iBLOG précédent iBLOG suivant



Mon bloc perso.
Bonavinuta!
Bienvenue sur le blog Corse noir'soeur de vos nuits blanches
Blog non agressif et sans arrière-pensée. ..
Des articles après le Blog perso....
---- --------------- --------------- --------------- --------------- ----------

B log cousin de CORSICAPOLAR à l'adresse : http://www.cors icapolar.eu
-- --------------- --------------- --------------- --------------- -----------
RE NDEZ-VOUS:

- Rencontres littéraires du Barreau de Marseille le 12 DECEMBRE 2008, Maison des avocats
rue Grignan 13006 Marseille. de 11 heures à 18 Heures.

---- --------------- --------------- --------------- --------------- ---------
---- --------------- --------------- --------------- --------------- ---------
---- --------------- --------------- --------------- --------------- ---------
Opér ata "Noirs de Corse"

Initi é en Corse par l’association Handi 20, le projet d’éditer un recueil de nouvelles sur le thème du polar dans le but d’acquérir du matériel adapté aux personnes handicapées, prend en 2008 des allures de véritable challenge. Partenaire de ce projet solidaire en faveur de l’accessibilité , l’association Corsicapolar, organisatrice du premier festival du polar corse et méditerranéen qui avait obtenu un succès remarqué à Ajaccio en 2007, a décidé en effet de mobiliser toutes ses forces pour cette initiative.

Le blog des auteurs corses et amis de la Corse, www.corsicapola r.eu, a battu le rappel des troupes et les réponses n’ont pas été longue à venir. L’entraide n’est pas encore un vain mot. L’appel a été entendu par de nombreux auteurs et bien au-delà de l’île.

L’app el lancé par Fabrice Albertini, président d'Handi 20 a été entendu puisque 26 auteurs ont offert un peu de leur univers noir :

Trente nouvelles inédites signées par:
Arlette Shleifer, Claude Ferrieux, Danièle Piani, Denis Blémont Cerli, Elisabeth Milleliri, Eric Patris, Fabrice Albertini, Jacques Mondoloni, Jean-Louis Vassallucci, Jean-Michel Raffalli, Jean-Paul Ceccaldi, Jean-Pierre Orsi, Jean-Pierre Petit, Jean-Pierre Santini, Jeanne Tomasini, Jérôme Camilly, Marie-Catherine Deville, Marie-Hélène Ferrari, Martine Rousset, Michel Jacquet, Okuba Kentaro, Pierre-Paul Battesti, Pietr'Anto Scolca, Rémi Talbi, Ugo Pandolfi.

Pa trice Antona, chroniqueur de RCFM, a signé l'avant-propos.

Cet ouvrage a fait l'objet de nombreuses souscriptions et sera vendu et dédicacé à l'occasion du deuxième festival du polar corse et méditerranéen qui se déroulera du 4 au 6 juillet 2008 à Ajaccio. On pourra également le trouver sur le car ferry Danielle Casanova lors de la traversée Marseille-Ajacc io départ le 3 Juillet 2008 en soirée.

Tout es les informations sont données sur le site de Corsicapolar à l'adresse ci-dessous:
http://www.cors icapolar.eu

Pour les commandes aller sur le site Handi 20 : http://handi20. free.fr/
Courr iel : handi20@free.fr

----------- --------------- --------------- --------------- --------------- --

LES DERNIERS ARTICLES/

- Plus 6 dans la collection Nera d'Albiana
- Polar nostalgie: Pierre Very, auteur.
- La mémoire longue de Didier Daeninckx
- L'année pleine de Serge Scotto...
- Le polar en région Paca
- Le sel de la mer, film d'Annemarie Jacir
- De la galéjade à la sérénade: l'art d'aimer à Marseille.
- Un livre à la mer, 4ème édition du festival à Collioure,
- Bois de l'enfance, premier ouvrage de Sophie Bureau.
- Polar en île: festival à Ajaccio du 4 au 6 juillet 2008.
- Philippe JEROME, auteur côte d'azuréen au festival corse du polar...
- Maurice Gouiran ne ratera pas le bateau pour le festival corse du polar...
- Gilles Del Pappas , de retour au festival corse du polar
- Serge Scotto, revient à Ajaccio pour la seconde édition du festival corse du polar...
- Michel Jacquet, auteur provençal au festival corse du polar
- André de Rocca, un Corse marseillais au festival corse du polar...
- André Fortin, auteur marseillais au festival corse du polar...
- Ysa Dedeau, auteure seynoise au festival corse du polar...
- José Lenzini, auteur toulonnais au festival corse du polar...
- Thomas Labat, auteur marseillais Rock'nRoll au festival corse du polar...
- Jean-Pierre Petit, Avignonnais de retour au Festival corse du polar...
- Lilian Bathelot, Languedocien au Festival corse du polar...
- Un pruneau tiré sur les livres...
- Jean-Patrick Manchette, 13 ans déjà!...
- Gildas Girodeau, un Catalan à Ajaccio... dernier opus: "Nuclear parano" qui fait froid dans le dos!
- Les trois coups des Tchapacans...
- Le Giallo sarde invité en Corse...
- Corse + Polar = mc² en juillet prochain...
- Réalités et fictions policières - point de vue suite 2/2.
- Réalités et fictions policières - point de vue à suivre 1/2...
- Polar en région et polar corse
- Réalités et fictions corses
- Néo-polar versus polar... roman noir après Mai 68...
- Jean-Pierre Santini, écrivain et éditeur corse dans l'actualité littéraire en 2008

------- --------------- --------------- --------------- --------------- ------

Les dix droits imprescriptible s du lecteur ( édictés par Pennac dans son ouvrage "Comme un roman")
1°/ Le droit de ne pas lire.
2°/ Le droit de sauter les pages
3°/ Le droit de ne pas finir le livre
4°/ Le droit de relire.
5°/ Le droit de lire n’importe quoi.
6°/ Le droit au Bovarysme (maladie textuellement transmissible…)
7°/ Le droit de lire n’importe où.
8°/ Le droit de grappiller.
9°/ Le droit de lire à haute voie.
10°/ Le droit de nous taire.

----------- --------------- --------------- --------------- --------------- --

A dopu!
A plus tard!
Ma photo
Corse noire
Publié le 29 mai 2008 à 16:02
Par flicorse
Gildas Girodeau revient avec « Nuclear parano » au Festival du Polar corse et méditerranéen d'Ajaccio en juillet 2008 :




Le 3 juillet 2008, à Marseille, des auteurs de polars embarqueront sur le car ferry Danielle Casanova pour la traversée vers Ajaccio où se déroulera le festival du polar corse et méditerranéen du 4 au 6 juillet. A bord se trouveront une quinzaine d’auteurs parmi lesquels le Catalan Gildas Girodeau.

Gildas Girodeau, passionné de mer et de voile, a participé à de nombreuses compétitions et traversées de l'Atlantique en voilier. Dirigeant d'entreprise, il mènera avec une bande de copains la franchise " Subchandlers ", spécialisée dans la plongée sous-marine, à la notoriété internationale. Mais c'est au lycée Arago, de Perpignan, que sa passion pour l'écriture prend ses sources, ainsi que dans le bouillonnement politique et culturel des années 70. Aujourd’hui oléiculteur, Il continue à aimer la mer au travers du patrimoine maritime catalan, dont il est l’un des spécialistes. Il a été édité pour la première fois en 2005, par Cap Béar Editions, à Perpignan.



