Bonavinuta!
Bienvenue sur le blog Corse noir'soeur de vos nuits blanches
Blog non agressif et sans arrière-pensée. ..
Des articles après le Blog perso....
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B log cousin de CORSICAPOLAR à l'adresse : http://www.cors icapolar.eu
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RE NDEZ-VOUS:
- Rencontres littéraires du Barreau de Marseille le 12 DECEMBRE 2008, Maison des avocats
rue Grignan 13006 Marseille. de 11 heures à 18 Heures.
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Opér ata "Noirs de Corse"
Initi é en Corse par l’association Handi 20, le projet d’éditer un recueil de nouvelles sur le thème du polar dans le but d’acquérir du matériel adapté aux personnes handicapées, prend en 2008 des allures de véritable challenge. Partenaire de ce projet solidaire en faveur de l’accessibilité , l’association Corsicapolar, organisatrice du premier festival du polar corse et méditerranéen qui avait obtenu un succès remarqué à Ajaccio en 2007, a décidé en effet de mobiliser toutes ses forces pour cette initiative.
Le blog des auteurs corses et amis de la Corse, www.corsicapola r.eu, a battu le rappel des troupes et les réponses n’ont pas été longue à venir. L’entraide n’est pas encore un vain mot. L’appel a été entendu par de nombreux auteurs et bien au-delà de l’île.
L’app el lancé par Fabrice Albertini, président d'Handi 20 a été entendu puisque 26 auteurs ont offert un peu de leur univers noir :
Trente nouvelles inédites signées par:
Arlette Shleifer, Claude Ferrieux, Danièle Piani, Denis Blémont Cerli, Elisabeth Milleliri, Eric Patris, Fabrice Albertini, Jacques Mondoloni, Jean-Louis Vassallucci, Jean-Michel Raffalli, Jean-Paul Ceccaldi, Jean-Pierre Orsi, Jean-Pierre Petit, Jean-Pierre Santini, Jeanne Tomasini, Jérôme Camilly, Marie-Catherine Deville, Marie-Hélène Ferrari, Martine Rousset, Michel Jacquet, Okuba Kentaro, Pierre-Paul Battesti, Pietr'Anto Scolca, Rémi Talbi, Ugo Pandolfi.
Pa trice Antona, chroniqueur de RCFM, a signé l'avant-propos.
Cet ouvrage a fait l'objet de nombreuses souscriptions et sera vendu et dédicacé à l'occasion du deuxième festival du polar corse et méditerranéen qui se déroulera du 4 au 6 juillet 2008 à Ajaccio. On pourra également le trouver sur le car ferry Danielle Casanova lors de la traversée Marseille-Ajacc io départ le 3 Juillet 2008 en soirée.
Tout es les informations sont données sur le site de Corsicapolar à l'adresse ci-dessous:
http://www.cors icapolar.eu
Pour les commandes aller sur le site Handi 20 : http://handi20. free.fr/
Courr iel : handi20@free.fr
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Les dix droits imprescriptible s du lecteur ( édictés par Pennac dans son ouvrage "Comme un roman")
1°/ Le droit de ne pas lire.
2°/ Le droit de sauter les pages
3°/ Le droit de ne pas finir le livre
4°/ Le droit de relire.
5°/ Le droit de lire n’importe quoi.
6°/ Le droit au Bovarysme (maladie textuellement transmissible…)
7°/ Le droit de lire n’importe où.
8°/ Le droit de grappiller.
9°/ Le droit de lire à haute voie.
10°/ Le droit de nous taire.
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A dopu!
A plus tard!
Publié le 29 mars 2008 à 11:56
Par flicorse
"I culori d'Umani", une belle initiative de l'Association pour la Fondation de Corse et de son président Jean-François Bernardini du groupe I muvrini...

Des artistes pour une Fondation de Corse rassemblés par l’idée que l’on peut, dans la fraternité et l’échange, œuvrer au progrès commun, l’Association pour une Fondation de Corse présidée par Jean-François Bernardini, et l’artiste Guy-Paul Chauder ont résolu d’unir leurs forces dans une initiative d’envergure baptisée « I Culori d’Umani » Regroupant les contributions de plusieurs dizaines de plasticiens de renommée internationale et d’artistes du monde du spectacle, des lettres, du cinéma,… « I Culori d’Umani » se veut un événement dans le monde de l’art. Conduite au profit de l’Association pour une Fondation de Corse, «I Culori d’Umani » sera, en outre, une étape décisive dans l’émergence d’« Umani – Fondation de Corse », lui fournissant les ressources nécessaires à sa naissance et donnant une audience toujours plus large à l’ambitieux projet qu’elle constitue. Accès direct à la liste des articles avec, en bas de page, possibilité de consulter les biographies de artistes:http://www.culoridumani.org/peintres.htmlSur la page d’accueil du site, vous disposez en bas de page d'un accès diaporama des œuvres:http://www.culoridumani.org/accueil.html#
Les rendez-vous :
