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Mon bloc perso.
Bonavinuta!
Bienvenue sur le blog Corse noir'soeur de vos nuits blanches
Blog non agressif et sans arrière-pensée. ..
Des articles après le Blog perso....
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RE NDEZ-VOUS:

- 5 décembre 2009, Salon Culture et écriture Institut Perrimond Roucas Blanc Marseille 7ème
- Les 20, 23 et 24 décembre 2009 Cultura La Valentine Marseille

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CHANTS CORSES: Pas de lien MP3 mais de l'écoute en ligne aux adresses ci-dessous...

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Le 1er juin 2009 à 22H15 .... 200.000ème visiteur I
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Les dix droits imprescriptible s du lecteur ( édictés par Pennac dans son ouvrage "Comme un roman")
1°/ Le droit de ne pas lire.
2°/ Le droit de sauter les pages
3°/ Le droit de ne pas finir le livre
4°/ Le droit de relire.
5°/ Le droit de lire n’importe quoi.
6°/ Le droit au Bovarysme (maladie textuellement transmissible…)
7°/ Le droit de lire n’importe où.
8°/ Le droit de grappiller.
9°/ Le droit de lire à haute voie.
10°/ Le droit de nous taire.

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A dopu!
A plus tard!
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Corse noire
Publié le 30 juillet 2007 à 00:33
Par flicorse

Un sac de moeuds!



Entre les anagrammes d' Ida Renerel et les nouveaux outils de la version beta d'Europeana, les enquêteurs se prennent la tête. Les indics sont aussi bavards que l' attachée de presse d'un narco-trafiquant en cavale. Quant à la boîte aux indices, c'est un gros sac de noeuds gordiens...
Courage, lecteurs !







Personne n’avait entendu parler de Ida Renerel avant sa disparition. Depuis lors, l’épicier avait vu ses ventes d’aulx augmentées notablement et, pour protéger des démons, leurs tresses étaient apparues au dessus des portes de nombreuses demeures.




L’adjudant Denticoni revenait sans cesse à la liste des pièces à convictions. Il faudrait plusieurs semaines au Laboratoire de police scientifique de Marseille pour lui fournir les résultats des diverses analyses. Il ne pouvait qu’échafauder des théories plus fumeuses les unes que les autres car alimentées par la rumeur et les croyances. La phrase tirée d’un texte saint l’intriguait…. " Le chemin , c’est moi, parce que je suis la vérité et la vie. Personne ne va au père sans passer par moi. " Le père de qui ? Le Bon Dieu ? Il s’agissait peut-être du curé du village… Personne va au père sans passer par moi ? Le criminel voulait-il imposer l’omerta jusqu’à contrôler les confessions en établissant une censure préalable : venez tout me dire et je vous dirai ce que vous pourrez confesser à votre curé sans que je vous coupe un doigt. Cela voudrait dire que tout le village le connaissait… Impossible ? En Corse, l’impossible est parfois possible et c’est le possible qui tourne trop souvent à l’impossible…



Et cette pierre associée aux deux mots Tamo ! Samo !… Il en avait parlé au Babbone. Le grand-père du village connaissait la pierre de Castirla et le pouvoir de cette calcidoine du Col d’Ominanda. En la tenant dans une main, il fallait prononcer cette incantation " Tamo ! Samo ! ", une sorte de sésame qui ouvrait la porte d’une quatrième dimension : " voir sans être vu "… Une chose était sûre, pour affronter cette enquête, il fallait savoir lire sous la pierre : notre adjudant est un malin qui sait attendre tout en réfléchissant… Il savait qu' un Corse préférait se mettre des pierres dans la bouche plutôt que de parler… Et même si la pierre de Castirla ne rendait pas invisible, elle pouvait  laisser muets… Notre adjudant mit cette pierre magique dans ses mains jointes et prononça l’incantation " Tamo ! Samo "… Il attendit quelques minutes devant un miroir qui, incrédule, lui renvoyait avec insistance son image inversée et , en fond, son épouse Joséphine qui se signait de droite à gauche… Des anomalies sans mystère lorsqu’on y réfléchit… avec l’aide de la science!


Le substitut Camesson n'avait pas fermé l'oeil de la nuit. Le passage à l'heure d'été entre le 24 et le 25 mars n'y était pour rien. Paul Féval et son histoire de revenants l'avaient hanté jusqu'à l'aube. Camesson avait lu cette histoire extraordinaire, moitié bretonne, moitié parisienne, à cause du dernier rapport que lui avait transmis l'adjudant Denticoni et de l'incroyable découverte qu'il contenait. Denticoni expliquait comment son collégue Olivieri, un passioné d'informatique, avait découvert que Ida Renerel disposait d'un compte sur europeana.eu, la version expérimentale française de la Biblliothéque Numérique Européenne. Ce compte, permettant d'accéder à une bibliothèque personnalisée, contenait quatre document dont le roman de Paul Féval, deux ouvrages de Gabriel Tarde sur la politique et le crime et le huitième volume des figures célèbres répertoriés par Angelo Mariani, l'inventeur du vin à la cocaïne.

Au delà du caractère éclectique de son contenu, ce qu'il y avait d'extraordinaire dans ce compte d'Ida Renerel, c'était son existence même. Ida Renerel était portée disparue depuis le début du mois de mars. Le problème, c'est que europeana.eu n'était accessible au public que depuis le 22 mars 2007, soit prés deux semaines après sa disparition.

Camesson avait besoin qu'une commission rogatoire obtienne auprès des hébergeurs de la bibliothèque numérique la date exacte de l'ouverture de son compte. La disparue de la plaine orientale devait faire partie des intiés qui avaient mis au point la version béta de la Bibliothèque Numérique. C'était la seule explication possible. Où alors Ida Renerel était une revenante !

L’adjudant Denticoni, utillisateur d’une vieille machine à écrire Japy, avait du mal à supporter l’informatique et le gendarme Olivieri. Il considérait que ce " bidouilleur " du numérique prenait un peu trop d’importance au sein de la brigade. Ce ressentiment était exacerbé lorsque ce dernier répondait à une question par le rituel " C’est trop long à vous expliquer, je vais le faire, mon adjudant". Force était de constater qu’ Olivieri était ainsi devenu seul maître à bord devant le clavier de l’ordinateur, ayant décidé que son chef était trop primaire pour comprendre le langage binaire. Et voilà que maintenant, ce jeune gendarme, originaire de la Balagne, la jouait fine pour aller chercher sur Internet une histoire de revenante, en se basant sur une identité dont personne n’était sûr. Ida Renerel pouvait être l’anagramme d’une multitude d’identités féminines, à condition que nous ayons affaire à une femme. Pour contrer son subalterne, Denticoni s’était amusé à chercher tous les anagrammes possibles : Ida Nerrele, Léa Dreiner, Léa Derrien… Derrine Ale.. et pourquoi pas Iréne Adler ou Lina, Renée, Aline etc.. Et si l’inconnu était un homme s’appelant Adrien Léré ou René Ladrie.



De son côté , le substitut Camesson s’était donc souvenu qu’il avait hérité de quelques livres rares " Une histoire de revenants " , écrite par Paul Féval, Editeur Albin Michel (Paris) monographie imprimée année 1926. Et plus moyen de fermer l’œil après la lecture qu’il venait d’en faire. La nuit, sans qu’il sache pourquoi, il s’était mis à penser à une courtisane : Ida Saint Elme dont il connaissait l’ouvrage : Souvenirs d'une courtisane de la Grande Armée ou les mémoires d'une jeune femme belge (1792-1815), texte présenté par Jacques Jourquin (éd. Tallandier, texte présenté par Jacques Jourquin) . Il alla consulté le site: http://www.geocities.jp/rougeaud1769...



... où il trouva un portrait : Ida Saint-Elme (1778-1845)


Que serait l'Histoire, la "grande", avec ses héros et ses monstres, sans les "petites" histoires qui gravitent autour d'elles comme Titan autour de Saturne ? Ce sont souvent des histoires de femmes, d'ailleurs... Voici une de ces "petites" histoires, celle d'Ida Saint-Elme (1778-1845), courtisane de la Grande Armée. Comme le chevalier Eon, Ida Saint-Elme reste dans l'histoire des mœurs un exemple fameux du travestissement et de la confusion des sexes ; courtisane, amazone, espionne, parfois habillée en homme, elle maniait l'épée et tirait au pistolet. Fille de pasteur, elle fut aussi la maîtresse des grands hommes de son temps, parmi lesquels le général Moreau ou le maréchal Ney. On la jugea sévèrement pour cette liberté de vie hautement revendiquée. Ses Souvenirs firent scandale et connurent un immense succès sous la Restauration. Jamais réédités depuis lors, ils constituent un témoignage appréciable, sinon précieux.

Serait-elle celle qui se cache sous le pseudo d’Ida Renerel ? Aurait-elle connu Bonaparte, voire Napoléon ? Si oui, serait-elle venue en Corse ?… La petite histoire d’un fait divers rejoindrait-elle la grande Histoire ? L’informatique avait peut-être permis de remonter le temps au delà de son invention. Etait-il possible qu’une femme ayant vécu au 18ème siècle puisse s’inscrire à la Bibliothèque numérique européenne ? L’informatique, l’Europe, Napoléon et l’empire, une courtisane… Tout cela se bousculait dans la tête de notre Camesson qui se serait bien bu un petit verre de Vin Mariani.



Angelo Mariani ! C’était Denticoni qui avait pu lui faire part de son érudition en matière de vins corses et de sa réprobation en ce qui concernait l’usage qu’en avait fait ce Mariani, en y ajoutant de la cocaïne. Il était devenu un véritable dealer avec ses clients devenus toxicomanes dont certaines célébrités de l’époque. Olivieri avait alors ramené sa science en faisant remarquer que les Américains s’étaient servi de l’idée pour fabriquer leur Coca cola. Denticoni avait fait sournoisement remarquer que les toxicocacolisés étaient légions et même parmi les jeunes gendarmes. Content d’avoir le dernier mot puis rêveur, notre adjudant songea que , si les Corses en avaient fait autant, l’île de beauté serait l’Amérique et la tête de maure aurait envahi le monde entier. Lui, Denticoni, arborerait une étoile de Shérif et, comme John Wayne, entrerait dans le seul bar du village sur la musique de Dimitri Tiomkin inspiré par le 'degüello', Denticoni ignorait qu’il s’agissait du thème traditionnel mexicain, réutilisé dans d'autres westerns. "Deguello" signifie égorgement. Il s'agit de la chanson chantée par les Mexicains pendant le siège d'El Alamo…

Malgré le fort Chabrol de l’adjudant Denticoni (rêvant d’être le shérif John T. Chance) contre le bien fondé de la piste trouvée par Olivieri, le Substitut Camesson, après une nuit blanche, avait ouvert une information judiciaire pour qu’un Juge d’instruction puisse délivrer une commission rogatoire dont Olivieri se trouva immédiatement en charge, sous l’œil réprobateur de son chef.

Le Substitut Camesson, en dehors de son trisaïeul Ferdinand, avait un secret contemporain. Il écrivait un livre sur la criminologie et espérait obtenir le "Prix Gabriel Tarde" Depuis 1972, ce prix récompense, tous les deux ans, le meilleur travail francophone de recherche en criminologie. Il est décerné par un jury international indépendant, réuni sous l'égide de l'Association Française de Criminologie. Quant aux deux livres de Gabriel Tarde référencés dans le procès verbal du gendarme Olivieri, il ne les avait pas lus et projetait de le faire.