La Retirada, le vin, la peinture, les magouilles politiques, les révoltes des vignerons, la tauromachie, les serial killer, la prostitution, les barbouzes... autant de thèmes du polar catalan avec ses auteurs qui se sont réunis pour la première fois lors d'une conférence au festival Polar et BD à Port-Vendres 2 (le retour), le 14 mai 2006 : René Grando (Tapas bulgares pour Germinal Poco), Gildas Girodeau (Rouge tragique à Collioure), Claude Delmas (La vie va vite en août) et Gil Graff (Chronodrome), le Flamand Dirk de Vos (la trilogie Would-be dont Le lézard espagnol) et le Gascon-Catalan François Darnaudet (la trilogie noire dont Le dernier Talgo à Port-Bou), sans oublier Ward le Basque (Meurtre à Aimé Giral)…

Polar catalan en librairie ( Cliquer)

En juillet 2007, Gildas Girodeau était venu au premier festival de polar corse et méditerranéen avec un personnage récurrent apparaissant dans deux ouvrages. Il revient en 2008 avec le troisième volet de ce qui est maintenant une trilogie où, en marin, il sait laisser sa part à l’imaginaire du lecteur. Son héros, Paul Feder, prend chair en même temps qu’il garde son mystère. Nous l’avions laissé charpentier de marine sous une fausse identité dans une île grecque, nous le retrouvons marin solitaire amarré à un quai de Port Vendres dans «Nuclear parano ». En quittant Paris, pour revenir sur la côte catalane, il est passé par une île lointaine. Son chemin de retour devait passer par la mer, cette mer où l’on peut tout jeter, ses péchés, ses chagrins, ses angoisses ; cette mer-dépotoir qui nous renvoie l’infiniment bleu, ce bleu infini qui referme le sillage du passé englouti ; cette mer qui nous offre un nouvel horizon… après chaque escale, un nouveau port…

Il vient à l’esprit cette anaphore du poète irlandais William Butler Yeatz…

Vents désespérés qui se lamentent sur les flots mouvants
Vents désespérés qui planent au couchant
Vents désespérés qui heurtent aux portes du ciel et frappent aux portes de l’enfer où ils précipitent vingt spectres frémissants


Paul Feder l’a peut-être déclamée sur la route maritime de l’île de Kyros après l’épisode de "Rouge tragique à Collioures". Dans le premier volet "Malaguanyat", on l’apprend qu’il un idéaliste révolutionnaire et qu’il a laissé les armes sans renier ses convictions. D’origine catalane et donc Méditerranéen, c’est aussi un marin dans l’âme. Ayant quitté Paris où il travaillait dans un laboratoire d’analyse, il s’est installé, à la fin de Rouge tragique à Collioures, sur une île grecque pour revenir, avec Nuclear parano, à ses racines : la côte catalane. Il organise des charters sur sa goélette pour les estivants et, pour passer l’hiver, il s’amarre aux quais de Port Vendres. Sans qu’il les cherche, les emmerdements viennent à sa rencontre par le biais de son entourage ou de vieilles connaissances. Dans Nuclear parano, c’est un marin comme lui, Loïc Lebozec, qui, de nuit, vient gratter sur son panneau de descente aux cabines et le tirer de sa carrée. Paul ouvre et se retrouve mêlé à une affaire d’Etat liée à l’énergie nucléaire et des suicides bizarres chez des scientifiques. Bizarre ! Vous avez dit bizarre ! Mon dieu que c’est bizarre. Et les bizarreries ne manquent pas dans ce polar documenté. L’ouvrage est dédié aux militants antinucléaires et aux nageurs de combat utilisés pour de mauvaises raisons. La fiction vous laisse à la fin un goût amer de réalisme. L’Etat français n’a-t-il pas caché les dégâts de Tchernobil pour préserver les intérêts économiques et militaires du Nucléaire ? On se souvient de l’épisode de Rainbow Warrior. Qu’arriverait-il en cas de catastrophe nucléaire en France ? Dans le roman de Gildas Girodeau, des sentinelles d’un réseau dit Nuclear Watch traquent les pollutions nucléaires sur le Globe et sont les cibles des services secrets. L’une d’elle, Laure Blanchet est retrouvée au pied de la falaise du Cap Bearn. Le commissaire Costes est chargé de l'enquête avec une équipe dont les deux principaux éléments sont un flic vindicatif et sa collègue douée d’un instinct redoutable lorsqu’il s’agit de dégainer. Que fait Paul Feder au milieu de tout cela, sachant qu’il est sollicité de toutes parts, y compris par un scientifique américain qui lui met dans les pattes sa fille, une beauté farouche mais pas indomptable ? …

Comme les deux volets précédents, Gildas Girodeau sait captiver le lecteur tout en traitant d’un sujet sérieux et sans tomber dans le documentaire ou le discours politique. En bon marin et comme Ulysse, il sait naviguer entre Charybde et Scylla. Son roman tient la route par les temps qui courent. Comme un livre s’écrit à deux (l’auteur et le lecteur), il sait habilement laisser sa part au lecteur qui peut imaginer, entre deux volets de cette trilogie, le cours de la vie d’un personnage dont le courage est de ne pas fuir son destin en essayant de maintenir le cap par tous les vents et même dans la tempête.



Rouge tragique à Collioure (2007):

Extrait :
" Il faisait un vrai temps d’hiver dans le midi. Le vent du nord soufflait en tempête, dans un ciel cristallin ou aucun nuage ne parvenait plus à s’accrocher. Le petit cimetière était noir de monde. Paul frissonna, il avait oublié les morsures du vent. Le cercueil descendit au bout de ses cordages. Les fossoyeurs avaient du mal car son ami était lourd, lourd comme cette peine qui l’écrasait. C’était cette nuit. Dans l'appartement du 14 éme arrondissement de Paris, où Paul vivait depuis dix ans, un téléphone avait sonné. Au bout du fil, il ne reconnut pas la voix, tant elle était cassée, rompue. Cette voix venait d’ailleurs, d’un monde de tristesse lointain et monotone qu’il ignorait. "

L’auteur est un enfant de Collioure, amateur d'art, de vin du terroir et passionné de la Méditerranée. Il a signé un polar dont l'histoire aux accents du sud se déroule sur la Côte Vermeille : Rouge tragique à Collioure. Ce qui semble l’œuvre du destin cache souvent les machinations les plus terribles. Rouge tragique à Collioure annonce la couleur de l'intrigue... Rouge comme le vin qui, selon la Bible, est le sang du Christ. Un vigneron, François lègue, après sa mort accidentelle, une bouteille de vin à son vieil ami Paul Feder. Cette bouteille apparaît comme jetée à la mer et donc porteuse d’un message. Paul Feder travaille dans un laboratoire d’analyse. Le vin rouge Collioure est un vin de caractère, équilibré et puissant. Il accompagne avantageusement les viandes rouges, gibiers et fromages de caractères. Dans la bouteille de François, que contient ce breuvage ? … In vino, véritas ! … Et cette vérité se révèle pleine d’emmerdements pour Paul mais aussi pour Deby la gamine de François et Janne, l'épouse californienne. Jane et le passé resurgit avec des amours adolescents de Paul...

Autre extrait :
« … mais ce qu’il aimait le plus, en fait, c’était d’être intégré dans ce groupe d’humanité. Oui, ici jean avait sa place, il était l’un des leurs. De ce respect mutuel, de cette générosité des gens qui n’ont presque rien mais qui sont toujours prêts à partager, il avait tiré un équilibre, une force de vivre qu’il croyait bien avoir perdue. Ici sa vie avait un sens. »



Malaguanyat Terminus Béar Aux éditions Cap Béarn Editions :

La quatrième de couverture :
" Paul Feder était confortablement installé dans ses emmerdements, quand Nathalie remit les pieds dans sa vie. Un jour, il y a bien longtemps, Nath avait planté Paul sans dire autre chose que " perds pas ton temps à me suivre, tout est fini " et voilà qu'elle l'alertait de son retour en France à bord d'un cargo brésilien. Pourquoi revenait-elle et pourquoi l'en informait-elle ? Parce qu'elle était en fuite et avait un service à lui demander, " un vrai gros service. Est-ce par curiosité ou pas fidélité au passé que Paul honore le rendez-vous que lui a fixé Nath à Brest ? Qui sait et qu'importe… Gildas Girodeau signe un polar sous lequel semble se cacher l'ébauche d'un autre roman, celui d'une génération. Il fut un temps, il y a bien longtemps, où des hommes et des femmes, en Espagne, en Grèce, au Nicaragua et ailleurs, combattaient les dictatures au nom de la liberté et du socialisme, peut-être inspirés par la lecture de " Matérialisme dialectique, matérialisme historique et psychanalyse ". Mais aujourd'hui, beaucoup ont déposé les armes. Certaines de ces reconversions ont été synonymes de passage à l'ennemi … Paul Feder n’est pas passé à l’ennemi. Voilà qui pourraient rebuter les amateurs de pur polar, qu'ils se rassurent, rien ne manque à " Malaguanyat terminus Béar " ni les cadavres, ni les tueurs, ni les femmes… ni le plaisir de lire une intrigue fort bien ficelée… ni celui de visiter le Pays catalan…

Extrait :
" Le taxi avançait péniblement sous une pluie battante. La chaussée qui serpentait dans ce coin perdu était inondée, de grandes gerbes d'eau jaillissaient sous les roues impatientes. Enfin, il ralentit puis s'arrêta devant une auberge plantée au milieu de la lande. Le chauffeur se retourna :
- Ça fait seize €
L’homme tendit un billet de vingt et laissa la monnaie.
- Merci Monsieur, attendez ! Je vais prendre un parapluie et vous accompagner à l'auberge, la pluie va vous…
Mais déjà la portière claquait, l'homme était parti. Le chauffeur incrédule suivit du regard la silhouette qui s’éloignait sur le chemin menant à la Pointe Saint Matthieu.
- Bin çui là, il n’a pas peur de l'eau au moins ! Bon Dieu ! Moi qui croyais qu'il allait à l'auberge, mais qu'est ce qu'il va foutre par là-bas?"



