Bonavinuta!
Bienvenue sur le blog Corse noir'soeur de vos nuits blanches
Blog non agressif et sans arrière-pensée. ..
Des articles après le Blog perso....
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RE NDEZ-VOUS:
- le jeudi 22 octobre 2009, aux Docks du Sud pour la Fiesta Stand de la librairie L'écailler, Marseille ( à partir de 20 Heures).
- le 24 octobre et le 7 novembre 2009 devant les Caves provençales, Cours Louis-Blanc à la Seyne sur Mer de 10 heures à midi..
- 5 décembre 2009, Salon Culture et écriture Institut Perrimond Roucas Blanc Marseille 7ème
- Les 20, 23 et 24 décembre 2009 Cultura La Valentine Marseille
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CHANTS CORSES: Pas de lien MP3 mais de l'écoute en ligne aux adresses ci-dessous...
Radio Alta Frequenza
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Le 1er juin 2009 à 22H15 .... 200.000ème visiteur I
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Les dix droits imprescriptible s du lecteur ( édictés par Pennac dans son ouvrage "Comme un roman")
1°/ Le droit de ne pas lire.
2°/ Le droit de sauter les pages
3°/ Le droit de ne pas finir le livre
4°/ Le droit de relire.
5°/ Le droit de lire n’importe quoi.
6°/ Le droit au Bovarysme (maladie textuellement transmissible…)
7°/ Le droit de lire n’importe où.
8°/ Le droit de grappiller.
9°/ Le droit de lire à haute voie.
10°/ Le droit de nous taire.
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A dopu!
A plus tard!
Publié le 15 septembre 2006 à 09:34
Par flicorse

Dans l’article précédent, nous avons évoqué Sarajevo. Ivo Andric, écrivain croate, a écrit un très beau texte sur cette ville bosniaque dans le recueil « Contes de la solitude » dont vous nous livrons quelques brefs extraits :
- « Vue d’en haut, cette ville vous parle par ses édifices, ses jardins, ses rue dessinées, inscrites sur les pentes des monts abrupts comme sur les pages d’un livre entrouvert. Devant nous surgissent les fragments embrumés de son passé. »- « … à l’entrée même du défilé montagneux au fond duquel la Miljacka se glisse, comme un fil par le chas d’une aiguille… La ville s’élargit, embellit, surtout au cours des XVI° et XVII° siècles, tout en restant à la lisière du défile, telle une araignée devant la fissure d’où elle a surgit mais ne s’éloigne jamais complètement »- « Les anciens textes religieux serbes la nomment « Sarajevo, ville donnée par Dieu, »- « Sarajevo possède ainsi deux aspects et deux visages, l’un sombre et sévère, l’autre lumineux et resplendissant… »- « … Ville aux anciennes et nobles traditions, ville de confréries artisanales, de conscience et de fierté civiques, ville commerçante où non seulement l’argent mais aussi le bon goût étaient respectés, ville où s’est développé le sens de l’ordre et de la beauté, d’une vie harmonieuse et heureuse… »- « … La mort n’y assombrit pas la vie, la vie n’y profane pas la mort. »- « Quelle que soit l’heure du jour, quel que soit le lieu, quand vous regardez Sarajevo étendu à vos pieds, la même pensée surgit toujours, même inconsciente. Une ville est là. Une ville qui, en même temps, se transforme, agonise et renaît. » Cette ville n’a pas encore trouvé un Jean-Claude Izzo ou un Montalban mais, nul ne doute qu’elle est un lieu ou, comme Ivo Andric, les écrivains peuvent trouver une source d’inspiration littéraire. Les sociétés modernes sont devenues citadines, même si elles ne sont pas complètement sorties de la culture rurale. C’est cette évolution que traduit souvent la littérature et notamment la Noire dont les intrigues sont le plus souvent situées en milieu urbain. Des villes, à l’instar de Barcelone et de Marseille, sont les héroïnes de roman, bien plus que de simples décors. Croyant illustrer ce constat, nous avons trouvé un recueil de nouvelles éditées par LIBRIO. L’opus s’intitule « Villes noires » et contient des nouvelles écrites par Didier Daeninckx, Thierry Jonquet, Michel Quint et Jean-Bernard POUY , quatre polardeux qui ( dixit l’Editeur) « se sont imposés comme les plus grands auteurs contemporains du roman noir à la française, confirmant leur passions pour les gens simples et les engagements forts. » (J’aurais préféré, à la place du « comme » exhaustif, un « parmi » plus ouverts…)
Villes noires :  Ce voyage littéraire en quatre récits nous invite dans les ruelles de Naples, sur les canaux de Hambourg (Nous dit-on…) et face à la géométrie parfaite des immeubles d’Ostende.
