iBLOG précédent iBLOG suivant



Mon bloc perso.
Bonavinuta!
Bienvenue sur le blog Corse noir'soeur de vos nuits blanches
Blog non agressif et sans arrière-pensée. ..
Des articles après le Blog perso....
---- --------------- --------------- --------------- --------------- ---------
---- --------------- --------------- --------------- --------------- ---------

RE NDEZ-VOUS:

- 5 décembre 2009, Salon Culture et écriture Institut Perrimond Roucas Blanc Marseille 7ème
- Les 20, 23 et 24 décembre 2009 Cultura La Valentine Marseille

-- --------------- --------------- --------------- --------------- -----------

CHANTS CORSES: Pas de lien MP3 mais de l'écoute en ligne aux adresses ci-dessous...

Radio Alta Frequenza

ht tp://www.alta-f requenza.com/in dex.php/fr/webr adios

Radio Voce Nustrale

htt p://adecec.net/ radio/listen.as x

Sur Radioblog

ht tp://www.radiob logclub.fr/sear ch/


------ --------------- --------------- --------------- --------------- ----
Le 1er juin 2009 à 22H15 .... 200.000ème visiteur I
------------ --------------- --------------- --------------- --------------



Les dix droits imprescriptible s du lecteur ( édictés par Pennac dans son ouvrage "Comme un roman")
1°/ Le droit de ne pas lire.
2°/ Le droit de sauter les pages
3°/ Le droit de ne pas finir le livre
4°/ Le droit de relire.
5°/ Le droit de lire n’importe quoi.
6°/ Le droit au Bovarysme (maladie textuellement transmissible…)
7°/ Le droit de lire n’importe où.
8°/ Le droit de grappiller.
9°/ Le droit de lire à haute voie.
10°/ Le droit de nous taire.

----------- --------------- --------------- --------------- --------------- --

A dopu!
A plus tard!
Ma photo
Corse noire
Publié le 31 mars 2007 à 13:57
Par flicorse
Robin Renucci a apporté une bouffée d’air ( Aria ) corse au FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D’AUBAGNE mais aussi une bouffée d’air neuf à la création cinématographique corse.



La bouffée d’air neuf : SEMPRE VIVU, long métrage :

Interprètes : René Jauneau, Angèle Massei, Wladimir Yordanoff, Elise Tielrooy, Pierre Laplace, Nathalie Grandhomme, Guy Cimino, François Berlinghi, Jo Fondacci
Fiche technique : réalisation : Robin Renucci, scénario : Robin Renucci, Jean-Bernard Pouy, Pierre Chosson, Ricardo Montserrat, Stéphane Gallet, Jean-Louis Milesi, image : Bruno Privat, son : Maxime Gavaudan, montage : Lisa Pfeiffer, musique : Pierre Gambini, production : Agora Films, France, France 3 Cinéma, Canal+

Synopsis : Faute d’avoir vérifié que son patriarche était bien mort, un village corse est pris dans un tourbillon de mensonges et de quiproquos. Quand le mort qui n’est pas mort ne laisse personne en paix, entraînant dans une valse folle, femmes, enfants, officiels et voisins, la comédie vire au jeu de massacre. En Corse, on ne plaisante pas avec la mort ? Mais si !


Le film de Robin RENUCCI, SEMPRE VIVU, avait été sélectionné notamment pour les festivals suivants :
- 28eme Festival International du Cinéma Méditerranéen de Montpellier
- Festival ARTE MARE, en Corse
- Festival International du Cinéma de Bruxelles

Les sorties dans les salles sont prévues pour le mois de mai en Corse et le mois de juin sur le Continent.

Robin Renucci a présenté " Sempre vivu " sans forfanterie, en insistant sur le fait qu’il a voulu faire un film " non formaté " et en expliquant les difficultés rencontrées pour mener à terme ce type de réalisation. Il a mis en scène des acteurs professionnels au milieu de villageois corses ( dont certains, déjà âgés, sont malheureusement décédés depuis lors). Il est même allé chercher son vieux prof vauclusien de théâtre pour incarner le théâtral maire du village, personnage central de l’histoire qui, dans la tradition de la comédia dell’ arte et du comique théâtral de Molière, sonorise les premières images par son ronflement et, de façon plus audacieuse, prend chair en une érection sous le drap conjugal réprimé par sa vieille épouse à l’aide d’une tapette à mouches… l’agression réveille notre homme qui garde en permanence sur les oreilles un casque d’écoute musicale. Il se lève, terminus la cuvette des WC où il soulage sa vessie, pète et rote, avant de sortir faire un tour dans le village où une fête est en préparation… Il est pris d'une quinte de toux et meurt ( apparemment ) après des éructations à se péter les cordes vocales et faire exploser ses coronaires… On sait alors que l’on ne va pas revoir un drame tiré de la Corse noire de Mérimée ou Maupassant. D’ailleurs, Robin Renucci nous en avait averti sans rien dévoiler de ce qui nous attendait. Nous avons entendu, chez des spectateurs, des références à Ettore Scola et plus généralement au cinéma italien. Pourtant, si on doit chercher une référence, celle qui saute au yeux est ce côté Fellinien d’Emir Kusturica, pour ceux qui ont vu ses films notamment : " La vie est un miracle " ou "Cchat noir, chat blanc "...

Chez Kusturica, les animaux sont omniprésents. Dans " La vie est un miracle ", la mort du maire est semblable à un barrissement. Les hommes et les femmes se battent dans le film comme chiens et chats. Kusturica évite ainsi un manichéisme belliqueux (qu’on lui reproche pourtant encore) Il recentre donc sur le quotidien et les êtres humains, et nous parle de la famille. L’harmonie se passe plus ou moins avec bonheur (là encore sans manichéisme).En revanche, il semble y avoir plus d’harmonie entre père et fils, une véritable transmission s’opère. Emir Kusturica met en scène précisément des êtres bien souvent en transe à travers leurs envies de liberté et à travers le remuements du corps : le sport, la danse et la fête slaves chères à Kusturica. A y bien regarder, le cinéma d'Emir Kusturica, démiurge des portraits de groupe, est truffé d'histoires d'amour. On pourrait dire à peu près la même chose du film de Robin Renucci.

Le rapport au temps dans les films d’Emir Kusturica est fort varié en formes et fort complexe au fond. Comme Kusturica, Robin Renucci entraîne radicalement ses personnages dans une histoire à vive allure. Il nous propose un film truculent et cocasse. Alors que le maire meurt, la vie du village est trépidante. Homme de théâtre et de cinéma, il fait jouer à des Marx Brothers le drame shakespearien d’une mort . Chaque Corse a sa généalogie avec le drame et l’humour en héritage. Le film privilégie l’humour " corse ". C’ est une façon habile de casser la susceptibilité exacerbée qui fait partie de la panoplie des caricaturistes. Derrière l’humour, on trouve une grande sensibilité dans ce film qui, ne nous y trompons pas, est un film d’amour pour la Corse et plus particulièrement pour les habitants des villages corses, comme celui d’Olmi Capella . Robin Renucci a évité tous les formatages, y compris celui de la corsité ou corsitude. Il a mis en scène un village dans son intimité à la fois hilarante et dramatique. La liberté de ton, le recours à des acteurs non professionnels, la magie et la poésie, la musique sont autant d’ingrédients dans un film qui donne aussi à penser la liberté et à libérer la pensée. Des jeunes Corses ne remettent pas réellement en cause la tradition mais la refusent lorsqu’elle propose des chaînes ou pire un cercueil à leur jeunesse. Si les chants liturgiques et les guitares corses ont leur beauté, ils préfèrent la guitare électrique et le rock’n roll. Ils ne peuvent accepter que leur identité soit un enfermement, un enterrement avec les morts. Ce film nous parle d’une Corse toujours vivante, sempre viva .