Gildas Girodeau a ecrit une nouvelle fantastique « La dernière fanfare» Editeur : Mare nostrum (2007)

Extrait :
" Le cri s’éleva pendant que la mère s’écroulait, évanouie. Il se propagea dans les rues de Céret tel un météore. Boulevard Jaurès il réveilla la plupart des clients de l’hôtel Vidal. Boulevard Joffre, il fit sursauter le garde municipal en faction devant la mairie. Jean-Luc, le libraire du " Cheval dans l’Arbre ", tressaillit à son passage, laissant tomber la pile de livres qu’il dépoussiérait. Marx, Engels et Sartre s’étalèrent sur la moquette. Plus personne ne lisait ce genre de littérature et Jean-Luc les contempla avec désespoir. Finalement, le cri finit sa course rue de la République chez José, le toiletteur pour chien. Bouleversé par la violence de ce cri venu agoniser dans son échoppe, il en oublia le caniche nain qu’il tondait et se fit mordre jusqu’au sang. "




Gildas Girodeau embarquera le 3 Juillet prochain en soirée à Marseille sur le Car ferry Danielle Casanova pour se rendre au 2ème festival de polar corse et méditerranéen qui se déroulera du 4 au 6 juillet inclus à Ajaccio sur la place Foch, face à la mairie. Des dédicaces auront lieu à bord du bateau de la SNCM, partenaire du festival.




Publié le 26 mai 2008 à 16:43
Par flicorse
Avant-première de la comédie "Madame Olivier" jouée par une troupe de Tchapacans





Debout : Daniel Gomez, Michel Jacquet, Médéric Gasquet-Cyrus, Michel Sanz, Gilbert "Tonton" Donzel, André de Rocca.

Assis : Serge Scotto, Eva Magny, le chien Sausicsse.






Que font-ils ? et Qui sont-ils ?


Vendredi dernier 23 mai à Septèmes les vallons, la salle « Louis Aragon» de cette ville accueillante était pleine pour une représentation en avant première.

Dans cette pièce de théâtre, les Tchapacans font un simulacre de procès à l'Académie de Marseille. Rapidement les rires ont éclaté et ont accompagné tout le spectacle donné par des acteurs qui, malgré ce public dissipé (mais à qui la faute ? …), s’en sont donnés à cœur joie, sans perdre le fil loufoque d’un procès déjanté.

L’affaire s’annonçait pourtant grave puisqu’il s’agissait de l’honneur de Madame Olivier, victime d’une discrimination lexicale sous le prétexte fallacieux qu’elle vivait de ses charmes. L’Académie de Marseille a refusé sa présence dans le dictionnaire du parler marseillais. D’abord, il faut signaler qu’il n’y a aucun lien avec le procès Fourniret et aucune parenté avec la compagne du tueur en série. Mme Olivier est une Marseillaise pur sucre des raffineries Saint Louis dans les quartiers nord de la cité phocéenne.
Malheureusement décédée, elle était désavantageusement représentée à la barre par ses deux enfants qui, adultes, n’en sont pas moins restés au stade freudien de polymorphes pervers. Le fils Olivier (Michel Sanz ), supporter de l’OM et voleur d'après-skis, n’est pas sorti d’une habituelle Pagnolerie mais a plutôt la tchatche du stade vélodrome et des cités populaires. La fille Olive ( Gilbert Donzel dit « Tonton », seul comédien déjà membre de la troupe célèbre Quartier nord) est une grosse cagole et une pouffiasse comme sa mère. Leur défenseur est un certain André de Rocca plus vrai que nature avec ses effets de manches incontrôlés. Notre trio va pousser au bord de la crise d’hystérie la présidente du tribunal automédicalisée( Eva Magny) et le policier chargé de l’enquête (Michel Jacquet ), frustré de ne pouvoir utiliser un botin sur la tête du fils Olivier et rendu dépressif par l’objet de sa mission. Le procureur de la république Serge Scotto, à cause de ses initiales, est affublé d’une moustache hitlérienne et apparaît comme le psychopathe de la bande avec ses tics et ses accents teutons. A côté de lui l’avocat de l’Académie de Marseille ( Daniel Gomez) s’évertue à placer des phrases qu’il espère d’anthologie avec l’accent pieds noirs, tout en citant sa grand-mère comme seule référence littéraire. Il ne manquait qu’un expert et c’est le linguiste Médéric Gasquet-Cyrus qui joue son propre rôle dans l’esprit de ce tribunal, c’est-à-dire la démesure, les quiproquos et les calembours qui s’enchaînent sans temps mort.

Tous les acteurs ont contribué à une profusion de jeux de mots et de pantomimes hilarantes dans un exercice difficile puisqu’il leur fallait éviter les écueils de la vulgarité. Le temps est passé très vite avec, au bout, le risque d’une déchirure musculaire des zygomatiques pour ceux qui n’ont pas l’entraînement quotidien d’un Méridional.

Début d’exégèse de l’expression "Mon vier, Madame Olivier ! "

« On a trop souvent jeté l’opprobre sur mon vier : il est temps de redresser cette injustice. Sans faire de viers, justement (c'est-à-dire sans faire de chichis… quoique), parlons du vier. Certes, le mot désigne vulgairement la verge, le pénis, le membre viril, le vit, le…oui, le sexe masculin. Mais n’oublions pas que le vier fait aussi la joie des zoologues maritimes férus du vier marin. Ce dernier n’est en rien le muge d’un matelot, ni la verge d’un capitaine, mais bien une holothurie, cet échinoderme de forme allongée muni de ventouses sur la face ventrale et de papilles rétractiles sur la face dorsale. En provençal (langue qui aime bien les images), on l’appelle aussi councoumbre de mar voire chichi de mer. Restons dans la métaphore animalière avec le vier d’âne (en provençal vié d’ase) qui désigne de manière triviale l’aubergine (la merinjano), mais aussi le sexe masculin. Mistral signalait dans son trésor dou Félibrige que la locution sies qu’un vié de muou (« tu n’es qu’un vier de mule ») signifie « tu n’es qu’un imbécile »… et n’oublions pas le fameux vier d’ours !
Après ces allers-retours, revenons à mon vier, puisqu’on l’a souvent à la bouche, cette expression. L’interjection « mon vier ! », à juste titre considérée comme un juron, marque le faîte de l’exaspération et de l’énervement. « Mon vier ! » s’exclame le bricoleur mains de pàti, lorsqu’il se tanque le clou dans la main ; « mon vier ! » jure l’automobiliste marseillais, lorsqu’un piéton traverse au passage clouté, l’obligeant ainsi à ralentir de 10 km/h ; « mon vier, eh ! » tonitrue au bout du fil le client exaspéré de jongler aves les touches de son téléphone pendant qu’une voix pré-enregistrée lui dit : « Nous n’avons pas compris votre demande, veuillez taper sur * puis _ puis choix 1 ou -* choix 6 ou rappeler demain à partir de 9 heures… » ; « eh mon vier maintenant » gronde le chirurgien qui se rend compte qu’il vient d’oublier son i-Pod au fond de la panse de madame Gonzales, qu’il vient juste de recoudre…
Quant à madame Olivier, elle en a vu passer, des viers ! Mon vier, madame Olivier ! est sans doute l’une des expressions marseillaises les plus authentiques… »
(Propos de Médéric Gasquet Cyrus dans Marseille en V.O. octobre 2007)

Nous ajouterons une galéjade : « Pourquoi les femmes devraient -elles se laver la bouche avec du "cif" ? La réponse est : Pour ne pas rayer les viers ».

Donc, si un Marseillais vous dit « Mais quel gros vier ! », vous pouvez considérer à juste titre qu’il s’agit d’une insulte. Si un Marseillais vous dit : « Il n’y a pas de quoi en faire un vier », comprenez: "il n’y a pas de quoi en faire une histoire, un drame, une dispute". Par contre «mon vier, Madame Olivier !» est une interjection vulgaire marquant l'indignation, la déception, le refus, la méfiance, la colère. Cette interjection a une suite, je cite :
" Mon vier madame Olivier, votre chien encule le mien et vous ne dites rien."
On peut aussi rajouter :
" Hé ! ça leur fait du bien".

Le sujet sera défloré, sans huis clos, avec une tirade dite par Serge Scotto sur le fondement à 2 euros de l’outrage fait à Saucisse dans le rôle du chien violé.

