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Mon bloc perso.
Bonavinuta!
Bienvenue sur le blog Corse noir'soeur de vos nuits blanches
Blog non agressif et sans arrière-pensée. ..

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Blog cousin de CORSICAPOLAR à l'adresse : http://www.cors icapolar.eu
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REN DEZ-VOUS:


- Les balcons du polar le 14 septembre 2008 à partir de 10 Heures, Abbaye St Victor Marseille
- Les Terrasses du polar : Septèmes les Vallons (13)le 19 septembre 2008 à partir de 16 Heures et Marseille Cours Julien le 20 septembre 2008 à partir de 14 Heures
- Salon du polar de Drap (06) les 27 et 28 septembre 2008
- Salon du polar de Villeneuve les Avignons (84) les 4 et 5 octobre 2008

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Opérata "Noirs de Corse"

Initi é en Corse par l’association Handi 20, le projet d’éditer un recueil de nouvelles sur le thème du polar dans le but d’acquérir du matériel adapté aux personnes handicapées, prend en 2008 des allures de véritable challenge. Partenaire de ce projet solidaire en faveur de l’accessibilité , l’association Corsicapolar, organisatrice du premier festival du polar corse et méditerranéen qui avait obtenu un succès remarqué à Ajaccio en 2007, a décidé en effet de mobiliser toutes ses forces pour cette initiative.

Le blog des auteurs corses et amis de la Corse, www.corsicapola r.eu, a battu le rappel des troupes et les réponses n’ont pas été longue à venir. L’entraide n’est pas encore un vain mot. L’appel a été entendu par de nombreux auteurs et bien au-delà de l’île.

L’app el lancé par Fabrice Albertini, président d'Handi 20 a été entendu puisque 26 auteurs ont offert un peu de leur univers noir :

Trente nouvelles inédites signées par:
Arlette Shleifer, Claude Ferrieux, Danièle Piani, Denis Blémont Cerli, Elisabeth Milleliri, Eric Patris, Fabrice Albertini, Jacques Mondoloni, Jean-Louis Vassallucci, Jean-Michel Raffalli, Jean-Paul Ceccaldi, Jean-Pierre Orsi, Jean-Pierre Petit, Jean-Pierre Santini, Jeanne Tomasini, Jérôme Camilly, Marie-Catherine Deville, Marie-Hélène Ferrari, Martine Rousset, Michel Jacquet, Okuba Kentaro, Pierre-Paul Battesti, Pietr'Anto Scolca, Rémi Talbi, Ugo Pandolfi.

Pa trice Antona, chroniqueur de RCFM, a signé l'avant-propos.

Cet ouvrage a fait l'objet de nombreuses souscriptions et sera vendu et dédicacé à l'occasion du deuxième festival du polar corse et méditerranéen qui se déroulera du 4 au 6 juillet 2008 à Ajaccio. On pourra également le trouver sur le car ferry Danielle Casanova lors de la traversée Marseille-Ajacc io départ le 3 Juillet 2008 en soirée.

Tout es les informations sont données sur le site de Corsicapolar à l'adresse ci-dessous:
http://www.cors icapolar.eu

Pour les commandes aller sur le site Handi 20 : http://handi20. free.fr/
Courr iel : handi20@free.fr

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- De la galéjade à la sérénade: l'art d'aimer à Marseille.
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- Réalités et fictions corses
- Néo-polar versus polar... roman noir après Mai 68...
- Jean-Pierre Santini, écrivain et éditeur corse dans l'actualité littéraire en 2008

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Les dix droits imprescriptible s du lecteur ( édictés par Pennac dans son ouvrage "Comme un roman")
1°/ Le droit de ne pas lire.
2°/ Le droit de sauter les pages
3°/ Le droit de ne pas finir le livre
4°/ Le droit de relire.
5°/ Le droit de lire n’importe quoi.
6°/ Le droit au Bovarysme (maladie textuellement transmissible…)
7°/ Le droit de lire n’importe où.
8°/ Le droit de grappiller.
9°/ Le droit de lire à haute voie.
10°/ Le droit de nous taire.

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A dopu!
A plus tard!
Ma photo
Corse noire
Publié le 27 juin 2007 à 18:11
Par flicorse
Le Petit héros de papier, écrit par Martin Melkonian.

De la lecture et de l’écriture, laquelle précède l’autre ? Au début, y avait-il le verbe ? Au début, il y a les parents. Lorsqu’il parle de l’écriture, Martin Melkonian les évoque avec son amour filial et les liens forts d’une complicité intellectuelle qui l’ont conduit à l’écriture et à la peinture. Retour à l’enfance. L’importance de l’enfance : le temps des contes et de l ‘amour. La mort, celle du père. L’abîme et encore l’amour mais sans lien charnel. Les mots de l’amour et l’amour des mots : Les mots des êtres chers, les mots passerelles entre les âmes mortes et vivantes. " Les mots sont des êtres vivants… Ils fourmillent… Rêveurs, tristes, joyeux, amers, doux… Les mots sont les passants mystérieux de l’âme ". Hugo l’a si bien dit et le constat à retenir est toujours le même: Ecritum humanum est.

L’écriture a besoin de lenteur. La lenteur est le temps de ceux qui sont sur le second versant de la vie, nous dit Martin Melkonian en reprenant ce groupe de mots dans l’incipit de La Divine Comédie de Dante ( nel mezzo del camin di nostra vita). Chaque voyage fait avec lenteur dans la mémoire apparaît alors comme une chance de redécouvrir et d’inventer le passé à la lumière d’un présent insaisissable … " La mémoire : elle est rieuse, oublieuse, bigame – mariée au rêve et à la réalité, écrit-il. "



La quatrième page de couverture du " petit héros de papier " explique que " Martin Melkonian puise dans sa mémoire et dans sa bibliothèque idéale. Il reprend l’ordre de ses souvenirs qu’il tient à restituer avec justesse. C’est un travail de main et de tête sur la matière du texte ". Même si tout y est littéraire, le petit héros de papier est aussi un héros de chair : l’auteur. Dès les premières lignes du livre, l’emploi du je et du moi le lie à la vérité romanesque de son héros, réel même dans sa fiction.

Martin Melkonian connaît la valeur des mots qu’elle soit esthétique ou musicale. A quatre ans, il jouait déjà avec eux : " L ‘un après l’autre, les mots irritent la gorge, s’aggrippent à la glotte, puis – passage préparé- roulent sur la langue, patinent, virevoltent, expirent ". La langue ( française), ajoute-t-il dans le Miniaturiste, " elle se dit, elle s’écoute, elle s’épluche, elle se goûte ". Les mots sont l’occasion de longues rêveries et de délicieux voyages. Comme Mallarmé, il leur donne une vie libérée de l’usage utilitaire. Il puise dans ce qu’il nomme " la poésie de mémoire " et il y trouve l’émotion.

Ralentir, mots-valises. !
Ralentir, impacts des mots !…
Ralentir, Melkonian !

Martin Melkonian mesure le poids des mots sans surpondérer sa plume. Il nous parle d’un quatuor enchanté sans ordre d’entrée décelable: "l’écriture, la poésie, l’émotion, la mémoire. "… L’écriture est dans les couleurs, les parfums, les objets, les lieux, les êtres…

" L’écriture est un roman. L’écriture est partout " nous dit-il.

" Il fut papier. Voltaire " telle est la dédicace-épitaphe au début du livre. Nous avons retrouvé la suite de la citation.

Il fut papier ; cent cerveaux à l'envers
De visions à l'envi le chargèrent ;
Puis on le brûle ; il vole dans les airs,
Il est fumée aussi bien que la gloire...

Voltaire, Guerre de Genève, IV.





Lorsqu’il nous avait dédicacé " Le Miniaturiste " , Martin Melkonian avait écrit avec lenteur : " Ce miniaturiste ou l’écriture née des cendres " (voir article précédent sur l'auteur ). Le miniaturiste avait ouvert une suite autobiographique commencée en 1984 et les autres romans ont suivi : Désobéir, Loin du Ritz, Les marches du Sacré-Cœur, Monsieur Cristal et le Clairparlant.

Dans " Le petit héros de papier ", l’auteur relate l’itinéraire de celui qui a choisi " tous les dieux, tous les textes, ceux écrits et ceux à écrire", et qui a commencé par " aimer la rêverie au dessus des œuvres ". " Je rêvais, dit-il, que ma rêverie d’écriture était déjà de l’écriture ". Et puis il s’est mis à écrire " selon un mode propre, une sonorité propre. Selon sa chanson . " Une chanson où les mots forment parfois des versets rappelant le haïku contemporain. Nous avons relevé quelques passages pour exemples :

La pensée.
La précieuse.
Je subodorais sa présence.


On biffe parfois.
On caviarde parfois.
On déchire parfois


Ou encore :

Je souhaitais le rencontrer.
J’avais vingt-huit ans.
Lui, soixante-trois.


Et cela nous fait adapter un haïku d’Issa à l’attention de l’auteur :

Sur les écrans de papier
Elle fait des arabesques
Sa plume de Phénix.


L’esprit haïku est présent dans les dédicaces de l’auteur. Après celle du Miniaturiste, je vous livre sa nouvelle dédicace : " Ce petit héros de papier ou la plume d’un phénix ".

Au bout de notre lecture, l’écriture née des cendres du petit héros de papier apparaît bien comme celle d’un phénix à la plume flamboyante qui enlumine l’écriture et rend la lecture jouissive.

La mémoire, avec sa part d’imaginaire, est notre livre intérieur à déchiffrer … Le voyage littéraire proposé par l’auteur se termine par le mot " nuit "… Il ne va pas jusqu’au bout , contrairement à celui de Céline. Le petit héros de papier n’est pas une autofiction… Martin Melkonian y raconte son amour et ne montre pas encore sa haine. Sortira-t-elle un jour ? Peut-être une nuit...





