Bonavinuta!
Bienvenue sur le blog Corse noir'soeur de vos nuits blanches
Blog non agressif et sans arrière-pensée. ..
Des articles après le Blog perso....
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RE NDEZ-VOUS:
- le jeudi 22 octobre 2009, aux Docks du Sud pour la Fiesta Stand de la librairie L'écailler, Marseille ( à partir de 20 Heures).
- le 24 octobre et le 7 novembre 2009 devant les Caves provençales, Cours Louis-Blanc à la Seyne sur Mer de 10 heures à midi..
- 5 décembre 2009, Salon Culture et écriture Institut Perrimond Roucas Blanc Marseille 7ème
- Les 20, 23 et 24 décembre 2009 Cultura La Valentine Marseille
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CHANTS CORSES: Pas de lien MP3 mais de l'écoute en ligne aux adresses ci-dessous...
Radio Alta Frequenza
ht tp://www.alta-f requenza.com/in dex.php/fr/webr adios
Radio Voce Nustrale
htt p://adecec.net/ radio/listen.as x
Sur Radioblog
ht tp://www.radiob logclub.fr/sear ch/
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Le 1er juin 2009 à 22H15 .... 200.000ème visiteur I
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Les dix droits imprescriptible s du lecteur ( édictés par Pennac dans son ouvrage "Comme un roman")
1°/ Le droit de ne pas lire.
2°/ Le droit de sauter les pages
3°/ Le droit de ne pas finir le livre
4°/ Le droit de relire.
5°/ Le droit de lire n’importe quoi.
6°/ Le droit au Bovarysme (maladie textuellement transmissible…)
7°/ Le droit de lire n’importe où.
8°/ Le droit de grappiller.
9°/ Le droit de lire à haute voie.
10°/ Le droit de nous taire.
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A dopu!
A plus tard!
Publié le 30 juin 2006 à 15:17
Par flicorse
Jean-Luc LUCIANI , auteur de romans juniors et de polars
Jean-Claude Izzo a ouvert la voie du polar marseillais et la grande voie de Marseille, c’est la Canebière, une avenue qui, à elle seule, symbolise le polar marseillais. Comme elle, il se jette dans la Méditerranée et nous embarque sur le ferry boat pour des voyages dans les îles lointaines de l’imaginaire. Jean-Luc Luciani a d’abord embarqué sur le grand paquebot de l’Education nationale. Il fait aussi naviguer les juniors sur les esquifs littéraires qu’il leur destine. Il est, depuis 2004, le capitaine de la collection Cannelle. Aujourd’hui, il affronte des tempêtes fictionnelles sur le radeau de la méduse, celui des polardeux marseillais avec des recueils collectifs de nouvelles et des polars. Le 14 et 15 juillet prochains, Jean-Luc Luciani sera présent au festival du roman noir et méditerranéen de La Roque d’Anthéron où vous pourrez le rencontrer pour des dédicaces. Comme d’autres auteurs, qui sont devenus des caciques, et à 45 ans, il a déjà plusieurs vies professionnelles et littéraires. Les quartiers Nord de Marseille, où il est né et où il vit aujourd’hui, ses voyages, ses jobs successifs, ses réussites et ses échecs ont façonné son humanisme. Il a d’abord trouvé le regard des enfants avant celui des adultes. Il a intitulé son site « Au jour le jour ». En 1983, Il avait créé une maison d’édition « utopique et provisoire » qui avait édité un premier recueil de Nouvelles, regroupant 11 auteurs marseillais : « Ecritum humanum est ». Voilà trois indices « à méditer » sur la personnalité de Jean-Luc Luciani , pour qui « un bon éditeur est un éditeur qui médite »… mais que me dites-vous , Jean-Luc Luciani ? Pour le savoir, nous lui avons proposé notre interview en quatre questions à la suite de la présentation de ses deux derniers polars. Puzzle noir :  Comment reconstituer le puzzle d’une mémoire plongée dans le noir ? Dans la douleur. Il y a des souvenirs qu’il vaudrait mieux oublier et qui se rappellent à Maryse Aubanel par vengeance. La vendetta n’est jamais frappée d’amnésie et ajoute du rouge sang dans l’obscurité de noirs desseins. Pour l’héroïne, l’oubli serait-il un refuge et la vérité, les morceaux d’un puzzle qui, recomposé, réinvente un passé inattendu? Un léger bruit dans le moteur : 
Selon Freud, un enfant est un pervers polymorphe et selon Sartre, restera un être en devenir. Dans une famille recomposée, quelle conséquence peut avoir « un léger bruit dans le moteur » ? Une panne ? Un arrêt fatal dans le devenir ? Lorsque vous aurez lu cet opus, vous ne regarderez plus votre enfant ou votre petit frère de la même façon.
Entretien avec Jean-Luc LUCIANI en quatre questions :
I . Vous avez 45 ans et derrière vous déjà une vie littéraire riche dans le domaine des juniors. Vous avez par ailleurs écrit plusieurs polars destinés au lectorat adulte. Pouvez-vous nous expliquer cette évolution ou prolongement ou diversité dans votre travail d’auteur et nous parler de vos deux derniers polars ? Je ne considère pas mon travail d'écrivain jeunesse et adulte de manière séparée. Ce n'est ni une évolution (d'autant que j'ai commencé à écrire pour les adultes) ni un prolongement. C'est juste une autre facette de ma vision du monde. En adulte, ma face sombre reprend le dessus. "Un léger bruit dans le moteur" a été écrit en 1999 . La base du travail était la suivante : écrire une histoire totalement hors normes, à la limite du publiable. Qui ne reposerait que sur le style de l'écriture. Effectivement une fois le manuscrit terminé, beaucoup de gens l'ont lu, aimé, mais m'ont dit qu'il était impubliable. La rencontre avec Patrick Coulomb et François Thomazeau a permis de démontrer le contraire. La construction de "Puzzle noir" a été plus complexe. Réécrit suivant plusieurs modèles de construction, ce n'est, finalement, qu'une fois trouvée l'idée de cette amnésique qui va reconstruire son passé à la manière d'un puzzle que l'histoire a pu trouver son équilibre.
II. Vous avez déjà écrit et publié plusieurs polars et notamment « un léger bruit dans le moteur » et « Puzzle noir ». Vous aviez participé, auparavant, à des recueils de nouvelles dont « La fiesta dessoude » et « Meurtres sur un plateau ». On relève votre ancrage dans le polar marseillais. Est-ce que vous vous êtes installé dans le polar marseillais et/ou avez-vous d’autres ambitions et d’autres projets?Comme beaucoup d'écrivains j'aime bien situer l'histoire que je raconte dans la ville où je vis. Tout simplement parce la ville joue un rôle essentiel au même titre qu'un personnage de l'histoire. Mais je ne revendique en aucun cas l'identité d'écrivain marseillais. D'une part parce que j'ai horreur des étiquettes que les gens ont vite fait de vous coller dans le dos et d'autre part parce que "le polar marseillais", si au début il a rassemblé de bons écrivains, est maintenant en train de virer au grand n'importe quoi: chacun essayant de surfer sur la vague et de prendre le train du succès en marche. Mes derniers ouvrages d'ailleurs ne se situent plus à Marseille et les prochains non plus.
III. Dans votre bibliographie junior, j’ai noté l’opus « « Les 10 petits maigres ». Vous avez bâti une histoire enfantine à partir du roman d’Agatha Christie. Je m’adresse à la fois à l’auteur et au pédagogue. Pour vous, quelles sont les bases d’un polar et que doit-il en rester, lorsque l’on a refermé le bouquin ? Avez-vous des prédilections pour des auteurs et des personnages? J'ai juste utilisé l'idée de mettre dix personnages dans un même lieu et de les faire disparaître les uns après les autres. D'après moi un bon polar doit avant toutes choses divertir le lecteur, lui faire passer un bon moment, lui permettre d'oublier, l'espace d'un instant, son quotidien ;Si en plus il peut délivrer un message cela n'en sera que mieux. Mes références en matière de polar sont plutôt américaines ( Connelly, Pelecanos...) j'aime bien les personnages au bout du rouleau, qui n'ont plus rien à prouver.
IV. Vous êtes né à Marseille et votre patronyme indique des origines corses. Vous écrivez des polars marseillais et, à ce titre, vous allez participer au festival du roman noir et méditerranéen à La Roque d’Anthéron. Un de vos ouvrages pour junior est titré : « L’île qui rend fort ». Est-ce que vous trouvez de la force dans vos origines insulaires. En d’autres termes, que représente, pour vous, le mot « corsitude ». Avec votre ancrage marseillais, vous sentez-vous méridional, corse ou méditerranéen ? A quoi liez-vous le mot « identité » ?Le livre s'appelle ainsi parce que le héros va découvrir sa famille et son passé. On est toujours plus fort lorsque l'on sait d'où l'on vient. Le mot "Corsitude" ne veut absolument rien dire pour moi. J'ai horreur des identités communautaires et je pense qu'elles ne font que renforcer le racisme latent. Si une personne n'existe au sein d'un groupe uniquement parce qu'elle est née au même endroit, cela n'a pas de sens. Je me sens avant tout citoyen du monde. D’autres ouvrages de Jean-Luc Luciani :  Pour faire plus ample connaissance avec cet auteur confirmé dont le parcours affiche des vocations littéraires, vous pourrez le rejoindre sur son site : http://aujourlejour.free.fr/
Publié le 25 juin 2006 à 13:46
Par flicorse
Un auteur insolite : AL RABASSOU pour un polar dans un style déjanté, mais aussi un témoignage d’une violence scolaire qui alimente aujourd’hui les chroniques judiciaires.  L'auteur "Al Rabassou", tel Dionysos, jaillira du sol comme un cep de vigne, figure nietzchéenne plutôt que sage visage apollinien.
« L.P BLUES Al Rabassou, une histoire française, autoéditions du dernier Mammouth… » Lorsque j’ai lu la couverture de ce livre, je l’ai pris dans une main et je suis allé à la la 4ème page de couverture qui m’annonçait le Lycée professionnel Robert Schuman de Montrouge comme scène de crimes pour une enquête menée par l’Inspecteur Labarde et son stagiaire Tricard. Quatrième page de couverture : « Albertine a disparu ! Sacré challenge que de retrouver cette super louloute après le meurtre de Jean-Marie, un élève du Lycée Professionnel Robert Schuman de Montrouge ! Lancés sur l’affaire, l’inspecteur Labarde et son stagiaire Tricard vont vite découvrir, côté profs ( La Truie qui doute, Concrètement, le Dernier Pédago...) comme parmi les élèves ( Banania man, Black et Decker, Danse avec les clous..) des personnages d’un genre peu ordinaires, pas toujours en totale harmonie avec l’établissement en pleine restructuration. D’autant que l’époque est troublée : dans les rues, les « Tous ensemble ! » paralysent une partie du pays ; l’élite (Jack Lacoquille et Romain Frappé, Jehan et Cosette Riquiqui, Fifi Lachèvre, Tonton, le beau Roro..) se délite avec la bénédiction du Fion nacional. Mais les bêtes s’en mêlent : Zoulou le matou, Baltic, Raymond le basset, exaspérés par Brigitte Cabot soutiennent les sans colliers et manifestent pour leur dignité… »
Je n’ai pas trouvé de L.P Robert Schuman à Montrouge mais seulement un LP Jean Monnet, celui d’où Youssef Fofana est sorti, sans diplôme et sans travail, à l’époque au Al Rabassou éditait son roman. Au mois de février 2006, cet ancien élève, devenu chef du « gang des barbares », était arrêté en Côte d’Ivoire pour le meurtre du jeune Illan Halimi. Par la suite de nombreux articles ont été écrits sur cette violence qui prend racine dans les cités et les établissements scolaires. Nous vous en citons un pour exemple écrit par Barbara Lefebvre dans Le Monde du 8 Mars 2006 et dont le titre est « Des barbarismes à la barbarie » et où il est dit que la violence verbale prépare ( dans nos écoles ) au pire passage à l’acte.
L.P BLUES sentait le prof de Lycée professionnel inspiré d’une éducation nationale à bout de souffle. « Rabassou » avait une sonorité provençale aux senteurs de truffière. La rabasse est une truffe, un diamant noir. Quel symbole pour un polar ! Un coup d’oeil sur le nom et l’adresse de l’imprimeur : Les Ateliers des Presse Littéraires de Saint Estève (Pyrénées orientales). J’orientais donc mes recherches vers un lieu géographique et je trouvais le chemin de la Carrierasse et de Rabassou dans le quartier nord de Frontignan. J’en étais là de mon enquête qui tourna court. Point besoin d’un cochon truffier pour débusquer l’auteur ! J’ai appris de source sûre que Al Rabassou n’habitait pas à Frontignan. On m’a même donné son nom et son adresse. Paul Noguès., professeur de L.P et d’origine catalane, vit toujours en région parisienne. Il a publié le roman « L.P BLUES » en 1999. Cet ouvrage, sous l’éclairage de l’actualité criminelle, mérite d’être revisité. Quant à Rabassou , il s’agit d’un terme catalan , qui signifie « Cep de Vigne », symbole dionysiaque, au sens littéraire bien sûr de l'adjectif. Que nous réserve donc ce Dieu de la fécondité animale et humaine? Je me suis alors lancé dans le lecture de ce roman original qui s’ouvre, par un bestiaire : Zoulou, Raymond, Pépette … des sobriquets pour des chats et chiens qui s’expriment avec des mots humains sur leur quotidien auprès des humains qui les exaspèrent…. Et l’auteur provoque, avec humour, le lecteur en l’interrogeant : « … Les bestioles qui causent ? … et alors ? Ce n’est pas nouveau, et puis, y a bien des flics qui grognent, des profs qui aboient ! »
L'auteur met en scène l’Inspecteur Labarde , ancien Professeur de L.P reconverti en flic mais toujours renifleur de figures de style dans la trivialité des mots de tous les jours. « Quand un de ses collègues, un gros balèze à gueule de bouledogue, jetait à un suspect qu’on venait d’interpeller : « On va s’occuper de toi, mon biquet ! » il se disait, selon l’humeur du moment : « Tiens une métaphore ! » « Tiens, un euphémisme ! », « Tiens, de l’ironie !». Ce flic de polar se démarque des classiques comme Maigret et Simenon , en faisant une mise au point avec le lecteur : « On sait que Maigret n’hésitait pas à flâner des heures durant le long d’un quai, d’un canal, d’une rue déserte pour s’imprégner des lieux ; qu’en sniffant le brouillard au pont de Tolbiac, Burma résolut une ténébreuse affaire. Moi, l’atmosphère, j’essayais de la devancer et, pourquoi pas, en jouant avec les mots, car Tricard et moi n’allions pas enquêter le long d’un quai, d’un canal, d’une rue déserte ou sur le pont de Tolbiac. Non, en ce 20ème siècle finissant, la violence semblait développer un rude appétit pour l’école. A la une des journaux, les crimes crapuleux, la délinquance urbaine étaient sérieusement concurrencés par la violence scolaire. Or cette violence venait de frapper au Lycée professionnel de Montrouge aux marges du département le plus riche de France : les Hauts-de-Seine.. » La violence scolaire, une actualité qui est entrée dans le 21ième siècle en même temps que les incertitudes d’une société qui se déshumanise. Si on n’y prend pas garde, on trouvera plus d’humanité dans le regard d’un chien que dans l'Homme. Ce serait peut-être ce corniaud, dans LP BLUES, qui, la truffe frétillante, faisait voleter les premières feuilles tombées. Soudain, il tourna plusieurs fois sur lui-même puis ratissa le sol frénétiquement comme à la recherche de son trou de balle qu’il aurait perdu. Rassuré de ne pas l’avoir trouvé, il prit un air inspiré et prépara une fracture du col du fémur sous la forme d’une crotte noirâtre qu’il renifla avec soin pour s’assurer qu’elle était bien à lui. » Ce polar contemporain et truculent est un récit avec une intrigue "noueuse comme un cep de vigne" qui débute sur la découverte du cadavre d’un élève du Lycée Professionnel de Montrouge avec comme indices : des cheveux, des miettes de madeleines proustiennes et un pendentif avec l’inscription « Tsilaosa… D’emblée, j’aimai ce mot. (nous dit Labarde) Les quatre sons vocaliques, l’allitération en S, la douceur de sa chute, étaient aussi doux à mon oreille que sur mon palais le canard laqué aux quatre parfums de la Cité Interdite, un resto chinois de l’avenue de Choisy » L’enquête gordienne est parsemée de morceaux d’anthologie scolaire, tout en n’oubliant pas les vertus pédagogiques sur la langue française et ses subtilités. L’auteur nous offre aussi sa satire du monde politique des Guignols de l’Info. J’ai voulu en savoir plus sur Paul Noguès, alias Al Rabassou. Il est toujours enseignant en banlieue parisienne où je l’ai contacté pour le convier à un entretien en quatre questions. Entretien en quatre questions : 1°/ Je m’adresse d’abord à l’auteur : Al Rabassou ! Après vos années parisiennes, les rousquilles ont-elles toujours une saveur Proustienne. En d’autres termes, avez-vous le sentiment d’appartenir à une identité catalane? Les rousquilles ont toujours un délicieux parfum d’enfance (et Rousquille est le véritable nom de Pépette dans le roman). Je me sens Catalan, davantage par les couleurs et les odeurs de la garrigue au printemps, par les rafales décoiffantes de la Tramontane, par un verre de grenache ou de muscat clôturant une cargolade ou par les couillonades de Salvador Dali que par la langue ou la culture. Les revendications identitaires et nationalistes sont ,à mon sens, trop instrumentalisées. Je me sens plutôt « méditerranéen ». 2°/ Pouvez-vous nous raconter l’histoire de l’écriture de votre roman et celle de votre parcours pour vous faire éditer avec le choix d’une autoédition régionale ? Comme les rousquilles, les bouquins (et notamment les polars et néopolars) sont mes « madeleines » à moi. Ils me procurent régression et jouissance… au point, il y a quelques années, de tenter l’aventure de l’écriture. Des « ruptures » dans ma vie privée comme dans ma vie professionnelle (nouveau public d’élèves plus « destructuré », beaucoup d’interrogations et de choses à « raconter », des situations de violences pas toujours faciles à comprendre ou à accepter) m’ont fait franchir le pas. J’ai commencé par dégueuler des mots sur des feuillets épars et tenté de leur donner une cohérence quelques mois plus tard. Le résultat c’est LP BLUES, récit bâtard, hésitant entre le neopolar, le journal intime et la chronique sociale. Quant à la suite, vous imaginez les problèmes :coût des tapuscrits, refus polis des éditeurs et…autoédition 3°/ L’entame de L.P BLUES est animalière. Vous mettez le bestiaire humain sous le regard d’une humanité animale. Votre héros, l’inspecteur Labarde est un ancien Professeur. Diogène déambulant dans le Lycée professionnel de Montrouge, quel regard porterait l’inspecteur Labarde sur l’affaire du gang des barbares qui a défrayé la chronique avec son chef, Youssef Fofana ? Labarde déambule dans le lycée, Zoulou le matou dans les banlieues…Ce qu’ils voient n’est pas toujours réjouissant. Fofana était à Montrouge il y a quelques années. Ce n’était pas une terreur. Pourquoi a-t-il basculé ? Je ne me hasarderai pas à répondre ! Ce qui m’interpelle le plus chez certains jeunes c’est la situation de destructuration familiale et l’absence réelle ou symbolique du père. Qui reste-t-il pour leur rentrer dans le lard, pour les reconnaître au sens existentiel du terme ? …Les profs et les flics ! 4°/ Vous citez à rebours Maigret et Nestor Burma. Si je devais classer L.P BLUES dans la Noire, je le rangerais sur le rayon des néo – polars. Dans la Noire, quels sont vos personnages et vos auteurs préférés ? Je n’ai pas de collection de prédilection. Bill James, John Harvey, Fred Vargas, Izzo, Connelly, Douglas Kennedy sont des auteurs que j’ai beaucoup de plaisir à lire. Mais j’ai une tendresse particulière pour Pepe Carvalho, le privé catalan gastronome et jouisseur de Vasquez Montalban.
D’une rencontre, il naît toujours une richesse : En 1997-1998, une réalisatrice de documentaires (connue et reconnue), Mme POZZO DI BORGO Catherine, avait croisé Paul NOGUES. Elle a ensuite sorti son film sur les jeunes de Montrouge et « Tu seras manuel, mon gars ! ». Une Dame et une œuvre cinématographique exemplaires !...

Extrait du dossier " Jeunes dans le Bâtiment " sur le site de Mutualité de France et du journal "Santé et Travail": http://www.mutualité.fr
Paul Noguès est professeur de français à Montrouge (Hauts-de-Seine), dans un lycée professionnel qui compte des classes de CAP, de BEP et des bacs pros formant aux métiers du bâtiment(1). Comment les jeunes appréhendent-ils leur avenir ? " Les réactions sont très différentes selon qu’on a affaire à des jeunes préparant un CAP ou un bac pro, répond l’enseignant. Les bacs pros savent déjà très bien à quoi s’attendre, car ils ont eu des stages en préparant leur BEP ou leur CAP. Mais, arrivés à ce niveau, ils prennent encore davantage conscience de la pénibilité du travail. " Trop souvent, les professeurs ont le sentiment de se retrouver face à des jeunes qui " subissent " leur orientation vers le bâtiment ou les travaux publics.
Démotivés Malgré cela, observe Paul Noguès, " il y en a qui s’y trouvent assez bien ". Récemment, il a rencontré deux jeunes en bac pro sur leur lieu de stage, afin de vérifier si tout allait bien. L’un travaillait dans un bureau d’études des services techniques d’une commune, l’autre transportait des gravats dans une brouette sur un chantier du 19e arrondissement de Paris. Le prof de français a pu constater que " les deux garçons étaient satisfaits de leur stage ".
Les clashs pendant les stages sont le plus souvent le fait des jeunes en CAP. " Parmi les jeunes en formation dans le BTP, beaucoup sont issus de familles immigrées dont les pères travaillent déjà dans le secteur, remarque Paul Noguès. Comme ils ne sont pas bons à l’école, ils se retrouvent prisonniers d’une filière, avec en tête une image négative véhiculée par les parents. "
A l’occasion du tournage d’un film dans ce lycée professionnel de Montrouge pendant l’année scolaire 1997-1998(2), la réalisatrice Catherine Pozzo di Borgo s’est entretenue avec les jeunes sur leur vision de l’avenir. A l’écran, ces derniers paraissent dans l’ensemble assez démotivés. " Je ne veux pas rentrer dans la vie active maintenant, ce serait trop dur. On ne gagne pas assez d’argent dans les entreprises, et puis, travailler toute sa vie en étant ouvrier, ce n’est pas mon truc ", explique un élève âgé de 18 ans. Plus agressif, cet autre interroge : " Avec le bac pro, on va faire quoi ? On va être des crève-la-dalle sur un chantier. Et si on continue… De toute façon, le BTS, on ne l’aura jamais. " La dureté des conditions de travail fait office de repoussoir. " Les gars sur les chantiers, ils sont tellement usés par le travail… Ce sont des "cro-magnons" ", ironise un autre. " On ne peut pas travailler quarante ans sur un chantier, sinon, arrivé à l’âge de la retraite, on est foutu ", assure un dernier.
Résultat ? Les jeunes étirent au maximum le temps des études, même s’ils ne sont pas au niveau.
Publié le 25 juin 2006 à 13:45
Par flicorse
Une réalisatrice de films documentaires sur le monde du travail : Catherine POZZO DI BORGO et son parcours exemplaire.
En 1999, Mme POZZO DI BORGO Catherine, réalisatrice et professeur associée de l’Université d’Amiens, a réalisé un documentaire sur les élèves du Lycée Professionnel de Montrouge où elle avait rencontré, pendant l’année scolaire 1997-1998, Paul Noguès, Professeur de Lettres et auteur du polar "L.P BLUES" sous le pseudonyme Al Rabassou. Le documentaire s’intitule « Tu seras manuel, mon gars ». Nous avons voulu en savoir plus sur cette réalisatrice exemplaire effectuant son travail sur le terrain pour nous ramener des documentaires d’une grande honnêteté morale, en rassemblant des témoignages audiovisuels sur la précarité et le chômage, qui sont autant de pierres à l’édifice d’une humanité qui se cherche. Son nom « POZZO DI BORGO » ne laisse aucun doute sur ses origines corses, mais son parcours professionnel et ses mérites se situent dans son oeuvre qui donne une vision réaliste et humaniste du monde du travail avec des approches sur l’évolution de nos sociétés. Certains de ses documentaires ont été diffusés sur des chaînes télévisées thématiques comme la Cinq. Tous servent d’outils pédagogiques ou de bases de réflexion lors de nombreuses conférences organisées par divers organismes dans la France entière et à l'Etranger. Mme POZZO DI BORGO est exemplaire par son talent de réalisatrice et de scénariste, mais aussi par son intégrité morale et intellectuelle qui la pousse à une réflexion sur son travail lui-même dans un souci permanent de coller au plus juste possible dans des constats qui éclairent notre avenir pour y faire face. Elle porte sur le présent son regard de témoin du Futur et s'adresse aux consciences. Madame Catherine POZZO DI BORGO possède la science de l’art cinématographique et l’art de la science, alliant son talent créatif à sa rigueur. Le documentaire est souvent considéré comme de l’artisanat, un noble mot conjuguant art et savoir faire. En deux phrases, nous avons employé sciemment plusieurs fois le mot « art », redondance voulue pour une réalisatrice d’exception. Le documentaire est un art cinématographique. Nous tenions à le souligner en ce qui la concerne. Nous avons retrouvé le titre d’un opus récent : « Vues de l’Europe d’en bas » publié aux Editions L’Harmathan et imprimé en juillet 2005.
Quelques documentaires réalisés par Mme Catherine POZZO DI BORGO : A job of the birds en 1979, Shop talk en 1980, The great weirton steal en 1984. En 1991, Les vaches bleues. En 1996, Arrêt tranche, les trimardeurs du nucléaire. En 1999, Tu seras un manuel, mon gars ( à la même date Paul Noguès publie L.P BLUES ) . En 2202, Tout l’or de la montagne noire . En 2003, Chômage et précarité : L’Europe vue d’en bas.
Vous pouvez retrouver une partie de son parcours sur le site de l'INA où il suffit de passer son nom au moteur de recherche pour atteindre notamment les dossiers de l'audiovisuel. Affiche de conférence Dossiers de réflexion sur l’audiovisuel voir site: http://www.ina.fr/produits/publications/da/84/sommaire.fr.html
Entretien en quatre questions avec Mme Catherine POZZO di BORGO
I. Quels souvenirs avez-vous gardé de votre reportage au sein du Lycée professionnel de Montrouge, pendant l'année scolaire 1997-1998 (pour les besoins de votre film : "Tu seras manuel, mon gars"?) En ce qui concerne le film "Tu seras manuel, mon gars", après avoir réalisé plusieurs documentaires sur le monde du travail, j'ai eu envie d'aller voir en amont comment étaient formés les ouvriers. J'ai donc passé une première année d'observation au lycée professionnel de Montrouge, observant les différentes filières proposées et les problèmes qui se posaient. J'ai ensuite rédigé un scénario qui m'a permis d'obtenir une aide du ministère du Travail, ainsi qu'une co-production avec la 5. Puis j'ai tourné par étapes tout au long de l'année scolaire suivante. Le lycée professionnel de Montrouge, comme tous les établissements de ce genre, est devenu malheureusement une voie de garage où l'on envoie tous les jeunes qui n'arrivent pas à suivre l'enseignement normal. Or les métiers manuels qui faisaient la fierté des ouvriers sont aujourd'hui fortement dévalorisés. Les jeunes qui se retrouvent dans les lycées professionnels sont en majorité issus de l'immigration. Beaucoup n'ont pas de père et quand ils en ont, ce sont très souvent d'anciens ouvriers au chômage. Il n'y a plus comme autrefois cette transmission des savoir-faire du père au fils. Et les jeunes d'aujourd'hui ne veulent surtout pas être comme leurs pères, usés prématurément par le travail et trop souvent menacés par le chômage. Ils se rêvent dans des bureaux, mais sont incapables, pour des raisons essentiellement sociales, d'obtenir les diplômes requis pour ce type d'emploi. En outre, il est rare qu'ils puissent choisir leurs filières d'apprentissage. Ce travail m'a laissé deux impressions très fortes. La première était l'ordre et le calme qui régnaient au lycée de Montrouge. Certes, les jeunes avaient du mal à se tenir tranquille pendant les cours, mais en deux ans je n'ai assisté à aucune scène de violence et les rapports que j'ai eu avec eux ont toujours été très courtois. Ce qui va à l'encontre des présupposés que l'on a trop souvent sur les jeunes des banlieues. La deuxième impression était beaucoup plus négative. C'était d'être confrontée à des jeunes, certainement aussi intelligents ou talentueux que d'autres, mais qui, en raison de leurs origines sociales, n'avaient pour ainsi dire pas d'avenir. Et cela, il me semble, est inacceptable dans un pays comme le notre.
II. Quelle a été la motivation de votre parcours de réalisatrice de documentaires sur le monde du travail et avez-vous des projets en cours?
Le monde du travail m'a toujours fascinée pour sa richesse et ses contradictions et pour les personnages remarquables qu'on y rencontre parfois. Les documentaires que j'ai réalisés ne sont pas des films de divertissement. Ils exigent l'attention du spectateur, mais je pense qu'ils sont nécessaires en ce qu'ils contribuent à une meilleure compréhension critique de la société dans laquelle nous vivons. Je viens de terminer un film totalement différent. "Les Cris de Paris" dont voici le résumé: "Les Non Papa*, un ensemble de jeunes et talentueux chanteurs, préparent un spectacle autour des « cris de Paris » au temps de la Renaissance. Les cris étaient ceux que poussaient les petits vendeurs de rue sur une ou deux notes de musique et que des compositeurs de l¹époque ont recueillis pour en faire des chansons savantes ou populaires. Du déchiffrage des partitions au spectacle final, en passant par la fabrication des costumes, la recherche d¹accessoires et des essais de mise en scène un documentaire où la beauté de la musique côtoie des séquences prises sur le vif, pleines d¹émotion, de fantaisie, voire de franche gaieté. Une plongée dans le mystère de la création musicale." Je dois dire que cette échappée dans le monde de la musique m'a procuré un immense plaisir qui, je l'espère, sera partage par les spectateurs.
J'ai deux projets en cours, plus tournés cette fois vers le monde paysan: un film sur le Larzac et un autre sur les petites fermes, ou la survie de la petite paysannerie française.
III. Vous avez des origines corses, quel regard portez-vous sur l'île?
Je n'ai malheureusement aucune attache en Corse, ce que je regrette car c'est un pays magnifique. Si quelqu'un veut m'inviter....
IV. Dans vos documentaires, vous montrez une réalité qui sert souvent de décor dans la Noire et le neopolar. Etes-vous lectrice de romans noirs et, de façon plus générale, quels sont vos auteurs préférés dans la littérature ?
Je suis une grande lectrice de romans policiers. Avec une prédilection pour les auteurs américains: Dashiell Hammett, Ross MacDonald, Elmore Leonard, James Ellroy, James Lee Burke. Il y a aussi quelques français que j'aime beaucoup: Fred Vargas, Jean-Patrick Manchette, Tonino Benaquista, Jean-Claude Izzo. Sans oublier le merveilleux Paco Ignacio Taibo II.
En marge de l'interview:
Le groupe Non Papa* a été constitué en 2001 par quatre de ses membres et il comprend aujourd'hui 8 chanteurs issus de l'Université de Paris-Sorbonne associés au Jeune coeur de Paris, au Centre de musique baroque de Versailles et au CNSM de Paris. Son nom évoque le compositeur franco-flamand Jacob Clémens, connu sous le pseudo de Clemens Non Papa. Vous pouvez en savoir plus en allant sur leur site:
Cliquer ci-dessous http://nonpapa.free.fr

Publié le 15 juin 2006 à 11:21
Par flicorse
Arlette Shleifer et Molto Chic
Molto chic ou comment tuer en toute élégance. Arlette Shleifer annonce la couleur de son roman en le dédiant à tous ceux qu’un jour ou l’autre, elle a eu envie de tuer. Et puis, l’histoire commence par « Il était une fois... » ; suivra la rencontre d’un prince charmant. Ne vous y trompez pas ! Il s’agit d’un roman noir, non d’un conte de fée. Margot, tout juste sortie de prison écoute les Polonaises de Chopin jouées par le Maestro Luigi. Elle retrouve dans ses affaires « un rubis serti de diamants, à l’ancienne. La pierre était si pure qu’on aurait dit du « granité » de sang. Deux petits diamants manquaient à la monture et gisaient dans le coin du sachet. Le sang de la pierre s’était écoulé et avait tâché ses doigts. » Quelle somptueuse entame qui nous ramène à ses vingt ans sur une plage normande où elle rencontre Jean. De cette rencontre de l’eau et du feu, va surgir un psychodrame comme une marée d’équinoxe. Jean est un Corse orphelin depuis la petite enfance. Il a été élevé par sa sœur Nina qui vit au milieu des vignobles du sud de la Corse. « Il était comme les fleurs des champs : une fois coupées de leur racines, elles survivent difficilement. Comme il était difficile de créer un univers, un autre code loin de la Corse ! » Il est un tiède et Dieu vomit les tièdes. Trop raisonnable et économe, il contrôle mal ses pulsions désespérées derrière une retenue timorée. Margot, elle, apparaît narcissique, immature et égoïste. Elle et lui : le roman commence donc par un duo ou un duel cher à une Marguerite Duras. Après des retrouvailles soixante-huitardes qui scellent leur passion amoureuse, c’est naturellement vers la Corse qu’ils font leur premier voyage en amoureux sur un voilier italien baptisé « Luppachiotto » (petit loup). Jean se rêve en Belmondo dans « Itinéraire d’un enfant gâté » et le psychodrame couve dans une atmosphère sortie d’un roman de Françoise Sagan. La suite ne sera pas faite de couchers de soleil sur une Méditerranée chaude, mais du soleil noir dans l’eau froide recouvrant de grands fonds freudiens. L’adulescente veuve Margot jouera avec la vie de Jean et maniera le pinceau, comme une arme de création artistique. Des crimes « en couleurs douces » sont au Menu. Quel dessert nous a concocté l’auteur? Suspens et surprise ! Ici s’arrête notre andantino pour présenter un thriller « moderato cantabile» avec des « allegros », chargés d’angoisse existentielle. C’est une sonate de l’amour et de la mort. La Vendetta est de la partition : tragique, elle s’invite à un final qui laisse la place à vos soupirs et vos silences. Avez-vous déjà eu des envies de meurtre parfait? Posez-vous la question. Arlette Shleifer saisit des bribes senties d’un quotidien introspectif et sait aussi exalter les mots par un lyrisme « molto chic » fait d’une grâce légère qu’on lui connaissait déjà dans ses précédents romans publiés par Les Editions La Marge. Elle laisse libre cours à l’imaginaire du lecteur dans un roman « molto noir ». Extraits choisis parmi tant d’autres:
- « Parfois le soleil n’a pas envie de se lever, d’offrir des couleurs, de la chaleur ; alors tout reste blanc ou gris, insipide et froid. L’essentiel est de concéder la place qu’on décrète, d’y mettre de la chaleur, du bonheur et rien d’autre. Tu peux également rester dans la grisaille… » - « … le bateau était la promesse d’un départ pour un lieu entre deux eaux, entre deux ciels entre deux vies. Il était la garantie d’un rendez-vous avec la lune et les étoiles, sans qu’aucun bruit ne le perturbe. La caresse de l’eau était le mot de passe vers une liberté, illusoire certes mais réelle, le temps d’un regard sur l’immensité sans entrave. »
Pensée du lecteur: A la fin du roman, il m'est revenu à l'esprit le passage d'un poème en prose de Charles Beaudelaire: Désir de peindre.
... "Je la comparerais à un soleil noir, si l'on pouvait concevoir un astre noir versant la lumière et le bonheur.Mais elle fait plus volontiers penser à la lune, qui sans doute l'a marquée de sa redoutable influence; non pas la lune blanche des idylles, qui ressemble à une froide mariée, mais la lune sinistre et enivrante, suspendue au fond d'une nuit orageuse et bousculée par les nuées qui courent; non pas la lune paisible et discrète visitant le sommeil des hommes purs, mais la lune arrachée du ciel, vaincue et révoltée, que les Sorcières thessaliennes contraignent durement à danser sur l'herbe terrifiée!". ... et c'est peut-être, pour cela, que Jean aimait Margot.
Arlette Shleifer : « Pulsion errance »... Son premier roman :  « Luna ou le voyage d’une étincelle »
Ce premier roman est paru aux Editions La Marge d’Ajaccio, en 2002, Arlette Shleifer nous invite à découvrir la Corse comme si c’était pour la première fois, avec les yeux et la sensibilité de Luna de Beuzeville. Son héroïne sort d’une rupture sentimentale et du succès éditorial de son livre de photographies sur la couleur des glaciers de l’Antarctique. Elle est journaliste en Australie, à Sydney. Son rédacteur en chef l’expédie en Corse en ces termes : « Tu n’as pas trouvé le diable en Tasmanie, peut-être vas-tu en découvrir un en Corse ? Il semble que tu peux nous rapporter un très beau reportage. » Et la voilà qui débarque dans le port d’Ajaccio où un libraire lui confie la clé du logement d’un peintre corse, absent pour cause d’exposition à Paris. Cette absence va provoquer son attente et son errance sur « la plus proche des îles lointaines ». Elle porte un regard neuf sur la Corse et une oreille musicale au chant des mots. Elle voit le noir ivoire de Corbara, les bronzes de Bavella , le safran de Sari de Porto Vecchio, les blanches crêtes de l’Isolla et toutes les couleurs de la palette d’une nature sauvage. Elle découvre par hasard la maison du peintre, la seule habitée d’un village abandonné. Elle provoque une rencontre qui se fera d’abord de façon ponctuelle. En son absence, elle s’installe dans sa maison de village pour peindre et repasser le film de ses amours passés. Et puis, comme un adieu à Sydney, elle transmet son reportage à son journal australien. Celui qu’elle attend apparaît sous le zénith, « le soleil pailletant chaque fleur d’une humide étincelle », comme le disait Verlaine. Il la trouve là comme une évidence. L’histoire de ce roman est sous-tendue par une intrigue élégante. C’est, sous la pulsion d’errance de Luna, un voyage initiatique à la peinture avec comme sujet d’inspiration : la Corse. Son second roman :  « Piège détaché »
Ce roman noir est paru en 2004, aux Editions La Marge. Claire, conservateur de musée, invite sur son île un ancien amant et improvise un « dîner culturel » , avec quelques copains célibataires. Une histoire incroyable arrivée à un des convives, Lucien qui la raconte, est le prétexte pour lancer un jeu de miroir dont personne ne sortira indemne. L’auteur met en scène des portraits de trois femmes, des mères aux profils psychologiques différents. Sont-elles toutes des meurtrières ? Chaque convive met en place les rouages d’un piège qui fonctionne comme une enquête policière. Va-t-il se refermer ou ouvrira-t-il de nouveaux horizons ? Mais où est-elle ? : Voyageuse Nervalienne, Arlette Shleifer promènerait son étincelle d’artiste vers l’Orient, à l’extrême du soleil levant. Aux dernières nouvelles, elle scintillait à une exposition, dans le Taipei artits Village. Elle expose en France et aux Etats-Unis. Elle a terminé un nouveau roman à paraître. Elle est souvent « ailleurs », échappant au piège détaché d’une vie casanière molto chic. Si vous la voyez, vous pouvez lui offrir un Bar rouge*. Ne l’appelez pas Margot, Claire ou Luna, elle se prénomme Arlette. N’essayez pas de la retenir. Après vous avoir laissé un supplément de voyage en plusieurs pages, elle repartira un jour, mue par la pulsion d’errance, en disant comme dans la Nouvelle Héloïse : « J’entends le signal et les cris des matelots ; je vois fraîchir le vent et déployer les voiles. Il faut monter à bord, il faut partir… »
Pulsion errance :
![arlettess[1].jpg arlettess[1].jpg](http://blog.ifrance.com/flicorse/blogimage.php?i=64228)
Arlette Shleifer partage sa vie entre le Marais à Paris, la Corse, les Etats Unis et Taïwan . Vous pouvez visiter le site taïwanais de Taipei artists ou celui de soutien aux otages de Colombie et à Ingrid Betancourt sur lequel une de ses œuvres a été mise aux enchères le 5 décembre 2005 : « pulsion errance ». Sur le site « Ingrid Betancourt », il est écrit : « Arlette Shleifer a toujours eu les doigts et les yeux dans la peinture en tant que peintre, galeriste, art events et écrivain » - « Dans son travail nous découvrons des paysages oniriques que rien des affres de l’univers ne peut atteindre. Pulsions de vie, désir de rythmer et de construire le temps et l’espace, autrement. Chaque courbe est un îlot de tendresse ou peut-être celle d’un corps vu de près. » A nos yeux, ce qui caractérise Arlette Shleifer, c’est cette « pulsion d’errance » que l’on trouve chez d’autres auteurs comme Jack Kerouac, J.M.G Le Clesio, Kenneth White ou Ernest Sabato. J’ai choisi cette bande des quatre car on les retrouve dans un opus de l’universitaire de renom Michel Maffelosi* : « Les jardins de l’errance ». Il écrit sur eux : « A la lumière de ce double héritage culturel et des nombreux espaces qu’il sous-tend, on comprend l’importance de l’errance dans la vie et dans les œuvres de ces auteurs. L’errance est envisagée comme une quête active qui renouvelle le regard du sujet sur le monde et qui enrichit sa connaissance. Dans ce cas, elle résonne comme une sorte d’éveil de l’homme contemporain au monde qui l’entoure, à sa simplicité, ses merveilles comme à ses sordides manifestations. ». Et il ajoute plus loin : « L’écriture se nourrit des mouvements du corps et des lieux traversés, élabore un espace porteur d’aventure errante. » mais aussi : « … l’errance est un déplacement fécond permettant de tisser des liens solides entre le sujet, l’espace et l’altérité. » On retrouve dans ces extraits Arlette Shleifer. Cherche-t-elle l’ultime « terra incognita » ? Dans ses créations picturales contemporaines, elle accède « à ce lieu non-lieu situé à la pointe extrême de la modernité ». En littérature, elle poursuit son chemin, creuse l’ouverture, déplace les frontières et revient publier un nouveau roman, peut-être par tropisme, en Corse. Elle a choisi le noir de l’élégance. Le nouveau roman à paraître s’intitule « Bar rouge* ». De quels pigments (ou piment) sera fait ce rouge si le fond reste noir ? En attendant de le savoir, nous vous donnons la recette d’un cocktail : Bar rouge* : recette pour 1 personne De la glace pilée, une dizaine de framboises écrasées, un soupçon de jus de citron vert, 6 feuilles de menthe et :
1 shot et demi de vodka
1/2 shot de Grand Marnier
1/2 shot de sucre de canne
(1 shot = 1 verre à vodka) Dans un shaker , mettre les ingrédients et secouer énergiquement. Vous n’avez plus qu’à verser le Bar rouge dans un verre et lever le coude à chaque gorgée. Vous pourrez l’essayer à la sortie du prochain livre d’Arlette Shleifer… L’abus d’alcool étant interdit, il faut en boire modérément. « u troppu stroppiu ! » En annexes: un sociologue et un philosophe. Michel Maffelosi* : sociologue français, professeur de sociologie à la Sorbonne, directeur du Centre d’Etude sur l’Actuel et le Quotidien qui publie deux revues : « Sociétés » et « Cahier de l’imaginaire ». Cet éminent analyste est un spécialiste de la socialité dite émergente. Il étudie les nouvelles formes de socialité et l’imaginaire, qui font l’objet d’écrits dont vous pouvez retrouver les références sur le site : http://1libertaire.free/Millesofi05.html Sur l’errance, il a écrit un ouvrage en 1997 intitulé « Du nomadisme, vagabondages initiatiques ». Les thématiques du centre qu’il dirige depuis 1982 sont la post-modernité, le quotidien, l’individualisme en regard des résurgences tribales, nomades et communautaires. A nos yeux, un bémol dans sa carrière : il a dirigé la thèse de la voyante astrologue Elisabeth Teissier.
Mathieu Millesofi
Le 28 février dernier, il recevait au CEAQ (avec qui collabore l’Espace Ricard) le philosophe corse , Jean-François Mattei*, professeur à l’Université de Nice et membre de l’Institut Universitaire de France pour la sortie de son ouvrage : « De l’indignation ». Il s’agit d’un essai de philosophie sur le bon usage de l’indignation dans nos sociétés qui connaissent une crise morale. Cet opus est à rapprocher d’autres écrits du même auteur sur l’immonde actuel . Jean-François Mattei*, philosophe corse et trois de ses ouvrages.

Publié le 11 juin 2006 à 13:29
Par flicorse
Slam et chjam’è rispondi:
Extrait d’un slam de Grand corps malade :J’ai constaté que la douleur était une bonne source d’inspiration Et que les zones d’ombre du passé montrent au stylo la direction La colère et la galère sont des sentiments productifs Qui donnent des thèmes puissants, quoi qu’un peu trop répétitifs A croire qu’il est plus facile de livrer nos peines et nos cris Et qu’en un battement de cils un texte triste est écrit On se laisse aller sur le papier et on emploie trop de métaphores Pourtant je t’ai déjà dit que tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts C’est pour ça qu’aujourd’hui j’ai décidé de changer de thème D’embrasser le premier connard venu pour lui dire je t’aime Des lyrics pleins de vie avec des rimes pleines d’envie Je vois, je veux, je vis, je vais, je viens, je suis ravi C’est peut-être une texte trop candide mais il est plein de sincérité Je l’ai écrit avec une copine, elle s’appelle Sérénité Toi tu dis que la vie est dure et au fond de moi je pense pareil Mais je garde les idées pures et je dors sur mes 2 oreilles
Si je vous dis i-slam, ce n’est pas pour vous parler religion. Le " i ", c’est pour Internet. " slam " ? Ne cherchez pas le mot dans le dictionnaire. Avant " slang " ( qui désigne l’argot anglais ), vous trouverez " slalomeur et slalom ".Pour expliquer ce qu’est le " slam " à un Corse, il faut lui évoquer les foires et les soirées au café du village quand, dans des jeux de mots, les hommes s’appellent et se répondent en termes poétiques, parfois le verre à la main. Ceux qui ignorent cette " coutume corse immémoriale " relient le slam à une compétition de " spoken words " ( = mots parlés ) venue de Chicago. Des Corses auraient-ils introduit, vers les années 80, le Chjam’è rispondi à Chicago ? A l’origine, comme le chjam’è rispondi, le slam est donc une joute verbale où les participants rivalisent avec des mots scandés. Il s’est propagé et a maintenant ses vedettes qui slament sous des " alias ", c’est-à-dire déclament leurs textes sous des pseudos d'artistes urbains. C’est du " parler - chanter " a capella mais aussi un nouveau mode d’expression des jeunes des banlieues parisiennes ( différent du Rap). Ce n’est pas de la poésie mais ça lui ressemble davantage que le rap. C’est de la tchatche poétique. En un mot, c’est du slam et, si ce mot n'existait pas en Corse,il y a des slameurs sur l'île depuis longtemps. J’ai entendu parler de nouveaux slameurs marseillais*. Le phénomène a donc envahi le continent en venant des Amériques, alors qu’il n’avait jamais fait la traversée avec la SNCM.
* Le groupe "Vibrion" de Frédéric Nevchehirlian ( prix Caisse d'Epargne au Printemps de Bourges 2005), sur lequel les éloges pleuvent: dont: "Le message poétique véhicule des valeurs d'engagement, d'invective et une philosophie où la noirceur des constats est aussi source de force." extrait de infoconcert. et: "Un univers sombre et lunaire dont la scansion hypnotique possède la faculté de happer le public pour le relâcher ensuite hagard et comme envoûté. Vibrion est l’expérience d’une poésie contemporaine vêtue d’oripeaux jazz, chanson et rap. Résolument à part" extrait du site de RNT ( Radio Nouveaux talents) Fréderic Nevchehirlian, jeune ex-enseignant, anime aussi de nombreux ateliers en collèges et lycées.
Grand corps malade à la Fnac le 10 juin 2006 avec le compositeur S.petit Nico.

Un slameur d’une banlieue parisienne, est en train de devenir célèbre. Il s’agit du pseudo " Grand corps malade " , connu à St Denis sous son prénom : Fabien. J’ai vu ce jeune homme de 28 ans à la Fnac de Marseille. C’est effectivement un grand beau jeune homme qui est apparu sur scène avec une béquille et qui a rapidement conquis un public marseillais d’âges et d’horizons diverses. Tout Paris se l’arrachait déjà et Marseille s’est mis sur les rangs avec un concert au Dôme prévu pour le 2 février 2007. Pour lui , " la détresse n’a pas de conversation ". Grand corps malade s’amusait et amusait par ses mots avec son handicap qui lui vient d’un accident de piscine survenu à l’âge de 20 ans. Aujourd’hui, il slame aussi sur d’autres sujets et œuvre même dans des ateliers d’écriture. Il harmonise ses mots a capella ou sur fond musical. Il a besoin d’une béquille pour se tenir debout et marcher mais, si le grand corps est malade, la tête est pleine de mots justes, de textes efficaces et d’humour ravageur. Fabien s’appelle et se répond. Le public l’entend. De la poésie, il en parle . Si elle lui paraissait " relou " , lorsqu’il étudiait la Pléiade au collège, elle l’a rattrapé " sous d’autres formes ". Il dit : " J’ai compris qu’elle était cool et qu’on pouvait braver ses normes ". Plus que braver les normes, il lui arrive aussi de partir en couille, lorsqu’il raconte le combat entre sa tête, son cœur et ses couilles mais, là encore, il déconne avec talent. Du talent, il en a aussi pour défendre, sans angélisme, sa banlieue de Saint Denis à qui il voue un réel amour et, à ce qui se dit, elle le lui rend bien.
Chjam’è rispondi versus slam : " Voix corses montant des profondeurs de l’âme,
Perpétuez le Chjam’è rispondi des temps immémoriaux, Cette Joute des beaux parleurs au comptoir d’un bistrot. Savez- vous que, sur le Continent, on l’appelle le slam " Texte dejpC Définition du Chjam’è rispondi par Angèle PAOLI sur le site " Terre de femmes " :
Un chjam’è rispondi est un exercice vocal ( debout, face à face, sans accompagnement instrumental et en public). Il consiste en une libre improvisation poétique très rythmé pratiquée par deux ou plusieurs poètes , sans critère d’âge ou de condition sociale, à l’occasion d’évènements publics : fêtes, concours, foires, noces, tontes des brebis. Si la mélodie de départ du Chjam’è rispondi est personnelle, le schéma musical repond, lui, à des règles constantes ( mélodie pentatonique descendante, avec suspension sur le second degré à la fin du premier vers, une fausse résolution à la fin du second vers, et un final qui s’achève sur la tonique du troisième vert). Il n’y a pas de thème imposé hors la poésie elle-même. Mais le contenu s’appuie couramment sur les débats de société qui sont de l’actualité proche ou " l’air du temps ". La règle veut que, dans cette joute oratoire, l’on reste d’une part toujours courtois et pétillant d’esprit et d’autre part que la réponse ( risponde) s’appuie sur le sujet de départ appelé , tel qu’il est énoncé dans le premier couplet ( à chjama = l’appel).
Site terres de femmes, cliquer : http://www.terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog Nota: Tdf, au nom de gynécée,n'est pas une gynécratie et Angèle Paoli n'a rien d'une Lysistrata. Ce site est à consulter sans modération. Il vaut le détour et même une longue errance...
Définition du slam par Grand corps malade sur son site i-slam: Il y a évidemment autant de définitions du slam qu’il y a de slameurs et de spectateurs des scènes slam. Pourtant il existe, paraît-il, quelques règles, quelques codes :
- les textes doivent être dits a cappella ("sinon c’est plus du slam" ?) - les textes ne doivent pas excéder 3 minutes (oui mais quand même des fois, c’est 5 minutes…) - dans les scènes ouvertes, c’est "un texte dit = un verre offert" (sauf quand le patron du bar n’est pas d’accord…) Bref, loin de toutes ces incertaines certitudes, le slam c’est avant tout une bouche qui donne et des oreilles qui prennent. C’est le moyen le plus facile de partager un texte, donc de partager des émotions et l'envie de jouer avec des mots. Le slam est peut-être un art, le slam est peut-être un mouvement, le slam est sûrement un Moment… Un moment d’écoute, un moment de tolérance, un moment de rencontres, un moment de partage. enfin bon, moi je dis ça… Grand Corps Malade
I.sl’âme " Grandcorpsmalade.com" : " Communiquer par I.mod, c’est à la mode. S’envoyer des sms, lancer des sos.
Ce kif ou cette détresse, C’est du communiquer express. Si vous prenez le temps, jetez vos portables Assis à une table ou au comptoir d’un bistrot, Aller jouer avec les mots. Si vous ne connaissez pas le slam Sur le Web, découvrez donc l’I.slam N’ayez pas peur, c’est un site de slameur. Etats d’âme et paroles du cœur en sont la trame. On y déconne même avec le drame. Je vous conseille le site de Grandcorpsmalade. Avec ce baladin, vous pourrez continuer votre I.balade. Pour vivre des attaques à mots armés, La valeur n’attend pas le nombre des années. " Texte de jpC Site de Fabien alias Grand corps malade cliquer : http://www.grandcorpsmalade.com
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