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Mon bloc perso.
Bonavinuta!
Bienvenue sur le blog Corse noir'soeur de vos nuits blanches
Blog non agressif et sans arrière-pensée. ..
Des articles après le Blog perso....
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RE NDEZ-VOUS:

- 5 décembre 2009, Salon Culture et écriture Institut Perrimond Roucas Blanc Marseille 7ème
- Les 20, 23 et 24 décembre 2009 Cultura La Valentine Marseille

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CHANTS CORSES: Pas de lien MP3 mais de l'écoute en ligne aux adresses ci-dessous...

Radio Alta Frequenza

ht tp://www.alta-f requenza.com/in dex.php/fr/webr adios

Radio Voce Nustrale

htt p://adecec.net/ radio/listen.as x

Sur Radioblog

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Le 1er juin 2009 à 22H15 .... 200.000ème visiteur I
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Les dix droits imprescriptible s du lecteur ( édictés par Pennac dans son ouvrage "Comme un roman")
1°/ Le droit de ne pas lire.
2°/ Le droit de sauter les pages
3°/ Le droit de ne pas finir le livre
4°/ Le droit de relire.
5°/ Le droit de lire n’importe quoi.
6°/ Le droit au Bovarysme (maladie textuellement transmissible…)
7°/ Le droit de lire n’importe où.
8°/ Le droit de grappiller.
9°/ Le droit de lire à haute voie.
10°/ Le droit de nous taire.

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A dopu!
A plus tard!
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Corse noire
Publié le 26 octobre 2007 à 17:14
Par flicorse

Doit-on parler de l'Omerta?

" Les dessous de l’affaire Yvan Colonna ", ouvrage écrit par Antoine Albertini et Frédéric Charpier - Les Presses de la Cité ( octobre 2007)



Antoine Albertini est un journaliste corse, correspondant du Monde, qui écrit dans le journal Corsica et sa version en ligne. Frédéric Charpier (né en 1955) est un journaliste d'investigation français et un réalisteur de films documentaires. Il a notamment publié "Au cœur de la PJ" Ed : Flammarion, "Histoire de l'extrême gauche trotskiste en France" Ed : Editions n° 1, "Génération Occident" Ed : Seuil et "L’obsession du complot" Ed : Bourin.



Source RMC : Yvan Colonna a été retrouvé, le 4 juillet 2003, grâce à un détenu contre 300.000 euros. C'est ce qu'affirment Antoine Albertini et Frédéric Charpier dans un ouvrage à paraître cette semaine "Les dessous de l'affaire Colonna". Antoine Albertini l'un des deux auteurs. Ce détenu a livré des " indications précises sur les gens qui ravitaillaient Yvan Colonna " explique-t-il.
Article relevé sur le site de France bleue Frequenza Mora : Une présomption d'innocence à géométrie variable... dénoncent les avocats d'Y.Colonna

« La défense d’Yvan Colonna dénoncé la présomption d’innocence à géométrie variable du chef de l’état…. Nicolas Sarkozy a défendu la présomption d’innocence à propos des soupçons d’irrégularités fiscales qui pèsent sur Bernard Laporte, l’ancien sélectionneur de l’équipe de France de rugby, qui a pris lundi ses fonctions de secrétaire d’état aux sports... Pour Yvan Colonna le chef de l’état n’avait pas pris autant de précautions quand il le présentait comme l’assassin du préfet Erignac dénoncent ses avocats, maître Sollacaro et Simeoni…. On piétine allègrement la présomption d’innocence quand il s’agit d’un berger, à fortiori Corse », estime Antoine Sollac.



Au moment où ce livre sort et à l’approche du procès d’Yvan Colonna, revenons sur un film " Le silence " sorti en 2004 et qui a fait polémique parce qu’il traitait de l’omerta.

Rappel de l’article paru dans L'Express le 20/12/2004 – Polémique - Le Silence fait du bruit par Frédérique Balbinot . Clichés ou réalité? Le film d'Orso Miret sur l'omerta, qui va sortir en salles, suscite des réactions tranchées dans l'île de Beauté



"Certaines personnes en Corse n'accepteront pas de se voir ainsi... même si elles le sont un peu quand même." Ce soir de novembre, au Festival Arte Mare, à Bastia, rares sont les spectateurs de la première projection du Silence qui ne préfèrent pas se taire. Le film du réalisateur d'origine corse Orso Miret gêne, choque et même indigne certains de ses "compatriotes". Car ils savent que, en racontant l'histoire d'un jeune Corse du "continent" (Mathieu Demy) témoin d'un meurtre alors qu'il est en vacances dans son village, le cinéaste leur tend un miroir, peu reluisant mais honnête: celui d'une population rongée par une culture du silence ancestrale, la fameuse "omerta", ce code d'honneur qui voudrait qu'Olivier, connaissant l'agresseur, se taise à jamais sous peine d'être exclu de la communauté et de son équipe de chasse au sanglier, menée par Vincent (Thierry de Peretti, comédien et metteur en scène de théâtre, ajaccien d'origine). A ce cas de conscience Miret apporte une issue brutale: son héros parle et se libère, mais doit quitter l'île par peur des représailles.
Un dénouement qui déçoit et agace le député maire de Bastia, Emile Zuccarelli, grand pourfendeur des poncifs insulaires: "Le film est juste dans sa peinture de la vie de village, la Corse est magnifiquement filmée et les scènes de chasse sont stupéfiantes. Mais ces clichés sur la loi du silence, sur la pression du groupe me font trop souffrir. Cette île risque de crever de sa folklorisation. "

L'atmosphère oppressante du Silence sortirait-elle tout droit de l'imaginaire du réalisateur? "La genèse du film remonte à l'été 1995, lors des règlements de comptes entre nationalistes, raconte Orso Miret. Le climat qui régnait à Asco [le village du film] était alors angoissant; les gens devenaient paranoïaques. Après de tels moments, comment faire un film sur la Corse sans parler de la violence?"

Le film fait aussi songer à Christophe Garelli, jeune militant nationaliste tué à l'été 1998, au cours d'une fête de village, et à l'acquittement des accusés après rétractation des principaux témoins. "Je pense à cette magistrate venue me voir à la fin de la projection à Bastia, poursuit Miret. Elle semblait au bout du rouleau et m'a dit: "'Si votre film pouvait avoir des vertus pédagogiques! Si vous saviez comme c'est dur de trouver un témoin! Il est impossible d'instruire des dossiers en Corse.""
Néanmoins, au sein de l'équipe du film, la dénonciation a posé problème. Pour Thierry de Peretti, parler est une absurdité: "C'est une bêtise, c'est mettre en péril ma vie et ma famille, à moins que l'on ne puisse partir, comme le héros du film. Tout le monde connaît en Corse les interlocuteurs privilégiés des gouvernements successifs: comment donner envie aux gens de témoigner contre des personnes qui sont reçues à Matignon?" "Si l'Etat se laisse aller à discuter avec les assassins, confirme Zuccarelli, il ne faut pas s'étonner que les gens n'aillent pas spontanément se confier à lui. La Corse doit apprendre à vivre comme une région civilisée, où la loi doit s'appliquer."

Toutefois, ce que Miret voudrait aussi démontrer, sans réflexe identitaire exacerbé, c'est que la Corse est un peu à part: "Cette sensation d'être attaché à une culture et en même temps d'y être étranger, mais aussi de vouloir s'y fondre au point de se renier soi-même, c'est dur à comprendre, pour un continental. Je voulais même changer de nom, quand j'étais gamin..." Thierry de Peretti va plus loin: "La Corse est entre Orient et Occident, entre monde moderne et ancien. Dans certaines situations, comme celle du film, il est impossible d'avoir un point de vue uniquement extérieur et analytique. Cela serait occulter le réel d'un territoire." Des propos qui hérissent Zuccarelli, qui n'y voit qu'une caricature: "Les Corses ne sont pas comme ça; ils ont des aspirations très modernes, comme tous les Français. Arrêtons de cultiver l'archaïsme de ce pays!" "La Corse, ce n'est pas que Le Silence, mais c'est aussi cela", plaide Miret. Le maire de Bastia, lui, souhaiterait qu'il y ait "des films qui se passent en Corse, mais pas trop qui traitent de la Corse". Pourtant, cette île changera par l'art, le récit et... la prise de parole.





Adolescent, Orso Miret tourne ses premiers films avec la caméra super 8 de son père. Assistant en auditeur libre à des cours de cinéma à Nancy, il suit après le bac des études de lettres modernes. Monté à Paris, il s'inscrit à la FEMIS, où il a pour camarades de promotion Hélène Angel et Jean-Paul Civeyrac. Dans ce cadre, il tourne plusieurs courts métrages, notamment Monumentaire, un documentaire sur les célébrations du Mont Valérien. Il se fait remarquer grâce à deux courts métrages qui font le tour des festivals, Dans la forêt lointaine en 1995 et, l'année suivante, Une souris verte.

Orso Miret réalise en 2001 son premier long métrage, De l'histoire ancienne, œuvre ambitieuse sur le deuil et la culpabilité, mêlant le destin d'une famille aux traumatismes de la Seconde Guerre mondiale. Présenté au Festival de Cannes dans le cadre de la Semaine de la Critique, le film décroche le Prix Jean-Vigo et recueille les suffrages de la critique (prix du premier film français)

Le Silence est déjà le titre d'un film que Bergman réalise en 1963 et celui du second long métrage d’Orso Miret. Le village choisi pour le tournage est aussi celui où, raconte-t-il, il est plus qu'ailleurs le fils de sa mère : " mon attachement à la Corse passe beaucoup par ma mère - là-bas, je suis le " fils de ma mère " avant d'être le fils de mon père."