Nous sommes avertis : « Vous ne vous promènerez plus en ville, comme avant. » L’accroche de la 4ème page de couverture est alléchante lorsque l’on y lit aussi : « les capitales européennes tombent le masques et révèlent leur nature sauvage, débridée, mystérieuse… » mais ne vous attendez pas à autre chose que de petites intrigues bien ficelées mettant en scène les réseaux de trafic d’êtres humains, des crimes mafieux, des amours contrariés, des voyageurs sans bagages… pour les grandes villes européennes, vous irez voir notamment Hambourg sur le catalogue d’une agence de voyages. Dans la première nouvelle écrite par Thierry Jonquet , « Hambourg » est le nom d’une péniche dont le propriétaire est originaire de cette ville où ses parents sont morts sous les bombardements alliés, lors de la deuxième guerre mondiale. Il a lui-même était blessé et perdu une jambe. Ce sera la seule allusion à la ville, car l’action se passe d’abord en Chine, puis sur les canaux entre Prague et Paris. A croire que l’auteur ne connaissait pas assez Hambourg pour y situer l’action de cette courte histoire mais il a su tourner la difficulté, même si l’astuce ne convainc pas le lecteur de la quatrième page de couverture. Une « grande capitale européenne » ne peut être réduite à une péniche sans provoquer une certaine déception. Heureusement, Jonquet se rattrape en nous présentant des personnages intéressants : - Dietrich, batelier et passeur de clandestins, un gros dégueulasse avec un reste d’humanité enfoui dans sa carcasse adipeuse et répugnante ; - Liu, adolescent chinois à l’âme pure et - Ginka , une jeune prostituée paumée. Tous les trois glissent sur l’eau trouble des canaux. Dietrich, maître à bord, conduit les deux jeunes gens vers leurs destins. Patrick Daeninckx est sensé nous amener à Ostende. En fait nous faisons le voyage avec les parents de la mariée en partant de Bruxelles. Le mariage est à Ostende et le père, nostalgique des anciennes colonies belges, se lamente car sa fille y épouse un africain du Zaïre ( ex Congo belge ), qui l’a mise enceinte. Heureusement, se dit-il, qu’il peut se consoler d’avoir Rodolphe, son fils, militaire chez les parachutistes. A Ostende, la surprise viendra de ce fils et elle est de taille pour ce père issu de la grande bourgeoisie belge. Une occasion pour l’auteur de dénoncer (encore et toujours) le racisme et le colonialisme. Comme on est arrivé à Ostende, on y reste avec Michel Quint pour la troisième nouvelle intitulée « L’oiseau de la Kermesse » et dédiée à la mémoire de Ronny Couteurre*. Quint nous sert « un petit plat en prose » à l’accent épicé de la Wallonie, « un hommage au noir des toiles d’Ensor* et à l’infernal théâtre de Ghelderode* ». Vous ne serez pas déçus par le style déjanté de l’auteur, en lisant le récit de « Mieke », danseuse exotique dans un peep-show d’Ostende. Elle vient de perdre Voske, son vieil « imprésario », oiseau de kermesse, bâtard des lendemains de fête, fils d’une amazone engrossée, lors d’une partouze au bal du Rat mort, par le peintre Ensor ou le dramaturge de Guelderode. Pour apprécier la nouvelle de Quint, il faut connaître ces deux créateurs belges.

James Ensor, peintre avant-gardiste, revendiquait une place pour le laid dans la peinture. Pour lui , la vie était une farce, les visages des masques derrière lesquels on trouvait des squelettes. C’était un artiste obsédé par la mort avec une vision pessimiste du monde mise en scène dans des fêtes et des carnavals. Il s’est rendu célèbre par son tableau provocateur : « L’entrée du Christ à Bruxelles ». On peut citer aussi « Les Masques singuliers », « Ensor aux masques » ou « Les squelettes voulant se chauffer ». Il est mort en 1949 et l’essentiel de son œuvre est antérieur à 1915.
Michel de Ghelderode est un dramaturge belge décédé en avril 1962. Il a beaucoup écrit (60 pièces de théâtre, une centaine de contes, 20.000 lettres, des articles sur l’art et le folklore). Il est le créateur d’un univers noir, à la fois cruel et macabre, fantastique et grotesque. De son éducation religieuse à l’Institut Saint Louis de Bruxelles, il retiendra les rites et la magie, croyant plus au diable qu’au Bon Dieu. Il a écrit sur lui-même : « Je me sens vraiment contemporain de ces gens du Moyen âge ou du pré - Renaissance. Je sais d’eux comme ils vivent et connais chacune de leurs occupations. Je suis familier de leur cerveau et de leur cœur comme de leur logis et de leur boutique. » Ses pièces de théâtre ont été joués partout dans le monde. Bien que Flamand, il était d’expression française. Vous trouverez sa biographie et ses œuvres sur le site Wikipédia. Quant à Ronny Couteurre, on connaît sa grande et large carcasse de géant débonnaire. Il a décidé de quitter le théâtre de la vie le 21 juin 2000 à Frétin. Il avait 48 ans et 30 ans de carrière de comédien, auteur, réalisateur et metteur en scène. Il animait une émission sur FR3 Nord Pas de Calais « Ronny coup de cœur ». On se souvient de lui dans « Les enfants du printemps » ou « Merci Bernard », « Les quatre-Vingt-Unards », « Marion et son tuteur » … Il avait écrit un opéra « Les contes d’un buveur de bière » et faisait des one man show. Il avait baptisé sa maison « La ferme des Hirondelles ». Nous quittons, dans un vol d’hirondelle, la Belgique pour l’Italie avec Jean-Pierre POUY qui nous amène à Naples pour la dernière nouvelle du recueil. Et même si une hirondelle ne fait pas le printemps, c’est le 31 mai que Chantal, l’héroïne, fête ses trente ans. Ses copains lui offrent deux places d’avion pour Naples et c’est Bertrand (narrateur du récit) qui est choisi au hasard pour l’accompagner amicalement. La nouvelle est intitulée « Le soufre » , celui des solfatares de Pozzuoli et peut-être une allusion à la sulfureuse Chantal… certainement aussi à l’air ambiant de cette ville : « A Naples. Le mythe. Un peu. Napoli. Le baiser de feu. Santa Lucia. Des conneries. Mais on y était…» A peine descendu de l’avion, Bertrand est repéré : pigeon voyageur, proie choisie d’une arnaque bien napolitaine, donc plus folklorique que méchante. Moins folkloriques sont les fréquentations de la mystérieuse Chantal et Bertrand, séduit et abandonné, l’apprendra à ses dépends. NOTA BENE : La 4ème page de couverture relève plus de l’intention que de la réalité des contenus des quatre nouvelles livrées pour la modique somme de 2 Euros. Ce bémol étant mis, si vous aimez les courts récits, « Villes noires » est bien de la littérature ferroviaire qui se lit rapidement pendant un voyage entre deux gares, entre deux villes… Mais si votre gare d’arrivée est Hambourg, Ostende ou Naples, il ne s’agit pas d’un guide de voyage, même si des illustrations dessinées, avec talent, par Olivier Balez accompagnent chaque historiette. Par contre, si vous allez à Sarajevo, lisez le magnifique texte de Ivo Andric car il est bien mieux qu’un dépliant touristique. Et si vous êtes écrivain comme lui, louez-y une de ces maisons où des personnages de roman viendront frapper à la porte de votre inspiration. Vous aurez alors peut-être un beau récit bien noir à nous raconter là « où la mort n’assombrit pas la vie ». Vous pouvez aller voir le film "Sarajevo, mon amour" de Jasmila Zbanic. Le titre original est "Grbavica" et le scénario se déroule danns le Sarajevo d'après- guerre.
Au revoir!...
Publié le 11 septembre 2006 à 11:53
Par flicorse
A las cinco de la tarde, roman de g-m Bon , troisième volet d’une trilogie :

" A cinq heures de l’après-midi, il était juste cinq heures de l’après-midi, le glas commença à sonner et tout le reste n’était que mort… " Le poème de Fédérico Garcia Lorca raconte une corrida et la mise à mort d’un torrero. A las cinco de la tarde ! " ; c’est aussi le titre du troisième volet écrit par g-m Bon, créateur de " Cavalier " né avec " Bar de la Poste, Marseille " et " Contes cruels, Toulouse " ( aux Editions L'Ecailler du Sud).Ce personnage aux allures de novillero évolue dans les arènes sanglantes des guerres du Milieu marseillais. Après le décès de sa mère Millanoise, son père était resté près de Millau, dans l’Aveyron. Cavalier a vécu dans une ferme isolée sur les Causses du Larzac, au milieu des chevaux. Devenu citadin et flic, il traîne sa nostalgie des espaces ventés ( " Sa mer à lui, c’était le vent soufflant sur les roches grises du Larzac ") et de ses plus lointaines origines espagnoles . Le poète Garcia Lorca l’accompagne dans sa vie mais aussi des peintres : Greco, Goya ou Zurbaran. Il craque pour " des yeux de plaines brûlées, des yeux de gitanes andalouse ".A 45 ans, il sillonne Marseille au volant de sa MG d’occasion d’un rouge lie-de-vin, modèle de1974. Il a le visage émacié, aux traits fins, les cheveux broussailleux et la silhouette d’un novillero que l’on prenait parfois pour un gitan. Il a voyagé en Afrique et en Amérique du Sud. Du Portugal, il a ramené un maillot de l’équipe de foot de Benfica. Sombre et taciturne, il ne se lie qu’à de joyeux drilles qui l’extirpent de sa coquille, et , lorsqu’il boit de l’eau , c’est toujours avec du Ricard. Marseille lui apparaît comme une Babylone trépignante, chaotique, fiévreuse. Après un premier poste à Lille, il était passé par Paris et " il portait la marque de fabrique du 36 quai des Orfèvres, la police judiciaire parisienne, où il venait de passer plus de dix ans. Et aux yeux des Marseillais, il resterait un Parisien ". Il a du mal à s’adapter à la cité phocéenne, " sa moiteur, la pulsion même de la ville, trop de gens y courent après un rêve de grandeur perdue " et parmi eux deux vieux truands : Graziani, le Corse et Moretti , le Napolitain. Il n’est pas encore cinq heures de l’après-midi lorsque le cadavre de Graziani est découvert lardé de coups de couteau. Les blessures du truand corse ressemblent à une étoile à 6 branches : les six coups du diable ! Le dernier a l’avoir vu vivant ou mort est le parrain napolitain Moretti qui vit avec sa vieille mère. Autour de ce dernier, les victimes de règlements de comptes se multiplient. Est-ce le début d’une nouvelle guerre des gangs ? Un gnome semble diriger les meurtres sur le terrain. Qui est ce gnome accompagné de tueurs bulgares ? Cavalier est chargé de faire la lumière. Il peut compter sur son collègue corse Dionisi, le bien nommé qui aime et est aimé des femmes. Et puis, il y a Marciano, un vieux poulet pied-noir avec ses archives personnelles. Cavalier s’insurge contre la loi de l’argent et pense qu’il pourrait finir anar, comme son père, dans un pays où se pose la question de savoir si servir l’Etat avait encore un sens. Il n’a aucune indulgence pour les hommes politiques, désabusé par un Président qui " piétine les lois, jusqu’à plus soif " , et un Ministre de l’Intérieur, décrit comme étant " un petit coq ambitieux et arriviste. Beaucoup d’esbroufe et peu de réussite. Pas une journée sans une sortie devant les caméras ". Dans la fiction, il se nomme " Romani " même si les journaux annonce qu’il s’est fait prendre en photo à Séville en compagnie de son épouse, que l’on disait partie vivre au Maroc : un couple sur la voie de la réconciliation après des déboires sentimentaux. Pour clore la description , c’est un homme pressé de devenir Président. Cavalier s’épanche sur son métier, sans savoir ce qu’il aimait dans la police. Finalement, il ne se voyait rien faire d’autre et s’accommodait de tout, même de la mort. Cavalier croise dans la fiction quelques personnages pour lesquels les ressemblances ne sont pas forcément fortuites. Pour ceux qui vivent à Marseille depuis de nombreuses années, " Le chinois " qui animait des parties de Volley sur la plage des Catalans est un commissaire célèbre d’origine vietnamienne, chef du GIPN à Marseille. Antoine et Mémé GUERINI étaient de vrais truands qui ont alimenté les chroniques judiciaires . Des noms comme Croce, Mosca et Luchesi restent aussi associés au grand banditisme marseillais. En mélangeant fiction et réalité, l’auteur donne de la crédibilité à son récit, et il est bien informé puisqu’il est journaliste parisien ayant traité des faits divers. Le réalisme est encore renforcé par un connaissance apparente des milieux judiciaire et policier de Marseille, où " on a vu des gens se suicider de deux balles dans la tête et d’autres survivre avec onze projectiles dans la peau." Cavalier est un flic à la psychologie nuancée qui, " la vie étant ce qu’elle est, était rentré dans les rangs. Marre de se battre contre les moulins à vent. Marre de s’opposer à une hiérarchie qui, du commissaire de base jusqu’au préfet, fait siennes les pires inepties de la classe politique… La désinvolture de son chef commençait à lui taper sur le système. S’imaginait-il vraiment qu’on pourrait trancher la question en vingt secondes, entre deux portes ? " Lorsqu’il est sous le coup du découragement, il décide d’aller passer le week-end dans la bergerie du Larzac, héritage paternel… à la différence avec Fabio Montale, fils d’Italiens et flic débonnaire qui se réfugie dans son cabanon aux Goudes mais qui fréquente, comme lui, le Bar des treize coins, près de l’hôtel de police de Marseille. Italiens, Espagnols, Corses mais aussi Sénégalais, Réunionnais, Comoriens, Maghrébins… se sont succédés ou côtoyés dans le quartier du Panier. Jean-Claude Izzo disait justement : " Depuis sa fondation, Marseille n’est qu’une ville de l’exil. Nous devons sans cesse apprendre à vivre ensemble. " Finalement Cavalier reconnaît lui-même que " Au fil des mois, il commençait pourtant à s’adapter à Marseille. De toute façon, c’était Marseille ou rien. Ce qui le fascinait dans cette ville folâtre et rebelle ? Le métissage des cultures peut-être. Ou son erratique violence. Aucune autre ville de province n’aurait pu lui apporter ainsi son compte d’émotions "… tout en rêvant de vendre la bergerie, vider son compte d’épargne et filer en Andalousie, près de Jerez de la Frontera, la Mecque des dresseurs de chevaux , ou de Ronda. On peut être Marseillais et Corse, Marseillais et Espagnol, Marseillais et Italien, Marseillais et Arménien, Marseillais et … On est plus rarement simplement un Marseillais. Marseille est plus qu’une ville, elle est un port méditerranéen où tous se réclament de cette mer que Fabio Montale contemplait comme un paysage lunaire qui n’embrasse rien que du bleu. Le bonheur côtoie la nostalgie et, en regardant les bateaux quitter les quais, on peut rêver de retour au pays. Personne n’est obligé d’y renier ses origines. Lorsque l’on parle de Marseille, on est amené à évoquer toute la Méditerranée dont la Corse où Cavalier a séjourné : " Il se leva et alla se poster à la fenêtre d’où il observa, entre deux immeubles, une partie du pont supérieur d’un ferry. En raison d’une grève des marins, plus aucune liaison avec la Corse n’était assurée depuis trois jours. Et il se souvint alors de son unique enquête en Corse. Une sorte de voyage au pays de l’impunité. Là-bas, tous les témoins sont sourds, aveugles ou alités. Encore pire qu’à Marseille. Naturellement, il n’avait pas trouvé l’homme qu’il cherchait. Une quête insensée, de hameau en bergerie, jusqu’au col de Vizzavona où il avait retrouvé un peu les mêmes sensations qu’au Larzac. Là-haut, en parlant avec les bergers, il avait pris conscience que les Corses n’avaient aucune raison de se sentir français. Au nom de quoi ? Génois et Français les avaient à chaque fois soumis par la force. Et ce fut Bonaparte, le traître, qui écrasa durablement la résistance… " Une vision sans aucaun doute très caricaturale de la Corse en dehors du fait que cette île est devenue génoise et française par la force.