D’aucuns seront peut-être choqués par la crudité de langage et les érections ( et non pas élections ) du maire ronflant puis moribond. Pourtant ces cocasseries sont indispensables à cette tragédie comique, d’abord pour mettre en scène le personnage mais aussi comme une rupture immédiate avec l’image prude et austère de la Corse. Chacun connaît des sobriquets corses plus satiriques les uns que les autres. Notre maire aurait pu être affublé de celui de " coglie fritte ". Il faut rappeler, sur ce point, que Jean-Bernard Pouy est le complice de Robin Rénucci dans l’écriture du scénario. Jean-Bernard Pouy est une célébrité du monde du roman noir et du polar. Il est l’initiateur de la série " Le poulpe " et a commis de nombreux ouvrages parfois iconoclastes avec des titres provocateurs comme " Spinosa encule Hegel " avec sa suite " .. à sec ". Nous avons employé le mot " complice " car il s’agit bien là d’une complicité de longue date , puisqu’il s’agit d’amitié entre les deux hommes unis par un lien que Robin Renucci qualifie de familial au sens large du terme qui sous-entend l’affection portée. Pour ce premier long métrage, Robin Renucci inaugure le " riacquestu " de l’humour corse sur le grand écran..

Pour la petite histoire, tout dans le film n’est pas qu’une fable puisque le théâtre projeté existe bien. Quel beau cadeau pour un village ! Un lieu magique où la tradition orale se perpétue. A travers une association L’Aria ( voir précédent article) Robin Renucci s’est investi dans la vie de toute une région de Corse en apportant les conditions de réalisation de projets toujours interactifs entre des créateurs et la culture populaire. Tout ce qu’il fait, il le fait avec humilité mais aussi avec le grand talent d’un homme de théâtre et de cinéma. Il est aussi , sans aucun doute, une des personnalités les plus attachantes et l’un des meilleurs ambassadeurs du peuple corse. Il fait partie de ces passeurs de mémoire pour lesquels la culture est, avant tout, un échange de ce que l’on peut mettre en commun.

Robin Renucci a dit : " J'ai chevillé au plus profond de moi le désir de la rencontre. Or nous vivons dans un monde qui ne cesse de fixer les limites du connu alors qu'il faut se projeter dans l'inconnu pour repousser la peur. Plus vous donnez du connu, plus vous accentuez la peur de l'autre. Il y a une dictature du monde connu, à la télévision, au cinéma qui exclut. Le théâtre peut être un arc tendu vers la rencontre de nouveaux publics. Pour qu'il y ait théâtre, le public doit pouvoir rencontrer les œuvres, qu'elles soient classiques ou contemporaines. De l'imprévu naît de la rencontre, la transversalité. Cela repose sur l'éducation, la transmission. Je suis convaincu que la solution passe par la jeunesse, celle dont on nous dit qu'il faut se méfier. L'éducation populaire reste un des fondamentaux, or elle est souvent ignorée, parfois méprisée. Certains n'y voient que le côté condescendant. Mais c'est tout le contraire : l'éducation populaire, c'est l'autre qui vient vous donner. Je prône la rencontre, en Corse, à Pantin (Robin Renucci travaille à Pantin dans une structure, l'ARIA dont les objectifs sont les mêmes qu'en Corse - NDLR) ou à Saint-Denis où je postule à la direction du CDN…. Je viens de réaliser un film, Sempre vivu (Toujours vivant), qui sera sur les écrans fin mai, début juin. J'ai fait un film pour toucher le grand public avec des moyens de résistant, sans acteurs connus, en situant l'histoire en Corse, en langue corse... Je me suis heurté à toutes les difficultés possibles et inimaginables pour sa production, sa diffusion, sa distribution. Mais il faut savoir s'allier avec des gens qui ont la capacité de résister avec vous. Sempre vivu raconte l'histoire d'un vieil homme qui refuse de mourir avant de léguer quelque chose de précieux, qui compte beaucoup pour lui. Et ce quelque chose, c'est un théâtre... " Propos recueillis par Marie-José Sirach " - pour lire l’article dans son intégralité aller à l’adresse : http://goudouly.over-blog.com/categorie-846956.html

Autres extraits d’articles :

- Site Adecec – Voce nostrale – Sempre vivu, a scumessa vinta di Robin Renucci -
" Robin Renucci hà presentatu u so secondu filmu " Sempre vivu " à u festivale Arte Mare di Bastia. Un'opera rializata in u so paese d'Olmi Cappella, in u Ghjunsani, induve Robin Renucci amenta a so terra nativa, i so difetti, e so speranze, cuntradizzioni è brame. L'azzione si passa in un paisucciu muntagnolu chì decide di custruì un teatru pè luttà contr'à a desertificazione.Ogni cumediante face ride, da Wladimir Yordanoff à Angèle Massei in un filmu chì face pensà à e cumedie taliane di Mario Monicelli è Dino Risi. Dunque, s'aspetta cun impazienza ch'ellu sia distribuitu da " Bac Films " in a Francia sana è à u strangeru ". Riferenza in l'archivii ADECEC: A – CM 21.11.06 CRO

- C’est le 5 mars que le jury du Festival AgriCinéma a rendu son Palmarès lors d’une cérémonie dans la salle LYRA du Salon International de l’Agriculture Porte de Versailles à Paris. Le Prix Spécial du Jury a été décerné au film du comédien et réalisateur Robin Renucci : " Il dépeint une Corse vive, colorée et sonore à travers une fable fantastique qui fait rêver autant qu’elle fait rire ".

- Journal de la Corse – pour la sortie de l’ouvrage " Robin Renucci, l’insoumis ", Éric Fourreau , Editions l’Attribut :



" Robin Renucci en trois actes… et quelques photos -Acte I : le portrait ; acte II : la création ; acte III : l´entretien. Trois thèmes pour faire le " tour de la question ". Trois facettes d´un même homme. Où l´auteur insiste bien sur les engagements de Robin Renucci, auprès de sa famille, de son île et de l´éducation populaire. Où l´on retrouve souvent évoquées les œuvres qui ont propulsé l´acteur en haut de l´affiche, comme " Escalier C " au cinéma et " Le soulier de satin " au théâtre. À lire le parcours artistique détaillé en annexe, on peut rester surpris que Robin Renucci ne soit pas davantage populaire et connu par le grand public ou plus sollicité par les réalisateurs. L´auteur a interrogé son agent, Danielle Peccoux, et ses amis, Pierre Vial, Stéphane Gallet, Serge Lipszyc, René Jauneau, pour trouver une explication à cette constatation : Robin Renucci aurait été très sélect dans ses choix de tournages, trop discret et pas assez volontaire dans son relationnel avec le milieu. C´est un état d´esprit que l´artiste semble complètement assumer, allant jusqu´au bout d´une démarche personnelle d´engagement et de démocratisation du théâtre. D´où la création de l´ARIA (Association des rencontres internationales artistiques) en Corse, dans son village de Pioggiola, le berceau de ses origines et cadre de son premier long-métrage pour le cinéma en tant que réalisateur. Sempre vivu ! Un titre évocateur, aussi engagé que son créateur ".



La musique du film : Pierre Gambini et I Cantelli



Pierre Gambini est dans un groupe les Cantelli, avec lesquels on est plus proche des Pogues ou des Matmatah que des chants polyphoniques corses… Le groupe distille sur scène une chanson rock humoristique énergique qui donne envie de prendre sa Vespa et de foncer à fond les manettes sur les routes ensoleillées de la belle Corse ! Vous pouvez aller écouter I Cantelli sur leur site Myspace à l’adresse ci-dessous :
http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendID=132757096

Contact : Pierre GAMBINI - 14 rue du Professeur Santiaggi - 20 250 Corte , Tél : 06 09 33 94 83

Crée en 1994 par quatre étudiants de Corte, le groupe a débuté en animant des soirées culturelles de l'université et dans les cafés de la ville. Ils ont dit leur volonté de faire de la musique pop-rock avec des chansons in lingua nustrale .. " Nos textes sont ironiques. Il y a beaucoup d´humour et même, à certains moments, une vision véritablement satirique de notre société. Côté musical, nous effectuons une recherche au niveau du son avec toutes sortes d'instruments, notamment électroniques ".