Il faut donc voir une part autobiographique dans le scénario : un couple passe ses vacances d'été en Corse dans le village de montagnes dont la mère du jeune homme, Olivier (Mathieu Demy), est originaire. Tandis que sa compagne Marianne (Natacha Regnier), découpe son temps en siestes et baignades, trouvant entre la rivière, la maison et le paisible passage des jours, un rythme accordé à celui " naturel " de la gestation que son corps est en train d'accomplir, puisqu'elle est enceinte de trois mois, Olivier, pour qui la paternité n'est encore qu'une réalité abstraite, se trouve submergé par les fantasmes liés à son sens culturel. Ainsi, cherchant à prendre place dans la communauté des hommes (les pères), il participe presque quotidiennement aux longues battues matinales qui préparent, si la chance sourit aux chasseurs, la mise à mort d'un ou plusieurs sangliers… Mais bientôt, témoin d'un meurtre, il doit faire face à un autre aspect de la culture qu'il tente de rejoindre : la loi du silence.

Dans un article Loi du poncif sur le site Fluctuat.net, Hélène Raymond écrivait en 2004 : Comme les deux personnages principaux, étrangers au lieu mais plongés dans le paysage, au cours du film, le spectateur est confronté à une tradition jalouse de son indépendance et cependant ouverte, accueillante, au prix d'une initiation dont la douleur ou la difficulté ne doit pas rebuter celui qui se soumet à son déroulement rituel. Sont-ce des poncifs ? Les éternels arguments d'une authenticité qui fait le bonheur des agences de voyage ? Le très beau plan de lune pleine et rayonnante entre les montagnes noires et le ciel marine, monté deux nuits de suite (!), ne recule, en tout cas, devant aucune concession à l'esthétique pour mieux vendre ce que la mise en scène réduit alors aux dimensions d'un produit : la Corse, territoire magique où toutes les nuits la lune est un parfait disque d'argent.
Par ailleurs, le cinéaste lie la représentation de cette culture à une thématique de l'enfantement, désarmante de simplicité, où la parole longtemps retenue est ramenée au cri inarticulé du nouveau né. Car le silence d'Olivier, on le comprend, perturbe sa relation avec Marianne et compromet la venue de l'enfant, tandis que sa parole le protège tout en affirmant son identité. Ainsi, en un vertigineux mouvement régressif, se confondent le cri du nouveau né et la parole de l'homme libre, c'est-à-dire aussi, gestation et création. Est-ce un poncif à l'horizon duquel les femmes sont une fois de plus destinées à enfanter des hommes, seuls capables d'enfanter les œuvres ?



Donc, la question pourrait se poser aussi de la façon suivante : Doit-on établir une loi du silence sur l’omerta accompagnée d’un loi anti poncifs lorsque les cinéastes et les écrivains parlent de la Corse?



Faudrait-il se taire sur l’omerta en elle-même? Finalement, est-ce bien l’objet de la polémique, en y réfléchissant bien ? Le Maire de Bastia s’est insurgé récemment, comme il l’avait fait en 2004 au sujet du film " Le silence ", contre la série La Mafiosa " diffusée par Canal+. Il combat davantage les poncifs plutôt que de défendre l’omerta et le banditisme qu’il considère comme parmi les principaux traits de caricature des Corses et les clichés cinématographiques ou télévisées mettant en scène des Corses. On peut comprendre que la répétition de ces poncifs malveillants agace parce qu’ils se sont inscrits et sont entretenus dans l’imaginaire collectif au détriment du peuple corse.

" La Colomba de Prosper Mérimée, je l'aurais bien étranglée. Le film montre un crime de droit commun qui aurait pu se passer dans n'importe quelle région…" avait dit l’élu Bastiais. Il faudra bien admettre un jour que la corsité n’est pas un package " violence/omerta ". Ces avatars ressassés sur les Corses sont largement partagés avec le reste du monde. et, pour cela, il ne faut pas fustiger Miret parce qu’il les met en scène dans l’île. Qu’on l’appelle Omerta ou mutisme des témoins et des victimes, qu’il soit corse ou d’ailleurs, le silence ne doit pas être un gage d’impunité pour des délinquants et des criminels de droit commun. La loi du Milieu ne doit pas être celle des honnêtes gens. Bien sûr, le problème devient plus complexe lorsqu’il s’agit de terrorisme et de revendications politiques mais , dans ce cas , si le silence peut se justifier par l’adhésion à une cause même hors-la-loi, il ne peut pas trouver une source morale dans la lâcheté d’un côté et un comportement fasciste de l’autre. La loi du silence n’est pas une spécialité corse mais refuser d’en parler serait " ajouter du silence au silence ", en Corse comme ailleurs. Rien ne sert de se fermer les yeux, les oreilles et la bouche car les jambes seules ne suffisent pas à un peuple pour avancer. Le silence coupe du passé et enferme l’avenir de la jeunesse corse si toutes les vérités doivent rester dans le Musée secret de la mémoire. On ne construit pas une histoire humaine sur le silence.. La Corse ne doit pas devenir le pays que Jean-Pierre Santini décrit dans son roman noir d’anticipation, Nimu: « On vivait une ère d’errance. Les uns passaient à proximité immédiate des autres comme des objets mobiles, extraordinairement neutres, glissant en orbites lentes dans une sorte de nomadisme intersidéral. Il semblait que l’on se fut lassé de tout et des mots par-dessus tout. Depuis bien longtemps d’ailleurs, il n’y avait plus de littérature. La communication sociale en était réduite à quelques consignes utiles.»

Le film de Orso Miret n’a pas eu de palme d’or, mais on connaît le dicton : " La parole est d’argent et le silence est d’or "… Cela voudrait-il aussi dire que l’on paie moins cher la parole que le silence? Selon les journalistes qui ont écrit l’opus " Les dessous de l’affaire Colonna ", un témoin anonyme aurait été payé pour aider à l’arrestation de Colonna. Si l’achat du silence est immoral, que doit-on dire de celui de la parole avec ses risques de délation? Mon propos n’est pas de donner une opinion sur l’innocence ou la culpabilité d’Yvan Colonna. En droit français, tant qu’il n’est pas jugé, il est présumé innocent. Par contre on peut se poser la question de savoir où est la vérité lorsque les uns sont accusés d’acheter le silence ( ou d’y contraindre) et les autres de rémunérer les témoignages? A cause de l’omerta, la Justice relaxe-t-elle des coupables et punit-elle des boucs émissaires? Le silence, selon une expression corse, tordrait-il le nez à la justice ? Voilà des premières pistes de réflexion…sans parler des victimes et de leurs familles qui peuvent en arriver à avoir comme seul recours la vendetta. Il faut qu’on en parle au lieu de laisser les autres nous caricaturer sans vraiment nous connaître.



Le Silence
Film couleur, 104 min, 35 mm, scope, DST Numérique, France
Réalisation : Orso Miret
Scénario : Orso Miret, Roger Bohbot, Agnès de Sacy
Principaux interprètes : Mathieu Demy, Natacha Régnier, Thierry de Peretti, Muriel Solvay, Agnès Massei, Pierre-Marie Mosconi, Didier Ferrari, Laurent Barbolosi, Olivier Guglielmi
Sortie en salles le 29 décembre 2004


Adresse pour visionner la bande annonce : adresse ci-dessous

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18373169&cfilm=53878.html





Publié le 25 octobre 2007 à 12:39
Par flicorse





France Bleue Frequneza Mora et de l’association Corsica Diaspora ont annoncé la Journée mondiale de la diaspora pour …

Vendredi 26 octobre 2007

         
Les différents rendez-vous de la journée sur les ondes de France Bleue Frequenza Mora :

7h 45 L'invité de la rédaction
Edmond Simeoni, président de l'association Corsica Diaspora.

12h 10 Magazine de la rédaction
A l'occasion du derby de ligue 2 entre Ajaccio et Bastia, ce vendredi soir, l'invité du mag foot sera Lulu Accorsi.
L' ancien joueur des 2 clubs corses est actuellement à Hanoï, dans l'espoir d'entrainer un club du championnat vietnamien.

13h Microcom animé par Jean-Paul Luciani
Participants :
- Josette dall'Ava Santucci prof de médecine et ses étudiants ;
- Lucien Castellani, professeur de médecine, (organisateur d’un colloque)
- Didier Pierrat, Directeur Centre culturel franco-japonais
- Henrique Vivoni, professeur d’archéologie à Porto-Rico ( sera en Corse )
- Jean-Louis Rogliano, professeur à HEC, avec ses étudiants.
- Dr Jean Marc Emmanuelli, directeur du journal « Corse-Santé » et organisateur, le même jour d’un colloque médical majeur à Porticcio
- Gabrielle Mulas Thorogood ( de Felicetu et depuis Londres), dirige une association « Pasquale Paoli »
- Olivier Candiotti ( Chine)
- Olivia Luzi (Chine) vice-présidente association Corses de Chine.
- Line Mariani (Londres) association « Pasquale Paoli »

14h 15 - 15h Dite a vostra animé par Jean-Charles Marsily
Participants :
- Jean-Claude Morati Lingua corsa
- Patrice Bernardini (compositeur, arrangeur)
- Evelyne Ferri, (comédienne, chanteuse)
- Tony Sampieri (chanteur)
- Stephanie de Luca (comédienne et chanteuse).

18h -19h : Dixit animé par Cyrille Brunel
- Jean-Pierre Castellani Prof de fac émérite ; auteur de « Bye- Bye Rabelais »
- Sylvain Ettori président de la Maison de la Corse, auteur de la « Révolution Corse » (Comédie musicale, présentée dans le cadre du 200 ème anniversaire de la mort de Pascal Paoli, les 13, 14 et 15 décembre 2007, à Levallois-Perret).

22h 30 La compil, animée par Evelyne Adam
Sylvain Ettori, président de la maison de la Corse à Paris qui est à l'initiative de la rencontre "La Corse dans les médias et au Cinéma" auprès du Dr Edmond Siméoni au sénat.
Il nous fera un compte rendu en qualité d'auditeur de la compil' de la journée spéciale Diaspora et amis de la Corse sur Bleu Frequenza Mora et nous parlera de sa création qui voit le jour sur scène les 13, 14 et 15 décembre "La révolution Corse".



SITE DE RADIO FRANCE BLEUE FREQUENZA MORA :



Adresse Internet:
 
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-bleu/?tag=corse



ASSOCIATION CORSICA DIASPORA ET AMIS DE LA CORSE  est une association de loi 1901

Créée en décembre 2004, Corsica Diaspora a pour mission de soutenir le développement des initiatives et les projets entre l’île et l’extérieur en créant ou sollicitant les réseaux de la diaspora et des amis de la Corse. Elle accompagne les porteurs de projets dans leur recherche d’informations et de partenariats dont elle assure au besoin la médiation. Elle cherche aussi à développer les synergies avec les professionnels et les institutions.

L’association « Corsica Diaspora et Amis de la Corse » est un espace commun aux Corses de l’île et aux Corses vivant à l’extérieur. C’est un espace également ouvert aux amis de la Corse. C’est un lieu de rencontre, un lieu d’expressions et d’écoute, un lieu de réflexion commune mais aussi un lieu d’actions et de construction.



Site : http://www.corsicadiaspora.com/




Coordonnées :

Palazzu Naziunale
BP 52
F - 20250 Corté (Corsica)
Tél/fax : + 33 (0)495 45 06 58
e-mail: contact@corsicadiaspora.com


Son président est  Edmond Simeoni. Dans une tribune du Journal scolaire de la Corse, il avait publié un article : " La Corse ". Il disait :

            Séparée du continent européen il y a 600.000 ans, cette « montagne dans la mer » culmine à 2.700 mètres tandis que de très nombreux sommets tutoient les 2.000 mètres. L’île tient de la nature des richesses exceptionnelles : la beauté, minérale, pure, confondante, s’y décline sur tous les modes et des panoramas comme Les Calanches de Piana, Scandola, Bonifacio, le golfe d’Ajaccio, merveilles au milieu de cent, de mille merveilles, suscitent l’émotion esthétique et la paix intérieure. Les forêts et les maquis, remplis d’une faune riche, embaument la Corse ; la neige, les rivières, les lacs et les sources – don du ciel- déversent l’eau à profusion tandis que l’île se baigne et se mire voluptueusement, par ses rivages somptueux, dans cette Méditerranée envoûtante ; certes lac des grandes civilisations riveraines où se sont épanouies la démocratie, les cultures de la vigne, de l’olivier, des agrumes et du figuier mais où aussi, malheureusement, se sont développés des conflits dont l’humanité, dans un rite funèbre contraire à la sagesse, a le triste secret.
           La main de l’homme est partout, et surtout dans la montagne où des champs secs et dénudés voient d’innombrables murettes s’élancer à l’assaut des cimes, témoins muets de l’ardeur au travail et de la peine de nos ancêtres dans leur quête de subsistance ; comme sont des témoins d’une civilisation agropastorale évanouie, ces bergeries bien conçues, solides et ces villages austères et fiers, souvent dépeuplés. Mais la vie, bruisse à nouveau des projets, des chantiers, de l’espoir qu’elle génère ; espoir qui sera , un jour, à nouveau attesté par les cris joyeux des enfants. La nostalgie ne crée rien sauf le désespoir : dans les villes, les bourgs, les plaines, on voit les activités – tourisme, petites industries, artisanat, commerce- se multiplier, s’intriquer et faire naître la vie.
Le peuple corse se compose de femmes et d’hommes dont l’origine et la provenance se perdent dans la nuits des temps. Et l’archéologie montre, à travers de sites remarquables comma Aleria, Filitosa, Cucuruzzu, Cauria, Mariana et tant d’autres, l’ancienneté et la qualité de l’occupation de l’espace. Terre de migrations, la Corse porte, dans sa culture, tenace comme le chiendent et créative comme les aubes, les signes féconds des brassages, des métissages mais elle reste elle-même ; l’Histoire atteste sons aspiration immémoriale à la liberté, souvent menacée par les convoitises des grandes puissances ou la folie des dictateurs comme en 1940 ; elle révèle aussi le fil continu, parfois fragile mais cependant résistant qui relie les générations, enjambe les siècles, chante en polyphonies, en tressant le lien social perpétuellement affermi et rénové.
La Corse a toujours été la terre d’accueil de l’étranger, souvent démuni et donc vulnérable, qui cherche un repas, un toit, un emploi ; terre de partage, elle doit le rester pour celles et ceux qui respectent son identité, sa culture, sa terre et veulent s’asseoir à la table commune, sans renoncer, bien entendu, à être eux-mêmes. Un mode de vie à préserver, un patrimoine à défendre et à valoriser, une économie à construire, ouverte sur la Méditerranée et l’Europe, ouverte sur le monde et ses peuples, voilà les matériaux des chantiers d’un avenir, assis sur le progrès économique et social, la fraternité et la paix.




Publié le 16 octobre 2007 à 08:53
Par flicorse
Gilles Del Pappas

L'auteur, présent au Festival du polar corse et méditerranéen en Juillet dernier, est actuellement en Corse et fera des dédicaces à Porto Vecchio le 20 octobre 2007 : librairie Prolivres.

 

Son nouveau titre : L’INDIEN BLANC



En lisant le livre d’Eduardo Monteverde « Almagro et ses brumes », J’avais pensé à Aguirre s’enfonçant dans les brumes des terres inconnues. Ces brumes auraient du protéger les indigènes. Elles les engloutit dans l’indifférence et l’oubli… Tout s’y perd : le passé et l’avenir. C’est, pour les Indiens, un chemin sans retour et sans espoir. On les a rangés dans la catégorie des Amérindiens. Ils portaient d’autres noms et ont laissé derrière eux de grandes civilisations ( Aztèque, Maya, Inca…). Ils ont été réduits en esclavage, chassés, exterminés… dans des proportions incroyables. Des ethnies ont été entièrement décimées. Il n’existe plus d’indiens des Caraïbes, plus de Natchez, Biloxi, Catawba, plus de Tupi et neuf dixièmes des tribus amazoniennes ont été anéanties. D’autres ont été totalement métissées et christianisées. Tous font l’objet d’un ethnocide culturel. C’est la mythologie des forts qui l’emporte sur la mythologie des faibles ou affaiblis, eux-mêmes capables de cruauté et de barbarie.

A son tour, Gilles Del Pappas nous amene dans les brumes d’autres Amérindiens, ceux de la Guyane et dans celles de Russ, l’Indien blanc…



En dédicace de son dernier roman «  Indien Blanc », l’auteur rapporte les paroles de « Chef boîteux » ( Tahca Ushte ) : « Notre peuple ne s’appelle pas Sioux ou Dakota. Ce sont les blancs qui s’expriment de cette manière. Nous nous appelons Ikce Wicasa. Les humains de la nature, le peuple ordinaire sauvage et libre. Il me plaît d’être ainsi appelé ».

Bien sûr, Indien blanc est une fiction et l’auteur a jugé utile d’en avertir le lecteur. Il n’avoue cependant que le péché d’envie d’intriguer et de faire rêver. Les lettrés ne devront pas y chercher « un semblant de cohérence sociologique, ethnologique, culturelle ou historique.  Il y trouveront  de la sympathie ( au sens plein du terme) pour les Amérindiens qui défendent leur culture « avec énergie et amour».

Et pour les couillons qui se reconnaîtraient, Gilles Del Pappas a sorti une autre citation mais celle-là anonyme :

Si j’avais la pine d’un bison
Si j’avais les couilles d’un bison
Je montrerais en haut de la colline
Et je pisserais sur tous les couillons.


Les premières pages du récit décrivent une culture animiste. C’est la mort du grand fromager, un arbre qui ressemble au fromage africain. L’arbre plusieurs fois centenaire souffre et les spectateurs, impuissants, souffrent avec lui en assistant à sa chute : « Lallêtou, licota matobou ! ». traduisez «  C’est sa fin, c’est sa mort ! », s’exclament-ils… Mais cet animisme est présent aussi dans toute la nature et la vie confondue.  

Amoïdona, jeune amérindienne, lorsqu’elle a donné son amour à Russ, accepte qu’il parte. Leurs destins sont liés et c’est cela qui compte. Elle lui dit alors qu’elle sera partout où il se trouvera… « Le fleuve est partout et je serai toujours avec toi. Il te suffit, lui dit-elle, de plonger tes regards si clairs dans ces eaux noirs pour m’apercevoir… Je suis là, dans le fleuve, mais aussi dans le manguier, dans le noyau du maripa dont on fait le beurre, dans les grains de comou dot on fait le lait si doux… »  Suit une énumération de tout ce qui grimpe, ce qui vole, ce qui nage… jusque dans le moustique cruel ou une rivale… Elle sera en lui… en elle.

Maintenant que vous êtes imprégnés de culture animiste, débarque l’ingénieur français qui veut profiter d’un colloque pour faire du tourisme ethnologique… De façon irraisonnée et impulsive, il va suivre un Amérindien qui va s’avérer être Russ, l’Indien blanc. La rencontre va être rugueuse mais ce dernier va confier à notre ingénieur une enveloppe à remettre à une dame domiciliée à Paris…

A partir delà, deux intrigues vont prendre des voies différentes. La première s’envole avec l’enveloppe et l’ingénieur vers Paris. C’est un retour vers le passé trouble de Russ. La deuxième monte en pirogue avec cet Indien blanc qui, pour gagner du fric, accepte de rechercher un homme sur une île maudite pour le compte de mystérieux commanditaires… C’est un avenir incertain.

Sur la quatrième page de couverture , on peut lire : «  Cette histoire est également un prétexte pour mettre en scène les derniers Indiens de Guyane, refoulés toujours plus loin par notre civilisation. Le roman noir devient pirogue, il glisse au fil de l’eau attentif aux moindres détails de la nature qui l’aspire et le voyage prend d’autres couleurs…"



A Marseille, où il a jeté ses amarres, Gilles Del Pappas a été appelé par la fumée des Amérindiens…

Toutes les puissances du globe
Sont là, dans la ville maritime
Où débarquent, brûlent et passent
Les races multipliées
[…./…]


L’homme passe sa vie à lancer des amarres,
Puis, quand il est saisi dans le calme du port,
Pour peu qu’à l’horizon une fumée l’appelle,
Il regrette à nouveau la liberté des mers

[…/…]


Deux extraits de poèmes écrits par Louis Brauquier, parce que Gilles Del Pappas, comme Jean-Claude Izzo, pourrait nous réciter les deux extraits en poursuivant ..

Dans la cohue des idiomes
Au hasard des chants et des rixes,
Et surgissant des faits divers,
J’exalte toutes les puissances.

[…/…]

Il n’est pas étonnant que , loin du Ferry Boat Marseillais, l’auteur marseillais nous amène au delà de la Méditerranée, pour « effacer la mer qui nous sépare et nous engloutit », comme elle engloutit les Indiens de Guyane.

Gilles Del Pappas connaît des îles lointaines… Ces îles que Jean-Toussaint Desanti nous a décrites « La peau qui nous enveloppe, c'est notre île, notre insularité. Nous ne pouvons pas en sortir, elle nous accompagne partout. Nous sommes tous insulaires au sens propre. Nous sommes obligés de montrer nos sentiments sur notre peau et de lire, sur la peau des autres, leurs sentiments. Nous sommes toujours dans ce rapport à la fois d'exclusion et d'intériorité. L'intérieur et l'extérieur se tiennent. La notion de frontière doit être pensée entièrement, elle n'est pas une ligne de séparation, mais une relation mobile." [...]



Avant « L’Indien Blanc », Gilles Del Pappas a écrit « Sous la peau du monde » publié aux Editions Lunes Blafardes – septembre 2006. Il est l’auteur de nombreux ouvrages aux Editions Jigal mais aussi chez d’autres éditeurs comme Noires de Peau pour « L’Indien Blanc ».

Quelques couvertures:






Publié le 15 octobre 2007 à 09:19
Par flicorse
Les Œuvres du sculpteur Gabriel Diana en images et en textes. Nous avons noté les participations pour les textes de Jacques Fusina, Jean-Pierre Girolami et Marie-Jean Vinciguerra – et pour les photographies Thierry Venturini et Norman Douglas PENSA.


    Le Coffret




Descriptif de l’ouvrage :







Un volume de 200 pages "GABRIEL DIANA Sculpteur"
Préface de Jacques FUSINA
Textes de Jean-Pierre GIROLAMI
LA FUSION DU BRONZE, par l'Artiste sculpteur & bronzier Photographies de Thierry VENTURINI & Norman Douglas PENSA


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Un volume de 200 pages
"EROS REVISITE" Textes de Marie-Jean VINCIGUERRA Lettre iconoclaste à EMMANUELLE ARSAN
Aquarelles érotiques inédites de Gabriel DIANA

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Une petite sculpture de bronze "LA VULVE PORTE BONHEUR"
Histoire de cette petite sculpture, de l'époque paléolithique à nos jours...











Cette édition de luxe comprend donc deux volumes de 200 pages ainsi qu'une petite sculpture de bronze à tirage limité, et sera vendue - principalement par Internet - directement par l'éditeur : "critères Editions" pour en contenir le prix à 150,00 Euros ttc. + frais d'expédition.

Une première souscription avait été ouverte à 350.00 Euros ttc pour les collectionneurs, et elle comprend avec le "livre objet" un exemplaire unique d'une des cent aquarelles érotiques publiées. Toutefois, Critères Editions ouvrent une seconde souscription à seulement 100,00 Eiros ttc, transport inclus, pour toute commande passée avant la parution des volumes (fin novembre).
En hommage aux souscripteurs, le premier "Calendrier d'aquarelles érotiques" 2008 peint par Gabriel DIANA et spécialement édité par Critères Editions

Le coffret coûte 150 euros, en librairie ou directement par Gabriel Diana ou encore sur le site des Editions Critères (même prix par tous les points de ventes).


Coordonnées du sculpteur :
Gabriel DIANA, sculpteur
Lotissement U Stagnu, n° 72 - F. 20290 BORGO
Tel & Fax : +33 (0)4 95 58 18 05 / Gsm : +33 (0)6 80 65 52 01
Web : www.gabrieldiana.com

"Ce qu'expriment mes sculptures est subjectif; ce qu'elles contiennent est essentiel... "
A Borgo, cordon lagunaire, Route de Marana, Gabriel Diana vous propose une exposition permanente, la visite de son jardin ( " Le jardin de rocs agencés et de palmes ouvre l’arche volière des fables " Dixit Marie-Jean Vinciguerra – exposition de cultures momumentales) sa salle d’exposition et son atelier d’artiste, sans le moindre engagement et sur simple rendez-vous Tél.04 95 58.18.05



Nous avions consacré un article au sculpteur corse rencontré lors d’une exposition au parc Chanot de Marseille ( au dernier Salon de l’Art de Marseille).
 
Rappel de l’article mars 2007 : Gabriel Diana ( Corse) :

biographie sur son site ci-dessous:
http://perso.orange.fr/gabriel.diana/_private/1-Page%201.htm



" De mère française et de père italien, Gabriel Diana naît en Toscane en 1942. Très jeune il fréquentera l’académie de peinture de Bastia, dirigée par le Grand Prix de Rome Hector Filippi. A seulement 15 ans, sa première exposition personnelle à Corte, en Corse. Inscrit aux Beaux Arts de Brest, il passera trois ans dans la Marine Nationale et dessinera régulièrement sur la revue "Cols Bleus". Une successive formation d'ingénieur, lui permettra d’exercer la profession, à Milan, durant de nombreuses années. Dans la capitale lombarde, il lui fut facile de cultiver sa passion pour l’art et fréquenter différents ateliers d’artistes. Peinture, sculpture, arts plastiques, Gabriel Diana aime affirmer que : "Si chaque technique est un langage, l'homme est polyglotte!..." L'artiste est aujourd'hui, pour la Corse, un personnage de valeur culturelle certaine, reconnu en France et même à l'étranger. Ses œuvres, particulièrement les bronzes fondus à la cire perdue, ont été définis par les médias insulaires: "...Oeuvres qui revêtent une dimension symbolique forte dans le contexte socio politique actuel. Toutes sont porteuses d'une image valorisante qui traduit la capacité de l'île à produire et à exporter de la valeur ajoutée dans les domaines artistiques et culturels." En décembre 2004, la chaîne télévisée France3 a réalisé un reportage de 52 minutes sur le parcours artistique du peintre et du sculpteur, également bronzier. Images riches d’intérêt, tournées dans son atelier en Corse, à Bastia, au Musée d’Anthropologie de Corte, mais également en Italie, à Milan où il vécut, et dans sa fonderie où il opère régulièrement. Sensible à la philosophie de l’artiste, le réalisateur Jean-Charles Marsily a su en cueillir l’essence, par cette phrase qu’il superposa en ouverture : "Ce que révèlent les oeuvres de Gabriel Diana est subjectif. Ce qu'elles cachent est essentiel..." Depuis sa formation d'ingénieur, le didactisme est devenu un propre de l'artiste : Avec ses deux éditions " Bronze " et "L'art du bronze par le feu ", le sculpteur emmènent le lecteur à la découverte de la technique de la fusion du bronze à la cire perdue. Un parcours complexe, rendu facile par de nombreux dessins, ainsi que d'étonnantes photographies prises en fonderie durant le tournage par Norman Douglas Pensa. Maintes fois primé dans différents pays, (en France ses principales reconnaissances sont à Montmartre, au Louvre, au Palais de Chaillot, Trocadéro, Musée de la marine...) le sculpteur corse a été honoré par la République Italienne, le Président Carlo Azelio Ciampi lui ayant décerné les insignes de "Cavalliere dell'Ordine della Stella e della Solidarietà Italiana" pour ses mérites artistiques.Les travaux de Gabriel Diana enrichissent dans le monde entier de prestigieuses collections privées, lieux publics, musées et fondations.

Article et photos sur reportage FR3, à l’adresse ci-dessous:

http://perso.orange.fr/gabriel.diana/_private/E.1.01.%20PRESSE.htm

La préface de son dernier catalogue, intitulée " Gabriel Diana, ou letravail sur soi… " a été écrite , avec talent, par Marie-jean Vinciguerra . On peut lire , après une description des bronzes dans le paysage corse de l’artiste : " … Ces bronzes témoignent de l’itinéraire spirituel de l’artiste, d’un voyage à l’intérieur de soi. Diana tient la bride aux émotions. Il imprime ses œuvres d’un sceau d’authenticité en leur communiquant le frémissement de sa sensibilité. "
L’arte e cosa intellettuale ". Diana, ingénieur, le sait lui qui saisit d’un trait net la sculpture du vivant. La précision de la ligne n’est pas de détail ni de pure géométrie, mais d’allure. Le mécanisme du monde est irrigué de sang. C’est la main du démurge qui donne l’étincelle de vie. Après le dessin, vient le façonnage du modèle ( la main accoucheuse pétrit, caresse) à partir duquel est tiré le moule. La technique de la " cire perdue ", celle qu’affectionne Diana, permet d’atteindre la plus grande perfection. Dans sa fonderie, l’artiste veille, participe au déroulement de toutes les opérations que nécessite cet " art du feu " ( remplissage et évacuation de la cire, mise en place d’un réseau de canaux, remplissage et débourrage du noyau de terre réfractaire…) "

Gabriel Diana a réalisé une série d’œuvres érotiques, un érotisme fait de provocation et de pudeur, un travail d’esthète. Marie-Jean Vinciguerra décrit de parfaite façon certaines des sculptures et vous pouvez aller les voir sur le site de l’artiste ; On y trouve aussi des bandeaux et des têtes de maure saisissantes sur fond marin. Nous avons remarqué un buste de Pascal Paoli , " babbu di a patria " , la première constitution insulaire dans sa main droite posée sur son coeur.

Les œuvres de cet artiste " revêtent une dimension symbolique forte dans le contexte insulaire. Toutes sont porteuses d’une image valorisante qui traduit la capacité de l’île à produire et à exporter de la valeur ajoutée dans les domaines artistiques et culturels ". Elles témoignent de cette culture corse à la fois immémoriale et contemporaine. Il poursuit ce " travail sur soi " en passeur de culture.



Bonus : une huile sur toile de Gabriel Diana, peintre...




 
PROCHAINES EXPOSITIONS PROGRAMMÉES
7 décembre 2007 – 21 janvier 2008
PARIS - PALAIS DE CHAILLOT – MUSEE DE LA MARINE
13 décembre – 16 décembre 2007
PARIS - CARROUSEL DU LOUVRE – SALON NATIONAL DES BEAUX ARTS
(Avec remise du " Prix Gabriel Diana " à un jeune sculpteur)
14 juin 2008
BORGO (Hte Corse) 4° BIENNALE PRIVEE DANS LE JARDIN & ATELIER DU SCULPTEUR



Fiche technique
:

Matériaux d'élection :     Bronze • Multi-matières

Dimensions :     Monumentale / Très grande surface - plus de 1,80 m • Grande / Statue / Surface - 0,80 à 1,80 m • Moyenne / Statuette / Surface - 0,25 à 0,80 m • Petite / Figurine / Surface - moins de 0,25 m

Styles :     Figuratif • Stylisé • Abstrait • Symbolique • Architecturé • Allégorique

Formes et techniques :     Ronde-bosse • Haut-relief • Bas-relief • Taille directe • Modelage • Construction • Assemblage • Installation • Groupe • Couple • Maternité • Nu • Torse • Buste • Tête • Animalier

Fonctions et situations :     Extérieur • Intérieur • Environnementale • Murale • Hommage • Commémoratif • Funéraire • Portrait • Médaille Trophée • Place publique • Lieu public • Espaces verts • Espaces privés • Rond point/axe routier • Fontaine • Masque • Porte/seuil

Disciplines :     Sculpture • Peinture • Dessin • Gravure/lithos • Photographie • Illustration • Bande dessinée



Publié le 03 octobre 2007 à 11:14
Par flicorse
Flash-back sur la journée " Livres ouverts " de Barrettali le 11 août 2007.

Tard dans la nuit, est apparue, de façon larvée, une opposition entre différents points de vue sur la littérature corse. J’ai noté quelques commentaires qui ont suivi sur le Web ( Il s’agit de copiés-collés )

Okuba Kentaro :
" On en retint quelques grandes phrases maîtresses : il faut des chefs d’œuvre à la littérature corse ; il n’y a pas de critique littéraire dans l’île; les grands livres de la littérature mondiale doivent se lire dans leur langue d’origine ; bref, le genre de concept qui plaît tant aux universitaires et qui s’éloigne des intérêts mêmes des premiers de la chaîne littéraire, à savoir les lecteurs. "

Le sapeur numérique :
La littérature corse existe-t-elle ? Si oui, quelle est sa spécificité ? La question a été soumise à une trentaine d'auteurs corses, réunis le 11 août 2007 à Barrettali. Visiblement, les trois où quatre qui se sont aventurés dans l'esquisse d'un début de commencement de réponse ont tout de suite provoqué une séparation de l'assistance en deux groupes :
— d'une part, ceux qui n'ont pas demandé leur reste, se sont levés, ont échangé quelques sourires confus avec leurs voisins immédiats, distribué quelques bises, tourné le dos à l'assistance, rejoint le parking, et fait ronfler le moteur de leurs voitures pour ne pas quitter le débat sans y verser leur lot de décibels.
— d'autre part, ceux qui — comprenant soudain que la récréation avait commencé — sont allés entourer les deux qui commençaient à échanger des politesses assez bruyantes. Sans doute le cercle des poètes disparus. Il se forme. On se retrousse les manches. On entoure les protagonistes. Surtout, on veille collectivement à ce que l'affaire se règle à la loyale, à mains nues et concepts ordinaires.
Qu'en pense le Sapeur Numérique ? La spécificité de la littérature corse ? Vous sélectionnez un échantillon d'auteurs corses et vivants. Et vous créez alors la situation expérimentale suivante :
• Primeau — Vous répétez la question ci-dessus. Vous lancez le chronomètre, et vous l'arrêtez lorsque le nombre d'auteur restant sur place est égal aux trois huitièmes de l'effectif initial (grosso modo, le nombre d'or). Le chiffre obtenu vous donne une bonne mesure du degré de rémanence de la question initiale après dissipation de ceux qui s'en battent les ouïes.
• Secondeau. — Vous transformez la question en affirmation péremptoire : " La littérature corse existe ". Vous appuyez lourdement en précisant : " Il n'y a pas de peuple sans littérature ". Et vous passez en boucle : " Le parfum du maquis, comme autrefois m'inondera, et me bercera dans ses bras."



La fatigue est toujours un facteur propice à l’incompréhension. La causerie est arrivée de façon trop tardive, après une journée fatiguante pour beaucoup d’entre nous et de nombreuses lectures qui ont, par leur intérêt, entamé la disponibilité de l’auditoire.. Et vint, enfin, le moment du débat. Il devait y avoir des questions, mais il n’y en eut en fait qu’une seule qui fut réellement abordée, la question de la spécificité de la littérature corse. Un intervenant a alors monopolisé la parole pour faire un cours magistral et donner sa sentence sans appel sur l’absence de chef d’œuvre de la littérature insulaire en langue italienne, française ou corse.

D’abord, jusqu’au soir tombé, ont eu lieu les dédicaces. Les lecteurs étaient nombreux. Un lâcher de livres avait été effectué dans différents lieux de Barrettali. Cette chasse au trésor de papier était aussi l’occasion d’une découverte du site et des nombreuses chapelles. Un spuntinu bien garni était mis à la disposition de tous et permettait de belles rencontres dans ce village " sempre vivu ". Il ne manquait que la diffusion de chansons et par exemple celles écrites par Jacques Fusina avec qui j’ai eu le plaisir de converser un court instant le lendemain matin au petit déjeuner.

Ouverte avec un texte de Jean Chelini lu par Antony Hotier et dans un silence religieux, la séance des lectures publiques a été marquée par l’attention soutenue de l’auditoire qui réagissait par des rires aux passages humoristiques, mais apparaissait concentré lors de la lecture des extraits d’essais et enthousiaste pour les poèmes ou la prose teintée de lyrisme. Rire, écoute et émotion étaient au rendez-vous devant une grande diversité de genres et de textes. Les lectrices et les lecteurs ont su jouer avec les mots des auteurs. Nous avons eu droit à un hommage fait à Frédérico Garcia Lorca lu avec justesse par Anna Zuccarelli et à des intermèdes musicaux interprétés au violon par Marie-Joëlle Battisti. Il est impossible de citer ici tous les textes lus, tous les auteurs et tous celles ou ceux qui ont servi les textes, tant ils étaient nombreux.

Après cette journée " Livres ouverts ", je ne me suis pas résigné à tourner la page sur les questions qui n’ont pu être posées par Jean-Pierre Santini et Jean-Claude Loueilh.
Je vous livre donc mon avis qui n’engage que moi bien entendu, tout en remerciant l’organisateur pour cette rencontre avec des auteurs corses reconnus ou non. C’était une belle journée, enrichissante mais pas assez longue sûrement. Je sais que plusieurs personnes présentes se sont un jour posées la question non évoquée: Que puis-je faire pour la littérature corse ? Je n’en citerai qu’un pour ne fâcher personne : Jean-Pierre Santini. Il ne se contente pas de se la poser. Il écrit et agit. Il dirige une nouvelle édition " A fior di carta " sans compter son temps et ses efforts.



Y a-t-il un caractère singulier, voire spécifique, de la littérature corse ?

La littérature corse, à mon sens, a un caractère singulier à plusieurs titres. D’abord, elle a été longtemps orale et l’écriture n’est venue que tardivement. La jeune littérature écrite a puisé dans cette oralité. C’est Antoine Mattei qui a affirmé dans " L’avenir de la Corse " que " l’idiome avait bien une littérature, celle des villageois, des femmes, des bergers qui ont toujours chanté dans cette langue ". La littérature en langue corse est donc d’abord orale.
Nous n’irons pas, comme un participant érudit de la journée de Barrettali, jusqu’à l'idée de faire commencer la littérature corse avec Dante. " Pourquoi pas Sénèque ? ", a marmonné un assistant, précisant aussitôt : " Ce qu'il y avait de typiquement corse chez Sénèque, ce n'est pas tant qu'il écrivait à partir de la Corse, mais surtout qu'il écrivait à sa mère, et pour se faire plaindre. " Si on évoque la première littérature écrite, on retrouve des auteurs corses écrivant en Toscan puis en Français. Il n’en reste pas moins que ces auteurs étaient habités par le passé humain de la Corse et que leur archéologie intime était faite des couches mnésiques insulaires.

La littérature corse contemporaine a d’abord affirmé son identité avec ce que l’on appelle le " Riacquistu ". Ce sont des Corses qui racontent l’histoire de la Corse, sa résistance et ses révoltes, sa mythologie, ses légendes… A l’héritage de l’oralité (contes, nouvelles, théâtre et poésie) s’ajoutent les essais et les romans. Les auteurs corses veulent parler eux-mêmes de ce qu’ils connaissent, de ce qui les habitent… Ils expriment ce que chaque Corse porte en lui et qui est différent du cartésianisme importé. Les écrits corses ont leur propre musique.