Le poète andalou fusillé à Grenade :
Frédérico Gracia Lorca est un poète, dramaturge, peintre, pianiste et compositeur espagnol né le 5 juin 1898 dans la province de Grenade où il sera fusillé le 19 août 1936 par les rebelles antirépublicains qui ont jeté son corps dans une fosse à Viznar. Sous la dictature franquiste , ses œuvres furent interdites puis censurés jusqu’à la mort de Franco, en 1975. Jean Cassou, écrivain et critique d’art français, lui a rendu un bel hommage en écrivant: " Toucher à Garcia Lorca, rompre cet hymne vivant, cette jeunesse et cet enivrement de rossignol, ce fut une offense atroce à tout ce qui, dans ce coin de terre, est nature ; floraison et beauté. Ce fut injurier la vigne et l’olivier, l’œillet et le jasmin, frapper à mort la nuit, la lune, la mer, jeter le plus insolent défi à ces passions que le peuple porte en lui et qui lui paraissent à ce point sacrées qu’il ne peut les égaler qu’aux éléments éternels… " Pour Jean Cassou, l’inspiration essentielle de ce poète " réside dans un sens exceptionnel de l’âme populaire et son plus haut talent en un art non moins extraordinaire pour transformer cette inspiration en une poésie pure..." "Frédérico Garcia lorca fut l’ami des surréalistes Luis Bunuel et de Salvador Dali, qui, en 1929, collaborèrent pour le film " Un chien andalou ", que Lorca prit comme une allusion à son homosexualité au moment de sa rupture avec le peintre Eimilio Aladren. Le poète fit alors un long séjour au Etats Unis qui lui inspirèrent sa collection de poèmes " le Poète à New York ". Il rentre en Espagne en 1930 , au moment de la chute de la dictature de Primo de Ribera et du rétablissement de la République. Il vit à Madrid où il devient le directeur de la société de théâtre étudiante , La Barraca ". Quand la guerre civile éclate, il rejoint Grenade , conscient du danger qui le menaçait dans le ville la plus conservatrice de l’Andalousie.En 2002, Michel Rostain avait mis en scène le poème de Frédérico Garcia Lorca, Il s’agit d’un chant funèbre pour Ignacio Sanchez Mejias, torero célébre mort le 13 août 1934 deux jours après avoir été blessé aux arènes de Manzanares. " Llanto por Igancio Sanchez Mejias " a été présenté au Théatre National de Toulouse sur une musique de Vicente Pradal. A las cinco de la tarde… à cinq heures de l’après-midi ! L’heure de la mort pour Frédérico Garcia Lorca. " A cinq heures de l’après-midi, terribles cinq heures de l’après-midi ! Il était cinq heures à toutes les horloges. Il était cinq heures à l’ombre du soir ".
l’Afghanistan, à cinq heures de l’après-midi :
Samira Makhmalbaf, jeune cinéaste iranienne, s’est approprié ce poème, chant funèbre, en projetant les images de l’Afghanistan au lendemain de la chute des Talibans. Une femme rêve de liberté sous sa burka bleue, liberté d’apprendre, d’être belle et d’être ambitieuse en écho aux versets, sourates et autres psalmodies du Coran. Espoir d’émancipation d’une jeune femme en opposition à un patriarcat nostalgique des archaïsmes intégristes dans un pays dévasté, miné, envahi par des réfugiés pakistanais, affamé… un pays où les femmes sont réduites à se taire, attendre et survivre, où l’espoir de changement ne semble pas permis. La famille de la jeune fille quitte finalement Kaboul sans destination.
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