iBLOG précédent iBLOG suivant



Mon bloc perso.
Bonavinuta!
Bienvenue sur le blog Corse noir'soeur de vos nuits blanches
Blog non agressif et sans arrière-pensée. ..
Des articles après le Blog perso....
---- --------------- --------------- --------------- --------------- ----------

B log cousin de CORSICAPOLAR à l'adresse : http://www.cors icapolar.eu
-- --------------- --------------- --------------- --------------- -----------
RE NDEZ-VOUS:

- Rencontres littéraires du Barreau de Marseille le 12 DECEMBRE 2008, Maison des avocats
rue Grignan 13006 Marseille. de 11 heures à 18 Heures.

---- --------------- --------------- --------------- --------------- ---------
---- --------------- --------------- --------------- --------------- ---------
---- --------------- --------------- --------------- --------------- ---------
Opér ata "Noirs de Corse"

Initi é en Corse par l’association Handi 20, le projet d’éditer un recueil de nouvelles sur le thème du polar dans le but d’acquérir du matériel adapté aux personnes handicapées, prend en 2008 des allures de véritable challenge. Partenaire de ce projet solidaire en faveur de l’accessibilité , l’association Corsicapolar, organisatrice du premier festival du polar corse et méditerranéen qui avait obtenu un succès remarqué à Ajaccio en 2007, a décidé en effet de mobiliser toutes ses forces pour cette initiative.

Le blog des auteurs corses et amis de la Corse, www.corsicapola r.eu, a battu le rappel des troupes et les réponses n’ont pas été longue à venir. L’entraide n’est pas encore un vain mot. L’appel a été entendu par de nombreux auteurs et bien au-delà de l’île.

L’app el lancé par Fabrice Albertini, président d'Handi 20 a été entendu puisque 26 auteurs ont offert un peu de leur univers noir :

Trente nouvelles inédites signées par:
Arlette Shleifer, Claude Ferrieux, Danièle Piani, Denis Blémont Cerli, Elisabeth Milleliri, Eric Patris, Fabrice Albertini, Jacques Mondoloni, Jean-Louis Vassallucci, Jean-Michel Raffalli, Jean-Paul Ceccaldi, Jean-Pierre Orsi, Jean-Pierre Petit, Jean-Pierre Santini, Jeanne Tomasini, Jérôme Camilly, Marie-Catherine Deville, Marie-Hélène Ferrari, Martine Rousset, Michel Jacquet, Okuba Kentaro, Pierre-Paul Battesti, Pietr'Anto Scolca, Rémi Talbi, Ugo Pandolfi.

Pa trice Antona, chroniqueur de RCFM, a signé l'avant-propos.

Cet ouvrage a fait l'objet de nombreuses souscriptions et sera vendu et dédicacé à l'occasion du deuxième festival du polar corse et méditerranéen qui se déroulera du 4 au 6 juillet 2008 à Ajaccio. On pourra également le trouver sur le car ferry Danielle Casanova lors de la traversée Marseille-Ajacc io départ le 3 Juillet 2008 en soirée.

Tout es les informations sont données sur le site de Corsicapolar à l'adresse ci-dessous:
http://www.cors icapolar.eu

Pour les commandes aller sur le site Handi 20 : http://handi20. free.fr/
Courr iel : handi20@free.fr

----------- --------------- --------------- --------------- --------------- --

LES DERNIERS ARTICLES/

- Plus 6 dans la collection Nera d'Albiana
- Polar nostalgie: Pierre Very, auteur.
- La mémoire longue de Didier Daeninckx
- L'année pleine de Serge Scotto...
- Le polar en région Paca
- Le sel de la mer, film d'Annemarie Jacir
- De la galéjade à la sérénade: l'art d'aimer à Marseille.
- Un livre à la mer, 4ème édition du festival à Collioure,
- Bois de l'enfance, premier ouvrage de Sophie Bureau.
- Polar en île: festival à Ajaccio du 4 au 6 juillet 2008.
- Philippe JEROME, auteur côte d'azuréen au festival corse du polar...
- Maurice Gouiran ne ratera pas le bateau pour le festival corse du polar...
- Gilles Del Pappas , de retour au festival corse du polar
- Serge Scotto, revient à Ajaccio pour la seconde édition du festival corse du polar...
- Michel Jacquet, auteur provençal au festival corse du polar
- André de Rocca, un Corse marseillais au festival corse du polar...
- André Fortin, auteur marseillais au festival corse du polar...
- Ysa Dedeau, auteure seynoise au festival corse du polar...
- José Lenzini, auteur toulonnais au festival corse du polar...
- Thomas Labat, auteur marseillais Rock'nRoll au festival corse du polar...
- Jean-Pierre Petit, Avignonnais de retour au Festival corse du polar...
- Lilian Bathelot, Languedocien au Festival corse du polar...
- Un pruneau tiré sur les livres...
- Jean-Patrick Manchette, 13 ans déjà!...
- Gildas Girodeau, un Catalan à Ajaccio... dernier opus: "Nuclear parano" qui fait froid dans le dos!
- Les trois coups des Tchapacans...
- Le Giallo sarde invité en Corse...
- Corse + Polar = mc² en juillet prochain...
- Réalités et fictions policières - point de vue suite 2/2.
- Réalités et fictions policières - point de vue à suivre 1/2...
- Polar en région et polar corse
- Réalités et fictions corses
- Néo-polar versus polar... roman noir après Mai 68...
- Jean-Pierre Santini, écrivain et éditeur corse dans l'actualité littéraire en 2008

------- --------------- --------------- --------------- --------------- ------

Les dix droits imprescriptible s du lecteur ( édictés par Pennac dans son ouvrage "Comme un roman")
1°/ Le droit de ne pas lire.
2°/ Le droit de sauter les pages
3°/ Le droit de ne pas finir le livre
4°/ Le droit de relire.
5°/ Le droit de lire n’importe quoi.
6°/ Le droit au Bovarysme (maladie textuellement transmissible…)
7°/ Le droit de lire n’importe où.
8°/ Le droit de grappiller.
9°/ Le droit de lire à haute voie.
10°/ Le droit de nous taire.