NOTE DE RENSEIGNEMENTS
Urgent et confidentiel.
Provenance : Ministère de la Défense – Direction générale de la Gendarmerie Nationale
Destinataire : Gendarme Olivier Olivieri sous couvert de l’Adjudant Sextius Denticoni
Adresse courriel : sextius.denticoni@gensdart.net
Objet : réponse du Centre national de documentation opérationnelle

Pour faire suite à votre interrogation sur cinq points, nous vous faisons parvenir les éléments relevés par notre centre national de documentation opérationnelle.

1°/ Ida Saint Elmes / Bonaparte:

Le 3 mai 1798, Bonaparte quitte Paris pour aller s’embarquer à Toulon. Joséphine accompagne son mari. Prosper Jullien est aussi du voyage. Il part pour l’Égypte le 19 mars 1798 et embarque avec Bonaparte sur " l’Orient ". Il est alors aide de camp de Bonaparte. Le 30 juillet 1798, il part pour Alexandrie portant des lettres adressées à l’amiral Brueys, aux généraux Kléber et Menou. Lors de cette mission, il est massacré avec son escorte par les habitants du village d’Alkam (Alquam) peu de temps après, certainement le 2 août 1798. Le 25 août, Bonaparte donnera l’ordre au général Lanusse ( no comment! Et on ne plaisante pas dans le genre : Est-il mort sur le champ de bataille d’une deuxième trou de balle ?…) de piller le village, puis de le détruire. En note des Mémoires du capitaine Gerbaud, à propos de l'assassinat de l'aide de camp, on relève :" Thomas Prosper Jullien, né en 1773 à La Pallud, lieutenant en 1792, capitaine adjoint aux adjudants généraux en 1794, aide de camp de Bonaparte en 1798. " Fidèle au souvenir, l’empereur Napoléon fit placer un buste du capitaine Jullien dans la salle des maréchaux, aux Tuileries, pendant toute la durée de l’Empire. Ce buste est actuellement exposé à Versailles, château de Trianon. Son frère, le Général, Comte d’Empire en commanda cinq copies en plâtre, dont deux furent mises dans les demeures des Jullien à Lapalud, deux à Vannes dont une à la préfecture. En Egypte, l’ancien Fort Rashid remis en état prend le nom de Fort Jullien en souvenir de l’aide de camp Thomas Prosper Jullien. C’est au cours de travaux de fortification que fut mise à jour une pierre de granit noire recouverte d’inscriptions en trois langues. C’est la fameuse " Pierre de Rosette" qui permit plus tard à Champollion de percer le secret des hiéroglyphes. Selon L'abbé Rose, curé de Lapalud, Mme Ida de St Elme, ayant retrouvé au Caire la sépulture de Prosper JULLIEN, y aurait cueilli une fleur pour la classer dans son herbier puis suspendu une branche de laurier sur la tombe du héros en témoignage d'admiration et de sympathie. " Tous les grands spécialistes du Premier Empire s’accordent pour dire que Jullien Thomas Prosper était un officier de grand talent et aurait été sans nul doute nommé Maréchal d’Empire par Napoléon s’il n’avait pas malheureusement péri lors de la campagne d’Égypte.

Ida Saint Elme, Hollandaise, courut l’Europe et les champs de bataille napoléoniens maniant l’épée et le pistolet. Elle fut la proche du général Moreau, rival de Napoléon, la tendre amie du maréchal Ney et la maîtresse d’un grand nombre d’officiers. Confidente des hommes de pouvoir, elle fut une femme de passion. Ses Souvenirs d’une courtisane de la Grande Armée témoignent d’un caractère libre et insolent.

Des voyageuses comme George Sand ou Ida Saint-Elme conçoivent leur voyage comme une libération de la femme, ce qui peut les conduire, comme dans le cas de La contemporaine en Égypte (1831), à refuser de se servir du registre de l’intimité, d’habitude réservé aux femmes, et à communiquer leurs expériences d’ordre privé à un public plus large. Plus radicalement encore, on trouve dans le récit mi-moralisateur, mi-anecdotique d’Ida Saint-Elme, qui se donne pour objectif de comparer d’un point de vue contemporain la décadence de la cour du vice-roi égyptien et de l’empire français, des passages dans lesquels la voyageuse conteste absolument l’idée qu’elle se déplacerait en tant que " femme ".

Elle est allée au Sinaï et en Haute-Égypte, où elle trouve les traces de Champollion, dont elle parle d'ailleurs sans aménité. Quant à Soliman Pacha, elle semble avoir vécu pendant des semaines, chez lui, soit au Vieux- Caire, soit sous la tente au camp de Toura, et ne tarit pas d'éloges sur son compte.. "

2°/ Recherches des ventes et vols d’œuvres littéraires et artistiques : Ida Saint Elme.

Le 18 octobre 2006, une édition originale des mémoires de cette courtisane auraient été achetée aux enchères : SAINT-ELME (Ida). Mémoires d'une contemporaine, ou souvenirs d'une femme sur les principaux personnages de la République, du Consulat, de l'Empire, etc... Troisième édition. Paris, Ladvocat, 1828. 8 volumes in-8 cuir de Russie citron. Un portrait et une figure au trait. Lot estimé à 5000 euros de la BIBLIOTHEQUE DES ROIS & PRINCES DE HANOVRE, vendue DROUOT-RICHELIEU - SALLE 6. .

Le 4 mars 2007, une sculpture étaient volée et les références figuraient aux fichiers de l’Office central du trafic des œuvres d’arts soit : Sculpture : médaillon ; relief , DAVID Pierre Jean, DAVID D'ANGERS (dit) Titre IDA DE SAINT-ELME (1778-1845) Ecole France 2e quart 19e siècle.- Lieu de conservation et du vol : Angers ; musée David d'Angers.

3°/ Spécialiste de l’époque Napoléonienne et d’Ida Saint Elme : Jacques Jourquin:

Avec un cahier d'illustrations ; Ida de Saint-Elme, Souvenirs d'une courtisane de la Grande Armée, 1792-1815, édition établie et présentée par J. Jourquin, éd. Tallandier, coll. Bibliothèque napoléonienne, 2004.

Après des études dans une grande école de commerce, Jacques Jourquin (né en 1935) est sollicité par les éditions Hachette pour occuper un poste à la direction commerciale des éditions Tallandier, avant de rejoindre la direction éditoriale et de diriger la revue Historia. Il y créa dans les années 70 la collection Bibliothèque napoléonienne, qu'il dirige de nouveau après une interruption de quelques années. Jacques Jourquin fut également le rédacteur en chef de la Revue du Souvenir Napoléonien de 1993 à 2006. Vice-président de l'Institut Napoléon depuis 2004, il devient en 2006 membre du jury des prix d'histoire de la Fondation Napoléon. Historien, Jacques Jourquin a publié de nombreux articles et ouvrages.

4°/ Mythologie :



Les dieux de Samothrace commandent spécialement aux vents et aux tempêtes, et sauvent les navigateurs du péril de la mer, ce qui, comme on l'a remarqué, est bien le propre de dieux dont le culte a traversé les flots pour venir s'établir dans l'île ; ils apparaissent aux marins qui les invoquent, sous la forme des flammes électriques du feu Saint-Elme. Tout ceci leur est commun avec les Tyndarides ; aussi est-ce à Samothrace, suivant une des formes de la légende , que les étoiles du feu Saint-Elme descendent pour la première fois sur la tête des Dioscures après qu'ils ont adressé leur prière aux Cabires, qui se manifestent en eux de cette façon. Aussi pour Ovide et pour Plutarque, les deux dieux de l'île deviennent purement et simplement les Tyndarides.




Nous tendons à rapporter l'origine des Cahires à l'Asie Mineure et en particulier à la religion de l'Ida. Dans la religion phrygienne le mythe de la mutilation d'Attys est celui qui correspond dans une certaine mesure au meurtre de ZAGREUS, et l'histoire du Cahire mis à mort, telle que la raconte Clément d'Alexandrie, tient à la fois de celle d'Attys et de celle de Zagreus. Il l'a si bien compris lui-même qu'il ajoute, après l'avoir narrée : " Ce n'est donc pas sans raison que quelques-uns voudraient qu'on donnât le nom d'Attys à Dionysos, après sa mutilation.

5°/ Feux de Saint Elme:



Les feux de Saint Elme sont des manifestations électriques dues à un violent conflit de masses d'air de températures radicalement différentes : ils correspondent à un espèce d'halo scintillant que nous pouvons observer le long des mâts des bateaux, des ailes d'avion ou encore des clochers lorsqu'il y a de l'orage .Ce phénomène provient du personnage Saint Elme recueilli par un marin alors qu'il risquait la noyade ; pour le remercier, il dit au marin qu'il enverra une boule de feu pour le prévenir de fortes rafales de vent dans l'immédiat .

Formation des feux de Saint Elme : Au voisinage de la pointe d'objets pointus, le champ électrique augmente considérablement car la densité des charges électriques n'est pas uniformément répartie sur l'objet ; une très grande quantité d'électrons affluent vers la pointe ; mélangés avec des particules d'air, les électrons provoquent la dissipation de l'énergie contenu dans les particules : des étincelles apparaissent, les feux de Saint Elme sont nés !

La couleur des feux de Saint Elme est variable selon l'intensité des charges électriques mais surtout de la densité des charges électriques ; les couleurs les plus fréquentes sont le jaune, le bleu et le violet .

Conséquences : Lors de l'apparition des feux de Saint Elme, il y a grand danger : en effet, de nombreuses charges électriques sont présentes et le champ électrique au maximum de son intensité ; du coup, la différence de potentiels augmente entre le nuage et l'objet : le coup de foudre est alors imminent !
Il ne serait trop conseillé de ne pas toucher aux feux de Saint Elme ( comme son nom l'indique, vous risquez de vous cramer les doigts ); Or ce phénomène est assez mobile ; il peut même rentrer dans les maisons et semer la panique ; ce phénomène va même jusqu'à susciter des phobies, des fausses croyances, bref de tout et n'importe quoi .




Publié le 24 juillet 2007 à 23:55
Par flicorse
La disparue de la plaine aurait-elle enfin un visage ? Il manque toujours un doigt à une main. L'intrigue se complique ... L'adjudant Denticoni entend bien, sent bien et voit bien.





Denticoni s’était retrouvé avec ce doigt coupé et des étuis de munitions à rajouter dans son procès verbal. C’était son adjoint Olivieri qui les avait découverts.



Heureusement, il avait emporté avec lui son paquet de bâtonnets ouatés et, en le vidant, le petit sac en plastique avait servi de réceptacle convenable. Pour s’éponger le front, il sortit le mouchoir avec les initiales de son pauvre père. Bâtonnet et mouchoir, les deux accessoires indispensables pour garder l’ouïe fine et son flair d’enquêteur.

Pour la vue, il disposait d’une paire de lunettes corrigeant sa myopie, seule excuse à présenter pour avoir négligé des indices importants. Il disposait maintenant d’une empreinte digitale et d’un ADN dans un seul doigt. Il restait à découvrir quelle identité se cachait dans les méandres digitaux et les serpentins d’Acide désoxyribonucléique. ..

