Bonavinuta!
Bienvenue sur le blog Corse noir'soeur de vos nuits blanches
Blog non agressif et sans arrière-pensée. ..
Des articles après le Blog perso....
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RE NDEZ-VOUS:
- 5 décembre 2009, Salon Culture et écriture Institut Perrimond Roucas Blanc Marseille 7ème
- Les 20, 23 et 24 décembre 2009 Cultura La Valentine Marseille
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Le 1er juin 2009 à 22H15 .... 200.000ème visiteur I
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Les dix droits imprescriptible s du lecteur ( édictés par Pennac dans son ouvrage "Comme un roman")
1°/ Le droit de ne pas lire.
2°/ Le droit de sauter les pages
3°/ Le droit de ne pas finir le livre
4°/ Le droit de relire.
5°/ Le droit de lire n’importe quoi.
6°/ Le droit au Bovarysme (maladie textuellement transmissible…)
7°/ Le droit de lire n’importe où.
8°/ Le droit de grappiller.
9°/ Le droit de lire à haute voie.
10°/ Le droit de nous taire.
Marcu Biancarelli est un auteur corse qui écrit en corse et donc ses textes en français passent par la traduction. Il utilise la vieille langue corse et les formes anciennes que sont le théâtre et la nouvelle, pour tenir des propos neufs. Dans son dernier opus, le recueil de nouvelles « Extrême méridien », si vous êtes amateur de chair littéraire, de la chair vous en trouverez à travers ses personnages qui, en y regardant de plus près, incarnent la vision d’une Corse intimiste loin des dépliants touristiques, celle des Corses en prise avec des démons et leurs propres démons.
(extrait)
La terre qui l’avait vu naître, il en avait mangé à tous les repas jusqu’à la vomir, il en connaissait le goût amer, le goût de charogne, souvent ! Tenir debout, conjurer le moment de la rencontre avec les asticots qui l’attendaient affamés, dans le sein de sa terre natale, devenir celui qui nourrirait la terre des porchers, pas de son cadavre, mais de son éclat, avec cette force souveraine qui naissait à la pointe de ses pinceaux, sur le plat de ses couteaux. Les autres remuaient, et cherchaient sans cesse une raison d’espérer, lui, son moteur, c’était cette flamme intérieure, et tant qu’elle ne s’éteignait pas, la rupture n’était rien. Tant qu’il avait toujours le geste sûr, la maîtrise, la luminosité dans sa tête, et la clarté projetée telle quelle sur la toile, tant qu’il avait la capacité d’y lancer ses tripes, de se mettre à nu, de crier ce qu’il était au milieu du non-sens collectif de son monde qui n’avait jamais su naître, mais qui gisait là à ses pieds, comme avorté, et qui n’attendait que d’être recueilli, tant que sa main contrôlait la ligne, la courbe, tant que les fonds de toile éclataient comme il les avait voulus, pensés, imaginés, sentis, ce serait lui le maître de ce jeu de fous, il contiendrait le mal qui lui dévorait les entrailles et qui n’avait pas pu l’abattre jusqu’à maintenant.
Marcu Biancarelli a dit :
« Que les choses soient claires, je peux me permettre, moi, de dire du mal de mon pays, mais moi seul." (Chì i cosi siini chjari, ghje’ mi possu pirmetta di parlà mali di u me locu, ma ghjeu solu...)
« … ... ce qui est important c’est de montrer les choses pour ce qu’elles sont, et après chacun en tire ce qu’il veut en retirer.”
“ D’abord là encore il faut se méfier des paraboles littéraires. Elles ont bien sûr leur part de vérité mais ne disent pas tout. Le monde est toujours plus complexe, meilleur et pire que ce que l’on trouve dans les livres...”