----------- --------------- --------------- --------------- --------------- --

A dopu!
A plus tard!
Ma photo
Corse noire
Publié le 30 juin 2006 à 15:17
Par flicorse

Jean-Luc LUCIANI , auteur de romans juniors et de polars

   
polaranqueron.jpg     jlucia1.jpg 

Jean-Claude Izzo a ouvert la voie du polar marseillais et la grande voie de Marseille, c’est la Canebière, une avenue qui, à elle seule, symbolise le polar marseillais. Comme elle, il se jette dans la Méditerranée et nous embarque sur le ferry boat pour des voyages dans les îles lointaines de l’imaginaire. Jean-Luc Luciani  a d’abord embarqué sur le grand paquebot de l’Education nationale. Il fait aussi naviguer les juniors sur les esquifs littéraires qu’il leur destine. Il est, depuis 2004, le capitaine  de la collection Cannelle. Aujourd’hui, il affronte des tempêtes fictionnelles sur le radeau de la méduse, celui des polardeux marseillais avec des recueils collectifs de nouvelles et des polars.

 

Le 14 et 15 juillet prochains, Jean-Luc Luciani sera présent au festival du roman noir et méditerranéen de La Roque d’Anthéron  où vous pourrez le rencontrer pour des dédicaces.  

 

Comme d’autres auteurs, qui sont devenus des caciques, et à 45 ans, il a déjà plusieurs vies professionnelles et littéraires. Les quartiers Nord de Marseille, où il est né et où il vit aujourd’hui, ses voyages, ses jobs successifs, ses réussites et ses échecs ont façonné son humanisme. Il a d’abord trouvé le regard des enfants avant celui des adultes.  Il a intitulé son site « Au jour le jour ». En 1983,  Il avait créé une maison d’édition  « utopique et provisoire » qui avait édité un premier recueil de Nouvelles, regroupant 11 auteurs marseillais : « Ecritum humanum est ». Voilà  trois indices « à méditer » sur la personnalité de Jean-Luc Luciani , pour qui « un bon éditeur est un éditeur qui médite »… mais que me dites-vous , Jean-Luc Luciani ? Pour le savoir, nous lui avons proposé notre interview en quatre questions à la suite de la présentation de ses deux derniers polars.

 

Puzzle noir :

puzzle.jpg

 

Comment reconstituer le puzzle d’une mémoire plongée dans le noir ? Dans la douleur. Il y a des souvenirs qu’il vaudrait mieux oublier et qui se rappellent à Maryse Aubanel par vengeance.  La vendetta n’est jamais frappée d’amnésie et ajoute du rouge sang dans l’obscurité de noirs desseins. Pour l’héroïne, l’oubli serait-il un refuge et la vérité, les morceaux d’un puzzle qui, recomposé, réinvente un passé inattendu?

 

Un léger bruit dans le moteur :

unbruitdans.jpg


Selon Freud, un enfant est un pervers polymorphe et selon Sartre, restera un être en devenir. Dans une famille recomposée, quelle conséquence peut avoir  « un léger bruit dans le moteur » ? Une panne ? Un arrêt fatal dans le devenir ?  Lorsque vous aurez lu cet opus, vous ne regarderez plus votre enfant ou votre petit frère  de la même façon.



luciani6.jpg   ferryboat.jpg   gameover2.jpg

Entretien avec Jean-Luc LUCIANI en quatre questions :


 I .  Vous avez 45 ans et derrière vous déjà une vie littéraire riche dans le domaine des juniors. Vous avez par ailleurs écrit plusieurs polars destinés au lectorat adulte. Pouvez-vous nous expliquer cette évolution ou  prolongement ou  diversité dans votre travail d’auteur et nous parler de vos deux derniers polars ?
 Je ne considère pas mon travail d'écrivain jeunesse et adulte de  manière séparée. Ce n'est ni une évolution (d'autant que j'ai  commencé à écrire pour les adultes) ni un prolongement. C'est juste  une autre facette de ma vision du monde. En adulte, ma face sombre  reprend le dessus.
"Un léger bruit dans le moteur" a été écrit en 1999 . La base du  travail était la suivante : écrire une histoire totalement hors normes, à la limite du publiable. Qui ne reposerait que sur le style  de l'écriture. Effectivement une fois le manuscrit terminé, beaucoup  de gens l'ont lu, aimé, mais m'ont dit qu'il était impubliable. La  rencontre avec Patrick Coulomb et François Thomazeau a permis de  démontrer le contraire.
La construction de "Puzzle noir" a été plus complexe. Réécrit  suivant plusieurs modèles de construction, ce n'est, finalement, qu'une fois trouvée l'idée de cette amnésique qui va reconstruire  son passé à la manière d'un puzzle que l'histoire a pu  trouver son  équilibre.

 
 

II. Vous avez déjà écrit et publié plusieurs polars  et notamment « un léger bruit dans le moteur »  et « Puzzle noir ». Vous aviez participé, auparavant, à des recueils de nouvelles dont «  La fiesta dessoude » et « Meurtres sur un plateau ». On relève votre ancrage dans le polar marseillais. Est-ce que vous vous êtes installé dans le polar marseillais et/ou avez-vous d’autres ambitions et d’autres  projets?Comme beaucoup d'écrivains j'aime bien situer l'histoire que je  raconte dans la ville où je vis. Tout simplement parce la ville joue  un rôle essentiel au même titre qu'un personnage de l'histoire.  Mais je ne revendique en aucun cas l'identité d'écrivain marseillais.  D'une part parce que j'ai horreur des étiquettes que les gens ont  vite fait de vous coller dans le dos et d'autre part parce que "le  polar marseillais", si au début il a rassemblé de bons écrivains, est  maintenant en train de virer au grand n'importe quoi: chacun essayant  de surfer sur la vague et de prendre le train du succès en marche.  Mes derniers ouvrages d'ailleurs ne se situent plus à Marseille et  les prochains non plus.


 III. Dans votre bibliographie junior, j’ai noté l’opus « « Les 10 petits maigres ». Vous avez bâti  une histoire enfantine à partir du roman d’Agatha Christie.  Je m’adresse à la fois à l’auteur et au pédagogue. Pour vous, quelles sont les bases d’un  polar et que doit-il en rester, lorsque l’on a refermé le bouquin ? Avez-vous des prédilections  pour des auteurs et des personnages? 
J'ai juste utilisé l'idée de mettre dix personnages dans un même lieu  et de les faire disparaître les uns après les autres. D'après moi un bon polar doit avant toutes choses divertir le  lecteur, lui faire passer un bon moment, lui permettre d'oublier, l'espace d'un instant, son quotidien ;Si en plus il peut délivrer un message cela n'en sera que mieux. Mes références en matière de polar sont plutôt américaines  ( Connelly, Pelecanos...) j'aime bien les personnages au bout du  rouleau, qui n'ont plus rien à prouver.

