver et dans la Nuit / Nous cherchons notre passage / Dans le ciel où rien ne luit " – extraits du roman de Céline.

Nous n’allons pas nous lancer dans une exégèse du roman de Celine. Simplement, pour ceux qui ne l’ont pas encore lu, nous pouvons écrire que Louis-Ferdinand Céline, de son vrai nom Louis - Ferdinand Destouches, publie Voyage au bout de la nuit en 1932. Le héros ,Ferdinand Bardamu raconte dans le roman sa vie et nous montre la misère du monde contemporain. À vingt ans, en 1914, il se retrouve sur le front et les atrocités de la guerre le mettent au bord de la folie. Réformé, il fuit et arrive en Afrique où il découvre le système colonial. Clandestin en Amérique, il y rencontre Molly, une prostituée ( mais Molly était dotée d'une patience angélique… un cœur infini vraiment avec du vrai sublime dedans). Finalement, il revient en France, et après des études de médecine, s’installe en banlieue.

Céline est mort en 1961. Le 1er juillet, à 18 heures, Louis-Ferdinand Céline meurt d'une rupture d'anévrisme. Son décès ne sera annoncé par la presse que le 4, après son inhumation au cimetière de Meudon.

" À force d'être poussé comme ça dans la nuit, on doit finir tout de même par aboutir quelque part, que je me disais. C'est la consolation. Courage, Ferdinand, que je me répétais à moi-même, pour me soutenir, à force d'être foutu à la porte de partout, tu finiras sûrement par le trouver le truc qui leur fait si peur à eux tous, à tous ces salauds-là autant qu'ils sont et qui doit être au bout de la nuit. C'est pour ça qu'ils n'y vont pas eux au bout de la nuit. " extrait du roman de Céline.

" Le livre français qui compta le plus pour nous cette année, ce fut Voyage au bout de la nuit de Céline. Nous en savions par cœur des tas de passages. Son anarchisme nous semblait proche du nôtre. Il s'attaquait à la guerre, au colonialisme, à la médiocrité, aux lieux communs, à la société, dans un style, sur un ton, qui nous enchantaient. Céline avait forgé un instrument nouveau : une écriture aussi vivante que la parole. Quelle détente, après les phrases marmoréennes de Gide, d'Alain, de Valéry ! Sartre en prit de la graine." Simone de Beauvoir, La force des choses. Paris : Gallimard, 1960.

" Il faut relire Céline en le voyant. Céline a dit la vérité du siècle : ce qui est là est là, irréfutable, débile, monstrueux, rarement dansant et vivable." Philippe Sollers, Voyage au bout de la nuit, édition illustrée par Tardi. Paris : Futuropolis, 1988.




Publié le 20 janvier 2007 à 23:57
Par flicorse

Avis de recherche: François Canniccioni

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Né à Marseille en 1928; il est corse d'origine. Cet ancien pilote militaire et ancien agent d'Air France a beaucoup voyagé, surtout en Russie. Il a vécu 18 ans à Marseille, 16 ans en Tunisie, 14 ans en Corse, et il habite au Québec depuis près de 30 ans. (Il habite à Sillery.)

Nous n’avons pas lu ses deux ouvrages parus aux Editions Québécoises La Veuve noire et nous rapportons les renseignements fournis par son éditeur et les critiques d’une revue québécoise ALIBIS. Toute personne connaissant l’auteur ou ayant lu l’un des deux ouvrages (ou les deux) est invitée à nous exposer son avis qui sera publié.



Que ma blessure soit mortelle (2003), illustration de la couverture: Stéphane Poulin.

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Sous le soleil de la Corse, à Bonifacio, un magnifique village de pêcheurs, des hommes meurent mystérieusement. Est-ce le cruel Dominique Poggi qui veut amorcer une vendetta contre son ennemi de toujours, Jacques Tramoni? Ce récit, qui se déroule dans les années 1950, livre un portrait savoureux et humoristique des Corses: les pêcheurs, leurs épouses, la sorcière du village, les anciens soldats recyclés en escrocs… À lire pour l’action policière, mais aussi pour humer l’odeur délicieuse des poissons, des mets fins, du vin et de la mer.

Avis de la revue Québécoise ALIBIS
Bon polar " régionaliste " dont l'intrigue plonge ses racines dans certains épisodes plus ou moins glorieux d e la Deuxième Guerre mondiale. Avec des dialogues savoureux, des personnages bien typés et une action menée rondement. Une des bonnes surprises de l'année !




Les larmes du Renard (2004), illustration de la couverture: Laurent Canniccioni.

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Dix ans après l’affaire des explosifs en Corse (voir Que ma blessure soit mortelle! dans la même collection), l’inspecteur Léonard Agostini amorce une enquête tout aussi complexe: que signifie cette lettre anonyme l’informant que du sang coulera lors du Catenacciu (procession religieuse du vendredi saint)? Des assassinats incompréhensibles se multiplient : où tout cela mène-t-il? Parallèlement à ces mystères, la recherche du trésor du navire naufragé Tasmania se poursuit. François Canniccioni raconte une intrigue palpitante dans un langage savoureux, et avec un humour à nul autre pareil pour décrire les moeurs de ses compatriotes, qu’il salue avec beaucoup d’affection.

Avis de la revue québécoise ALIBIS :
Les Larmes du renard (La Veuve Noire), de François Canniccioni, est le deuxième polar de cet auteur à paraître dans la collection " Le treize noir ". Ce nouveau récit n’est pas aussi intéressant que le premier ( Que ma blessure soit mortelle ), car l’intrigue est assez artificielle, " fabriquée " et passablement tirée par les cheveux. Tout comme dans le premier roman, l’inspecteur Léonard Agostini enquête sur une série de morts mystérieuses qui, on le découvrira, ont un rapport avec un épisode oublié de la Seconde Guerre mondiale. Le début du roman ressemble à une brochure publicitaire pour la Corse, l’écriture est moins maîtrisée (abus de clichés), bref, c’est un récit plutôt banal, pas vraiment ennuyeux mais qui ne nous accroche pas vraiment non plus.




Editions La veuve noire, maison québécoise, se présente :


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La Veuve noire, éditrice, une maison d'édition fondée le 4 novembre 2002, a publié ses premiers titres en octobre 2003. Le catalogue aujourd'hui comporte 15 titres. La maison publie des romans policiers et fantastiques dans la collection Le Treize noir (12 titres), et des nouvelles dans la collection Marché noir (3 titres).
La Veuve noire, éditrice, ce sont des livres destinés à un public adulte, mais qui rejoignent également les jeunes lecteurs de 15-25 ans, amateurs de polars et de fantastique. Faire le pont entre lecteurs adolescents et lecteurs adultes a été l'un des premiers objectifs de la jeune maison d'édition. Plusieurs titres ont d'ailleurs été mis au programme avec succès dans les Cégeps du Québec.
Les maquettes des deux collections ont été conçues par le graphiste Robert Dolbec, et le logotype a été conçu par l'illustrateur Stéphane Jorisch.
Des livres élégants, en format poche, à prix très économique: 9,95 $ à 16,95 $.

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