Et parce que la mémoire est rieuse. Posons la question : De quel papier est fait le héros ? Papier d’Arménie qui brûle lentement en dégageant une odeur caractéristique ? Papier d’écolier nostalgique ? Papier dessin de l’artiste-peintre ? Papier buvard de la mémoire ? Papier sensible ? Papier de verre et non pas de vair ?…

"On prépare le papier en divisant le papyrus en bandes très minces, mais aussi larges que possible ; la bande la meilleure est celle du centre de l'arbre, et ainsi de suite dans l'ordre de la division ; on appelait jadis hiératique, attendu qu'il était réservé aux livres sacrés, le papier fait avec les bandes intérieures ; lavé, il a reçu le nom d'Auguste, de même que celui de seconde qualité porte celui de Livia, sa femme ; de la sorte, l'hiératique devint papier de troisième qualité.... le ténéotique, ainsi nommé d'une localité voisine de Saïs, est fait avec des matériaux plus rapprochés de l'écorce ; il ne se vend plus à la qualité, il se vend au poids ; quant à l'emporétique, il ne peut servir à écrire ; on ne l'emploie que pour envelopper les autres papiers et emballer les marchandises, de là lui vient le nom qu'il porte (papier des marchands)." Pline, Hist. nat. XIII, 23.

Si l’écriture a sa chanson, le papier aussi. Elle est de Gainsbourg et chantée par Régine. Elle dresse un inventaire à la Prévert.

Laissez parler
les p'tits papiers
A l'occasion
Papier chiffon
Puissent-ils un soir
Papier buvard
Vous consoler.

Laissez brûler
Les p'tits papiers
Papier de riz
Ou d'Arménie
Qu'un soir ils puissent
Papier maïs
Vous réchauffer.

Un peu d'amour
Papier velours
Et d'esthétique
Papier musique
C'est du chagrin
Papier dessin
Avant longtemps.

Laissez glisser
Papier glacé
Les sentiments
Papier collant
Ça impressionne
Papier carbone
Mais c'est du vent.
Machin machine
Papier machine
Faut pas s'leurrer
Papier doré
Celui qui touche
Papier tue-mouches
Est moitié fou.

C'est pas brillant
Papier d'argent
C'est pas donné
Papier monnaie
Ou l'on en meurt
Papier à fleurs
Ou l'on s'en fout.








Le Miniaturiste , première édition en 1984, a été réédité en 2006 et Un petit héros de papier vient en 2007 comme un codicille, un legs littéraire à ceux qui aiment lire et écrire. C’est le remaillage d’une trame individuelle : celle de l’écrivain fouillant sa mémoire dans une relation réflexive.

En 2006, deux autres ouvrages de Martin Melkonian ont été publiés : Ils sont assis, Editions Parenthèses (photographies de Max Sivaslian et postface de Martin Melkonian) et Les Corps introuvables, éditions d’écarts.



"Etre assis", c'est ainsi qu'on désignait, littéralement, le fait d'être interné dans un camp en Union soviétique. L'expression est restée dans le langage populaire dans toutes les républiques après le démantèlement de l'empire. Le regard de Max Sivaslian, qui a photographié dans cinq prisons et centres de détention en Arménie, dont les prisons pour femmes et pour mineurs, explore avec pudeur l'intimité de l'enfermement. Au-delà des évolutions historiques, l'univers soviétique persiste et marque l'intemporalité des conditions carcérales. Ces visages devenus anonymes, qui sont finalement de nulle part, si ce n'est du lieu universel de la privation de liberté, nous renvoient à nos propres angoisses face à la misère de l'autre. Le texte de Martin Melkonian, qui vient en contrepoint, incite à voir ce que précisément nous ne voulions pas voir. Partout, quel que soit le lieu où s'exerce cet empêchement, avec une révélation de la vision qui a lieu grâce à l'énergie d'un photographe. "Le regard de Sivaslian ne compose jamais avec l'effraction. D'ailleurs, quoi prendre à qui n'a plus rien."



L’effarement, l’égarement et l’éclipse de l’énergie vitale au seuil d’un abîme désiré plus que tout constituent la trame des Corps introuvables. Plusieurs décors coulissent au fond d’une scène imaginaire pour donner à voir ce que précisément le regard ne souhaite pas voir : des esprits qui n’ont pas assez d’âme pour devenir des esprits, des corps qui n’ont pas assez d’incarnation pour devenir des corps. Il en résulte des personnages électrisés, lucides, disjoints. Les mots suivants sont tatoués sur la peau de l’un d’eux : " il va à l’homme comme à l’échafaud. " Dans ce récit halluciné et dérangeant, l’acuité du regard s’oppose à la perte, à l’oubli, à l’aveuglement par degrés ; elle soutient une lutte farouche contre l’expérience de la défiguration infligée par l’histoire.

A son tour, Martin Melkonian est entré dans la bibliothèque idéale. Nous suggérons modestement aux enseignants (aux CDI et à tous ceux qui ont pour mission de faire aimer la lecture et de pousser à l’écriture) d’associer l’ouvrage de Martin Melkonian à celui de Daniel Pennac " Comme un roman " (gallimard, janvier 1992) dans leur choix d’œuvres à lire et à commenter…



FICHE DE LECTURE : " UN PETIT HÉROS DE PAPIER " Editions du Félin, mai 2007. "

Dans la collection Fiction Félin, la première page de couverture offre une très belle illustration à signaler : Création Olivier Lauga/photo - Nicolaï Pavlovitch Tarassov : Pouchkine (détail) Musée de Noukous. C'est un livre qui donne immédiatement envie de le lire et la quatrième page de couverture pique la curiosité et suscite l’intérêt.

Extrait du 1er chapitre : Les intercesseurs.

" L’action se déroule à proximité de la mer, un jour frileux de mars. J’ai allumé un poêle à pétrole Baya. J’écris sur une table ovale en merisier, couverte de traces, de blessures, d’indices. En face de moi, ou plutôt face au cahier sur lequel se trouvent ces premières lignes d’encre, il y a un vase en verre clissé de fils de laiton. Il déborde de renoncules aux tons veloutés.
Ma plume est lente, car je suis désormais sur le second versant de la vie, inscrit dans le déclin.
Dehors, en basse continue, le vent du littoral souffle sous le chant têtu des moineaux. Je me laisse aller à une sorte de dictée rurale, inattentif à l’orthographe, mais tout en éveil pour ce qui est du son des mots, des phrases, des évocations haussées jusqu’à ma rêverie, jusqu’à ce que j’appellerais, avec un ravissement jaloux, la poésie de mémoire.
La mémoire : elle est trieuse, oublieuse, bigame – mariée au rêve et à la réalité. Elle est sans frontières précises, faisant ici des incursions, des invasions même, et là opérant des retraits dans de vagues terrains sans atmosphère, aux configurations inquiétantes : on ne sait plus avancer. Mais la mémoire, c’est aussi une fiction chaleureuse où, sous les masques provisoires du passé, chacun s’invente en dehors du temps. Cette invention est d’abord verbale, et le verbe cherche toujours son commencement.
La poésie chasse l’utilitaire.
C’est l’heure du conte.
"

Aux frontières du récit et de l’essai, Un petit héros de papier nous invite à faire une incursion au pays de l’écriture, c¹est-à-dire à l¹endroit même où elle se fabrique : chez l’écrivain.

L’ouvrage est constitué de quatre parties : I. Les intercesseurs ; II. Les livres complices ; III. La table à écrire ; IV. La trousse à rêveries. Puisant dans sa mémoire comme dans sa bibliothèque idéale, l'auteur trace le chemin d'un homme pour qui les manifestations les plus heureuses de la vie passent par l¹écriture.

Que propose ce livre ?

Le style
: Un petit héros de papier est une approche aiguë de la force et du mystère d’écrire. Le découpage en quatre parties pourrait faire penser à quatre expériences distinctes. Il n’en est rien. Elles sont en miroir. L’auteur tient son texte de main de maître et nous le donne à lire d'un seul tenant : de la mémoire naît l’idée, de l’idée naît le mot, du mot naît l’écriture. Pour peu que nous aimions lire, nous sommes séduits par la beauté d’une langue juste, forte, précise à l’envi, sensible qui nous engage à rentrer dans le texte, à nous y sentir bien, à nous retrouver dans l’expérience commune du livre que nous avons dans les mains, que nous lisons ou que nous avons l’impression d’écrire, que, de toute façon, nous ne serons pas prêts d’oublier.

" Le présent livre, écrit l’auteur, participe d'une rêverie sur sa structure. Il y a un thème et, en même temps, des paysages, des sites, des événements pénètrent la matière de la prose. " Pour ceux qui connaissent l’œuvre de Melkonian, nous assistons ici à l’avancée d¹un auteur qui se bonifie.

Le contenu : alors que nous pouvions redouter le côté suranné des souvenirs, apparaît une dynamique où l’écriture maîtrisée aboutit au partage universel : la fragilité existentielle, les expériences concernant tout le monde (l’enfance, par exemple, qui nous habite à l’âge adulte, nous surdétermine pour le meilleur comme pour le pire). C’est ce que Melkonian appelle l’événement d¹écriture. Cet événement opère tel un fixateur photographique.

Le cheminement : dans Un petit héros de papier, la mémoire déplie ses trésors à l'infini. Aussi comprenons-nous que l’auteur veuille y mettre de l’ordre, trier, condenser, voire éliminer. Il se rend vite compte que pareille tâche lui est impossible, car il ne peut humainement éviter de repasser sur les points d’origine de son histoire individuelle. C¹est en acceptant de fouiller sans à priori qu’il progresse. Melkonian est un voyageur immobile, mais un voyageur avant tout. La succession des parties de son livre n’est rien d’autre que la pensée en action. Elle entraîne la main dans le geste essentiel de l’écriture. Qui plus est, elle rend le lecteur complice d’une enquête inédite. L’art d’écrire en est l’enjeu. "

Nota: Le fameux art d'écrire… Et, par les traits divers que notre main conduit, D'attacher au papier la parole qui fuit..." Corneille, cité dans Estarac.