Du 31 mars au 11 avril 2008 Exposition I Culori d’UmaniVernissage le jeudi 3 Avril à 19 heuresau Lazaret-OllandiniQuartier Aspretto - 20090 Ajaccio Du 3 au 21 juin 2008 Exposition I Culori d’UmaniEspace Municipal d’Art Contemporain SextiusRue du 11 novembreAix-en-ProvenceVernissage le 4 Juin à 18 h 30 Du 15 au 19 octobre 2008 Vernissage et Exposition I Culori d’Umani à Artcurial - 7, rond-point des Champs-Élysées 75008 Paris et Dimanche 19 octobre 2008 toujours à Arcturial Vente aux enchères des oeuvres d'I Culori d'Umani par Maître François TAJANhttp://www.artcurial.com Ce qu’en dit Pierre-Paul Battesti, Président de l’association Isula Viva :Cette exposition ouverte au public, n´est pas organisée comme une exposition d´art contemporain, mais une exposition « événementielle » organisée par l´Association pour la création de la Fondation de Corse.Les artistes exposés ont donné une ou plusieurs oeuvres pour une vente qui aura lieu plus tard, aux enchères, et dont les bénéfices iront intégralement dans la trésorerie de l´association, moins les frais, comme la location de l´espace Ollandini et autres et nombreuses prestations qui vont avec ce genre d´organisation.C´est pour cela qu´il faut saluer le travail remarquable de GF Bernardini et de toute l´association de l´AFC, la direction de Guy-Paul CHAUDER, qui travaille activement sur ce projet artistique.Il faut aussi saluer le travail et l´investissement colossal de la création d´un double CD, réalisé par I Muvrini qui lui aussi va dans les caisses de l´association et qu´il convient de soutenir.L´AFC un projet à saluer et à promouvoir, par les Corses de Corse ou de l´extérieur...L’Association pour une fondation de Corse : Créée en septembre 2002 et présidée par Jean-François Bernardini, l’Associu pè una Fundazione di Corsica est une association régie par la loi de 1901.Elle a pour objet de réunir les ressources humaines, les conditions morales et matérielles nécessaires à la création d’« Umani – Fondation de Corse » :En rassemblant un grand nombre d'adhérents et de soutiens afin de conforter son assise populaire.En recueillant, par la collecte des dons manuels et des cotisations des particuliers, entreprises et institutions, les fonds nécessaires à la capitalisation initiale – 1 million d'euros.En élaborant – en vue de la présentation au Conseil d'Etat de la candidature au titre de Fondation – un véritable projet d’intérêt général offrant l’assurance de sa transparence et de sa pérennité.Son site à l’adresse : http://www.afcumani.org/ Contact de l’ A F C :
Associu pè una Fundazione di CorsicaAssociation pour une Fondation de CorseBP 5520416 Ville di Pietrabugnu CedexTél : 0892 701 797 (0,337€/min)Mail : ass.fond.corsica@wanadoo.fr
Publié le 25 mars 2008 à 00:02
Par flicorse
 Harraga, collection L’atinoir Editions L’Ecailler du Sud Février 2008 ISBN 978-2-35299-024-6 Antonio Lozano est le quatrième auteur de la collection L’atinoir dont le directeur Jacques Aubergy veut maintenir un label de qualité défini par Paco Ignacio Taïbo II. Quatre romans écrits par quatre auteurs de talent : pour nous qui les avons lus, c’est un sans faute car Harraga mérite votre lecture.
Antonio Lozano, né à Tanger en 1956, est professeur de français à Agüimes aux Canaries où il dirige depuis 1988 un festival international consacré au conte et à la créativité théâtrale. Il a été finaliste et lauréat de nombreux prix littéraires dans son pays et a reçu, les éloges de Manuel Vázquez Montalbán. Lauréat du prestigieux prix littéraire NOVELPOL, Harraga est son premier roman.
Le Colombien Nicolas Buenaventura Vidal, conteur, homme de théâtre et cinéaste, a écrit la préface. On peut y lire : « C’est un livre fleuve, un livre transit, entre deux temps, deux mondes qui ont un passé commun et qui malgré les distances interposées, malgré les frontières, malgré les murs, s’appartiennent, indéfectiblement ». Et il explique que le récit de Khaled raconté par Antonio Lozano n’est pas autobiographique mais il aurait pu être le sien à un point tel que la propre mère de l’auteur, après avoir lu Harraga, parlait du héros Khaled comme si elle parlait de son fils. Et Nicolas Buenaventura Vidal commente en parlant de l’auteur : « Ce que je trouve fascinant c’est que ce livre a fait vivre ou revivre une vie autre que la sienne mais tout aussi réelle »
Harraga est un roman de l’exil et du trouble de l’identité… Quel choix s’offre à ceux qui entrent clandestinement dans un pays où ils sont exploités puis expulsés sans humanité ? A partir du jour où ils embarquent sur un de ces rafiots affrétés par des criminels sans foi ni loi, ceux qui survivent deviennent les éternels passagers clandestins de l’humanité, condamnés à vivre en marge de cette humanité, soit dans la misère soit dans la délinquance. C’est cette fatalité inexorable qui est prégnante. Un extrait : « C’était déjà trop tard pour eux. Leur argent était dans les mains du marin qui me le remit enveloppé dans un papier gris. Le paiement se faisait toujours à l’avance. L’argent ne voyageait jamais dans le bateau. Eux seuls couraient le danger que représentaient la mer et la police, mais jamais les billets qui servaient à payer leur voyage. Pendant une demi-heure nous avons passé en revue tous les gestes à faire, les précautions à prendre. Je me suis assuré qu’aucun d’eux n’avait de papiers. C’était des Harraga, ceux qui brûlent leurs papiers d’identité pour quitter le pays sans laisser de trace. Nous leur avons expliqué que c’était pour les protéger. Comme ça, on ne pourrait pas les renvoyer dans leur pays d’origine qu’ils ne devraient jamais avouer. En réalité, c’était une organisation qui tirait le bénéfice de cette situation. Une fois qu’on les avait mis au travail, ils n’osaient plus sortir sans papiers ni abandonner leur travail, ou, s’il y en avait qui voulaient repartir, aller demander de l’aide au consulat. »