  

IV. Vous êtes né à Marseille et votre patronyme indique des origines corses. Vous écrivez des polars marseillais et, à ce titre, vous allez participer au festival du roman noir et méditerranéen à La Roque d’Anthéron. Un de vos ouvrages pour junior est titré : «  L’île qui rend fort ». Est-ce que vous trouvez de la force dans vos origines insulaires. En d’autres termes, que représente, pour vous, le mot  « corsitude ». Avec votre ancrage marseillais,  vous sentez-vous méridional, corse ou méditerranéen ? A quoi liez-vous le mot « identité » ?Le livre s'appelle ainsi parce que le héros va découvrir sa famille  et son passé. On est toujours plus fort lorsque l'on sait d'où l'on  vient. Le mot "Corsitude" ne veut absolument rien dire pour moi. J'ai  horreur des identités communautaires et je pense qu'elles ne font que renforcer le racisme latent. Si une personne n'existe au sein d'un  groupe uniquement parce qu'elle est née au même endroit, cela n'a pas  de sens. Je me sens avant tout citoyen du monde.

          


 
 

D’autres ouvrages de Jean-Luc Luciani :

  

            fiesta.jpg   meurtres.jpg    ecritum.jpg

    

Pour faire plus ample connaissance avec cet auteur confirmé dont le parcours affiche des vocations littéraires, vous pourrez le rejoindre sur son site :

                                               http://aujourlejour.free.fr/

          

Publié le 25 juin 2006 à 13:46
Par flicorse
Un auteur insolite : AL RABASSOU  pour un polar dans un style déjanté, mais aussi un témoignage d’une violence scolaire qui alimente aujourd’hui les chroniques judiciaires.
 lpblues2.jpg   normal_1piedvigne.jpg


                              
L'auteur "Al Rabassou", tel   Dionysos,  jaillira du sol comme un cep de vigne, figure nietzchéenne plutôt que sage visage apollinien.                                                    

« L.P BLUES
  Al Rabassou, 
 
une histoire française,
  autoéditions du dernier Mammouth…
 »

 

Lorsque  j’ai lu la couverture de ce livre,  je l’ai pris dans une main et je suis allé à la la 4ème page de couverture qui m’annonçait le Lycée professionnel Robert Schuman de Montrouge comme scène de crimes pour une enquête menée par l’Inspecteur Labarde et son stagiaire Tricard.

 

Quatrième page de couverture :

 

«  Albertine a disparu ! Sacré challenge que de retrouver cette super louloute après le meurtre de Jean-Marie, un élève du Lycée Professionnel Robert Schuman de Montrouge ! Lancés sur l’affaire, l’inspecteur Labarde et son stagiaire Tricard vont vite découvrir, côté profs ( La Truie qui doute, Concrètement, le Dernier Pédago...) comme parmi les élèves ( Banania man, Black et Decker, Danse avec les clous..)  des personnages d’un genre peu ordinaires, pas toujours en totale harmonie avec l’établissement en pleine restructuration. D’autant que l’époque est troublée : dans les rues, les « Tous ensemble ! » paralysent une partie du pays ; l’élite (Jack Lacoquille et Romain Frappé, Jehan et Cosette Riquiqui, Fifi Lachèvre, Tonton, le beau Roro..) se délite avec la bénédiction du Fion nacional. Mais les bêtes s’en mêlent : Zoulou le matou, Baltic, Raymond le basset, exaspérés par Brigitte Cabot soutiennent les sans colliers et manifestent pour leur dignité… »


 
Je n’ai pas trouvé de L.P Robert Schuman à Montrouge mais seulement un LP Jean Monnet, celui d’où Youssef Fofana est sorti, sans diplôme et sans travail, à l’époque au Al Rabassou éditait son roman. Au mois de février 2006, cet ancien élève, devenu chef du « gang des barbares »,  était arrêté en Côte d’Ivoire pour le meurtre du jeune Illan  Halimi.  Par la suite de nombreux articles ont été écrits sur cette violence qui prend racine dans les cités et les établissements scolaires.  Nous vous en citons un pour exemple écrit par Barbara Lefebvre dans Le Monde du 8 Mars 2006 et dont le titre est « Des barbarismes à la barbarie » et où il est dit que la violence verbale prépare ( dans nos écoles )  au pire passage à l’acte.   


L.P BLUES sentait  le prof de Lycée professionnel inspiré d’une éducation nationale à bout de souffle. « Rabassou » avait une sonorité provençale aux senteurs de truffière. La rabasse est une truffe, un diamant noir. Quel symbole pour un polar ! Un  coup d’oeil sur le nom et l’adresse de l’imprimeur : Les Ateliers des Presse Littéraires de Saint Estève (Pyrénées orientales). J’orientais donc mes recherches vers un lieu géographique et je trouvais le chemin de la Carrierasse et de Rabassou dans le quartier nord de Frontignan. J’en étais là de mon enquête qui tourna court. Point besoin d’un cochon truffier pour débusquer l’auteur !  J’ai appris de source sûre que Al Rabassou n’habitait pas à Frontignan. On m’a même donné son nom et son adresse. Paul Noguès., professeur de L.P et d’origine catalane, vit toujours en région parisienne.  Il  a publié le roman « L.P BLUES » en 1999.  Cet ouvrage, sous l’éclairage de l’actualité criminelle, mérite d’être revisité. Quant à Rabassou , il s’agit d’un terme catalan , qui signifie « Cep de Vigne », symbole dionysiaque, au sens littéraire bien sûr de l'adjectif. Que nous réserve  donc ce Dieu de la fécondité animale et humaine?

 

Je me suis alors lancé dans le lecture de ce roman original qui s’ouvre, par un bestiaire : Zoulou, Raymond, Pépette … des sobriquets pour des chats et chiens  qui s’expriment avec  des mots humains  sur leur quotidien auprès des humains qui les exaspèrent…. Et l’auteur  provoque, avec humour, le lecteur en l’interrogeant :

 

« … Les bestioles qui causent ? …  et alors ? Ce n’est pas nouveau, et puis, y a bien des flics qui grognent, des profs qui aboient ! »


L'auteur met en scène l’Inspecteur Labarde , ancien Professeur de L.P reconverti en flic mais toujours renifleur de figures de style  dans la trivialité des mots de tous les jours.  « Quand un de ses collègues, un gros balèze à gueule de bouledogue, jetait à un suspect qu’on venait d’interpeller : «  On va s’occuper de toi, mon biquet ! » il  se disait, selon l’humeur du moment : « Tiens une métaphore ! » « Tiens, un euphémisme ! », « Tiens, de l’ironie !». Ce flic de polar  se démarque des classiques comme Maigret et   Simenon , en faisant une mise au point avec le lecteur : «  On sait que Maigret n’hésitait pas à flâner des heures durant le long d’un quai, d’un canal, d’une rue déserte pour s’imprégner des lieux ; qu’en sniffant le brouillard au pont de Tolbiac, Burma résolut une ténébreuse affaire. Moi, l’atmosphère, j’essayais de la devancer et, pourquoi pas, en jouant avec les mots, car Tricard et moi n’allions pas enquêter le long d’un quai, d’un canal, d’une rue déserte ou sur le pont de Tolbiac. Non, en ce 20ème siècle finissant, la violence semblait développer un rude appétit pour l’école. A la une des journaux, les crimes crapuleux, la délinquance urbaine étaient sérieusement concurrencés par la violence scolaire. Or cette violence venait de frapper au Lycée professionnel de Montrouge aux marges du département le plus riche de France : les Hauts-de-Seine.. » La violence scolaire, une  actualité qui est entrée dans le  21ième siècle en même temps que les incertitudes d’une société qui se déshumanise.  Si on n’y prend pas garde, on trouvera plus d’humanité dans le regard d’un chien que dans l'Homme. Ce serait peut-être ce  corniaud, dans LP BLUES, qui,  la truffe frétillante, faisait voleter les premières feuilles tombées. Soudain, il tourna plusieurs fois sur lui-même puis ratissa le sol frénétiquement comme à la recherche de son trou de balle qu’il aurait perdu. Rassuré de ne pas l’avoir trouvé, il prit un air inspiré et prépara une fracture du col du fémur sous la forme d’une crotte noirâtre qu’il renifla avec soin pour s’assurer qu’elle était bien à lui. »  


Ce polar  contemporain et truculent est un récit avec une  intrigue "noueuse comme un cep de vigne" qui débute sur la découverte du cadavre d’un élève du Lycée Professionnel de Montrouge avec comme indices : des cheveux, des miettes de madeleines proustiennes et un pendentif avec l’inscription « Tsilaosa… D’emblée, j’aimai ce mot.  (nous dit Labarde)  Les quatre sons vocaliques, l’allitération en S, la douceur de sa chute, étaient aussi doux à mon oreille que sur mon palais le canard laqué aux quatre parfums de la Cité Interdite, un resto chinois de l’avenue de Choisy » L’enquête gordienne est  parsemée de morceaux  d’anthologie scolaire, tout en n’oubliant pas les vertus pédagogiques sur la langue française et ses subtilités. L’auteur nous offre aussi sa satire du monde politique des Guignols de l’Info.  J’ai voulu en savoir plus sur  Paul Noguès, alias Al Rabassou. Il est toujours enseignant en banlieue parisienne où je l’ai contacté pour le convier  à un entretien en quatre questions.

 
Entretien en quatre questions : 


1°/ Je m’adresse d’abord à l’auteur : Al Rabassou ! Après vos années parisiennes, les rousquilles ont-elles toujours une saveur Proustienne. En d’autres termes, avez-vous le sentiment  d’appartenir à une identité catalane?

 

Les rousquilles ont toujours un délicieux parfum d’enfance (et Rousquille est le véritable nom de Pépette dans le roman). Je me sens Catalan, davantage  par les couleurs et les odeurs de la garrigue au printemps, par les rafales décoiffantes de la Tramontane, par un verre de grenache  ou de muscat clôturant une cargolade ou par les couillonades de Salvador Dali que par la langue ou la culture. Les revendications identitaires et nationalistes sont ,à mon sens, trop instrumentalisées. Je me sens plutôt « méditerranéen ».

 

2°/  Pouvez-vous nous raconter l’histoire de l’écriture de votre roman et celle de votre parcours pour vous faire éditer avec le  choix  d’une autoédition régionale ?

 

Comme les rousquilles, les bouquins (et notamment les polars et néopolars) sont mes « madeleines » à moi. Ils me procurent régression et jouissance… au point, il y a quelques années, de tenter l’aventure de l’écriture. Des « ruptures » dans ma vie privée comme dans ma vie professionnelle (nouveau public d’élèves plus « destructuré », beaucoup d’interrogations et de choses à « raconter », des situations de violences pas toujours faciles à comprendre ou à accepter) m’ont fait franchir le pas. J’ai commencé par dégueuler des mots sur des feuillets épars et tenté de leur donner une cohérence quelques mois plus tard. Le résultat c’est LP BLUES, récit bâtard, hésitant entre le neopolar, le journal intime et la chronique sociale. Quant à la suite, vous imaginez les problèmes :coût des tapuscrits, refus polis des éditeurs et…autoédition

 

3°/ L’entame de L.P BLUES est animalière. Vous mettez  le bestiaire humain sous le regard d’une humanité animale. Votre héros, l’inspecteur Labarde est un ancien Professeur. Diogène déambulant dans le Lycée professionnel de Montrouge, quel regard porterait l’inspecteur Labarde sur l’affaire du gang des barbares qui a défrayé la chronique avec son chef,  Youssef Fofana ?

 

Labarde déambule dans le lycée, Zoulou le matou dans les banlieues…Ce qu’ils voient n’est pas toujours réjouissant.  Fofana était à Montrouge il y a quelques années. Ce n’était pas une terreur. Pourquoi a-t-il basculé ? Je ne me hasarderai pas à répondre ! Ce qui m’interpelle le plus chez certains jeunes c’est la situation de destructuration familiale et l’absence réelle ou symbolique du père. Qui reste-t-il pour leur rentrer dans le lard, pour les reconnaître au sens existentiel du terme ? …Les profs et les flics !

 

4°/ Vous citez à rebours  Maigret et Nestor Burma. Si je devais classer L.P BLUES dans la Noire, je le rangerais sur le rayon des néo – polars. Dans la Noire, quels sont vos personnages et vos auteurs préférés ?

 

            Je n’ai pas de collection de prédilection. Bill James, John Harvey, Fred Vargas, Izzo, Connelly, Douglas Kennedy sont des auteurs que j’ai beaucoup de plaisir à lire. Mais j’ai une tendresse particulière pour Pepe Carvalho, le privé catalan gastronome et jouisseur de Vasquez Montalban.




D’une rencontre, il naît toujours une richesse : En 1997-1998, une réalisatrice de documentaires (connue et reconnue), Mme POZZO DI BORGO Catherine, avait croisé Paul NOGUES.  Elle a ensuite sorti son film sur les jeunes de Montrouge et  « Tu seras manuel, mon gars ! ». Une Dame et une œuvre cinématographique exemplaires  !...   

mutualité.bmp


Extrait du dossier " Jeunes dans le Bâtiment
 " sur le site de Mutualité de France et du journal "Santé et Travail":                http://www.mutualité.fr


Paul Noguès
est professeur de français à Montrouge (Hauts-de-Seine), dans un lycée professionnel qui compte des classes de CAP, de BEP et des bacs pros formant aux métiers du bâtiment(1). Comment les jeunes appréhendent-ils leur avenir ? " Les réactions sont très différentes selon qu’on a affaire à des jeunes préparant un CAP ou un bac pro, répond l’enseignant. Les bacs pros savent déjà très bien à quoi s’attendre, car ils ont eu des stages en préparant leur BEP ou leur CAP. Mais, arrivés à ce niveau, ils prennent encore davantage conscience de la pénibilité du travail. " Trop souvent, les professeurs ont le sentiment de se retrouver face à des jeunes qui " subissent " leur orientation vers le bâtiment ou les travaux publics.

Démotivés
Malgré cela, observe Paul Noguès, " il y en a qui s’y trouvent assez bien ". Récemment, il a rencontré deux jeunes en bac pro sur leur lieu de stage, afin de vérifier si tout allait bien. L’un travaillait dans un bureau d’études des services techniques d’une commune, l’autre transportait des gravats dans une brouette sur un chantier du 19e arrondissement de Paris. Le prof de français a pu constater que " les deux garçons étaient satisfaits de leur stage ".

Les clashs pendant les stages sont le plus souvent le fait des jeunes en CAP. " Parmi les jeunes en formation dans le BTP, beaucoup sont issus de familles immigrées dont les pères travaillent déjà dans le secteur, remarque Paul Noguès. Comme ils ne sont pas bons à l’école, ils se retrouvent prisonniers d’une filière, avec en tête une image négative véhiculée par les parents. "

A l’occasion du tournage d’un film dans ce lycée professionnel de Montrouge pendant l’année scolaire 1997-1998(2), la réalisatrice Catherine Pozzo di Borgo s’est entretenue avec les jeunes sur leur vision de l’avenir. A l’écran, ces derniers paraissent dans l’ensemble assez démotivés. " Je ne veux pas rentrer dans la vie active maintenant, ce serait trop dur. On ne gagne pas assez d’argent dans les entreprises, et puis, travailler toute sa vie en étant ouvrier, ce n’est pas mon truc ", explique un élève âgé de 18 ans. Plus agressif, cet autre interroge : " Avec le bac pro, on va faire quoi ? On va être des crève-la-dalle sur un chantier. Et si on continue… De toute façon, le BTS, on ne l’aura jamais. " La dureté des conditions de travail fait office de repoussoir. " Les gars sur les chantiers, ils sont tellement usés par le travail… Ce sont des "cro-magnons" ", ironise un autre. " On ne peut pas travailler quarante ans sur un chantier, sinon, arrivé à l’âge de la retraite, on est foutu ", assure un dernier.

Résultat ? Les jeunes étirent au maximum le temps des études, même s’ils ne sont pas au niveau.





Publié le 25 juin 2006 à 13:45
Par flicorse
Une réalisatrice de films documentaires sur le monde du travail : Catherine POZZO DI BORGO et son  parcours exemplaire.  



En 1999, Mme POZZO DI BORGO Catherine, réalisatrice et professeur associée de l’Université d’Amiens, a réalisé un documentaire sur les élèves du Lycée Professionnel  de Montrouge où elle avait rencontré, pendant l’année scolaire 1997-1998,  Paul Noguès, Professeur de Lettres et auteur du polar "L.P BLUES" sous le pseudonyme Al Rabassou. Le documentaire s’intitule «  Tu seras manuel, mon gars ». Nous avons voulu en savoir plus sur  cette réalisatrice exemplaire effectuant son travail sur le terrain pour nous ramener des documentaires d’une grande honnêteté morale, en rassemblant des témoignages audiovisuels  sur la précarité et  le chômage, qui sont autant de pierres à l’édifice d’une humanité qui se cherche.

 

Son nom « POZZO DI BORGO » ne laisse aucun doute sur  ses origines corses, mais son parcours professionnel et ses mérites se situent dans son oeuvre  qui  donne une vision réaliste et humaniste du monde du travail avec des approches sur  l’évolution de nos sociétés. Certains de ses documentaires ont été diffusés sur des chaînes télévisées thématiques comme la Cinq. Tous servent d’outils pédagogiques ou de bases de réflexion  lors de nombreuses conférences organisées par divers organismes dans la France entière et à l'Etranger.  Mme POZZO DI BORGO est exemplaire par son talent de réalisatrice et de scénariste, mais aussi par son intégrité morale et intellectuelle qui la pousse à une réflexion sur son travail lui-même dans un souci permanent de coller au plus juste possible dans des constats qui  éclairent  notre avenir pour y faire face. Elle porte sur le présent son regard de témoin du Futur et s'adresse aux consciences.

 

Madame Catherine POZZO DI BORGO  possède la science de l’art cinématographique et l’art de la science, alliant son talent créatif à sa rigueur. Le documentaire est souvent considéré comme de l’artisanat, un noble mot conjuguant art et savoir faire. En deux phrases, nous avons employé sciemment plusieurs fois le mot « art », redondance voulue pour une réalisatrice d’exception. Le documentaire est un art cinématographique. Nous tenions à le souligner en ce qui la concerne.

 

Nous avons retrouvé le  titre d’un opus récent : « Vues de l’Europe d’en bas »  publié  aux Editions L’Harmathan et imprimé en juillet 2005.


 
           pozzo1.gif                          pozzo4.jpg    


Quelques documentaires réalisés par Mme Catherine POZZO DI BORGO :

 A job of the birds en 1979, Shop talk en 1980, The great weirton steal  en 1984.

En 1991,  Les vaches bleues.

En 1996, Arrêt tranche, les trimardeurs du nucléaire.

En 1999, Tu seras un manuel, mon gars ( à la même date Paul Noguès publie L.P BLUES ) .

En 2202, Tout l’or de la montagne noire .

En 2003, Chômage et précarité : L’Europe vue d’en bas.


Vous pouvez retrouver une partie de son  parcours sur le site de l'INA où il suffit de passer son nom au moteur de recherche pour atteindre notamment les dossiers de l'audiovisuel
 

pozzo2.jpg         teletravail.jpg                    

 

Affiche de conférence                                Dossiers de réflexion sur l’audiovisuel

 

                                                              voir site: http://www.ina.fr/produits/publications/da/84/sommaire.fr.html



 
  Entretien en quatre questions avec Mme Catherine POZZO di BORGO 



I
. Quels souvenirs avez-vous gardé de votre reportage au sein du Lycée professionnel de Montrouge, pendant l'année scolaire 1997-1998 (pour les besoins de votre film : "Tu seras manuel, mon gars"?)
 
En ce qui concerne le film "Tu seras manuel, mon gars", après avoir réalisé plusieurs documentaires sur le monde du travail, j'ai eu envie d'aller voir en amont comment étaient formés les ouvriers. J'ai donc passé une première année d'observation au lycée professionnel de Montrouge, observant les différentes filières proposées et les problèmes qui se posaient. J'ai ensuite rédigé un scénario qui m'a permis d'obtenir une aide du ministère du Travail, ainsi qu'une co-production avec la 5. Puis j'ai tourné par étapes tout au long de l'année scolaire suivante. Le lycée professionnel de Montrouge, comme tous les établissements de ce genre, est devenu malheureusement une voie de garage où l'on envoie tous les jeunes qui n'arrivent pas à suivre l'enseignement normal. Or les métiers manuels qui faisaient la fierté des ouvriers sont aujourd'hui fortement dévalorisés. Les jeunes qui se retrouvent dans les lycées professionnels sont en majorité issus de l'immigration. Beaucoup n'ont pas de père et quand ils en ont, ce sont très souvent d'anciens ouvriers au chômage. Il n'y a plus comme autrefois cette transmission des savoir-faire du père au fils. Et les jeunes d'aujourd'hui ne veulent surtout pas être comme leurs pères, usés prématurément par le travail et trop souvent menacés par le chômage. Ils se rêvent dans des bureaux, mais sont incapables, pour des raisons essentiellement sociales, d'obtenir les diplômes requis pour ce type d'emploi. En outre, il est rare qu'ils puissent choisir leurs filières d'apprentissage. Ce travail m'a laissé deux impressions très fortes. La première était l'ordre et le calme qui régnaient au lycée de Montrouge. Certes, les  jeunes avaient du mal à se tenir tranquille pendant les cours, mais en deux ans je n'ai assisté à aucune scène de violence et les rapports que j'ai eu avec eux ont toujours été très courtois. Ce qui va à l'encontre des présupposés que l'on a trop souvent sur les jeunes des banlieues. La deuxième impression était beaucoup plus négative. C'était d'être confrontée à des jeunes, certainement aussi intelligents ou talentueux que d'autres, mais qui, en raison de leurs origines sociales, n'avaient pour ainsi dire pas d'avenir. Et cela, il me semble, est inacceptable dans un pays comme le notre.  

 
II. Quelle a été la motivation de votre parcours de réalisatrice de documentaires sur le monde du travail et avez-vous des projets en cours? 

Le monde du travail m'a toujours fascinée pour sa richesse et ses contradictions et pour les personnages remarquables qu'on y rencontre parfois. Les documentaires que j'ai réalisés ne sont pas des films de divertissement. Ils exigent l'attention du spectateur, mais je pense qu'ils sont nécessaires en ce qu'ils contribuent à une meilleure compréhension critique de la société dans laquelle nous vivons. Je viens de terminer un film totalement différent. "Les Cris de Paris" dont voici le résumé: 
 
"Les Non Papa*, un ensemble de jeunes et talentueux chanteurs,  préparent un spectacle autour des « cris de Paris » au temps de la Renaissance. Les cris étaient ceux que poussaient les petits vendeurs de rue sur une ou deux notes de musique et que des compositeurs de l¹époque ont recueillis pour en faire des chansons savantes ou populaires. Du déchiffrage des partitions au spectacle final, en passant par la fabrication des costumes, la recherche d¹accessoires et des essais de mise en scène ­ un documentaire où la beauté de la musique côtoie des séquences prises sur le vif, pleines d¹émotion, de fantaisie, voire de franche gaieté. Une plongée dans le mystère de la création musicale." Je dois dire que cette échappée dans le monde de la musique m'a procuré  un immense plaisir qui, je l'espère, sera partage par les spectateurs. 

J'ai deux projets en cours, plus tournés cette fois vers le monde paysan: un film sur le Larzac et un autre sur les petites fermes, ou la survie de la petite paysannerie française.
 


III.
Vous avez des origines corses, quel regard portez-vous sur l'île? 

Je n'ai malheureusement aucune attache en Corse, ce que je regrette car c'est un pays magnifique. Si quelqu'un veut m'inviter.... 


IV. Dans vos documentaires, vous montrez une réalité qui sert souvent de décor dans la Noire et le neopolar. Etes-vous lectrice de romans noirs et, de façon plus générale, quels sont vos auteurs préférés dans la littérature ? 

Je suis une grande lectrice de romans policiers. Avec une prédilection pour les auteurs américains: Dashiell Hammett, Ross MacDonald, Elmore Leonard, James Ellroy, James Lee Burke. Il y a aussi quelques français que j'aime beaucoup: Fred Vargas, Jean-Patrick Manchette, Tonino Benaquista, Jean-Claude Izzo. Sans oublier le merveilleux Paco Ignacio Taibo II. 


En marge de l'interview:

Le groupe Non Papa* a été constitué en 2001 par quatre de ses membres et il comprend aujourd'hui 8 chanteurs issus de l'Université de Paris-Sorbonne associés au Jeune coeur de Paris, au Centre de musique baroque de Versailles et au CNSM de Paris. Son nom évoque le compositeur franco-flamand Jacob Clémens, connu sous le pseudo de Clemens Non Papa. Vous pouvez en savoir plus en allant sur leur site:
 Cliquer ci-dessous
 http://nonpapa.free.fr

non papa.bmp

Publié le 15 juin 2006 à 11:21
Par flicorse

Arlette Shleifer et Molto Chic
   

    

catalogue_chinois_020.jpg        moltopage2.bmp 


         

Molto chic ou comment tuer en toute élégance. 


Arlette Shleifer
annonce la couleur de son roman en le dédiant à tous ceux qu’un jour ou l’autre, elle a eu envie de tuer. Et puis, l’histoire commence  par « Il était une fois... » ;  suivra la rencontre d’un prince charmant. Ne vous y trompez pas ! Il s’agit d’un roman noir,  non  d’un conte de fée.

 

Margot, tout juste sortie de prison  écoute les Polonaises de Chopin jouées par le Maestro Luigi. Elle retrouve dans ses affaires « un rubis serti de diamants, à l’ancienne. La pierre était si pure qu’on aurait dit du « granité » de sang. Deux petits diamants manquaient à la monture et gisaient dans le coin du sachet. Le sang de la pierre s’était écoulé et avait tâché ses doigts. » Quelle somptueuse entame qui nous ramène à ses vingt ans sur une plage normande où  elle rencontre Jean. De cette rencontre  de l’eau et du feu, va surgir un psychodrame comme une marée d’équinoxe. 

 

Jean est un Corse orphelin depuis la petite enfance. Il a été élevé par sa sœur Nina qui vit au milieu des vignobles du sud de  la Corse. « Il était comme les fleurs des champs : une fois coupées de leur racines, elles survivent difficilement. Comme il était difficile de créer un univers, un autre code loin de la Corse ! »  Il est un tiède et Dieu vomit les tièdes.  Trop raisonnable et économe, il contrôle mal ses pulsions désespérées derrière une retenue timorée. Margot, elle,  apparaît narcissique, immature et égoïste. Elle et lui : le roman commence donc par un duo ou un duel cher à une Marguerite Duras.  Après des retrouvailles soixante-huitardes qui scellent leur passion amoureuse, c’est naturellement vers la Corse qu’ils font leur premier voyage en amoureux  sur un voilier italien baptisé « Luppachiotto » (petit loup). Jean se rêve en Belmondo dans « Itinéraire d’un enfant gâté » et le psychodrame couve dans une atmosphère sortie d’un roman de  Françoise Sagan. 

 

La suite ne sera pas faite de couchers de soleil sur une Méditerranée chaude, mais du soleil noir  dans l’eau froide recouvrant de grands fonds freudiens.  L’adulescente veuve Margot jouera avec la vie de Jean et maniera le pinceau, comme une arme de création artistique. Des crimes « en couleurs douces »   sont au Menu. Quel dessert nous a concocté l’auteur?

 

Suspens et surprise !  Ici s’arrête notre andantino pour présenter un thriller « moderato cantabile» avec des « allegros », chargés d’angoisse existentielle. C’est  une sonate de  l’amour et de la mort. La Vendetta est de la partition : tragique, elle s’invite à un final qui laisse la place à vos  soupirs et vos  silences. 

 

Avez-vous déjà eu  des envies de meurtre parfait? Posez-vous la question.

 

Arlette Shleifer saisit des bribes senties  d’un quotidien introspectif et sait  aussi exalter les mots par un lyrisme  « molto chic » fait d’une  grâce légère qu’on lui connaissait déjà dans ses précédents romans publiés par Les Editions La Marge. Elle laisse libre cours à l’imaginaire du lecteur dans un roman  « molto noir ». 

 
Extraits choisis parmi tant d’autres:

      - «  Parfois le soleil n’a pas envie de se lever, d’offrir des couleurs, de la chaleur ; alors tout reste blanc ou gris, insipide et froid. L’essentiel est de concéder la place qu’on décrète, d’y mettre de la chaleur, du bonheur et rien d’autre. Tu peux également rester dans la grisaille… »
   -
     « … le bateau était la promesse d’un départ pour un lieu entre deux eaux, entre deux ciels entre deux vies. Il était la garantie d’un rendez-vous avec la lune et les étoiles, sans qu’aucun bruit ne le perturbe. La caresse de l’eau était le mot de passe vers une liberté, illusoire certes mais réelle, le temps d’un regard sur l’immensité sans entrave. »  

Pensée du lecteur:
   
    A la fin du roman,  il m'est revenu à l'esprit le passage d'un poème en prose de Charles Beaudelaire: Désir de peindre.

... "Je la comparerais à un soleil noir, si l'on pouvait concevoir un astre noir versant la lumière et le bonheur.Mais elle fait plus volontiers penser à la lune, qui sans doute l'a marquée de sa redoutable influence; non pas la lune blanche des idylles, qui ressemble à une froide mariée, mais la lune sinistre et enivrante, suspendue au fond d'une nuit orageuse et bousculée par les nuées qui courent; non pas la lune paisible et discrète visitant le sommeil des hommes purs, mais la lune arrachée du ciel, vaincue et révoltée, que les Sorcières thessaliennes contraignent durement à danser sur l'herbe terrifiée!". 
     ... et c'est peut-être, pour cela, que Jean aimait Margot.

 
Arlette Shleifer : « Pulsion errance »...


Son premier roman
 :

 

lunarlette.jpg

 

« Luna ou le voyage d’une étincelle » 

Ce premier roman est  paru aux Editions La Marge d’Ajaccio, en 2002,  Arlette Shleifer nous invite à découvrir la Corse comme si c’était pour la première fois, avec les yeux et la sensibilité de Luna de Beuzeville. Son  héroïne sort d’une rupture sentimentale et du succès éditorial de son livre de photographies sur la couleur des glaciers de l’Antarctique. Elle est journaliste en Australie, à Sydney. Son rédacteur en chef l’expédie en Corse en ces termes : « Tu n’as pas trouvé le diable en Tasmanie, peut-être vas-tu en découvrir un en Corse ? Il semble que tu peux nous rapporter un très beau reportage. » Et la voilà qui débarque dans le port d’Ajaccio où un libraire lui confie la clé du logement d’un peintre corse, absent pour cause d’exposition à Paris. Cette absence va provoquer son attente et son errance sur « la plus proche des îles lointaines ». Elle porte un regard neuf sur la Corse et une oreille musicale au chant des mots. Elle voit le noir ivoire de Corbara, les bronzes de Bavella , le safran de Sari de Porto Vecchio, les blanches crêtes de l’Isolla et toutes les couleurs de la palette d’une nature sauvage. Elle découvre par hasard la maison du peintre, la seule habitée d’un village abandonné. Elle provoque une rencontre qui se fera d’abord de façon ponctuelle. En son absence, elle s’installe dans sa maison de village pour peindre et repasser le film de ses amours passés. Et puis, comme un adieu à Sydney, elle transmet son reportage à son journal australien. Celui qu’elle attend apparaît sous le zénith, « le soleil  pailletant chaque fleur d’une humide étincelle », comme le disait Verlaine.  Il la trouve là comme une évidence. L’histoire de ce roman est sous-tendue par une intrigue élégante. C’est, sous la pulsion d’errance de Luna,  un voyage initiatique à la peinture avec comme sujet d’inspiration : la Corse.


Son second roman :

 

couv.jpg

 

« Piège détaché »

Ce roman noir est paru en 2004, aux Editions La Marge. Claire, conservateur de musée, invite sur son île un ancien amant et improvise un « dîner culturel » , avec quelques copains célibataires. Une histoire incroyable arrivée à un des convives, Lucien qui la raconte, est le prétexte pour lancer un jeu de miroir dont personne ne sortira indemne. L’auteur met en scène des portraits de trois femmes, des mères aux profils psychologiques différents. Sont-elles toutes des meurtrières ?  Chaque convive met en place les rouages d’un piège qui fonctionne comme une enquête policière. Va-t-il se refermer ou ouvrira-t-il de nouveaux horizons ?