Les thèmes:

1. Il y a les personnages chers à Melkonian :
- Les parents (la vie familiale dans le Paris populaire des années soixante, le père conteur oriental), les instituteurs et professeurs de l'école républicaine, formateurs et pourvoyeurs de culture ;
- Les écrivains (Voltaire, Miller, Sarraute) qui nourrissent sa propre vocation ;



2. Il y a les livres lus : ceux d’une bibliothèque " animée " qui ne cesse de croître.

3. Il y a surtout la mémoire qui tend le texte à l’extrême, cette " mémoire " mariée au rêve et à la réalité ". Elle convoque le présent immédiat ; elle retouche la vie ; elle prolonge le rêve qui se réfugie dans l’écriture même. Elle est " une fiction chaleureuse ". Bref, la mémoire est la compagne d’élection.

Le petit héros de papier est un livre original et attachant écrit dans la tradition littéraire de la phrase et du bien construit. Rien à voir avec l’autofiction. Tout ici est littérature.

L'AUTEUR:

Martin Melkonian est l¹auteur d¹une suite autobiographique. Ce sont Le Miniaturiste, Désobéir, Loin du Ritz, Les Marches du Sacré-C¦ur, Monsieur Cristal, Le Clairparlant, ouvrages auxquels il convient dorénavant d¹ajouter Un petit héros de papier. Ses autres livres comme, par exemple, Le Corps couché de Roland Barthes, Clara Haskil, portrait, De la boulimie et de la privation ou encore Edward Hopper luttant contre la cécité engagent un dialogue avec des figures de notre mythologie contemporaine.
Il compte vingt-cinq années de publications essentiellement orientées vers l'expression d'un regard intérieur, publications en lesquelles le " je " est aussi quelqu'un d¹autre, l'histoire individuelle devenant la caisse de résonance de l'histoire de tout un chacun. Plus que la question identitaire, c¹est le rapport à l'autre (disparu ou vivant) qui les anime.
Martin Melkonian est également peintre.
Durant plusieurs décennies, il a fait carrière dans l'édition (de correcteur d¹épreuves à secrétaire général, en passant par les postes de responsable d'un service des manuscrits et de directeur artistique). Il fut durant six ans collaborateur de Jean Malaurie pour la collection Terre humaine, chez Plon, et dirigea une collection d'essais et de littérature classique, L'Ancien et le Nouveau, chez Armand Colin.
Depuis deux ans, il donne des lectures publiques et visite des classes de collèges et lycées. Une exposition de ses œuvres peintes intitulée " Calligraphies imaginaires " s'est tenue cette année (janvier-février-mars) au Musée muséum départemental de Gap.

Martin Melkonian est né à Paris en 1950. Il habite entre Avranches et Granville, au bord des grèves, à proximité du Mont-Saint-Michel.

Martin Melkonian
Bibliographie

… Le Miniaturiste, Seuil, 1984 ; prix Thyde Monnier de la Société des gens de lettres, 1985 ; nouvelle édition : Parenthèses, 2006
… Désobéir, Seuil, 1986
… Loin du Ritz, Seuil, 1988
… Département des nains, Séguier, 1988
… Le Camériste et autres récits, Maurice Nadeau, 1991
… De la boulimie et de la privation ou Le Magasin des troubles, Séguier, 1988 ; nouvelle édition : Armand Colin, 1993
… Le Corps couché de Roland Barthes, Séguier, 1989 ; nouvelle édition : Armand Colin, 1993
… Les Marches du Sacré-Coeur, Le Bois d¹Orion, 1995
… Clara Haskil, portrait, Josette Lyon, 1995
… Montagne froide, Passage, 1982 ; nouvelle édition : Fourbis, 1996
… Monsieur Cristal. Journal 1977-1982, Le Bois d'Orion, 1997
… Le Clairparlant. Journal 1997-1998, Le Bois d'Orion, 2000
… Ruptures. Moments de vérité (en collaboration avec Véronique Chauveau), Autrement, 2003
… Pèlerinages tibétains : le goût du sacré
(avec Pierre Crié, photographe), Autrement, 2004
… Conversations au bord du vide, éditions d¹écarts, 2004
… Préface à La Politique du Sultan de Victor Bérard, Le Félin, 2005
… Edward Hopper luttant contre la cécité, éditions d¹écarts, 2005
… Postface à l'album photographique de Max Sivaslian,
… Ils sont assis, Parenthèses, 2006
… Les Corps introuvables, éditions d’écarts, 2006
… Un petit héros de papier, éditions Le Félin,  2007






Publié le 10 juin 2007 à 23:10
Par flicorse
Opus Dei versus opus niger !
Œuvre de Dieu contre œuvre noire !...


Après la lune, tout est possible ! Après la lune, c’est déjà maintenant… Voilà ce que vous propose l’équipe de l’Edition " Après la lune " assignée en justice par la Prélature de l’Opus Dei.


Le mélange de fiction et de réalité du septième roman de Catherine Fradier, Camino 999, publié en mars dernier par Jean-Jacques Reboux aux éditions " Aprés la lune " est attaqué en justice par la Prélature de l'Opus Dei. En mai dernier, institution de l’église catholique a assigné en justice l'éditeur et l'auteure en réclamant 30.000 € de dommages et intérêts, 5.000 € au titre de l'article 700 du Nouveau Code Pénal, ainsi que la publication d'un communiqué, dans un journal choisi par le plaignant, dans la limite de 15.000 €. Cette actualité judiciaire a été révélée par le journaliste Hubert Arthus dans le site Rue89.

Curieusement, tout en voulant étouffer financièrement le petit éditeur, L’Opus Dei affirme : " Cette action en justice n’est évidemment pas de nature à constituer une menace pour la liberté d’expression ou de création littéraire. Elle est guidée par le seul souci de protéger la réputation d’une institution et de personnes réelles. Nous ne demandons en aucune manière que le livre soit interdit ou censuré, mais seulement que les passages clairement diffamatoires soient jugés tels par l'autorité compétente. Les lecteurs du livre de Catherine Fradier y gagneront, puisqu'ils pourront ainsi bénéficier à la fois d'une œuvre littéraire et d'une information authentique sanctionnée par l'autorité judiciaire ".

Qu'est-ce que l'Opus Dei ? L’Opus Dei se décrit comme une institution de l’Eglise catholique fondée par saint Josémaria Escriva de Balaguer. Sa mission consiste à diffuser l’idée que le travail et les circonstances ordinaires sont une occasion de rencontrer Dieu, de servir les autres et de contribuer à l’amélioration de la société.

Site de l’opus Dei : http://www.opusdei.fr/art.php?p=23124

Question posée à la cour : L’Edition " Après la lune " devra-t-elle être excommuniée par voie de justice ?

 Demande d’aide judiciaire :
" Les Juifs se ruinent en Pâques, les Maures en noces , les Chrétiens en procès " Eugène Le Roy dans " Jacquou le croquant ". Face aux frais nécessaires à sa défense qui mettent en péril son avenir, la petite maison d'édition a décidé de faire front et a lancé un appel à la générosité de tous qui peut se manifester par une souscription nationale de soutien.

Il apparaît regrettable qu’une institution catholique " mal lunée " pratique la censure en s’attaquant à un éditeur " Après la lune " indépendant et à un polar. A contrario, cette action judiciaire de vieilles lunes donne l’occasion d’un bon coup de publicité auquel nous participons en toute indépendance et de bon cœur. " Au clair de la lune, mon ami Pierrot. Prête-moi ta plume pour écrire un mot… " Pierrot m’a prêté sa plume et j’écris un mot : liberté.

Site de l’accusé : http://apreslalune.free.fr/

Témoins de la défense
: http://apreslalune.free.fr/lesauteurs.html


Complice : Catherine Fradier a été successivement réceptionniste, barmaid, fonctionnaire de police, agent de sécurité, commerciale, propriétaire d’un bar-restaurant dans le Vercors, assistante administrative, surveillante de nuit, VRP dans l’édition pour la jeunesse. Et, dernier job en date, caissière dans une station-service sur l’A49 d’où elle s’est enfuie (on la recherche encore…). Devenue complètement inadaptée au travail salarial, a décidé de ne se consacrer qu’à ce qu’elle aimait faire, à savoir l’animation d’ateliers d’écriture, l’écriture de romans policiers, de scénarios de courts et de longs métrages. Elle vit à Chabeuil, en Drôme. En 2007 , elle a participé à un recueil de nouvelles " La France d’après… " Elle est aussi scénariste de films et a travaillé avec Jean-Pierre Girardot, réalisateurs de courts métrages. Elle a publié sept romans, parmi lesquels Les Carnassières (Baleine), Un Poison nommé Rwanda (Le Poulpe) ou La Colère des enfants déchus (Après la Lune).


L’objet du délit : Le roman " Camino 999 " - Editeur : Apres La Lune, Collection : Lunes Blafardes – 2007.
Carla Montalban, chef de groupe de la Brigade criminelle de Lyon, enquête sur des meurtres qui semblent impliquer sa propre famille, étroitement liée à l’Opus Dei. Ses investigations vont la conduire au cœur de l’affaire Matesa, le scandale politico-financier espagnol qui éclaboussa les Giscard d’Estaing dans les années 70, au temps des Républicains Indépendants et de l’assassinat du député Jean de Broglie. De Lyon à l’Irlande en passant par l’Argentine, Camino 999 décrypte les relations troubles entre le pouvoir et l’argent au sein de la Santa Mafia, bras armé du Vatican.

Griefs de la Prélature de l’Opus Dei :

- référence dans le titre, Camino 999, à l'œuvre de José-Maria Escriva El Camino, composée de 999 maximes spirituelles.
- de porter atteinte à l'honneur et à la considération de la Prélature de l'Opus Dei.
- de mêler étroitement la fiction et la réalité, le vrai et le faux, sans avertir le lecteur sur la distance qu'il conviendrait de prendre quant aux faits énoncés et sans jamais l'inviter à faire la différence entre fiction et réalité. ( Que devrait-on alors dire des trois livres des trois grandes religions !)

Dans son assignation, l'avocat de l'Opus Dei ( Maître Varaud) cite un arrêt de la Cour de Cassation du 27 novembre 2001 considérant comme diffamatoire un roman de Mathieu Lindon présentant Jean-Marie Le Pen comme le chef d'une bande de tueurs, alors qu'il est clairement énoncé dans Camino 999 (ainsi que le relève d'ailleurs l'assignation) que le personnage principal du roman, instigateur de meurtres, est un personnage de fiction.

Déclaration du plaignant
: " L’Opus Dei est directement et explicitement visé : le titre lui-même est une allusion transparente au livre le plus célèbre du fondateur de l’Opus Dei, intitulé Camino et formé de 999 maximes spirituelles. L’Opus Dei est présenté comme une organisation criminelle réelle, et l’auteur s’efforce constamment d’accentuer l’impression de vérité en émaillant son ouvrage de données authentiques, mêlées à des imputations clairement diffamatoires ".



Antécédents de Catherine Fradier:


- Un poison nommé Rwanda (le Poulpe, 1998)

L’auteure a dit : " Mon premier polar, Un poison nommé Rwanda, traite du génocide rwandais et de l’implication des militaires français dans ce génocide. Ce livre est étudié dans les lycées, et à travers cette histoire, les jeunes comprennent ce qui s’est passé au Rwanda. Nous sommes les passeurs des histoires du monde dans lequel on vit. "
Une scène du génocide sert d’ailleurs d’incipit au roman, juste après une citation de Théoneste Bagosora placée en exergue, afin que le contexte soit le plus explicite possible. Si l’histoire se déroule à Paris, dans le salon de coiffure de Cheryl, la maîtresse du Poulpe, le drame rwandais est au cœur de l’intrigue. Et si un Rwandais se fait abattre dès les premières pages, son frère traverse par contre tout le reste du récit, de telle manière que Blancs et Noirs sont ici traités à part égale dans la quête de vérité. Au départ d’ailleurs, la Française refuse de s’impliquer dans "une affaire d’Etat", puisqu’elle revendique son désengagement politique et militant. C’est seulement quand son salon de coiffure sera saccagé qu’elle se sentira obligée de s’impliquer dans une affaire qui la dépasse. Dès ce moment, comme dans le roman de de Villiers, un protagoniste résume la situation historique, mais ici c’est un Rwandais qui s’en charge, en mettant en cause la responsabilité des colonisateurs dans l’exacerbation du conflit ethnique. La colonisation belge apparaît clairement comme la cause des tensions ethniques, mais les militaires français ne sont pas non plus épargnés, puisqu’ils sont rendus responsables de l’attentat contre le Président Habyarimana, couverts par la cellule africaine de l’Elysée et "Papamadi", "surnom que donnent les Africains au fils de votre ex-Président". Quant à l’opération "Turquoise", elle "a surtout été un bouclier pour préserver tous les tueurs et leur a permis de pratiquer la politique de la terre brûlée " (p. 59). La suite du récit met en scène des militants d’extrême droite, instrumentalisés par les services secrets français, qui tentent de récupérer des photos attestant de la participation militaire française au génocide, avec l’accord du gouvernement cette fois, à la différence des positions prises par de Villiers. L’alliance de démocrates rwandais et français, symbolisée par la scène d’amour entre la coiffeuse française et le résistant rwandais, par ailleurs atteint du sida (le mélodrame n’est jamais très loin), permet de révéler ces collusions honteuses, pour conclure sur une finale pacifiste qui plaide pour une renaissance du Rwanda.( Europolar – Marc Lits )


- Pas de caviar pour Moulard ( Editions de l’Aube , 2000)

Moulard est le nom du héros d'un feuilleton publié par les Éditions de l'Aube. Chaque roman a été écrit par un auteur différent : 1. Pour l'amour de Pénélope de Jean-Jacques Reboux, 2000 - 2. Le pied dans la citrouille de Yves Bulteau, 2000 - 3. Pas de caviar pour Moulard de Catherine Fradier, 2000 - 4. Salade de Rotule de Laurent Fétis, 2000 - 5. L'art du mou de Élise Fugler, 2000
Présentation de l'éditeur: Attablé dans un restaurant russe avec Mamie Dupré, Moulard fait la connaissance de Djokar, un Tchétchène aussi sympathique qu'inquiétant, qui le prend pour un de ses amis russes disparus. N'importe qui, dans cette situation, prendrait ses jambes à son cou. Pas Moulard, qui, comme vous le savez, ne sait pas dire non. Surtout quand il est imbibé de vodka. Lorsqu'il se rend compte que ces drôles de zigotos ont l'intention de se servir de lui pour leurs trafics louches, Moulard prend la fuite et va se réfugier dans le Jura, chez son frère Patrice, dont le restaurant s'apprête à recevoir un banquet de chasseurs. Mais Djokar et sa bande de mafieux tchétchènes déchaînés vont le retrouver et lui en faire voir de toutes les couleurs. Heureusement qu'au milieu de toute cette fureur une surprise divine attend Moulard, qui va l'aider à encaisser les coups. Et entre les Tchétchènes, les trafiquants islamistes et les chasseurs alcoolisés qui tirent le sanglier à la Kalachnikov, les coups, c'est pas ça qui manque !


- Colère des enfants déchus : Grand prix de littérature policière 2006.

Présentation de l'éditeur: Le cimetière était désert. On ne rend pas visite aux morts le soir de Noël. Allée H, travée 5. Un secteur où les tombes étaient plus petites, où les fleurs étaient blanches. Il s'arrêta devant l'une d'elles. Dans un cadre de marbre, une vieille photo. Un prénom et un nom, Romain Polakovits. Il déposa le livre sur la tombe et rajusta son manteau. Dix ans, son frère était mort à l'âge de dix ans, d'une flèche dans la poitrine qui l'avait cloué contre un arbre. Le ton de sa voix devint rauque. " Dors en paix petit frère, ils ont eu leur compte Je vais maintenant me reposer et ne penser qu'à ce jour-là. Ce jour où tu m'attendais. Ce jour où je suis arrivé en retard. " A l'heure du web et de la mondialisation, les réseaux pédocriminels s'organisent en toute impunité, ne laissant aucune chance à leurs petites victimes. Thriller palpitant, d'une noirceur absolue, sur un sujet extrêmement sensible, ce sixième roman de Catherine Fradier est aussi le plus abouti.



Et d’autres titres :


- Le bâton de Sobeck (1999, éditions Jotim également en BD) :Un incendie se déclare dans une tour de La défense. Le bureau 1223 est ravagé par les flammes. On trouve le corps sans vie d'une femme. Rapidement, on s'aperçoit que c'est un meurtre maquillé. La femme est morte après avoir subi de sévères tortures. Lors de l'autopsie, on constate qu'elle a avalé quelque chose juste avant de mourir: le ticket d'entrée de La Ferme aux Crocodiles de Pierrelatte. C'est une bien mince piste mais il ne reste rien des dossiers de cette malheureuse avocate... le Lieutenant Clara Saint-Gille se rend dan s la Drôme. Arrivée à la ferme, tout se précipite, ce qui ne fait que confirmer que la piste est bonne.


- Les carnassières (Editions La Baleine, 1999) : Vera Volkoff, fliquette un brin trop dynamique, a quitté la police à la suite d'une bavure. Depuis, elle donne des cours de pilotage à l'aéro-club de Valence et se consacre à Nina, sa petite fille. De retour d'un vol, elle déplane. Son passé l'attend en bout de piste : Léo et Alexandra, deux flics très spéciaux, ont déterré son dossier et la contraignent à retravailler pour la police. Suite à l'assassinat de notables ou d'hommes politiques tous tués d'une flèche en plein cœur sur la Costa del Sol, Vera est parachutée avec une couverture de pilote dans une compagnie d'aviation privée.Chargée de "renifler" la Colonie russe des Baléares, elle va devoir naviguer à vue dans cette sanglante nébuleuse : mafia sibérienne, anciens du KGB, rouges-bruns à tendance vert-dollar.

 - A L’ombre de l’Aqueduc ( Editions Jotim, 2000) : Lara Carven, journaliste en reportage à St Nazaire en Royans, découvre un cadavre au pied de l'Aqueduc. L'intrigue se met alors en marche, écrite par des morts passés et présents, mélangeant l'histoire et l'Histoire...



Première audition de Catherine Fradier
, par Christophe Dupuis: http://patangel.free.fr/ours-polar/auteurs/fradier3.php
Extrait : " Le monde est malade d'ignorance. On nous abreuve de reportages bidonnés, d'inepties hallucinantes, de conneries monumentales (notamment via la télé des bétonneurs, des pilleurs de flotte et des marchands d'armes) et on passe souvent à côté de choses essentielles tout simplement parce qu'on n'en a pas connaissance. Je suis abonnée à des lettres, des journaux comme Survie, Agir Ici, Liaisons-Rwanda, Maintenant, et j'y lis des choses incroyables, des choses dont on ne parle jamais dans les médias, pourquoi? Je pense que les gouvernants, les politiques, les décideurs nous prennent pour des grands enfants (ou des cons) à qui il ne faut pas tout dire et puis ils font eux-mêmes tant de choses inavouables... Raconter, expliquer, dénoncer devient alors une forme de combat ".

Deuxième audition par Nice Premium :
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=25533
Extraits : " On me reproche entre autres d’avoir mêlé la réalité à la fiction sans précaution particulière. Si la précaution est de signaler en bas de page le vrai du faux, je ne vous raconte pas la gueule des prochains polars si nous devions perdre... On ne m’enlèvera pas de l’idée que cette puissante organisation nous a choisis, nous, parce que nous sommes des "petits". Après la Lune, petite maison d’édition. Catherine Fradier, un auteur qui n’a pas la notoriété d’une Vargas ou d’un Daëninckx. Nous sommes des cibles faciles, avec des moyens de défense très limités et si nous perdons le procès, cela fera jurisprudence, et plus aucun auteur ne pourra écrire une fiction impliquant cette organisation "



conclusion d’enquête
:

Si, adeptes des nuits sans lune, d’aucuns aboient à la lune, nous espérons une marée de soutien à la liberté d’expression, pour qu’il y ait encore un " Après la lune ". Le polar doit préserver son entière liberté contre toute forme de censure. Après le jugement, il ne faudrait pas pour plagier Beaumarchais dans Le Mariage de Figaro que les écrivains en arrivent à dire : " Pourvu que je ne parle ni de l’autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l'Opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l’inspection de deux ou trois censeurs. "


Entre deux lunaisons, Catherine Fradier sera présente au festival du polar corse et méditerranéen du 6 au 8 juillet 2007 à Ajaccio.






Publié le 09 juin 2007 à 01:04
Par flicorse
Des polardeux italiens au festival du polar à Ajaccio en juillet 2007 :


" Selon certaines sources, le choix adopté par Mondadori de vouer sa collection de romans policiers au jaune faisait référence , et à une aventure de Sherlock Holmes de Conan Doyle parue dans le Strand Magazine vers 1891, et à un texte de Robert Browning évoquant une affaire d'homicide survenue en Italie au XVIIe siècle dont il aurait lu les détails dans un "old yellow book" acheté en Italie. Le premier "libro giallo" paraît en 1929. Et cette expression de giallo ne s'appliquera pas à une littérature policière italienne, mais désignera, ni plus ni moins, des polars. L'essentiel du fonds giallo sera anglo-saxon : Erle-Stanley Gardner, Ellery Queen, SS Van Dine, Agatha Christie, J-D Carr, Rex Stout.Puis Mondadori s'assurera l'exclusivité de Simenon en Italie. Plus tard, des auteurs italiens vont entrer dans la danse, Giorgio Scerbanenco en tête… " Sur le Giallo, commentaire d’Elisabeth Milleliri , journaliste et auteur de deux polars corses.


Au 19ème siècle, il existe des romans populaires italiens dont les thèmes ont été repris par le cinéma italien. On peut citer Za la mort et les Souris grises, feuilleton d’Emilio Ghione ( résumé du 1er épisode « La Busta nera » : Za-la-Mort et Za-la-Vie vivent retirés à la campagne avec la vieille tante Camilla. Un jour, Za recueille Leo, un pauvre orphelin affamé. Cette bonne action déclenche la guerre entre Za et la tristement célèbre bande des Souris Grises, habitants des égouts, qui, battus pour la première fois, promettent une vengeance sanguinaire).


Avec " Il capello del prete " ( Le chapeau du prêtre) , le roman policier sort du feuilleton en 1887. (Un baron à la vie dissolue tue un riche prêtre et jette son corps dans un puits. Grâce à l'argent volé, il continue sans vergogne à mener une vie luxueuse, mais le remords de ce crime finit par le rattraper, et le mène jusqu'à la folie. Le roman d’Emilio De Marchi sera adapté au cinéma en 1943).



Puis L’éditeur Mondadori crée ses livres jaunes, d’où vient l’étiquette " Giallo " collé au polar italien. Les premiers auteurs italiens sont Alessandro Varaldo ( inventeur du commissaire romain Ascanio Bonichi) Enzo D’Errico ( qui met en scène un clone de Maigret) Augusto De Angelis ( et son commissaire De Vincenzi) et Tito Spagnol… Dans la lignée anglo-saxone, va s’imposer Giorgio Scerbanenco avec son personnage de’Arthur Jelling, archiviste de la police de Boston. Après la guerre et le fascisme, de nouveaux auteurs ( Giuseppe Ciabattini, Tresoldi et Boero) et de nouvelles collections apparaissent comme les " Gialli Garzanti ". De son côté, Scerbanenco invente un nouveau héros détective, le docteur Lamberti. Carlo Fruttero et Franco Lucentini ( dont " La donna della domenica " a été adaptée au cinéma par Comencini) sont traduits dans plusieurs pays d’Europe. On peut citer aussi Mario Soldati, Antonio Perria et Attilio Veraldi qui se sont essayés au roman policier.


C’est avec Leonardo Sciaccia que le polar prend prise avec le réalité de la société italienne ( la corruption , la mafia…) La nouvelle génération a fourni de nouveaux noms comme Carlo Lucarelli, Marcello Fois, Andréa G. Pinketts, Cesare Battisti…




 Enzo Russo, avec son " Nessuno escluse " a écrit sur les particularismes régionaux de l’Italie. Le doyen sicilien Andrea Camilleri, inventeur du commissaire Montabalno, a fait passer les frontières au polar sicilien et, comme Jean-Claude Izzo en France ou Vasquez de Montalban en Espagne, symbolise l’émergence de ce polar régional, urbain ou de terroir.



Au festival du polar corse et méditerranéen, Luca Crovi, spécialiste du polar italien, sera présent aux côtés de trois auteurs italiens de polars : Gianni Bondillo, Giorgio Todde et Giulio Angioni.



Luca Crovi , né en 1968, journaliste, scénariste, critique, éditeur, spécialisé dans le polar et le thriller. Il est l’auteur d’un opus sur le polar italien : Tutti i colori del giallo. Il giallo italiano da De Marchi a Scerbanenco a Camilleri. Marsilio. Venezia, 2002. 364 p. (Toutes les couleurs du polar. Le roman policier italien de De Marchi à Scerbanenco à Camilleri.)


Ce livre comprend plus de trois cent soixante pages pour évoquer toutes les nuances de ce " Jaune " désignant le polar italien. Crovi fait une approche en partie chronologique et en partie générique, dans un long parcours historique qui commence à la fin du dix-neuvième siècle (vers la fin des années 1880, avec la publication de ce Cappello del prete (Le chapeau du curé) de De Marchi) et qui voit le roman policier naître d’une profusion de feuilletons, et jusqu'à l’époque contemporaine marqué par le Sicilien Andre Camilleri…. " Parallèlement, il nous entretient également du destin du polar à la télévision et au cinéma, ainsi que dans la bande dessinée, disserte sur les illustrateurs des collections les plus connues (les grands Giove Toppi et Walter Molino entre autres), fait un crochet du côté des femmes écrivains qui ont su se créer une bonne place dans le marché ces quelques dernières années, et s'amuse à reconstituer l'histoire des imitations, des plagiats et des hommages dont a été victime en Italie le grand-père de tous les détectives, Sherlock Holmes. Sans oublier bien sûr un chapitre sur le roman policier historique (Umberto Eco, seul connu à l'étranger, n'est pas le seul à connaître) et des présentations assez approfondies des deux auteurs qui ont le plus influencé l'évolution et la réception du genre : Camilleri, justement, et avant lui Giorgio Scerbanenco ".

voir compte rendu sur site Belphégor :
http://etc.dal.ca/belphegor/vol2_no1/articles/02_01_Friger_Crovi_fr.html

On trouve dans " Tutti i colori del giallo " la saga des " Libri gialli Mondadori "( livres jaunes de l’Editeur Mondadori), à partir donc de 1929. Ce premier âge de grand essor du polar connaîtra cependant un temps d'arrêt entre 1941 et 1947 ( fascisme).
Cet ouvrage encyclopédique accompagné de réflexion est un outil de référence pour ceux qui veulent mieux connaître les " Jaunes " italiens et comprendre la place du polar dans la culture italienne.

Vous pouvez retrouver un article de réflexion sur le polar italien : "Le noir Italien : ni bûcher , ni Nobel" sur le site Europolar.eu.

Luca Crovi est rédacteur dans la maison d'éditions Bonelli qui produit certaines des bandes dessinées les plus connues et les plus appréciées de la péninsule. En France une bande dessinée en deux tomes ( dont il est le scénariste) est éditée en version française . Il s’agit d’une adaptation du roman "Arrivederci Amore", écrit par Massimo Carlotto.


Tome 1 : Histoire d'une canaille (septembre 2004)

Héros : Giorgio Pellegrini. Terroriste, mercenaire, gigolo, barman, pourri, balance.
Giorgio Pellegrini est un homme qui n'a aucun scrupule, une crapule comme on aimerait tous ne pas en connaître. Il pourrait vous vendre pour pouvoir survivre.
Attention !
Giorgio Pellegrini, le séduisant protagoniste du roman Arrivederci amore de Massimo Carlotto n'a qu'un seul but : laisser derrière lui un passé politique auquel il n'a jamais vraiment cru et rejoindre le monde des riches. Le romancier nous y montre sans complaisance une société du nord de l'Italie très corrompue.
" Ce roman très noir, dur, narre avec précision les problèmes sociaux, politiques et criminels du Nord Est de l’Italie à travers le parcours d’une vraie canaille, Giorgio Pellegrini, explique Luca Crovi, scénariste. Nous y découvrons que, bien souvent, politiques et criminels sont liés. Giorgio vit dans un monde terrible : enfants travaillants clandestinement dans des ateliers textiles, prostituées originaires des pays de l’Est exploitées par des maffieux trafiquants de drogue… Après avoir perpétré un attentat, cet ancien militant d’extrême gauche s’enfuit en Amérique du Sud. Pour pouvoir rentrer en Italie, Giorgio est prêt à trahir ses anciens camarades pour échapper à la prison. Il use aussi de ses charmes pour séduire les femmes, les voler et, parfois, les tuer… Il découvre le goût du crime en essayant de se refaire une virginité politique et sociale. Reprenant la tradition du roman anglais de formation du XVIIIe siècle, Massimo Carlotto nous fait suivre le monologue intérieur d'un criminel en route vers la richesse et la respectabilité sociale. Vous pourrez suivre Giorgio dans la forêt d’Amérique du Sud, sur les plages de Caracas, en prison, pendant la préparation d'un grand vol… "

Avec l’adaptation en bande dessinée de ce succès de librairies qui sera prochainement porté à l’écran, Andrea Mutti et Luca Crovi, signent le premier volet d’un diptyque édité par Vents d’Ouest – collection Turbulences.