« JE FERME LES YEUX …» Khaled, héros et narrateur, entre en scène par cette phrase car il est incarcéré à Tanger. Il est sur sa paillasse et regarde le plafond de ce lieu où ‘on l’a enfermé ». C’est la même phrase qui marque les changements de chapitre lorsque, métaphoriquement venus des fissures du plafond, les souvenirs et les fantômes viennent hanter sa mémoire. Et chacune de ces fissures est celle de la vie méprisable de Khaled qui, pour ce rêve d’El Dorado commun aux pays pauvres, a choisi la porte du crime, celle de ceux que son ami et corrupteur Hamid appelle «la famille ». Traduisez la mafia. Comme le Harraga, le trafiquant d’êtres humains n’est pas mettre de son destin. Il ne peut plus revenir sur ses pas. Lorsque Khaled le réalise, il est trop tard car « un seul monde existe avec pour uniques limites, la naissance et la mort. C’est dans ce monde-là que nous devons chercher le bonheur et le sol où nous mettions les pieds n’avait aucune importance». Harraga ( Ceux qui brûlent), c’est le mot qui désigne au Maroc, ceux qui mettent le feu à leurs papiers avant d’entreprendre le grand voyage. Khaled, un jeune garçon de café du Café de Paris à Tanger, rêve de terres plus heureuses. Il part à leur recherche, guidé par un ami établi à Grenade, et son périple l’amène à naviguer dans des courants d’eaux troubles qu’il ne pourra jamais remonter. Dans l’engrenage criminel, la prise de conscience ne pousse pas à la rédemption mais à la vengeance. Khaled est un héros d’une littérature noire dans laquelle le manichéisme se fissure comme le plafond de sa cellule.
Entre allers et retours d’une rive à l’autre, trafic de drogues et d’être humains, le talent d’un écrivain se révèle en même temps que la radiographie implacable des réseaux de la corruption et des mafias dans les deux pays du Détroit de Gibraltar.
Ecrit pour donner une vision de l’émigrant, le roman veut montrer le visage humain de tous ceux qui prennent leur terrible décision individuelle face à l’indifférence globalisée et intéressée du discours officiel. Mais il y a aussi dans ce livre une étude de mœurs subtile et réaliste qui présente la situation des femmes dans la société marocaine avec l’évocation des mouvements qu’elles amorcent pour tenir leur rôle dans la société.
Ce roman, qui vient d’être traduit en français, a fait l’objet d’une première édition en 2002 aux Editions Zoela Ediciones Cleccion Negrura. Il est donc antérieur, comme me l’a fait remarquer le Directeur de la collection L’Atinoir, à celui de l’auteur algérien Boualem Sansal portant le même titre et paru en 2005 chez Gallimard.
Présentation de l'éditeur : Une maison que le temps ronge comme à regret. Des fantômes et de vieux souvenirs que l'on voit apparaître et disparaître. Une ville erratique qui se déglingue par ennui, par laisser-aller, par peur de la vie. Un quartier, Rampe Valée, qui semble ne plus avoir de raison d'être. Et partout dans les rues houleuses d'Alger des islamistes, des gouvernants prêts à tout, et des lâches qui les soutiennent au péril de leur âme. Des hommes surtout, les femmes n'ayant pas le droit d'avoir de sentiment ni de se promener. Des jeunes, absents jusqu'à l'insolence, qui rêvent, dos aux murs, de la Terre promise. C'est l'univers excessif et affreusement banal dans lequel vit Lamia, avec pour quotidien solitude et folie douce. Mais voilà qu'une jeune écervelée, arrivée d'un autre monde, vient frapper à sa porte. Elle dit s'appeler Chérifa, s'installe, sème la pagaille et bon gré mal gré va lui donner à penser, à se rebeller, à aimer, à croire en cette vie que Lamia avait finie par oublier et haïr.
 Cela m’amène à évoquer aussi Kamel Khelif et la bande dessinée «Les exilées ». Les dessins sont de Kamel Khelif et le récit de Nabile Farès (Amok Editions)
Synopsis : A Alger en juillet 1968, un homme, par sa fenêtre, regarde la ville. A sa mémoire reviennent des images des manifestations de mai 1968 et d'octobre 1961 à Paris. Il sent que le pays change. Il pressent les luttes, les douleurs et les espoirs que symbolise Leïla Fatma, une femme qu'il retrouvera en 1989 sur les quais de Marseille. D'une ville à l'autre, d'Alger à Marseille en passant par Paris, les histoires s'entrelacent.