Dans le récit inachevé de Gustave Flaubert, Pécuchet disait que les animaux avaient aussi leurs droits, car ils ont une âme, comme nous, si toutefois la nôtre existe ? En 1978 fut proclamée à la Maison de l’Unesco la déclaration universelle des droits de l’animal. Tout naturellement Saucisse, le chien célèbre de Serge Scotto est venu témoigner dans le rôle de la victime car victime il y a, puisque l’expression «mon vier, Madame Olivier ! » peut se prolonger par «votre chien a enculé le mien… ». Finalement, ce sont les jurés qui auront le dernier mot, c’est-à-dire le public. Vendredi dernier, Mme Olivier est virtuellement entrée dans le dictionnaire du parler marseillais devant un parterre de connaisseurs. Espérons qu’il y aura de nombreuses voix (ou "voies") de recours… à condition de ne pas changer les acteurs de ce tribunal aux assises comiques.

La comparution d’ un animal devant un tribunal ne fut pas toujours un sujet de comédie burlesque. En France, des procès ont été intentés à des animaux accusés d’un délit, un crime ou un dommage comme il l'aurait été à un être humain, en principe seul sujet de droit ou justiciable. Ainsi, au Moyen Âge et bien après, on condamna à la potence ou au bûcher des vaches, ou des truies. De même, l'Église étendit ses excommunications des hommes aux animaux : rats, mouches, sauterelles, taupes, poissons ; tout membre de la faune pouvait y succomber. Ainsi, en 1596, le port de Marseille fut obstrué, non pas par une sardine, mais par une quantité prodigieuse de dauphins. Le cardinal légat Acquaviva, qui habitait Avignon, délégua l'évêque de Cavaillon pour les exorciser. Le prélat partit sur-le-champ pour Marseille, se rendit au port et procéda à l'exorcisme en présence des magistrats et d'une foule énorme de curieux. Défense fut faite aux dauphins de rester dans le port. Les poissons se le tinrent pour dit et ne reparurent plus. Fornery, Histoire du Comtat-Venaissin. Le chien de Mme Olivier aurait pu ainsi tomber sous les Fourches Caudines de l’Etat ou de la religion. Aujourd’hui, il n’a valu à cette dernière qu’un refus académique qui fera un succès théâtral.



Alors, nous disons un grand bravo et bon vent aux Tchapacans pour la prochaine saison théâtrale qui devrait les compter dans le programme de quelque grande salle marseillaise… En attendant, trois d’entr’eux sont retenus pour le festival du polar corse et méditerranéen, non pas pour les différencier des autres membres de cette troupe, mais parce qu’ils écrivent aussi des polars entr’autres talents dans leurs multiples vies. Le Samedi 5 juillet vers 18 heures, aux Ajacciens et aux gens de passage à Ajaccio, les polardeux comédiens André de Rocca, Michel Jacquet et Serge Scotto feront l’amitié de présenter sur la place Foch ( place des plamiers pour les Ajacciens) un extrait de la pièce sous la forme d’un sketch adapté à la circonstance et au lieu.



Publié le 22 mai 2008 à 11:17
Par flicorse
Giulio Angioni et Giorgio Todde invités à Ajaccio en juillet prochain:


" Selon certaines sources, le choix adopté par Mondadori de vouer sa collection de romans policiers au jaune faisait référence , et à une aventure de Sherlock Holmes de Conan Doyle parue dans le Strand Magazine vers 1891, et à un texte de Robert Browning évoquant une affaire d'homicide survenue en Italie au XVIIe siècle dont il aurait lu les détails dans un "old yellow book" acheté en Italie. Le premier "libro giallo" paraît en 1929. Et cette expression de giallo ne s'appliquera pas à une littérature policière italienne, mais désignera, ni plus ni moins, des romans policiers. L'essentiel du fonds giallo sera anglo-saxon : Erle-Stanley Gardner, Ellery Queen, SS Van Dine, Agatha Christie, J-D Carr, Rex Stout.Puis Mondadori s'assurera l'exclusivité de Simenon en Italie. Plus tard, des auteurs italiens vont entrer dans la danse, Giorgio Scerbanenco en tête… " Sur le Giallo, commentaire d’Elisabeth Milleliri , journaliste et romancière.

Au 19ème siècle, il existe des romans populaires italiens dont les thèmes ont été repris par le cinéma italien. On peut citer Za la mort et les Souris grises, feuilleton d’Emilio Ghione ( résumé du 1er épisode «La Busta nera » : Za-la-Mort et Za-la-Vie vivent retirés à la campagne avec la vieille tante Camilla. Un jour, Za recueille Leo, un pauvre orphelin affamé. Cette bonne action déclenche la guerre entre Za et la tristement célèbre bande des Souris Grises, habitants des égouts, qui, battus pour la première fois, promettent une vengeance sanguinaire).

Avec " Il capello del prete " ( Le chapeau du prêtre) , le roman policier sort du feuilleton en 1887. (Un baron à la vie dissolue tue un riche prêtre et jette son corps dans un puits. Grâce à l'argent volé, il continue sans vergogne à mener une vie luxueuse, mais le remords de ce crime finit par le rattraper, et le mène jusqu'à la folie. Le roman d’Emilio De Marchi sera adapté au cinéma en 1943).

Puis L’éditeur Mondadori crée ses livres jaunes, d’où vient l’étiquette " Giallo " collé au polar italien. Les premiers auteurs italiens sont Alessandro Varaldo ( inventeur du commissaire romain Ascanio Bonichi) Enzo D’Errico ( qui met en scène un clone de Maigret) Augusto De Angelis ( et son commissaire De Vincenzi) et Tito Spagnol… Dans la lignée anglo-saxone, va s’imposer Giorgio Scerbanenco avec son personnage d’Arthur Jelling, archiviste de la police de Boston. Après la guerre et le fascisme, de nouveaux auteurs ( Giuseppe Ciabattini, Tresoldi et Boero) et de nouvelles collections apparaissent comme les " Gialli Garzanti ". De son côté, Scerbanenco invente un nouveau héros détective, le docteur Lamberti. Carlo Fruttero et Franco Lucentini ( dont " La donna della domenica " a été adaptée au cinéma par Comencini) sont traduits dans plusieurs pays d’Europe. On peut citer aussi Mario Soldati, Antonio Perria et Attilio Veraldi qui se sont essayés au roman policier.

En référence à la première collection à couverture jaune, on sent chez les auteurs italiens, la volonté de plonger dans leurs racines, leur langue, d’écrire avec passion sur leur ville, leur région et ses habitants. Certains font resurgir les mots oubliés, les dialectes inusités, les coutumes ancestrales et racontent l'histoire chaotique d'une Italie diverse.

Sur le site Cairn l’article « Le roman policier italien : entre mystère et silence… pose la question : « Existe-t-il un roman policier italien ? »



C’est avec Leonardo Sciaccia que le roman prend prise avec le réalité de la société italienne ( la corruption , la mafia…) Il invente, pour dénoncer la main mise de la Mafia sur la Sicile, la forme du « roman-enquête » (le Jour de la chouette, 1961 ; À chacun son dû, 1974) ; il décrit aussi, plus généralement, la dérive des institutions politiques italiennes (l’Affaire Moro, 1979). Proche de Sciascia, le Sicilien Andrea Camilleri, mêlant enquête sur la mafia et jeux sur la langue, réinvente l’Italien illustre » dans la Forme de l’eau (1994). Du même auteur, le Jeu de la mouche (1995) analyse cette prégnance du dialecte, comme l’Opéra de Vigàta restitue la Sicile des notables du xixe siècle.

A lire: Portraits d’écrivains

La nouvelle génération a fourni de nouveaux noms comme Carlo Lucarelli, Marcello Fois, Andréa G. Pinketts, Cesare Battisti…

Enzo Russo, avec son " Nessuno escluse " a écrit sur les particularismes régionaux de l’Italie. Le doyen sicilien Andrea Camilleri, inventeur du commissaire Montabalno, a fait passer les frontières au polar sicilien et, comme Jean-Claude Izzo en France ou Vasquez de Montalban en Espagne, symbolise l’émergence de ce polar régional, urbain ou de terroir.




Luca Crovi , né en 1968, journaliste, scénariste, critique, éditeur, spécialisé dans le polar et le thriller. Il est l’auteur d’un opus sur le polar italien : Tutti i colori del giallo. Il giallo italiano da De Marchi a Scerbanenco a Camilleri. Marsilio. Venezia, 2002. 364 p. (Toutes les couleurs du polar. Le roman policier italien de De Marchi à Scerbanenco à Camilleri.)