Tome 2 : Fin de Match ( avril 2005)

En français : Le casse monté par Ciccio formaggio va finalement se faire. Anedda, le flic véreux a trouvé les parfaits candidats pour mener l'opération. Si le casse lui-même se déroule bien, le partage ne se fera pas sans soucis, mais Anedda et Giorggio restent maîtres de la situation.Devenu riche Giorggio refait sa vie en s'installant dans la respectable activité de la restauration. Sur les conseils de l'influant avocat Sante Brianese, il trouve l'endroit idéal. Gioggio est enfin heureux, et il songe même à la vie de famille. Roberta vient d'entrer dans sa vie, mais Anedda, aux abois, revient se rappeler à son bon souvenir...
En italien : Il furto macchinato di Ciccio formaggio si farà finalmente. Anedda il poliziotto corotto ha trovato i candidati perfetti per condurre l'operazione. Se il furto egli stesso si svolge bene, la spartizione non sarà realizzata senza preoccupazioni, ma Anedda e Giorggio restano padroni della situazione. Diventato ricco Giorggio riface la sua vita installandosi nell'attività respectable del setore ristoranti. Sui consigli accorti dell'avvocato Sante Brianese, trova il posto perfetto. Gioggio è infine felice, e pensa anche alla vita di famiglia. Roberta è appena entrato nella sua vita, ma Anedda, disperato, ritorna ricordarsi alla sua buona memoria...

Giorgio, ex-militant d'extrême gauche, a trahi tous ses anciens camarades pour échapper à la prison et profite de son charme pour séduire les femmes et les voler. Il découvre le goût du crime en essayant de se refaire une virginité politique qui lui permette de rentrer dans la bonne société nantie. Reprenant la tradition du roman de formation de l'Angleterre du XVIIIème siècle, l'auteur nous fait suivre le monologue intérieur d'un parfait criminel en marche vers la richesse et la respectabilité sociale. Le séduisant protagoniste n'a qu'un seul but : laisser derrière lui un passé politique auquel il n'a jamais vraiment cru et rejoindre le monde des riches et des vainqueurs. Cette bande dessinée, adaptée du roman de Massimo Carlotto, montre sans complaisance aucune la société du Nord du pays aussi réelle que corrompue.
Qui a dit que le crime ne paie pas ? Giorgio Pellegrini, ex militant d'extrême gauche a bâti toute sa vie sur la violence et est prêt à tout pour être admis au sein de la société qu'il a terrorisée pendant des années. Pour sortir de prison il a trahi ses anciens compagnons et a maintenant décidé d'organiser avec le policier ripou Ferruccio Anneda un casse qui lui permettra une fois pour toute de se retirer et d'ouvrir sa propre affaire. L'objectif est le fourgon qui récolte les fonds d'un supermarché, et pour l'attaquer ils recrutent trois terroristes espagnols et deux ex-miliciens croates. Cinq désespérés prêts à tout qui se retrouvent pieds et poings liés à la merci de Pellegrini et Anedda. Et Giorgio Pellegrini ne se laissera arrêter par rien ni personne pour atteindre son objectif. Un final à suspens, un match à distance avec la mort qui conclut de manière surprenante l'adaptation en BD d'un polar très noir. Un portrait cynique du grand banditisme italien des années 90, où le terrorisme et la subversion se sont alliés avec le monde du crime. Un album dur et trépidant qui frappe le lecteur directement au cœur comme une balle !

Site de l’éditeur :
www.ventsdouest.com/luca-crovi-000000032447-091.htm


Après l'adaptation du roman éponyme "Romanzo criminale" de Giancarlo De Cataldo par Michelle Placido en 2006, Michel Soavi a adapté la romance crimnelle d'Arrivederci Amore de Massimo Carlottto et le film "Arrivederci Amore, ciao" est sorti en avril 2007.




Trois couleurs du Giallo à Ajaccio : Gianni Biondillo, Giorgio Todde et Giulio Angioni.



Gianni Biondillo : Né en 1966 à Milan, il est architecte. Auteur de romans et d’essais, il écrit aussi pour le cinéma et la télévision. Il est l’auteur d’articles sur des thèmes " artistique, littéraire et politique " et d’essais sur Pasolini et Proust. Il est membre du blog collectif " Nazione Indiana ".
Bibliographie en Italie : Per cosa si uccide, Guanda, 2004 - Con la morte nel cuore, Guanda, 2005 - Per sempre giovane, Guanda, 2006, Il giovane sbirro, Guanda, 2007,

Le roman " Per cosa si uccide " a été traduit en français. Le suivant " La mort dans l’âme "( titre provisoire), traduction de "Con la morte nel cuore", sera publié par les éditions Losfeld en 2008.


Le premier roman de Gianni Biondillo " Pourquoi tuons-nous " ( Per cosa si uccide) a pour protagoniste l’inspecteur Ferrero, "flic désabusé, entré malgré lui dans la police et partisan de méthodes peu orthodoxes" (Le Monde des Livres, 13/10/06). Son grand atout pour résoudre des affaires passablement embrouillées ? : sa connaissance de la banlieue milanaise où il a grandi. Gianni Bondillo porte une grande attention au tissu urbain. Les "innombrables et savoureuses digressions de son roman sont aussi instructives sur ce point que les rebondissements d’une action débridée" (ibid.).Traduit de l’italien par Claude Bonnafont (Editions Joëlle Losfeld " Polar ").


Mot de l'éditeur : " Tout avait commencé avec ce chien égorgé. " Un été torride marque le début d'une année ponctuée d'homicides pour la police de Quarto Oggiaro, banlieue de la périphérie milanaise. L'inspecteur Ferraro, qui enquête sur ces faits, est un homme sans qualités particulières, si ce n'est peut-être son humour inoffensif qui le sauve d'une existence quelque peu déprimante. Car sa vie personnelle n'est pas vraiment un succès : divorcé, il vit seul dans un appartement chaotique et se nourrit de surgelés. Sans parler de son désordre affectif... Autour de lui, comme dans un chœur tragi-comique, le peuple de Milan s'agite dans un tournoiement ininterrompu : policiers, entrepreneurs arrivistes, dealers, contrebandiers, snobs capricieux, domestiques imperturbables, carabiniers-gentilshommes, marchands des quatre-saisons, philosophes, informateurs, retraités, cogneurs, banlieusards, ménagères, manifestants... Au gré des enquêtes de l'inspecteur Ferraro, Pourquoi tuons-nous ? raconte cette humanité diverse et contrastée, sonde le ventre mou de Milan, devenant ainsi le roman âpre et ironique d'une ville. Une Milan trop souvent haïe, à laquelle Gianni Biondillo offre, avec ce roman, un témoignage d'amour.

Extraits de presse:

- Le Monde des livres : " Pour répondre à la question que pose Gianni Biondillo dans son premier roman, Pourquoi tuons-nous ?, il faudrait d’autres qualités que celles dont dispose l’inspecteur Ferraro, flic désabusé, entré malgré lui dans la police et partisan de méthodes peu orthodoxes. Entre un vol de pommes à l’étalage, la contrebande de cigarettes, les malversations en tout genre liées à la spéculation immobilière, les réseaux pédophiles, l’éventail est large. Le seul moyen de trouver un lien entre toutes ces affaires, c’est peut-être d’avoir grandi comme Ferraro dans les barres d’HLM de Quarto Oggiaro, dans la banlieue nord de Milan, d’avoir vu la ville changer, se contenter progressivement " d’une gloire qu’elle ne mérite plus et d’une nostalgie absolument déprimante du rôle de capitale morale. " Gianni Biondillo est architecte, ce qui explique peut-être l’attention scrupuleuse qu’il porte aux évolutions du tissu urbain, et les innombrables et savoureuses digressions de son roman sont aussi instructives sur ce point que les rebondissements d’une action débridée. Ainsi l’usage du vélo dans les rues de Milan par " une riche bourgeoise milanaise qui baguenaude dans le centre (et) utilise la ville comme si c’était la cour de sa propre maison " et par " une fille qui vient à bicyclette de son trou de banlieue pour faire ses courses via della Spiga ". Il n’est même pas nécessaire de bien connaître Milan pour que la différence saute aux yeux. " (Gérard Meudal, Le Monde des livres, vendredi 13 octobre 2006).
Avis Fnac : Bien sûr, il y a l’histoire policière avec des meurtres en séries, des dealers, des bourgeois, des prêtres et aussi des concierges. Évidemment, il y a un flic, l’inspecteur Ferraro ; un solitaire déprimé qui se nourrit de surgelés dans son appartement pourri. Surtout, il y a la ville, avec sa foule colorée, ses rues saturées et ses bâtiments qui cachent des trésors. Gianni Biondillo est architecte et son premier polar est une déclaration d’amour à Milan, son héroïne, qui palpite à chaque saison, des quartiers riches aux banlieues enchevêtrées. Ajoutez l’humour italien et le dépaysement est garanti, tout comme le plaisir de lecture. (Epok, l'Hebdo de la Fnac)

- Livres Hebdo - Jean-Claude Perrier (22 Septembre 2006) : Ce premier volume de ses aventures est riche de plusieurs histoires, presque trop. Comme si Biondillo avait voulu tout mettre dans un volume avant que Ferraro ne démissionne de la police. Fasse le ciel qu'il change d'avis !

- Une interview à l’adresse ci-dessous :
http://www.polar.sncf.com/sections/public/le_monde_du_polar/actualites/gianni_biondillo/view

extrait du roman : Peut-on considérer votre roman comme une réflexion philosophique sur la capacité à tuer ? Il a répondu : À la question " Pourquoi tuons-nous ? ", la réponse est donnée par le personnage principal : on tue pour le pouvoir, les autres raisons comme la patrie, les idéaux, ne sont que des miroirs aux alouettes. C’est un discours désenchanté, amer. Mais tout au long de l’enquête c’est Ferraro lui-même qui découvre combien sa réponse est inadéquate. On tue aussi pour d’autres raisons, mais je vous laisse le soin de le découvrir dans mon roman...




