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Mon bloc perso.
Bonavinuta!
Bienvenue sur le blog Corse noir'soeur de vos nuits blanches
Blog non agressif et sans arrière-pensée. ..
Des articles après le Blog perso....
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RE NDEZ-VOUS:

- le jeudi 22 octobre 2009, aux Docks du Sud pour la Fiesta Stand de la librairie L'écailler, Marseille ( à partir de 20 Heures).
- le 24 octobre et le 7 novembre 2009 devant les Caves provençales, Cours Louis-Blanc à la Seyne sur Mer de 10 heures à midi..
- 5 décembre 2009, Salon Culture et écriture Institut Perrimond Roucas Blanc Marseille 7ème
- Les 20, 23 et 24 décembre 2009 Cultura La Valentine Marseille

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CHANTS CORSES: Pas de lien MP3 mais de l'écoute en ligne aux adresses ci-dessous...

Radio Alta Frequenza

ht tp://www.alta-f requenza.com/in dex.php/fr/webr adios

Radio Voce Nustrale

htt p://adecec.net/ radio/listen.as x

Sur Radioblog

ht tp://www.radiob logclub.fr/sear ch/


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Le 1er juin 2009 à 22H15 .... 200.000ème visiteur I
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Les dix droits imprescriptible s du lecteur ( édictés par Pennac dans son ouvrage "Comme un roman")
1°/ Le droit de ne pas lire.
2°/ Le droit de sauter les pages
3°/ Le droit de ne pas finir le livre
4°/ Le droit de relire.
5°/ Le droit de lire n’importe quoi.
6°/ Le droit au Bovarysme (maladie textuellement transmissible…)
7°/ Le droit de lire n’importe où.
8°/ Le droit de grappiller.
9°/ Le droit de lire à haute voie.
10°/ Le droit de nous taire.

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A dopu!
A plus tard!
Ma photo
Corse noire
Publié le 30 novembre 2007 à 14:46
Par flicorse

Ferry Book à Marseille: Dix ans, déjà!


Passionnés de livres, ne cherchez plus ! Entrez découvrir ou retrouver les textes qui vous ressemblent !
Bienvenue chez vous ! C’est l’invitation permanente de Thierry Hochberg à la Librairie Ferry Book !

Hier 28 novembre 2007, Thierry Hochberg fêtait les 10 ans de Ferry Book, un ferry que nombre de lecteurs prennent maintenant plus souvent que le Ferry Boat de Marseille. Pourquoi Ferry Book ? Thierry Hochberg avait pensé d’abord à " Bateau livre " en hommage à Rimbaud... De sa librairie au Vieux port, il n’y a qu’un pas pour prendre le Ferry Boat. De Rimbaud à Marseille, le bateau livre est devenu le Ferry Book…



Le " Ferry book " est une librairie qui recèle des trésors de lectures au 6 rue Edmond Rostand 13006 Marseille -
Tél: 04.91.57.16.46 E-mail baron.hochberg@wanadoo.fr et le catalogue à l’adresse :
http://www.livre-rare-book.com/Ferry-Book.htm





Le capitaine passionné de littérature est Thierry Hochberg. Il est aussi l'auteur de nouvelles et scénarios. " Paris-Auschwitz-Paris " marque un tournant dans son travail d’écriture, comme un premier roman, en 1993, écrit pour témoigner, pour rendre enfin la parole à cette jeunesse volée, celle de son père : André. Chronique concise et dense d'un aller-retour pour l'enfer, ce livre est le témoignage d'un père retranscrit par son fils, qui nous entraîne, sans a-posteriori, mais avec les yeux de la jeunesse, dans le dédale obscur de l'univers concentrationnaire, de travaux forcés en sélections arbitraires, mais aussi de hasards ultimes en amitiés superbes. En 2003, Les Editeurs La Thune ont publié son deuxième opus " Nouvelles d’ici-bas ", préfacé par Philippe Carrese.

Nous avions découvert le Ferry book lors d’un voyage d’agrément à Marseille qui a fait l’objet d’un de nos articles. Thierry Hochberg est l’ami des lecteurs qui viennent et reviennent dans sa librairie. Il est aussi l’ami d’auteurs de toutes plumes, souvent aussi lecteurs devenus familiers du Ferry Book…
David Abiker, auteur de " Le mur des lamentations ", " Le Musée de l’homme "….
Michel Biton, auteur de " poétesses et lettrées juives oubliées "
Henri-Frédéric Blanc, auteur de " jeu de massacre ", " Les pourritures terrestres ", " cloaque " (réédité aux éditions de l "Ecailler du sud)…
Jacques Bonnadier, auteur de " L’âme des santons ", " chronique de l’olivier "…
Frédéric Brun, auteur de " Perla " (bourse Goncourt du premier roman)
Philippe Carrese, auteur de " Trois jours d’engatse ", " Le bal des cagoles "…. Réalisateur du film " Liberata "…
Philippe Cassuto, auteur de " Spinoza et les commentateurs juifs "…
Jean-Paul Ceccaldi, auteur de " Le Flicorse " et " Tamo Samo ".
Hubert Hannoun, auteur de " Propos philosophiques sur l’éducation "…
André Laugier, auteur de " Plaisir du Lyre "…
Lionel Mazari, auteur de Clam...
Martin Melkonian, auteur de " Le Miniaturiste ", " le petit héros de papier "….
Patrick Mouton, auteur de " Espace en mer rouge "…
Serge Scotto et son chien saucisse, auteurs connus tous les deux…
Denis Seznek, auteur de " Nous les Seznek ", " Seznek, le bagne "…
Boris-Alexandre Spasov, auteur de " Comprendre le conflit yougoslave"…
Serge Valetti, auteur de " Pourquoi j’ai jeté ma grand-mère dans le Vieux-port "…
P. Weyergans, prix Goncourt, auteur de " trois jours chez ma mère " …







Pour l’anniversaire des dix ans du Ferry Book, Thierry Hochberg et son adorable épouse ont offert un buffet avec une cuvée spéciale " Ecrit Vin», un grand vin de Bordeaux " Graves " 2002 et, pour finir, un délicieux gâteau avec les bougies. Au silence des mots écrits se mêlait le brouhaha des mots articulés et croisés des conversations allant bon train. Tout cela dans une ambiance chaleureuse et musicale.

L ‘animation musicale était assurée par le duo de Fanfarons " : Gilles Benistri (Sax ténor) et Emmanuel Loi ( Sax Soprano et Clarinette)…. Dans la librairie envahie, ils ont interprété de la musique Klezmer, par essence une musique de fête, de rencontres et de contrastes. Parfois gaie, à d'autres moments, plutôt mélancolique, elle permet au musicien klezmer de chuchoter ou de s'exclamer, de geindre ou cajoler, d'alterner entre gémissement ou cri de joie. Ce qui importe dans le style klezmer n'est pas tant ce qui est dit, mais plutôt, comment cela est dit. Et cela me fait penser à une citation : " "Une fois que l'histoire est couchée par écrit, rien ne va mieux. On est la langue qu'on parle, pas ce qui est dit et se dit." Elle est d’Emannuel Loi…




Emannuel Loi le fanfaron Klezmorim ( fanfaron au sens de musicien de fanfare ), est aussi l’écrivain, celui dont le premier roman noir est " Le Mariole " Editions Hors Commerce (1996). A l’époque, il nous l’avait dédicacé (au crayon noir qui s’efface) par ces quelques mots : " En espérant que Prat ne soit pas une figure à suivre, chaudement – E.Loi " Prat, c’est le commissaire de police… " pertinent, opérationnel. Il marque habilement sa circonspection. Il a le ton qu’il faut, du savoir-faire tactique et chirurgical. Il parle toujours face à la fenêtre…. L’homme est fortiche, compose sur mesure son personnage, une belle cruauté dans le brou de noix des iris… " Ce roman noir est écrit dans un style sec et heurté. Les phrases sont brèves et sans fioritures, souvent caustiques et les dents serrées… " Dans le couloir de la division des recherches, Prat renifle face au panneau syndical. A l’instant il vient de demander à l’autre gros, Desjouaix, principal de Saint Mandé, s’il sent une odeur. Le gros sanglé dans son costume trois pièces de boursier à dominante violette, montre sa chevalière à tous vents. Il la tourne, la palpe. Spéciale mornifle. – Quelle odeur ! S’en ressentent pas assez les gars. Faut y croire, poulaga, fait-il rougeaud et suant. On prend des rustauds de la campagne, on les dégraisse, on les gonfle un peu, un vernis de droit et on les lâche sur la voie publique. Alors, les odeurs, elles changent… "

En 1996, Les éditions Hors Commerce lançaient une collection de polars et de romans noirs, essentiellement français et contemporains sous le titre " Hors Noir ". Trois textes par an étaient prévus à la publication pour commencer cette collection qui voulait privilégier " la langue et l’atmosphère, l’intrigue et des personnages à haut relief ". Jean-Yves Berchet inaugura cette collection avec " Des choses qui arrivent ", suivi d’Emmanuel Loi, avec " le Mariole ", et de Daniel Baldit, avec " Lion d’argent " qui se déroule entre deux festivals de Venise.




4ème page de couverture " Le Mariole "
: " Au sein de la Grande Maison, un inspecteur, un commissaire divisionnaire et un contrôleur général se livrent une guerre sans merci par le truchement d'un tueur à gages, le Mariole. Chacun manipule chacun, essaie de tirer les marrons du feu. Mais quel feu et qui sera marron ? Mandarin d'une subtile partie de go, Emmanuel Loi tisse un chassé-croisé de manipulations perfides ou sournoises, le tout sur l'échiquier du 20ème arrondissement. L'écriture, elle, n'a rien à envier à la température de l'azote liquide. "Après avoir été laveur de vitres, infirmier et joué les apprentis-sorciers sous les tropiques, des séjours à l'ombre ont abrégé pour l'auteur le reliquat d'espérances convenables qui font les survivants... Du cinéma, des mots, marches et voyages, errances et emmurement.". Né en 1950, Emmanuel Loi, écrivain et réalisateur, vit à Marseille. Il est l'auteur, notamment de L'écriture de peu (Bourgois), Voleur ! Et Une cure (Barrault), Le canal de Panama (L'Incertain)."C'est un roman plus gris que noir. Un jeu subtil sur les atmosphères et les couleurs du polar. Un exercice de style. Un scintillement de grisailles obscures. Jouant en maître de stéréotypes fourbus d'un polar hors d'âge, Emmanuel Loi a composé, dans Le Mariole, un puzzle retors et envoûtant. Des flics compromis engagés dans de douteux combats par des tueurs à gages interposés. La ville comme un échiquier de bistrots poisseux et de piaules sordides. Servi par une belle écriture âcre et imagée, Le Mariole est de bon augure pour la collection "Hors Noir" dont il est le second titre." (Michel Abescat, Le Monde) "Emmanuel Loi tire avec brio les ficelles de cette manipulation de la Tour Pointue. Et c'est remarquablement écrit." (Pierre Lebedel, La Croix). "Le Mariole est un texte noir de première force."

Emmanuel Loi, écrivain, est né dans les Vosges en 1950 et vit actuellement à Marseille. Emmanuel Loi écrit de la poésie, des essais, des romans et pour le théâtre. Premiers titres parus : "Le Mariole" (Hors Commerce, 1996), et "Le Onzième Commandement" (Fleuve Noir, 1999) Romancier, essayiste, Emmanuel Loi a publié une quinzaine d'ouvrages depuis 1979. Son dernier essai, Une dette (Deleuze, Duras, Debord), est paru aux Editions du Seuil au début de l'année 2007. Deleuze, Duras et Debord, trois rencontres importantes dans la vie de l’écrivain.



En 2007 aussi, " Le téméraire " vient d’être publié aux Editions Du Panama.
Mot de l'éditeur
Le Moyen Âge s'achevait dans le fracas des guerres. Et Charles le Téméraire, dernier duc de Bourgogne, se rêvait en Alexandre le Grand, Ses armes, son or, sa splendeur dominaient l'Europe. Seul Louis XI au nez trop long et à la mine chafouine était obstacle à son destin.
Avec Le Téméraire, Emmanuel Loi affronte le duc de Bourgogne, le dernier grand féodal, le premier héros romantique, le perdant flamboyant, pour un roman, méditation funèbre sur la folie et la solitude du pouvoir.