Vidéo ci-dessous:
mms://media.mi.interact.it/Interactv/NonLeggere/56k/LucaCrovi.wmv

Ce livre comprend plus de trois cent soixante pages pour évoquer toutes les nuances de ce " Jaune " désignant le polar italien. Crovi fait une approche en partie chronologique et en partie générique, dans un long parcours historique qui commence à la fin du dix-neuvième siècle (vers la fin des années 1880, avec la publication de ce Cappello del prete (Le chapeau du curé) de De Marchi) et qui voit le roman policier naître d’une profusion de feuilletons, et jusqu'à l’époque contemporaine marqué par le Sicilien Andre Camilleri…. " Parallèlement, il nous entretient également du destin du polar à la télévision et au cinéma, ainsi que dans la bande dessinée, disserte sur les illustrateurs des collections les plus connues (les grands Giove Toppi et Walter Molino entre autres), fait un crochet du côté des femmes écrivains qui ont su se créer une bonne place dans le marché ces quelques dernières années, et s'amuse à reconstituer l'histoire des imitations, des plagiats et des hommages dont a été victime en Italie le grand-père de tous les détectives, Sherlock Holmes. Sans oublier bien sûr un chapitre sur le roman policier historique (Umberto Eco, seul connu à l'étranger, n'est pas le seul à connaître) et des présentations assez approfondies des deux auteurs qui ont le plus influencé l'évolution et la réception du genre : Camilleri, justement, et avant lui Giorgio Scerbanenco ".

Voir compte rendu sur site Belphégor :

On trouve dans " Tutti i colori del giallo " la saga des " Libri gialli Mondadori "( livres jaunes de l’Editeur Mondadori), à partir donc de 1929. Ce premier âge de grand essor du polar connaîtra cependant un temps d'arrêt entre 1941 et 1947 (fascisme).
Cet ouvrage encyclopédique accompagné de réflexion est un outil de référence pour ceux qui veulent mieux connaître les " Jaunes " italiens et comprendre la place du polar dans la culture italienne.

Vous pouvez retrouver un article de réflexion sur le polar italien : "Le noir Italien : ni bûcher , ni Nobel" sur le site Corsicapolar.eu.


Le roman est un genre qui a eu du mal à s’enraciner en Corse ou la culture est de tradition orale, donc plus tournée vers la poésie et le théâtre. La littérature orale corse n'a jamais été fermée sur elle-même et visait à intéresser toutes les classes de la société. Les œuvres circulaient sur l’île, véhiculées par les bergers transhumants, les marchands ambulants, les colporteurs et de simples voyageurs. Elles s'exportaient parfois au-dehors, notamment vers les îles voisines comme la Sardaigne qui est la plus proche. En Sardaigne presque tous les écrivains sont bilingues. Même s’ils ont émigrés sur le continent, même s’ils écrivent le plus souvent en italien leur style a gardé une certaine « sarditude » de style et de contenu. Ils utilisent les images, les proverbes et des tournures de phrases empruntées au patrimoine de la langue sarde.

Site sur la littérature sarde
et Accueil du site



Ferrandi Jean-François, économiste, a été en poste à Bruxelles et, ces dernières années, à Rome et à Genève, pour la commission Européenne. En 1982, dans la première assemblée de Corse il a occupé la présidence de la commission où il a planché sur la reconnaissance du peuple corse et l’enseignement de sa langue. Il a écrit « La Corse dans le miroir sarde ». Dans cette étude économique il fait le parallèle entre la Corse et la Sardaigne, îles voisines, jumelles qu’un mur invisible construit par la folie des hommes et des Etats a séparé longtemps. Il a tenté d’y percer quelques fenêtres. Il voulait tracer quelques pistes d’un avenir commun. Cet ouvrage est sorti à L’Harmattan en 1999.

Au prochain festival du polar corse et méditerranéen, deux Sardes, Giorgio Todde et Giulio Angioni, sont annoncés. Il s’agit de deux auteurs à succès en Italie et dont certains ouvrages ont été traduits par des éditeurs français.



Giorgio Todde est chirurgien de l'oeil, son scalpel autopsie la noirceur du monde. «Pour moi, dit-il, écrire est une réflexion sur la mort et la mort la plus stimulante pour la pensée est la mort par assassinat ». Il exerce à Cagliari, en Sardaigne, où il est né. Il écrit depuis l'âge de vingt ans, tous les jours et s’en explique :

- "Enfant, lorsque, en vacances, je regardais un coucher de soleil, j'étais pris immédiatement à la gorge par l'angoisse la plus douloureuse. J'ai compris plus tard que c'était mon rapport avec la mort, la perte du corps qui était en jeu. Et c'est encore comme ça, même si maintenant je vais mieux. Le paysage est tout pour moi, parce qu'il est, après le mamelon maternel, la deuxième attache identitaire. Le reste vient après. Je suis pessimiste, car les êtres humains s'habituent à tout, aux banlieues les plus dures, aux camps de concentration, aux dépaysements les plus inhumains. Un peuple qui sauve son fromage de brebis et détruit le paysage est un peuple qui mérite de disparaître. Dans mes romans, je ne décris jamais le paysage, parce que, j'en suis convaincu, on ne peut pas le faire. Tu peux parler de ce qu'on ressent, mais notre langue n'a pas les moyens de rendre ce qu'on voit. Le paysage nous englobe et nous repousse à la fois, nous laissant anéantis sur son seuil, comme vidés de notre propre substance humaine."
- " J'avais une honte extrême d'écrire. C'était une chose si intime que j'en avais honte comme d'aller nu dans la rue. Un jour qu'on était à la mer, mon frère aîné, musicologue à l'université de Florence, est tombé sur des papiers de moi. Il m'a dit que c'était très bien. Je lui ai montré d'autres choses, et il m'a poussé à publier. J'ai une énorme confiance dans son jugement esthétique. Le narcisse qui somnole en chacun d'entre nous a fini par prévaloir. Cela se passait en l'année 2000. En 2001, j'ai fait éditer l'Etat des âmes (Albin Michel 2003). J'écris depuis que j'ai vingt ans. En gros, un roman par an. J'en ai rédigé une trentaine, dont la plupart attendent d'être publiés. Certains sont plus ou moins prêts, mais il y a beaucoup de travail d' editing, de scalpel et de polissage. Parfois, il y a quatre ou cinq fins, et il faut en choisir une. C'est très excitant, comme si on se mettait à refaire la création. "
- " Le passé, c'est la seule chose qui me fait sentir justifié dans le monde. Je trouve ma consolation dans le fait que des gènes sont venus de très loin jusqu'à moi, génération après génération, d'espèce en espèce, depuis l'origine de la vie. Je suis évidemment darwinien comme tout être civilisé et agnostique. Sans foi aucune, mais habité par une très forte exigence religieuse, je me console en contemplant cette continuité animale, d'où je proviens. Je crois même que l'ADN n'influence pas que la forme de notre nez ou de nos yeux mais aussi nos pensées."
- " Dans mes romans, il y a toujours le mort, ou si l'on veut la mort. Pour moi, écrire est une réflexion sur la mort et la mort la plus stimulante pour la pensée est la mort par assassinat. Celui qui a vu vraiment un mort assassiné fait une expérience sur laquelle il va réfléchir, consciemment ou inconsciemment, toute sa vie. Le mort assassiné a encore sur son corps la main de l'assassin, son souffle. Tu la vois, tu la sens, tu la humes, cette présence. J'étais étudiant quand j'ai vu mon premier assassiné, tué à la serpe, par son beau-frère. Tuer quelqu'un à la serpe demande un très grand savoir-faire. La serpe t'attrape au cou puis l'autre tire. Ce qui n'est pas évident. Chez Agatha Christie, le mort est ionisé, propre sur lui, il ne perd pas de sang, il ne pue pas. Il est vite oublié, ce qui compte, c'est trouver l'assassin. "
- " J'ai la manie, de par ma formation, de la classification, du tableau, qui est la pulsion la plus grande de mon écriture. J'écris pour essayer de mettre de l'ordre, sans quoi j'aurais fini probablement dans un hôpital psychiatrique. Dans la médecine, tout est classé, répertorié, et pourtant on ne comprend absolument pas pourquoi il me vient à moi un infarctus et à toi une tumeur. Je sais très bien que classer ne résout rien, mais ça me calme de savoir où j'en suis."

Le site eddyburg.it, de l'urbaniste Edoardo Salzano, recueille les chroniques de Giorgio Todde que l'auteur tient régulièrement dans le journal La Nuova Sardegna. Georges Todde est sarde et ophtalmo. Ses adversaires sont ceux qui pourraient voir, mais ne le veulent pas. À eux il dédie chaque quinze jours un article sur la Nouvelle Sardaigne. Ses articles proposent sa Sardaigne (qui aussi est celle de Renato Soru). Ses articles parlent à toute l’Italie et au monde.

Quelques ouvrages traduits en français :



Giogio Todde a mué en héros de roman policier le Docteur Efisio Marini, étrange expérimentateur sur cadavre du 19ème siècle. Sa première enquête, "L'État des âmes", est sorie en France chez Albin Michel. L’état des Ames est un polar récompensé par le prix Berto, autant dire le Goncourt en Sardaigne. On le trouve en Folio policier, n°378, paru en 2005. Il est traduit de l'italien par Thierry Laget.

1892. Dans le petit village d’Abinei, rien ne croît ni ne diminue, les décès sont exactement compensés par les naissances. Bref, quand quelqu'un naît, quelqu'un meurt...
• C'est un vrai polar. Avec un meurtrier et son complice — et je ne vous dirai pas qui. Avec trois victimes, dont une très jolie femme qu'Efisio Marini va momifier après l'avoir autopsiée. La première victime est une veuve âgée, morte de la consommation d'une hostie empoisonnée. Comment cette hostie a-t-elle pu arriver dans le ciboire et passer entre les mains du curé ? La seconde victime, c'est la belle Graziana Bidotti : n'est-ce pas elle l'assassin puisque Milena Arras voulait la déshériter ? Et quand meurt le gros député libéral Rais Manca, ne peut-on pas supposer que l'assassin est un de ces bandits illettrés tel Serafino Lovicu ? Beaux contrastes entre ces bandits et le curé qui cite Xénophon en plus d'être latiniste. Mais qui n'est pas troublé par les beaux yeux de Graziana ? Même l'auteur, qui sait de quoi il parle, étant ophtalmologue.
• C'est une histoire sarde. Avec forte chaleur, femmes tout en noir, bandits de grands chemins et débiles qui prennent le maquis et deviennent bergers de chèvres qui se gardent toutes seules. L'action se passe principalement dans un village hors du temps et perdu dans la montagne, Abinei, où la population stagne, avec ses huit cents âmes que décompte le curé, don Càvili, lui qui connaît à l'unité près, le nombre des hosties qu'il lui faut consacrer chaque dimanche. S'il calcule le nombre exact des habitants, tenant l'état des âmes, ce n'est pas parce que l'Institut italien de statistiques n'existe pas encore, mais parce qu'à chaque naissance dans le village correspond une mort qui équilibre le nombre des vivants. L'accoucheuse met le curé au courant des futures naissances et il peut se soucier des futurs défunts. Plusieurs personnages semblent avoir l'esprit aussi tordu que les chênes rabougris qui poussent sur les versants de la Barbagia. Ce milieu a attiré des chercheurs avant d'inspirer Giorgio Todde. En 1897, Alfredo Niceforo a publié une théorie scientiste sur "La Délinquance en Sardaigne". Ce milieu sauvage, Maurice Le Lannou l'avait superbement étudié dans sa superbe thèse de géographie : "Pâtres et paysans de la Sardaigne" (1941).
• C'est un hommage à un savant du XIXè siècle. Dans cette île du Mezzogiorno, qui en est en 1892 plus près de l'âge du bronze qu'à l'âge du bronzage, l'enquête de la police est évidemment animée par un officier venu du Nord, le capitaine Pescetto, vite exaspéré par la situation insulaire et l'archaïsme de la mentalité du village sarde. L'enquête est aussi et surtout menée par le médecin Efisio Marini (1835-1900), un personnage réel qui allie la psychologie à ses connaissances médicales, et que ne découragent pas les 170 kilomètres de routes poussièreuses qui séparent Cagliari du terrain des crimes. Ce Merisi était célèbre pour ses momifications par pétrification et Napoléon III lui a décerné la Légion d'honneur. Il était aussi inspiré par les recherches sur la forme du crâne, et lorsqu'il visite Lovicu en prison, le voyant atteint d'épilepsie, il tient à mesurer son crâne : " Il est dolicocéphale ! Alfredo Niceforo, tu t'es trompé ! Alfredo, tu n'es qu'un âne! Lovicu est dolicocéphale, comme moi, comme vous, capitaine !"



La peur et la chair :

Après L'état des âmes, paru en français en 2003, voici un autre roman policier de Giorgio Todde, situé comme le précédent en Sardaigne à la fin du 19è siècle. Dans La Peur et la Chair, un médecin de Cagliari, auteur d'un procédé de pétrification des cadavres, enquête sur les mœurs étranges de ses concitoyens et sur un trafic d'opium. La "présence oppressante des éléments physiques, voire physiologiques, la chair et la pierre, le sec et l'humide, confère au roman une atmosphère saisissante" (Le Monde des Livres, 18/02/05). Traduit par Vincent Raynaud, Albin Michel, "Carré jaune"



Cagliari, 1861. On retrouve au pied d'une falaise un homme, le crâne brisé, le bras droit méticuleusement découpé et jeté dans une barque. C'est un notable : l'avocat Giovanni Laconi. Dans l'île, devant les disparitions qui se multiplient, on parle d'histoires anciennes, de vengeance, d'une créature mi-bête, mi-homme… Le peuple, habitué aux secrets, épouvanté, se terre et se tait. Efisio Marini, jeune médecin proche de la famille du mort, sera mêlé à l'histoire ; une bien terrible histoire en vérité ; de celles qui, leur tour venu, nourriront elles aussi les plus effroyables superstitions. Avidité, sensualité, amours malsaines et secrets de famille inavouables : Giorgio Todde n'a pas fini de nous hanter...



Folle bestialité (référence au 11ème chant de l’Enfer de la Divine Comédie qui évoque les trois dispositions que le ciel de tolère pas : Incontinenza, malizia e la matta bestialitade) est le troisième roman traduit en français du sarde Giorgio Todde. Traduit de l’italien par Vincent Raynaud. Albin Michel " Carré jaune ".
Quinquagénaire grisâtre, Ugolino est météorologue depuis 26 ans. Fin prévisionniste, il se trompe rarement. Il a conçu une théorie sur la "climatologie sociale", un parallèle entre comportement humain et météo. Il est discrètement amoureux de Gilda, sa collègue depuis douze ans. Le soir où elle lui donne enfin rendez-vous, elle meurt peu avant, assassinée dans sa baignoire. Le curieux commissaire Ferfuzio enquête. Selon le psy traitant Gilda, elle était équilibrée, normale. Pourtant, elle sympathisa avec Cosmino, un patient obsédé par les excréments. Le policier imagine une piste "intestinale".
Professeur et écrivain, Costante est le meilleur ami d’Ugolino. Ayant changé son mode de vie et son aspect, le météorologue espère cerner le caractère profond de Gilda. La réponse peut se trouver dans les livres qu’elle lui a légué. L’universitaire Sperlengo est assassiné, écorché vif. Dans son coffre-fort, on découvre un texte rappelant ceux de Dante. Costante confirme qu’il s’agit d’un chant inconnu de la " Divine Comédie ", sur le thème de la Folle Bestialité. Ce poème "intestinal" apporte une certaine notoriété à Costante, qui fait des conférences sur ce texte.
Sœur aînée de Gilda, Emilia devient l’amante d’Ugolino. Un 3e homme est cruellement assassiné. On ne voit pas de lien avec Gilda, comme s’il s’agissait de brouiller les pistes. Le fou Cosmino et le psy sont hors de cause : Ferfuzio les estimant en danger, ils étaient sous la protection de la police. Sans délaisser la belle Emilia, Ugolino tente une expérience de méditation. Il s’essaie avec succès à la lévitation. Survoler les faits, pour mieux comprendre...
On est ici aux antipodes du roman policier ordinaire. Bien sûr, sous une chaleur écrasante, la météo joue son rôle. Les références à Dante et à son œuvre sont affichées. Mais on retient d’abord les personnages : Ugolino qui ressemble à un petit chien, tandis que Costante a l’allure d’un grand insecte, et le policier possède un laid visage "cubiste". On sent qu’une forme de folie relie les protagonistes de l’affaire. Derrière une apparente normalité règne la Folle Bestialité, à l’exemple du fou Cosmino. Si le sujet est abject ou sordide, le récit est plein d’inventivité et de fantaisie – voire de drôlerie. La narration poétique et souriante relativise les crimes, mais l’intrigue reste subtilement présente. Voilà un roman délicieusement déroutant.
voir article sur le site Libération.



Giulio Angioni, né en 1939 à Guasila, est anthropologue et écrivain. Il enseigne l'anthropologie culturelle à l'Université de Cagliari, en Sardaigne, depuis 1981. Depuis1992, il est président de la Societé des Europeanistes -Europeanists Society, qui siège à Bruxelles. Il est le rédacteur de diverses revues scientifiques et nomamment d’ Europaea. Il est considéré, avec Sergio Atzeni et Salvatore Mannuzzu, comme l’ un des premiers écrivains de la nouvelle vague du roman sarde contemporain de résonance européenne. Il aime signaler qu'il a eu comme maîtres Ernesto De Martino et Alberto Mario Cirese, qui a étudié et enseigné en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne.