Kamel Khelif dessine à l’encre et au fusain. Kamel Khelif a dessiné mais aussi écrit un autre ouvrage paru en 2003, toujours sur le thème de l’immigration algérienne : « Ce Pays qui est le vôtre » ( Editions FRMK - collection Octave)
 Sur le site Frémok, il avait présenté cet ouvrage : Extrait de l’interview : « Tout est écrit et peut-être lu selon plusieurs sens. Pour le titre, on ne sait finalement pas de quel pays il s'agit, ni à qui il s'adresse. Ça fonctionne à double sens, soit il s'agit de la France, soit de l'Algérie. Quand j'écris "…je marche vers vous comme quelqu'un qui revient sur ses pas…" ou "… me ramener loin d'ici…", ce type de contradiction, c'est toute l'ambiguïté de cette génération de premiers immigrés en France, comme moi, être de là-bas et vivre ici. C'est une question qui se pose très concrètement par exemple au moment de la mort, pour choisir l'endroit où tu vas être enterré. Cette femme morte pendant sa détention, c’est très grave. C’est complètement injuste. Et on se demande pourquoi depuis des siècles et des siècles ça a très peu changé, pourquoi ? J’ai raconté cette histoire à la troisième personne parce que c’est une histoire pour tous ceux qui ont vécu ou qui vivent cette situation. Ce n’est pas réservé à une certaine catégorie de gens. Je ne parle pas de racisme même si cela existe aussi en justice. Mais c’est une histoire qui touche tout le monde, qui n’est pas réservée à une race, mais plutôt à une classe sociale. Parce que notre justice n'est plutôt pas pour les pauvres. Concrètement, quelqu’un qui n’a jamais eu affaire à la justice, comment peut-il avoir un avocat dès la première heure ? Quand il est pris, la loi dit qu’il peut donner un coup de fil à sa famille, dans la réalité c’est faux. Quand on sait que le prévenu ne peut pas prévenir ses parents, c’est peut-être d’autres catégories sociales qui bénéficient de cela ».
Interview sur le site Frémok :
http://www.fremok.org/entretiens/kamelcepays.html
Publié le 13 mars 2008 à 18:13
Par flicorse
Des auteurs de l’association Corsicapolar au Salon du livre :

Arlette Shleiffer, Marie-Hélène Ferrari, Jean-Pierre Orsi et Jean-Paul Ceccaldi sont des auteurs corses de polars. Ils participeront au 28ème Salon du livre de Paris et seront présents au stand de la Collectivité Territroriale Corse où ils feront partie de la trentaine d’auteurs insulaires venus dédicacer leurs derniers ouvrages aux côtés de 14 éditeurs corses.
 Arlette Shleifer est peintre, photographe et écrivain. Elle partage sa vie entre le Marais à Paris, la Corse, les Etats Unis et Taïwan. Arlette Shleifer expose en France et aux Etats Unis. Elle écrit plusieurs romans d’abord aux Editions de la Marge et actuellement aux Editions Colonna. A nos yeux, ce qui caractérise Arlette Shleifer, c’est cette " pulsion d’errance " que l’on trouve chez d’autres auteurs comme Jack Kerouac, J.M.G Le Clesio, Kenneth White ou Ernest Sabato. J’ai choisi cette bande des quatre car on les retrouve dans un opus de l’universitaire de renom Michel Maffelosi : " Les jardins de l’errance ". Il écrit sur eux : " A la lumière de ce double héritage culturel et des nombreux espaces qu’il sous-tend, on comprend l’importance de l’errance dans la vie et dans les œuvres de ces auteurs. L’errance est envisagée comme une quête active qui renouvelle le regard du sujet sur le monde et qui enrichit sa connaissance. Dans ce cas, elle résonne comme une sorte d’éveil de l’homme contemporain au monde qui l’entoure, à sa simplicité, ses merveilles comme à ses sordides manifestations. ". Et il ajoute plus loin : " L’écriture se nourrit des mouvements du corps et des lieux traversés, élabore un espace porteur d’aventure errante. " Mais aussi : " … l’errance est un déplacement fécond permettant de tisser des liens solides entre le sujet, l’espace et l’altérité. " En littérature, Arlette Shleifer poursuit son chemin, creuse l’ouverture, déplace les frontières et revient publier un nouveau roman, peut-être par tropisme, en Corse. Elle a choisi le noir de l’élégance. Elle dédicacera trois de ses ouvrages : Molto Chic, Le bar rouge et Une jeunesse israélienne.
 Marie-Héléne Ferrari est née en Lorraine en 1960. Elle vit actuellement en Corse-du-Sud, à Bonifacio, cité de caractère qui abrite une partie de ses écrits. Des études de lettres modernes, et de droit, des cours aux beaux-arts et un goût prononcé pour la scalpélisation de l'âme, font d'elle une femme étonnante, touche à tout talentueux. Proposant des œuvres variées, elle s'illustre dans drame néoromantique, avec Mélusine, puis dans les nouvelles, centrée sur la vie contemporaine corse, Cruauté Ordinaire, une pièce encore, Pandora ! Puis elle intègre les éditions Clémentine où elle rencontre véritablement son public, avec Un Goût amer et sucré comme le silence, ensemble de nouvelles douces amères sur la vie et le couple. À peine un demi-siècle, l'histoire d'un homme de cinquante ans, qui refuse de vieillir, a particulièrement touché ses lecteurs. Cependant, le roman policier la passionne plus que tout et c'est avec son goût pour les mots, qu'elle met le commissaire Pierucci au monde, où une petite veuve va causer autour d'elle bien du tracas. Le deuxième tome des aventures de l'irascible commissaire confronte le lecteur avec le délicat problème des luttes d'influence. Quant au troisième, il nous plonge dans l'histoire douloureuse des montagnes de En deça des Monts, Sainte Lucie, Carbini, pour une enquête terrifiante. Ces deux suites ont ancré le commissaire Pierucci dans le paysage du policier insulaire. Après l'horreur, Pierucci revient, avec "l'Enfant" il poursuit son chaotique chemin de vie, dans une verdeur désespérée. Le 4eme tome précède "L'obscure patience de la cellule" qui parle encore de chemin de vie brisé, et d'un Pierucci qui se dresse contre les satanistes.