Lauréats corses des découvertes du Printemps de Bourges 2002, véritables phénomènes dans le paysage musical insulaire, leur folk-pop festif déchaine l'évocation décapante d'une réalité à mille lieues des cartes postales et des clichés touristiques.
http://perso.wanadoo.fr/christophe.secchi/mp3/cantelli.mp3

En illustration musicale du passé du Maire et de son épouse, le film nous offre plusieurs versions d’une vieille chanson que certains ont peut-être le souvenir d’avoir entendu fredonner par leur père ou leur grand-père, il s’agit de la Tonkinoise, dont la version 1906 était chantée par Polin avec le titre original: "Le navigatore" dont nous vous livrons les extraits de deux versions :
- Celle pour les hommes de 1906:
Pour qu'j'finisse mon service
Au Tonkin je suis parti
Ah ! quel beau pays mesdames
C'est l'Paradis des petites femmes
Elles sont belles et fidèles
Et je suis devenu l'chéri
D'une petit femme du pays
Qui s'appelle Mélaoli

{Refrain:}
Je suis gobé d'une petite
C'est une Anna, c'est une Anna, une Annamite
Elle est vive, elle est charmante
C'est comme un z'oiseau qui chante
Je l'appelle ma p'tite bourgeoise
Ma Tonkiki, ma Tonkiki, ma Tonkinoise
Y en a d'autres qui m'font les doux yeux
Mais c'est elle que j'aime le mieux

Et la version féminine :
C'est moi qui suis sa petite
Son Anana, son Anana, son Anammite
Je suis vive, je suis charmante
Comme un p'tit z'oiseau qui chante
Il m'appelle sa p'tite bourgeoise
Sa Tonkiki, sa Tonkiki, sa Tonkinoise
D'autres lui font les doux yeux
Mais c'est moi qu'il aime le mieux
L'soir on cause d'un tas d'choses
Avant de se mettre au pieu
J'apprends la géographie
D'la Chine et d'la Mandchourie
Les frontières, les rivières
Le Fleuve Jaune et le Fleuve Bleu
Y a même l'Amour c'est curieux
Qu'arrose l'Empire du Milieu



Les autres films en compétition :



What's a man without a moustache ? Sto je muskarac bez brkova ? Film de Hrvoje Hribar Croatie - 2005 - 35mm - 109’ - 2e long métrage. Comme pour SEMPRE VIVU, on trouve chez ce cinéaste croate une inspiration proche du Bosniaque Emir Kusturica.
Un vent de folie souffle sur un petit village de Croatie où une séduisante veuve, un prêtre atypique, son frère jumeau, un émigré de retour au pays, sa fille allemande, un poète local doivent braver tous les interdits, les traditions et les préjugés pour assumer pleinement leurs désirs.

Ahlaam , film de Mohammed Al-Daradji Irak - 2006 - 35 mm - 110’ - Fiction - 1er long métrage. Dans un asile psychiatrique au cœur de Bagdad sérieusement bombardé, le film met en exergue trois personnages. Ahlaam, une jeune femme traumatisée par le souvenir de l’arrestation brutale de son fiancé Ahmed, par la police secrète, le jour de leur mariage. Medhi, un jeune médecin idéaliste, le seul en service dans les lieux, lui-même très marqué par le passé de son père, un opposant persécuté par la dictature. Enfin, Ali, un ancien soldat de l’armée de Saddam Hussein, torturé et emprisonné dans l’hôpital, pour avoir déserté. Passé et présent se mêlent dans leurs vies, elles mêmes reliées entre elles par l’espoir.

Cheech, film de Patrice Sauvé Canada/Québec - 2006 - 35mm - 105’ - Fiction - 1er long métrage. Ron, propriétaire d'une petite agence d'escortes, découvre qu'il a été cambriolé et que son book de filles a été volé. Jenny, la plus populaire de ces filles, lui assure fermement sa fidélité, mais l'est-elle vraiment ? Olivier, en dépression, fait appel à l'agence suivant les excellentes recommandations de son voisin Alexis. "Cheech", c'est une journée chaotique dans la vie de six personnes dont le destin s'entrecroise de façon inattendue. Leur quête du bonheur finira par les révéler les uns aux autres sous un jour insoupçonné.

Falafel, film de Michel Kammoun Liban - 2006 - 35 mm - 83’ - Fiction - 1er long métrage
Les déambulations nocturnes de Toufic, un jeune libanais en fin d'adolescence qui essaie de croquer la vie et vivre normalement dans le Beyrouth d'aujourd'hui. Toufic va découvrir que, dans ce pays, vivre normalement est un luxe hors de sa portée. Après 20 ans de guerre, à chaque coin de rue sommeille un volcan, une nappe de gaz prête à exploser. Cette nuit de la vie de Toufic sera initiatique et décisive.

J’invente rien, film de Michel Leclerc France - 2006 - 35 mm - 88’ - Fiction - 1er long métrage. Paul n'a pas de but précis dans la vie, et Mathilde, qui subvient aux besoins de leur ménage, désespère qu'il s'en trouve un. Si ça continue comme ça, elle risque de le planter là. Alors Paul se dit qu'il va inventer un truc, ça lui fera un but, et il se met en tête de trouver une idée qui lui apportera gloire, argent et beauté sans trop se fatiguer et qui redonnera à Mathilde le goût de l'aimer. Et c'est ainsi qu'il invente la poignette, idée simple mais géniale...

Quelques kilos de dattes pour un enterrement, film de Saman Salour Iran - 2006 - 35 mm - 85’ - Fiction - 2e long métrage. Sadry et Yadi, employés dans une petite station-service située auparavant au bord d’une route fréquentée, se trouvent livrés À eux-mêmes en pleine steppe depuis la construction d’une déviation. C’est l’hiver et la neige est abondante. Sadry, ancien bateleur, a soudainement un comportement inhabituel : il disparaît de temps en temps et se met à écouter de manière obsessionnelle les bulletins météo. Quand à Yadi, il est tombé amoureux d’une jeune fille qu’il n’a jamais rencontré et à laquelle il envoie néanmoins des lettres passionnées, confiées à Abbas le facteur. Dans cet endroit reculé, Sadry et Yadi reçoivent de temps à autre la visite d’Oroudji, un croque-mort local, qui est leur seul lien avec la vie réelle.

VHS Kahloucha, film de Nejib Belkadhi Tunisie - 2006 - 35 mm – 80’ - Documentaire - 1er documentaire. Grand fan des films de genre des années 70, Moncef Kahloucha, peintre en bâtiment, tourne des fictions hilarantes en VHS avec l'aide des habitants du quartier populaire Kazmet à Sousse (Tunisie). Il produit ses films, les réalise et y incarne toujours le rôle principal. Ses tournages sont l'occasion, pour les habitants de son quartier, d'échapper à leur quotidien morose et de vivre des instants intenses, de la préparation jusqu'à la projection dans le café du coin. Notre caméra a suivi Kahloucha pendant qu'il bouclait son dernier opus " Tarzan des arabes."






Publié le 28 mars 2007 à 21:16
Par flicorse
Golden door, film d’Emanuele Crialese : " L’identité, c’est la force d’un homme. "




Si vous ne l'avez pas vu, nous vous conseillons le film d’Emanuele Crialese : " Golden Door ", Lyon d’argent au festival de Venise 2006. Le cinéaste sicilien, émigré aux Etats Unis en 1991 à 26 ans, a obtenu à Cannes pour son second long métrage Respiro (2002) le Grand Prix et le Prix du public. C’est du cinéma italien, comme on l’aime. Crialese donne tout son sens à cet art des images avec de superbes scènes : le départ en bateau avec la fracture d’une foule séparée en deux destins (celui de ceux restés sur le quai et celui de ceux qui partent), la tempête vue de l’intérieur du navire, les rivières de lait.… On apprécie le lyrisme des décors mais aussi le réalisme des gestes et des visages.