De nos jours, les auteurs corses ont une double culture corse et française (avec les non-dit de la proximité géographique et historique de l’Italie), tout en se découvrant des points communs avec d’autres peuples de la Méditerranée ou d’ailleurs. Cette double culture a été d’abord perçue comme un danger, celui de perdre, en même temps que la langue, l’identité corse. Malgré les efforts accomplis, le risque existe toujours mais il est moins important que celui de l’enfermement. Ce qui fait la spécificité de la littérature corse est aussi son existence parfois conflictuelle entre deux cultures, l’une corse orale et originelle, l’autre française, écrite et imposée.



L’autochtonie souffre-t-elle ou s’aiguise-t-elle de sa confrontation à la francophonie ?

La littérature trouve son inspiration dans le passé humain d’un peuple fait de brassages ethniques sur plusieurs générations. Les influences culturelles et la confrontation à des événements identiques ont forcément créé des similitudes entre les peuples, en ajoutant la spécificité insulaire partagée avec les îliens du monde. Le premier point commun partagé par la Corse est donc l’insularité qui peut être mise au miroir des îles voisines de la Méditerranée. Donc toute comparaison devrait, me semble-t-il, commencer par un inventaire des points communs à travers les origines, les évolutions sociales et politiques, les événements historiques, les productions culturelles...

Toute confrontation ne peut être que bénéfique dans la mesure où elle est un apport. La culture n’est pas figée puisqu’elle fait appel à la création. L’autochtonie (et c’est encore plus vrai lorsqu’elle est insulaire) n’est pas une condamnation à vivre dans le passé pour ne pas perdre sa culture et sa langue. Au 21ème siècle, le fait d’être le fruit de plusieurs cultures est un atout davantage qu’un danger, dans la mesure où l’on ne sacrifie rien. La francophonie aurait du être immédiatement un enrichissement si elle n’avait pas entraîné le déclin de la langue corse. Il en est de même de l’aire culturelle italienne qui a permis à des Corses de fréquenter des universités qui n’existaient pas en Corse. Je ne parlerai pas de bienfaits de la colonisation car justement la colonisation a voulu imposer une culture coloniale au détriment de la culture corse. Toutefois, c’est maintenant aux Corses à assumer leur double culture pour sauver leur identité et leur langue. C’est aux Corses de partir et de revenir, d’accueillir l’autre, de le connaître pour mieux se faire connaître lorsqu’il s’agit de culture. L’autochtonie s’aiguise à se confronter à la francophonie car c’est par cette confrontation que la culture corse se perpétuera dans la mesure où la franchophonie fait aller les Corses vers le Monde sans sacrifier la corsité.

Selon Neria De Giovanni ,directrice de la revue culturelle " Salpare ", membre de jurys littéraires et présidente de l'Association internationale des Critiques Littéraires (AICL) : "La littérature est un excellent moyen pour mettre en rapport des hommes de cultures et de langues différentes, une découverte féconde des différences ". La Méditerranée et l'insularité constituent dans ce domaine des atouts : "Chaque île est un écrin pour maintenir la richesse de chaque identité culturelle, surtout à l'heure européenne. C'est une chance pour échapper à la mondialisation et à l'uniformisation ."



L’émergence de la littérature corse peut-elle être synchronisée avec le mouvement de riacquista, voire de décolonisation, faisant alors surgir la même problématique que celle des littératures maghrébines et africaines à l’amorce des indépendances ?

Au sortir de la seconde guerre mondiale, l’expression en langue corse est associée aux idées fascistes suite au procès des irrédentistes en 1946, condamnés pour collaboration. Pourtant des auteurs en langue corse comme Simon Vinciguerra furent de grands résistants. Le Corse se trouve alors cantonnée à la sphère privée et à l’oralité. Son exclusion en 1951 des dispositions de la loi Deixonne n’émeut personne. Pourtant à partir des années 70, un mouvement de réappropriation de la culture corse menacée se développe, c’est la période du Riacquistu.
En 1955, paraît la revue " U muntese " dirigée par Petru Ciavatti dont l’objectif est la défense du dialecte et des traditions corses. Mais la revue intéresse peu les jeunes corses. Le journal plaide pour l’entrée du corse à l’école et produit un dictionnaire.
En 1963, la revue atteint 700 abonnés mais son influence concrète demeure faible. En 1972, elle disparaît faute d’un souffle nouveau.

U riacquistu: La montée des revendications sur la langue. Face au danger d’extinction de la langue corse, les jeunes commencent à se mobiliser sur fonds de revendication identitaire. Après 1968, plusieurs universités (Aix, Nice, Paris III) proposent des cours de corse. A partir de 1971, des associations se créent pour enseigner le corse dans l’île. La fédération Scola Corsa réclame la reconnaissance du corse dans la loi Deixonne ; ce sera chose faite en 1974. Des universités d’été se tiennent à Corte.
Le rôle du chant, du théâtre et de la poésie dans le mouvement de riacquistu: De jeunes groupes comme Canta u populu corsu se forment, redonnent ses lettres de noblesse au chant corse notamment au travers des polyphonies et modernisent la tradition orale. Malgré l’hostilité de certains milieux qui voient uniquement dans ce mouvement des revendications d’ordre politique nationaliste, un mouvement culturel d’ampleur voit le jour.
Parallèlement, des linguistes corses établissent un système cohérent, notamment au travers d’ouvrage comme « Intricciate e cambiarine ».

Ce court historique rappelé, la question initiale renvoie au concept de littérature post-colonniale qui se situe d’abord dans le temps. C’est un après et cela soulève la difficulté de l’achèvement du colonial. Il faudrait alors comprendre le " post " comme un "méta" c’est-à-dire une littérature vers un au-delà du colonial. En ce sens, le mouvement des années 1970 ( Riacquistu) a marqué un tournant en Corse, puisqu’il s’est agi d’une "ré " appropriation de leur propre culture par les Corses et de la défense de la langue corse. Certains en font une période historique, d’autres y voient une prise de conscience progressive avec l’émergence de nouveaux intellectuels corses se voulant des passeurs de cette culture menacée d’extinction. Si on en revient à la littérature d’aujourd’hui, les auteurs corses sont dans une problématique qui repose sur une idéologie "libéral-humaniste " soucieuse de dégager avant tout un universel, avec le risque de manquer ou d’occulter les enracinements locaux, les particularités revendiquées ou héritées, les identités assumées, voire inventées ou seulement imposées par l’histoire. Si on emploie le terme de passage à une littérature post-coloniale pour les auteurs corses, ce passage se comprend comme un moyen de prendre en compte la spécificité de ces écrivains corses s’exprimant en Corse ou en français, en ne voulant pas rester les parents pauvres. Il s’agit de s’émanciper de la prédominance d’un centre : " Paris ", métropole littéraire lointaine. C’est aussi ne plus être dupe d’un vieil exotisme qui assurait la suprématie parisienne dans le système jacobin.

Des Corses ressentent la culture française comme un joug colonial. Cependant, si la Corse est française, la pensée dite post-coloniale oblige à reconsidérer de manière critique les discours (coloniaux pour les uns, jacobins pour les autres) qui persistent et exercent leur emprise à l’insu des Corses. Pour cela, le vrai problème est celui de la représentation : Qui parle et au nom ou à la place de qui ? C’est l’occasion de rappeler que j’écris en mon nom et à la place de personne d’autre. Il s’agit du prolongement d’une causerie trop courte débutée à Barrettali. Je n’ai pas la prétention de détenir la vérité. Je poursuis donc un point de vue qui peut en valoir un autre.

On pourrait croire que la constitution de peuples en Etats-nations solderait tout résidu de la colonisation. Ce n’est pas le cas. Les anciennes colonies organisées en nations peinent à faire entendre leur voix souveraine, à reprendre en main leur destin car la domination culturelle de l’Europe et des Etats-Unis, assise sur l’hégémonie économique, continue à s’exercer sur eux. Ensuite les nationalismes exacerbés (exaltant à la pureté, l’authenticité, le retour aux racines ancestrales, le rejet massif de l’occident) se sont révélés impuissants à engendrer une culture nouvelle, libre et vivante. Les artistes de tous poils nés de la post-colonie ont privilégié des modes de création assumant les mélanges, l’hybridité et revendiquant les valeurs du déracinement et de l’exil. Leurs identités sont multiples, leurs appartenances diverses et même leur localisation est problématique.

Ouvrons une parenthèse : Est-on plus ou moins corse selon l’endroit ou l’on se trouve ? Un Corse vivant en Corse est-il plus corse qu’un Corse de la diaspora ? Un Corse qui parle le Corse est-il plus corse que celui à qui ne l’a pas appris? En arrivera-t-on à voir écrit sur les murs " Corses de la diaspora, fora ", " Corses qui ne parlent pas le corse, fora "? Etre corse, est-ce vivre selon la tradition agro-pastorale ? Faut-il avoir un arbre généalogique avec des mariages consanguins pour être plus corse que celui qui a des origines corses moins lointaines ? Si le concept de peuple corse est défendable, peut-on parler de race corse? Jusqu’où peut aller la définition de la corsité?

Je dis oui au rôle positif du " Riacquistu " mais il ne faudrait pas maintenant sombrer dans l’intégrisme culturel. Comparer la Corse à l’évolution des anciennes colonies françaises ayant des cultures très différentes m’apparaît une exagération lorsqu’on parle de culture et du Riacquistu. La culture corse a des liens historiques et humains avec la France et l’Italie. On ne peut faire abstraction des brassages, des voisinages et des ressemblances. Décider du jour au lendemain que la seule littérature estampillée " corse " soit celle de la tradition et de la langue d’origine serait se priver de la majorité des écrits mais aussi de la chaîne du livre qui, en Corse, a déjà bien du mal à survivre. Ce serait aussi faire de la culture corse un musée de la langue et des traditions.

Quant à faire du Riacquistu les prémices d’une future indépendance, nous sortons du domaine de la littérature pour dériver vers un débat politique qui n’était pas l’objet de la journée du livre à Barrettali. L’indépendance de la littérature a pour ennemis la dictature, l’enfermement, la censure et la complaisance. Ses seules frontières sont celles des langues. Heureusement, il existe la traduction. Quand aux écrivains, ils s’expriment dans la langue qu’il connaissent le mieux et qui leur apporte la plus grande indépendance d’esprit. Les auteurs corses qui s’expriment en Français touchent le plus grand nombre de lecteurs. C’est un fait : Pour qu’une littérature existe, il lui faut un lectorat.



En quoi la langue corse importe-t-elle à la littérature corse ?

La sauvegarde de la langue corse est un facteur important de la culture corse. Elle n’est cependant pas le seul important dans la littérature. Un livre est écrit pour être lu et pour éventuellement passer les frontières. L’écrivain corse peut être un passeur forcément tourné vers le Monde ou un plumitif autocentré sur son nombril corse. A chacun de choisir sa voie.

Il faut tenir compte de la réalité et notamment de celle du lectorat. Les livres en langue corse sont très peu lus par les Corses eux-mêmes et inconnus des non corses lorsqu’ils n’ont pas été traduits. En ce qui concerne la langue, je pense qu’il faut sortir la littérature du champ des revendications identitaires. La langue ne doit pas devenir une barrière entre les Corses eux-mêmes. Le bien fondé de la promotion de la langue corse est une évidence mais l’identité est faite d’autres composantes et chacune a son importance. Ces autres composantes peuvent s’exprimer dans toutes les langues. Il est certain que des ouvrages bilingues seraient les bienvenus . Le bilinguisme est le seul moyen de préserver le fait corse tout en répondant aux exigences d’ouverture sur le reste du monde. Dans l’édition, il s’agit d’un problème de coût et dans la création littéraire, les écrits de la plupart des auteurs corses demanderaient une traduction de la langue française vers la langue corse, ce qui apparaît paradoxal. Autant dire, que les textes bilingues des romans resteront rares.

Jean-Toussaint Desanti avait déclaré :

Si quelqu'un maintenant me posait cette question " Es-tu un philosophe corse ? ", je répondrais certainement ceci :
" Jamais je n'ai écrit en langue corse une ligne de philosophie. Mais là n'est pas l'essentiel. Je crois avoir pratiqué la forme de philosophie qu'exigeait mon origine. Dans ce champ aussi j'ai, autant que je l'ai pu, pourchassé l'indétermination, fait violence à la culture, effacé la mer, celle qui sépare et engloutit ".

Enfin, pour tomber dans la métaphore biblique, faut-il " babeliser " la Corse pour construire une tour de la littérature corse et aller défier le dieu des Lettres classiques? Cela me fait penser que la bible ( A Bibba ) a été éditée récemment en Français et en Corse.



La littérature corse peut-elle être autre que " mineure "(au sens deleuzien de ce qui mine la littérature d’un parcours nomade) ?

Cette question renvoie en partie au bilinguisme, à la confrontation avec les canons de la littérature dite classique et à la pensée post-coloniale. Le couple conceptuel " Mineur " et " Majeur " est apparu dans les années 1970 dans le texte deuleuzien. Ces nouveaux philosophonèmes ont été inventés pour expliquer la manière dont les normes sociales culturelles et politiques apparaissent, se durcissent et se transforment. La question est posée par Jean-Claude Loueilh, agrégé de philosophie et cette précision s’imposait. C’est ici l’intrusion du philosophe dans le débat .

Je me tourne donc à nouveau vers Jean-Toussaint Desanti, philosophe corse qui nous dit:

" Je suis né à la fois en Corse et ailleurs, mais en des temps différents. Comment éclairer cette relation de la Corse, comme terre d’origine, à son ailleurs ? " Comment comprendre l’articulation du temps des origines et du temps où les événements d’une vie s’enchaînent, où ils prennent leur poids et leur tournure ? Telle est l’interrogation qui aujourd’hui encore m’inquiète et me laisse incertain. "Ailleurs" : je crois avoir su ce que cela veut dire, et au plus près. "

et il avait répondu à Ange Casta :

Ange Casta : Quelle place la Corse a tenu dans votre vie et dans votre pensée ?
Jean-Toussaint Desanti : C'est le lieu où je suis né, où mon père, mon grand-père, mon arrière-grand-père et ceux qui les ont précédés sont nés. C'est le lieu dans lequel je me sens né. Où j'ai pris racine. Ma profession, ma vocation, c'est d'être philosophe, c'est arrivé assez tôt - vers l'âge de 19 ans - et c'est arrivé en Corse. Simplement parce que c'est là que j'ai commencé à lire des philosophes. Dans quelle mesure le fait de me sentir de cette origine m'a-t-il porté vers une certaine forme de philosophie ... ? Je peux parler de l'insularité, l'insularité qui est l'unité d'un enfermement et d'une ouverture. La mer nous enveloppe et elle est aussi le chemin. Or un chemin qui ouvre et ferme, ça pose problème. D'une part, il faut prendre pied et donc s'y trouver. Et d'autre part, il faut y prendre essor, et s'en aller. A la fois s'en aller et rester. C'est tout le problème de la philosophie qui consiste à prendre en charge l'environnement du monde dans lequel on est, avec ses voisinages, avec ses rapports qui se construisent toujours et qui donnent sens à ce voisinage, qui permettent de le penser, de lui donner un corps. Et d'autre part il faut l'élargir, essayer de comprendre le rapport à un autre monde que ce voisinage qui ne cesse jamais d'être là. Et plus vous vous en irez, plus le voisinage viendra avec vous. Vous êtes obligé, à ce moment-là, de penser ce rapport. L'insularité vous donne à penser.[...]
AC : L'insularité, on peut la vivre ailleurs que dans une île ?
JTD : La peau qui nous enveloppe, c'est notre île, notre insularité. Nous ne pouvons pas en sortir, elle nous accompagne partout. Nous sommes tous insulaires au sens propre. Nous sommes obligés de montrer nos sentiments sur notre peau et de lire, sur la peau des autres, leurs sentiments. Nous sommes toujours dans ce rapport à la fois d'exclusion et d'intériorité. L'intérieur et l'extérieur se tiennent. La notion de frontière doit être pensée entièrement, elle n'est pas une ligne de séparation, mais une relation mobile.[...]
AC : Qu'est-ce qui a construit cet attachement très fort que vous avez à ce pays qui est le vôtre, la Corse, à ces racines, à cette identité ?
JTD : C'est la terre, l'air, la mer. Les gens que j'ai connus. La lumière. Et quelque chose qui concerne la philosophie : la précision des formes. Les formes, chez nous, sauf au grand soleil, sont précises. Chaque fois que j'y pense, j'entends un verset fameux d'Homère qui parle des bergers : c'est la nuit, la lune se lève, les hauts promontoires se dessinent, les collines et aussi les golfes se dessinent et, dit Homère, " le cœur du berger se remplit de joie ". Simplement parce que les choses se dessinent. Or, quand les choses se dessinent, cela veut dire aussi qu'elles se dévoilent, dans cette lumière. C'est cela qui est décisif du point de vue du désir de philosophie. C'est le désir de la forme qui échappe à la brume.

Pour Félix Castan, l'incarnation de l’humaniste occitan ouvert au monde et à toutes les différences, " L’humanité n’est pas une fourmilière mais l’expression d’une diversité. La sédentarité n’est pas exclusive du mouvement. Elle est même plus universelle que le nomadisme. Le fait d’être de quelque part donne conscience que chaque homme est un centre du monde. "

Les trois caractères de la littérature dite mineure sont la déterritorialisation de la langue, le branchement de l’individuel sur " l’immédiat politique ", l’agencement collectif d’énonciation. Mineures qualifient des conditions révolutionnaires de toute littérature au sein de celle qu’on appelle grande ( ou établie ). Vaste question donc que celle posait par Jean-Claude Loueilh qui risquait de nous faire entrer dans les brumes textuelles d’un discours philosophico- analytique, pour finir par se mordre la queue à force de tourner en rond, ce qui est à l’opposé d’une pensée nomade… Etre ou ne pas être ? reste la seule question shakespearienne pour la littérature corse ( d’essence orale) davantage tournée vers le théâtre que vers la philosophie.

Des auteurs non corses ont choisi la Corse et sont entrés dans la littérature corse, par la poésie, le roman et le polar notamment. Certains se sont découverts une identité culturelle corse sans être corses de souche. Parmi eux, j’en connais qui sont allés jusqu’à apprendre la langue et l’histoire de la Corse. La littérature corse évolue, se diversifie et s’hybride en s’enrichissant sans, pour autant, y perdre son âme. Les auteurs corses de souche ou corses d’adoption sont sujets au même tropisme pour l’île mais une île tournée vers le monde. La culture n’est pas un champ clos dans lequel on tourne en rond avec inscrit sur le poitrail " Je suis corse et j’en suis fier ". La question est de savoir d’où l’on vient mais surtout où l’on va, que le parcours soit miné ou pas. Que la littérature corse soit mineure et donc dans des conditions révolutionnaires au sein de la grande littérature française n’a plus d’intérêt. La minorité est un problème posé à tous les genres littéraires. Il suffit de citer l’évolution du polar en marge de la littérature dite classique puis dans la littérature. Que la minorité " au sens deuleuzien " mine la littérature corse de son parcours nomade est une formule ambiguë qui laisse supposer le choix de rester mineure ou une soumission à ce qui est majeur. Comme le dit une chanson : Chacun suit sa route, chacun suit son chemin…
D’évidence, la question de Jean-Claude Loueilh s’adresse à des auteurs répondant à l'étalon deuleusien suivant:
      
          philosophe-linguiste-sociologue-politologue-universitaire
.

Je suis donc mineur en la matière et je m’arrête là.