Giorgio Todde est chirurgien de l'oeil, son scalpel autopsie la noirceur du monde.
Chirurgien ophtalmologue de profession, Giorgio Todde exerce à Cagliari, en Sardaigne, où il est né. Il écrit depuis l'âge de vingt ans. Tous les jours. "Enfant, lorsque, en vacances, je regardais un coucher de soleil, j'étais pris immédiatement à la gorge par l'angoisse la plus douloureuse. J'ai compris plus tard que c'était mon rapport avec la mort, la perte du corps qui était en jeu. Et c'est encore comme ça, même si maintenant je vais mieux. Le paysage est tout pour moi, parce qu'il est, après le mamelon maternel, la deuxième attache identitaire. Le reste vient après. Je suis pessimiste, car les êtres humains s'habituent à tout, aux banlieues les plus dures, aux camps de concentration, aux dépaysements les plus inhumains. Un peuple qui sauve son fromage de brebis et détruit le paysage est un peuple qui mérite de disparaître. Dans mes romans, je ne décris jamais le paysage, parce que, j'en suis convaincu, on ne peut pas le faire. Tu peux parler de ce qu'on ressent, mais notre langue n'a pas les moyens de rendre ce qu'on voit. Le paysage nous englobe et nous repousse à la fois, nous laissant anéantis sur son seuil, comme vidés de notre propre substance humaine."

Il a dit :

- " J'avais une honte extrême d'écrire. C'était une chose si intime que j'en avais honte comme d'aller nu dans la rue. Un jour qu'on était à la mer, mon frère aîné, musicologue à l'université de Florence, est tombé sur des papiers de moi. Il m'a dit que c'était très bien. Je lui ai montré d'autres choses, et il m'a poussé à publier. J'ai une énorme confiance dans son jugement esthétique. Le narcisse qui somnole en chacun d'entre nous a fini par prévaloir. Cela se passait en l'année 2000. En 2001, j'ai fait éditer l'Etat des âmes (Albin Michel 2003). J'écris depuis que j'ai vingt ans. En gros, un roman par an. J'en ai rédigé une trentaine, dont la plupart attendent d'être publiés. Certains sont plus ou moins prêts, mais il y a beaucoup de travail d' editing, de scalpel et de polissage. Parfois, il y a quatre ou cinq fins, et il faut en choisir une. C'est très excitant, comme si on se mettait à refaire la création. "
- " Le passé, c'est la seule chose qui me fait sentir justifié dans le monde. Je trouve ma consolation dans le fait que des gènes sont venus de très loin jusqu'à moi, génération après génération, d'espèce en espèce, depuis l'origine de la vie. Je suis évidemment darwinien comme tout être civilisé et agnostique. Sans foi aucune, mais habité par une très forte exigence religieuse, je me console en contemplant cette continuité animale, d'où je proviens. Je crois même que l'ADN n'influence pas que la forme de notre nez ou de nos yeux mais aussi nos pensées. "
- " Dans mes romans, il y a toujours le mort, ou si l'on veut la mort. Pour moi, écrire est une réflexion sur la mort et la mort la plus stimulante pour la pensée est la mort par assassinat. Celui qui a vu vraiment un mort assassiné fait une expérience sur laquelle il va réfléchir, consciemment ou inconsciemment, toute sa vie. Le mort assassiné a encore sur son corps la main de l'assassin, son souffle. Tu la vois, tu la sens, tu la humes, cette présence. J'étais étudiant quand j'ai vu mon premier assassiné, tué à la serpe, par son beau-frère. Tuer quelqu'un à la serpe demande un très grand savoir-faire. La serpe t'attrape au cou puis l'autre tire. Ce qui n'est pas évident. Chez Agatha Christie, le mort est ionisé, propre sur lui, il ne perd pas de sang, il ne pue pas. Il est vite oublié, ce qui compte, c'est trouver l'assassin. "
- " J'ai la manie, de par ma formation, de la classification, du tableau, qui est la pulsion la plus grande de mon écriture. J'écris pour essayer de mettre de l'ordre, sans quoi j'aurais fini probablement dans un hôpital psychiatrique. Dans la médecine, tout est classé, répertorié, et pourtant on ne comprend absolument pas pourquoi il me vient à moi un infarctus et à toi une tumeur. Je sais très bien que classer ne résout rien, mais ça me calme de savoir où j'en suis. "
- " Enfant, lorsque, en vacances, je regardais un coucher de soleil, j'étais pris immédiatement à la gorge par l'angoisse la plus douloureuse. J'ai compris plus tard que c'était mon rapport avec la mort, la perte du corps qui était en jeu. Et c'est encore comme ça, même si maintenant je vais mieux. Le paysage est tout pour moi, parce qu'il est, après le mamelon maternel, la deuxième attache identitaire. Le reste vient après. Je suis pessimiste, car les êtres humains s'habituent à tout, aux banlieues les plus dures, aux camps de concentration, aux dépaysements les plus inhumains. Un peuple qui sauve son fromage de brebis et détruit le paysage est un peuple qui mérite de disparaître. Dans mes romans, je ne décris jamais le paysage, parce que, j'en suis convaincu, on ne peut pas le faire. Tu peux parler de ce qu'on ressent, mais notre langue n'a pas les moyens de rendre ce qu'on voit. Le paysage nous englobe et nous repousse à la fois, nous laissant anéantis sur son seuil, comme vidés de notre propre substance humaine. "
- " J'écris tous les jours, sur des bouts de papier épars. Je travaille beaucoup les adjectifs. Hier, en Espagne, j'en cherchais un pour le mettre à la place de petit, dans "une petite lune" : chiffonnée, rugueuse... una luna grinzosa, rabougrie? "

Le site, eddyburg.it, de l'urbaniste Edoardo Salzano, recueille les chroniques de Giorgio Todde que l'auteur tient régulièrement dans le journal La Nuova Sardegna.

Quelques ouvrages traduits en français :


L’état des Ames, polar récompensé par le prix Berto, autant dire le Goncourt en Sardaigne. Folio policier, n°378, paru en 2005. Traduit de l'italien par Thierry Laget.
1892. Dans le petit village d’Abinei, rien ne croît ni ne diminue, les décès sont exactement compensés par les naissances. Bref, quand quelqu'un naît, quelqu'un meurt...
• C'est un vrai polar. Avec un meurtrier et son complice — et je ne vous dirai pas qui. Avec trois victimes, dont une très jolie femme qu'Efisio Marini va momifier après l'avoir autopsiée. La première victime est une veuve âgée, morte de la consommation d'une hostie empoisonnée. Comment cette hostie a-t-elle pu arriver dans le ciboire et passer entre les mains du curé ? La seconde victime, c'est la belle Graziana Bidotti : n'est-ce pas elle l'assassin puisque Milena Arras voulait la déshériter ? Et quand meurt le gros député libéral Rais Manca, ne peut-on pas supposer que l'assassin est un de ces bandits illettrés tel Serafino Lovicu ? Beaux contrastes entre ces bandits et le curé qui cite Xénophon en plus d'être latiniste. Mais qui n'est pas troublé par les beaux yeux de Graziana ? Même l'auteur, qui sait de quoi il parle, étant ophtalmologue.
• C'est une histoire sarde. Avec forte chaleur, femmes tout en noir, bandits de grands chemins et débiles qui prennent le maquis et deviennent bergers de chèvres qui se gardent toutes seules. L'action se passe principalement dans un village hors du temps et perdu dans la montagne, Abinei, où la population stagne, avec ses huit cents âmes que décompte le curé, don Càvili, lui qui connaît à l'unité près, le nombre des hosties qu'il lui faut consacrer chaque dimanche. S'il calcule le nombre exact des habitants, tenant l'état des âmes, ce n'est pas parce que l'Institut italien de statistiques n'existe pas encore, mais parce qu'à chaque naissance dans le village correspond une mort qui équilibre le nombre des vivants. L'accoucheuse met le curé au courant des futures naissances et il peut se soucier des futurs défunts. Plusieurs personnages semblent avoir l'esprit aussi tordu que les chênes rabougris qui poussent sur les versants de la Barbagia. Ce milieu a attiré des chercheurs avant d'inspirer Giorgio Todde. En 1897, Alfredo Niceforo a publié une théorie scientiste sur "La Délinquance en Sardaigne". Ce milieu sauvage, Maurice Le Lannou l'avait superbement étudié dans sa superbe thèse de géographie : "Pâtres et paysans de la Sardaigne" (1941).
• C'est un hommage à un savant du XIXè siècle. Dans cette île du Mezzogiorno, qui en est en 1892 plus près de l'âge du bronze qu'à l'âge du bronzage, l'enquête de la police est évidemment animée par un officier venu du Nord, le capitaine Pescetto, vite exaspéré par la situation insulaire et l'archaïsme de la mentalité du village sarde. L'enquête est aussi et surtout menée par le médecin Efisio Marini (1835-1900), un personnage réel qui allie la psychologie à ses connaissances médicales, et que ne découragent pas les 170 kilomètres de routes poussièreuses qui séparent Cagliari du terrain des crimes. Ce Merisi était célèbre pour ses momifications par pétrification et Napoléon III lui a décerné la Légion d'honneur. Il était aussi inspiré par les recherches sur la forme du crâne, et lorsqu'il visite Lovicu en prison, le voyant atteint d'épilepsie, il tient à mesurer son crâne : " Il est dolicocéphale ! Alfredo Niceforo, tu t'es trompé ! Alfredo, tu n'es qu'un âne! Lovicu est dolicocéphale, comme moi, comme vous, capitaine !"


La peur et la chair :
Après L'état des âmes, paru en français en 2003, voici un autre roman policier de Giorgio Todde, situé comme le précédent en Sardaigne à la fin du 19è siècle. Dans La Peur et la Chair, un médecin de Cagliari, auteur d'un procédé de pétrification des cadavres, enquête sur les mœurs étranges de ses concitoyens et sur un trafic d'opium. La "présence oppressante des éléments physiques, voire physiologiques, la chair et la pierre, le sec et l'humide, confère au roman une atmosphère saisissante" (Le Monde des Livres, 18/02/05). Traduit par Vincent Raynaud, Albin Michel, "Carré jaune"
Cagliari, 1861. On retrouve au pied d'une falaise un homme, le crâne brisé, le bras droit méticuleusement découpé et jeté dans une barque. C'est un notable : l'avocat Giovanni Laconi. Dans l'île, devant les disparitions qui se multiplient, on parle d'histoires anciennes, de vengeance, d'une créature mi-bête, mi-homme… Le peuple, habitué aux secrets, épouvanté, se terre et se tait. Efisio Marini, jeune médecin proche de la famille du mort, sera mêlé à l'histoire ; une bien terrible histoire en vérité ; de celles qui, leur tour venu, nourriront elles aussi les plus effroyables superstitions. Avidité, sensualité, amours malsaines et secrets de famille inavouables : Giorgio Todde n'a pas fini de nous hanter...