 Jean-Pierre Orsi : Des études supérieures à Nice et à la Sorbonne à Paris. Son premier métier : journaliste au Patriote à Nice de 1963 à 1967. Il a ensuite effectué un séjour de 2 ans dans les pays de l’Europe de l’Est en particulier à Budapest où il s’occupait du service information d’une organisation internationale de jeunesse. Retour en France en 1969. Il se reconvertit dans l’informatique en travaillant pour le compte de Citroën, quai de Javel à Paris. Boite qui le remerciera un an après pour raisons syndicales et politiques. Il rentrera dans le groupe pharmaceutique Synthelabo. Il y restera 6ans. Ce séjour dans ce groupe lui fournira l’occasion de produire un livre sulfureux : la Mafia du médicament qui connut en son temps un certain succès. Jean-Pierre Orsi travaillera ensuite vingt-cinq ans dans les Mutuelles de Provence, basées à Marseille, tout en militant activement à l’UGICT-CGT. A présent retraité, il vit depuis en Corse où il s’adonne aux joies du polar, trouvant son inspiration à Coti-Chiavari, magnifique balcon sur la Méditerranée. Depuis 2004, Il a déjà publié une trilogie ayant pour personnage récurrent le commissaire Baptiste Agostini : La chèvre du Coti chiavari, Sous le regard de Napoléon et la nuit de San Matteo. Jean-Pierre Orsi, connaisseur de l’Histoire de la Corse mais aussi des îles voisines, écrit des polars ancrés dans le contemporain insulaire. Lorsqu’il parle de choses sérieuses, c’est sans se prendre au sérieux, ce qui n’enlève rien au poids des mots sur les grands et petits maux de la société des îliens. Extrait recueilli sur le site de la Fédération des associations corses d’Ile de France à l’occasion du Salon du livre 2007. " Jean-Pierre Orsi est très heureux d’être là pour faire connaître cette littérature corse, particulièrement celle du polar peu mise en valeur chez les libraires où règne la suprématie des polars anglo-saxons. Il souhaite ainsi que ses confrères une reconnaissance des auteurs de polars méditerranéens. En Corse et ailleurs, il y a des écrivains remarquables peu connus. Ce qui les a amenés à organiser le Festival du Polar corse et Méditerranéen, les 6 et 7 juillet 2007, à Ajaccio, place Foch. 40 écrivains, du Languedoc-Roussillon, de Provence-Côte d’Azur, de Corse, de Sicile, de Sardaigne et de Toscane seront présents. La Corse compte une vingtaine d’auteurs de polars réunis sous l’Association Corsica Polar. Pour Jean-Pierre Orsi, " Le polar corse n’est pas seulement une énigme policière à résoudre, c’est une façon de parler de nos problèmes sérieux mais sans se prendre au sérieux, en pratiquant l’autodérision car en Corse comme dans les pays méditerranéens, on est très susceptible et on préfère pratiquer l’autodérision plutôt que les critiques des autres ".
 Jean-Paul Ceccaldi est né à Ajaccio (Corse du sud). Ses parents sont originaires d’Evisa et de Partinellu. En 1974, il est entré, comme inspecteur à la Police judiciaire de Paris. Depuis plusieurs années, il était en fonction à Marseille où il s’est occupé de proxénétisme et d’affaires financières. Après un long passage au SRPJ de la cité phocéenne, il vient de terminer sa carrière comme Commandant à la police des polices. Il fait partie d’une catégorie particulière de policiers : les flics corses. Cette différenciation, il en a fait le personnage du Flicorse, en écrivant des polars à la manière de vraies enquêtes judiciaires avec un héros qui veut avoir une démarche socratique : pour lui, le doute est le moteur de l’enquête. Par ailleurs, le Flicorse n’est pas un policier de laboratoire et il refuse la dictature de la raison. L’auteur a été publié en 2003 chez les Editions Le Publieur pour son premier polar « La plume et le poulet ». Il tient un blog " Corse noire " et s’est associé à Corsicapolar avec une rubrique " L’île noire ". Les Editions du Journal de la Corse ont publié son ouvrage " Tamo ! Samo ! Les arcanes du tueur " qui est sorti pour le festival du polar corse et méditerranéen en juillet 2007. Il s’agit d’un thriller où Tarots, philosophie, mythes et légendes corses créent l’atmosphère du récit, tout en constituant la trame. Le Flicorse perce le secret de l’invisibilité d’un serial killer lorsqu’il constate, grâce à la magie corse, la réalité de cette invisibilité qui n’a rien à voir avec une cape digne de Siegfried, l'héroïne tueur de dragon de la mythologie nordique, ou de Harry Potter. Il ne s’agit pas davantage de meta-matériaux inventés par des scientifiques et détournés à des fins criminelles. Joël Jégouzo du Noir come polar a écrit sur ce polar : « Le terrain de l’enquête, et c’est toujours la singularité de cette inspiration romanesque, est ici la procédure. D’interrogatoires en logique : l’inculpation des tueurs. C’est elle qui relance la narration, au gré de la stratégie d’enquête policière mise au point en fonction des résultats obtenus. Au passage, elle nous révèle combien elle est exigeante, fragile, combien l’élément humain la détermine : l’intelligence, la sensibilité, la culture (et pas seulement criminelle) de l’enquêteur » et Murielle Kasprzak, du Journal de ma Corse: « La philosophie crée une atmosphère, tout comme la cartomancie qui est ici dévoyée car utilisée par un esprit malsain. Là encore, une autre passerelle est jetée entre l´universalité du jeu de tarot et des thèses philosophiques et les croyances exclusivement corses. À ses origines insulaires se mêlent l´histoire de la Russie, de la révolution rouge à l´éclatement du bloc soviétique, en passant la guerre froide et ses conflits annexes, comme l´Afghanistan ». Le prochain roman de Jean-Paul Ceccaldi, Complices obscurs , doit paraître prochainement chez le même éditeur.