Emmanuel Loi est aussi l’auteur notamment de :



Peine capitale, Les Editions Flammarion ( 2003 )

" Buffet et Bontemps. Deux cadavres dans les placards de la France. Les deux avant-derniers condamnés à mort, guillotinés en 1972. Dès les premières pages, Peine capitale fait froid dans le dos. On pense, bien sûr, au Dernier jour d'un condamné de Victor Hugo. On se demande aussi quelle mouche a piqué Emmanuel Loi? Le débat n'est-il pas clos en France autour de la peine de mort ? Il faut croire que non. Le tremblement de honte qui saisit le lecteur au fil des pages suffit à prouver qu’oui, 2003 n'est pas une date idiote pour une piqûre de rappel et oui encore, la cruauté qu'on porte en soi, on ne sait toujours pas la regarder en face. L'essentiel du roman se présente comme un manuscrit autobiographique insoutenable, écrit en prison par Buffet. "Je ne suis pas au sens exact du mot un assassin ou un criminel, je pense être mieux défini comme meurtrier, le masculin de meurtrière : auteur de meurtres, meurtrier comme marbrier." S'y mêlent des pièces du procès-fleuve qui déboucha sur sa condamnation à mort. Déjà condamné à perpétuité pour assassinat, il se mutine le 21 septembre 1971 à Clairvaux et prend deux otages : un surveillant et une infirmière. Il les égorgera lors de l'assaut final avant de réclamer, au procès, le châtiment suprême. Son complice, Roger Bontemps, condamné à vingt ans de réclusion pour vol qualifié et agression, n'a pas tué. La cour d'assises l'admettra et, pourtant, prononcera la même sentence, transformant l'avocat de Bontemps, Robert Badinter, futur ministre de la Justice, en adversaire acharné de la peine capitale. Faut-il le rappeler, Emmanuel Loi, ce n'est pas un gag, est un ancien braqueur. Il a passé six ans en prison, de 1976 à 1981. Les mains en l'air, suivies du détonant Braquage, mode d'emploi (Léo Scheer), racontent sa trajectoire. Buffet le hante depuis trente ans. On a du mal à croire qu'en 1986, lors d'une interview accordée à L'Autre Journal, se référant déjà à Buffet, il se déclarait favorable à la peine de mort. Comme on a du mal à croire, mais Loi ne le dit pas, qu'un homme décapité reste conscient quelques minutes et sent sa tête séparée de son corps. Il ne vous le dit pas parce qu'il vous le fait vivre. Violemment. Par la littérature. " Article Deux cadavres dans nos placards - par Philippe Perrier - Lire, septembre 2003



Les mains en l’air, Editions Léo Scheer (2002)

Cette magnifique confession d'un braqueur qui explore son "chaudron biographique", ses révoltes et ses errances, est une incitation à lire, écrire, s'affronter. Puisque voilà la France rongée par ses moisissures, puisque à force de lepéniser les esprits certains médias ont banalisé la crispation fasciste, trouvons foi en la littérature, ce refuge de l'irréductible, cet art qui sauve du dégoût et qui "permet de respirer" (Roland Barthes). On vit jadis, à l'époque pas si lointaine où les éditeurs se voyaient traînés en justice pour avoir fait usage de leur liberté, Jean Paulhan venir témoigner au procès intenté à Jean-Jacques Pauvert qui avait pris le risque de publier Sade. Le divin marquis ne représente-t-il pas un danger, lui demandait le président du tribunal ? Paulhan répondit : "Je crois qu'il y a là un danger, mais c'est un danger éminemment moral." C'est pour allumer un contre-feu démocratique au délire répressif, rappeler que l'on peut tout publier si l'on sait distinguer le "danger moral" du "danger immoral", que l'éditeur Léo Scheer cite cette anecdote en préambule de ce récit d'Emmanuel Loi, dont il rappelle l'ambition noble : "Ce roman ne relève que de l'incitation à la lecture et, ce qui peut paraître pire, à l'écriture."Nous sommes en effet ici bel et bien dans la grâce littéraire, plus près de Dostoïevski que de Mesrine, et à propos de ce narrateur devant lequel "la foule indifférente juste avant, maintenant solidaire pour le lynchage s'est transformée en lave" en le voyant menottes aux poignets, on citera ce mot de Victor Hugo : "Etre de cette majorité ! Préférer la consigne à la conscience ! Non !" Emmanuel Loi n'est pas un néophyte : treize livres, déjà, à son actif, du théâtre au polar, du journal de prison à La Vie périmée, ce cahier-confession fictif dans lequel il imaginait le "chant de misère"d'un assassin, cherchait à comprendre comment un garçon de 16 ans d'une bourgade du Var s'était lancé en 1995 dans une spirale meurtrière, prenant une carabine et tuant quatorze personnes avant de se suicider (2). Ecrivain rebelle, Emmanuel Loi, qui écopa lui-même de cinq ans de prison pour hold-up, rejoint la tradition des hommes de lettres "hors la loi", des détenus ayant talentueusement consigné leur expérience de vie par écrit, de Lacenaire à Genet ou Boudard, du guillotiné aux rescapés des cachots. Les Mains en l'air démarrent sur les chapeaux de roue : stylo à la rue (on parle au cinéma de caméra à l'épaule), le narrateur revisite en flash-back le scénario de son casse en direct, complice malhabile, fiasco, cavale essoufflée, flics aux trousses, reddition, fouille... "Je régurgite parmi le marais des amours perdues, la haine de ce que l'on est devenu, la peine des autres, l'indéchiffrable mesure de l'exil." Et vite, après s'être interrogé le temps d'une garde à vue sur sa fatale alliance avec son pote, interne en psychiatrie, qui, tétanisé, a provoqué l'arrestation, s'est révélé zombie résigné et piteux, Emmanuel Loi remonte sans concessions ni complaisance le fil d'une existence traquée, vouée aux révoltes, aux émeutes, aux errances. Accompagné, en annexe, d'un appendice intitulé "Braquage, mode d'emploi", qu'il présente comme un manuscrit anonyme censé avoir circulé dans les cellules de la prison de Fresnes, abécédaire de l'art et la manière de devenir voleur de banques (en fait une blague situationniste qui souligne que "braquage" signifie "torsion, déviation, irritation, grain de folie, une action de braconnier et de trappeur, une idée sous-jacente de chasse, de dette et dépense somptuaire" au sens de "dépense de sacrifice"), la bouillante chronique d'Emmanuel Loi explore le "chaudron biographique", retrace la destinée d'un fils non désiré, conditionné à n'être qu'un zéro face à son frère aîné "bon en tout", un incorruptible en perdition, sans autre perspective d'avenir que le vol, le théâtre, la drague, les mots, les bars. Les parents, la famille, sont épinglés avec une poignante lucidité. Affection sous-jacente, cadenassée. Loi s'évada (s'égara ?) en Amérique latine, exploits de gaucho dans la pampa, coma éthylique, java de mort-vivant. Fréquenta le pavillon des fous comme élève infirmier à Charenton. Se fit embrigader par la Gauche prolétarienne. Etudia la stratégie des attaques à main armée, coups tordus et merdiques qui attirent naïades et sirènes, s'initia en faune fiévreux à la bouche des filles après avoir été romantiquement subjugué par la frondeuse Laurence qui l'exhortait à ne pas se faire "si noir", dormit en boule dans les squares, ressentit le "sentiment de crasse" qui vous saisit la besogne accomplie et la trace laissée dans la mémoire par le geste d'agression, "même avec une arme factice" : "Qui peut savoir que cette arme est fausse, que c'est du toc, qu'il n'y a pas de balles ?"Le bandit n'a pas d'abri, il appréhende la répétition des jours et des tâches, ne désire que "ne pas être là, s'absenter de ce monde déjà clos". L'une des forces de l'inventaire de cette "géographie du désastre", c'est, on l'a dit, l'apologie de la littérature comme "radeau de fortune". Ecriture de poèmes sur Underwood, fréquentation des bouquinistes, lecture de Virginia Woolf, Unica Zürn et Faulkner, du Procès-verbal de J.-M. G. Le Clézio. Lire pour se vouer au songe, écrire car c'est "une arme diabolique". Les livres "comme chance et oubli". Au bout du compte, il n'y a pas de rédemption, Loi ne se pardonne pas, on reste "orphelin à vie". "Une fois que l'histoire est couchée par écrit, rien ne va mieux. On est la langue qu'on parle, pas ce qui est dit et se dit." "Entre le pacte de ne pas se perdre avec les mots et le risque de ne rien se dire", Loi affronte le démon de l'incommunicabilité : "Je ne sais pas ce que mes enfants vont retenir de ce périple. Quand je passe des heures avec mon fils sans parler, je sais et sens que je m'astreins à la souveraineté de l'indicible, par crainte du sentimentalisme et du verbiage." La littérature, c'est le refus de baisser les bras. - Article " Géographie du désastre " écrit par - Jean-Luc Douin Le Monde, 2.5.2002.

Bibliographie succincte aux éditions Léo Scheer :
http://www.leoscheer.com/spip.php?mot179

Aux éditions Léo Scheer, il est l'auteur de :
Le cœur amer
L’argent et la mort
Les Mains en l’air suivi de Braquage, mode d’emploi

Emmanuel Loi est l’auteur de livres chez d’autres éditeurs et notamment en plus de ceux déjà cités :

L’écriture de peu (Christian Bourgois, 1979)
Chant d’amour ( Ecbolade, 1982)
Voleur ! (Barrault, 1986)
Les Autres (Théâtre Ouvert, 1987)
Une cure (Barrault, 1987)
Defferre et Marseille (Barrault, 1989)
NU (Cahiers de l’Egaré, 1991)
L’argent et la mort (Via Valeriano, 1993)
Le Canal de Panama (L’Incertain, 1994)
Le mariole (Hors Commerce, 1996)
Le 11e Commandement (Fleuve noir, 1999)
D’ordinaire (Al Dante, 2000)
La vie périmée (Editions 1, 2000).
Je devrais me taire : Spinoza, Hölderlin et autres essais ( Editions Exils, 2004)

Filmographie non exhaustive relevée sur le site Allociné :

Acteur :
L'Univers de Jacques Demy (1995), de Agnès Varda
Directeur de la photographie
La Petite prairie aux bouleaux (2003), de Marceline Loridan-Ivens
Un film parlé (2003), de Manoel de Oliveira
Parlez-moi d'amour (2002), de Sophie Marceau
Porto de mon enfance (2002), de Manoel de Oliveira
Malraux, tu m'étonnes ! (2001), de Michèle Rosier
La Chambre obscure (2000), de Marie-Christine Questerbert
La Lettre (1999), de Manoel de Oliveira
Trois Ponts sur la rivière (1999), de Jean-Claude Biette
Toni (1999), de Philomene Esposito
La Femme d'un seul homme (TV) (1998), de Robin Renucci
J'ai horreur de l'amour (1997), de Laurence Ferreira Barbosa
Encore (1996), de Pascal Bonitzer
La Maison de lave (1995), de Pedro Costa
La Joie de vivre (1993), de Roger Guillot
A demain (1992), de Didier Martiny
Van Gogh (1991), de Maurice Pialat
Swing troubadour (1991), de Bruno Bayen
Angels (1990), de Jacob Berger
La Nuit bengali (1988), de Nicolas Klotz
La Méridienne (1988), de Jean-Francois Amiguet
La Loi sauvage (1988), de Francis Reusser
Pierre et Djemila (1987), de Gérard Blain
Derborence (1985), de Francis Reusser
L'Intruse (II) (1985), de Bruno Gantillon
Le Matelot 512 (1984), de René Allio
L'Argent (1983), de Robert Bresson
Un Second souffle (1978), de Gérard Blain
Le Bar de la fourche (1972), de Alain Levent

Opérateur
Carthagena (1991), de Raymond Depardon
La Captive du désert (1990), de Raymond Depardon
Ma nuit chez Maud (1974), de Eric Rohmer
Les Gaspards (1973), de Pierre Tchernia
Au hasard Balthazar (1966), de Robert Bresson




Bon anniversaire au Ferry Book et longue vie!








Publié le 27 novembre 2007 à 15:28
Par flicorse

51 Pegasi, roman de Marcu Biancarelli, bientôt sur les planches...






Avec une adaptation et une interprétation de Christian Ruspini, et une mise en scène de Jean-Pierre Lanfranchi, traduit du corse par Jérôme Ferrari, le roman 51 Pegasi sera bientôt joué sous la forme d'une création théâtrale. Milou Tomasi est aux décors, Jean-Marc Colonna d'Istria à la lumière. Le titre de l'adaptation est : 51 Pegasi astre virtuel ou La confession de la bête.

La pièce est une co-production Unità teatrale Jean-Pierre Lanfranchi, avec la participation du Centre Culturel de la ville de Porto Vecchio et le soutien du Conseil Général de Haute Corse et de la ville de Bastia.






Les premiers galops sont prévus à la cinémathèque de Porto Vecchio le 30 novembre 2007 à 18h44... Le 30 novembre à Porto Vecchio... Rappelez-vous...

D’autres représentations sont déjà programmées :
Les 6 et 7 décembre à Bastia (théâtre Sant Angelo, à 21 heures).
Le dimanche 9 décembre toujours à Bastia (18 heures).

A suivre….


Le roman :




51 Pegasi. Astre virtuel
51 Pegasi - Astru virtuali (version originale en corse)

Un écrivain maudit, banni pour ses écrits, revient dix ans plus tard dans son île qui a depuis accédé à l’autonomie. Il y retrouve ses compagnons d’infortune pour lesquels rien n’a vraiment changé, sexe, bagarres, beuveries, etc. sont toujours l’essentiel de leur quotidien. L’un d’entre eux a construit une étrange machine à se projeter dans les univers virtuels… Roman violent, acerbe, sans concession, par l’un des meilleurs auteurs contemporains insulaires. Traduit du corse.

Article sur le Blog de Marcu Biancarelli : « Les confessions d’une bête»

A cunfissioni di a bestia :
Ancu avali, ùn riescu micca à creda chì no n'eramu à 'ssu puntu quì d'indigenza pulìtica, dialèttica, filusòffica, umana. C'erani cun mecu, a palesu, l'èssari i più niscentri è i più bestii ch'iddu mi sichi statu datu mai di scuntrà, è un tempu fubbi ancu cun iddi in u me elementu, l'amaiu cù 'ssa forza patètica ch'iddu pò spirà u gruppu in materia d'amori, a me passioni pà st'aienti quì, a devu ricunnoscia, era assuluta. Comu vi possu spiicà stu fattu ? Credu chì d'una certa manera, cù 'ssu gruppu in ghjiru à mè, 'ssu gruppu armatu è prontu à passà à l'azzioni, credu chì ghje' esistia, è a paura d'ùn essa più nudda lachendu 'ssu gruppu ch'e' tiniu cussì caru duvia rinfurzà a me brama di cuntinivà a me strada cù a banda, di participà à l'azzioni di a rèffica, duvia rinfurzà ancu a cridenza in i me idei, è u bisognu di viva è di sparta à mezu à st'òmini - sti zitiddoni pà a maior' parti - era più sòlidu è pricisu ugni ghjornu chì Diu facia.