Folle bestialité (référence au 11ème chant de l’Enfer de la Divine Comédie qui évoque les trois dispositions que le ciel de tolère pas : Incontinenza, malizia e la matta bestialitade) est le troisième roman traduit en français du sarde Giorgio Todde. Traduit de l’italien par Vincent Raynaud. Albin Michel " Carré jaune ".
Quinquagénaire grisâtre, Ugolino est météorologue depuis 26 ans. Fin prévisionniste, il se trompe rarement. Il a conçu une théorie sur la "climatologie sociale", un parallèle entre comportement humain et météo. Il est discrètement amoureux de Gilda, sa collègue depuis douze ans. Le soir où elle lui donne enfin rendez-vous, elle meurt peu avant, assassinée dans sa baignoire. Le curieux commissaire Ferfuzio enquête. Selon le psy traitant Gilda, elle était équilibrée, normale. Pourtant, elle sympathisa avec Cosmino, un patient obsédé par les excréments. Le policier imagine une piste "intestinale".
Professeur et écrivain, Costante est le meilleur ami d’Ugolino. Ayant changé son mode de vie et son aspect, le météorologue espère cerner le caractère profond de Gilda. La réponse peut se trouver dans les livres qu’elle lui a légué. L’universitaire Sperlengo est assassiné, écorché vif. Dans son coffre-fort, on découvre un texte rappelant ceux de Dante. Costante confirme qu’il s’agit d’un chant inconnu de la " Divine Comédie ", sur le thème de la Folle Bestialité. Ce poème "intestinal" apporte une certaine notoriété à Costante, qui fait des conférences sur ce texte.
Sœur aînée de Gilda, Emilia devient l’amante d’Ugolino. Un 3e homme est cruellement assassiné. On ne voit pas de lien avec Gilda, comme s’il s’agissait de brouiller les pistes. Le fou Cosmino et le psy sont hors de cause : Ferfuzio les estimant en danger, ils étaient sous la protection de la police. Sans délaisser la belle Emilia, Ugolino tente une expérience de méditation. Il s’essaie avec succès à la lévitation. Survoler les faits, pour mieux comprendre...
On est ici aux antipodes du roman policier ordinaire. Bien sûr, sous une chaleur écrasante, la météo joue son rôle. Les références à Dante et à son œuvre sont affichées. Mais on retient d’abord les personnages : Ugolino qui ressemble à un petit chien, tandis que Costante a l’allure d’un grand insecte, et le policier possède un laid visage "cubiste". On sent qu’une forme de folie relie les protagonistes de l’affaire. Derrière une apparente normalité règne la Folle Bestialité, à l’exemple du fou Cosmino. Si le sujet est abject ou sordide, le récit est plein d’inventivité et de fantaisie – voire de drôlerie. La narration poétique et souriante relativise les crimes, mais l’intrigue reste subtilement présente. Voilà un roman délicieusement déroutant.




Giulio Angioni, né en 1939, anthropologue et écrivain. Giulio Angioni enseigne l'anthropologie culturelle à l'Université de Cagliari, en Sardaigne, depuis 1981. Depuis1992, il est président de la Societé des Europeanistes -Europeanists Society, qui siège à Bruxelles. Il est le rédacteur de diverses revues scientifiques et nomamment d’ Europaea.


Site officiel de l’auteur :
http://www.giulioangioni.net/
Site de la rivista internazionale Europaea :
http://www.unica.it/europaea/

Giulio Angioni est l’auteur de nombreux romans dont " L’Or Sarde ", le premier traduit en français aux Editions Métailié.


L’Or sarde traduction de L'oro di Fraus, publié par Editori Riuniti en 1988, puis Il Maestrale en 1995.:
Le récit nous entraîne alors au plus profond d’une Sardaigne intérieure remplie de mystères. Entre légendes locales, rumeurs incessantes et l’ombre de la mafia qui plane sur ce étrange univers, notre héros, mi-flic, mi-humaniste, risque bien d’exhumer quelques mythes enfouis depuis bien longtemps et d’y laisser sa peau. Avec un récit nerveux, sans respiration, Giulio Angioni, livre une histoire étrange sur laquelle plane de nombreuses ombres et où les forces obscures occupent un rôle à la mesure de l’atmosphère qui s’y dégage. Ce polar antipolar se joue dans une Sardaigne qui n'a jamais été racontée comme l’auteur le fait.


Fraus est un petit village typique de Sardaigne, où rien de bien grave n'arrive jusqu'au jour où un Benvenuto, gamin du village, disparaît et est retrouvé mort, quelques jours plus tard, dans le puits sacré de Cavanna. Veneranda, le seul maire philosophe d'Italie, qui pense qu'un maire doit tout faire et savoir au sein de sa communauté, qui sait "que le maire est le plus haut responsable de la police de sa commune", décide de mener l'enquête. Ce sera haut, épique, loin d'être de tout repos, mais surtout dangereux et imprévisible.
"Je ne sais pas comment je vais donner la mesure de mes idées et le ton de sentiments que je ne domine pas"… Récit enfiévré de cette enquête haletante, L'or Sarde marque par son ton et sa vie de village, où tout le monde cause, chacun a un avis et l'expose, où les propos vont toujours en s'amplifiant, parfois jusqu'à l'absurde, et où "on a plus de chances de tomber sur une sorcière que sur une intellectuelle".
Premier chapitre à l’adresse :
http://www.editions-metailie.com/indoc/cata_premier.asp?ID=754

Presse :
" Il faudra toute l'obstination et le courage du maire de la ville, le narrateur, pour traquer la vérité ailleurs. Par exemple jusqu'au fond des galeries désaffectées de la mine de talc : l'or sarde. Pour le coup, on n'hésitera pas à qualifier de joyau ce premier roman traduit en français de Giulio Angioni, anthropologue italien qui en a écrit bien d'autres sur cette Sardaigne où ce sexagénaire vit depuis toujours. D'où cette empathie mêlée de nostalgie pour l'île et ses habitants qu'il met en scène autrement qu'en simple guide touristique ". France Soir, 01/01/2004
" Giulio Angioni est né en 1939. Aussi son île est-elle son monde, à plusieurs titres. Un : il a toujours vécu là; deux : anthropologue, il en a fait l'objet de son métier; trois : écrivain de polars à ses heures, il ne saurait imaginer un instant qu'ils se passent ailleurs. Le lieu justement de l'Or Sarde est un petit village que le rapt d'un enfant maquillé en viol (ou le contraire ou autre chose) plonge dans l'émoi, la douleur et la stupeur. Ici, le mal ne peut venir que de l'extérieur, des profondeurs de l'histoire ou des contrées lointaines. Celui qui mène l'enquête est un petit maire divers de gauche, ancien communiste, ancien soixante-huitard, ancien élève d'un collège religieux, actuel professeur de philosophie, porté à la dispute, aussi rêveur que têtu, courageux parce que trouillard, cherchant un avenir à un bled ne vivant que du passé. Soudain, ce qui n'existait que dans les chroniques sanguinolentes du continent semble avoir élu domicile dans ce trou du cul du monde. Et si les puissances infernales de la mafia et de la drogue, de mèche avec les pouvoirs de la politique et de l'argent, avaient voulu faire d'un village somnolent l'épicentre d'horribles trafics, non sans gêner le vol de goélands et exhumant au passage des mythes enfouis? " Libération, Jean-Baptiste Marongiu, 25/09/2003.

Bibliographies des romans noirs publiés en Italie :
L’oro di Fraus (Editori Riuniti 1988, Il Maestrale 1998), traduit en français " L’or sarde ".
Il sale sulla ferita (Marsilio 1990),
Una ignota compagnia (Feltrinelli 1992),
Lune di stagno (Demos 1995),
Il gioco del mondo (Il Maestrale 2000),
Assandira (Sellerio editore 2004)
Alba dei giorni bui (Il Maestrale 2005)
Vincitore XX° Premio G.Dessì 2005 Sez. Narrativa.

Et…


Le fiamme di Toledo (Sellerio editore 2006)
DESCRIZIONE : Narrazione storica e straordinaria rielaborazione letteraria in misura di verità più profonde che la sensibilità di antropologo di Angioni riesce a tradurre in indelebili immagini.
"Oggi è il due di giugno dell’annodomini 1571: il quattro, dopodomani, farò fuoco e fiamme in Plaza de Zocodover": Sigismondo Arquer, magistrato, arso al rogo dall’Inquisizione nel 1571, racconta la sua storia. Il sipario si apre su scene che colgono al vivo uomini e eventi che hanno attraversato la breve vita di Sigismondo. Una variegata umanità si leva dalle pagine, la statuaria dei personaggi storici si fa carne, voce e anima delle persone: da Balthasar il bestemmiatore, al marrano Diego de Jesùs che riscopre le sue origini giudaiche, a Justillo "vaghegginodi monache", all’imponente prostituta che però vede la Madonna, alla spiritata di Lapola con i suoi "diavoli nei fiaschi" in una notte di stregonerie. Scorrono figure ed eventi della grande e nota storia dell’Inquisizione e della piccola storia ignota. Una donna in particolare resta incancellabile: la coga, la concubina diabolis, come l’Inquisizione definì, sulla diceria popolare e sui propri fantasmi di paure, la giovane Domìniga Figus, con quella sua idea di volare. Per la Chiesa, però, non senza concorso di accuse da parte di una microsocietà vessata dalla miseria e dalle tensioni interpersonali, Domìniga vola a sabba demoniaci, e quindi è messa alla tortura e poi al rogo
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