Le quatre auteurs seront aussi présents au 2ème Festival du polar corse et méditerranéen prévu du 4 au 6 Juillet 2008 à Ajaccio avec la parution d’un recueil collectif de nouvelles au profit d’une association corse qui œuvre pour les personnes handicapées.

Noirs de Corse : Ces quatre auteurs participent activement au projet Noirs de Corse qui est le titre d’un recueil de 30 nouvelles noires à paraître au profit exclusif de l’association HANDI 20. Vous pourrez les contacter à ce sujet. Tous les renseignements sont donnés sur le site de l’association Corsicapolar et celui de Handi 20 aux adresses ci-dessous :
Corsicapolar : http://www.corsicapolar.eu
Handi20 : http://handi20.free.fr/
Les autres auteurs corses présents au Salon du livre de Paris sont : Eliane AUBERT-COLOMBANI, BATTI, Hervé BATTINI et Marie-Laure QUATRINI CECCALDI, André-Jean BONELLI, Michèle CASTELLI, DELAMBRE, Louis DOMINICI, Odile GLINEL, Yves GOULM, Francis HULOT-POZZO DI BORGO, Jean–Pierre LARMINIER, Pierre-Jean LUCCIONI, Pascal MARCHETTI, Jean-François MARCHI, Jean-Pierre MATTEI, David MEZZACQUI, Angèle PAOLI, Pierre POGGIOLI, Jean-Pierre POLI, Marie-Thérèse RAHNEMA, Eric RUCKSTUHL, Pierre-Dominique SAMMARCELLI, Sampiero SANGUINETTI, Ghislaine SICARD-PICCHIOTTINO, Paul SILVANI, Edmond SIMEONI, Michel VERGE-FRANCESCHI, Marie-Jean VINCIGUERRA.
A ne pas rater : la nouvelle réédition de L’anthologie de la littérature corse, ouvrage de référence écrit par Mathieu Ceccaldi aux Editions Alain Piazzola et à l’initiative de l’Association Mémoria bisinca dont deux représentants seront présents. Mathieu Ceccaldi est aussi l’auteur d’un dictionnaire corse-français plusieurs fois réédité.
 Sur le stand Corse, orné aux couleurs de la Collectivité Territoriale et de l’Association des Editeurs de Corse, seront exposés des panneaux, affiches et enseignes illustrant la politique de la Collectivité Territoriale de Corse en matière d’édition. Le visuel marquant la présence de la Corse au salon du Livre 2008 « La Corse à livre ouvert», sera également décliné en affichettes et marque pages afin d’être distribués aux visiteurs sur la durée du salon.
Publié le 11 mars 2008 à 10:01
Par flicorse
Jean Proal, ecrivain-poète
"Et il y a de la poésie dans son œuvre. C'est essentiel… Elle est là avec des bonheurs d’expression extraordinaires, des délicatesses émouvantes et surtout une perception aiguë de la vie profonde que cachent les humains silencieux… Il prend le lecteur et ne le lâche plus. Son style simple fait corps avec l’atmosphère". ( Louis Brauquier )
 Jean Proal, un romancier français qui mettait de la poésie dans ses écrits et dans sa vie. Il est né à Seyne-les-Alpes le 16 juillet 1904. Il écrit son premier roman Tempête de printemps à 28 ans. Des écrivains comme Max Jacob, Cendrars, Giono, Roger Martin du Gard, Marie Mauron... l'encouragent. Son œuvre se montera à une dizaine de romans et quelques autres récits ou entretiens. En 1950, il vient habiter Saint-Rémy-de-Provence où il se nouera d'amitié avec Aragon et des peintres tels que Hans Hartung, Mario Prassinos... Il reçut le Grand prix du roman de la société des gens de lettres pour De sel et de cendre en 1953 et fut Premier grand prix de Provence pour l'ensemble de son œuvre en 1961.
Par une écriture sobre, il voulait être : "un raconteur d'histoires humaines pour faire rêver les hommes. En somme être le prisme qui décompose la lumière."
A ses derniers instants en 1969, il écrivait ces mots : « C'est la lumière qui me fait respirer».