Le premier plan séquence filmé en plongée vertigineuse saisit le spectateur, puis l’entraîne progressivement dans un travelling avant à la découverte d’un paysage montagneux impressionnant par sa rudesse. Ainsi les images suivantes d’une ruralité sicilienne rustique et misérable sont fortes : deux hommes gravissent une pente sur laquelle pégase, sous ses sabots, n'a fait jaillir que des pierres volcaniques. Dans ce décor apocalyptique, le père et le fils , pieds nus, ont chacun une de ces pierres entre les dents. Epuisés, la bouche en sang et le feu dans le regard, ils atteignent une croix plantée au milieu de la rocaille. Là, le père crache sa pierre en offrande et demande un signe. Doit-il, avec sa famille, rester ou partir?… Le signe viendra de deux jeunes filles qui doivent aller se marier aux Amériques après avoir reçu des photographies de propagande américaine montrant des pièces d’or poussant sur un arbre, des légumes gigantesques… C’est le rêve américain utilisé comme incitation à venir Outre-atlantique pour peupler les terres vierges …

Salvatore Macuso , le père, décide de vendre tous ses biens : sa terre, sa maison, son bétail pour partir avec ses enfants et sa mère âgée ( qui a des pouvoirs chamaniques) mener une vie meilleure de l'autre côté de l'océan. Le curé lui confie les deux filles à marier. En cours de route, se joint à eux une anglaise mystérieuse dont on a du mal à saisir les raisons de sa présence au milieu des émigrés italiens en partance. Tous vont devoir supporter un voyage en bateau mais aussi accepter, pour devenir citoyen du Nouveau Monde, de mourir et renaître un peu. Ils devront abandonner des traditions séculaires et les vieilles croyances de leur Terre. Il faut être sain de corps et d'esprit, savoir obéir et jurer fidélité si l'on veut franchir "La Porte d'Or". Le service d’accueil de Ellis Island élimine ceux qui sont jugés inaptes : les muets, les simples d’esprit… Une sélection qui préfigure l’eugénisme nazi et qu’on imagine plus dure dans la réalité que dans la fiction., sans vouloir faire de l’anti-américanisme primaire. Le film se situe au début du XXème siècle et ceux qui sont allés aux Etats-Unis, simplement en voyage d’agrément, ont pu mesurer l’amabilité des services américains de police et des douanes, cent ans plus tard.



Il y a trois saisons dans ce film : trois actes d’une tragédie.

- Début du XXème siècle. Dans la campagne sicilienne, les paysans s'échinent sur le même lopin de terre depuis des générations. La famille Macuso mène une existence en harmonie avec la nature et cohabite avec les esprits de leurs défunts. La monotonie de leur vie quotidienne est interrompue par des récits du Nouveau Monde, de leurs habitants, et des innombrables richesses de cet Eden...



- Ces futurs émigrants perdent leur dignité en se vêtant comme des citadins, avec des habits de villageois défunts. Ils se mêlent à un véritable bétail humain lors d'une indigne traversée maritime qui les mène à Ellis Island, le lieu où les USA décident de leur accueil au gré de visites humiliantes, de marchés aux mariages et de tests balbutiants...



- Les images dépouillées du début se transforment en un chemin initiatique dantesque vers l’Eden américain pour ceux qui imaginent une rivière de lait, des légumes gigantesques et une pluie d'or tombant des arbres La vieille mère ( rôle magnifiquement interprété par Aurora Quattrocchi) décide de retourner en Sicile, en refusant de se plier aux humiliations imposées par les services d’immigration américains.



A l'arrivée, mis en quarantaine, ils étaient triés pour, en premier lieu, éliminer les plus faibles physiquement. Ceux qui avaient passé cette première barrière subissaient des tests dits d'intelligence ou d'aptitude (les débuts de l'eugénisme).Mais ce qui fait la richesse de ce film, c'est de suivre l'évolution de cette famille sicilienne qui pour accéder à l'Eden va devoir abandonner beaucoup d'elle-même pour passer de l'autre côté ce que ne peut accepter la mère de Salvatore, mais par contre elle obligera les membres de sa famille à rester.

Emanuele Crialese a dit : " Je crois que l’identité, c’est la force d’un homme. Dans le film, les protagonistes se rendent compte qu’ils sont Italiens au moment où ils quittent leur patrie… Moi-même, je n’avais pas vraiment conscience de ma culture, jusqu’au jour où je me suis confronté à d’autres cultures. C’est la différence qui forme l’identité et non le conformisme et ça, je trouve que c’est un phénomène magique… "






Extraits du synopsis

Golden Door est une fable moderne qui raconte l’histoire d’hommes anciens. Elle retrace le voyage à travers le temps et l’espace d’hommes attirés par les images d’une terre rêvée et jamais vue, sorte de paradis terrestre, de jardin d’Eden,où poussent des fruits géants et délicieux, où des pièces de monnaie tombent des arbres. Un voyage vers le Nouveau Monde, la terre d’Amérique.
Pour devenir citoyen du Nouveau Monde, il faut abandonner les traditions séculaires et les vieilles croyances de sa terre, il faut être sain de corps et d’esprit, savoir obéir et jurer fidélité si l’on veut franchir "La Porte d’Or", "The Golden Door". Il faut se muer en peu de temps d’homme ancien en homme moderne. Le temps qui accompagne cette métamorphose, c’est le temps suspendu au-dessus des eaux de l’océan, quatre éprouvantes semaines de traversée pour parvenir aux portes du jugement universel : l’île des larmes, Ellis Island. C’est sur cette île que les gardiens du Nouveau Monde examineront cas par cas, millimètre par millimètre, les corps et les esprits des futurs citoyens, c’est là que de nombreuses familles devront se résoudre à se séparer pour toujours car tous ne peuvent avoir le privilège de franchir les portes de ce paradis. L’unique chance accordée à l’homme depuis l’époque de l’Eden coïncide avec une terre que seuls quelques élus sont appelés à fouler.

Site officiel :
http://www.goldendoor-lefilm.com/golden-door-goldendoor.htm
Image du site officiel :
http://www.goldendoor-lefilm.com/site%20image/golden-door-1.jpg




Publié le 25 mars 2007 à 20:47
Par flicorse
L’insolite normalité et les mystères métropolitains : Sergio Ceccotti



A Marseille, le centre de la Vieille charité proposait une exposition de faïences provençales et céramiques ottomanes, des pièces appartenant à un collectionneur et mécène marseillais, Pierre Jourdan-Barry. Des œuvres qui poussent au plaisir esthétique ceux qui les regardent… " Regards " est le nom de la librairie hébergée dans ce lieu culturel… Et dans cette libraire, nous avons trouvé un ouvrage sur le peintre Italien Sergio Ceccotti… une autre esthétique bien différente mais combien plus proche du polar… mais aussi du cinéma. On rencontre dans ses œuvres King Kong , Marylin Monroe, Laurel et Hardy, Gary Grant dans " Soupçons " d’Alfred H ( et donc Edward H. n’est pas loin)…. En feuilletant, on s’arrête sur des scènes qui racontent des histoires à imaginer comme « Intérieur suicide » ( Au premier plan un salon, une porte est ouverte sur un chambre où une femme gît dans son lit, son bras pend et sa main repose entre un verre et le combiné téléphonique décroché… On revient dans le salon, près de la fenêtre, sur un guéridon sont posés un journal, un verre et une tasse … Par la fenêtre, une horloge indique cinq heures cinq, le ciel est rougi et des fenêtres sont éclairées). …) Les intérieurs désertés , chambre d’hôtel ou appartement, contiennent des objets laissant supposer une présence humaine : un livre, une lettre… Les scènes quotidiennes deviennent insolites et réveillent en vous le détective qui dort. Comment, dès lors, résister à l’achat de ce livre sans aucun lien avec l’exposition du jour?