 
Mais où est-elle ? : 


Voyageuse Nervalienne, Arlette Shleifer promènerait son  étincelle d’artiste vers l’Orient, à l’extrême du soleil levant
. Aux dernières nouvelles, elle scintillait à  une exposition, dans le Taipei artits Village. Elle expose en France et aux Etats-Unis. Elle a terminé un nouveau roman à paraître. Elle est souvent « ailleurs », échappant au piège détaché d’une vie casanière molto chic. Si vous la voyez, vous pouvez lui offrir un Bar rouge*. Ne l’appelez pas Margot, Claire ou Luna, elle se prénomme Arlette. N’essayez pas de la retenir. Après vous avoir laissé un supplément de voyage en plusieurs pages, elle repartira un jour, mue par la  pulsion d’errance, en disant comme dans la Nouvelle Héloïse : «  J’entends le signal et les cris des matelots ; je vois fraîchir le vent et déployer les voiles. Il faut monter à bord, il faut partir… »


Pulsion errance :


arlettess[1].jpg

Arlette Shleifer  partage sa vie entre le Marais à Paris, la Corse, les Etats Unis et Taïwan . Vous pouvez  visiter le site taïwanais de Taipei artists  ou celui de soutien aux otages de Colombie et à Ingrid Betancourt sur lequel une de ses œuvres a été mise aux enchères le 5 décembre 2005 : « pulsion errance ». 

 

Sur le site  « Ingrid Betancourt »,  il est écrit : « Arlette Shleifer a toujours eu les doigts et les yeux dans la peinture en tant que peintre, galeriste, art events et écrivain » - «  Dans son travail nous découvrons des paysages oniriques que rien des affres de l’univers ne peut atteindre. Pulsions de vie, désir de rythmer et de construire le temps et l’espace, autrement. Chaque courbe est un îlot de tendresse ou peut-être celle d’un corps vu de près. »

 

A nos yeux, ce qui caractérise Arlette Shleifer, c’est cette « pulsion d’errance » que l’on trouve chez d’autres auteurs comme Jack Kerouac, J.M.G Le Clesio, Kenneth White ou Ernest Sabato. J’ai choisi cette bande des quatre car on les retrouve dans un opus de l’universitaire de renom Michel Maffelosi* : « Les jardins de l’errance ». Il écrit sur eux : «  A la lumière de ce double héritage culturel et des nombreux espaces qu’il sous-tend, on comprend l’importance de l’errance dans la vie et dans les œuvres  de ces auteurs. L’errance est envisagée comme une quête active qui renouvelle le regard du sujet sur le monde et qui enrichit sa connaissance. Dans ce cas, elle résonne comme une sorte d’éveil de l’homme contemporain au monde qui l’entoure, à sa simplicité, ses merveilles comme à ses sordides manifestations. ». Et il ajoute plus loin : « L’écriture se nourrit des mouvements du corps et des lieux traversés, élabore un espace porteur d’aventure errante. »  mais aussi : « … l’errance est un déplacement fécond permettant de tisser des liens solides entre le sujet, l’espace et l’altérité. »

On retrouve dans ces extraits Arlette Shleifer. Cherche-t-elle l’ultime « terra incognita » ? Dans ses créations picturales contemporaines, elle accède  « à ce lieu non-lieu situé à la pointe extrême de la modernité ». En littérature, elle poursuit son chemin, creuse l’ouverture, déplace les frontières et revient publier un nouveau roman, peut-être par tropisme,  en Corse. Elle a choisi le noir de l’élégance.
Le nouveau roman à paraître s’intitule «  Bar rouge* ». De quels pigments (ou piment) sera fait ce rouge si le fond reste noir ? En attendant de le savoir, nous vous donnons la recette d’un cocktail :

Bar rouge* : recette pour 1 personne

De la glace pilée, une dizaine de framboises écrasées, un soupçon de jus de citron vert, 6 feuilles de menthe et :


1 shot et demi de vodka

1/2 shot de Grand Marnier

1/2 shot de sucre de canne

(1 shot = 1 verre à vodka)


Dans un shaker , mettre les ingrédients et  secouer énergiquement. Vous n’avez plus qu’à verser le Bar rouge dans un verre et lever le coude à chaque gorgée.

Vous pourrez l’essayer  à la sortie du prochain livre d’Arlette Shleifer… L’abus d’alcool  étant interdit, il faut en boire modérément. «   u troppu stroppiu ! »


En annexes: un sociologue et un philosophe.
 

Michel Maffelosi* : sociologue français, professeur de sociologie à la Sorbonne, directeur du Centre d’Etude sur l’Actuel et le Quotidien qui publie deux revues : «  Sociétés » et «  Cahier de l’imaginaire ».  Cet éminent analyste est un spécialiste de la socialité dite émergente. Il étudie les nouvelles formes de socialité et l’imaginaire, qui font l’objet d’écrits dont vous pouvez retrouver les références sur le site : http://1libertaire.free/Millesofi05.html

Sur l’errance, il a écrit un ouvrage en 1997 intitulé « Du nomadisme, vagabondages initiatiques ».

Les thématiques du centre qu’il dirige depuis 1982 sont la post-modernité, le quotidien, l’individualisme en regard des résurgences tribales, nomades et communautaires.

A nos yeux, un bémol dans sa carrière : il a dirigé la thèse de la voyante astrologue Elisabeth Teissier.


maffesoli.jpg Mathieu Millesofi

Le 28 février dernier, il recevait au CEAQ (avec qui collabore  l’Espace Ricard) le philosophe corse , Jean-François Mattei*, professeur à l’Université de Nice et membre de l’Institut Universitaire  de France pour la sortie de son ouvrage : « De l’indignation ».

Il s’agit d’un essai de philosophie sur le bon usage de l’indignation dans nos sociétés qui connaissent une crise morale. Cet opus est à rapprocher d’autres écrits du même auteur sur l’immonde actuel .

 

Jean-François Mattei*, philosophe corse et trois de ses ouvrages.

jfmattei.jpg
     indignation.gif  mattei36.gif   mattei10.gif

   
Pages : 1 2
Mon calendrier
< Jun. 2006 >
L M M J V S D
   1234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930  
Contactez-moi
Mail :
Trafic
Noter ce blog :
1 5
2 connectés
144766 visiteurs
Agrégateurs RSS
bloglines
google
netvibes
newsburst
newsgator
pluck
yahoo