Jean Proal fut un homme de nature effacée et modeste, peu enclin à se faire valoir – ce qui ne favorisera pas son succès et surtout sa célébrité durable… Son écriture a été saluée par Louis Brauquier : « Il y a de la poésie dans son œuvre… Elle est là avec des bonheurs d’expression extraordinaires, des délicatesses émouvantes et surtout une perception aiguë de la vie profonde que cachent les humains silencieux… Il prend le lecteur et ne le lâche plus. Son style simple fait corps avec l’atmosphère. »
A la question « Pourquoi conserver la mémoire? » il a répondu : « C'est pour eux, c'est pour ma race, c'est pour ces durs paysans dont je regarde souvent la photo jaunie et qui sont les parents de mon père, ces durs paysans de la dure montagne, c'est pour mon grand-père le maçon, pour les ménages et les lessives que ma grand-mère allait faire chez les autres, c'est pour ceux-là que je n'ai pas connus: les paysans, les maçons, les cordonniers, les journaliers, tous ceux dont le sang a fait mon sang. C'est pour la peine sans gloire et sans profit qu'ils ont tiré toute leur vie obscure, c'est pour leurs mains crevassées, pour leurs yeux fatigués, pour leur échine endolorie. » Jean PROAL - Journal , 30 décembre 1935
En 1995 les Editions de l'Envol à Mane, en Provence, ont entrepris de rééditer l'œuvre injustement oubliée de Jean Proal, essentiellement les romans qu'il avait publiés chez Denoël entre 1932 et 1948. Cette belle initiative n'a pas eu le succès escompté et les Editions de l'Envol ont dû déposer leur bilan.
En mai 1998 a été fondée à Mane une Association des Amis de Jean Proal, qui a fait l'effort de racheter une importante partie du stock des éditions de l'Envol menacé de mise au pilon. Cinq titres sont désormais disponibles à leur adresse : amis.jean.proal@orange.fr.
Pourquoi conserver la mémoire de Jean Proal ? L’association des Amis de Jean Proal , qui a publié un premier bulletin, répond en présentant une biographie complète de l’écrivain à l’adresse ci-dessous :
http://www.litterature-lieux.com/EsMaker/index.asp?Clef=26&Page=1
Dans cette biographie, Louis Brauquier dit encore : « L'œuvre de Jean Proal est d'une qualité exemplaire. »
 La revue "JEAN PROAL, une écriture saisissante" propose, dans un entrecroisement constant, la présentation de la vie et de l'œuvre de l'auteur.
Le bulletin n°1 "JEAN PROAL, une écriture saisissante" est disponible à l'association. Publication par l'association, et écrit par Anne-Marie Vidal & Paul Peyre. Il est à 8 € pour les adhérents, 10 € pour les autres acquéreurs En cas d'envoi, ajouter 1,50 € Chèque à l'ordre des "Amis de Jean Proal"
Les titres disponibles des ouvrages de Jean Proal sont :
 Tempête de Printemps : Ce premier roman publié de Jean Proal , en 1932 par Denoël, fait partie du triptyque le " Maître du jeu " . L'écriture audacieuse restitue la singulière énergie torrentielle de la jeunesse, ses légèretés, ses tourments .
À hauteur d'homme, sa suite…
[Pour Tempête de Printemps, vous pouvez aller voir le journal de l’éditeur Robert Denoël – année 1932 à l’adresse ci-dessous: http://www.thyssens.com/01chrono/chrono_1932.php ]

Montagne aux solitudes : Paru chez Denoël en 1944 cet ouvrage est le récit, sous forme de journal, d'un amour contrarié qui nous conduit des forts de la rade de Toulon à Moustiers et la forêt d'Aups . Revient le thème récurent de la solitude, cette " solitude qui a fait le mal ".

De sel et de Cendre : Roman d'un douloureux et lucide amour secret, mais également roman de la Camargue, brûlante, âpre, où bêtes et gens doivent se battre pour gagner leur place au soleil . Paru chez Julliard en 1953 et couronné du grand prix du roman de la société des gens de lettres, l'ouvrage, vite épuisé, était devenu introuvable .

Histoire de Lou : Paru en 1995 chez Gallimard, cet hymne à la nature, la beauté, l'amour, plein d'humour, aux résonances subtiles d'une philosophie écologique tempérée, occupe une place particulière dans l'oeuvre de l'écrivain, oeuvre qui vit le jour grâce au soutien que ne cessa de lui prodiguer Jean Giono : " la source est bonne et l'eau est claire " .
Prix : 10 euros + Frais d'envoi (chèque à l'ordre de l'Association des Amis de Jean Proal) Les adhérents bénéficient de 20% de remise sur les rééditions de Jean Proal rachetées par l'Association.
On peut trouver en cherchant bien :
 Suite montagnarde : Paru en 1948 aux éditions Denoël, ce recueil de nouvelles est un hommage sobre et envoûtant à un bout de territoire niché dans les Alpes, ce pays où l'on "voyait s'arrêter les transhumants". Mêlant à la fois le récit, l'essai et des fragments de journal, Suite montagnarde s'attache à percer l'intimité de l'âme de ces citoyens exilés au bout des horizons, entre ciel et roche, entre pente et glace. La rudesse des sentiments, la solitude des hommes, la lutte "d'égal à égal" avec les bêtes, le bonheur de chasser la truite, des souvenirs précis d'enfance sont autant de dialogues silencieux et de traces invisibles qui guident le lecteur à travers les secrets d'un monde retiré. Attentif aux choses, Jean Proal dit d'une voix simple et authentique la peine et la joie, l'agonie et la jouissance d'habiter cette contrée -cette matrice- aux pouvoirs presque ensorcelants. Éditions de l'Envol
 S'ARRÊTER un moment avec Jean PROAL, Petit collectif autour de Jean Proal : Paul-Louis Bessy, Vincent Girard, Jacques Moulin, Jean-Yves Vallat, Anne-Marie Vidal, Jean-Paul Zuanon ...