Le ton est donné pour ce recueil de nouvelles sans concession, sans complaisance et sans tabou. Mais que l’on ne s’y trompe pas, Marcu Biancarelli explique :
« J’ai mal à l’humain plus qu’à la Corse. Mais la Corse me tient évidemment à cœur et représente plus qu’un univers littéraire : un espace mental et affectif des plus puissants. C’est donc dans mon île, où je vis, que je situe l’essentiel des histoires que je raconte, et Corses sont le plus souvent mes personnages, parce qu’étant de simples projections de moi, des fantômes de moi qui errent dans les pages de mes livres, je crois qu’une communion de culture et de sentiments s’impose naturellement entre moi et mes personnages. Disons qu’ils me viennent d’instinct. Mais il n’y a là rien qui doive être une règle d’écriture, je ne m’interdis rien à vrai dire. Mais plutôt pour m’interroger sur le monde et interpeller le lecteur, non pas sur ses tares ou ses déviances, mais sur la recherche d’une vérité que tous nous partageons, et une vérité qui n’est pas que Corse. Je dirais pour résumer que la Corse est le premier laboratoire du désespoir humain qui me touche et m’interpelle, mais quand on y réfléchit les maux de l’île sont souvent aussi les mots d’une humanité plus vaste. »
L’auteur nous dresse une série de portraits aux antipodes des caricatures et des poncifs sur les Corses, poussant même jusqu’à la caricature à rebours. Par des textes noirs écrits pour choquer, il nous montre en nous laissant la liberté d’interpréter, c’est-à-dire de réfléchir.
“La littérature, dit-il, c’est tout sauf le refuge des bons sentiments, ou des discours moralisateurs. Si j’écris une nouvelle sur le racisme – c’est le cas ici – il ne sert à rien d’écrire que le racisme ça n’est pas bien. Mais il faut illustrer le propos, et montrer ce qu’est le racisme, sous différentes formes qui toucheront, blesseront, feront mal, interrogeront, et donc peut-être feront aussi réfléchir. C’est pareil pour tous les sentiments que l’on voudra illustrer : c’est l’histoire et la tramme qui doivent illuminer le propos ou l’interrogation de l’auteur, et pas une démonstration stylée des plus abscontes.”
Et il ajoute: “... si des lecteurs qui ne sont pas Corses se retrouvent dans mes livres – et je sais que c’est possible – je m’en félicite, et plus que ça même, mais je n’ai jamais prétendu être autre chose que ce que je suis : un écrivain corse, qui écrit donc de l’intérieur, et d’abord pour le lectorat corse, et puis pour tous ceux qui au delà voudront entendre ce que j’ai à dire de cette réserve indienne...”
Puis il constate: “...la Corse n’a pas à trouver grâce à mes yeux parce que la Corse n’est coupable de rien. Ce n’est pas “la Corse” que certains textes peuvent stigmatiser, je dirais même que c’est l’inverse : c’est les maux qui sont faits “à la Corse”, et auxquels hélas nous souscrivons trop souvent, qui me révoltent et inspirent nombre de mes écrits.”
Dans cet opus de l’extrème, le méridien passe par les déviances de la nature humaine.Bien sûr il y a la violence mais cette violence n’est pas intrinséquement corse. On laretrouve dans le monde, les relations sociales et les sentiments humains. Marcu Biancarelli n’en fait pas une approche manichéenne. La Corse est-elle violente? Il répond que oui, comme beaucoup d’autres lieux mais la différence c’est que la Corse, elle, le sait! En codifiant la violence, on évite qu’elle ne devienne trop destructrice. C’est lorsque l’on perd la maîtrise des codes qu’on s’accroche aux déviances parce qu’elles sont plus visibles et plus abordables tout en accompagnant la déliquescence d’une société. C’est là qu’intervient la glorification de la violence. Sans glorifier la violence, on débouche inéluctablement sur la révolte et la phrase célèbre de Camus: “Je me révolte, donc nous sommes!”. Dans “Extrème méridien”, cette révolte conduit parfois, dans l’exprit de la magagne, au fantasme lorsque des toursistes dévastateurs et adeptes du quad sont transformés par magie noire en cochons contentinentaux pour terminer en salaisons corses. Nous sommes là dans le domaine de la violence symbolique mais qui, peut-être de façon subliminale, interroge aussi sur la filière de la charcuterie estampillée “corse”.
Pour citer une nouvelle corso-corse, nous retenons “Le poulpe, la langouste et la murène”, son spuntinu pour la veillée d’un mort et ces surnoms qui font l’identité des villageois comme “Tuppuchju” ( petit-rat). Toutes sont à lire et se situent dans “l’extrème méridien de chairs et de damnation”.
Vous pouvez retrouver l’intégralité d’un long interview de Marcu Biancarelli sur le site des Editions Albiana.
Nous ne pouvons qu’être d’accort avec lui lorsqu’il constate que: “Les gens qui aujourd’hui en Corse me semblent les plus libres, les plus porteurs d’espoir, sont souvent des artistes. Des écrivains ou des chanteurs, des poètes. Tous n’ont pas forcément la conscience aigüe d’exprimer la voix d’une société civile libre, mais c’est pourtant ce qu’ils font. Avec le peu d’impact réel qu’ont les artistes en général.”
Nous conseillons “Extrème mérdien”, ouvrage d’un auteur libre qui pratique la langue corse mais pas la langue de bois. Ce livre s’adresse à votre intelligence, c’est-à-dire à votre capacité aussi de prendre du recul sur les faits sans manichéismeet avechumour, même si le constat reste noir dans cette terre où le goût du drame et de la mort reste chevillé au corps.
Marcu Biancarellu a participé à un recueil collectif de nouvelles intitulé sobrement “Nouvelles corses” et édité aux éditions Magellan & Cie, dans La collection Miniatures des éditions Magellanqui lève le voile sur la Corse en faisant la part belle aux voies du polar, du roman noir et du roman historique. Cinq auteurs pour ces Nouvelles (polyphoniques) de Corse : Andria Costa, Archange Morelli, Paul Milleliri,Eliane Aubert-Colombani et Okuba Kentaro.
Ce recueil publié en partenariat avec Courrier International,est mis en vente au prix de 12 € .
Présentation de l’Editeur:
Au sud-est de la Côte d’Azur, à l’ouest de la Toscane dont elle est proche et au nord de la Sardaigne, la Corse, « Île de Beauté », véritable « montagne dans la mer », balcon sur la Méditerranée, est un pays en soi, un monde miniature à la fibre identitaire forte, où l’on écrit en français et en corse. Dans cette île noire et rouge sur fond de bleu marin, où les chants polyphoniques, les lamenti, sont un terreau commun aux créateurs, les thèmes imaginaires ou réels qui inspirent les auteurs corses sont la politique, les indépendantistes, la musique et les chants, la pauvreté, le huis clos, les mythes, les légendes… mais aussi le « silence », l’honneur, le clanisme, la « cursia », ce mal du pays, cette nostalgie,…
Les nouvelles réunies dans ce volume explorent plusieurs voies avec force : le polar (Manuel Vasquez Montalban en Catalogne, Andrea Camilleri en Sicile, Jean-Claude Izzo à Marseille, Yasmina Khadra en Algérie, ont tracé les contours d’un polar méditerranéen où la Corse ne demande qu’à figurer), le roman noir et le roman historique. Elles reflètent ce moment particulier de la création littéraire corse Au sud-est de la Côte d’Azur, à l’ouest de la Toscane dont elle est proche et au nord de la Sardaigne, la Corse, « Île de Beauté », véritable « montagne dans la mer », balcon sur la Méditerranée, est un pays en soi, un monde miniature à la fibre identitaire forte, où l’on écrit en français et en corse.
Nous avions rendu compte des quatre romans édités dans la collectionL’atinoir de l’Ecailler sous le direction de Jacques Aubergy et les conseils littéraires de Paco Ignacio Taïbo II. La collection est devenue uneMaison d’Edition avec déjà deux collections « L’atinoir » et « L’atineur ».
Alors, pourquoi avoir donné le nom " L’atinoir "? Dans l’Atinoir, on trouve latin et noir (qui en latin se dit " ater ") … " Latin " et " ater " donnant l’atinoir, ater et noir insistant doublement sur le noir ? A chacun d’avoir son opinion.
L’atineur ! Mot nouveau pour une nouvelle collection qui mélangera les genres pour des ouvrages courts mais denses, incisifs!...
EXILIO, écrit par Sara Sonthonnax. Isbn: 9 782018 112068 prix 6 €
Nous avons lu d’un seul trait le premier ouvrage de la collection L’Atineur .
« Des lettres, adressées à des républicains espagnols réfugiés à Marseille en 1939 sur des bateaux hôpitaux, étaient oubliées aux Archives Départementales et ont été trouvées en 2000 par l’historien J.J. Jordi. La connaissance de leur existence en 2004 m’a donné l’envie de rendre voix à ces paroles oubliées. » nous dit Sara Sonthonnax
L’auteure Sara Sonthonnax s’est immédiatement emparée de cette source précieuse pour nourrir un travail d’écriture qui a donné naissance à Lettres mortes, une seule longue lettre composée de centaines de voix. Le travail autour de Lettres Mortes a, à son tour, inspiré l’écriture d’un texte théâtral sur le thème de la déchirure (guerre civile et exil) intitulé Exilio.
Le projet de Sara Sonthonnax est d’écrire les « Chroniques du yonder ». « