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Mon bloc perso.
Bonavinuta!
Bienvenue sur le blog Corse noir'soeur de vos nuits blanches
Blog non agressif et sans arrière-pensée. ..
Des articles après le Blog perso....
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RE NDEZ-VOUS:

- 5 décembre 2009, Salon Culture et écriture Institut Perrimond Roucas Blanc Marseille 7ème
- Les 20, 23 et 24 décembre 2009 Cultura La Valentine Marseille

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CHANTS CORSES: Pas de lien MP3 mais de l'écoute en ligne aux adresses ci-dessous...

Radio Alta Frequenza

ht tp://www.alta-f requenza.com/in dex.php/fr/webr adios

Radio Voce Nustrale

htt p://adecec.net/ radio/listen.as x

Sur Radioblog

ht tp://www.radiob logclub.fr/sear ch/


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Le 1er juin 2009 à 22H15 .... 200.000ème visiteur I
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Les dix droits imprescriptible s du lecteur ( édictés par Pennac dans son ouvrage "Comme un roman")
1°/ Le droit de ne pas lire.
2°/ Le droit de sauter les pages
3°/ Le droit de ne pas finir le livre
4°/ Le droit de relire.
5°/ Le droit de lire n’importe quoi.
6°/ Le droit au Bovarysme (maladie textuellement transmissible…)
7°/ Le droit de lire n’importe où.
8°/ Le droit de grappiller.
9°/ Le droit de lire à haute voie.
10°/ Le droit de nous taire.

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A dopu!
A plus tard!
Ma photo
Corse noire
Publié le 29 septembre 2007 à 20:50
Par flicorse
Baudelaire en musique par Léo Ferré et chanté par Jean-Louis Murat :



Il y a 150 ans paraissait le recueil Les Fleurs du Mal. Gallimard s’associe à Scarlett et V2 Music pour publier une nouvelle édition des Fleurs du Mal (collection Poésie), avec un cahier de 8 pages comprenant des manuscrits de Baudelaire et Ferré, une nouvelle préface d’André Velter, accompagnée par l’album Charles et Léo.

Le 1er octobre prochain
, un nouvel album "Charles & Léo" sort : 12 poèmes des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire, mis en musique par Léo Ferré ( sur les 22 inédits) , interprétés par Jean-Louis Murat. Ce CD de 35 minutes s'accompagne d'un DVD de trois quarts d'heure et comprend, en bonus, "Réversibilité", poème de Baudelaire qu'il avait mis en musique dans l'album "Dolorès" (1996), et "Petite" de Ferré.
"Un jour vous en ferez quelque chose" avait dit Léo Ferré à son fils et à sa femme en leur donnant une cassette d’enregistrement de sa voix accompagnée au piano. Après ses albums 1957 et 1967, il avait à nouveau composé sur une vingtaine de poèmes des Fleurs du Mal. Le fils de Léo Ferré a choisi Jean-Lousi Murat pour chanter les compositions inédites de son père, le considérant comme l’héritier spirituel de son père. "Je ne vois pas qui d'autre aurait pu faire ça, même parmi ceux qui se proclament « fils spirituel de Léo", explique à l'AFP Mathieu Ferré, qui dirige le label "La mémoire et la mer" et continue de faire vivre l’œuvre de "l'ananar".

Donc Jean-Louis Murat s’est attaqué aux poèmes de Baudelaire mis en musique par le grand Léo Ferré dont, à la demande de Mathieu Ferré, il prend le relai. Cela devrait permettre de relire Baudelaire, de réécouter Léo Ferré et de découvrir le talent d’un chanteur classé comme caractériel, en dehors des formats que le " music business.



Vrai nom : Jean-Louis Bergheaud
Nationalité : Française
Métiers : Chanteur, Guitariste, Auteur-compositeur, Pianiste
Genre principal : Scène française
Naissance : 28 janvier 1954
L’Ours Blanc, le Paysan, le Berger… Dans ses chansons, Jean-Louis Murat aime à se doter de surnoms qui sentent bon la ruralité ou la nature sauvage, particulièrement celle de son Auvergne natale.
Site officiel : http://www.jlmurat.com/
Pour l’écouter aller sur myspace à l’adresse :
http://www.myspace.com/jlmurat
Et une biographie : http://musique.ados.fr/Jean-Louis-Murat.html



Les fleurs du Mal : 1ère édition en 1857

La 2ème édition en 1861 est la dernière édition publiée du vivant de l'auteur. Baudelaire ajoute 32 poèmes et procède à des corrections et quelques réagencements. Ainsi, dès le fameux Au Lecteur : " Dans nos cerveaux malsains, comme un million d'helminthes, / Grouille, chante et ripaille un peuple de Démon " devient " Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes, Dans nos cerveaux ribote un peuple de démons ".

La dédicace de Baudelaire :

Au Poète impeccable
Au parfait magicien ès lettres françaises
A mon très-cher et très-vénéré
Maître et ami
Théophile Gautier
Avec les sentiments
De la plus profonde humilité
Je dédie
Ces Fleurs maladives.

Nous ignorons quels sont les poèmes mis en musique par Léo Ferré et chantés par Jean-Louis Murat dans l’album "Charles et Léo" qui sort en octobre. Nous avons choisi « Réversibilité » et deux autres poèmes parmi les plus célèbres : L’invitation au voyage et Parfum exotique.



Réversibilité

Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse,
La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,
Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits
Qui compriment le cœur comme un papier qu'on froisse?
Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse?

Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine,
Les poings crispés dans l'ombre et les larmes de fiel,
Quand la Vengeance bat son infernal rappel,
Et de nos facultés se fait le capitaine?
Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine?

Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres,
Qui, le long des grands murs de l'hospice blafard,
Comme des exilés, s'en vont d'un pied traînard,
Cherchant le soleil rare et remuant les lèvres?
Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres?

Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides,
Et la peur de vieillir, et ce hideux tourment
De lire la secrète horreur du dévouement
Dans les yeux où longtemps burent nos yeux avides?
Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides?

Ange plein de bonheur, de joie et de lumières,
David mourant aurait demandé la santé
Aux émanations de ton corps enchanté;
Mais de toi je n'implore, ange, que tes prières,
Ange plein de bonheur, de joie et de lumières!




L’invitation au voyage :

Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
A l'âme en secret
Sa douce langue natale.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté
Luxe, calme et volupté.
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Spleen et Idéal, LIII



Parfum exotique

Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ;
Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l'œil par sa franchise étonne.
Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,
Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.

Spleen et Idéal, XXII



Bonus : Sites Léo ferré

http://www.leo-ferre.com/
http://www.leoferre.net/





Publié le 26 septembre 2007 à 04:50
Par flicorse
LA SEMAINE NOIRE de Marseille
Du 16 au 30 septembre 2007 à la Friche Belle de Mai, à la BMVR Alcazar, sur le cours Julien, à Septèmes, au cinéma Les Variétés, à la Librairie L'Ecailler.



La SEMAINE NOIRE 2007 est une manifestation littéraire organisée par l’association L’écrit du sud en partenariat avec La Friche Belle de Mai, la bibliothèque municipale à vocation régionale (BMVR Alcazar), la librairie L’écailler, les éditions
L’écailler, les Terrasses du Polar, l’Espace Ecureuil, les villes de Marseille et de Septèmes-les-Vallons, ainsi que l’Instituto de México et le Secrétariat des Relations Extérieures Mexicaines, avec également la participation des Films du Tambour de Soie, du cinéma Les Variétés, du Quai du Rire.

La " Semaine Noire " a été créée en 2006, elle se déroule durant la deuxième quinzaine du mois de septembre. Elle se compose de trois axes directeurs : une résidence d’auteur de roman noir, un " jumelage noir " avec une ville étrangère et une grande fête du polar réunissant plusieurs dizaines d’auteurs, incluant les " Terrasses du Polar " ainsi que plusieurs rencontres et projections publiques.



La résidence d’auteur:

Le participant est un auteur de roman noir ou policier de renommée nationale ou internationale. En 2006 Didier Daeninckx a ouvert cette opération, pour 2007, c’est Noël Simsolo (*) qui est l’invité de L’écrit du Sud et de la Friche Belle de Mai.
La résidence d’auteur de L’écrit du Sud souhaite donner à l’ensemble de la " filière noire " marseillaise et régionale (auteurs de romans policiers, éditeurs, décideurs culturels, etc) l’occasion et le temps de rencontrer un auteur de renommée, extérieur à notre région. Il s’agit aussi de permettre à cet auteur une immersion dans notre ville, en l’aidant s’il le souhaite à produire un texte issu de cette résidence.
Des rencontres, qu’elles soient formalisées ou informelles, des cafés littéraires, des tables rondes, des repas pris en commun, seront les moyens de cette rencontre entre un auteur et le tissu littéraire marseillais concerné par le roman noir.

L’auteur en résidence est logé à la " Villa " de la Friche Belle de Mai.

Noël Simsolo est né le 31 août 1944. Comédien (" Alice ou la dernière fugue ", de Chabrol, " Les héroïnes du mal ", de Borowczyk, " Rosa la rose, fille publique ", de Vecchiali, " Autour de minuit ", de Tavernier, " Je suis né d’une cigogne ", de Gatlif, etc) il a multiplié les petits rôles tout en s’intéressant de près au cinéma comme auteur. Spécialiste du film noir, il a écrit sur Sergio Leone, sur Clint Eastwood, sur Alfred Hitchcock, sur Fritz Lang. Mais c’est comme auteur de polars pour ados et préados (la série des Edgar Flanders) et comme auteur de romans policiers qu’il trouve le mieux sa définition. Noël Simsolo, profitant de sa résidence marseillaise, a invité pour une soirée son camarade Jean-Pierre Mocky.


Un entretien avec Noël Simsolo à l’adresse :
http://www.dvdclassik.com/Critiques/interview_simsolo.htm

Bibliographie succinte:
* Alfred Hitchcock, Seghers, 1969
* Conversation avec Sergio Leone, Stock, 1987
* Femmes du cinéma français, Calmann-Lévy, 1989
* M le Maudit, un film de Fritz Lang, éditions Plume, 1990 (co-écrit avec Bernard Eisenschitz et Gérard Legrand)
* Un travelo nommé désir, Baleine, 1996
* Couleur sang, Baleine, 1996
* Apocalypse Nord, Baleine, 1997
* Les enfants de l'Enfer, Baleine, 1999
* Tête-à-queue, Baleine, 2000 (avec Didier Daeninckx)
* Retour d'amour à Lille, Baleine, 2000
* Les Piétons du siècle
Vol. 1 : Images de chair, Seuil, 2000
Vol. 2 : Prédateurs, Seuil, 2000
Vol. 3 : Exterminateurs, Seuil, 2001
*Les Derniers Mystères de Paris, Baleine, 2002
*La Chair des femmes, Hors-commerce, 2003
* Les Sept Poules de Christelle, Baleine, 2003
*Clint Eastwood : un passeur à Hollywood, Cahiers du cinéma, 2003
*Disparu en mai 1968, Le Passage, 2004
*Edgar Flanders détective de l'étrange. Les Vampires de Gand, Seuil, 2004
*Edgar Flanders détective de l'étrange. Les crimes de la momie, Seuil, 2004
*Edgar Flanders détective de l'étrange. La princesse venue d'ailleurs, Seuil, 2005
*Edgar Flanders, détective de l’étrange. La guerre des sorciers, Seuil, 2005
*Le café des méchants, Magnard jeunesse, 2005
*Le Film Noir - Vrais et faux cauchemars, Les Cahiers du cinéma, 2005
*Wazemmes, L'écailler, 2005

En tant qu'acteur, il a joué dans :
* La Maman et la Putain, 1973
* Alice ou la Dernière Fugue, 1977
* Simone Barbès ou la vertu, 1980
* La Comédie du travail, 1987
* L'enfer, 1994
* Au cœur du mensonge, 1999
* Saltimbank, 2003
* Le Deal, 2007
En tant que réalisateur, on lui doit :
* Cauchemar, 1980
* Jean Cocteau, mensonges et vérités, 1996 (documentaire)



Le " jumelage noir "

Inauguré par la venue à Marseille de deux auteurs de Glasgow en 2006 (Suhayl Saadi et Jonathan Charley) le " jumelage noir " organisé par L’écrit du Sud sera cette année l’occasion pour les lecteurs marseillais de rencontrer deux auteurs de Mexico, Juan Hernandez Luna et Eduardo Monteverde (*)
Comme pour la résidence, le lieu privilégié de ce " jumelage " est la Friche Belle-de-Mai, à la fois pour l’hébergement et une partie des interventions publiques. La volonté est de tisser des liens internationaux dans le domaine du " noir ". De faire de Marseille une des capitales mondialement reconnues de cet univers littéraire extrêmement représentatif de nos sociétés contemporaines.

Entre autres manifestations, une rencontre publique avec Edouardo Monteverde, Juan Hernandez Luna et Sebastien Rutes (liste susceptible de modifications) est proposée à la Friche, animée par Jacques Aubergy de la Librairie l’Ecailler (rue Barbaroux dans le 1er arr.).
Jacques Aubergy a passé de longues années à Mexico où il a créé le prix Antonin Artaud, et vient de lancer aux Editions L’Ecailler la collection L’atinoir consacrée aux littératures d’Amérique Latine et de l’Europe du Sud . Eduardo Monteverde et Juan Hernandez Luna sont les deux premiers auteurs publiés dans cette collection dont l’écrivain Paco Ignacio Taibo II est le conseiller littéraire.
Renseignements : 04 95 04 95 04 ou 08 79 00 61 19

Juan Hernandez Luna est né en 1962. " Filleul " de Paco Ignacio Taïbo II, a obtenu avec Du tabac pour le puma (L’Atalante) le prix Hammet 1997 décerné au festival international de Gijón, puis à nouveau en 2007 pour " Cadaver de ciudad ". Parfois drôle, voire truculent, toujours extrêmement mélancolique, si ce n’est désespéré, Luna donne de " l’âme mexicaine " une vision à la fois joyeuse et terrible. Il a publié deux romans chez l’éditeur marseillais L’écailler (" Naufrage " et " Fausse lumière " dans la collection L’Atinoir) et un autre, " Le corbeau, la blonde et les méchants " est sorti chez L’Atalante. Homme de lettres, d’une manière ou d’une autre, Luna vit à Mexico mais il est le meilleur guide de la ville de Puebla.

Eduardo Monteverde a plusieurs vies à son actif : chroniqueur de faits divers, navigateur, médecin. Il a publié plusieurs romans et essais au Mexique ; en France on trouvera " Almagro dans ses brumes ", une (en)quête initiatique publiée à L’écailler (traduction Jacques Aubergy) écrite par Eduardo monteverde –



Article sur blog " Ile noire" : à l’adresse :
http://flicorse.oldiblog.com/?page=lastarticle&id=1553132



Les " terrasses du polar "

Pour sa 7e édition, ce rendez-vous, qui réunit auteurs et amateurs de polars de tous horizons, s’enrichit encore. Outre le rendez-vous septémois du samedi 29 (à partir de 17h), voici le déroulement de la manifestation du dimanche 30 septembre sur le cours Julien :

- 11h à " La Baleine qui dit Vagues ", assistez au débat du " Prix Marseillais du Polar ", animé par le critique Hubert Artus(LCI, Virgin Mag, Rue 89, etc.). Ce sera l’occasion de voir un auteur récompensé par le jury de lecteurs 2007.
- 14h sur la scène du Cours-Julien : remise officielle du " Prix Marseillais du Polar " à son lauréat, prix doté d’une somme de 1500 euros par la MGM (Mutuelle Générale Méditerranéenne). Prix marseillais du polar 2006 : Jean-christophe Duchon-Doris est le lauréat du prix marseillais du polar 2006 pour son livre "Le cuisinier de Talleyrand" ed. Julliard
- Sous le parrainage de Jean-Christophe Duchon-Doris, lauréat 2006, ouverture du salon, avec 50 auteurs présents, Français et étrangers, en rencontre-dédicaces.
- 15h à " La Baleine qui dit Vagues ", projection du film " Mon colonel " (de Laurent Herbier, coscénarisé par Costa-Gavras d’après le roman homonyme de Fred Zamponi), suivie d'un débat en présence de l’auteur.

Les auteurs présents
Gilles Ascaride / Henri-Frédéric Blanc / Alain Bron / Jean-Paul Ceccaldi / Alexandre Clément / Jean Contrucci / Patrick Coulomb / Thierry Criffo / Jean D’Aillon / Jean-Paul Delfino / Gilles Del Pappas / Olivier Descosse /Michel de Roy / Jean-Christophe Duchon-Doris / Roger Facon /Franz-Olivier Fogiel (sous réserve) /André Fortin /Georges Foveau / René Frégni / Karine Giebel / Maurice Gouiran / Eric Hossan / Michel Jacquet / Bruno Leydet / Jean-Luc Luciani / Juan Hernandez Luna / Michel Martin-Roland / Franck Membribe / Eduardo Monteverde / Maureen O’Brien / Jean-Pierre Orsi / Gilda Piersanti / Xavier Pivano / Alain Pucciarelli / Serge Quadruppani / Serge Yves Ruquet / Sanz & Nico / Jean-Claude Schineizer/ Serge Scotto / Noël Simsolo / Romain Slocombe / Marc Spaccesi / Eric Stoffel / Anne-Laure Thieblemont / François Thomazeau / Joachim Sebastiano Valdez / Jacques Vallet / Thierry Vieille / Lalie Walker / Fred Zamponi / Zolma...

Le plateau des auteurs présents est complété par une table ouverte aux fanzines et à la presse alternative régionale (Marseille La Cité, Le Ravi, etc.)

Les " Terrasses du Polar " sont réalisées en collaboration avec " L’écrit du sud " et le " Centre Culturel Méditerranéen "".

Le site de " l’association du cours julien " (qui organise, de façon concomitante, la 10ème édition de la " fête du plateau et parraîne les Terrasses du Polar) à l’adresse ci-dessous :
http://coursjulien.marsnet.org/



La semaine noire et la Friche la Belle de Mai:

…de Didier Daeninckx à Noel Simsolo, avant bien d’autres, certainement, en passant par Jean-Pierre Mocky et, sans doute, quelques autres aussi…
Après Didier Daeninckx l’an dernier, la Friche, l’Ecrit du Sud et " les Ecaillers " s’associent à nouveau pour une résidence d’auteur de " roman noir " en invitant à Marseille Noël Simsolo.
Ainsi, la "Maison des projets d’auteurs " de la Friche s’invente peu à peu et voit se succéder en ses espaces des auteurs poursuivant des projets, invités par des partenaires résidents ou pas, comme autant de situations où s’explorent des formes de l’écriture dans diverses propositions littéraires, dramatiques, musicales ou multimédia.
Quant à Noël Simsolo, qui croisera dans sa résidence des auteurs Mexicains Eduardo Monteverde et Juan Hernandez Luna, il est peut-être plus connu comme critique et historien du cinéma que comme auteur de romans policiers bien qu’il ait déjà publié douze volumes chez des éditeurs célèbres. Il est vrai aussi que les parentés entre le Roman noir et le Cinéma sont nombreuses, thématiques (la ville, le bien et le mal) ou stylistiques (flash back, montage " en cut "). Cette double passion est en tout cas revendiquée par Noël Simsolo puisqu’il nous a demandé d’organiser une soirée de cinéma en invitant un de ses amis, Jean-Pierre Mocky, à venir à la Friche présenter avec lui un de ses films qui l’a particulièrement intéressé. Il s’agit d’un film long métrage, moins connu et auquel Noël Simsolo souhaite rendre un hommage qu’il juge mérité.
La joie d’inviter Jean-Pierre Mocky à la Friche, ce qui, évidemment, ne nous a pas fait hésiter une seconde, ne peut se retrouver que dans cette jubilation éprouvée quand le cinéaste et ses films nous vengent de toutes ces bêtises du Monde. Dans ses petits mondes où les méchants et les gentils se ressemblent beaucoup, la bêtise triomphe souvent, mais le plus souvent aux dépens de ceux qui ont cru qu’ils pourraient jouer aux grands, sans même comprendre leur mécanique. Ce sont ces petits escrocs qui nous ressemblent beaucoup, aussi stupides et trouillards, mesquins, bêtes et conformistes, à peine moins que leurs victimes, et magistralement interprétés par tous ces acteurs formidables qui ont croisé la route de Mocky, parmi lesquels, bien sûr, Michel Serrault, mais aussi Jeanne Moreau, Michel Galabru, Eddy Mitchell et bien d’autres. Il n’est pas facile de voir un film de Mocky dans un cinéma à Marseille. Mocky en est peut-être un peu responsable, lui qui prétend qu’il n’a pas de public à Marseille. Je suis sûr que nous allons lui offrir la preuve du contraire, ce 27 septembre 2007, pour cette soirée qui est déjà pour moi comme un véritable cadeau.
Philippe Foulquié
Directeur de la Friche La Belle de Mai



Rendez-vous publics de la " semaine noire " à la Friche :

Jeudi 27/09 à 20h30: Carte blanche cinéma de Nöel Simsolo avec la projection à la Friche de "La Bête de Miséricorde" (2001) de Jean-Pierre Mocky, Avec Jackie Berroyer, Bernard Menez, Jean-Pierre Mocky, Patricia Barzyk
Projection suivie d’une rencontre avec le public en présence du réalisateur. Tarif : 5 euros.

Vendredi 28/09 à 18h30 : rencontre publique/débat avec les auteurs mexicains au restaurant " Les grandes Tables de la Friche ", animée par Jacques Aubergy (de la librairie L’Ecailler à Marseille et créateur du prix Antonin Artaud à Mexico). Entrée libre.