Maintenant, il faisait des cauchemars. Il y a des jours où Denticoni se disait qu’il laisserait bien béton, mais ce ne sont que des défaillances passagères. Il suffit de laisser un peu de sable du temps s’écouler, d’y jeter dessus un bon verre d’eau de vie pour cimenter les fêlures et refaire la façade de son opiniâtreté de gendarme. Il faudrait cependant fortifier les fondations de son enquête pour ensuite, pierre après pierre, construire la clôture autour du coupable pour la transformer en prison. Mais quel coupable ? Quel crime ?…

Une affaire insulaire, qui risquait de faire voler en éclat l’entente des cimentiers avec de nouvelles éclaboussures médiatiques, occupait la magistrature et sa hiérarchie, tout en mettant du liant dans l’histoire. Personne ne lui avait encore mis la pression pour que les investigations avançassent plus vite, à part, peut-être, un lecteur de polar qui confondait fiction et réalité… Même pas le Substitut Camesson.



Etienne Camesson cachait, derrière son deuxième prénom " Ferdinand ", un secret de famille. Ferdinand était son trisaïeul, né à Boubers sur Canche dans le Pas de Calais et décédé à la prison de Riom, , sans domicile fixe.
Au palais de justice, ses collègues surnommaient le juge aux grands pieds " le clown " ou bien " Jameson " , une allusion à son goût affirmé pour la boisson gaélique aux reflets cuivrés et aux effets d’une bonne cuite. Etienne, Ferdinand Camesson avait fait la plus grande partie de sa carrière dans des îles lointaines qui lui avaient donné le goût du " Kolé Séré" et des peaux noires. La biguine et ses béguins lui avaient valu des menaces de mort de la part de quelques maris jaloux. D’île en île, il s’était rapproché de la France pour se retrouver en Corse, où il avait trouvé charentaise à son pied puisque son épouse était native de Gardes-le-Pontaroux,.
" Quétou qu'olé ? " était la question que sa drôlesse lui posait de façon récurrente. Si ces mots de patois charentais lui rappelaient ses frasques antillaises, ils signifiaient en réalité " Qu’est-ce que c’est ? " car, en Corse, la Charentaise un peu sourde avait pris du sable dans les oreilles. Lorsque nous disons " à son pied ", nous devrions dire à ses pieds, puisqu’il s’agissait de sa greffière devenue son épouse. Nous ne mettrons pas un pied de plus car le reste est du domaine de la vie privée.. et depuis lors, ils eurent un caniche, un matou corse et, avec l’aide de la science, une fille.

Après le mariage, la justice était devenue une affaire familiale et notre juge faisait des rêves de grandeur. Il se voyait vêtu d’un habit bleu sur une robe rouge, et coiffé de son bonnet rond sur lequel une balance était cousue de fil d’or. Parfois la plume de Maât venait et voletait au dessus des plateaux de la balance lorsqu’il siégeait au tribunal d’Osiris…

Sous sa toque de magistrat, Camesson avait pu développer son esprit cartésien, mais, en Corse, c’était sa part d’irrationnel qui prenait le dessus, la part qui rêve. Pour l’heure notre porteur de mortier ( c’est ainsi que l’on désigne la toque d’un magistrat) était accaparé par l’affaire des cimentiers… Cette enquête ne semblait pas bâtie sur du sable dans lequel on n’avait pas semé : L’action judiciaire engagée n’était pas inutile.

Bien sûr, les ententes illicites ne sont pas des mystères et l’énigme posée par Ida Renerel est bien plus Holmesienne. Il s’agit d’un doigt coupé, non d’un nez. On aurait pu alors penser que Ida Renerel était devenue une nazimozze, cette fée corse sans nez, ou bien qu’elle avait fourré son nez là où il ne fallait pas , comme ,par exemple, une affaire d’entente illicite…

Lorsqu’il lisait la presse, notre adjudant Denticoni voyait des doigts coupés partout.
En Californie, une femme affirmait avoir découvert un morceau de doigt dans son sandwich et en Ecosse, un chef cuisinier s’était coupé un doigt en ouvrant un avocat. Ce crétin de gendarme Olivieri n’arrêtait pas de chanter …

Oh oh oh jolie poupée
sur mon doigt coupé
oh oh oh jolie poupée
tu me fais chanter
Y'a des marteaux du stylo intellectuels
moi j'ai du style au marteau j'suis un manuel
j'tap' sur un clou j'me tap' sur les doigts
j'coup' un bout d'bois j'me coup' un bout d'doigt
heureus'ment j'ai tout prévu en pareil cas
sous la main j'ai du coton sparadrap
Oh oh oh jolie poupée
sur mon doigt coupé
oh oh oh jolie poupée
tu me fais chanter
oh oh oh jolie poupée
sur mon doigt coupé
oh oh oh jolie poupée
bobo pas pleurer…

Et si ce doigt n’était que le premier d’une série ? Aucune revendication n’était parvenue officiellement. Les deux messages anonymes pouvaient être des plaisanteries de mauvais goût ou l’œuvre d’un fou. La thèse de l’enlèvement n’était pas idiote puisqu’aucun corps n’avait été retrouvé….

Notre enquêteur enleva son képi pour donner plus d’espace à son crâne dans lequel les idées se trouvaient à l’étroit, lorsque le curé du village entra dans la gendarmerie. Le saint homme venait voir l’adjudant pour lui faire part de la peur collective de ses ouailles. L’affaire du doigt coupé alimentait toutes les conversations. Les rumeurs allaient bon train et nos villageois voyaient derrière tout cela la main du malin.

Alors que Denticoni s’évertuait à rassurer notre curé qui ne pratiquait pas l’exorcisme, ce dernier sortit un livre de sa poche et lui fit la lecture du martyre de Saint Jacques l’Intercis : un extrait de La légende dorée de Jacques De Voragine, œuvre traduite par l’Abbé J-B M. RozeL'ABBÉ, Chanoine Honoraire de la cathédrale d'Amiens, aux éditions Edouard Rouveyre.

" … Alors, les bourreaux lui coupèrent le pouce de là main droite; et Jacques s'écria : " Jésus de Nazareth, mon libérateur, recevez ce rameau de l’arbre de votre miséricorde; car, celui qui cultive la vigne en coupe le sarment, afin qu'elle pousse de plus beaux jets et qu'elle produise avec plus d'abondance. " Le bourreau lui dit : " Si tu veux obéir, je puis encore t'épargner, et je te donnerai des médicaments. " Jacques répondit: " N'as-tu pas vu un cep de vigne? Quand on coupe les sarments, le noeud qui reste produit de nouvelles branches, à chaque taille, quand le temps est venu et que la terre commence à s'échauffer; si donc on taille la vigne à différentes époques, pour qu'elle produise des jets, à combien plus forte raison le chrétien fidèle en donnera-t-il, lui qui est enté sur la véritable vigne qui est le Christ? " Alors, le bourreau vint lui couper le second doigt. Et le bienheureux. Jacques dit : " Recevez, Seigneur; ces deux rameaux qu'a plantés votre droite. " Il coupa encore le troisième, et saint Jacques dit : " Délivré d'une triple tentation, je bénirai le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et avec les trois enfants préservés dans la fournaise, je vous confesserai, Seigneur, et en union avec le choeur des martyrs, je chanterai des cantiques à votre nom, ô Jésus-Christ ! " Le quatrième doigt fut coupé aussi, et Jacques dit: " Protecteur des enfants d'Israël, qui avez béni jusqu'à la quatrième génération, recevez de votre serviteur le témoignage de ce quatrième doigt, comme ayant été béni en Juda. " Quand le cinquième doigt fut coupé, il dit : " Ma joie est, complète. " Alors, les bourreaux lui dirent : " Epargne maintenant ta vie ne meurs as, ni ne te contriste point d'avoir perdu une main ; car il y en a beaucoup qui n'en ont plus qu'une, et qui possèdent beaucoup de richesses et d'honneurs. " Le bienheureux Jacques répondit : " Quand les bergers se mettent à tondre leurs troupeaux, enlèvent-ils seulement la toison de droite, et laissent-ils celle qui est à gauche? Et moi qui suis un homme raisonnable, dois-je moins dédaigner d'être tué pour Dieu ? " Alors ces impies s'approchèrent et coupèrent le petit doigt de la main gauche, et Jacques dit : " Vous, Seigneur, vous étiez grand, et vous avez voulu vous faire tout petit et chétif pour nous; c'est pour cela. que je vous rends le corps et. l’âme, que vous avez créés et rachetés de votre propre sang. " On coupe ensuite le septième doigt, et il dit : " Sept fois le jour, j'ai célébré les louanges du Seigneur. " On coupe le huitième, et il dit : " Le huitième jour, fut circoncis Jésus, et le huitième jour, on circoncit l’hébreu, afin de l’admettre aux cérémonies légales; faites donc, Seigneur, que l’esprit de votre serviteur se sépare de ces incirconcis qui conservent leur souillure, afin que je vienne à vous et que je voie votre face, Seigneur. " On coupe ensuite le neuvième doigt, et il dit : " A la neuvième heure, le Christ rendit l’esprit sur la croix; ce qui me fait confesser votre nom et vous rendre grâces par la douleur de ce neuvième doigt. " On coupe le dixième; et il dit : Le nombre dix est celui des commandements... Alors, quelques-uns de ceux qui étaient là lui dirent : " O vous, qui avez été autrefois notre ami intime, faites votre déclaration seulement devant le consul, et vous vivrez ; car, quoique vos mains soient coupées, il y a cependant de très habiles médecins qui pourront guérir vos douleurs. " Jacques leur dit : " Loin de moi une si infâme dissimulation ! car quiconque, ayant mis sa main à la charrue, regarde derrière soi, n'est point propre au royaume de Dieu. ". Alors, les bourreaux indignés s'approchèrent et lui coupèrent le pouce, du pied droit, et Jacques dit : " Le pied du Christ a été percé, et il en est sorti du sang. " On coupe le second doigt du pied, et il dit: " Ce jour est grand pour moi, en comparaison de tous les autres de ma vie ; car aujourd'hui, j'irai vers le Dieu fort. " Ils coupèrent aussi le troisième, qu'ils jetèrent devant lui ; alors. Jacques dit en souriant : " Va, troisième doigt, rejoindre tes compagnons,; et de même qu'un grain de froment rapporte beaucoup de fruits, de même aussi, au dernier jour, tu reposeras avec tes compagnons. " On coupe le quatrième, et il dit : "Pourquoi es-tu triste, ô mon âme, et pourquoi te troubles-tu ? Espère en Dieu, car je lui rendrai encore des actions de grâce; il est mon Sauveur et mon Dieu." On coupe le cinquième, et il dit " Je puis dire maintenant au Seigneur qu'il m’a rendu digne d'être associé à ses serviteurs. " Alors ils prirent le pied gauche, et en coupèrent le petit doigt, et Jacques dit : " Petit doigt, console-toi, car le petit et le grand ressusciteront également; si un petit cheveu de la tête ne périra pas, pourquoi serais-tu séparé de tes compagnons ? " On coupe le second, et Jacques dit : " Détruisez cette vieille maison, car on m’en prépare une plus belle. " On coupe le troisième, et, Jacques dit: " L'enclume s'endurcit sous les coups. " On coupe encore le quatrième, et il dit : " Fortifiez-moi, Dieu de vérité, parce que mon âme se fie en vous et que j'espérerai à l’ombre de vos ailés, jusqu'à ce que l’iniquité soit passée. " On coupe . aussi le cinquième, et il dit : " Voici, Seigneur, que je, m’immole pour vous vingt fois. " Alors ils lui prirent le pied droit et le coupèrent ; Jacques dit : " J'offre ce présent au roi du ciel, pour l’amour de qui j'endure ces tourments. " Ils coupèrent ensuite le pied gauche, et le bienheureux Jacques dit : " C'est vous, Seigneur, qui faites des merveilles ; exaucez-moi et me sauvez. " Ils coupèrent la main droite, et il dit : " Que vos miséricordes me viennent en aide, Seigneur! " A la gauche, il dit : " C'est vous, Seigneur, qui opérez des merveilles. " Ils coupèrent le bras droit, et il dit : " O mon âme, louez le Seigneur. Je louerai le Seigneur pendant ma vie; je célébrerai la gloire de mon Dieu, tant que je vivrai. " Après quoi, ils coupèrent le bras gauche, et il dit " Les douleurs de la mort m’ont. environné ; au nom du Seigneur, j'en serai vengé. " Alors ils s'approchèrent., et coupèrent la jambe droite en la sciant jusqu'aux reins. Le bienheureux Jacques, accablé par une douleur inexprimable, s'écria : " Seigneur Jésus-Christ, aidez-moi, car les gémissements de la mort m’ont environné. " Puis, il dit aux bourreaux : " Le Seigneur me recouvrira d'une nouvelle chair, que vos blessures ne sauront souiller." Les bourreaux étaient épuisés, parce que, depuis la première heure du jour , jusqu'à la neuvième, ils avaient sué à le trancher. Enfin ils prirent sa jambe gauche, et la coupèrent jusqu'aux reins. Alors saint Jacques s'écria : " Souverain Seigneur, exaucez un homme à demi mort ; vous êtes le . maître des vivants et des morts. Des doigts, Seigneur, je n'en ai plus pour les lever à vous; des mains non plus, pour les étendre vers vous ; mes pieds sont coupés et rues genoux sont abattus, je ne puis plus les fléchir devant vous ; je suis comme une maison qui a perdu ses colonnes et qui va crouler. Exaucez-moi, Seigneur J.-C., et ôtez mon âme de prison. " Après ces mots, un des bourreaux s'approcha et lui coupa la tète… "