Site officiel de l’auteur
Site de la rivista internazionale Europaea :

Giulio Angioni est l’auteur de nombreux romans dont " L’Or Sarde ", le premier traduit en français aux Editions Métailié (2003)



L’Or sarde traduction de L'oro di Fraus, publié par Editori Riuniti en 1988, puis Il Maestrale en 1995.:
Le récit nous entraîne alors au plus profond d’une Sardaigne intérieure remplie de mystères. Entre légendes locales, rumeurs incessantes et l’ombre de la mafia qui plane sur ce étrange univers, notre héros, mi-flic, mi-humaniste, risque bien d’exhumer quelques mythes enfouis depuis bien longtemps et d’y laisser sa peau. Avec un récit nerveux, sans respiration, Giulio Angioni, livre une histoire étrange sur laquelle plane de nombreuses ombres et où les forces obscures occupent un rôle à la mesure de l’atmosphère qui s’y dégage. Ce polar antipolar se joue dans une Sardaigne qui n'a jamais été racontée comme l’auteur le fait.

Fraus est un petit village typique de Sardaigne, où rien de bien grave n'arrive jusqu'au jour où un Benvenuto, gamin du village, disparaît et est retrouvé mort, quelques jours plus tard, dans le puits sacré de Cavanna. Veneranda, le seul maire philosophe d'Italie, qui pense qu'un maire doit tout faire et savoir au sein de sa communauté, qui sait "que le maire est le plus haut responsable de la police de sa commune", décide de mener l'enquête. Ce sera haut, épique, loin d'être de tout repos, mais surtout dangereux et imprévisible.
"Je ne sais pas comment je vais donner la mesure de mes idées et le ton de sentiments que je ne domine pas"… Récit enfiévré de cette enquête haletante, L'or Sarde marque par son ton et sa vie de village, où tout le monde cause, chacun a un avis et l'expose, où les propos vont toujours en s'amplifiant, parfois jusqu'à l'absurde, et où "on a plus de chances de tomber sur une sorcière que sur une intellectuelle".

Cliquer sur Premier chapitre à lire...

Presse :

" Il faudra toute l'obstination et le courage du maire de la ville, le narrateur, pour traquer la vérité ailleurs. Par exemple jusqu'au fond des galeries désaffectées de la mine de talc : l'or sarde. Pour le coup, on n'hésitera pas à qualifier de joyau ce premier roman traduit en français de Giulio Angioni, anthropologue italien qui en a écrit bien d'autres sur cette Sardaigne où ce sexagénaire vit depuis toujours. D'où cette empathie mêlée de nostalgie pour l'île et ses habitants qu'il met en scène autrement qu'en simple guide touristique ". France Soir, 01/01/2004

" Giulio Angioni est né en 1939. Aussi son île est-elle son monde, à plusieurs titres. Un : il a toujours vécu là; deux : anthropologue, il en a fait l'objet de son métier; trois : écrivain de polars à ses heures, il ne saurait imaginer un instant qu'ils se passent ailleurs. Le lieu justement de l'Or Sarde est un petit village que le rapt d'un enfant maquillé en viol (ou le contraire ou autre chose) plonge dans l'émoi, la douleur et la stupeur. Ici, le mal ne peut venir que de l'extérieur, des profondeurs de l'histoire ou des contrées lointaines. Celui qui mène l'enquête est un petit maire divers de gauche, ancien communiste, ancien soixante-huitard, ancien élève d'un collège religieux, actuel professeur de philosophie, porté à la dispute, aussi rêveur que têtu, courageux parce que trouillard, cherchant un avenir à un bled ne vivant que du passé. Soudain, ce qui n'existait que dans les chroniques sanguinolentes du continent semble avoir élu domicile dans ce trou du cul du monde. Et si les puissances infernales de la mafia et de la drogue, de mèche avec les pouvoirs de la politique et de l'argent, avaient voulu faire d'un village somnolent l'épicentre d'horribles trafics, non sans gêner le vol de goélands et exhumant au passage des mythes enfouis? " Libération, Jean-Baptiste Marongiu, 25/09/2003.

Bibliographies des romans noirs publiés en Italie :
L’oro di Fraus (Editori Riuniti 1988, Il Maestrale 1998), traduit en français " L’or sarde ".
Il sale sulla ferita (Marsilio 1990),
Una ignota compagnia (Feltrinelli 1992),
Lune di stagno (Demos 1995),
Il gioco del mondo (Il Maestrale 2000),
Assandira (Sellerio editore 2004)
Alba dei giorni bui (Il Maestrale 2005) - Aube des jours boeufs (le Mistral 2005), le Prix Giuseppe Dessì 2005
Vincitore XX° Premio G.Dessì 2005 Sez. Narrativa.
La pelle intera (Mistral), 2007
Afa (Sellerio 2008)






En 2006
, après les policiers , Angioni est passé au roman historique en voulant réhabiliter Sigismondo Arquer, brulé par l'inquisition en 1571... tout un programme dans Les flammes de Toledo pas encore traduit en français :Le fiamme di Toledo (Sellerio editore 2006) Prix Corrado Alvaro 2006, Prix International Mondello 2006.

Et deux nouveautés en Italie :

La pelle intera ( Editions Mistral 2007) : Après les flammes de Toledo, cet autre roman est plus bref. L’auteur décrit la détresse dans laquelle on peut se trouver dans une tragédie collective comme celle de la seconde guerre mondiale et l'occupation allemande, spécialement pour les plus jeunes sollicités et obligés à prendre parti avec les armes en poing. Efis Brau, le protagoniste, est un adolescent confronté à une telle tragédie. Mais le pelle entière est avant tout un livre qui naît d'une forte exigence de récit et donc de sens sur la catastrophe tragique d'une des plus terribles guerres dans lesquelles nous avons été impliqués au cours de ces derniers siècles.

Afa (Sellerio 2008)
: Un homme ordinaire, Josto Melis, directeur d'un journal local, passe ses lourdes journées estivales entre le siège du journal, son appartement avec une terrasse et les dîners importants d'un homme qui est momentanément seul en ville, femme et fille étant en congé au bord de mer. Le roman s'ouvre sur un diner de travail qui se termine de façon imprévue : une femme vient s’asseoir à côté de lui, lui fait une scène de jalousie et s’éclipse. On pense à une erreur de personne. Toutefois le tintinabulement de ses bracelets et le parfum obsèdent Josto hanté par une antique divinité féminine. Il n’est plus comme avant et cette divinité féminine va l’obséder. Un appel téléphonique donné à son épouse rendue jalouse. Dans l’étrangeté de ces jours d'un été lourd, Josto sent le besoin de revenir dans son pays natale pour se confier à don Agostino, un prêtre, un ami et un confident. Le retour improvisé vers ses racines se transforme en matériel journalistique sans répondre vraiment à son attente. Il interrompt son voyage intérieur entre passé et présent, entre des souvenirs et des mythes, entre des suggestions levées du mystère de cette rencontre et curiosité. Retour en ville, dans les brumes du soir, la même femme, sans nom et sans visage, revient s'asseoir près de lui pour une brève conversation, avant de disparaître à nouveau. Il reste dans l’équivoque et le mystére…

Des « démons terribles sont craints encore ici chez nous » , constate l’auteur de ce roman qui sonde des peurs ancestrales et des croyances irrationnelles dans une « île de pierre ».
Tous les renseignements en italien

BONUS : Vous trouverez un dossier sur l’évolution de la littérature italienne sur le Site Encarta.


Publié le 13 mai 2008 à 10:43
Par flicorse
Deuxième édition du Festival du polar corse et méditerranéen :




Le premier festival de polar corse et méditerranéen a eu lieu du 6 au 8 juillet 2007 à Ajaccio sous l’égide de Corsicapolar, association d’auteurs corses de polar. Cette première édition a rencontré un réel succès et l’aventure se poursuit…

Voilà venue la deuxième édition qui se déroulera du 4 au 6 juillet 2008 à Ajaccio où la SNCM débarquera des auteurs corses et amis de la Corse qui rejoindront les auteurs insulaires. Sur place la radio corse RCFM sera au rendez-vous.