La " Semaine Noire ", une présentation aléatoire:
Pendant la dernière partie du mois de septembre, plus qu’à tout autre moment de l’année, Marseille va cette année à nouveau s’adonner au roman noir. Un septembre noir voulu par L’écrit du Sud, la Friche Belle de Mai, et soutenu par L’écailler, la BMVR Alcazar, et tous ceux qui voudront bien participer à l’avenir à ce moment rock’n’roll. note sur une résidence
La volonté d'organiser une résidence d'auteur date de plusieurs années. Mise en place en 2006 par la Friche et l'association L'écrit du Sud, cette résidence répond pour l'association au désir de conserver au polar et au roman noir leur caractère populaire. Aussi n'est-il pas demandé à l'auteur en résidence de rester dans une tour d'ivoire (en la circonstance la " Villa " de la Friche Belle de Mai, volontiers surnommée " Villa Izzo " par les uns ou " Maison Sébastien Japrisot " par les autres) mais au contraire de participer à diverses activités publiques, ou semi-publiques. Pour Didier Daeninckx, en 2006, venir à Marseille correspondait à un travail de recherche à effectuer dans les archives de la ville, pour Noël Simsolo, en résidence cette année, il s'agit davantage de creuser un sillon, celui des rapports qui se sont petit à petit tissés entre le nord de la France (la région lilloise) et le sud (la région marseillaise). Auteur de nombreux ouvrages (cf. biographie jointe), Noël Simsolo a publié chez l'éditeur marseillais L'écailler deux polars lillois dans la collection " L'écailler du Nord ", tellement lillois qu'ils portent chacun pour titre un nom de quartier ou de rue de la capitale du Nord: " Wazemmes " pour le premier, " Rue de la clef " pour le second; en attendant que se boucle cette trilogie ou que se poursuive cette série, selon ce qu'il en sera de la poursuite du travail de l'auteur.
Cette résidence qu'ils ont voulu presque informelle, ses organisateurs veulent la placer sous le signe avant tout de la convivialité. Aussi sera-t-elle prétexte à plusieurs repas pris ensemble, un auteur " étranger " mêlant sa gouaille à la faconde des auteurs locaux qui viendront à sa rencontre. La résidence s’achèvera d'ailleurs par une soirée qui doit permettre à l'invité de faire goûter des spécialités de sa région aux hommes et femmes de lettres méridionaux. On s'éloigne bien, penseront certains, d'un travail sérieux de résidence. Pourtant, qu'est ce que la lecture sinon un échange entre un écrivain (un écrivant serait-on même tenté de spécifier) et des lecteurs (ou des lisant). De la même manière qu'une alchimie se crée entre un cuisinier et ses convives, la magie des mots est une métaphysique qui nourrit l'esprit lorsqu'un auteur et des lecteurs se trouvent en harmonie.
Au demeurant, la cuisine est très présente dans le roman noir, méditerranéen et récent en particulier (Montalban, Izzo, évidemment) mais chez bien d'autres auteurs, connus ou moins connus, sudistes ou non-sudistes, dont les héros expriment leur quintessence à travers les ambiances qu'ils traversent : bistrot parigot ou pizzeria marseillaise, l'équation littéraire n'est pas si différente. Et Noël Simsolo (les lecteurs de "Rue de la clef" le découvriront bien vite) n'échappe pas à ce tropisme du verre et de l'assiette.
Mais, que Dieu me court-bouillonne, la table n'est pas le seul prétexte à cette résidence. Puisqu'il est question d'échange, le public bien entendu sera convié à rencontrer Noël Simsolo à plusieurs reprises : au cours d'une conférence à la BMVR Alcazar le samedi 29 septembre à 17h, au cours des " Terrasses du Polar " le même samedi (mais le soir) à Septèmes, puis le dimanche après-midi sur le cours Julien à Marseille. Enfin, Noël Simsolo, puisque c'est d'échanges multiples qu'il s'agit, a aussi invité son ami Jean-Pierre Mocky à venir présenter un film à la Friche et converser avec lui et tous ceux que cela intéresse, le jeudi soir, 26 septembre, à la salle de la Cartonnerie.
Mais s'il n'y avait que cela. Echange encore et toujours. Comme dans tout port qui se respecte. Et Marseille, le répètera-t-on jamais assez, inlassablement, est le plus vieux port de France, le plus important, un des plus vieux de la Méditerranée, et toujours le plus important, un lieu où " de toute éternité " se croisent les hommes, certains s'y enracinant, d'autres n'utilisant le port que pour ce qu'il est aussi : un point de transit, une étape vers un autre ailleurs, une ramification sur un chemin d'espoir ou de déroute. L'auteur en résidence fera donc des rencontres dignes d'un port. Il n'y croisera pas que des Marseillais, il y croisera le monde. En la circonstance, ce sont des écrivains mexicains qui seront au rendez-vous du monde, de Noël Simsolo, et des lecteurs marseillais. Et c'est la suite de cette histoire. note sur un " jumelage noir "
En 2006 est née aussi une autre manifestation initiée par L'écrit du Sud. A celle-ci aussi la Friche Belle-de-Mai a largement contribué, ainsi que le British Council, et beaucoup de bonnes volontés locales et extérieures. Cette manifestation-là a pris le nom de " Jumelage Noir ", car il s'agissait de faire venir deux ou trois auteurs d'une ville étrangère à Marseille, et en contrepartie, d'envoyer deux ou trois auteurs marseillais dans cette ville-là. La première ville fut la cité écossaise de Glasgow, dignement représentée par Suhayl Saadi, Jonathan Charley, accompagnés d'un universitaire écossais vivant en France, Keith Dixon. Le modèle 2007 est bâti sur le même principe : deux auteurs " chilangos ", de Mexico, Juan Hernandez Luna et Eduardo Monteverde, et un universitaire " mexicaniste " vivant en France, Sébastien Rutes.
La réciprocité étant une chose toujours délicate à équilibrer, aucun auteur marseillais ne s'est encore rendu à Glasgow, alors que plusieurs, à d'autres occasions similaires, sont déjà allés à Mexico.
Le " Jumelage Noir " ne se veut pas formel, il se veut occasion là encore de donner à se connaître les uns les autres, et de donner à connaître notre ville un peu mieux ici et là, parmi les citoyens de la planète des lettres à travers le monde. Informel encore, dira-t-on, mais c'est cette absence de formalisme qui a permis à Paco Ignacio Taïbo II d'être à Marseille le soir de la Coupe de France de football et de dédicacer ses livres en mai dernier à la librairie L'écailler, c'est cette absence de formalisme qui permet de tisser des liens, d'approfondir des amitiés, de créer un tissu d'auteurs pour qui Marseille deviendra un point de chute nécessaire, un port où les marchandises échangées ne sont pas que du pétrole et du vrac, mais aussi des paroles, des réflexions, des engagements humains. Le souhait, l'idée, la volonté, est de faire entendre, aux Marseillais peut-être encore plus qu'aux autres, l'évidence que cette ville est une ville-monde qui n'a rien à envier à aucune autre, rien à renier, rien de plus non plus à espérer, car elle est déjà riche de sa substance humaine, forte de ses convictions millénaires. Il est juste utile sans doute de mettre l'accent sur cette évidence, que Marseille est une ville " noire ", un de ces " ports de l'angoisse " comme l'aurait dit Howard Hawks, où des Bogart et des Bacall aussi vrais que les vrais tissent chaque jour le maillage d'un territoire formidable où l'amour et la mort se mêlent avec défi. Il n'est souvent pas besoin de l'expliquer longtemps aux étrangers, c'est bien plus souvent nous-mêmes que nous devons convaincre de notre propre authenticité, de notre propre valeur.
Si ce " Jumelage Noir " permet, année après année, de faire entrer un peu plus Marseille dans la République mondiale des lettres, non pas celle du 6ème arrondissement parisien, mais celle des entrelacs mexicains de Taïbo, celle des ravages jamaïcains de Russel Banks, celles des magouilles australiennes de Shane Maloney, celle des faux-semblants meurtriers de la Floride de Hiaasen et Willeford, celle de la noire profondeur anglaise de David Peace ou de la lumineuse dureté sicilienne de Leonardo Sciascia ou Andrea Camilleri, alors L'écrit du Sud aura gagné son pari. Quant au lecteur marseillais, le Mexique vient ainsi à lui, à travers deux rencontres débats qui seront organisées durant cette " Semaine Noire ", l'une à la Friche le vendredi 28 septembre, l'autre hors la Friche le jeudi 27. Sauf erreur de l'auteur de ces lignes ou modification de dernière minute.
Mais il y a autre chose encore. A quoi cela servirait-il de vous parler d'échange et de commerce d'idées si l'on se cantonnait à quelques individus que l'on pourrait penser triés sur le volet. Les rencontres se doivent aussi d'être le fruit du hasard. C'est bien pour cela qu'il faut les multiplier. Et c'est ainsi que se termine cette histoire. note sur les "Terrasses du Polar" et deux projections en avant-première.
Cette fois l'affaire est plus ancienne. Elle a six, sept ans, selon comment on compte. Initialement L'écrit du Sud n'y est pour rien, la Friche pour l'instant ne contemple cela que de loin. Les " Terrasses du Polar " sont l'invention d'un auteur, Serge Scotto, qui a voulu réunir dans un territoire qu'il connaît bien, durant le moment privilégié d'une fête, autant d'auteurs de polar que possible, invités à dédicacer leurs livres. Invités même à concourir pour un " Prix ". Ainsi chaque année (et pour la deuxième fois avec la participation active de L'écrit du sud) c'est sur le cours Julien, durant la " Fête du Plateau ", que Serge Scotto réunit le ban et l'arrière-ban des auteurs marseillais, français et régionaux. Ils sont quarante, ils sont cinquante, alignés, bouquins rangés en ordre de bataille, prêts à en découdre avec la curiosité des lecteurs. Commercialement, c'est une dédicace, une dédicace géante, avec non pas deux non pas trois, mais des dizaines d'auteurs. Mais le moment et l'esprit du lieu en font quelque chose en plus : un instant, évidemment, de rencontre. Personne n'est plus facile à amadouer qu'un auteur lorsqu'il a décidé de sortir de derrière sa machine ou son écran d'ordinateur. Et ce ne sont pas quelques tables de guinguois qui vont les empêcher de s'emporter, de s'exposer, et sûrement aussi, de croiser le fer des mots avec l'un ou avec l'une, jusqu'au bistrot du coin s'il le faut, pour parler de littérature, d'humour, de bonne ou de mauvaise fortune. Cette année, c'est le dimanche après-midi, le 30 septembre, que Serge Scotto a réuni ses ouailles, mais attention, il y a un bis en forme de prémisses, le samedi soir à Septèmes-les-Vallons.
Alors voilà, une résidence, un jumelage, des dédicaces et des rencontres, c'est déjà pas si mal. La " Semaine Noire " cette année profite pourtant des circonstances pour en faire un petit peu plus et aller voir avec vous jusqu'où les mots peuvent-ils se transformer en images. Jean-Pierre Mocky sera là avec Noël Simsolo et l'un de ses films, vous le savez déjà, mais l'image encore se présentera par deux fois, à propos de deux livres publiés par L'écailler et dont la sortie coïncide avec cette période. Le premier a une longue histoire, celle d'un auteur mystérieux, Franck Burns, qui après avoir envoyé un manuscrit à une maison d'édition voisine de chez lui sembla s'être évanoui dans la nature. Les éditeurs le cherchèrent un temps, puis abandonnèrent l'idée de publier son roman; entre-temps l'histoire était arrivée aux oreilles d'une réalisatrice, Cathie Lévy, qui décida de creuser et de peut-être en faire un film. Franck Burns parlait de meurtres dans le milieu de la cloche, à Marseille, du côté de la gare Saint-Charles. Cathie Lévy décida de parler de Franck Burns, et de le chercher lui alors que dans les livres on cherche souvent les meurtriers. Mais un auteur n'en est-il pas un lorsqu'il tue ses personnages? Mois après mois, Cathie Lévy organisa son scénario, filma le quartier, des Franck Burns possibles, des clochards, des habitants. Elle trouva un producteur (les Films du Tambour de Soie) et le producteur trouva un diffuseur. Six ans plus tard, le film, " A la recherche de Franck Burns ", existe, il est superbe, Arte le diffuse le 16 septembre au soir durant un " Thema " sur Marseille. Avec trois heures d'avance, les Variétés le projettent, ce dimanche 16 septembre à 19h30, en présence de Cathie Lévy, des éditeurs, du livre (" Social Killer ") et peut-être de l'auteur
Mystère. Qui sait qui il est ni même s'il existe?
Dans un registre bien différent, deux autres réalisateurs, marseillais, Thierry Aguila et Philippe Carrese (dont on ne présente plus la richesse en tant qu'auteur de polars) se sont penchés sur un autre mystère : celui des " grands voyous ", ces " parrains " qui hantent l'imaginaire des " caves " et qui illustrent les colonnes des journaux. Du livre documentaire de Bruno Aubry " Les parrains de la Côte " (éd. L'écailler également), Aguila et Carrese, produits par Comic Strip et diffusés sur France 3 (à compter du 20 octobre), ont tiré un documentaire de 6 fois 26 minutes, qui éclaire autant que faire se peut les vies mouvementées de Carbone et Spirito, des frères Guérini, de Francis le Belge, Gaétan Zampa, Jacky le Mat et Jean-Louis Fargette. Marseille la sombre, à la vision de ces films, contées par voix d'Olivier Marchal, devient bien à l'évidence cette ville du polar où la réalité et la fiction ne font qu'un, où les bandits inventent des scénarios que les auteurs n'auraient pas imaginés, tandis que les auteurs donnent vie à des truands, vrais ou faux, qui sont autant de flèches traversant notre société de part en part et nous permettant ainsi de la découvrir de l'intérieur, par ses malaises et ses craintes, par sa chair et son âme.
La " Semaine Noire " se donnera une rallonge à une date et en un lieu à dévoiler plus tard pour vous proposer ces Parrains en avant-première, avant la diffusion télévisée.
Pour finir, la résidence et le jumelage, les dédicaces, les rencontres, rien de tout cela n'est précisément au " centre " de Marseille, mais tous ces moments, toutes ces personnes, avec vous, feront encore une fois le voyage vers le coeur d'un genre qui est le seul aujourd'hui à prendre en considération la société sans préjugés, et même sans jugement; les bons et les méchants, on sait qui ils sont à un instant donné, mais on ne sait jamais ce qu'ils deviennent l'instant d'après, murés dans le silence de l'inconnu. La " Semaine Noire " n'a d'autre ambition que de forger cette relation à l'aléatoire, pas d'autre désir que de tisser une trame de mots autour de l'esprit de vie, pas d'autre certitude enfin, que de la rencontre naissent la joie, la compassion et la force.
Patrick Coulomb,
pour L'écrit du Sud



Les dates de la semaine noire 2007

- dimanche 16 septembre –
19h30 aux Variétés projection publique en avant-première de "A la recherche
de Franck Burns" de Cathie Levy, d'après "Social Killer" (éd. L’écailler). (Les Variétés, 48, rue Vincent Scotto, 1er, tel. 08 92 68 05 97.

- dimanche 16 septembre –
22h30 diffusion sur Arte de "A la recherche de Franck Burns".

- jeudi 27 septembre –
18h30 – rencontre publique – débat avec Juan Hernandez Luna, Eduardo
Monteverde et Sébastien Rutes, à la Friche de la Belle de Mai – tel. 06 62 88 40 23.

20h30 - soirée Simsolo-Mocky à la Friche Belle-de-Mai (41, rue Jobin, 3e, tel. 04 95 05 95 04 - salle Cartonnerie). Projection et débat.

- vendredi 28 septembre –
18h30 - Rencontre publique débat sur "Le roman noir au Mexique" avec les auteurs mexicains, au restaurant de la Friche Belle-de-Mai.

- samedi 29 septembre –
17h - conférence Noël Simsolo à la BMVR Alcazar : " roman noir et film noir ". (BMVR Alcazar, 58, cours Belsunce, 1er, tel. 04 91 55 90 00.

- samedi 29 septembre –
en soirée - "Terrasses du Polar" - à Septèmes.

- dimanche 30 septembre –
après-midi - "Terrasses du Polar" à Marseille, cours Julien.
18h30 – one man show de Roger Facon, au Quai du Rire, 16-19, quai de
Rive-Neuve (7e) tel. 04 91 54 95 00.

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L’ECRIT DU SUD - 41 rue Paradis - 13001 Marseille - contact -
semainenoire@club-internet.fr ou ecritdusud@club-internet.fr
Publié le 23 septembre 2007 à 06:58
Par flicorse
Fin des expos du centenaire de la naissance de René Char le 30 septembre 2007…



Tu es pressé d'écrire,
Comme si tu étais en retard sur la vie.
S'il en est ainsi fais cortège à tes sources.
Hâte-toi.
Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance. […/…]
Extrait de « Commune présence » poème de René Char

« L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant. »
aphorisme de René Char.

Les expos du centenaire de la naissance de René Char se terminent le 30 septembre 2007…
Hâte-toi.
Hâte-toi d’aller à l’Isles-sur-Sorgue
Car tu es en retard … prends les chemins de Char-roi longeant la Sorgue.
Il te reste quelques jours jusqu’au 30 septembre prochain à la Maison René Char - L'Isle-sur-la-Sorgue -

En 2007, centenaire de sa naissance ( le 14 juin ), René Char est redevenu l'hôte de l'hôtel de Campredon où il avait eu lui-même le projet d'installer de son vivant un Musée Bibliothèque autour de son œuvre. Précieux manuscrits prêtés par la bibliothèque Jacques Doucet, documents photographiques, éditions originales ou dédicacées, correspondances, permettront de suivre le parcours de l'homme et de l'écrivain, de remonter du texte à ces 'paysages premiers'. Parallèlement, les grands thèmes de l’œuvre trouveront dans le travail des peintres, ceux que le poète nommait ses 'alliés substantiels', ce prolongement auquel René Char était particulièrement sensible comme en témoignent manuscrits enluminés et éditions de bibliophilie ornées de gravure.



Hôtel de Campredon
20 rue du Docteur Tallet
84800 L’Isle-sur-la-Sorgue
Tél : 04 90 38 17 41
Tarif : 6 euros, réduit : 5 euros (moins de 25 ans, seniors et adhérents Fnac), groupes 4 euros (10 personnes minimum). Gratuit pour les L’Islois, les moins de 14 ans et accès libre pour les adhérents des Amis de Campredon.

René Char, né le 14 juin 1907 , une parole disséminée « en archipel » selon son expression dont chaque atoll est doté d'une force volcanique. « Dans le tissu du poème doit se trouver un nombre égal de tunnels dérobés, de chambres d'harmonie, ainsi que d'éléments futurs, de havres au soleil, de pistes captieuses et d'existants s'entr’appelant. Le poète est le passeur de tout cela qui forme un ordre. Et un ordre insurgé. »



René Char a toujours aimé vivre en marge de la société. Enfant, il se lie d'amitiés avec les "matinaux" sortes de vagabonds vivant au rythme des jours et des saisons. Le 20 février 1928 paraissent ses premiers poèmes aux Editions Le Rouge et Le Noir (il aimait d'ailleurs beaucoup ce roman de Stendhal) sous le titre "Les cloches sur le coeur", poèmes écrits entre 15 et 20 ans.

Pendant l’Occupation, René Char, sous le nom de Capitaine Alexandre, participe, les armes à la main, à la Résistance, « école de douleur et d’espérance ». Il commande le Service Action Parachutage de la zone Durance. Son QG est installé à Céreste (Alpes de Haute Provence). Le recueil qu'il en tire Feuillets d’Hypnos peut se lire comme des « notes du maquis ».

René Char meurt d'une crise cardiaque le 19 février 1988. En mai de la même année, paraîtra un recueil posthume "L'éloge d'une soupçonnée ".

Le Centenaire de la naissance de René Char a été marqué par plusieurs grandes manifestations ponctuées de mises en voix des textes de Char et de poésie contemporaine. Cette année festive a été lancée avec ce texte inaugural de Daniel Mesguich sur le rôle de l'acteur dans la médiation poétique...



A propos de la lecture d’un texte par un acteur, les Propos de Daniel Mesguich ont été recueillis par Hélène Boudin, le 19 juin 2006 – site Educnet – section Théâtre. Nous vous les rapportons pour leur valeur pédagogique:



"Pour tout texte, quel qu’il soit, au fond de l’encrier, ou de l’ordinateur, il y avait d’abord une voix. Une lecture rend la voix à la voix : ce qui est venu d’une voix retourne donc à la voix. La voix d’un autre. Aucun livre, aucun imprimeur au monde ne rendra cette voix si quelqu’un d’autre ne s’en mêle pas. Voilà ce qui justifie une lecture, ce qui en constitue le statut et l’autorisation.

Le lecteur silencieux est seul. Bien sûr, il dialogue avec son livre, il entre dans le texte… mais ceci est insuffisant. Une lecture, grâce à la voix et, peut-être aussi, à l’apparence du lecteur/acteur, se saisit du texte, sans mise en scène, sans maquillage, sans mouvement, sans costume, sans effet de lumière particulier - une lecture suppose simplement une table, une chaise, peut-être un micro et un livre avec un lecteur qui lit - et, avec ce minimum-là qui n’est pas du théâtre, montre au lecteur un autre lecteur, autrement dit lui-même. Tout à coup le lecteur devient la mesure de toute chose. Ce qui se donne à lire n’est pas le livre mais le livre lu. C’est un pont, le livre fait la moitié du chemin, est apprivoisé. Le lecteur/acteur dans le texte, faisant corps au texte, change le goût du livre et efface une grande partie de l’intimidation de la lettre, littéralement. Se voir soi-même lire le livre ne remplace pas la lecture silencieuse et intime, mais constitue un acte très fort, d’une égale légitimité. J’imagine une société où les citoyens se liraient sans cesse des livres et où cet acte serait naturel et normal.

Ne pas confondre lecture et théâtre.
Aujourd’hui nous assistons à une floraison de lectures, " ça lit " de tous les côtés. Pour des raisons économiques, les lectures remplacent le théâtre : cela coûte bien moins cher d’avoir un seul acteur qui lit un livre que dix acteurs qui l’ont appris par cœur et répété deux mois, qui ont besoin de lumière, de costumes… L’inflation des lectures à laquelle nous assistons menace le théâtre... si toutefois la place respective de chacun n’est pas repensée.
Je lis moi-même beaucoup en public, par plaisir, et parce que j’aimerais être de ceux qui, un peu comme les gens de théâtre d’avant-guerre (Cocteau, Guitry...), avaient un pied dans la littérature et un autre dans le théâtre, le cinéma ou la danse … Je trouve tout à fait normal pour moi de fréquenter autant d’écrivains que d’acteurs. Après la guerre, les arts se sont spécialisés. Peu à peu la mouvance du théâtre populaire a fermé la porte aux poètes, aux peintres. De son côté le cinéma a subi positivement, mais aussi négativement, la Nouvelle Vague : théâtre, peinture, textes, ont tendu à disparaître au cinéma.

Lecture régressive ?
Nous sommes en train de réinventer l’hypocrites du pré- théâtre grec. Le théâtre a commencé avec Eschyle décidant de placer non plus une seule personne devant le chœur, mais deux acteurs entrant en dialogue. Cet écart entre les hypocrites a fait naître la scène.
Trop souvent, les lectures pratiquées aujourd’hui restent en amont du théâtre ; elles sont le signe d’une réelle régression car elles suscitent souvent une ferveur presque religieuse : l’acteur/lecteur est pris pour un pasteur, un passeur lisant La Parole. L’auteur importe peu. Ecriture et parole sont confondues : le prêtre ne parle pas, il est parlé par l’écriture. Tout à coup, la parole semble devenir pleine. Alors que la poésie doit, au contraire, nous faire suspecter la langue, nous faire entendre d’autres mondes. Sa lecture devrait provoquer un " dé-collage " de la parole et de l’écriture, un " dé-tatouage ".

Poésie et lecture
La poésie contemporaine appelle la lecture : les poèmes sont des voix glacées dans l’encre qui doivent être libérées du livre-objet par de la voix. La poésie est un appel, tout simplement. Même la poésie très écrite de Mallarmé se lit et se dit : il y a une voix derrière elle. Dans les textes d ’Hélène Cixous, l’indécidable (entre le féminin et le masculin par exemple) prend une large place et leur lecture suscite d’autres formes d’indécidable, de pluriels… pourtant rien ne peut échapper à la voix. Les phrases ou les vers les plus abstraits sont encore de la voix parce que la poésie suppose rythme, longues et brèves, jeu des assonances et des allitérations, ce qu’un lecteur " à l’œil ", tenant le livre à la main ne lit pas, n’entend pas.

Lire René Char…
René Char est dans la phrase définitive, la formule. Une formule chiffrée, à méditer. Chaque phrase est comme la première ou la dernière écrite. C’est le propre de toute écriture poétique. … Comment lire Char ?
Dès que l’on est attentif au signifiant, même si le lecteur/acteur n’est pas assez fin, n’entend pas assez loin (il faut des oreilles de chauve-souris pour entendre la poésie), dès que ses lèvres s’appliquent à prononcer les longues, les brèves, dès que sa lecture est juteuse, en bouche, elle fonctionne. Il m’est arrivé, je l’avoue, de lire une phrase sans la comprendre sur le moment…trop tard je l’avais lue en public…Mais je l’avais prononcée le mieux possible et elle avait fait son chemin. On lit la poésie en chérissant le signifiant, la lettre même du texte, et sans imposer un écran interprétatif abusif devant le texte.
Cela ne signifie pas pour autant lire de manière atone et neutre, car ce mode-là est déjà une interprétation… Au théâtre : le fameux espace vide de Peter Brook est toujours un décor, et quand Claude Régy demande à ses acteurs de donner le texte sans bouger, c’est aussi une mise en scène et un écran interprétatif, qui se croit léger mais qui est, en fait, bien plus lourd qu’une surcharge de mouvements ou de gesticulations…Vous aurez compris que je ne partage pas cet ascétisme, un peu " protestant " à mes yeux.
Bref il ne faut pas maintenir une distance qui ait l’air de ne pas se mêler de la profondeur du texte. Il faut s’en mêler, avec humilité, en donnant cette impression que " c’était cette fois-ci, ce jour-là " et que " ce sera une autre fois autrement ". Si cette " dramatisation " se fait à bon escient, avec tact et doigté, avec délicatesse, alors on peut appuyer sur un mot, mais en montrant toujours à quel point c’est une intention d’acteur, comme une note de traducteur en bas de page… Un lecteur devrait toujours laisser entendre cette " note de l’acteur ".

Sur des vers de René Char
"L’homme fuit l’asphyxie.
L’homme dont l’appétit hors de l’imagination se calfeutre sans finir de s’approvisionner, se délivrera par les mains, rivières soudainement grossies.
L’homme qui s’épointe dans la prémonition, qui déboise son silence intérieur et le répartit en théâtres, ce second c’est le faiseur de pain." (René Char, Seuls demeurent, " Argument ".)
Voilà une métaphore effilochée à l’infini jusqu’au moment où elle s’épuise … " s’épointe ", " déboise son silence intérieur et le répartit en théâtres " : la poésie-nourriture… On pourrait dire, avec Derrida, que la langue est métaphore, même quand elle croit être la plus littérale et la plus plate. Mais si Char n’avait pas été content de " s’épointe ", il n’aurait pas écrit cette phrase.

La forme-sens poétique, ou le mot avec l’idée
Je demande à mes élèves du Conservatoire, en travaillant Racine, d’abandonner cette idéologie lamentable qui consiste à traduire le texte d’abord avec leurs propres mots avant d’aborder les mots du poète. Ce
" avec vos mots d’abord " n’a aucun sens : ce n’est pas le personnage d’Hermione qui compte mais l’aventure de la langue travaillée par Jean Racine. Hermione ne préexiste pas à son texte, de même, la phrase ne préexiste pas au choix de tel ou tel mot. Si je dis : " s’épointe " [Daniel Mesguich prononce lentement le mot en soulignant légèrement le " p ", le " t " et le " e " atone] alors cette phrase est autorisée. Si je la lis rapidement et sans travail [Daniel Mesguich relit le texte en l’ " avalant "] alors cette phrase n’a plus de sens et ne correspond pas à ce que le poète a écrit. C’est pour cette raison que la lecture est nécessaire, la lecture d’un acteur, qui lira avec humilité mais avec couleur et chair. Pour moi ce que Char appelle " théâtres " ce sont ses phrases. Ses aphorismes sont des théâtres.

"Le poème est l’amour réalisé du désir demeuré désir."
René Char, Seuls demeurent, " Partage formel "
En poésie, le référent s’invente dans le temps même de son écriture. Le référent n’existe pas en dehors de la phrase. De manière diffuse, lointaine et assourdie, il se fait entendre, mais le mot a absorbé la réalité.
Toute poésie est un échec, elle indique un sens ou une réalité, ailleurs, mais dit, dans le même temps, la faillite de la langue, insuffisante à nommer cet ailleurs : un ailleurs à écrire encore, mais " impossiblement ". Même les aphorismes de Char ne sont pas pleins et subissent une hémorragie : ils perdent leur sens et leur sang, leur force et leur couleur parce qu’ils voudraient aller plus loin encore : un aphorisme à la place d’un autre aphorisme qui aurait été plus fort, plus vrai, plus manifeste, plus indubitable, plus définitif. D’échec en échec, la réussite littéraire apparaît.
La poésie se " regarde le nombril ", mais non dans un sens égocentrique banal : en se faisant, elle ne cesse d’interroger le faire. La prose a confiance dans les mots pour communiquer, prouver, convaincre. En poésie, rien de tel : les mots sont là, le lecteur doit s’en contenter et s’en saisir. Ce phénomène aussi se dit et se montre quand on lit la poésie à haute voix. Le lecteur/acteur prononce le texte comme s’il venait de trouver un message lancé à la mer et que simplement, il nous le répétait… Je trouve cette attitude assez belle : l’acteur dit à son tour, fait le porte-voix littéralement. Le livre était fermé, il l’a ouvert et rien de plus.
"Comment m’entendez-vous ? Je parle de si loin…"(René Char, Feuillets d’Hypnos.)
René Char écrit pour réveiller le lecteur mais en même temps il revendique l’héritage d’une malédiction poétique … Le texte rappelle la posture du poète, à sa table, conscient d’être l’artiste écrivant. Cette posture est aussi rappelée par celle du lecteur/acteur : si j’arrive devant un public et que je dis " Comment m’entendez-vous je parle de si loin ", c’est moi lecteur qui prononce cette phrase et y mets mon sens, mon interprétation et la référence au contexte précis de la lecture… le texte dit la situation.
Au fond, les textes ne sont que les dialogues d’un scénario absent. Ce scénario est à inventer non dans une mise en scène déployée dans l’espace, non dans la tension, dans la déconstruction, non dans la contradiction des analyses, comme il faudrait le faire au théâtre, mais, pour une lecture, en indiquant simplement qu’il manque l’essentiel : la présence, le corps, la voix… c’est un semblant de corps que celui du lecteur/acteur, et c’est ce qui est beau.
La lecture à haute voix est un révélateur de qualité de l’écriture. Paradoxalement, plus le texte est écrit, plus il se lit à voix haute, plus il est beau à dire…Les textes médiocres ne " passent pas " l’épreuve de la lecture. Il y a un accord tacite entre l’encre et la voix.
Je me souviens avoir lu la poésie de René Char dans son pays à L’Isle-sur-la-Sorgue où j’ai longtemps eu une maison. J’étais dehors au milieu des grillons, je lisais à voix haute."



PARUTIONS

- Dans le privilège du soleil et du vent, pour saluer René Char, ed. La passe du vent
Ouvrage qui réunit les textes des écrivains suivants : Patrice Bégghain, Malika Bey Durif, Roger Dextre, Syvlie FAbre G., Albane gellé, Patrick Laupin, Françoise de Luca, Samira Negrouche, Didier Pobel, Marc Rousselet, André Velter, Abdallad Zrika ; avec la contribution exceptionnelle du photographe Eric Dessert.
160 pages - 12 euros

- René Char, catalogue de l'exposition de la BnF.
Catalogue illustré de près de 200 reproductions a été rédigé et préparé par Antoine Coron, directeur de la Réserve des livres rares de la BNF, qui avait déjà organisé, en 1980, en présence du poète, l'exposition " René Char : manuscrits enluminés par les peintres du XXe siècle ". Il comporte, outre la présentation et la description de 380 pièces, les textes de trois auteurs ayant bien connu Char : Dominique Fourcade, qui dirigea en 1971 le cahier de L'Herne consacré au poète, François Vezin, qui participa de 1966 à 1969 aux trois " séminaires du Thor ", et Jean-Claude Mathieu, dont la thèse sur la poésie de Char fait toujours autorité.
Sous la direction d'Antoine Coron, Coédition Gallimard / BNF, 2007,264 pages ill. - 49 €

- Pays de René Char, par Marie-Claude Char, Flammarion
Un voyage dans l'intimité de la création poétique et des villes et régions qui furent particulièrement chers à René Char. La vallée de la Sorgue, Paris, Céreste et l'Alsace furent des lieux de vie et d'inspiration à l'origine de ses principaux recueils de poèmes et de courts textes (aphorismes ou poésies). L'iconographie comprend notamment des reproductions de dessins et de lettres.
280 pages - 45 euros

- René Char, par Paul Veyne et Laurent Greilsamer, éd. Culturesfrance
Tout au long de sa vie, René Char a résisté. Né le 14 juin 1907, sept ans avant la Première Guerre mondiale, il est mort peu avant la chute du mur de Berlin.Cet ouvrage s'attache tant à l’œuvre poétique de René Char qu'à suivre l'itinéraire d'un homme épris de liberté.
122 p. illustrées - 20 euros. Distribution par La Documentation Française.

- René Char. Le géant magnétique, hors-série de Télérama
Pour revenir longuement sur l’itinéraire personnel et poétique de celui qui inscrivait ses pas dans ceux de Rimbaud et écrivait : " Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver. "
100 p., 7,80 €.



Bonus :

Un site original sur le poète : René Char entre fureur et mystère.
http://www.poesie-en-liberte.org/actualite/le-poete-de-l-annee/

Vidéos sur Youtube aux adresses :



http://fr.youtube.com/watch?v=YR2UNZxOyRg
René Char , Fureur et Mystère




http://fr.youtube.com/watch?v=uVSxJruWj8Q
Rencontre à la Fnac à l'occasion du centenaire de la naissance de René Char. La veuve et le biographe du poète évoquent ses amitiés.






Publié le 22 septembre 2007 à 03:40
Par flicorse
LIENS DE SANG, Editions L'Ecailler du Sud
site de l'Editeur: http://www.editionslecailler.com



Edmond Zucchelli, né en 1960, a été journaliste à Europe 1 de 1985 à 1998. Présentateur de journaux, grand reporter, puis rédacteur en chef, il a été en charge des développements numériques au sein de la rédaction d'Europe 1. En 1997, il fut le concepteur de la première plate-forme éditoriale de diffusion pluri-média en Europe.
Directeur éditorial du portail Club Internet, puis créateur et directeur-général de France Télévisions Interactive, jusqu'en 2002, il est un expert des nouveaux médias numériques et de leurs business models. Il est professeur à Euromed Marseille.
Nous avons trouvé trace de sa participation au 2ème forum des industries culturelles, les 27 au 29 janvier 2005 à Arles sur le thème "Les stratégies de l’indépendance", s’interrogeant sur la question de l’indépendance et ses enjeux dans le monde de la création de contenus et, en ce qui le concerne, plus précisément sur le Numérique : menaces et opportunités.

Edmond Zucchelli est l'auteur de deux essais : La Peste Informatique ( co-auteur : Alain Acco 1988, Calmann-Lévy) et L'Enfance Violée ( co-auteure Danielle Bongibault -1989, Calmann-Lévy). Il est aujourd'hui romancier (Les Liens du Sang, 2007, l'Ecailler).


Présentation de "Liens de Sang" par l’Editeur :
Diego Le Matt a plusieurs vies. Ex-membre des services actifs, ex-gitan de la banlieue nord de Marseille, ex-beaucoup de choses, Diego aujourd’hui cherche sa vérité en la personne de celle qui pourrait être sa sœur, ou l’amour de sa vie, ou les deux, et qui a été enlevée par le parrain du milieu marseillais. Dans un bistrot en bord de mer, Diego fait la connaissance de Bébert, un homme plus âgé avec qui il semble partager bien des secrets et qui semble aussi doué que lui pour l’action, le maniement des armes et le retournement des hommes... De l’action encore de l’action, qui mènera le duo jusqu’en Floride avant un dénouement marseillais explosif.



Notre avis sur Liens de sang, paru aux Editions L'Ecailler du sud en Mai 2007:

Liens de sang apparaît comme un polar polymorphe, un thriller sur fond de tragédie grecque… mais nous sommes à Marseille, et la tragédie grecque aura-t-elle une fin de conte de fée pour " Alice au pays des gitans " et son héros ?…
Lorsqu’Alice demande à Diégo : " Et c’est quoi ton métier au juste ? ", il lui répond : " Un métier de con, où tu récupères des princesses, où tu sauves le petit Poucet, et où tu attaques des châteaux avec un cheval et un seau d’eau ". Le petit Poucet se prénomme Ludo. Le grand seigneur du château est le cruel Tracchiani , ancien époux de la vraie mère de Diégo, père d’Alice et parrain de la maffia… Alice sauve Lido des griffes de son père, Diégo sauvent Lido et Alice qui tombe amoureuse de Diégo. Mais voilà !… Diégo serait le demi-frère d’Alice et contrarie une opération criminelle dirigée par celui qui serait donc son père ne pouvant ainsi devenir son beau-père, si nos deux tourtereaux devaient aller jusqu’au mariage. Roméo et Juliette, à côté de cela, c’est une bluette. Normal ! Je vous parle d’un polar. Alice et Diégo ne sont pas Antigone et Polynice… Il ne s’agit pas de nobles héros. Normal ! Je vous parle d’un polar qui vous offrira, en bonus, une aventure avec une mise en scène proche de celles de Steven Spielberg sans la série « Indiana Jones3... Les effets spéciaux sont à réaliser dans votre imaginaire.
Bien sûr, il s’agit d’une fiction et d’aucuns y trouveront l’invraisemblance d’une épopée héroïque, mais la réalité y est humaine. Les personnages sont hauts en couleur, comme le père adoptif de Diégo Le Matt, ce gitan Zacharias, inséparable de la guitare qui, avec son épouse Amina, aurait pu figurer dans un film de Tony Gatlif…
Jean-Claude Izzo disait "Par n'importe quel bout qu'on prenne les choses, on en revient toujours au même endroit. Là où on a les pieds. dans la merde"… C’est ce que fait Diégo Le Matt en revenant à Marseille…

A Marseille, des gitans se sont sédentarisés parce que c’est une ville nomade… " une plaie ouverte aux flancs des continents ", un lieu de concentration, le point de départ vers des voyages imaginaires ou réels. Comme la méditerranée rythme les jours, elle marque l’équilibre entre immobilité et mouvement, sédentarité et nomadisme. C’est la ville de l’ici et des ailleurs…

L’un des plus grands poètes de la cité phocéenne est Louis Brauquier dont nous reproduisons le texte intitulé " Et l’ au-delà de Suez "

Et nous leur parlerons, nous, de la vieille Europe .
Aux hommes des pays où nous aborderons,
Aux sages d'Orient, qui voient couler les fleuves.
Et ce sera comme un récit de petit-fils .
Qui reviennent enfin au berceau de leurs âges
Par le chemin des invasions, les croisements
Des races emmêlées au creux des grandes routes
Et les ports, plaies ouvertes aux flancs des continents.

Nous, dont le sang brûlant ne connaît que sa force
Nous les hommes des ports,
Nous qui avons compté les visages des races,
Nous qui tournons les yeux
Vers d'autres ports dont les noms sont beaux d'aventures,
Chauds et mystérieux,
Peut -être, cherchons-nous à travers les mâtures,
A retrouver nos dieux.
Qu'importe? nous dirons aux races immuables
Ce que nous avons fait.
Nous dirons la montée des villes, la puissance
Assise au bord de mer.

Nous dirons qu'en dix jours, de Londres ou de Marseille,
On va jusqu'à Bagdad,
Qu'on parle à haute voix par dessus l' Atlantique,
Et que New York répond.
Nous dirons que la mer entoure de ses algues,
Les câbles sous-marins,
Et qu'on a mis des noms de ville sur le sable,
Jusqu'au centre africain.

Et chacun vantera son port parmi les villes ;
Tu parleras d'Anvers,
Et toi de Gênes, toi de Liverpool et moi,
Je leur parlerai de Marseille.
Ils nous demanderont alors si le bonheur
Est parmi nos conquêtes,
Les sages méditant les préceptes antiques,
Qui ne sont pas pastis.
Ceci se passera dans un bazar de l'Inde
Ou dans un café de Stamboul.
Pourquoi, nous diront-ils, chercher, la vie est brève,
Et Allah seul est grand.

Nous ne répondrons pas, car nous, nous ne parlons plus
La même langue,
Adieu amis, vieillards adieu, notre vie est
Celle du monde.



Ce poème est d’abord paru dans un recueil portant le même titre et publié dans la Revue Le Feu… On le trouve dans un recueil récent intitulé " Je connais des îles lointaines " ( Dernière parution en 2000 aux Editions La table ronde )..







Bonus :

- Interview « Le journal du Net » d’Edmond Zuchelli lorsqu’il a pris ses fonctions de directeur général de FTVI en février 2000. Voir à l’adresse ci-dessous :
http://www.journaldunet.com/itws/it_zucchelli2.shtml

- Biographie de Louis Brauquier sur site « Marseillais du monde », à l’asdresse ci-dessous :
http://www.marseillais-du-monde.org/iles_lointaines.php3



Né le14 août 1900, Louis Brauquier passe son enfance à Saint-Mitre-les-Remparts et fait ses études au "Grand Lycée"(actuel Lycée Thiers) de Marseille. Embauché en 1918 comme commis des Douanes chez Madame Moreau, il est ensuite journaliste au Radical en 1920. Il rencontre Gabriel Audisio et participe à la fondation de la revue La Coupo, une publication d'inspiration provençale, puis rejoint Fortunio de Marcel Pagnol et Jean Ballard qui deviendra entre les deux guerres Les Cahiers du Sud. À vingt-deux ans, il est déjà le poète reconnu de Marseille et de la vie portuaire auxquels il consacre son premier recueil Et l'au-delà de Suez. Ses premiers écrits lui valent en 1923 le prix de poésie Catulle-Mendès.
Muni d’une licence de droit, il réussi le concours du commissariat de la Marine Marchande et entre aux Messageries Maritimes, naviguant sur les lignes de Méditerranée et d'Extrême-Orient. Tour à tour en poste à Sydney, puis à Nouméa, il publie en 1931 une série de poèmes Eau douce pour navires. puis en 1932 un drame Pythéas. A partir de 1934, il réside à Alexandrie où il écrit Le Pilote. Mobilisé comme caporal dans le Génie en 1939, il devient interprète auprès de l'armée anglaise. A son retour, il publie Liberté des Mers. De 1941 à 1947, il est en poste à Shanghaï sous l'occupation japonaise, puis en 1948 à Diego-Suarez. Agent général des Messageries Maritimes de 1952 à 1955, il séjourne à Saïgon, Colombo, Sydney et Alexandrie dont il est expulsé lors de l'expédition franco-anglaise de Suez avant de repartir pour Sydney et Nouméa. Faisant valoir ses droits à la retraite, il se retire à Marseille en 1960. En 1962, le Grand Prix Littéraire de Provence lui est décerné. Il devient Membre de l'Académie Ronsard en 1963. Il publie encore Feux d'Epaves en 1970, avant d’obtenir en 1971 le Grand Prix de poésie de l'Académie française et la Grande Médaille de la ville de Marseille. Il décède le 7 septembre 1976 d'une congestion cérébrale, alors qu’il se rendait à Paris au chevet de son ami Gabriel Audisio, hospitalisé.








Publié le 16 septembre 2007 à 12:25
Par flicorse
Des mots pour jouir de Martin aux Mystères d’âmes de Martine …

Dans " Les mots pour le dire " de Marie Cardinal- ( Editeur : LGF - Livre de Poche- 1977 -Collection : Livre de poche), la narratrice se décide à forer dans les méandres de son passé, au risque d'endurer au début des souffrances plus dévastatrices, semble-t-il, que le mal. Alors, peu à peu filtre la lumière. Celle que la conscience met à jour, réduisant l'angoisse, anémiant la névrose, acculant le silence aux mots.



Les " mots pour le dire ", arrachés douloureusement du silence, s’épanouissent chez Martin Melkonian dans"Les mots pour jouir ", titre de son nouveau roman : Editeur : Intervalles, Publication :1/9/2007 - ISBN : 9782916355184 - 151 pages .

L’écriture du " Minaturiste " est née des cendres. Le petit héros de papier est la plume d’un Phénix… Notre dernier article sur cet auteur remonte au 27 juin 2007 pour son ouvrage " Un petit héros de papier " et nous l’avions découvert avec l’un de ses premiers " Le Miniaturiste ".

Nous disions que, au bout de notre lecture, l’écriture née des cendres du petit héros de papier apparaît bien comme celle d’un phénix à la plume flamboyante qui enlumine et rend la lecture jouissive.



Martin Melkonian
est l’auteur, entre autres, d’une suite autobiographique qui comprend notamment Désobéir (Seuil), Loin du Ritz (Seuil), Le camériste et autres récits (Maurice Nadeau).

À l’heure où l’écriture de l’intime se confond souvent avec de la poussière d’alèse, il réinvente les mille éclats de désir qui sous-tendent l’écriture et partage merveilleusement dans ce texte enchanteur son immense génie des mots.

quatrième de couverture :

Il y a des pulsions, des sensations, des pensées, il y a des amours, il y a des voyages, il y a la pression sociale, il y a la solitude, il y a quelques nuits, des dates et des dates piquées à l'abandon dans les pages, il y a l'échange amical, il y a la tentation de juger et de s'enfermer, il y a la volonté de se transformer, il y a l'appel de la maison lointaine, de la campagne, de la mer, du Mont-Saint-Michel, il y a la mort d'une mère. Tout cela se touche sans se rejoindre, à l'image du réel où, à cause du désir qui nous meut, nous faisons chacun l'expérience du manque.
L'écriture du journal intime ne comble évidemment pas ce manque majeur et générique. Il n'en demeure pas moins qu'elle se découvre responsable d¹une vérité restituée signe après signe. C'est un acte toujours ouvert. Un acte extime.

Extraits/ morceaux choisis:

Je m'éveille à quatre heures, capté par le silence et, aussitôt, m'emporte le courant d'un fleuve. Je m'imagine (ma situation géographique manque de précision) sur une barque qui tangue à peine. Bien sur, nul clapotis. C'est la voie.
Le changement est tel que je perçois les anciennes réactions au moment où se manifestent les nouvelles, sans qu'il y ait eu, au préalable, de modification de principe du moi. le mot 'juste' flotte alors comme un drapeau dans un environnement qui se découvre au fur et à mesure que le temps s'écoule. Non pas, dans l'absolu : 'Comment être juste ? ', mais : 'Tâcher d'être juste ici, dans l'instant'
.
châpitre:18 janvier-page 34 - éditeur Intervalles - date d'édition 2007 -

Qu'est-ce qui se joue dans la relation sexuelle ? Qu'est-ce qui joue là ? Si c'est l'enfant, il n'y a pas sa place. Dans la relation sexuelle, l'enfant intérieur aspire à la fusion. Il y aspire d'autant plus qu'il se protège de l'effarement du corps à corps.
Eros n'abolit pas la distance entre êtres. D'une extrême proximité peut résulter une déconstruction. L'intensité de la jouissance ne dit presque rien d'un être. Elle risque, en outre, d'assommer la relation. Je préconise la distance sans toujours parvenir à la ménager. Je garantis ma force pressentie de la toute-puissance orgastique. Je récupère mon reste là où je prolifère. Au bord de la fusion, je rappelle la solitude mortelle. Je cherche à respirer malgré l'étreinte.

chapitre : 18 Mai - page 62 - éditeur Intervalles - date d'édition : 2007



Au moment de la sortie du dernier ouvrage de Martin Melkonian, je venais de lire un article sur le blog de Martine Rousset, auteure d’un premier recueil de nouvelles intitulé " Mystères d’âme " , Editions Fior di carta…

L’article s’intitule " Mots et merveilles " et il commence comme suit :

" J’ai deux mots à vous dire à propos du mot... " mot ". Trois lettres seulement et pourtant à lui seul il porte la terre entière… Omniprésence du mot même lorsqu’il n’est pas prononcé. Il est alors un geste. Le mot " geste ".
Tout au long de notre vie, nous cherchons nos mots. A moins que ce ne soit les mots qui nous cherchent ? Ne naissons-nous pas sans mots et sans même soupçonner leur existence ? Les mots viennent ensuite. Peu à peu, ils s’insinuent. Nous balbutions des mots étrangers pour les apprivoiser. Assaillis de mots, il nous faut les apprendre pour les dispenser et pour les penser. Les uns après les autres. Mot à mot et mot pour mot.
Les mots nous nourrissent et nous les mangeons même parfois en nous taisant. Ne rien dire. Manger ses mots. Mais dans ce cas, faut-il mâcher ses mots ? Les mots sont quelquefois des musiques lorsqu’ils s’enchaînent. Certains mots retentissent avec légèreté. Ils tintinnabulent. D’autres résonnent pesamment. Lugubrement…
"
Adresse de l’article de Martine Rousset :
http://blog.ifrance.com/martine.rousset/post/475612-mots-et-merveilles

Mystrères d’âmes, Edition A Fior di Carta, 20228 Barrettali , parution Juillet 2007



Par ailleurs, j’ai lu le recueil de Martine Rousset, rencontrée à la journée Livres ouverts de Barrettali dans le Cap corse…

Martine Rousset se présente et présente son ouvrage :

Fille d'un musicien et d'une artistre peintre, je suis née en banlieue parisienne dans l’euphorie des années 60 avec les Beatles et les Rolling Stones. Transportée par quelques rayons de soleil persuasifs, je vis en Corse depuis plus de 25 ans. Tenaillée par le besoin d’écrire, j'ai longtemps oscillé entre poèmes bancals et romans inachevés pour finalement me complaire dans les histoires brèves. Puis, les hasards de la vie m’ont menée à l’idée de faire partager mes écrits. Dans Mystères d’âmes, mon premier ouvrage, se côtoient Josette et Roger, un couple dont le bonheur fait apprécier la dépression et dont la réussite donne envie d’échouer, Ernest, un centenaire qui oublia de profiter de sa vie, Mémé Angèle qui nous raconte gaiement son propre enterrement et quelques autres personnages, tous là pour nous interpeller.
Cependant, si ce livre a été entrepris dans le bonheur, il a été achevé dans la souffrance. La quête aurait pu être une nouvelle mais elle est réellement mon histoire. Une merveilleuse histoire d’amour.

Extrait :

" Nous discourions ensemble des heures durant, la plupart du temps devant un feu de cheminée, chez lui ou chez moi. Nous devisions de la vie, de nos attentes, de nos craintes, de nos doutes. Parfois sérieusement, parfois submergés par des fous rires que nous étions les seuls à pouvoir comprendre tant ils partaient de rien. Nous nous cherchions sans vouloir nous trouver. Nous nous étions trouvés en nous cherchant mais sans y croire. Nous étions deux individus enclins à l’association mais peu ou pas préparés à s’associer. Nous étions amants et amis à la fois, balbutiant dans un mélange maladroit d’exaltation des sens du corps et de l’esprit sans encore parvenir à les connecter. "

Adresse d’une vidéo FR3-Corse :
http://www.kewego.fr/video/iLyROoaft7_y.htm
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