Denticoni était resté muet alors que l’angoisse l’envahissait à l’idée de recevoir un cadavre en kit. L’homme d’église lâcha, avant de retourner dans sa maison de Dieu : " Il ne faut surtout pas prendre cette histoire à la légère. Mon petit doigt me l’a dit… " Denticoni avait été à deux doigts de pousser un juron… C’est ainsi que s’acheva la rencontre entre le sabre et le goupillon.

A SUIVRE...



Publié le 22 juillet 2007 à 23:42
Par flicorse
La peau des mots, à fleur de peau et de papier...




Un premier roman dans une nouvelle édition corse: La vallée de soummam, écrit par Marie-Catherine Deville et paru en juin 2007 aux Editions A fior di Carta .










Marie-catherine Deville a écrit ce premier roman qui revient sur une période douloureuse : la guerre d’Algérie. Mais c’est à Lyon que son héroïne, étudiante porteuse de valise, découvre l’amour fusionnel avant d’être victime de la barbarie. Une histoire passionnée relatée dans une langue directe, incisive, transperçante qui incite à lire d’un seul trait 90 pages d’une écriture qui apparaît souvent comme un jaillissement, un flot ininterrompu de mots sortis de la souffrance, après un long silence, et déversés comme la coulée lente de la lave d’un volcan lors d’une irruption.

L’écriture de ce roman nous ramène à Martin Melkonian, auteur du Petit héros de papier, lorsqu’il écrit : " L ‘un après l’autre, les mots irritent la gorge, s’aggrippent à la glotte, puis – passage préparé- roulent sur la langue, patinent, virevoltent, expirent. " C’est ce besoin retenu de parler , de tout dire, qui donne ensuite du souffle au récit. Les mots viennent de l’intérieur, de " toute la surface à l’intérieur " , là où, sous pression et dans la douleur, ils s’étaient accumulés.

Alors que l’entrée en scène de Luis et Anna puis leur rencontre sont narrées à l’imparfait, le malheur surgit au présent et les douleurs sont actuelles parce que les raconter c’est les revivre. Anna est arrêtée et torturée. On souffre, on rage, on se révolte avec elle…

Face au plaisir sadique des bourreaux, on se dit, avec Musset, que " l’homme est un apprenti, la douleur est son maître "… La réflexion reste le seul acte possible à celui qui souffre. Il faut éviter de se concentrer sur soi pour éviter que la douleur vous débilite. Anna puise sa force de résistance dans ses pensées pour Luis et les souvenirs de leur amour passionné. Elle sera sauvée de ce passé cauchemardesque par un nouvel amour puis l’affection d’une femme beaucoup plus jeune qu’elle.

Le roman se termine par des échanges de courriers entre l’auteure et l’héroïne… C’est de la complicité entre ces deux femmes qu’est né le récit de cette histoire vécue. Sans aucun doute, la mémoire a sa part d’imaginaire mais Marie-Catherine Deville restitue, dans l’esprit et dans la lettre, les amours et la souffrance d’Agnès, disparue aujourd’hui. " Il n’y a pas de récupération possible de dignité, " pensait-elle, victime des pires sévices. C’était là l’insoutenable de cette affaire, commente l’auteure.


On doit à Jean-Toussaint Desanti un ouvrage intitulé " Sous la peau des mots ". Son épouse Dominique Desanti déclarait : " Dès qu’il s’attaquait à une question, Desanti voulait voir ce qu’il y avait au fond, " sous la peau des mots " précisément. Ce livre est le témoignage de sa volonté de se livrer à une étude de l’éthique, qui pourrait se résumer grossièrement ainsi : " Quels droits sont donnés à quels hommes ? "

Sous la peau des mots d’Agnès et d’Anna, son miroir romanesque, il y a la torture c’est-à-dire la barbarie, la négation des droits les plus élémentaires de l’être humain. La vallée de Soummam est un roman tragique écrit avec talent et justesse. Il fait mouche au cœur et aux tripes. L’auteure , dans son style efficace, a le mérite, en nous faisant vivre la douleur de la victime, de démystifier les bourreaux et de faire apparaître la torture comme un acte barbare injustifiable.

On ne le répétera jamais assez…. " Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. " (Article 5 des droits de l’homme du 10 décembre 1948 )



Après cette lecture, nous avons ressorti de notre bibliothèque le n°143 de la Petite collection Maspéro " La torture dans la république " de Pierre Vidal-Naquet ( édition 1972). En première page, on trouve cette interrogation : " Un pays de tradition libérale peut-il voir en quelques années ses institutions, son armée, sa justice, sa presse, corrodées par la pratique de la torture, par le silence et par le mensonge? Peut-il, une fois la page tournée, reprendre le chemin comme si de rien n’était ? "




Marie-Catherine Deville sera présente le 11 août 2007 à Barrettali, lors de la journée des livres ouverts, aux côtés de tous les autres auteurs de la nouvelle maison d'édition corse "A fior di carta".




Trés bientôt, les éditions Fior di Carta mettront en ligne un site sur lequel seront présentées toutes les parutions...

A SUIVRE...






Publié le 18 juillet 2007 à 14:15
Par flicorse
Cyberpolar écrit en ligne sur le site de Corsicapolar et rediffusé sur Corse noire : Ida Renerel ‘s case!...

Première saison :

Sur une plage du Cap corse, Ida Renerel a passé son dernier appel téléphonique, à la gendarmerie, avant de disparaître, laissant derrière elle deux photographies dissimulées dans la cabine téléphonique.



Mention de main courante :
Disons que, ce jour, nous avons reçu un appel téléphonique d’une personne se présentant comme étant la Dame Ida Renerel nous informant que l’éclipse lunaire de la nuit du 3 au 4 mars dernier était annonciatrice d’un drame qui était en train de se jouer sur une plage de la commune,d’où elle était entrain de nous appeler. Elle a raccroché, sans nous laisser le temps d’essayer d’en savoir plus. D’heureux chef, nous transportons sur place.
L’Adjudant Sextius Denticoni.



Les ombres ont évolué et les photographies sont donc prises à des heures différentes de la journée. Les angles de prises de vue ne sont pas tout à fait identiques. Sur la photographie en couleurs, l’adjudant de gendarmerie Sextius Denticoni ( appelé Ticone dans son entourage) remarque une canne à pêche plantée dans le sable. Cette arme contre les poissons a disparu sur la photographie plus sombre. Quel temps s’est écoulé entre les deux clichés ? Une journée ? Une nuit ? Plusieurs jours ?

Quel péché ( peccatum )a commis un pêcheur (pescator) sur cette plage habituellement tranquille en ce mois de mars 2007 ? Miss Ida Renerel a-t-elle été prise au hameçon d’un pécheur (peccator) devant l’éternel ressac des vagues menaçant le rivage corse? Ou alors, est-elle la pécheresse ou une sirène qui a emporté gravement le pêcheur (pescator) au fond de la mer parfois tranquille, parfois rageuse et toujours mystérieuse… L’expectative dans laquelle il se trouve rend Denticoni d’une humeur péccante. Notre pandore corse avait pris l’appel de cette aventurière parlant le français avec un fort accent américain. Elle avait décliné son identité qu’il avait mentionnée dans le registre des appels avant d’y enregistrer sa déclaration téléphonique…

Mais est-on bien certain que ces photos aient été laissées par Ida Renerel ? A moins que cette dernière ne l'ait spécifié lors de son coup de fil à la gendarmerie ?
On ne saurait exclure qu'elle ait été enlevée et que ces deux clichés aient été placés là par son ravisseur. Une sorte de défi aux enquêteurs…
On ne peut pas exclure, non plus que ces clichés n'aient aucun lien avec Ida Renerel.
Que disait-elle, au juste, durant cet appel reçu par l'adjudant Denticoni ? Semblait-elle inquiète, voire affolée ?

Combien d'appels ont été passés ce même jour de la disparition d'Ida Renerel, depuis cette cabine sur la plage ? A qui ? Se pourrait-il qu'Ugo Pandolfi, par exemple, dont on sait l'admiration que lui voue Ida Renerel, soit au nombre des personnes contactées depuis cette cabine ? Peut-être, mais il l'ignore encore, n'ayant pas eu le temps de rentrer chez lui, qu'un message d'Ida l'attend, sur son répondeur. Un message qui pourrait éclairer la lanterne de Sextius…
L'adjudant Denticoni a-t-il bien inventorié le contenu de la poubelle située juste à côté de la cabine ?
A-t-il été possible, aussi, de déterminer depuis quand Ida se trouvait en Corse, par quels moyens s'y était-elle rendue, et si elle était descendue dans quelque hôtel proche de cette plage ?
C'est cela qu'il faudrait savoir…

Les bottes que l'adjudant Denticoni voulut prêter au substitut Camesson étaient trop petites. Malgré sa petite taille, le magistrat chaussait du 44. L' affaire s'annonçait mal. Après tout il n'y avait pas de cadavre à voir sur cette plage. Des traces de sang tout au plus, avait dit le gendarme. Deux photos et l'appel d'une étrangère à partir d'une cabine téléphonique que France Télécom avait eu l'idée saugrenue de poser sur la laisse de la mer comme on abandonne un chien avant de partir en vacances. Décidément Camesson n'avait pas de chance. Les deux dernières semaines qu'il venait de passer étaient maudites. La première gagnait le pompon au calendrier des cauchemars: Madame Camesson ne supportait plus rien, ni la Corse, ni les insomnies de son substitut de mari, ni les infidélités de son amant. Lundi, elle avait clairement signifié son intention de divorcer et de retrouver son Ile de France natale. Le lendemain, le 6 mars, Jean Baudrillard était mort. Le mercredi et le jeudi, Etienne Camesson avait tenté en vain de retrouver les deux premiers volumes des Cool Memories dans lesquelles il avait une envie folle de se replonger. Il ne les découvrit que vendredi dans les cartons abandonnés dans le fond du garage où les surmulots avaient fait leurs nids. Samedi, sa fille fêtait son quatorzième anniversaire avec une quinzaine de copines en folie. Camesson s'était réfugié au Palais de Justice. Il avait ensuite passé son dimanche à faire disparaître de son champ visuel les emballages de Carambar et les boites poisseuses de Coca Light. Les jours qui suivirent n'avaient rien apaisé. A présent, il était calme, serein presque, simplement parce qu'il était de permanence ce dimanche, et qu'il marchait sur la plage avec l'adjudant Sextius Denticoni. Le magistrat n'avait jamais été déçu par les gendarmes qui font du zèle. Et Denticoni, question zèle, il avait les palmes, le masque et le tuba. Total zélé, le Sextius, une couronne de lauriers sous le képi. Son inventaire de la poubelle située juste à côté de la cabine téléphonique était d'une précision exemplaire. Pas vraiment ragoutants les détails. Mais suffisament inquiétants pour que le substitut Camesson commence à se torturer les méninges.

Drôles de découvertes !…
...à se torturer les méninges car le fond de la poubelle réservait manifestement une bien curieuse surprise. Parmi les détritus, qu'un grouillement de vers de vase mêlés de sciure semblait se faire mouvoir, Denticoni avait relevé quelques indices intrigants. Une boîte d'appâts, tout d'abord. A peine entamée, pour peu que l'on puisse se fier à la quantité de lombrics qui infestaient la poubelle. Or, son emballage était maculé de sang. Mais ce n'est pas tout : au milieu de ces immondices, Denticoni avait exhumé trois étuis de munitions. D'un genre peu commun, vu la rareté de l'alliage utilisé. L'adjudant pensait à des douilles de balles explosives...


Les pièces sans conviction....



Procès verbal de découvertes, saisies et placements sous scellés :
Nous, Sextius Denticoni
Adjudant-chef, Officier de Police Judiciaire
Poursuivant nos constatations,
Sans désemparer,
Disons procéder à l’inventaire et à la mise sous scellés des objets et documents découverts dans la poubelle de la cabine téléphonique située sur la plage de notre commune, comme suit :
Scellé n° UN : Un exemplaire de la nouvelle policière " A case of identity " écrite par Sir Arthur Conan Doyle, contenant un marque page des Editions Little Big Man et deux photographies de la plage avec la cabine téléphonique.
Scellé N° DEUX : Un boite vide de cigares de marque Ninas contenant un cafard mort.
Scellé N° TROIS : un billet d’invitation à une répétition de la pièce de Shakespeare "la Tempête ", par une troupe de comédiens corses amateurs.
Scellé N° QUATRE : Une chaussette multicolore genre Burlington supportant des traces noirâtres.
Scellé n° CINQ : Dans un petit vase de Soissons, un petit poinçon rouge.
Scellé N° SIX : Une boite de conserve ronde non ouverte avec les indications "merda d’artista ", "artist’s shit ", 30 grammes, Piero Manzoni.
Scellé N°SEPT : Un rouleau de papier hygiénique sur lequel est imprimé un article signé par Marcel Duchamp.
Scellé N° HUIT : Une page du catalogue de La Redoute consacrée aux articles de pêche, sur laquelle une main a écrit : " Le chemin , c’est moi, parce que je suis la vérité et la vie. Personne ne va au père sans passer par moi. - Jean 14 :6. ".
Scellé n° NEUF : Une pierre enveloppée dans une feuille de papier sur laquelle est écrit : " Tamo ! Samo ! ".
Scellé n° DIX : deux douilles de balles explosives.
Disons qu’un doigt humain a été envoyé au laboratoire de police scientifique sous Scellé N° ONZE.
Disons que des recherches de traces papillaires et biologiques ont été effectuées sur les lieux et sur les différents objets et documents saisis. Les relevés effectués feront l’objet d’analyses au laboratoire de police scientifique.
Disons que des clichés photographiques ont été pris et seront annexés.
Disons que nous ferons appel à un interprète en langue anglaise pour traduire les termes : " A case of identity " et " artist’shit".
Disons que, avisé par nos soins, Mr CAMESSON, substitut de permanence, nous a rejoint sur les lieux.
L’officier de police judiciaire



De son côté, Sextius observait à la dérobée Camesson, avec la perplexité du pêcheur à la ligne qui vient de remonter une espèce non répertoriée. Drôle de petit bonhomme, avec ses panards comme des chaloupes de débarquement, son costume qui sortait indubitablement du bon faiseur mais semblait avoir séjourné longuement dans un panier de linge sale avant d'en être extrait en toute hâte sans passer par la case "teinturier", sa cravate -Denticoni misa pour de la soie- nouée à la diable, ses cernes prononcés et ce début de calvitie que, soit par négligence, soit par suprême crânerie, il ne cherchait pas à dissimuler. Pas brillant-brillant, mais Sextius avait appris, depuis fort longtemps, à ne pas s'arrêter à la prime apparence de ses semblables. Pas plus qu'à se fier aux "on-dit". Camesson passait pour un type compétent, bosseur. Pas le genre de magistrat à se faire muter en Corse pour s'y croiser les bras en méditant sur les discours qu'il tiendrait plus tard, à Lille, Aix ou Paris, sur l'impossibilité qu'il y avait sur ce fichu caillou à faire suivre à la justice le cours normal et serein qui était le sien partout ailleurs. Sans négliger l'incontournable tirade sur l'omerta, et quelques vacheries tout en demi-teintes sur le manque de zèle dont font preuve policiers et gendarmes, singulièrement lorsqu'ils se trouvent être du cru… Camesson semblait être d'une toute autre trempe. "Un pur" avait même entendu dire Sextius un jour à son propos. Mais il se méfiait des réputations, bonnes ou mauvaises, préférant ne s'en remettre qu'à sa propre expérience. Or si monsieur le substitut paraissait s'être échappé en toute hâte d'un camion-benne de la voirie ou -allez savoir ?- s'être arraché avec plus ou moins de regret aux griffes laquées de quelque cabouleuse de Bastia, Denticoni nota que malgré les cernes et les conjonctives de la couleur d'un bigarreau à l'eau-de-vie, le regard d'Etienne Camesson était tout sauf éteint. Las, mais pas blasé, l'homme.

Sans la moindre considération pour ses chaussures italiennes, le magistrat s'en vint rejoindre le gendarme qui arpentait à présent le rivage détrempé.
"Je ne suis pas certain que ce doigt coupé soit celui de la femme" dit-il.
A part lui, Sextius se fit la réflexion que Camesson avait employé la même formule que lui : depuis qu'il avait pris son appel, qu'il avait entendu sa voix, chaude, légèrement rauque, râpeuse comme un vieux velours précieux, il ne pensait pas à la disparue comme à "la dénommée Ida Renerel", ni comme à la "victime présumée".
Pour lui, elle était tout simplement "la femme"…



Mail à l'attention de l'Adjudant Denticoni:
Comment faire une action offensive?
http://pute2life.free.fr/public/tutorial.php
Cliquez sur "Boite", puis choisissez un cafard. En validant, vous aurez accès à toutes vos actions offensives disponibles
Rédigé par: Blatte man | le 14 mars 2007 à 10:03
Mail à l’attention du Substitut Camesson
C’est une P’tit Jazzman Noir
Un type bizarre
Qui boit sa bière au comptoir
En fumant son cigare.
C’est un p’tit Jazzman Noir
Au piano bar
Je l'ai rencontré un soir
Le prédateur de cafard.
http://poesie.webnet.fr/vospoemes/3356/22681.html
Gisèle d’hôpital psychiatrique, sa Carmen à cigare, sa Belle au bois dormant junkie …
http://www.lyonweb.net/agenda/e/864/Ballet-de-l-Opera-de-Lyon-Solo-for-two-1996-Fluke-2002-.htm
… Qui m’emmène vers nulle part
Et qui me ramène
Dos à dos avec mon cafard
Qui broie du noir
Dans tous les bars
En réalité je me marre
Car la vie c’est un cadeau
A quoi bon broyer du noir ?
Il vaut mieux fumer un bon cigare…
www.algerie-dz.com/forums/archive/index.php/t-106.html



Denticoni lisait et relisait le message signé Blatte man , lorsque le téléphone coupa le silence dans lequel somnolait la gendarmerie à l’heure de l’apéritif. C’était le substitut Camesson, destinataire d’un autre message signé le cancre las.
Le scellé N°2 prenait de l’ importance dans une enquête au point mort, ce qui faisait cafarder l’adjudant. Avec les deux messages et les indices, il se disait qu’il aurait bien besoin d’un profiler capable de lui fournir sur l’identité du coupable plus de renseignements que l’ADN… Mais coupable de quoi ? Cette question le soulagea .
Pour l’heure, il n’avait aucun cadavre sur la commune et , si un meurtre avait été commis sur la plage, ce serait peut-être une autre gendarmerie qui hériterait du cadavre jetée à la mer, d’autant plus qu’une tempête avait sévi causant même des dégâts à une des paillotes pas encore brûlée sur ordre d’un préfet.

Faute de spécialiste du profilage, il irait se jeter derrière le gosier un coup de blanc de Roglianu, en compagnie du Babbu du Village, ce patriarche dont la sagesse et la mémoire seraient des atouts précieux. En outre, le grand-père avait des dons de mazzeru qui se révélaient le plus souvent après quelques canistrelli trempés dans du vin blanc, lorsqu'on lui offrait de fumer un cigare. Il devenait volubile avec des volutes fumeuses qui éclairaient le réduit de son cerveau en même temps qu'elles opacifiaient sa vision des choses. Comme dans cette étrange photographie prise sous un ciel zinzolin.
Soudain, l'adjudant eut une illumination. La vue d'un chat noir, liée à l'action du blanc, réveilla en lui sa curieuse prédisposition au mazzérisme. Et là, un providentiel don de prophétie funèbre lui laissa entrevoir le visage de la victime. Celui d'une femme. Jeune. Brune. Fluette. Mais très vite, cette vision évanescente, semblable à une volute, se dissipa sous l’effet d’un cri de terreur, celui de " ma biche ".