Que signifie alors le récent " printemps "de la littérature corse ? Et l’éclosion en elle d’un fort investissement dans le genre réputé " marginal " du " polar ? "

Si on parle de tout ce qui s’écrit en Corse et non pas uniquement de ce qui se publie, on peut imaginer que la poésie et le conte sont les genres les plus pratiqués car ils sont les héritiers d’une culture orale très riche avec le Chhjam’è rispondi, la paghjela, le lamentu… Si on écarte le théâtre et le cinéma dont la transmission est visuelle et orale même si une pièce ou un scénario est d’abord écrit, la poésie est, à mon sens, le genre le plus abouti de la littérature corse. Il se lit, se déclame, se chante. Il est porteur de la langue et de l’âme corses. Il en est l’ambassadeur. Toutefois, en dehors des aphorismes, la poésie n’est pas un genre populaire et c’est au roman d’amener de nouveaux lecteurs rebutés par des œuvres trop difficiles…. Le polar qui reste un genre populaire a pris sa place et trouvé ses lecteurs en Corse. Il lui reste à s’expatrier malgré les difficultés de diffusion rencontrées par les auteurs. Il y a longtemps que le polar n’est plus marginal, Monsieur Loueilh, du moins auprès des lecteurs et des libraires. Il suffit, pour s’en convaincre, de regarder les rayons de ces derniers et la fréquentation des salons.

Printemps ? Eclosion ? Littérature corse ? Polar ? Marginal?…

Joël Jégouzo de Noir comme polar, qui n’est pas corse, a un point de vue qui mérite notre intérêt.
" La Corse publie. Beaucoup. La Corse invente. Beaucoup. Sans doute son insularité (géographique et culturelle) y est-elle pour quelque chose dans ce regain d’invention et d’expression qui la marque aujourd’hui. Son " insularité ", ou plutôt la prise de conscience de sa place dans le monde. Le " monde ", oui : les cinq continents. Le sentiment que sa " corsitude ", ce sentiment d’appartenir à une entité historique, culturelle, que l’on vit ailleurs comme menacée, justement dans ses dimensions insulaires, méditerranéennes, ne l’est pas en réalité. Changeons de vocabulaire donc : laissons le mot de " corsitude ", chargé des représentations stéréotypées que le vieux continent a forgé d’une île imaginaire vouée à un sot exotisme, aux dépliants touristiques et parlons plutôt de " corsité " : le fait d’être corse, dans un monde globalisé, est une chance. Explorons cette corsité, semblent proclamer les éditeurs corses, dont l’ambition s’affiche à hauteur d’un investissement proprement militant pour que cette culture rayonne enfin, comme s’ils étaient persuadés que l’ancestrale culture corse représentait non seulement le salut pour la nation corse, mais un vrai laboratoire des mondes à venir.
Car voici que confluent brusquement de sérieux héritages pour former les conditions d’un (re)surgissement exemplaire — celui du fait Corse. Au point de confluence, l’héritage culturel de la diaspora corse, la culture orale corse et la volonté d’être corse par-delà les dérives identitaires et les reniements de toutes sortes, leur tentation du moins, dans un monde culturellement aliéné à la civilisation libérale américaine.
L’héritage de la diaspora corse tout d’abord. On l’a dit de bien d’autres nations : c’est une chance de posséder une forte immigration à l’étranger, formant les têtes de pont d’une culture vivante, exposée au défi d’exister envers et contre l’exil. Une diaspora donc, non seulement ambassadrice du fait corse, mais et peut-être surtout, communauté affrontée aux autres cultures, sachant mieux mesurer les défis du monde, tel qu’il les réorganise.
Au point de convergence, toujours, l’héritage de la culture orale corse — nous y reviendrons. Enfin, la volonté d’être corse : un corps, plutôt qu’un corpus à ressasser. Et donc la nécessité de rompre avec une représentation véhiculée par le vieux continent d’une terre mystifiée — et par mystification, entendons toutes les dérives intra et extra muros que la Corse a connues ou subies. Car le mythe impose une rhétorique et une langue dont il faut s’emparer. C’est bien ce que les éditeurs corses ont compris, qui convoquent désormais la littérature mondiale autour du texte corse. Faisant ainsi entrer de plain-pied dans la langue corse une géographie expansive qu’il nous est possible, enfin, d’entendre, et c’est ce qui importe : que l’échange soit possible.
Alors prenez in fine la langue corse, enracinée dans une forte tradition orale. Voilà qui n’est pas sans évoquer la situation de l’Irlande au moment où Joyce entreprend d’écrire : minoritaire, enfermée dans la domination britannique. Joyce n’écrit pas en gaélique, mais il sait faire chanter sa langue natale dans la langue de l’oppresseur, pliant au passage les règles du roman moderne au grain hérité du plus profond de son histoire. Cette jouissance séminale de la parole à la suture du parlé et de l’écrit, c’est dans son roman qu’il va donc la faire passer, abusant de phonétique, jouant du surgissement du son dans le mot. Lisez-le à haute voix, vous l’entendrez bien, allez ! Mais s’il y a de l’hérétique dans cette langue, c’est bien que son souci d’expérimentation formelle coïncide avec une conception offensive de la vie. Le vieil irlandais si vieux et d’un coup à la pointe de toute modernité… C’est cela que l’on entend ici et là dans le corse qui s’écrit aujourd’hui, au-delà du besoin ontologique d’exister par la révolte, dans et par cette formidable cambriole nourrie des rapines des autres possibilités langagières, en tout premier lieu offertes par la vieille langue corse.
Mais ne poursuivons pas trop loin ce parallèle entre l’Irlande de Joyce et la Corse d’aujourd’hui. Encore que l’une et l’autre se soient façonnées par une construction identitaire fondée sur l'opposition à la culture qui les dominait. Ici, l’époque n'était guère propice à la liberté artistique, comme en témoignent la censure et l'exil de nombreux écrivains irlandais, de Joyce à Beckett. Ici toujours, la nation prenait ses distances avec ses repères historiques — la langue gaélique, l’Eglise catholique, un mode de vie rural — pour se réinventer dans un cadre européen et se démarquer du nationalisme violent qui sévissait dans le Nord. C’est peut-être, toute proportion gardée, ce à quoi la Corse opère aujourd’hui : à revisiter son passé pour l’accomplir autrement. Car voici que dans la régulation qui s’opère, le passé fait de nouveau fond sur l’histoire présente. Il n’est que d’évoquer cette coutume corse séculaire : le Chjam’è rispondi. Il y a là, sans doute, encore, une voie que les Corses contemporains n’ont pas fini d’explorer dans leurs œuvres.
De quoi parlons-nous ? A l’origine d’une joute verbale au cours de laquelle les participants rivalisaient avec des mots scandés a capella. On n’est pas loin du Slam ou du Rap. Impromptu poétique, sur un schéma mélodique répondant à des règles précises avec un contenu ouvert aux débats de société. Nul doute que la Corse tienne là le filon des modernités à venir ! Imaginez : savoir pareillement syncoper son présent, le plier aux contraintes de l’histoire tout en exposant cette dernière à la (petite) frappe de l’actualité. Faire entrer dans l’insolite d’une voix individuelle une réponse sociétale. Pas étonnant, en outre, que le polar y tienne une place de choix, pour toutes les raisons déjà données à son sujet dans ce numéro et pour cette autre qu’il porte, mieux qu’aucun autre genre, lui-même trace de la structure Chjam’è rispondi : et la contrainte des règles du genre et la liberté sans laquelle le chant ne serait qu’une rengaine exténuée. "
Faut-il définir une littérature corse pour que des universitaires distribuent un bandeau " littérature corse " aux auteurs qui le méritent ? Faut-il des chefs d’œuvres pour qu’une littérature corse existe ?
Le chef d’œuvre est-il le roman total , le grand roman d’une vie, le grand roman d’une époque, peut-être d’une génération ? Cela me fait penser à un auteur mexicain Juan hernandez Luna et à son dernier roman " Fausse lumière " dans lequel le narrateur veut écrire ce roman total sans jamais pouvoir le commencer. Pour lui, les lumières de la raison, de la culture, de l’éducation sont trompeuses. Ce sont de fausses lumières qui conduisent à un seul savoir, à une seule connaissance : Il est alors trop tard, tout a déjà été écrit…
Un autre romancier mexicain célèbre, Paco Ignacio Taïbo II a écrit ; " … Atteint d’un optimisme pathologique, je continue à croire que la santé du roman est toujours éclatante et que les meilleurs livres n’ont pas encore été écrits " et il ajoute qu’il veut aller à la rencontre du " roman fleuve grossi par de multiples affluents, hybride parce qu’ouvert à tous les genres, né évidemment de toutes sortes de métissages et forcément baroque dans la structure narrative tout en faisant la part belle à l’anecdote et qui préfère à l’expérimentation du langage le canevas du couturier qui unit et qui assemble avec un fil invisible… " Taîbo II est un auteur mondialement lu.
Ces deux romanciers mexicains sont des auteurs de romans noirs et de néo-polars, genre qui fait partie de la littérature mexicaine au même titre que les autres romans.




En conclusion, le débat reste ouvert mais sera-t-il refermé un jour? C’est un débat entre intellectuels qui ont fait leurs humanités!

"Xavier Casanova, le diamantaire de Ghisonaccia-Gare, résuma en un propos lapidaire le sens même du débat : comment interroger le concept de littérature corse au terme d’une soirée de lecture publique ? N’avait-on donc rien entendu de cette création étrange, multiforme, rebelle, balbutiante et tonique ?" Dixit Okuba Kentaro.


Pour ma part, j’ai envie de reprendre une phrase ( sortie de son contexte) de Martine Rousset, présente à Barrettali le 11 août dernier et auteur d’un recueil de nouvelles " Mystères d’âmes " aux Editions A Fior di Carta :
" Et finalement, doit-on se poser de telles questions en écrivant ? Laisser courir sa plume au gré de ses émotions et de son imagination n’est-il pas la plus humble façon d’écrire ? "

Et puis, si c’est de la littérature, tant mieux!…

jpC


PHOTOS DE LA JOURNEE LIVRES OUVERTS A BARRETTALI











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