Marcu Biancarelli se présente sur Myspace :
http://www.myspace.com/marcubiancarelli



Qui je suis :
Scrittori è pueta, prufissori di lingua corsa, prupongu quì un blogu di testi puètichi in cumplimentu d'un altru blogu generali chè mittaraghju forsa in ligamu in 'ssu spaziu. À dilla franca 'ssu nuvellu blogu mi dà fastidiu ; cridiu di pudè fà monda di più manipulazioni annantu à MySpace, è una missa in pàgina più larga è più intarissanti chè pà u me altru blogu. M'avvicu ch'ùn hè micca u casu è ch'ùn possu nè rituccà i prisintazioni nè intigrà u "testu taddatu" da microsoft... Ùn la so sì ghje' aghju da tena monda cù 'ssu scruchjettu...

Extrait de son ouvrage " Le Prisonnier " :
" Et maintenant, vous croyez que je me sens plus malin parce que j'ai écrit ce livre? Sur ce bateau qui m'amène loin de chez moi, vous croyez que j'en suis fier d'avoir commis ces récits qui me valent l'exil ? Et pourtant, je le reconnais, on m'avait prévenu, ils me l'avaient dit de rester tranquille, de ne pas salir du papier, certains me disaient même que ce n'était pas bon pour ma santé mentale et, parce qu'ils m'aimaient bien, m'assuraient que j'étais mieux, beaucoup plus sociable et bien plus heureux et spirituel quand l'encre et le stylo se trouvaient loin de moi. "

Extrait d’un article de Marie Thiers :
Pegasi 51, astre virtuel est le premier roman de celui qu'on prenait déjà pour un nouvelliste, puisque le texte vient d'être traduit en français par Jérôme Ferrari chez Albiana. 51 Pegasi astre virtuel, un titre qui nous projette à des années lumière de la terre, peut-être à la périphérie de l'étoile du même nom - 51 Pegasi - autour de laquelle fut détecté en 1995 la première planète hors de notre système solaire. Pour autant, l'histoire ou plutôt les histoires (car la plume reste décidément digressive), se passent à nouveau bien chez nous, ici bas. Le personnage est encore lamentablement humain, un auteur banni de retour en Corse après un exil qui n'a rien eu de poétique, et peut-être même qu'avec lui Biancarelli atteint la perfection dans le genre du looser intelligent, ou de la brute aimable, au choix...
Ouvrir un livre de Marcu Biancarelli c’est ouvrir une zone de turbulences. Il incarne la littérature corse moderne. Bilingue (il est professeur de corse dans un lycée du sud de la Corse), il écrit les réalités de la société corse contemporaine.Les thèmes de l’enfermement et de l’insularité sont une constante de l’univers romanesque de Marcu. Roman, nouvelle, poésie, chronique (il collabore à la revue A Pian d’Avretu) il a investi de nombreux modes d’expression écrite.
Il est le promoteur d'une écriture de nouvelle génération et reste un pionnier en matière d'utilisation de la langue corse et des thèmatiques abordées.
Marcu Biancarelli a obtenu deux fois consécutivement (fait unique à ce jour) le prix FICTION du Salon International du Livre Insulaire d’Ouessant pour Prighjuneri / Le Prisonnier et Sant Ghjuvanni in Patmos / Saint Jean à Patmos.

La littérature corse existe-t-elle? par Paul-Michel FILIPPI
'Dans le roman corse, apparaît incontestable et novateur, l'apport d'oeuvres comme A barca di a madonna de Ghjacumu Thiers, ou Pegasi astru virtuali de Marcu Biancarelli.'
La littérature corse existe-t-elle? A cette question (oiseuse?) nous répondons par un constat, celui de l'existence de romanciers, poètes, dramaturges de langue corse.
Il est difficile, dans le flot des parutions contemporaines, de repérer déjà et de désigner les auteurs marquants et qui seront, pour demain, des points de référence. Certaines oeuvres, pourtant, semblent révélatrices de l'émergence d'écritures nouvelles, sans laquelle la littérature corse, comme toute autre, serait menacée de bégaiement et risquerait de s'étioler.
Dans le roman corse, apparaît ainsi incontestable et novateur, l'apport d'oeuvres comme Una spasimata de Rinatu Coti, A barca di a madonna de Ghjacumu Thiers, ou Pegasi astru virtuali de Marcu Biancarelli.

Bibliographie succincte :



Stremu miridianu

Nuvelli

"Chì i cosi siini chjari, ghje’ mi possu pirmetta di parlà mali di u me locu, ma ghjeu solu..."

Lu sur le site Corsicapolar : La dernière parution de Marcu Biancarelli, sortie cet été aux éditions Albiana, parle de ce Sud extrême où se passent plein d'histoires, des sordides, des salaces, des voluptueuses, des sanglantes... Marcu Biancarelli le dit lui même sur son blog : Il y a du sexe aussi, de l'alcool et des bagarres, et pas mal de situations embarrassantes et consternantes. Alors rendez-vous chez les fous, amici fidi è strampalati !



Prighjuneri
Prisonnier
bilingue recto/verso

Un recueil de nouvelles qui reconstituent la trame romanesque de nos vies insulaires. Un ton acerbe, un cynisme né du fatalisme " méditerranéen ", des histoires de tous les jours et pourtant extraordinaires. Un ouvrage au style nouveau et direct, écrit par un remarquable auteur de la nouvelle génération des écrivains corses. En langue corse. Au revers, traduction en français de J. Ferrari.
Premier prix de "fiction" au salon international du livre insulaire d'Ouessant (2001)

Et aussi...

San Ghjuvanni in Patmos
Saint Jean à Patmos
Bilingue recto/verso


Dans la veine de son premier recueil, l’auteur offre sept nouvelles inédites en Corse et dans leur traduction française. Sept voyages littéraires dans les tréfonds de l’âme humaine.
Premier prix de "fiction" au salon international du livre insulaire d'Ouessant (2002)

Parichji dimonia

Un recueil de poèmes en corse est déjà un événement en soi. Lorsqu’il émane d’un des auteurs de la jeune garde littéraire, on le reçoit avec une curiosité redoublée, pour l’inspiration et pour l’utilisation de la langue dont on se doute qu’elles ne seront pas anodines. Les coups portent et libèrent les voix qui s’élèvent dans cette Corse du nouveau siècle…


Blog de Marcu Biancarelli à l’adresse ci-dessous :
http://blogsperso.orange.fr/web/jsp/blog.jsp?blogID=171144&pos=0

Blog sur le travail de l'écrivain corse Marcu Biancarelli. Où l'on trouvera des extraits de textes publiés ou non, en version originale ou traduits. Des commentaires aussi sur des auteurs et des artistes…




BONUS :

Le 30 novembre 2007 est aussi la date de la sortie d’un beau livre document aux Editions Albiana : son titre " Tempi fà "



Ce livre événement de Pierre-Jean Luccioni "Tempi fà " - arts et traditions populaires de Corse" - 656 pages, reliure, quadrichromie, 68 € - est un recueil de l'émission de télévision Tempi fà de France 3 Corse, sur les savoir-faire, pratiques, métiers et usages de la Corse.



Article sur le site de l’adecec en langue corse :

Petru Ghjuvanni Luccioni hè giurnalistu à France 3 Corsica, dapoi a so creazione trent’anni fà, è publicheghja u so primu libru, risultatu di parechji anni di riportu diffusati nant’à a seria “Tempi fà”. Purtatu da u so prufessiunalismu è da a passione di a so terra, u giurnalistu hà mustratu numerosi sugetti presentendu parolle è gesti. Questi contanu a Corsica è i so modi di vita. Senza lagnassi nant’à u passatu ma vulendu trasmette i sapè fà à e generazioni future, Petru Ghjuvanni Luccioni hà interrugatu decine d’omi è di donne chì avianu praticatu, vistu praticà o chì avianu intesu dì. Ogni sapè, ogni scienza, ogni arte era degnu d’esse riperturiatu, interrugatu, analizatu è dopu diffusatu à a televisiò.
Dunque, in u libru, avemu parechji documenti iconografichi chì sò stati descritti è urganizati in sette grande parte, da e « benfatte » trove in a natura à i sapè « amparati in casa », è ci sò dinù altri temi : a caccia, a pesca, l’agricultura, l’allevu, i mistieri, e custruzzioni. Ogni parte hè un ripertoriu micca esustivu di l’arnesi, di e tecniche è di i sapè fà. Eppo, più di 70 cartulari sò illustrati cù i ritratti è un testu precisu, chì lucalizeghja l’urigine, ricorda i termi in lingua corsa, è ramenta dinù à l’ingrossu e cunniscenze è descrizzioni digià cunnisciute. St’opera, à l’edizione Albiana, escerà u 30 di nuvembre di u 2007.

Pour en savoir plus aller à l’adresse ci-dessous :
http://www.albiana.fr/article-616.htm




Publié le 24 novembre 2007 à 14:51
Par flicorse



Jean-Pierre Mocky et l’ombre d’Alfred Hitchkock :

Mocky a racheté 40 scénarios aux héritiers d’Alfred Hitchcock. Il tourne en Anjou dix épisodes de la série " Alfred Hitchcock présente ".inspirée de nouvelles sélectionnées par le Maître du suspens. Jean-Pierre Mocky a décidé de reprendre le flambeau et d'adapter pour la télévision une quarantaine de scénarios. Diffusés dès janvier sur la chaîne 13e rue, douze épisodes de 26 minutes, sous le titre " Myster Mocky présente ", mettront en scène entre autres, Richard Bohringer, Jean-Hugues Anglade, ou Claude Brasseur. Ils seront présentés en tandem par Mocky et Shirley Hitchcock, la petite fille du réalisateur anglais. " En 1960, raconte Jean-Pierre Mocky, j'étais allé voir Hitchcock en compagnie de François Truffaut qui était un grand admirateur du maître. Plus tard, j'ai décidé de racheter des scénarios qui n'ont jamais été tournés. "Mocky avait commencé à tourner trois épisodes dans les années 1990, mais le projet a subitement avorté. Aujourd’hui, Mocky est décidé à aller jusqu'au bout. Deux nouveaux épisodes ont déjà été tournées.

Alors que sort en salle le dernier film de Jean-Pierre Mocky "13 French street", le 27 novembre, la chaîne 13ème RUE vous propose une soirée "Mister Mocky présente". Découvrez en exclusivité le premier épisode inédit "le diable en embuscade" de la collection initiée par Jean-Pierre Mocky et la fille d'Alfred Hitchcock inspirée de la célèbre anthologie du maître incontesté du suspense : "Mister Mocky présente les nouvelles d'Alfred Hitchcock". Dans ce premier épisode, retrouvez Jean-Hugues Anglade et à venir : Claude Brasseur, Didier Bourdon, Alain Delon, Jean Reno...

Un autre admirateur d’Hitchcock, Laurent Simonpoli avait réalisé son premier court métrage, U Tavonu, une histoire de promoteur immobilier, dans la lignée des Alfred Hitchcock présente. Il avait concouru au festival du film de Ciné-Ma-Région de Gruissan. Jean-Pierre Mocky en était le président et n’avait pas aimé le film. Dans le même exercice, ce sera au tour de Mocky d’être jugé.



Jean-Pierre Mocky à Marseille et Noël Simsolo aussi…

En lisant sa filmographie, on s’aperçoit que Mocky ne cesse de tourner à un rythme démentiel. Il explique que ses films ne sont plus distribués ni vus par la critique. Ainsi bon nombre de ses œuvres passent inaperçues dans des cinémas d’art et d’essais. Lors de sa précédente venue à Marseille, il avait été programmé dans un de ces cinémas qui a disparu depuis plusieurs années, le Breteuil. L’absence d’information sur son passage l’avait mis devant une salle presque vide. A la Friche de la Belle de Mai, le 28 septembre dernier, le public était nombreux et attentif.

La soirée était réussie avec la projection du film de Jean Pierre Mocky "La Bête de miséricorde" suivi d’un débat avec Jean-Pierre Mocky et son ami Noël Simsolo. Mocky est un homme affable, volontiers disert. Avant de parler, il se mettait d’abord à la place de celui qui allait l’écouter et, par quelques mots, créait une atmosphère de sympathie. En militant du cinéma indépendant, il dressait un tableau des difficultés rencontrées et de la situation actuelle. Il faisait part de son expérience avec le DVD et la chaîne 13ème rue.


Synopsis de La bête de Miséricordes : Jean Mardet est en mission pour soulager les gens de leurs souffrances. Sur ordre de Dieu, il les tue. Inspiré du roman au titre éponyme de Frédéric Brown, c'est la deuxième adaptation, après L'Ibis Rouge, d'une œuvre de l'auteur par Jean-pierre Mocky.

Après les refus de Belmondo et Serrault de tenir les rôles principaux, le réalisateur a décidé d'interpréter lui-même cet ange de la mort "miséricordieux". On lui donne raison, assistant là à une prestation réussie dans l'ensemble, assez profonde. Sombre dans l'attitude, il nous livre notamment une belle palette de monologues existentiels, symboles de la folie intérieure de son personnage. On a le plaisir de retrouver Bernard Menez dans l'autre rôle principal, celui du flic soupçonneux. Avec Jacky Berroyer, dont c'est la première collaboration avec Mocky, il forme un duo à la fois drôle et pathétique. Ce film, inédit en DVD et apprécié par la critique lors de sa sortie, fût paradoxalement un échec commercial, victime du système de distribution inlassablement fustigé par Mocky.

Le mélange d’énergie et de croyance absolue dans le cinéma fait que Mocky parvient à nous faire adhérer à une histoire abracadabrante. L'éclairage de Noël Simsolo sur l’œuvre du réalisateur fut d'une très grande tenue. Jean-Pierre Mocky se montrait sous son meilleur jour, c’est-à-dire son vrai jour et il laissait Noël Simsolo parler de lui et de son œuvre, sans intervenir si ce n’est par un sourire amical tourné vers son ami qui le connaît si bien.

Mocky fait avancer le spectateur comme un funambule sur un fil entre sourire et drame. On entre d’abord hésitant dans l’histoire pour se laisser finalement avoir malgré les réticences du début. Dans ce jeu du chat et de la souris, le spectateur est la souris. Mocky joue avec vous comme le chat avec sa proie. Il vous garde en son pouvoir par de petits coups de pattes puis vous laisse un moment libre de fuir pour mieux vous rattraper. Après la séance, un jeune spectateur (sans doute élève d’une école de cinéma ) a parlé de " foutage de gueule " en évoquant le début du film, ce qui a déclenché l’ire de Noël Simsolo. Le terme était impropre. Nous y avons vu davantage une entrée en matière socratique qui, à l’inverse d’un " foutage de gueule " fait passer le spectateur d’un état passif à un état actif. On ne se dit pas : " Il se fout de notre gueule ! Basta ! " mais plutôt " Où veut-il en venir ? A quoi joue-t-il ? ". L’esprit reste en éveil parce qu’il est en permanence sollicité. A la fin, devant le foisonnement des thèmes abordés et des personnages brossés, on essaie d’en faire le compte et, si on les prend un par un, chacun peut être l’objet d’une discussion. Tous sont traités de façon humaniste avec un humour teinté de mélancolie. Tous nous concernent. Tous incitent à l’autodérision et à la réflexion.

Mocky, de son vrai nom Jean-Paul Adam Mokiejewski, est producteur, scénariste et monteur et de la plupart de ses films. Comédien, Il y joue souvent un rôle. Il fait partie des artistes du cinéma qui réalisent de bons films avec un minimum de moyens financiers et beaucoup d’intelligence. Il connaît, poste par poste, le prix de chaque tournage auquel doit s’ajouter ce qui n’a pas de prix : tout ce qu’il obtient amicalement des gens qui le rejoignent dans chacune de ses aventures cinématographiques. Les acteurs viennent pour un petit cachet et sont contents d'avoir tourné avec lui. Après, ils vont le dire autour d'eux. C’est aussi par son charisme et son humanisme qu’il donne du souffle à ses films. Même si d’aucuns le dénigrent ou le boudent à chacune de ses premières, il reste l’un des plus grands cinéastes de sa génération, avec en arrière-plan tout ce que le cinéma a donné de meilleur. L’artiste a ajouté son nom à d’autres : Alfred Hitchcock, Fritz Lang, Visconti, Samuel Fuller, Billy Wilder, Truffaut, Godard…. Dans une conférence, il avait dit qu’il avait appris à rire avec les Marx Brother et Buster Keaton. Il connaît le cinéma et l’aime. Les cinéphiles et les élèves du Cinéma peuvent puiser chez lui un savoir-faire avec le supplément d’âme et l’art de repousser les limités du crédible dans le jeu des acteurs. Les films de Mocky ont sa signature. C’est un cinéma déjanté mais qui tient toujours la route, celle où Jean-Pierre Mocky veut nous conduire avec beaucoup de malice. Le mot " Malice " convient, à mon sens, à son humanisme à fleur de peau. Ces films sont des sacs à malice. Le mal peut y être fait avec ou sans malice et même apparaître facétieux. Avant tout, il est humain. Pour le spectateur corse que je suis, Mocky pratique des formes d’humour qui me sont familières: l’autodérision, la macagna ( humour moqueur et provocateur) et le taroccu ( humour teinté de mélancolie). Le réalisateur lui-même apparaît souvent malicieux dans ses provocations en forme de coups de gueule. Une malice secrète qui fait un instant briller ses yeux.

Mocky aborde avec causticité les sujets les plus polémiques: les magouilles financières (Chut!), les absurdités du système judiciaire (Le Témoin), la corruption de la classe politique (Une nuit à l'Assemblée nationale), la télévision abêtissante (La Grande lessive), l'arrivisme (Snobs, Les Saisons du plaisir), le business religieux (Le Miraculé), le fanatisme (À mort l'arbitre!), etc...

Interviews de Jean-Pierre Mocky :

Un entretien réalisé le mardi 27 mars par Ronny Chester et Chérif Saïs :
http://www.dvdclassik.com/Critiques/interview_mocky.htm
Propos recueillis par Julien Pichené et Laurent Devanne. : Entretien réalisé pour l'émission de cinéma Désaxés et diffusée sur Radio Libertaire le 9 Novembre 2003.
http://www.arkepix.com/kinok/Jean-Pierre%20MOCKY/mocky_interview.html
Article site Artcancre " cinoche des cancres " :
http://kitanojackson.canalblog.com/archives/2006/07/18/2315344.html


Rappel succinct de sa flimographie ( liste non exhaustive) :

Il débute comme acteur au cinéma et au théâtre, mais commence sa carrière de réalisateur dès 1959. Chauffeur de taxi, Mocky est remarqué par Pierre Fresnay qui lui trouve une ressemblance avec Gérard Philipe. Il l’engage au théâtre de la Michodière pour tenir le rôle d'Hippolyte dans un Phèdre modernisé. Puis, il se retrouve au Conservatoire à suivre les cours de Louis Jouvet. (Époque de Claude Rich, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Bruno Cremer et Jean-Paul Belmondo). Sa première scène au cinéma, il la doit à Jean Cocteau dans Orphée.

Mocky, réalisateur
Touristes, Oh Yes ! 2004 - Le furet – 2002 - Les araignées de la nuit 2001 - La bête de miséricorde 2000 - La Candide Madame Duff, Le Glandeur, Tout est calme 1999 - Au rendez-vous des tordus 1998 – Vidange - Robin des mers 1997 - Alliance cherche doigt 1995 - Noir comme le souvenir 1994 – Bonsoir 1993 - Le mari de Léon 1992 - Ville à vendre 1991 - Dis-moi qui tu hais, La méthode Barnol, Mocky Story, La vérité qui tue 1990 - Il gèle en enfer 1989 - Divine enfant 1988 - Une nuit à l'Assemblée nationale, Les Saisons du plaisir, Enduro Party (TV), Méliès 88: Gulliver (TV) 1987 - Agent trouble, Le Miraculé, Nice is Nice 1986 - La Machine à découdre 1985 - Le Pactole 1984 - À mort l'arbitre 1983 - Lettre d'un cinéaste: Le mystère Mocky (TV) 1982- Y a-t-il un français dans la salle? 1981 - Litan, la cité des spectres verts 1979 - Le piège à cons 1978 - Le Témoin 1977 - Le roi des bricoleurs 1975 - L'Ibis rouge 1974 - Un linceul n'a pas de poches 1973 - L'ombre d'une chance 1972 - Chut! 1971 - L'Albatros 1969 - L'Etalon 1968 - La Bourse et la vie, La Grande lessive 1966 - Les compagnons de la marguerite 1964 - La Cité de l'indicible peur 1963 - Un drôle de paroissien 1962 - Les Vierges 1961 – Snobs 1960 - Un couple 1959 - Les Dragueurs

Mocky acteur
2002, Les araignées de la nuit de JP Mocky – 2001 La bête de miséricorde de JP Mocky – 2000 Le glandeur de JP Mocky, La candide madame Duff de JP Mocky, Tout est calme de JP Mocky - 1998, Vidange de JP Mocky, Robin des mers de JP Mocky – 1993, Le mari de Léon de JP Mocky – 1992, Ville à vendre de JP Mocky – 1991 Mocky story de JP Mocky – 1990 Il gèle en enfer de JP Mocky – 1989 Divine enfant de JP Mocky – 1987 Agent trouble de JP Mocky, Le miraculé de JP Mocky – 1986, Le bridge de Gilles Dagneau, Grandeur et décadence d’un petit commerce de cinéma de Jean-Luc Godard, La machine à découdre de JP Mocky – 1984, À mort l'arbitre de JP Mocky – 1983 Lettre d'un cinéaste: Le mystère Mocky (TV) de JP Mocky, La route inconnue (TV Series) de Jean Dewever, Prénom Carmen de Jean-Luc Godard – 1982, Y a-t-il un Français dans la salle ? de JP Mocky, Litan de JP Mocky – 1979, Le piège à cons de JP Mocky – 1975 L’Ibis rouge de JP Mocky – 1974, Un linceul n'a pas de poches de JP Mocky, L’ombre d'une chance de JP Mocky – 1973 Le sourire vertical de Robert Lapoujade – 1971, L’Albatros de JP Mocky – 1970, Solo de JP Mocky – 1967, Les compagnons de la marguerite de JP Mocky – 1963 - Un drôle de paroissien de JP Mocky – 1962, Snobs ! de JP Mocky – 1960 Un couple de JP Mocky – 1959, La tête contre les murs de Georges Franju – 1958, Le gorille vous salue bien de Bernard Borderie – 1957, Le rouge est mis de Gilles Grangier, 1955, Sbandati, Gli de Francesco Maselli, Le comte de Monte-Cristo de Robert Vernay – 1954, Graziella de Giorgio Bianchi, Senso de Luchino Visconti, Le grand pavois de Jacques Pinoteau - 1953, Maternité clandestine de Jean Gourguet, Les vaincus (Sketch 'Sans amour') de Michelangelo Antonioni – 1952, I Condottieri de Paul Herbiger, La neige était sale de Luis Saslavsky, Éternel espoir de Max Joly, 1951, Deux sous de violettes de Jean Anouilh, Bibi Fricotin de Marcel Blistène – 1950, Dieu a besoin des hommes de Jean Delannoy – 1949, Au grand balcon de Henri Decoin, Occupe-toi d'Amélie de Claude Autant-Lara, Orphée de Jean Cocteau, Une nuit de noces de René Jayet, Portrait d'un assassin de Bernard-Roland - 1948 Les Casse-pieds de Jean Dréville, Le paradis des pilotes perdus de Georges Lampin, 1947, La cabane aux souvenirs de Jean Stelli – 1946, L’homme au chapeau rond de Pierre Billon, Rêves d'amour de Christian Stengel, L’affaire du collier de la reine de Marcel L'Herbier, Vive la liberté de Jeff Musso.

Filmographie détaillée à l’adresse :
http://cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr/index.php?pk=5075

Ouvrages de Jean-Pierre Mocky :
2001 : M. le Mocky (mémoires aux éditions Denoël)
2005 : Mister Flash : gentleman gangster (roman aux éditions Flammarion)
2006 : Cette fois je flingue (biographie aux éditions Florent Massot)
2007 : Mocky s'affiche (commentaires du réalisateur sur les affiches de ses films aux éditions Christian Pirot)
2007 : Les vacances du pouvoir (" comédie politique " aux éditions Michalon)



Noël Simsolo :


Là où est Mister Mocky, doct'Simsolo n’est souvent pas loin pour parler de l’œuvre de son ami et guérir ses détracteurs. Ils se sont retrouvés à Marseille pendant la quinzaine du noir. Simsolo est critique de cinéma mais aussi comédien, scénariste et réalisateur. Dans Deal réalisé par J.P Mocky, il tient le rôle de ce prêtre tourmenté par ses désirs pour un petit enfant de chœur. Il a eu son premier rôle dans la Maman et la putain, film réalisa par Jean Eusttache. Il a joué dans près d’une quarantaine de films avec des réalisateurs différends dont Marco Ferreri, Paul Vecchiali, Jean-François Davy, Jean-Claude Biette, Claude Chabrol, Bertrand Tavernier, Jean-Luc Godard et d’autres. Après le Deal, en 2007, Mocky lui a donné un rôle dans 13 French Street.. Il est le réalisateur de Cauchemar (1980) et de Pierre Molinier, 7, rue des Faussets. Il est aussi scénariste notamment de Cauchemar (1980), de lui-même et de Femmes, femmes (1974), de Paul Vecchiali.

Ce 28 septembre fut l’occasion de côtoyer Noël Simsolo, critique reconnu dans le cinéma mais aussi auteur prolifique de romans noirs et d’une bible du film noir. Invité en résidence à la Friche, il a participé le lendemain de la projection du film à un rencontre avec les deux auteurs mexicains Eduardo Monteverde et Juan Hernandez Luna sur la littérature noir (nous leur avons déjà consacré un article ) . Nous étions peu nombreux en ce vendredi 28 septembre. L’échange n’en a été que plus intéressant car il a pris la tournure d’une réunion amicale. Un média était présent : le nouveau magazine culturel Z comme Zibeline en la personne de Fred Robert qui y tient la chronique littéraire et qui a écrit, en parlant de Noël Simsolo : " Passés les premiers moments de sa cuistrerie aussi évidente qu’assumée, il connaît le gotha du Noir, il a rencontré X et Y et même Z ! On ne peut que s’incliner devant la somme de connaissances de ce petit monsieur plein d’humour et admirer son aisance à les communiquer… "

Mais la culture de Noël Simsolo ne s’arrête pas à la Noire. Nous avons eu une discussion avec lui auparavant et à l’évocation de Céline, il nous récitait un long passage de Voyage au bout de la nuit. Par la suite, étant auteur de polar, nous avons passé plusieurs moments avec lui lors de dédicaces dans le cadre des Terrasses du polar, de vrais bons moments. Les lecteurs étaient nombreux autour de lui et, sans se soucier du temps, il consacrait à chacun un long moment de discussion.

Noël Simsolo né en 1944. Comédien au théâtre puis au cinéma, il est réalisateur d'une vingtaine de courts métrages et de deux longs métrages Cauchemar et Jean Cocteau, mensonges et vérités, mais aussi scénariste pour Marco Ferreri, Marie-Claude Treilhou et Paul Vecchiali. Romancier, il a écrit une vingtaine de romans noirs ou autres, dont La Chair des femmes, Jeunesse(s) et Clown, Les aventures d'Edgar Flanders, Les derniers mystères de Paris, 2 Poulpe ; Un travelo nommé Désir, Les 7 poules de Cristelle, Tête à queue (avec Daeninckx), Ne touchez à rien ; BD avec Bezian. Historien de cinéma, Noël Simsolo a publié aux éditions Cahiers du cinéma : Clint Eastwood, 2003, Conversations avec Sergio Leone, 1999, Il était une fois... Samuel Fuller, 1990, et Sacha Guitry, 1988.

Quelques présentations d’ouvrages :


Film noir :
Claude Mesplède a écrit la bible de la littérature noire, Noël Simsolo celle du film noir. Ce dernier porte un regard novateur sur le film noir. D'abord parce qu'il en propose de nouveaux contours grâce à un retour à ses sources littéraires comme le roman naturaliste français, le feuilleton, le hard boiled américain ; à ses sources cinématographiques aussi, dans bon nombre de films de policiers et voleurs du muet, du côté de l'Allemagne et du mouvement expressionniste, du côté de la France et du réalisme poétique pour ne citer que celles-là.
Ensuite, parce qu'il désigne, dans le Hollywood des années 30, les signes avant coureurs du film noir qui se manifestent dans les films de gangsters, dans la présence thématique de la psychanalyse et de la propagande liée à la seconde guerre mondiale.
Mais surtout parce qu'il éclaire le film noir d'une étude approfondie de ses rapports avec la littérature américaine (Raymond Chandler, Dashiell Hammett, James Cain, William Irish), des courants esthétiques et des genres qui le traversent, et du contexte historique, social et politique (peur de l'apocalypse atomique, chasse aux sorcières de la guerre froide).
Le cœur du livre est un voyage dans LE CYCLE NOIR américain qui vit son apothéose entre 1944 et 1959 mettant en scène des personnages de gangsters et de policiers à la dérive, pétris de contradictions, aux prises avec un mal être existentiel, des beautés vénéneuses et synonymes de danger.
Alfred Hitchcock, Fritz Lang, Raoul Walsh, Orson Welles, Samuel Fuller, John Huston en sont, entre autres, les maîtres. Le grand sommeil en 1956 de Howard Hawks, Quand la ville dort en 1950 de John Huston, La Dame de Shangaï, 1948, d'Orson Welles, Règlement de compte, 1953, de Fritz Lang, Laura, 1944, d'Otto Preminger, En marge de l'enquête, 1947, de John Cromwell, Gilda, 1946, de Charles Vidor, Mark Dixon Detective, 1950, d'Otto Preminger, Les Passagers de la nuit, 1947, de Delmer Daves en sont les chefs-d'oeuvre. Humphrey Bogart, Robert Montgomery, James Cagney, Dana Andrews, Edward G. Robinson en sont les héros. Lauren Bacall, Marlene Dietrich, Ida Lupino, Grace Kelly, Jane Tierney, Lana Turner, Rita Hayworth, les icônes.


Clown:
La vieille carcasse du clown supportait mal l'émotion qu'il vivait en examinant l'inconnu. Vania devinait cette souffrance. L'appréhension d'un malheur l'enveloppa. Un clown, blanc - triste - aux cheveux blancs. Vania, la jeune Noire, au masque blanc, nuptial (e). Un clone, à la mémoire blanchie. Un flic, des Stups - encore du blanc. Un chirurgien, aux gants blancs. Et la face cachée de ces vies, noires, hantées de fantômes désarticulés, personnels ; trop humains. Peut-on retrouver le sourire perdu des enfants. Un clown, au nez rouge. Vania, la jeune Noire, au sang rouge, nuptial (e). Un clone, aux sourires rouges. Un flic, amputé, qui voit rouge. Un chirurgien à la mémoire étoilée de sang, - rouge. Et la face cachée de ces vies, noires, hantées de fantômes désarticulés, personnels ; trop humains. Peut-on oublier le sourire volé des enfants. Entrez sur la piste... Noël Simsolo écrit en blanc et noir, l'extrême, le grand écart des existences, les dièses de la vie. Dissonances. Du grand art !


Portraits:
"Au fil du temps, j'ai rencontré de nombreux artisans de cinéma. Ils étaient comédiens, producteurs, réalisateurs, critiques ou directeurs de cinémathèques. Certains d'entre eux demeurent dans les mémoires. D'autres sont presque oubliés, mais tous vivaient pour cet art et y brûlaient leur âme avec passion. (...) J'ai eu la chance de les connaître et de dialoguer avec eux. Pas toujours de cinéma. Parfois, ce furent de longues conversations amicales étalées sur plusieurs années. D'autres fois, il a suffi d'une seule soirée pour marquer ma mémoire. Quelquefois, une collaboration nous a réunis. Chaque individu porte en lui les traces des moments privilégiés où un mot, un geste, une attitude et une situation peuvent influencer l'existence. Je suis recouvert de ces traces. Elles sont signes de bonheur tout autant que cicatrices mal refermées. (...) Ici, je vais évoquer un autre temps. Un passé pourtant proche. Une belle époque où j'ai baigné avec insolence." Dixit Noël Simsolo



La série des Flanders :
Dans le Paris des années 1920, Edgar Flanders, détective de l’étrange est un personnage libre, héros d’aventures insolites et fantastiques. Sa connaissance de la magie et des sciences occultes, sa sagacité et son audace le mènent aux frontières du réel pour combattre les forces du mal.

Bibliographie :
* Alfred Hitchcock, Seghers, 1969
* Conversation avec Sergio Leone, Stock, 1987
* Femmes du cinéma français, Calmann-Lévy, 1989
* M le Maudit, un film de Fritz Lang, éditions Plume, 1990 (co-écrit avec Bernard Eisenschitz et Gérard Legrand)
* Un travelo nommé désir, Baleine, 1996
* Couleur sang, Baleine, 1996
* Apocalypse Nord, Baleine, 1997
* Les enfants de l'Enfer, Baleine, 1999
* Tête-à-queue, Baleine, 2000 (avec Didier Daeninckx)
* Retour d'amour à Lille, Baleine, 2000
* Les Piétons du siècle
Vol. 1 : Images de chair, Seuil, 2000
Vol. 2 : Prédateurs, Seuil, 2000
Vol. 3 : Exterminateurs, Seuil, 2001
* Les Derniers Mystères de Paris, Baleine, 2002
* La Chair des femmes, Hors-commerce, 2003
* Les Sept Poules de Christelle, Baleine, 2003
* Clint Eastwood : un passeur à Hollywood, Cahiers du cinéma, 2003
* Disparu en mai 1968, Le Passage, 2004
* Edgar Flanders détective de l'étrange. Les Vampires de Gand, Seuil, 2004
* Edgar Flanders détective de l'étrange. Les crimes de la momie, Seuil, 2004
* Edgar Flanders détective de l'étrange. La princesse venue d'ailleurs, Seuil, 2005
* Edgar Flanders, détective de l’étrange. La guerre des sorciers, Seuil, 2005
* Le café des méchants, Magnard jeunesse, 2005
* Le Film Noir - Vrais et faux cauchemars, Les Cahiers du cinéma, 2005
* Wazemmes, L'écailler, 2005
* Rue de la clef, L'écailler, 2007





Publié le 07 novembre 2007 à 10:52
Par flicorse
Du journalisme au polar:

En introduction, nous rapportons un scoop médiatico-littéraire :


Selon un article relevé en août dernier sur un blog tenu par un policier syndicaliste, Francis Zamponi, journaliste-écrivain aurait participé à l’écriture d’un livre dont l’auteur est Roger Marion , ancien chef de la DNAT chargé d'une partie de l'enquête sur l’assassinat du Préfet Erignac. Le titre en serait " On m’appelle Eagle 4", une allusion à un jeu de mot le concernant, en anglais Aigle 4 se dit "eagle four" et donc phonétiquement , cela donne " Il gueule fort ". Cet ouvrage retracerait sa carrière avec l’évocation des affaires médiatisées. Il serait aussi une mise au point pour contrer le livre " Place Beauvau " portant contre l’ex- commissaire de police devenu Préfet, des accusations relayées par la Presse. Francis Zamponi est l’auteur de plusieurs romans noirs dont Le colonnel qui a fait l’objet d’une adaptation cinématographique par Costa Gavras. Que penser de cette collaboration ? Le Préfet a-t-il eu besoin du journaliste ou du romancier ? Vérité documentée ou vérité romanesque? Nous attendrons la parution pour en savoir plus. Elle est prévue pour le 22 novembre prochain aux Editions du Seuil.
Adresse du scoop :
http://berthomet-le-blog.blog.20minutes.fr/tag/Zamponi

Pour Alain Bévérini, le polar se rapproche du journalisme, des faits divers que l'on retrouve dans les colonnes de Libé. " Raconter ce qui se passe dans la rue est bien plus intéressant que d'inventer une histoire à combines avec une succession d'énigmes. " L'énigme d'ailleurs n'est qu'un prétexte. Pour lui ce qui importe, c'est la critique sociale et les bleus à l'âme. Rien d'étonnant à ce qu'il ait adapté au cinéma Total Khéops de Jean-Claude Izzo. Comme l'auteur, il est originaire de Marseille et connaît les décors, " ces Marseillais qui se traînent et le flou moral qui entoure la ville ".

Le 27 octobre dernier à 17 Heures, à l’Alcazar de Marseille, " Les cahiers du Sud de l’Ecailler du sud " ont organisé, comme ils vont le faire une fois par mois avec d’autres invités, une rencontre des littératures policières avec Bruno Aubry et Jean Contrucci. Cette conférence-débat portait sur le thème : du journalisme à l’écriture de polar. François Thomazeau, co-éditeur à l’Ecailler du Sud, y jouait le rôle du modérateur éclairé, puisque lui-même est écrivain et auteur de polars.

Bruno Aubry, qui a travaillé notamment pour l’agence Reuters et a été le correspondant en Provence de plusieurs titres parisiens, est l’auteur d’un livre-document sur le grand banditisme en Provence. C’est de ce livre, " Les parrains de la Côte ", actuellement réédité, que les réalisateurs Thierry Aguila et Philippe Carrese se sont inspirés pour la série documentaire diffusée sur France 3 Méditerranée et portant également le titre " Les parrains de la Côte ". Le journaliste est donc passé au livre-document mais pas encore à la fiction.


Jean Contrucci, après avoir fait une carrière complète au sein du quotidien Le Provençal, a troqué les colonnes du journal pour les pages de ses romans. Il continue toutefois à écrire des articles de " critique littéraire ". Il est l’auteur d’une série à succès bien connue, " Les nouveaux mystères de Marseille ", publiée chez Lattès, qui met en scène des faits divers de la fin du XIXème siècle, et de plusieurs autres romans, dont " Comme un cheval fourbu ", récemment réédité par L’écailler.

Ces deux auteurs ont été imprégnés toute leur vie durant de l’état d’esprit du journaliste, pour autant ils n’ont pas résisté au désir d’aller au-delà, et la question se pose de savoir pourquoi et comment tant de journalistes traitent un jour ou l’autre des phénomènes de société, de la justice ou des faits divers à travers d’autres supports que leurs propres organes de presse.

Pour certains journalistes, c’est le journalisme qui les a rapprochés du polar, comme Jean Contrucci. Ce dernier remonte le temps noir dans la bible jusqu’à la genèse… " Dès que nous ( entendre " l’humanité ") avons été quatre, il y a eu un meurtre. Cain a tué Abel ". Dans sa série inspirée des faits divers qui ont jalonné l’histoire de Marseille à la fin du 19ème siècle, il reprend des enquêtes au bout desquelles une vérité restent à trouver et, par la fiction, il propose sa vérité romanesque pour qu’elles aient une fin subjective mais appropriée à l’objectivité qui convient à l’intrigue. Reste à savoir si cet auteur prolixe ne va pas entamer une série " Mystères ", après celui de la création, sur les assassinats relatés dans la bible en commençant par nous révéler que Cain était innocent et nous fournir une vérité non biblique. Pour lui, le journalisme et l’écriture de romans sont à la fois parallèles et complémentaires : Ils ne sont le résultat d’aucune dicotomie de sa personnalité. Il n’y a qu’une seule évidence : le plaisir d’écrire au contact de réalités humaines.

Ainsi le polar s’inspirerait naturellement des faits divers régulièrement médiatisés et en serait le prolongement romanesque. Certains journalistes expliquent que, contraints à faire court par leurs rédacteurs en chef, le roman leur offre à contrario la liberté de faire long. Au centre de leurs discours, émerge rapidement le problème de la vérité et de l’objectivité. " Etre objectif " apparaît un idéal plus qu’une réalité. Une anecdote attribuait à un rédacteur en chef les consignes suivantes : " Une phrase se compose d'un sujet, d'un verbe et d'un complément. Si vous mettez un adverbe, vous êtes virés ! Pour les adjectifs... consultez moi ! ".

Dans le domaine de l'information et du journalisme, l'objectivité est donc un idéal jamais atteint. En effet, sans parler des pièges subjectifs du langage, elle dépend non seulement de la manière dont les informations sont traitées, mais aussi du choix des informations et de l'importance relative qui leur est accordée. Il est outre difficile pour le journaliste, comme pour tout rédacteur, de s'abstraire d'un certain nombre d'influences liées à son milieu, son éducation, son pays d'origine, etc. Elle suppose en outre une connaissance parfaite et complète du sujet et de tous ses paramètres explicatifs, condition qui est, la plupart du temps impossible à satisfaire en pratique.

Les journalistes conviennent qu'il est impossible d'aboutir à une objectivité totale dans le traitement de l'actualité. L'urgence de la publication, la complexité des faits traités, l'absence d'expertise des journalistes généralistes ne permettent pas de garantir l'objectivité absolue des informations divulguées. Aussi des règles éthiques ont-elles été mises en place pour limiter les dérives. L'une d'elles fait la distinction entre l'article factuel (qui se borne à rapporter faits, citations et détails pratiques) et l'éditorial. L'éditorial est un article de commentaires dans lequel un journaliste (souvent une plume reconnue par la profession ou le grand public) s'engage en proposant une analyse ou une interprétation des faits qui n'engage que lui. Les grands journaux nationaux et régionaux ont leurs éditorialistes attitrés dont la fonction n'est plus de rapporter les faits mais d'en proposer une lecture, parfois orientée politiquement ou philosophiquement.

Tout démarche objective doit assumer sa part de subjectivité. Dans la fiction noire, ce n’est plus la réalité vraie qui est recherchée. Il n’y a plus besoin de preuves. L’auteur veut donner de la chair aux personnages et du sens au récit en touchant les consciences. Les polardeux, qui proviennent de métiers au contact des faits divers, ne pouvaient, dans leurs fonctions, donner du sens à des faits que ce soit dans un rapport de police, une ordonnance de renvoi ou un article de presse. Il n’est donc pas étonnant de retrouver parmi les auteurs de polars des flics, des magistrats et des journalistes. Ils se libèrent du carcan professionnel et, devant la page blanche, les seuls impératifs sont alors littéraires. Le noyau dur est l’intrigue tout en faisant la part belle à l’anecdote. Ils auront la liberté d’évoquer tous les aspects qu’ils soient sociaux, culturels ou politiques. A l’opposé des communiqués de Presse, ils pourront aller à la périphérie des faits et dans la chair des acteurs, en relatant ainsi une vérité romanesque plus proche de la complexité des réalités humaines et sociales. Ils peuvent développer à loisir leur vérité qui est la somme de leur expérience et de leur réflexion.

Journalisme et polar… voilà une dualité fréquente dans le monde des polardeux qui sont souvent des journaleux passés à la fiction. Bernard Oustrières et Thierry Maugenest en font aussi partie. Ils vivent et écrivent en Province, dans le Midi de la France.




Bernard Oustrières :

Journaliste depuis 42 ans, Bernard Oustrières a successivement appartenu aux rédactions de La Marseillaise, Var-Matin, Le Soir tout en développant sa collaboration à France-Soir et au Figaro (sous le pseudonyme anagrammatique de Robert des Nauriers). Free-lance depuis 1998, il publie des reportages dans le Figaro Magazine, VSD, Marianne et la revue Pays de Provence. Il est l’auteur d’une dizaine de romans au nombre desquels figurent Atocha (2006). " Le journalisme m’a nourri et me nourrit encore mais tend à me fatiguer. Tandis que l’écriture romanesque me repose, dit-il .".

Bernard Oustrières, né en 1948 dans un autre Midi, est un Varois d'adoption ; Aujourd'hui free-lance, il collabore à de nombreux journaux et revues. Il a vécu à Marseille, y a exercé et y effectue toujours de fréquents séjours dans le cadre de ses activités professionnelles. Il connaît donc la ville, à la fois de l'intérieur et de l'extérieur, ce qui le rend apte à porter sur elle des regards alternatifs. Si vous lui demandez : Le "polar" c'est quoi pour vous ? Il répond : Une friandise quand il est signé d’un bon auteur. Une récréation délectable. Quelque chose comme un savoureux sandwich accompagné d’un demi de bière au bord d’une route de vacances. Ses romans policiers vont du "whodunit" au roman d’action et nous avons choisi de vous en présenter cinq :



Tableaux noirs au Musée d’Orsay aux Editions Autres-temps (juin 2007)

Commentaire d’un lecteur : Un commissaire poli, élégant, maniéré, très british, ... on est très loin des commissaires Maigret et Moulin! La perfection du personnage principal (qui peut paraître écœurante dans les premières pages) n'est en fait qu'une technique d'écriture pour mieux laisser paraître les sentiments du personnage, son ambiance, ses pensées intimes, ... Et alors là, cela devient du génie. Petit à petit, on finit par voir au travers de ses yeux. Vous penserez à ma critique, j'en suis sûr, en regardant une vieille dame traverser une rue... Mais je n'en dis pas plus. L'intrigue policière est excellente, mais ce n'est pas là l'aspect le plus intéressant du livre, que l'on lit d'une traite.

Bernard Oustrières sait dépayser son lecteur. En l’emmenant d’abord de la Provence au cœur de Manhattan ou de Rome, jusqu’à la Rivièra et aux îles Borromées. En le promenant ensuite entre doutes et certitudes. En faisant de lui le témoin par excellence, tour à tour du côté des accusateurs, de l’accusé, de la victime et du bourreau. Embarquement immédiat pour un roman haletant aux personnages énigmatiques

Atocha aux Editions Transbordeurs(2006):

Passionnant road movie sudiste, Atocha nous entraîne des routes de France jusqu’à Lisbonne, Madrid, Bilbao.

Roland, professeur d’espagnol quadragénaire, voue une passion secrète à Marianne, son amie d’enfance, devenue médecin psychiatre. Plutôt que de lui prescrire des antidépresseurs pour surmonter son spleen, celle-ci l’incite à partir en voyage.
Mais l’un de ses patients psychopathes, également amoureux d’elle, veut se venger de ce rival. Une folle course poursuite s’engage… Fuyant à la fois le tueur et ses propres démons, Roland arrive à Madrid par le train le jour des attentats du 11 mars 2004. Peu à peu, dans une Madrid endeuillée, il tisse avec le tueur une relation ambiguë. La menace mortelle semble lui offrir une possible évasion intérieure.
Cet aspect " psy " n’altère pas le rythme du récit ni les péripéties hitchcockiennes, ni le rebondissement final, ni la chute.

Critique à Rayon polar : " Roland est un professeur d’espagnol quadragénaire, un matin un coup de blues plus important que les autres " un curieux mélange de désarroi léger et de tristesse obscure associés à l’engourdissement subit des félicités intérieures " le pousse à consulter Marianne une amie d’enfance, médecin psychiatre, qu’il aime en secret. Au lieu de lui prescrire des antidépresseurs celle-ci lui conseille de partir en voyage. C’est ce qu’il fait au volant d’une voiture louée. Mais l’un des patients de Marianne, psychopathe, également amoureux de son médecin veut se venger de ce rival et le prend en chasse. Une course poursuite s’engage entre l’Espagne et le Portugal. Au cours de cette fuite Roland va rencontrer Izaskun Iparraguire, une ancienne activiste Basque. Et le 11 mars 2004 il arrive à Atocha, le jour des attentats qu’on va attribuer un temps à l’ETA. Sur un scénario classique Bernard Oustrières arrive à nous tenir en haleine de bout en bout à travers un road-movie qui nous fait visiter quelques lieux plus ou moins connus de Lisbonne, Madrid ou Bilbao, ainsi qu’à travers des personnages dépeints avec humanité, comme la sensuelle Izaskun, ou les pensées hallucinées de celui qui poursuite Roland de sa folie meurtrière. Et, cerise sur le gâteau, ce roman est servi par une écriture réellement somptueuse ".(René BARONE)

L’Irlandaise, voiture 4 aux éditions Carnot (2002).

Présentation de l'éditeur : La vengeance serait un mets à déguster froidement. Pas facile pour Tom Fairfax, alors que la flamme de sa douleur est vive, que tout ce qu'il attrape le brûle, que la piste de sa proie est encore chaude, que le soleil lui tape sur le système, dans les arènes de Ronda ou sur les terrasses de Miami. La froideur de cette Irlandaise, aussi secrète qu'inflexible, l'y aidera peut-être. Seulement voilà, on ne fait pas toujours ce que l'on veut avec les tueuses à gages. Bernard Oustrières trompe son monde, il voudrait nous faire croire qu'il a écrit un polar implacable qui entraîne ce Tom Fairfax dans une course d'un coin du monde à l'autre. Pas si simple, il faut aussi compter avec les sentiments...

Quatrième de couverture : La vengeance serait un mets à déguster froidement. Pas facile pour Tom Fairfax, alors que la flamme de sa douleur est vive, que tout ce qu'il attrape le brûle, que la piste de sa proie est encore chaude, que le soleil lui tape sur le système, dans les arènes de Ronda ou sur les terrasses de Miami. La froideur de cette Irlandaise, aussi secrète qu'inflexible, l'y aidera peut-être. Seulement voilà, on ne fait pas toujours ce que l'on veut avec les tueuses à gages.

Le Cœur du pharaon aux Editions Carnot ( 2004):

"Cœur de Pharaon" est son quatrième roman. Un duel à distance, une course poursuite entre Jennifer Morgan, jeune et tenace détective new-yorkaise, et Jean Renouart, employé de banque français sur lequel pèse de terribles soupçons: l'assassinat d'une petite fille anglaise en Provence, un crime horrible qu'il n'a pourtant pas commis. Un livre haletant, à rebondissements, nourri d'action, éclairé par de somptueux décors naturels, et où l'auteur emmène sans faiblir son lecteur jusqu'aux îles Borromées.

Après l’Irlandaise voici l’Américaine, autre héroïne de Bernard Oustrières. La première était une tueuse à gages, la deuxième est détective privée. Deux portraits de femmes aussi différentes que possible. L’une était froide et secrète, tout le contraire de la seconde, vive, enjouée. Mais toutes deux des professionnelles, obstinées et qui vont au bout de leur mission.
Dommage pour Jean Renouart, pauvre employé qui s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, il a contre lui une des meilleures détectives qui, une fois lancée sur une piste, ne lâche plus sa proie.

Avec un sens aigu du suspens Bernard Oustrières nous entraîne dans une folle cavale à tavers l’Italie. Rome, San-Remo, Rapallo, Vérone, etc., autant de villes qu’il décrit d’une plume incisive, nous donnant l’impression de voir un film en cinémascope que nous regardons, tenus en haleine jusqu’à la dernière image.

En répondant à Jean Contrucci, Bernard Oustrières avait indiqué qu’il envisageait d’écrire une trilogie mettant en scène trois personnages de femmes.

Sept phocéennes aux Editions de la Courtine (1996)

Voluptueux adepte d'une langue classique et raffinée mais sachant recourir aux procédés journalistiques pour donner du nerf à ses dialogues, Bernard Oustrières a voulu, avec ces "7 Phocéennes", rendre hommage à cette ville-patrie et à ses fils. Il s'en explique ci-dessous :
"7 phocéennes", qui s'inscrit dans les ouvrages publiés par les Editions de la Nerthe, se présente comme un recueil de nouvelles. Mais les sept récits distincts qu'il contient équivalent en fait à sept chapitres d'un unique roman dont Marseille constituerait la protagoniste, omniprésente. La ville n'est pas ici traitée comme un simple décor. L'auteur en fait l’actrice centrale influant directement sur la destinée des autres personnages. Il donne ainsi à la métropole méridionale, creuset millénaire de l'aventure humaine en occident, une dimension rarement mise en exergue.

L'avis des Marseillais du Monde
" Que voilà un livre remarquable, parlant de Marseille comme on aimerait en entendre parler plus souvent. Pas de clichés éculés sous la plume de Bernard Oustrières, rien que le bonheur des choses simplement dites, des images qui nous touchent parce que pétries de justesse, des éclairages insolites sur des lieux si familiers qu'on en oubliait de les regarder vraiment et des personnages débordant d'une humanité grave. Ce livre est une petite merveille, pour nous qui savons ce qu'est vraiment Marseille. Entre ombre et lumière, on se laisse sans difficulté charmer par ces sept phocéennes toutes en demi-teintes et l'on se surprend parfois à prolonger le récit à sa guise en laissant dériver son imagination dans les jardins secrets de ce Marseille-là. Un pur délice. "

Dédicace de l’auteur : "Ce recueil comprend sept récits qui mettent tour à tour en scène trois femmes, trois hommes et un chien. Le destin de ces personnages, animal compris, se confond avec celui de Marseille. J'évoque sept orgueils blessés, sept hauts caractères également humiliés, sept êtres qui refusent d'abdiquer malgré l'adversité, malgré les blessures intimes, malgré les cruautés parfois fortuites de la vie. Ils puisent, dans leurs racines phocéennes, la force étrange de résister. Marseille est bien sûr présente à chaque page. Je l'ai évoquée à ma manière, en fuyant les poncifs. Comme tous ceux qui aiment cette cité-mère, je l'ai vue à travers le prisme déformant de mes passions plurielles, de mon histoire personnelle, de mes affinités poétiques. Les Marseillais de souche qui liront ce petit ouvrage, éprouveront parfois l'impression qu'il s'agit de nouvelles "à clé" et que certains des personnages mis en scène existent réellement. C'est presque vrai. La scientifique, l'avocate et même l'amoureuse éperdue m'ont été inspirées par des êtres réels. Idem s'agissant des hommes : le truand, l’antihéros de "L’œuf", Kadour, le jeune Maghrébin banlieusard et Rodriguez, pied-noir inconsolé. Mais ces portraits ne contiennent pas de messages codés et tout, dans mes récits, relève de l'imaginaire. Sauf s'agissant du chien qui trépasse, à la fin, sous le buste de Monsieur Chave, à la Plaine, et qui, dans son agonie, revoit défiler sa picaresque vie de bâtard marseillais. celui-là, aux qualités morales près, c'est à moi surtout qu'il ressemble. Mais n'allez pas le répéter."

Un court extrait pour découvrir un autre Marseille ...
" Ils suivirent et se retrouvèrent dans la cour fleurie d'un petit immeuble, pas loin des Catalans. Les femmes avaient déjà dressé des tables dehors, les hommes allumèrent le barbecue, d'autres tiraient un vin honnête de trois petits conteneurs carrés . Bientôt des côtelettes grésillèrent, puis des saucisses minces et des merguez. Enfin, des pommes de terre grillées apparurent. On riait, on s'interpellait, on s'embrassait. Ces agapes prenaient des airs aimables d'autrefois, aux ages d'avant les grands égoïsmes quand l'argent était rare et les coeurs meilleurs.
L'un des hommes cria :
- Voici Mémé ! Bonsoir Mémé !
Tous saluèrent une petite vieille dame qui leur lançait des baisers du haut d'un balconnet. Elle avait cette beauté particulière des femmes très âgées qui n'ont jamais désappris de sourire.
- C'est Mémé de la nuit, dit Rosy.
- Mémé de la nuit ?
- Parce qu'elle ne dort presque jamais, sa fenêtre reste toujours éclairée. Elle a plus de quatre-vingt-dix ans.
- C'est la mémé de qui ?
- On ne sait pas trop. De tout l'immeuble en fait. Elle ne quitte plus son logement, alors les locataires se relaient pour lui apporter ce qu'il faut. Ce soir, elle va manger avec nous, regarde.
L'un des cousins, à l'aide d'une poulie, hissait jusqu'au petit balcon tout un plateau repas que sa femme, entrée chez l'aïeule, récupérait et déposait sur une table de camping.
- A votre santé Mémé !
Tous en bas levaient leur verre en hurlant : " On a ga-gné ! On a ga-gné ! " Et là-haut Mémé souriait, portant un gobelet de plastique à ses lèvres. Elle ressemblait à une vierge vieillie qui bénissait leur fête. Rosy avait les larmes aux yeux. Françis la regarda.
- Tu es Marseille.
Il regarda les autres et les envia.
"





Thierry Maugenest:

Thierry Maugenest, après avoir passé dix ans à voyager autour du globe, vit désormais à Aix-en-Provence, où il se consacre à l'écriture. Auteur français. Écrivain et traducteur, Thierry Maugenest a séjourné plusieurs années dans la région de Venise. Venise.net était son premier roman.

Nouveautés chez l’Editeur Liana Levi :


Audimat Circus,

Mêlant suspense et aventures, Thierry Maugenest nous livre une satire mordante de notre monde médiatisé et globalisé à travers les péripéties d'un pauvre bougre enrôlé dans une émission de télé réalité...
304 pages - 14 x 21 cm - Broché
ISBN 978-2-86746-463-8


Un pauvre bougre jamais sorti de son bled, dont les fringues empestent la bouse de vache, au centre d’un impossible tour du monde en 80 jours. Voilà un sujet de télé réalité qui clouerait toute l’Amérique devant le petit écran et ferait battre les records d’audience ! Le producteur de télé new-yorkais qui caresse ce rêve en est persuadé. Il ne soupçonne pas que quelques événements imprévus et pas toujours plaisants vont faire exploser l’audimat…Quant à Sullivan Chance, le héros improbable de ce tour du monde presque malgré lui, il ne passera pas à côté de l’essentiel...
Thierry Maugenest nous donne là son livre le plus abouti. Le lecteur, à travers divers témoignages, est emmené dans cette folle aventure qui se révèle une satire mordante de notre monde médiatisé et mondialisé.


Manuscrit ms 408 Voynich ( en piccolo)

Un roman policier autour du manuscrit le plus mystérieux du monde, parce que jamais déchiffré. Thierry Maugenest nous plonge dans ce secret...
192 pages - 12 x 18 cm - Broché
ISBN :978- 2-86746-462-1



Le manuscrit ms 408, nommé Voynich, est le plus mystérieux du monde, aujourd’hui comme hier. Rédigé au XIIIe siècle par un moine anglais, mis à l’index par le Saint-Siège, il fait plusieurs fois le tour de l’Europe, suscitant la passion des collectionneurs et des souverains. Il disparaît, reparaît, avant d’atterrir dans la bibliothèque d’un collège jésuite de Rome. C’est là que Wilfried Voynich le repère en 1912 et l’emporte aux États-Unis. Mais à Yale comme sur le Vieux Continent, personne ne vient à bout de ce texte obstinément indéchiffrable. Le polar commence quand deux universitaires de renom plongent sans raison apparente dans un coma irréversible...

Les autres ouvrages :


Venise.net ( en piccolo )
Pour résoudre le mystère qui entoure plusieurs assassinats, il faut parfois remonter très loin dans le temps…Et le télescopage des siècles fait de ce roman un polar bien particulier.
160 pages - 12 x 18 cm - Broché
ISBN 978-2-86746-389-1

Des mails qui traversent l’Atlantique entre Venise et New York. Un peintre du XVIe siècle qui peine à s’imposer parmi les artistes de la Sérénissime et que l’on surnomme " tintoretto ", " petit teinturier ". Un inspecteur vénitien qui ignore tout de la peinture de la Renaissance, mais voudrait comprendre. Mais où sommes-nous ? Dans la Venise des Doges ou dans celle des vaporetti ? Les deux. Car pour résoudre le mystère qui entoure plusieurs assassinats, il faut parfois remonter très loin dans le temps…Et le télescopage des siècles fait de ce roman un polar bien particulier.


La Poudre des rois ( en grand format)
Andalousie, XIIIe siècle. Un vieux maître de médecine Harmad Ibn Akzar, secondé par deux jeunes disciples, Sarah et Roscelin, va se pencher sur une énigme qui dépassera vite le cadre médical.
256 pages - 14 x 21 cm - Broché
ISBN 2-86746-370-X



En ce milieu du XIIIe siècle, en Andalousie, l’art pratiqué par les maîtres de médecine arabes et juifs a fait de considérables progrès, alors que dans le royaume de France l’on croit encore que les fous ont dans la tête une pierre de folie. Malgré cette science nouvelle, une épidémie qui frappe de riches marchands sévillans demeure inexpliquée. Pourquoi ces fièvres ne s’attaquent-elles qu’à des hommes embarqués, quinze années plus tôt, sur une nef marchande faisant route vers l’Orient ? Un vieux maître de médecine Harmad Ibn Akzar, secondé par ses deux jeunes disciples, Sarah et Roscelin, va se pencher sur cette énigme qui dépassera vite le cadre médical.

Extrait de La poudre des rois:

" 30 août 1265
- Ils sont revenus ! Ils sont revenus pour se venger ! Ils sont là, tous les deux ! Ils sont revenus pour prendre ma vie…
L’homme qui parle est seul. Son cheval, à qui il commande sans cesse de forcer l’allure, galope sur les versants des collines de l’Aljarafe. Plus au nord, des lourdeurs d’orage pèsent sur les hauteurs de la Sierra de Aracena. Cela fait plus d’une heure que l’homme a quitté Séville. De temps à autre il se retourne, referme la main sur la poignée d’une épée à lame recourbée, la dégage de son fourreau et l’agite dans le vide autour de lui, comme pour tenir à bonne distance des combattants invisibles.
- Ils sont revenus ! Ils sont revenus pour se venger ! Après quinze années, ils sont revenus pour me tuer…
Mais peu à peu ses forces déclinent. Il a de la fièvre. Il grelotte sous le lourd soleil d’août. Sa voix se fait maintenant plus faible, ses phrases, qu’il balbutie à peine, sont coupées de profondes respirations, des râles plutôt, qui se transforment parfois en une quinte de toux grasse :
- Ils sont là… tous les deux… Ils sont revenus d’entre les morts… L’homme referme sa longue cape noire autour de lui pour tenter de conserver la chaleur de son corps. Mais en vain. Sa bouche se met à trembler et ses dents s’entrechoquent de plus en plus fort. Par-delà la houle argentée des oliveraies, le cavalier distingue, au sommet d’une colline, une petite tache mouvante lui rappelant l’écume qui dentelle parfois la crête des vagues. Le soleil qui sature les lointains ne lui permet pas de voir de quoi il s’agit. Le trop-plein de lumière le fait grimacer, la peau de son visage se ride autour de ses yeux en de profonds sillons et, peu à peu, à mesure qu’il se rapproche, il commence à distinguer des couleurs, du blanc, du brun, qui prennent confusément la forme de murailles crénelées en pisé, de maisons blanchies à la chaux, de clochers et de minarets en pierres de taille ocre. " Ce doit être le village de Sanlúcar la Mayor, se dit-il. Je demanderai qu’on donne à boire à mon cheval… puis je continuerai ma route… loin… très loin de Séville. "
Est-ce l’effet du soleil s’il voit les contours du village onduler légèrement avant de s’évaporer en de ténus fils noirs ? Non, l’homme est bien trop près des premières habitations pour qu’elles tremblent ainsi dans un mirage de chaleur. Ce sont bien les vertiges de la fièvre qui sont la cause de ses visions. Cette fièvre survenue soudainement il y a quelques heures à peine. Cette même fièvre qui va sans doute l’emporter avant que le soleil ne se couche.

L’auteur a dit (Source : éd. Liana Levi) :

Question : Audimat Circus est votre quatrième roman et pour la première fois vous ancrez l'intrigue dans le monde d'aujourd'hui. Pourquoi ce choix ?
Réponse : Voyager dans le temps ou autour du globe n’est pas si différent. Après tout, le Moyen Âge ou la Renaissance de mes premiers romans ne sont pas plus dépaysants que le monde mystérieux que j’évoque dans Audimat circus, qui est celui des bas-fonds de Brooklyn, des secrets de la forêt amazonienne, des dernières tribus touarègues ou des pèlerins du Cachemire. Écrire, pour moi, c’est poursuivre la quête de la Terra incognita … qu’elle soit d’hier ou d’aujourd’hui. Qu’importe le flacon... pourvu que la littérature procure l’ivresse de la découverte.

Question : Quel a été le déclic pour l'intrigue d'Audimat Circus? Lassé de tomber sur des émissions de télé-réalité?
Réponse : S’il est vrai que je me suis beaucoup amusé du bidonnage bien réel des reality shows, j’ai aussi voulu réagir contre un monde dans lequel l’aventure ou les histoires d’amour seraient condamnées à être télévisées. Quant à l’intrigue, j’ai conçu Audimat Circus comme un roman-hommage aux auteurs qui m’ont le plus marqué. Le premier clin d’œil est bien sûr adressé à Jules Verne, puisque mon personnage central est l’alter ego de Phileas Fogg. Mais il y a aussi un peu du Candide de Voltaire chez Sullivan Chance qui, à travers son tour du monde, croisera des personnages inspirés par l’écrivain anglais Malcolm Lowry, la romancière aventurière Isabelle Eberhardt, (qui voyageait dans le désert en se faisant passer pour un homme) ou encore Jéromine Pasteur qui a longtemps vécu dans la forêt amazonienne.

Bibliographie :
* Venise.net (Parution aux éd. Liana Levi coll "Policiers" en nov. 2003. ¨Parution aux éd. Liana Levi dans la coll. de poche " Piccolo " le 01 avril 2005)
* La Poudre des rois (Parution aux éd. Liana Levi coll "Policiers" en oct. 2004. Parution aux éd. Folio Policier en 2008 ) Prix du " Journal Toulousain "
* Manuscrit ms 408 (Parution aux éd. Liana Levi coll "Policiers" le 07 oct. 2005. Parution aux éd. Liana Levi dans la coll. de poche " Piccolo " le 04 oct. 2007)
* Audimat Circus (Parution aux éd. Liana Levi coll "Policiers" le 11 oct. 2007)




Publié le 01 novembre 2007 à 19:31
Par flicorse
Chester Himes dans l’actualité littéraire :


Le roman noir américain se développe, au début des années 20 (temps de la prohibition), dans des magazines à bon marché, les dime-novels au début des années 20 puis avec les Pulps dont le plus célèbre est Pulp Black Mask. Joseph Shaw, directeur du Black Mask, définit l’origine de ce nouveau genre qui va s’appeler le " Hard boiled " lorsqu’il a déclaré : " Mes collaborateurs et moi-même décidâmes de créer un nouveau genre d’histoires policières, différent de celui en usage au temps des Chaldéens et plus récemment adopté par Gaboriau, Poe, Conan Doyle et tous les autres, à savoir le genre déductif du type mots croisés ou puzzle qui, délibérément, manque de toute émotion humaine". Ainsi à la place du raffinement et d’un manichéisme trop propre, les auteurs du Hard boiled vont proposer des romans criminels réalistes dont Privés et gangsters sont les héros " durs à cuire ", violents, cyniques, adeptes de sexe et de l’alcool.

Dashiel Hammet en est le père fondateur avec une première nouvelle "L’incendiaire ". Avec lui, naissent les personnages de détectives cyniques et désenchantés qui évoluent dans des milieux glauques sur fond de violence, de corruption et de misère sociale… Dans cette veine, des auteurs vont s’illustrer : Raymond Chandler, William Irish, Jim Thomson…






Un écrivain noir dans la Noire, Chester Himes
qui, après avoir purgé des années de pénitencier aux USA pour braquage, s’installe en France où il rencontre Marcel Duhamel et écrit " La reine des pommes " en 1958. Il invente Coffin Ed Johnson (Ed Cercueil en français) et Grave Digger Jones (Fossoyeur Jones), deux flics violents qui séviront dans une série de 9 romans dont 8 situés à Harlem.

Chester Himes est né en 1909 à Jefferson City, dans le Missouri, il fait ses études à l'université d'Ohio State, Pour les financer, il travaille comme barman et liftier dans un hôtel. Une chute dans la cage d'ascenseur vide l'obligera à porter un corset toute sa vie. À Cleveland, il fréquente une bande de voyous, vend de l'alcool clandestin et, à l'âge de dix-neuf ans, se retrouve condamné à vingt ans de prison pour vol à main armée. C'est derrière les barreaux qu'il découvre les livres de Dashiell Hammett, Raymond Chandler et Fédor Dostoïevski et commence à écrire des nouvelles pour raconter la condition des Noirs. Sorti de prison au bout de sept ans, il se marie avec Jean, une jeune femme de la bourgeoisie noire, mais ils divorcent quelques années après. Installé en Californie, il vit grâce à une bourse. Chester Himes est un des meilleurs écrivains américains de race noire. Comme James Baldwin, comme beaucoup de ses collègues, il a débuté par ces nouvelles, ces " short stories " dont les magazines américains sont de grands dévoreurs. " Esquire " fera paraître plusieurs d'entre elles.



En 1941 sort " Faut être nègre pour faire ça - Les visages de la lune". Avec ce recueil de nouvelles, voici l’Amérique de Chester Himes: ses grands nègres dégingandés avec des chaussures jaunes, ses petites frappes blanches, ses anciens boxeurs, ses faux durs qui pleurent leur mère, ses vrais truands trahis par des putains angéliques ; ceux qui ont sué, dos courbé, dans les champs de coton ; ceux qui ont usé leurs semelles aux trottoirs de Chicago ; ceux qui ont perdu leur jeunesse dans les tripots de Harlem… Tous, un jour ou l’autre, s’échouent en un même lieu : la prison. C’est là que Chester Himes plante le décor de la plupart de ses récits, graves ou truculents, qui sont parmi les premiers qu’il ait écrits et le derniers encore inédits. On savoure l’histoire de ces deux flics noirs qui, par une chienne de nuit glacée, dans des entrepôts crasseux, entament de façon catastrophique une carrière illustre: Ed Cerceuil et Fossoyeur sont nés…



Son premier roman S'il braille, lâche-le... (publié en 1945) est boudé par la critique américaine, qu'elle soit blanche ou noire, qui apprécie peu son humour et sa dénonciation du racisme. L'accueil en France est beaucoup plus chaleureux. Himes s'embarque en 1953 pour l'Europe. Chester Himes est l'un des romanciers noirs les plus lus, et sans doute le commentateur le plus original du problème racial aux Etats-Unis. Il est décédé à Alicante le 12 novembre 1984.





Gallimard vient de publier CERCUEIL ET FOSSOYEUR collection Quarto
- Parution : 13-09-2007.

Après Manchette ( Romans noirs – 2005), Chester Himes est le deuxième auteur de la Noire à entrer dans la collection Quarto qui, avec soixante-sept ouvrages parus, rassemblent des grands noms de la littérature.

L’éditeur a voulu un ensemble cohérent d'œuvres littéraires d'un même auteur en un volume. Le volume " Cercueil et Fossoyeur " contient les huit romans du Cycle de Harlem, dont les inspecteurs Cercueil et Fossoyeur sont les héros : La Reine des pommes, Il pleut des coups durs, Couché dans le pain, Tout pour plaire, Imbroglio négro, Ne nous énervons pas, Retour en Afrique et L’aveugle au pistolet. Traductions entièrement révisées.

" – C'est ici à Harlem, parmi les gens de couleur, que le taux de criminalité est le plus élevé au monde. Et il n'y a que trois façons de procéder : ou bien on fait payer les malfaiteurs – et ça, vous n'en voulez pas ; ou bien on paie les gens suffisamment pour qu'ils aient une vie décente – et ça, vous ne le ferez pas ; si bien qu'il ne reste qu'à les laisser se bouffer entre eux. " Ainsi s'exprime l'inspecteur noir Jones, dit Fossoyeur, répondant à l'accusation du sergent Anderson, qui le soupçonne, lui et son collègue Ed Cercueil, d'avoir la gâchette un peu facile et une idée toute personnelle sur la manière de faire régner l'ordre à Harlem.

Le génie de Chester Himes, dans ces huit romans où la brutalité le dispute au pittoresque, est de saisir Harlem au moment critique où les Noirs, excédés par la ségrégation, les brimades de la police, la misère et les bas salaires, vont basculer... Gangsters, dealers, charlatans, prophètes, proxénètes et patrons du jeu tiennent en otage la population du ghetto sur laquelle s'abattent tous les fléaux. Cercueil et Fossoyeur, qui appartiennent corps et âme à Harlem, ont un pied dans chaque camp : celui des Blancs qui usent et abusent de la loi, celui des Noirs où les deux justiciers se servent de la loi pour protéger les Noirs d'eux-mêmes et les empêcher de " se bouffer entre eux ".

CERCUEIL ET FOSSOYEUR. Le cycle de Harlem : La Reine des pommes - Il pleut des coups durs - Couché dans le pain - Tout pour plaire - Imbroglio négro - Ne nous énervons pas - Retour en Afrique - L'Aveugle au pistolet - Précédé de Harlem ou Le cancer de l'Amérique, par l'auteur, trad. de l'anglais par Minnie Danzas, Jane Fillion, Janine Hérisson, Yves Malartic, Henri Robillot, Pierre Sergent et Chantal Wourgaft et révisé par C. Jase, 1372 pages, 20 illustrations., sous couverture illustrée - Collection Quarto, Gallimard - ISBN 9782070785162. Parution : 13-09-2007.

En texte d’ouverture, avec Harlem ou le cancer de l’Amérique, Himes dresse un état des lieux complet (historique, économique, social, religieux). Le top ! Bientôt vingt-trois ans que Chester Himes, enfant noir du Missouri et ex-cambrioleur, est mort à Alicante. Il a nous laissé bien des romans policiers. Gallimard a rassemblé les huit romans du "Cycle de Harlem" et nous donne l’occasion de renouer avec Ed Cercueil Johnson et Fossoyeur Jones, la paire de flics blacks en manteaux pourris dans le ghetto miséreux, celui des "niggers" d’avant la gentrification. Depuis la fin du XXe siècle, Harlem a connu d'importants changements, à la fois dans sa structure sociale, dans ses conditions de vie mais aussi dans son paysage urbain. Ces bouleversements s'inscrivent dans la revitalisation récente de Manhattan. La gentrification désigne la réoccupation des centres des villes par les classes aisées après rénovations et réhabilitations.





La Reine des pommes (ou A rage in Harlem = For love of Imabelle = The five-cornered square) – 1958-
Résumé: Jackson est le gars le plus candide d'Harlem, pour ne pas dire demeuré. Et dans le coin, il y a un tas de dégourdis qui commencent par lui étouffer son pognon. Sa petite amie, Imabelle, une fille superbe à la peau couleur de banane, l'entube comme ce n'est pas permis. Enfin, son frère, qui est bonne sœur dans le civil, cherche aussi à le posséder. Seulement Jackson, lui, c'est un bon chrétien. Y a que la foi qui sauve et il a tout à fait raison de croire aux miracles.
La Reine des Pommes a fait l’objet d’une adaptation au cinéma par Bill Duke sous le titre américain " A rage in Harlem ". Jean Cocteau, et Jean Giono considéraient " La reine des pommes " comme un chef- d'œuvre.



Il pleut des coups durs (If trouble was money) – 1958 - :
Résumé: Les " Musulmans Fumants " ne vénèrent pas La Mecque, mais la marijuana. Sonny, qui tirait à bout portant sur le consommateur blanc, n'était pas un assassin et le vitrioleur avait lancé à la figure de sa victime non pas de l'acide sulfurique mais du parfum d'œillet. Va donc y comprendre quelque chose ! Pourtant ils avaient tous du souci - les coupables, les suspects, les innocents et les flics - et chacun pouvait prendre à son compte les paroles de la chanson : " Si les coups durs, c'était du fric, il y a longtemps que je s'rais millionnaire. "



Couché dans le pain (The crazy kill ) –1959-
Résumé: Au petit matin d'une veillée funèbre agitée, à Harlem, le révérend Short se penche un peu trop par la fenêtre et dégringole du deuxième étage sur le trottoir. Premier miracle : une vaste corbeille pleine de pain frais amortit sa chute. Il remonte à l'étage, indigné : " C'est Chink qui m'a poussé... " Tout le monde se presse à la fenêtre pour se rendre compte et... deuxième miracle : il y a encore un homme dans le panier. Mais celui-là est mort, bien mort, avec un couteau planté en plein cœur...



Imbroglio négro – 1959-
Résumé: Cette Cadillac-là semblait faite d'or massif, sauf le toit, tendu d'un fin tissu brillant. Elle voguait sur la chaussée comme un paquebot de rêve, illuminant sur son passage la rue tout entière. Au volant, Davy Crockett, avec son bonnet de fourrure, et, à côté de lui, la reine de Saba en personne.



Tout pour plaire –1961-
Résumé: C'est à la lance d'incendie que " Gentil Prophète ", le thaumaturge noir, baptise ses adeptes rassemblés dans une rue de Harlem. La fanfare joue quelques cantiques sur un rythme de rock and roll, et les fidèles assaillent alors le saint homme. Alberta, la cuisinière, lui fait bénir une bouteille d'eau et, après en avoir bu une bonne goulée, s'effondre raide morte. Panique, bousculade, enquête. Mais " Gentil Prophète " a plus d'un tour dans son sac...



Ne nous énervons pas (Be calm) – 1961-
Extrait : " Gueule-Rose cherchait la malle pour laquelle tant d'imbéciles et de crapules étaient morts, à Harlem, à Brooklyn, et même chez les rupins de Riverside... Gueule-Rose suait abondamment et la peinture se délayait, tombait en grosses gouttes, noires comme l'encre, sur le sol.
- T'as vu ce négro ? Dit un gardien. J'ai bien entendu dire que les Noirs suent de l'encre. Mais c'est la première fois que j'en vois un.
"



Retour en Afrique - 1964 -
Résumé: Dans un parking de Harlem, le révérend O'Malley a réuni une centaine de familles pour leur prêcher le retour en Afrique contre un modeste pécule de 1 000 dollars. Soudain, sorti de nulle part, un camion conduit par un Blanc fonce dans la foule et embarque le magot de 87 000 dollars. Ed Cercueil et Fossoyeur Jones vont bien sûr courir après l'argent volé, mais dans Harlem, tout peut arriver : des escrocs déguisés en pasteurs, des prostituées en bonnes sœurs …


L’aveugle au pistolet – 1972 -
Résumé: Les policiers noirs, John Fossoyeur et Ed Cercueil Johnson, effectuaient leur dernière ronde dans Harlem avec le vieux coupé Plymouth à la plaque minéralogique courante qu'ils utilisaient comme leur voiture officielle. Pour le moment, ils allaient à faible allure en direction de l'ouest sur la 123e Rue, avec les phares éteints, comme c'était leur habitude dans les rues sombres...


Eléments complémentaire de bibliographie
:
# The hollers, let him go (S'il braille, lâche-le…) (nouvelles), 1945
# La croisade de Lee Gordon 1952
# La fin d'un primitif, 1953
# La troisième génération 1953
# Plan B 1976
# Qu'on lui jette la première pierre 1976
# Regrets sans repentir, 1979, autobiographie.
# Le fantôme de Rufus Jones et autres nouvelles





La relève : Jake Lamar.

Aujourd’hui, un autre écrivain américain et noir vit en France. Il s’agit de Jake Lamar dont deux ouvrages sont publiés chez Payot et Rivages Nous avions un rêve (Thriller) et Le caméléon noir (noir). Il est né et a grandi à New York dans le Bronx. Il est journaliste diplômé de Harvard. Il était venu visiter la France en 1993 et s’y est établi. Le Caméléon noir est l’histoire d’un journaliste noir américain, Clay Robinette, épinglé pour une histoire de falsification de source d’information et recyclé dans l’enseignement. Son ami Reggie Brogus, obèse et ancien militant de la cause noire, trouve le cadavre nu d’une jeune femme blanche, une étudiante avec laquelle Clay a une liaison. Malgré les soupçons qui pèsent sur Brogus, Clay va se fourrer dans les ennuis pour couvrir son ami. L’autre roman est une anticipation de l’avenir policier et judiciaire de l’Amérique avec camps de rééducation des toxicos, exécutions télévisées des condamnés à mort de plus en plus nombreux, rétablissement de la pendaison par souci d’économie… et tout cela sous la houlette d’un attorney en passe de devenir le premier vice-président noir des Etats-Unis.

Son dernier roman : Rendez-vous dans le 18e, Editeur Rivages - Titre original : "Rendez-vous Eighteenth" traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Catherine Cheval et Stéphane Carn
Sommaire:
Comme un certain nombre de Noirs américains, Ricky Jenks a quitté les Etats-Unis pour s’installer à Paris. Il est pianiste de jazz et subsiste en jouant dans une crêperie de Montmartre. Il se sent chez lui dans le 18e arrondissement avec Fatima, sa compagne du moment. Pour lui, l’Amérique c’est fini. Il ne retournera pas dans ce pays où il a connu une terrible humiliation, une blessure jamais refermée : le jour de son mariage, il avait vainement attendu sa future femme. Elle était partie filer le parfait amour avec Cash Washington, son propre cousin, un riche médecin arriviste et sans scrupules.
Or voici que huit ans plus tard, le cousin Cash débarque à Montmartre. Affolé, aux abois, il a perdu de sa superbe. Il a aussi perdu son épouse. Pas l’ex de Ricky, mais une beauté nommée Serena qui a pris la fuite après une violente dispute avec lui et se trouverait à Paris. Pour localiser Serena, Cash compte sur Ricky. Et comme si cela ne suffisait pas à perturber sa vie de pianiste sans histoires, un travesti est assassiné dans le hall de son immeuble, la police le soupçonne… Il n’en faut pas plus pour que le tranquille Américain se retrouve entraîné dans un vrai roman policier.
Jake Lamar a situé l’action de ce roman dans le 18e arrondissement où lui-même vit depuis bientôt quinze ans. Son humour, son regard décalé et sa finesse d’observation sont ici au service d’une intrigue riche en rebondissements. Comme dans Le Caméléon noir et dans Nous avions un rêve, on s’attache à ses personnages de la première à la dernière page. Echappant aux clichés appuyés de " l’Américain à Paris ", Jake Lamar privilégie la vision de l’immigré parmi d’autres immigrés et nous offre une émouvante réflexion sur l’exil.



SITE DE L'AUTEUR: http://www.jakelamar.com/index_fr.html





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