Notre adjudant dégaina son arme et monta à quatre jambes les deux marches qui le séparaient de son épouse localisée dans la cuisine en train de préparer des "bastelle", sortes de chaussons de pâte à pain fourrés avec des blettes, du brocciu… et des olives noires.
Celle-ci s’était d’abord étonnée qu’une des olives aient des pattes qui lui permettent de venir toute seule se faire dénoyauter , suivie par une seconde, une troisième… celle de trop qui déclencha l’alarme et les cris de " ma biche ", donc Joséphine car tel était le prénom de la "femme d’adjudant"…
Nous disons bien la femme d’adjudant , et non pas " de l’adjudant " , car il s’agit d’un titre plus que d’une fonction matrimoniale. Oui ! En épousant un gendarme, on s’engage dans la gendarmerie.

Le " mari de femme d’adjudant ", essoufflé par l’effort produit pour sortir son arme et monter deux marches, trouva sa " collaboratrice conjugale " prête à enjamber la fenêtre. Il crut à un attentat commis par des agresseurs cagoulés. Devant leur nombre et leur taille, il réalisa qu’il s’agissait d’une armée de cafards et choisit l’arme chimique pour exterminer les intrus qui portaient atteinte à l’intégrité de son territoire familial. La réalité aurait du le faire rire mais elle le ramenait à l’énigme du doigt coupé, au cafard mort dans la boite de cigares, aux deux messages de Blatte man et du Cancre las…
L’invasion de cafards dans son appartement de fonction ne pouvait être fortuite. Cette pensée l’angoissa jusque pendant son sommeil rempli de cauchemars dans lesquels il voyait des cafards fumant des cigares qui se transformaient en balles explosives, pendant qu’un doigt coupé le désignait comme la cible à atteindre…

La première fois que Sextius vit Joséphine, il la trouva franchement belle. . Elle lui plut, enfin.
- Stop ! fit le lecteur. Y en a marre. Vous n'allez tout de même pas vous prendre pour Aragon et nous récrire Aurélien. Non, mais...
Il aima comment elle était habillée...tenta à nouveau l'adjudant Ticoni qui voulait participer à l'écriture d'un roman en ligne qu'une bande de farfelus avait lancé dans le cyberespace.
-Basta, je te dis ! Ta disparue de la plaine orientale, c'est pas l'inconnue de la Seine, d'accord ? Faites nous un polar normal...Je sais pas moi, un truc simple, avec des cadavres, des tueurs, des témoins, des mobiles, des vrais flics, une enquête. Comme à la télé quoi...
- Ecoute petit, tu nous les brises avec tes clichés. On écrit ce qu'on veut, où on veut et quand on veut, intervint Camesson. Le substitut se tenait assis, dans un coin de la pièce, en tentant de se débarrasser de bottes qui étaient trop petites pour lui.
- Qui t'es toi, bouffon ? fis le lecteur, surpris.
Camesson l'ignora. L'adjudant Ticoni sourit, se leva lentement de sa chaise et se dirigea lentement vers le lecteur.
Il se pencha vers lui et murmura quelques mots à son oreille.
- Je savais pas, m'sieur. Excusez moi. Je pouvez pas savoir...
- Petit con, nique ta mère ! répondit simplement le magistrat.
- M'injuriez pas, m'sieur le substitut. Je vous ai présenté mes excuses. Il me semble que...
- Comment y me parle, lui ! répondit Camesson. Et où t'as appris à parler sur ce ton ?
-C'est au collège, m'sieur. On fait des leçons de mots, chaque semaine. C'est obligatoire. On doit employer des mots nouveaux chaque fois. C'est pas ma faute, c'est obligatoire...Je vous jure.

L'adjudant Ticoni fixa le substitut. Celui-ci regarda à son tour le gendarme. Les deux hommes étaient dubitatifs. Ils se tournèrent ensemble vers le jeune homme.
-D'accord, on veut bien te croire, fit le substitut Camesson. Tu va nous raconter une petite histoire avec le mot...
Camesson hésita, interrogea du regard l'adjudant. Il cherchait un mot difficile. Ticoni restait muet. Camesson se décida enfin.
-Une histoire avec le mot...hameçon.
Le jeune lecteur leva les yeux, regarda tout autour de lui, réfléchit un long moment avant de se lever pour narrer son histoire.
-La semaine dernière, mon père a fait une grosse colère. Il voulait s'acheter des bottes pour aller à la pêche. Il a fait plusieurs magasins, mais il n'a rien trouvé. En rentrant il était furieux. Il criait après ma mère qui ne comprenait rien à son histoire de bottes. C'est qu'hameçon toutes trop petites lui a t il expliqué.
- Je la connaissais, fit le gendarme, hilare. C'est l'histoire de Johnny, a queu hameçon trop petites. C'est Johnny, à queu’oui...
-Je vous en prie adjudant, fit sèchement le magistrat. Elle n'est pas drôle. Et, je vous signale tout de même que c'est pas gagner, votre cyber enquête à la con avec cette histoire de cafard dans la boite et vos délires magico-ethniques. Je veux un dossier béton, moi. Vous entendez ? Béton !
Un long silence s'installa dans la pièce enfumée.
- Béton, c'est pas possible, monsieur le substitut. Pas dans l'immédiat, fit le gendarme, timidement.
- Et pour quelles raisons, s'il vous plaît ?
-Les ententes illicites, monsieur le substitut. Vous avez pas lu les journaux. Les cimentiers, ils viennent de se faire allumer par le Conseil de la Concurrence. Personne ne parlera.
-L'omertà, en Corse, c'est la bonne excuse des mauvais flics, répondit Camesson. C'est pas moi qui le dit. C'est l'ancien patron du SRPJ d'Ajaccio qui l'affirme. Et croyez moi, il sait de quoi il parle. On va les trouver vos témoins. Et ils vont parler. Ils vont être encore plus bavards que les touristes de Guantanamo.
-Vous voulez dire que l'enquête va reprendre comme dans un vrai polar ? interrogea le lecteur, audacieux.

A SUIVRE…
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Publié le 04 juillet 2007 à 20:41
Par flicorse


Le premier festival de polar corse et méditerranéen aura lieu du 6 au 8 juillet prochain à Ajaccio sous l’égide de Corsicapolar, association d’auteurs corses de polar.

Les thèmes imaginaires ou réels du polar existent dans la Corse noire et rouge sur fond de bleus marins et azuréens : la politique, les autonomistes, les barbouzes, les révoltes, la musique et les chants, l’écologie, la désertification, la pauvreté, le chômage, le huis clos, les mythes, les légendes, le banditisme… Il y a aussi les particularismes : L’omerta, l’honneur, la vendetta, le clan, le huis clos des îliens et l’ubiquité insulaire, la cursità (ce mal du pays qui rend l’exil douloureux, cette nostalgie bien particulière que l’on appelle, au Brésil et au Portugal, " Saudade "). … En Corse, le tragique côtoie cet humour malicieux et teinté de mélancolie, le " taroccu " si bien illustré notamment par le poète Simon Dary (qui écrivait sous le pseudo de Simon d’Aullè). Souvent cet humour apparaît dans le polar corse.

L’identité corse n’a rien à voir avec les clichés dont on nous affuble encore aujourd’hui. La corsité est faite de dignité et de complexité, mais aussi du sens du partage et de générosité. Etre insulaire ouvre à la curiosité des ailleurs et, pour citer Jean-François Bernardini du groupe I Muvrini : " … c’est être ouvert sur le monde, comment pourrait-il en être autrement. Mais pourquoi faudrait-il perdre son identité ? … " Et c’est Maupassant qui lui répond dans Le Horla : " J'aime ce pays, et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines, qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air lui-même. " En Corse, nous avons une double insularité, celle de la Méditerranée et celle de la montagne. C’est justement cette double insularité qui nous ouvre aux autres insularités qui composent l’humanitéIte missa est!

En silence et malgré le manque de véritable promotion, le polar corse s’est installé durablement dans et hors de l’île déjà riche dans tous les autres genres littéraires. L’âme enracinée dans leur île, les auteurs corses de polars veulent parler au monde. Arpenteurs du réel ou écrivains de pures fictions, ils prennent place, avec un premier festival insulaire, aux côtés des autres polardeux qui ont émergé sur les îles et le littoral méditerranéens. Aucun ne veut se laisser enfermer dans la marge et tous cherchent des liens entre leurs cultures. " Fora ! La Corse vers le monde " est d’ailleurs le titre symbolique d’une nouvelle revue dont le premier numéro va sortir en juillet. Cette revue redonne son sens premier au terme " Fora " qui est aussi une invitation pour les Corses à s’intéresser aux autres pour être mieux connus et mieux compris eux-mêmes. Nous la citons parce qu’elle illustre l’état d’esprit de l’association Corsicapolar telle qu’il nous a été présenté.

L’association Corsicapolar organise le premier grand festival de polar corse et méditerranéen à Aiacciu (Ajaccio) du 6 au 8 juillet 2007 sur la grande place Foch, face à l’entrée principale de la Mairie. En juillet prochain, des auteurs corses de polars ont invité d’autres auteurs méditerranéens. A Aiacciu (Ajaccio), sur la place Foch appelée aussi Place des Palmiers au fond de laquelle, et dominant la fontaine aux quatre lions de granit, se dresse la statue de Bonaparte en premier consul. Sous le regard de ce Bonaparte en marbre blanc, se réuniront des auteurs corses avec d’autres méditerranéens dont nous avons parlé en premier dans nos plus récents articles. Donc, nous en arrivons aux auteurs corses !

Les auteurs corses présents seront : Alexandre Dominati , Arlette Shleifer , Daniele Piani , Francis Zamponi , Jean-Paul Ceccaldi, Jean-Pierre Larminier , Jean-Pierre Orsi , Jean-Pierre Santini , Marie-Héléne Ferrari , Okuba Kentaro , Olivier Collard , Paul Carta, Paul Milleliri , Pierre Lepidi et Ugo Pandolfi (Jean Crozier- Pandolfi).






Présentation sommaire des auteurs corses présents au Festival du polar corse et méditerranéen par classement alphabétique des prénoms pour ne pas favoriser ceux qui l’ont été pendant toute leur scolarité. Certains ont déjà fait l'objet d'articles dans le blog.




Alexandre Dominati
est formateur dans l’aéronautique. Lorsqu’il a les pieds sur terre, il invente des histoires entre l’île et le continent, entre passion et raison, entre croyances irrationnelles et lucidité… Aussi dans le jeu des passions, nous offre-t-il de beaux passages qui enchantent et des intrigues qui ensorcellent, sans donner la part trop belle à la raison, car les grands mystères de la nature humaine sont plus insondables que les petits mystères des affaires criminelles. Cet auteur de la collection Nera a déjà commis deux romans noirs : Le cerisier et Le loup. Classé par les éditions Albiana dans les romans noirs ou thrillers, Alexandre Dominati, originaire de l’Alta Rocca, préfère dire qu’il a plus le sentiment de travailler sur les sentiments. Ses deux romans publiés aux éditions Albiana, se passent dans l’Alta Rocca mais ne sont pas autobiographiques.