Au début de l’ouvrage, Edward Luci-Smith, présente l’artiste et les œuvres reproduites, avec des repères de pages. Le texte concis et dense est une aide à la compréhension de l’œuvre. Ceccotti apporte sa contribution en répondant à trois questions. Ensuite, les pages sont entièrement occupées, sans texte, par les reproductions des peintures à l’huile sur toile. Edward Luci-Smith , auteur de l’ouvrage né à la Jamaïque, est poète, romancier, biographe et historien de l’art. Il a écrit de nombreux ouvrages sur l’art moderne et l’art contemporain.

Sergio Ceccotti est né à Rome en 1935, Sergio Ceccotti étudie d'abord à la Internationale Sommerakdemie für Bildende Kunst de Salzbourg sous la direction d'Oskar Kokoschka. Il suit ensuite les cours de dessin de l'Académie de France à Rome de 1956 à 1961.
À partir de 1960, Sergio Ceccotti expose dans de nombreuses galeries dont la Galerie Alain Blondel qui suit ses travaux depuis la fin des années 1980. Ses peintures sont présentes dans de nombreuses collections publiques et privées en Europe et aux Etats-Unis. Il vit à Rome.

L’ouvrage acheté : Sergio Ceccotti - Edtion Lachenal et Ritter – par Edward Luci-smith :

L'interview de l'artiste par Lydie Lachenal et Kenneth Mesdag Ritter, qui suit le texte principal, éclaire les questions fondamentales de la création. Après les reproductions d’œuvres marquantes, on trouvera un historique et une bibliographie très complète
Inscrit dans la filiation de Chirico mais résolument moderne, Ceccotti utilise dans la figuration des plans proches de la BD et des tracking shots de cinéma. Ce flâneur des villes puise avec audace et talent dans les rues de Rome et de Paris les thèmes esthétiques, poétiques et métaphysiques de la réalité moderne qui nous entoure et que nombre de peintres préfèrent ignorer - une réalité puissante, colorée, insolite et souvent inquiétante. Sergio Ceccotti, comme de nombreux peintres italiens vivants, est souvent décrit comme l'héritier de ""La pittura metafisica" de Giorgio de Chirico, et bien qu'il le célèbre dans son tableau "Hommage à de Chirico', les influences sont multiples.
Edward Luci-smith écrit " En fait, pourtant, la référence à la " pittura métafisica " peut induire le spectateur en erreur, et même lourdement. Pour aborder une analyse de l’œuvre de Ceccotti, il est nécessaire d’examiner ses acquis culturels et de noter en particulier qu’il fut l’élève de
Kokoschka*. Bien entendu, il existe ici un certain parallèle avec Chirico lui-même puisque ce dernier devait beaucoup à la peinture d’Europe centrale, et tout particulièrement à l’œuvre d’Arnold Böklin… Dans ses tableaux, Ceccotti présente toutes les phases du malaise du Vingtième siècle. Il utilise sa part d’angoisse d’une façon profondément créatrice, pour tenir haut un miroir qui reflète de nombreux aspects de la société urbaine moderne… "

*Oskar Kokoschka (né le 1er Mars 1886 à Pöchlarn en Autriche; † le 22 février 1980 à Villeneuve en Suisse), est un écrivain et peintre expressionniste autrichien. De 1903 à 1909, Kokoschka suit les cours de la Kunstgewerbeschule de Vienne (il présente le concours d'entrée en même temps qu'Hitler et, à la différence du futur dictateur, le réussit)

Tableau de Koloschka

L'univers de Ceccotti est très proche de celui de l'artiste américain Edward Hopper, par cet attachement à une certaine mélancolie urbaine, par quelques éléments typiques tels que le traitement de la quotidienneté, de l'histoire d'une époque avec ses mythes, ses modes, sa culture, son architecture des espaces extérieurs et ses ambiances intérieures... Entre influence Pop, Surréaliste, Réaliste, le travail de Ceccotti, proche d'un film de série noire, révèle une vision sociologique, métaphysique et contemporaine du monde, où se mêlent légende et vie ordinaire. Il utilise le principe du découpage des scènes tel un story-board ou une planche de bandes dessinées, il crée une séquenciation des plans supplantant évidemment la camera du cinéaste. La multiplicité des images dans une toile permet simultanément une lecture parcellaire et globale. Ceccotti nous introduit dans un monde où tout paraît à priori normal, mais les détails allégoriques ou fantaisistes induisent quelque chose d'inquiétant, d'étrange; au seuil de multiples petites perturbations auxquelles nous assistons en tant que témoin privilégié, celles-ci nous tiennent en haleine par un suspens électrique. Mélancolie de la métropole, lassitude, angoisse des temps modernes, sensation d'un arrêt du temps, grâce à ses procédés techniques, Ceccotti nous entraîne dans un visible quasi photographique, dans une peinture de la réalité qui nous entoure sans tabous culturels, en créant des images poétiques.

Propos de Sergio Ceccotti : " … Je me promène dans la ville de préférence le dimanche, et j’ajoute : les dimanches d’été. Les magasins fermés, la circulation réduite, la sensation d’arrêt du temps, tout cela permet de regarder les choses en elles-mêmes, en dehors de leur fonction : une pompe à essence fermée n’est plus le même " objet ", la chose près de laquelle on s’arrête pour faire le plein – voilà ce qui nous amène fatalement à de Chirico, qui nous a ouvert les yeux, au début du XXème siècle, sur la mélancolie des métropoles, la lassitude et l’angoisse qu’engendre la modernité. Le paradoxe est que lui-même n’a jamais abordé directement le thème de la métropole – ce qui l’aurait situé dans son époque -, il a bâti au contraire des images intemporelles toujours actuelles aujourd’hui, à partir d’éléments tirés très probablement de ses souvenirs d’enfance, c’est-à-dire de la province grecque à la fin du XIXème siècke, ce qu’il y a de plus loin de notre modernité. " extrait des trois questions posées par Lydie Lachenal et Kenneth Mesdag Ritter dans l’ouvrage de Edward Luci-smith.





Sergio Ceccotti, artiste-peintre détective:









Sergio Ceccotti et les influences:






Propos de spécialistes:


Propos d’Antonio Del Guercio : Sergio Ceccotti travaille dans le sens contraire: vers une réduction de la "spectacularité" de l'image, une banalisation iconographique. Mais cette réduction et cette banalisation subissent de légères effractions : un détail bizarre, une présence incongrue, une subtile aberration de la perspective rendent l'image élusive ou inquiétante. Mais c'est surtout la reconquête tenace de l'intensité nue de la peinture - du charme qui émane de l'économie interne de ses moyens - qui donne toute leur force aux œuvres de Ceccotti. Ce charme et cette intensité, ils les a cherchés en dialoguant avec les ré-articulations figuratives que l'on fit dans les années 20 et 30 à partir du silence stupéfié de la Métaphysique " deChiriquienne " ; mais en dialoguant aussi avec une certaine peinture romaine d'avant-guerre. Et avec les ambiguïtés iconologiques du Surréalisme, dont il a recueilli - avec un calcul mesuré et sans grandes déclamations - quelques échos troubles et feutrés. Et naturellement, devrais-je dire, cette peinture est vouée à la nuit urbaine (où il lui arrive parfois de rencontrer les traces des désolations chantées par Edward Hopper), au kitsch, aux intérieurs claustrophobes, aux indéchiffrables colloques entre les objets inanimés, aux miroirs inutiles, au bruit qui monte lorsque rien ne bouge et que personne ne parle. Et à la longue durée du regard. "