L’avis éclairé d’une lectrice sur l’auteur : Lettres (extraits) de Fanny Dechanet-Platz ( chercheuse et universitaire) adressées à Madame Anne-Marie Vidal, Présidente de l'association des"Amis de Jean Proal" :
Pour "saluer Jean Proal" Je suis en train de finir Tempête de Printemps. C'est sans aucun doute l'un des plus beaux textes que j'aie lus sur l'adolescence et qui me fait penser à cette phrase de Proust dans les Jeunes filles : "L'adolescence est le seul temps où l'on ait appris quelque chose." Je suis surtout frappée par l'économie et la puissance (l'une s'alimentant de l'autre d'ailleurs, et le premier terme n'étant pas du tout péjoratif...) de l'écriture de Proal dans ce texte. Tant la forme de cette écriture que le fond. Les phrases sont simples, mais les mots choisis, ajustés. Ils frappent dans le mille. Quant à la peinture des hommes et de leurs luttes, je crois que c'est là que s'exprime le mieux cette puissance, le caractère torrentiel des sentiments, des rêves, des aspirations qui emportent toutes les convictions et les conventions sur le passage, transforment, transfigurent et finalement fondent l'être. Je vais poursuivre ces lectures avec vraiment l'impression de pénétrer une terre, un espace nouveaux. Je regarde les montagnes qui m'environnent différemment, je vous assure. Et elles me renvoient à l'homme. Je me dis d'ailleurs que ces montagnes dont parle Proal, le Pic, les travaux des champs, la cueillette de la lavande, tout, sans cesse, renvoie à l'homme, parle de l'homme, de ses exigences, de son exigence envers lui-même, de cette "hauteur d'homme" à laquelle on se mesure en toute circonstance. Sylvain se bat bien plus contre lui-même, à l'intérieur de lui-même (comme au début, lors de la périlleuse ascension) que contre les gendarmes, ses parents ou l'homme de la fête. Il se mesure. Il prend la mesure de lui-même. Et la présence de la montagne, peut-être, sa colossale et tranquille majesté, mais en même temps sa domination indubitable, rendent le défi plus difficile à relever. Cantonner Proal à l'étiquette d'un écrivain "régionaliste" paraît ainsi un contresens terriblement réducteur. C'est ne pas percevoir le sens du texte, qui est bien plus émotionnel, sensitif, intuitif, qu'intellectuel, me semble-t-il, et peut-être est-ce pour cela que certaines personnes n'y sont pas "sensibles". Les sentiments, les caractères sont traités par un poète et non par un romancier qui analyserait une situation ou des personnages. Ils sont donnés "en masse", "en bloc", "dans le vif". C'est ce qui me rend cette écriture bien plus chère. Je voulais vous écrire plus longuement d'abord pour vous dire mon enthousiasme à la lecture de Proal. Je suis très très profondément touchée par les deux premiers volumes, dont je vous avais déjà parlé, mais aussi par Les Arnaud, qui est de la même trempe. Firmin, Nore et Noël sont extraordinairement attachants. J'ai été soufflée par la première partie car on s'attend à la mort de Nore dès la première page et sa petite vie fragile nous tient en haleine pendant la moitié du livre! Tout le combat qui se livre dans la tête et dans le coeur de Firmin à propos de la route, visible seulement dans son espionnage des piquets, son refus ensuite de voir les ingénieurs travailler, le déplacement du piquet au pied de son arbre, et finalement, une forme d'acceptation revancharde avec les barrières de bois blanc, revanche balayée parce que la route ne se fera pas... tout ce combat est bouleversant. Je viens d'une famille de paysans, du côté de mon père, mon grand-père avait une ferme dans l'est de la France : je vous assure que je connais des visages qui auraient pu être celui de Firmin ! J'ai aussi beaucoup aimé Montagne aux solitudes parce qu'il réagence des thèmes présents dans les autres romans, mais d'une autre manière, notamment avec le motif des tableaux, qui disent ce que l'introspection n'a pas encore trouvé, avec le motif du journal qui fait jaillir le récit du personnage et lui donne sa consistance au moment même où il la cherche (c'est en quoi il m'a un peu fait penser à certains textes de Bosco). Et toujours cette absence de complaisance, cette adhésion des personnages à 100% avec eux-mêmes, sans compromission.
J'ai poursuivi mes lectures (Les Arnaud puis Montagne aux solitudes) et j'ai commencé hier Histoire de Lou. Comme vous voyez, toujours dans "l'ordre", même si je perçois bien les différences de style. Que vous dirais-je ? C'est magique ! Les trois premiers romans me renvoient à quelque chose de très personnel (je dirai de très "familial") dans leur dureté, le rapport à la terre, le silence des êtres. Il y a en revanche quelque chose de bosquien dans Montagne aux solitudes, mais coupant, âpre. On retrouve Bosco avec le motif du journal intime, de l'écriture à la recherche d'un sens notamment. Et l'origine de Jean, le personnage de son père font un peu penser aux Caraques de Bosco. Histoire de Lou (mais je n'ai lu qu'une trentaine de pages) m'a immédiatement fait penser à Giraudoux. La veine poétique et l'humour sont ceux d'Intermezzo, par exemple. J'aime énormément et je veux défendre ces textes. [Fanny Dechanet-Platz]
SITE DE L’ASSOCIATION : http://www.litterature-lieux.com/amis-jean-proal
BONUS : Si vous voulez faire des recherches sur des auteurs et des parutions au temps de Robert Denoël, vous avez un index sur le site du journal de l’Editeur à l’adresse suivante : http://www.thyssens.com/01chrono/xchrono.php
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