Arlette Shleifer : A nos yeux, ce qui caractérise Arlette Shleifer, c’est cette " pulsion d’errance " que l’on trouve chez d’autres auteurs comme Jack Kerouac, J.M.G Le Clesio, Kenneth White ou Ernest Sabato. J’ai choisi cette bande des quatre car on les retrouve dans un opus de l’universitaire de renom Michel Maffelosi : " Les jardins de l’errance ". Il écrit sur eux : " A la lumière de ce double héritage culturel et des nombreux espaces qu’il sous-tend, on comprend l’importance de l’errance dans la vie et dans les œuvres de ces auteurs. L’errance est envisagée comme une quête active qui renouvelle le regard du sujet sur le monde et qui enrichit sa connaissance. Dans ce cas, elle résonne comme une sorte d’éveil de l’homme contemporain au monde qui l’entoure, à sa simplicité, ses merveilles comme à ses sordides manifestations. ". Et il ajoute plus loin : " L’écriture se nourrit des mouvements du corps et des lieux traversés, élabore un espace porteur d’aventure errante. " Mais aussi : " … l’errance est un déplacement fécond permettant de tisser des liens solides entre le sujet, l’espace et l’altérité. " En littérature, Arlette Shleifer poursuit son chemin, creuse l’ouverture, déplace les frontières et revient publier un nouveau roman, peut-être par tropisme, en Corse. Elle a choisi le noir de l’élégance.






Daniele Piani : L'auteure de L'Ecume des brocci est une bergère authentique. Au printemps 2007, son troupeau s'est agrandi avec la naissance d'une cinquantaine de cabris. Entre la fabrication de ses fromages, renommés dans la région de Calcatoggio en Corse du sud, la traite des chèvres, les naissances de cabris, Danièle Piani, débordée, a tout juste le temps de confirmer par téléphone que cette année la production de lait s'annonce bien. Son prochain polar est prévu pour l'été. Jean-Bernard Pouy, référence dans le néo-polar filiation Manchette, en a eu la primeur et ses appréciations sont élogieuses. Le nouvel opus de Daniele Piani sera édité aux éditions Albiana…










Francis Zamponi, né à Constantine (Algérie) le 8 avril 1947 d'un père policier corse originaire de Zonza et d'une mère institutrice née à Alger. Il a vécu jusqu'à l'âge de 11 ans en Algérie (Sétif, Maison-Carrée). Après quelques années de lycée à Paris, il a entrepris des études à la faculté de Nanterre où il a obtenu une licence de sociologie en juin 1968. A partir de 1969, il a travaillé comme assistant monteur et assistant réalisateur, principalement avec Jean Marboeuf et Roger Benazeraf pour la fiction, Daniel Costelle et Henry de Turenne pour les documentaires. En 1975, il a commencé une carrière de journaliste à l'agence de presse Fotolib. La fermeture de Fotolib l'a poussé à quitter Paris pour s'installer à Montpellier où il a travaillé pour FR3 Languedoc-Roussillon (suivi de l’actualité judiciaire et co-réalisation d'un magazine de faits-divers "Enquêtes et filatures") ainsi que pour Radio France Hérault où il assurait la chronique judiciaire. Correspondant local de Libération, il a quitté Montpellier en 1986 pour participer au lancement de l'édition lyonnaise de ce quotidien. Il est revenu à Paris en 1988 pour être chef adjoint du service société de Libération, puis chef du service des informations générales. Il a été durant l’année 1992 auditeur de l’Institut des Hautes Etudes de la sécurité Intérieure (IHESI). En 1996, il s’est réinstallé à Montpellier après une courte expérience au sein d'un quotidien de Nouvelle-Calédonie. Il est maintenant journaliste indépendant, formateur et écrivain prolifique. Son roman " Colonel " Actes Sud. 1999, a été un best-seller et a été adapté pour le cinéma par Costa-Gavras et jean-Claude Grumberg, mise en scène de Laurent Herbiet en 2006.






Jean Crozier-Pandolfi est Journaliste depuis 1978. Jean Crozier, vit et travaille en Corse depuis la fin des années 80. Il assure, au sein du service public de télévision régionale, les éditions électroniques multimédia et anime la Cellule d'Informations et de Veille Internet de la chaîne France 3 en Corse. Il écrit sous le pseudonyme d’Ugo Pandolfi. " Du texte clos à la menace infinie " est le titre de son prochain roman à paraître durant l'été 2007 dans la nouvelle collection d’un nouvel éditeur corse de Porto Vecchio. Jean Crozier-Pandolfi, avec ses compétences journalistiques et informatiques, a créé et anime le site de corsicapolar. Sous le pseudonyme de " Ugo Pandolfi ", il est l'auteur d'un premier roman La Vendetta de Sherlock Holmes (Editions Little Big Man- Collection "Les voyageurs oubliés). Dans son journal intime, Ugo Pandolfi, géologue d'origine corse, prétend avoir été, durant dix ans, l'ami et le guide de l'écrivain Guy de Maupassant. Cette révélation exige à elle seule un rigoureux examen critique. Dans ses carnets, l'ingénieur Pandolfi révèle également qu'à la mort de Maupassant, en 1893, il devint le compagnon du détective Sherlock Holmes. Canular littéraire ou révolution dans l'holmésologie ? L’auteur, à l’imagination fertile et à la plume alerte, " dit sans dire " : " La Vendetta de Sherlock Holmes n'est pas un roman. Il s'agit du journal de mon arrière-grand-oncle, l'ingénieur géologue Ugo Pandolfi, écrit entre l'année 1889 et l'année 1895. Aussi incroyable que cela puisse être, ce journal de Ugo Pandolfi décrit le Sherlock Holmes historique. J'affirme donc que les carnets jusqu'à présent inédits de mon ancêtre corse sont la preuve immatérielle de l'existence du roi des détectives. A vous, lecteur, d'éliminer l'impossible et de retenir l'improbable. Là est la vérité. "
Extrait d’un entretien avec Elysabeth Milleliri, journaliste-écrivain : Jean Crozier-Pandolfi : " Si Ugo Pandolfi était une création ou une re-création, il ne figurerait pas sur la couverture du livre comme seul et unique auteur de la Vendetta de Sherlock Holmes. Sauf à imaginer que celle-ci ne soit qu'une vaste récréation... A vous et aux lecteurs d'éliminer l'impossible ! "







Jean-Paul Ceccaldi : Né à Ajaccio (Corse du sud). Ses parents sont originaires d’Evisa et de Partinellu. A Evisa, il est le fils de Mathieu " di Frade " (Frade étant le sobriquet de son grand-père paternel Antoine). En 1974, il est entré, comme inspecteur à la Police judiciaire de Paris. Depuis plusieurs années, il était en fonction à Marseille où il s’est occupé de proxénétisme et d’affaires financières. Après un long passage au SRPJ de la cité phocéenne, il vient de terminer sa carrière comme Commandant à la police des polices. Il fait partie d’une catégorie particulière de policiers : les flics corses. Cette différenciation, il en a fait le personnage du Flicorse, en écrivant des polars à la manière de vraies enquêtes judiciaires. Il tient un blog " Corse noire " et s’est associé à Corsicapolar avec une rubrique " L’île noire ".
Les Editions du Journal de la Corse publie son ouvrage " Tamo ! Samo ! Les arcanes du tueur " qui sortira pour le festival du polar corse et méditerranéen. Il s’agit d’un thriller où Tarots, philosophie, mythes et légendes corses créent l’atmosphère du récit, tout en constituant sa trame. Le Flicorse perce le secret de l’invisibilité d’un serial killer lorsqu’il constate, grâce à la magie corse, la réalité de cette invisibilité qui n’a rien à voir avec une cape digne de Siegfried, l'héroïne tueur de dragon de la mythologie nordique, ou de Harry Potter. Il ne s’agit pas davantage de metamatériaux inventés par des scientifiques et détournés à des fins criminelles.






Jean-Pierre Larminier : Marié, trois enfants. Un parcours atypique. Né à Paris en 1945 il participe dans les années 68-69 à la construction de la première citée lacustre de Port Grimaud dans le Golf de Saint Tropez. Ingénieur dans le groupe Alcatel, il initialise une première mondiale pour le lancement des systèmes de visioconférences en 1989. Il quitte le secteur industriel en 1990 pour devenir berger et bûcheron dans les montagnes de la Haute Loire.
Sa passion du sport est inscrite dans son parcours : instructeur parachutiste et entraîneur spécifique de gardiens de buts, pilote en rallyes et courses de cotes, pilote d’avions. Membre de France-Justice aux cotés de Denis Seznec et des " innocentés d’Outreau ", il s’occupe activement d’affaires " sensibles " du domaine " politico judiciaire ". Pour Jean-Pierre Larminier le " polar " est un mixage de faits réels et imaginaires pour donner aux lecteurs les clefs de certaines vérités occultées volontairement ou non par les enquêtes judiciaires. C’est en menant des investigations sur le meurtre du Préfet Erignac qu’il est devenu l’un des amis et soutien du berger corse Yvan Colonna. Il a publié deux polars aux Editions Albiana : Les fossoyeurs – Les bergers.






Jean-Pierre Orsi : Des études supérieures à Nice et à la Sorbonne à Paris. Son premier métier : journaliste au Patriote à Nice de 1963 à 1967. Il a ensuite effectué un séjour de 2 ans dans les pays de l’Europe de l’Est en particulier à Budapest où il s’occupait du service information d’une organisation internationale de jeunesse. Retour en France en 1969. Il se reconvertit dans l’informatique en travaillant pour le compte de Citroën, quai de Javel à Paris. Boite qui le remerciera un an après pour raisons syndicales et politiques. Il rentrera dans le groupe pharmaceutique Synthelabo. Il y restera 6ans. Ce séjour dans ce groupe lui fournira l’occasion de produire un livre sulfureux : la Mafia du médicament qui connut en son temps un certain succès. Jean-Pierre Orsi travaillera ensuite vingt-cinq ans dans les Mutuelles de Provence, basées à Marseille, tout en militant activement à l’UGICT-CGT. A présent retraité, il vit depuis en Corse où il s’adonne aux joies du polar, trouvant son inspiration à Coti-Chiavari, magnifique balcon sur la Méditerranée. Depuis 2004, Il a déjà publié une trilogie ayant pour personnage récurrent le commissaire Baptiste Agostini : La chèvre du Coti chiavari, Sous le regard de Napoléon et la nuit de San Matteo. Jean-Pierre Orsi, connaisseur de l’Histoire de la Corse mais aussi des îles voisines, écrit des polars ancrés dans le contemporain insulaire. Lorsqu’il parle de choses sérieuses, c’est sans se prendre au sérieux, ce qui n’enlève rien au poids des mots sur les grands et petits maux de la société des îliens.
Extrait recueilli sur le site de la Fédération des associations corses d’Ile de France à l’occasion du Salon du livre 2007. " Jean-Pierre Orsi est très heureux d’être là pour faire connaître cette littérature corse, particulièrement celle du polar peu mise en valeur chez les libraires où règne la suprématie des polars anglo-saxons. Il souhaite ainsi que ses confrères une reconnaissance des auteurs de polars méditerranéens. En Corse et ailleurs, il y a des écrivains remarquables peu connus. Ce qui les a amenés à organiser le Festival du Polar corse et Méditerranéen, les 6 et 7 juillet 2007, à Ajaccio, place Foch. 40 écrivains, du Languedoc-Roussillon, de Provence-Côte d’Azur, de Corse, de Sicile, de Sardaigne et de Toscane seront présents. La Corse compte une vingtaine d’auteurs de polars réunis sous l’Association Corsica Polar. Pour Jean-Pierre Orsi, " Le polar corse n’est pas seulement une énigme policière à résoudre, c’est une façon de parler de nos problèmes sérieux mais sans se prendre au sérieux, en pratiquant l’autodérision car en Corse comme dans les pays méditerranéens, on est très susceptible et on préfère pratiquer l’autodérision plutôt que les critiques des autres ".






Jean-Pierre Santini se décrit comme un militant parmi les autres. Il situe l’intrigue d’Isula Blues dans son village natal, Barretali (un village mourant, déplore-t-il) où il est revenu vivre, après trente ans d’absence. Il décrit la Corse qu’il a retrouvée : une île abandonnée dans sa désolation et ses habitants dans leur solitude. " Ici les hivers sont blancs ", dit-il. Alors lui, pour noircir les pages hivernales, il décrit ce désert humain et cette identité corse qui se désintègre. Pour lui "les romans naissent des faillites de l’histoire ". Après des années de militantisme engagé qui a commencé avec la création du FNLC, il a écrit un livre intitulé " Front de Libération Nazionale, de l’ombre à la lumière ". " Nimu " est son troisième roman dans la collection Nera des Editions Albiana. Il écrit sur les Corses parce qu’il est engagé dans la survie de son peuple, dit-il. Il nous offre des passages au lyrisme inspiré et donne chair à des personnages désespérés ou désespérants. Ses ouvrages recèlent la pensée sans concession d’un militantisme qui pousse à la réflexion. Dans Nimu, le constat est amer : "… ce pays (la Corse) n’a jamais écrit sa propre histoire. Il a appris à résister à celle que ses envahisseurs successifs ont voulu lui imposer. C’est comme une histoire en négatif, qui, à une exception près, assez brève, n’a jamais pu se révéler et permettre aux Corses de se révéler à eux-mêmes. Dès lors, l’affaiblissement constant de l’affirmation identitaire était trop souvent compensé par une exacerbation nationaliste de plus en plus vide de sens. " Cet auteur corse, avant la collection Nera, écrivait déjà. Il est publié depuis 1967, avec un premier roman "le non-lieu " aux Editions Mercure de France. Entre 2001 et 2003, cinq ouvrages ont été édités par l’Editeur Lacour : Corse, un froid au cœur, Petite anthologie du racisme anti-corse, Pour une assemblée nationale provisoire, Un petit commerce de nuit (roman), Indipendenza : Pour une Corse libre, démocratique et sociale.
Jean-Pierre Santini, avec des amis proches, a créé une maison d’Edition " Fior di Carta " qui privilégie la pluralité et la qualité. Il participe très activement à un nouvel événement culturel dans le Cap corse. La Ghjurnata Libri Aperti accueille, le 11 août prochain à Barretali, publics, auteurs et éditeurs dans le cadre des Estivales 2007. Cette journée originale est organisée, en partenariat avec la commune de Barrettali, par les éditions A Fior di Carta et l'Association pour la Promotion Economique et Culturelle du Cap corse. A suivre…






Marie-Héléne Ferrari est née en Lorraine en 1960. Elle vit actuellement en Corse-du-Sud, à Bonifacio, cité de caractère qui abrite une partie de ses écrits. Des études de lettres modernes, et de droit, des cours aux beaux-arts et un goût prononcé pour la scalpélisation de l'âme, font d'elle une femme étonnante, touche à tout talentueux. Proposant des œuvres variées, elle s'illustre dans drame néoromantique, avec Mélusine, puis dans les nouvelles, centrée sur la vie contemporaine corse, Cruauté Ordinaire, une pièce encore, Pandora ! Puis elle intègre les éditions Clémentine où elle rencontre véritablement son public, avec Un Goût amer et sucré comme le silence, ensemble de nouvelles douces amères sur la vie et le couple. À peine un demi-siècle, l'histoire d'un homme de cinquante ans, qui refuse de vieillir, a particulièrement touché ses lecteurs. Cependant, le roman policier la passionne plus que tout et c'est avec son goût pour les mots, qu'elle met le commissaire Pierucci au monde, dans Le Destin ne s'en mêle pas, où une petite veuve va causer autour d'elle bien du tracas. Le deuxième tome des aventures de l'irascible commissaire, confronte le lecteur avec le délicat problème des luttes d'influence, quant au troisième, il nous plonge dans l'histoire douloureuse des montagnes de l'En deça des Monts, Sainte Lucie, Carbini, pour une enquête terrifiante. Comme une absence de Lumière, le tueur de douleur.







Okuba Kentaro : S'il n'aime guère parler de lui sur la toile, Okuba Kentaro est par contre très présent quand il s'agit de faire aimer les auteurs de polars et de SF. Cet infatigable et talentueux critique littéraire tient régulièrement ses chroniques dans plusieurs excellentes revues en ligne dont Combat Magazine, Europolar, Phénix Mag… Et avec tout cela, il trouve le temps d’écrire. Il vit en Corse. Il évoque l’insularité aussi dans un roman sur Cuba " Electre à la Havane ", sorti le 26 novembre 2006 aux éditions Metailié. On sait tout des îles, sinon qu’elles sont des prisons. Cuba ne déroge pas à la règle ; ses soleils et ses langueurs océanes sont le décor sublime d’une insupportable captivité, la pire qui soit pour des Latins, le silence. Dans le roman " Evanescence de l’hiver ", il n’y a pas de photos mais une description sans concession du pays du soleil levant. De quoi alimenter votre imaginaire sur les "Tokyoïtes ", en suivant l’Inspecteur Wata, engagé par un prix Nobel de littérature en panne d’inspiration pour mener une enquête " au cœur enfiévré du Japon futuriste, hypermoderniste, dans le centre de recherche qui abrite les meilleurs cerveaux du pays ". L’inspecteur Wata est dépeint comme un farouche adepte du consensus nippon : un mouton aurait plus de libre arbitre que lui.






Olivier Collard se présente lui-même : Je me définis volontiers comme un petit auteur de foire, même si les bien-pensants abonnés aux palmes académiques sont libres de me qualifier de "foireux". Mes livres sentent bon le brocciu passu, le prisuttu et le figatellu ! Il y a cinq ou six ans, notre amour pour la Corse nous a poussés, mon épouse et moi, à prendre un nouveau départ. Malgré les galères, nous ne regrettons rien. J'ai découvert l'écriture par accident. Une bien curieuse providence - que certains nomment : "chômage" - m'a conduit à me demander ce que j'étais capable de faire. C'est à dire pas grand chose. Alors l'écriture... Comme vous le savez, c'est difficile d'être édité quand on n'est ni star, ni académicien (encore moins les deux ensemble). Malgré tout, il me plaît à penser qu'un grain de passion peut soulever des montagnes (de mercantilisme, de népotisme aussi). Alors j'ai remué ciel et terre pour que les personnages hauts en couleur qui hantent les limbes de mon imaginaire puissent enfin sortir prendre l'air. Et transmettre à d'autres que moi cette incessante métamorphose du sentiment et de l'émotion qui m'anime. En fait, je voulais juste qu'ils me fichent la paix. Le jour même où mon premier roman est sorti, j'ai retrouvé du boulot et du coup je n'ai pas pu tellement bercer le bébé (je m'occupe seul de sa diffusion sur la Corse). Pourtant, au bout de six mois l'ouvrage était épuisé. Alors j'ai rempilé...






Paul Carta est né à Ajaccio et a fait ses études à la faculté de lettres à Nice. Professeur d’histoire et de français, il enseigne dans la région parisienne. Après avoir écumé les tournois de jeu de rôles et d’échecs sur la Côte d’Azur, il devient coopérant linguistique en Sicile, où il publie son premier roman "L’Artefact sicilien", qui sera étudié à l’Université de Palerme. Ses grandes passions, la lecture, SF, Fantasy, romans historiques... et le football. Finalistes du prix Imaginales 2005 d’Epinal avec son roman "Petit dieu", Paul Carta nous plonge dans un univers fantastique mêlé de mythologie ancienne et d'aventure. Le livre raconte l'histoire d'un dieu oublié depuis des siècles... ramené à la vie par un jeune garçon. Ce réveil dans un monde nouveau va provoquer de terribles bouleversements... L 'illustrateur Benares nous offre deux superbes cartes de Poménia et de la Cité Maudite. Paul Carta par lui-même : " Je suis enseignant, et j'écris durant mes loisirs des livres de SF et de Fantasy, publiés aux Editions Melis. J'ai fait mes études de Lettres Modernes à Nice, où j'ai présenté une Maîtrise sur Lovecraft et un mémoire de DEA sur Tolkien. J'enseigne le français, mais j'ai aussi enseigné l'Histoire-géographie, la Philosophie, l'italien et le jeu d'échecs. " C’est de ses expériences qu’il tire matière à romans. Son premier, L’artefact sicilien, fut d’ailleurs écrit lors de son séjour en Sicile et est probablement le seul livre de science-fiction étudié à l’université de Palerme. De son expérience de joueur d’échecs, il tire un roman de science-fiction très original, Gens Una Sumus, où des extraterrestres s’intéressent au jeu d’échecs, pour des motifs autres que ludiques. Passionné d’histoire, il mêle tout naturellement les mythes à son cycle de fantasy, Petit-Dieu. "






Paul Milleliri : est un auteur de romans et d'essais, véritable touche-à-tout de l'écriture. Il excelle dans des styles et des genres très éloignés qui révèlent pourtant une même passion. Qu'on en juge : un roman épistolaire ayant les guerres napoléoniennes comme fond de toile (Les Oubliées de l'Empire) ; un roman "algérien" (Le grain de café) ; un essai historique sur Pauline Bonaparte (Pauline B. La vénus impériale) ; un recueil de référence, pour collectionneurs et amateurs d'histoire impériale, sur les insignes de tradition (Epopée napoléonienne et insignes de tradition). Aux Editions Albiana, il a publié en 2006 " Pace e salute, un polar dans la plus pure tradition du genre Who dunnit ? (Qui l'a commis?).











Pierre Lepidi est un ancien élève de l’Institut des Médias ISCPA de Paris. Journaliste, il travaille depuis 1995 au service des sports du quotidien national LE MONDE. Voyageur et passionné du continent africain, il a publié des récits de voyages : Les carnets d’Afrique en 2004 chez Polymédia (intégralement au profit de l’association Frères de foot qu’il préside) et Nouakchott – Nouadhibou en 2005 chez Ibis Press (illustré par des photographies de Philippe Freund). Avec un autre photographe, Clément Saccomani, il a participé à une exposition de photographies et de reportages sur l’Arménie qui a eu lieu à l’institut français de Budapest du 26 octobre au 30 novembre dernier. Son polar " Dilemme " a été édité chez Albiana. L’auteur, lors de ses voyages, doit éprouver la cursita, ce sentiment de mélancolie loin de l’île, proche de la saudade brésilienne et exprimé par le héros de son roman " Dilemme ".







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