Les Lettres françaises - Décryptez le Ceccotti code, par Christine Sourgins

Ceccotti est un peintre d’intrigues, d’énigmes quotidiennes dans un cadre urbain : une rue de Paris, un intérieur d’appartement, de bureau, une chambre d’hôtel. Quelques personnages viennent rôder sur la toile mais ce qui impressionne d’abord c’est le théâtre des lieux. Des dispositifs panoramiques se réfèrent au théâtre, ou bien au balayage d’une caméra : à droite, derrière une baie vitrée, la ville, devant nous un salon se déploie en profondeur, à gauche une enfilade révèle des silhouettes. Mais que se passe-t-il ? Pourquoi cette part de gros gâteau crémeux au premier plan ? Arsenic ou cholestérol ? On songe à Hitchcock mettant en valeur un verre de lait dans ses films. Et ce revolver qui traîne ? Il aime ces allusions au monde policier. Dans ses toiles, quelque chose a ou va avoir lieu. Mais le peintre évite l’anecdote descriptive : c’est au spectateur de reconstituer le scénario.
Voici un nocturne : au premier plan la pluie frappe les carreaux et le fenestron télévisuel diffuse les Portes de la nuit ; au mur une gravure du déluge biblique ; au fond de la pièce on butte sur la cage vitrée d’une douche semblable à celle de Psychose : Cherchez la mise en abîme. Parfois elle est si vertigineuse qu’un personnage se raccroche à la corniche de l’immeuble. Ceccotti pratique le jeu du tableau dans le tableau, ici un Braque, là un Buffet... Sa peinture parle aussi de la Peinture : il partage le goût de la nuit, des trains et des femmes nues avec Delvaux, des lieux esseulés avec Hopper, d’une inquiétante étrangeté avec Chirico. à cela s’ajoutent des jeux plastiques où la sphère d’un luminaire répond au carré d’une fenêtre, l’intérieur s’oppose à l’extérieur, le vert acide au bleu saphir. Il donne des indices qui nous mènent en tableau : il peint un livre dont l’auteur se nomme... Ceccotti. Son roman ? La Robe rouge - titre et sujet du tableau. C’est dire l’ironie des choses.
Les objets vedettes sont ceux qui délivrent un message : télévision, téléphone, portable, journal, courrier, livres... Tous signifient une société obsédée de communication, où, plus on communique, moins on communie. Aussi les personnages sont absents, en manque ou en attente. Et si les références cultivées ou les rébus visuels servaient à restaurer une communion perdue, au monde, à la société, à nous mêmes ? Alors pourquoi ce parfum années soixante, celui du métro avec son ambiance rétro alors qu’une voyageuse lit le numéro récent d’un quotidien célèbre ? Le costume de ces années évoque tout un univers de romans ou de films noirs. Cette période paraît plus à même de traduire la dignité du quotidien, le mystère qui réside dans la banalité. Ce décalage vestimentaire donne à cette œuvre un soupçon de hiératisme, d’une mise à distance de la réalité, grâce à laquelle on peut regarder en face les apparences trompeuses : dans un salon au design inactuel règne une ambiance de farniente, qui vacille quand on aperçoit un magazine avec, en couverture, un terroriste du XXIe siècle...




Les sites choisis pour plus :

http://www.galerie-blondel.com:83/4daction/L_expo/vx/53
http://www.etciu.com/sergioceccotti.htm
http://www.ca-doro.com/artCECCOTTI2.htm






Publié le 21 mars 2007 à 16:57
Par flicorse
Robin Renucci apporte une bouffée d’air ( Aria ) corse au FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D’AUBAGNE qui se déroule du 26 au 31 mars 2007



Lettre de l’équipe de Festival :

« Chers visiteurs,
Dans quelques jours le 8e Festival International du Film d'Aubagne ouvrira ses portes. Le programme est en ligne et vous pouvez dès à présent programmer vos visionnages.
La compétitions courts métrages comprends toujours huit programmes mais le nombre de films reçus, toujours en augmentation (plus de 900 courts), nous a obligé à vous donner plus de films à voir, pour notre plus grand bonheur, et le vôtre n'en doutons pas. La compétition longs métrages ouvrira une large lucarne sur le monde. La sélection est riche et éclectique et là aussi le choix a été rude car de plus en plus de films nous parviennent des quatre coins du monde.
Cette année, nous vous proposons un Regard sur l'Afrique avec, notamment, la venue de la Compagnie ivoirienne Ymaco Teatri qui sait si bien fusionner tradition du conte africain, danse, musique et cinéma. A ne pas manquer !
2007 sera l'année des 10 ans du SIRAR, que le festival accompagne depuis ses débuts. Un dispositif unique d'aide à la réalisation de premiers courts métrages et d'aide à la composition de musique de films...
Nous vous souhaitons une bonne visite... et à bientôt de vous accueillir sur le festival.
»

Site du festival à l’adresse ci-dessous :
http://alcime.nuxit.net/

Les longs métrages - Présentation:

Qu’est ce que le cinéma ? Au sein d’un Festival la question devient : quel est le cinéma que nous souhaitons montrer ? Quels sont les longs métrages que nous devons retenir parmi les 150 reçus ? Investis d’une mission, celle de montrer des premières œuvres avec une musique originale, les comités de sélection ont souhaité partager avec le public le plaisir de découvrir des œuvres empreintes de sincérité et de créativité cinématographique et musicale.
Ainsi, "Sempre Vivu" et "Cheech" nous captivent par leur intrigue loufoque et leurs personnages à la fois tendres et surprenants. Grâce à la fluidité narrative de "J’invente rien" et "Falafel", proposent une réflexion poétique et émouvante sur la quête de chaque individu et sur les relations humaines.
Dans un univers maîtrisé, "Quelques kilos de dattes pour un enterrement" et "Ahlaam", mettent en lumière des destins soumis à une réalité sociale et culturelle. Le documentaire "VHS Kaloucha" nous plonge dans une formidable allégorie sur les productions "à l'arrache" de films amateurs. Enfin "What’s a Man without a Moustache" dans un rythme effréné, nous entraîne dans les aléas amoureux familiaux, existentiels d’une petite communauté croate.




La bouffée d’air corse :



SEMPRE VIVU, long métrage de Robin Renucci, en compétition, projection le jeudi 29 mars 2007 à 20 Heures au cinéma " Le Pagnol ", Aubagne.

Interprètes : René Jauneau, Angèle Massei, Wladimir Yordanoff, Elise Tielrooy, Pierre Laplace, Nathalie Grandhomme, Guy Cimino, François Berlinghi, Jo Fondacci

Fiche technique : réalisation : Robin Renucci, scénario : Robin Renucci, Jean-Bernard Pouy, Pierre Chosson, Ricardo Montserrat, Stéphane Gallet, Jean-Louis Milesi, image : Bruno Privat, son : Maxime Gavaudan, montage : Lisa Pfeiffer, musique : Pierre Gambini, production : Agora Films, France, France 3 Cinéma, Canal+

Synopsis : Faute d’avoir vérifié que son patriarche était bien mort, un village corse est pris dans un tourbillon de mensonges et de quiproquos. Quand le mort qui n’est pas mort ne laisse personne en paix, entraînant dans une valse folle, femmes, enfants, officiels et voisins, la comédie vire au jeu de massacre. En Corse, on ne plaisante pas avec la mort ? Mais si !

Robin Renucci, réalisateur :
Réalisateur, Acteur, Scénariste français Petit-fils d’un forgeron corse, Robin Renucci passe une enfance paisible entre la Bourgogne et l’île de Beauté. Très tôt passionné par le monde du théâtre, il crée des spectacles de rue, étudie pendant deux ans au cours Dullin et intègre le Conservatoire d’Art Dramatique de Paris, avec pour professeurs Antoine Vitez, Jean-Paul Roussillon et Marcel Bluwal. Il fait sa première apparition à l’écran en 1981 dans les Eaux profondes de Michel Deville, un cinéaste qu’il retrouvera deux ans plus tard pour La Petite Bande. Interprétant souvent des séducteurs tourmentés, Robin Renucci devient vite un des jeunes comédiens les plus en vue de la nouvelle génération. S’il prend part à des succès tels que Coup de foudre et Vive la sociale, et à la fresque de Corneau Fort Saganne, il connaît la consécration grâce à Escalier C de Tacchella : sa prestation de critique d’art misanthrope lui vaut une nomination au César du Meilleur acteur en 1986. Il enchaîne avec un autre rôle marquant, celui d’un jeune journaliste dans le corrosif Masques de Claude Chabrol, réalisateur qui le mariera 20 ans plus tard à la juge Isabelle Huppert dans L’Ivresse du pouvoir (2006). A partir des années 90, Robin Renucci multiplie les apparitions sur le petit écran, mais se fait moins présent au cinéma. Goûtant peu le star system, il se consacre alors au théâtre, à la fois comme acteur et comme initiateur d’ateliers de création et de formation en Corse. On retrouve néanmoins le comédien dans les œuvres délicates de René Féret ou Bertrand van Effenterre, ainsi que dans de nombreux films d’époque, de La putain du roi à Arsène Lupin (2004) en passant par Les Enfants du siècle. Déjà auteur d’un téléfilm diffusé en 1998, il signe en 2006 son premier long métrage pour le cinéma, Avà hé mortu!.
http://alcime.nuxit.net/articles.php?lng=fr&pg=172

Certains critiques comparent Robin Renucci à Emir Kusturica et nous lui souhaitons toutes les palmes possibles en commençant par celle du Festival international d’Aubagne… Jusqu’où ira la comparaison ? Renucci a-t-il créé un univers qui lui est propre ? Nous réserve-t-il quelques envolées comme a su le faire Kusturica, c’est-à-dire des moments magiques: le nuit de la Saint-Georges dans Le Temps des gitans, ou le mariage dans Underground, ou un fil conducteur qui prend l’apparence d’un poisson volant dans Arizona Dream, ou un éléphant voleur de chaussures dans Underground, ou encore une maison qui s’envole dans Le temps des gitans… Doit-on s’attendre à un mélange onirique d’allégorie et de poésie ? A-t-il trouvé en Pierre Gambini le Boran Brégovic de Kusturica ?… Chagall or not Chagall ? Autant de questions auxquelles nous trouverons des réponses le Jeudi 29 mars 2007 à 20 Heures au cinéma Le Pagnol à Aubagne. De toute façon, Il nous paraît impossible d’être déçu par Robin Renucci , influences kusturiciennes ou pas.

Corse noire se fait son cinéma à l'adresse ci-dessous:

http://www.grapheine.com/classiktv/classiktv_play.php?id=51093




L’ARIA, association dirigée par Robin Renucci :

Robin Renucci est l’inspirateur et le directeur de l’association L’ARIA qui a donné un peu d’air frais à des villages de Balagne.

Site de L’Aria à l’adresse ci-dessous :
http://www.aria-corse.com/

L’association a été créée en 1998 par le comédien Robin Renucci. L’ARIA (Association des Rencontres Internationales Artistiques) est un pôle d’éducation et de formation par la création théâtrale dans la tradition de l’Education Populaire. Située dans la micro-région du Giussani (au cœur du Parc Régional de Haute Corse), son installation a permis la re-dynamisation d’un territoire en voie de désertification.

Chaque été, les Rencontres Internationales de Théâtre en Corse, ont fait la renommée de L’Association. Cependant l’ARIA organise des activités tout au long de l’année.

En 2006, ont eu lieu les 9ème rencontres mais nous reviendrons 4 ans plus tôt aux 5èmes Rencontres Internationales de Théâtre en Corse, avec le spectacle Corse noire d’après des textes de Marie Susini et Prosper Mérimée… Corse noire, un recueil de nouvelles et …
" Le matin dans le maquis se laisser enivrer par les lumières et les odeurs de myrte; saisir l'instant indécis où le soleil sombre pour laisser place aux esprits de la nuit, le moment où l'innocence de l'enfance bascule. Puis s'aventurer dans la nuit des bandits avec leurs histoires d'honneur et de vengeance.
Entre splendeur et tragédie, naissance du monde et fatalité de la mort, honneur et vendetta, interroger la langue et les histoires d'un pays où sont enfouies nos racines.
Corse noire, est un spectacle en trois fragments conçus et réalisés par Anne-Marie et Frédérique Lazarini.
Sur le chemin de l’arrivée, les spectateurs sont d’abord accueillis par des " bandits " qui leur racontent leur histoire tirée de récits d’écrivains voyageurs du XIXéme siècle, Ponson du Terrail, Rosseeuw Saint-Hilaire, Alphonse Daudet, Albert Glatigny, Guy de Maupassant…etc…
Puis sur la scène, les trois morceaux du triptyque, Mateo Falcone de Prosper Mérimée, Plein Soleil et La Renfermée la Corse, deux textes de Marie Susini adaptés par Sylviane Bernard-Gresh
"






Publié le 19 mars 2007 à 16:54
Par flicorse
Antoine SERRA au musée d’Histoire de Marseille, jusqu’au 7 avril 2007 :



" Les couleurs de l’engagement 1920-1950, autour d’Antoine Serra ", exposition ouverte en décembre 2006 jusqu’au 7 avril 2007, musée d’histoire de Marseille, Centre Bourse de Marseille, entrée libre de 12 Heures à 19 Heures, sauf dimanches et jours fériés., adresse : Jardin des Vestiges, Marseille - Tél. : 04 91 90 42 22.

Des documents historiques accompagnent les œuvres picturales de cet artiste engagé dont les créations côtoient celles de François Diana, Louis Roc, Louis Toncini et André Fougeron. Le Musée d’histoire vous offre un regard sur une partie de l’histoire de Marseille, ville rebelle et prolétarienne, dans une période où se sont succédés les conflits sociaux et armés. Les croquis, desseins, tableaux et notes d’Antoine Serra témoignent de leur temps. Comme ses compagnons, il est un témoin engagé et fait partie des artistes exprimant leur solidarité pour le monde ouvrier et les peuples colonisés. Certains sont comme lui engagés, au moins un temps, au PCF (dont il reçoit une commande sur les dockers et le port, à l’instar du peintre André Fougeron sur les mineurs du Nord). Dans la mouvance du Front populaire, il participe aussi à la création de la Maison de la culture de Marseille, la première créée en région.

Les œuvres sont en majorité issues de collections particulières ; quelques-unes sont conservées au musée d’Histoire de Marseille et dans d’autres collections municipales : peintures, dessins et gravures, affiches, tracts, photographies, journaux.

" Avec les Couleurs de l’engagement, 1920-1950, autour d’Antoine Serra, la cité phocéenne offre une approche atypique de l’histoire contemporaine à travers le regard de l’artiste sarde devenu marseillais. En peignant le labeur mais aussi les grèves des dockers, Serra prenait souvent le parti des opprimés. Une vie de bohème et d’action, passée sous les poutres d’un atelier situé dans l’ancien arsenal des galères, autour du quai de Rive-Neuve, d’où il peignait dans la lumière, puisant là toute la sève de son œuvre, " mélange de réalité très dure et de beauté brute " (Jacqueline Serra). Dans cette traversée du siècle, Serra va se construire, des rues de la Belle de- Mai aux Alpilles où il se retirera, en passant par l’Italie profonde. Tour à tour révolté, antifasciste, clandestin, Serra, envoûté par la Méditerranée terrienne, reste aujourd’hui ce talentueux imagier du peuple, témoin singulier du XXe siècle provençal… " La peinture n’est pas faite que pour décorer ", disait-il, " brosses et pinceaux sont aussi des armes de combat. " extrait pris sur le site Cote-Ouest :
http://www.coteouest.net/actu-deco/agenda/article.asp?ida=119&idc=3

" À travers ce fabuleux voyage dans cette histoire, ressurgissent des lieux et métiers désormais disparus : les tuileries de Saint-Henri, les hauts fourneaux, les raffineries de la Méditerranée, les " caréneurs ", dockers et tractoristes du port. Car " Les couleurs de l’engagement " ne se veut surtout pas une exposition de peinture, comme l’indique dans la préface du livret de présentation Myriame Morel-Deledalle, conservateur du musée. C’est une tranche d’histoire de la ville de Marseille vue à travers le peintre dont la destinée elle-même a été intimement liée à cette grande ville de la Méditerranée. " Article de Christophe Deroubaix ( le Web de l’Humanité)





Biographie faite par Jacqueline Serra sur le site de l'artiste:

Antoine Serra (1908 - 1995) Naissance dans l’île de la Maddalena en Sardaigne.

"... quand on reçoit un choc, il n'est pas possible de se taire et d'oublier, pour un temps au moins, que brosses et pinceaux sont aussi des armes de combat."
Un dimanche d'été 1936, Antoine Serra découvre du plan du château des Baux un lieu magique, le Rocher et le Val d'enfer. Si j'arrive un jour à vivre de ma peinture, c'est ici que je reviendrai.

La Provence reste la terre promise des grands peintres. C'est dans la solitude artistique que Serra réalise jusqu'à la fin de sa vie ses plus belles oeuvres. Il a choisi de peindre une Provence pudique, l'ubac le côté de l'ombre préférant les hardis contre-jours, là où les scories sont supprimées, où seule la nature est sublimée.
Serra le démiurge refuse l'originalité à tout prix, il dissèque la nature, la met à nu pour lui arracher son âme. Peintre méditerranéen, originaire de Sardaigne, terre de vielles civilisations et d'antiques croyances où le surnaturel rejoint le naturel, il plante son chevalet face à ce chaos rocheux.

Antoine Serra est né en 1908, sur l'île de la Maddalena (Sardaigne). Il arrive à Marseille en 1914, entre à l'école des Beaux Arts en 1921 Du fait de son jeune âge, il doit obtenir une dispense pour suivre des cours "modèle vivant". Il reçoit plusieurs prix en 1923,1924,1925. Il adhère aux jeunesses communistes en 1926. Deux ans plus tard, il présente sa première exposition avec un groupe d'amis, "les jeunes Peintres" à la Galerie Guibert à Marseille. Il est fondateur du groupe "Les Peintres Prolétariens".

Dans les années 1930 son œuvre est inspirée par Marseille la prolétaire, les quais, le port, les dockers. Serra, responsable de la première maison de la culture en province (inaugurée en 1936 par MALRAUX. Durant cette année, la presse mentionne des expositions de peinture plusieurs conférences d'ARAGON pour l'inauguration. Il est à noter qu'il existait à Marseille un Comité de solidarité pour des prisonniers politiques, animés par des émigrés de longue date et des français de souche. Serra faisait partie du groupe), expose les œuvres de Fougeron, Aragon, Giono, Pagnol, Picasso et Pignon. En 1937, il prend position pour le peuple espagnol et réalise une grande toile intitulée "la non-intervention" sur le bombardement de Guernica.

Nommé Délégué au Comité Directeur de l'Union Nationale des Intellectuels du Département en 1945, il participe à diverses expositions internationales.
Un an plus tard, il installe définitivement au cœur d'un rocher des Baux son atelier troglodyte : je ne suis plus obligé de courir après les saisons, elles viennent à moi avec toutes leurs splendeurs. Ayant un besoin viscéral du contact avec la ville de Marseille, il y gardera un atelier Quai de Rive Neuve.

Chaque exposition de Serra est une révélation : on trouve l'homme qui vibre, dépasse et surmonte les difficultés physiques et morales de la vie. Le grand art dans la maturité d'un peintre est de tout baigner : paysages, natures mortes, portraits, dans le soleil intérieur de l'âme, Serra sait allier la grandeur et la simplicité, ce qui est une orientation vers la pureté de l'art. L'homme qui selon le mot d'Eluard a la nostalgie de la lumière totale.

Avec l'aide du peintre Guy Montis, il créé en 1948 le Groupe Provence et nomme l'écrivain provençal Charles Galtier, Secrétaire ; il invite ses amis peintres de Rive Neuve : Seyssaud, Chabaud, Ambrojiani, Roc, Diana Hauer.

Il expose au Salon d'Automne de Paris de 1950 sa grande toile (300 x 250 cm) La messe de minuit aux Baux sur laquelle il représente les habitants du village à la messe.

En 1970 il exécute une fresque Les Olivades pour l'école maternelle des Baux. Il pense que l'art doit être très proche des hommes et qu'il faut semer très tôt.
En 1971, il s'engage dans la vie politique locale, y est élu conseiller municipal à la culture dans la municipalité de Raymond Thuilier.

Sa vie étant intimement liée à la peinture, il créé avec ses amis le "Groupe des Amis de Serra" ; le premier Président Charles Moure (Président de la Chambre de Commerce de Marseille) permettra à Serra de peindre librement sans engagement mercantile jusqu'à la fin de sa vie, le 06 mai 1995.


Site de l’artiste ci-dessous :
http://www.antoineserra.com/



Livre : Antoine Serra, de la Sardaigne à Marseille. Regards sur un peintre singulier du XXe siècle provençal.



Auteurs : Jean Arrouye | Jean Doménichino, Jean-Marie Guillon
Editeur : Jeanne Lafitte
Jean Arrouye est professeur des Universités et sociétaire de l’Association internationale des critiques d’art. Spécialiste de l’analyse d’images, il travaille principalement sur la peinture, la photographie et les relations entre textes littéraires et images. Jean Domenichino et Jean-Marie Guillon, maître de conférences et professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Provence, membres de l’umr telemme, sont spécialistes de l’histoire sociale et politique de la Provence.

Les présentations du livre :

"Antoine (Antonio) Serra est né le 6 mars 1908 à La Maddalena, seule ville de l'archipel sarde du même nom qui se trouve entre Corse et Sardaigne. I1 est le troisième enfant d'une fratrie de quatre. Sa famille est pauvre. Elle connaît la misère endémique qui est ici le lot de la grande majorité des habitants. Elle est accentuée par l'alcoolisme du père. Ce dernier, qui "fait" le maçon, est sujet à des crises de démence, de plus en plus fréquentes, jusqu'au jour où il est définitivement interné en hôpital psychiatrique. Il y mourra sans avoir revu les siens. Dans une région où l'image du père - Padre padrone - est très forte, surtout pour les fils, c'est un drame. L'absence du père marque profondément le jeune Antoine. La plaie alors ouverte ne sera jamais refermée. Il reportera toute son affection sur sa mère, Maria Serra. Il lui vouera un attachement sans bornes. Il ne cessera de la peindre ou de la croquer au fusain. Il est vrai que c'est elle qui a assuré, seule, la survie de toute la famille. Pour ce faire, elle n'hésite pas. Avec ses quatre enfants, elle fait ce que nombre d'Italiens ont fait depuis les années 1870 : elle prend le chemin de l'exil..."

" Le début de la vie d’Antoine Serra (1908-1955) ressemble à un conte : venu à Marseille à l’âge de 6 ans avec sa mère et ses trois sœurs, il tente de tirer la famille de la misère par des chemins détournés qui le conduisent en maison de correction. Antoine Serra aurait pu alors devenir gangster ou traîne-savate. Il est devenu artiste-peintre : la rédemption par l’art ! Il adhère au mouvement communiste en 1926, puis, en 1930, il fonde à Marseille, avec d’autres jeunes artistes engagés, le groupe des Peintres prolétariens. C’est au cours de l’Occupation, alors qu’il participe à la Résistance, qu’apparaissent les premières dissensions entre le parti et lui. Totalement réhabilité en 1945, il défend un moment la ligne du réalisme socialiste, avant de prendre ses distances, tout en se tournant vers la mystique chrétienne. Après la guerre, Serra fait partie du milieu artistique qui gravite autour du Vieux-Port, puis il se retire dans les Alpilles et la Provence intérieure. Soutenu par de nouveaux mécènes parmi lesquels Paul Ricard et l’industriel Charles Mourre, Serra se lie aussi avec le mouvement régionaliste dont Marie Mauron. Ce livre éclaire une œuvre en perpétuel mouvement et qui fait appel à une large palette d’émotions. "



Croisement posthume entre un peintre et un poète:









Pages : 1 2 3

Mon calendrier
< Mar. 2007 >
L M M J V S D
   1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031 
Contactez-moi
Mail :
Trafic
Noter ce blog :
1 5
10795 connectés
229089 visiteurs
Agrégateurs RSS
bloglines
google
netvibes
newsburst
newsgator
pluck
yahoo