« C’est au moment fort d’une prise de conscience que la littérature régionale émerge de par la volonté d’un groupe qui la voit comme un bien collectif important à revendiquer et à développer »
(Elodie Charbonnier)

« Cette universalité –société, police, crime, nature humaine – permet d’avancer que le genre policier, qu’il soit français, anglais, espagnol, russe ou japonais, s’abreuve à des sources communes, auxquelles bien entendu, il convient d’ajouter celles propre au génie et à l’histoire de chaque peuple »
(Roger Martin)


Lettre de la Présidente et du Secrétaire de l’association Corsicapolar :

« Néra é Giallo in Aiacciu »
Le polar dans la rue.



Corsicapolar avait organisé en juillet 2007 son premier Festival du polar corse et méditerranéen. Aux dires de nombreux participants et d’observateurs ce Festival a connu un bon succès. Cela nous a incité à renouveler notre initiative. Elle se tiendra les 4, 5 et 6 juillet 2008 sur la place Foch.

Près de cinquante auteures et auteurs en provenance de Sardaigne, de Grèce, de Catalogne, de Toscane, d’Emilie-Romagne, du Languedoc-Roussillon et de Corse rivaliseront dans le bon sens du terme pour délivrer des pistes, des indices - à travers des centaines d’ouvrages, de dédicaces - aux amateurs de polars, amis et curieux qui ne manqueront pas de venir à leur rencontre.

Le programme sera enrichi cette année par des débats et une représentation théâtrale.

Le Festival du polar sera l’occasion de montrer l’existence d’une littérature policière méditerranéenne digne d’intérêt. Une littérature diverse, mais unie, bien vivante en pleine croissance, reflet des réalités complexes qui caractérisent nos différentes régions.

Donc un événement culturel et littéraire à ne pas manquer et benvinuta a tutti i autori, amichi è appassiunati di a litteratura pulizziesca.


Le programme

- Le 3 juillet, au départ de Marseille en direction d’Ajaccio. A bord du Napoléon Bonaparte.

Dédicaces en présence d’une quinzaine d’auteurs de Provence, du Languedoc-Roussillon et de Catalogne, en collaboration avec la Sncm.

- Le 4 juillet, ouverture du festival sur la place Foch à 10 heures.

Présence d’une quarantaine d’auteurs y compris de Lombardie, de Toscane, de Sardaigne et de Corse.
A 18 heures réception officielle.
A partir de 20 heures, nocturne jusqu’à 24 heures.

- Le 5 juillet, ouverture du festival au public à 10 heures.

A 18 heures, place Foch, un extrait de la pièce « Mon vié Madame Olivier », interprété par la troupe des Tchapacans de Marseille.
A 18 heures 45, café littéraire au Capitole, place Abattucci. Thème : « le polar entre réel et imaginaire ».
A partir de 20 heures, nocturne jusqu’à 24 heures.

- Le 6 juillet, ouverture du festival au public de 10 à 19 heures.

- Tout au cours du festival, interviews d’auteurs et d’amateurs de polars en collaboration avec la radio Rcfm. Chants et musiques méditerranéens.

- Le 7 juillet, au départ d’Ajaccio en direction de Marseille à 19 heures, le festival s’achève sur le Danielle Casanova. Dédicaces en présence des auteurs de Provence, du Languedoc-Roussillon et de Catalogne, en collaboration avec la Sncm.




Operata Noirs de Corse:

Des informations sont et seront données sur le site http://www.corsicapolar.eu

Un partenariat a été signé avec
France bleu Frequenza Mora pour la promotion d'un recueil « Piccule fictions » de 30 nouvelles inédites écrites par 26 auteures et auteurs corses ou ami(e)s de la Corse, recueil édité par et au profit de l’association corse Handi20 qui œuvre pour améliorer le quotidien des handicapés en Corse et l'accessibilité de lma Corse à tous.


Arrêt sur le programme :





Dans le programme, deux événementrs à signaler dès à présent : L’extrait par trois auteurs-comédiens polardeux d’une pièce qui s’annonce comme un succès théâtral à Marseille, et un débat littéraire. La date en a été mathématiquement calculée en fonction du lieu : la Corse.

Polar + Corse = aime ces deux… Einstein a établi l’équation entre le polar et la Corse et pose 2A + 2B = 20. Si A = B , nous aurons donc : A + B = 10 soit A=5 et B = 5… Les chiffres parlent et c’est bien le 5 juillet qu’auront lieu les deux événements.


Cliquer sur image...


« Madame Olivier !… » est une farce réaliste marseillaise écrite, mise en scène et ralisée par la troupe Les Tchapacans. L’inspiration est venue d’une vieille expression marseillaise « Mon vier ! Madame Olivier » dont un linguiste a donné la génèse que nous reproduisons : "Mon vier, Madame Olivier ! " On a trop souvent jeté l’opprobre sur mon vier : il est temps de redresser cette injustice. Sans faire de viers, justement (c'est-à-dire sans faire de chichis… quoique), parlons du vier. Certes, le mot désigne vulgairement la verge, le pénis, le membre viril, le vit, le…oui, le sexe masculin. Mais n’oublions pas que le vier fait aussi la joie des zoologues maritimes férus du vier marin. Ce dernier n’est en rien le muge d’un matelot, ni la verge d’un capitaine, mais bien une holothurie, cet échinoderme de forme allongée muni de ventouses sur la face ventrale et de papilles rétractiles sur la face dorsale. En provençal (langue qui aime bien les images), on l’appelle aussi councoumbre de mar voire chichi de mer. Restons dans la métaphore animalière avec le vier d’âne (en provençal vié d’ase) qui désigne de manière triviale l’aubergine (la merinjano), mais aussi le sexe masculin. Mistral signalait dans son trésor dou Félibrige que la locution sies qu’un vié de muou (« tu n’es qu’un vier de mule ») signifie « tu n’es qu’un imbécile »… et n’oublions pas le fameux vier d’ours !
Après ces allers-retours, revenons à mon vier, puisqu’on l’a souvent à la bouche, cette expression. L’interjection « mon vier ! », à juste titre considérée comme un juron, marque le faîte de l’exaspération et de l’énervement. « Mon vier ! » s’exclame le bricoleur mains de pàti, lorsqu’il se tanque le clou dans la main ; « mon vier ! » jure l’automobiliste marseillais, lorsqu’un piéton traverse au passage clouté, l’obligeant ainsi à ralentir de 10 km/h ; « mon vier, eh ! » tonitrue au bout du fil le client exaspéré de jongler aves les touches de son téléphone pendant qu’une voix pré-enregistrée lui dit : « Nous n’avons pas compris votre demande, veuillez taper sur * puis _ puis choix 1 ou -* choix 6 ou rappeler demain à partir de 9 heures… » ; « eh mon vier maintenant » gronde le chirurgien qui se rend compte qu’il vient d’oublier son i-Pod au fond de la panse de madame Gonzales, qu’il vient juste de recoudre…Quand à madame Olivier, elle en a vu passer, des viers ! Mon vier, madame Olivier ! est sans doute l’une des expressions marseillaises les plus authentiques, même si elle a été injustement oubliée par le dictionnaire du marseillais de l’académie. Heureusement, un groupe de citoyens a imposé un procès pour réhabiliter la mémoire de madame Olivier…
» Médéric Gasquet Cyrus dans Marseille en V.O. Octobre 2007 - Edition le Fioupelan.

Ils en ont fait une pièce de théâtre, Madame Olivier (farce bouffonne marseillaise), dont l’extrait joué par nos amis André de Rocca, Michel Jacquet et Serge Scotto (sociétaires de la troupe Les Tchapacans) devrait ravir les Corses qui ont autant d’humour que les Marseillais. Marseille compte 150.000 résidants d’origine corse : Faut-il le rappeler ?

L’avant-première de cette comédie est prévue pour le 23 mai 2008 à Septèmes-les-Vallons. Jean-Pierre Orsi et Jean-Paul Ceccaldi, membres de Corsicapolar, y assisteront.


Cliquer sur image...


Le débat littéraire au Café des Lettres « Le Capitole » : Un café littéraire est un lieu de réunion où l'on parle de littérature, échange des idées, écoute des extraits de livres lus par des comédiens, assiste à des spectacles érudits tout en dégustant un café, ou autre boisson. Dans le cadre du Festival et avec le concours de Pierre-Paul Battesti de l’association Isula viva, le « Café des Lettres » se mettra au polar pour un soir.

Adresse : Restaurant Le Capitole, place Abattucci 20090 Ajaccio - Tél. 04 95 22 34 29.

Cliquer sur les logos pour entrer sur les sites...




A SUIVRE...


Pages : 1 2
Mon calendrier
< Mai. 2008 >
L M M J V S D
   1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031 
Contactez-moi
Mail :
Trafic
Noter ce blog :
1 5
2 connectés
144776 visiteurs
Agrégateurs RSS
bloglines
google
netvibes
newsburst
newsgator
pluck
yahoo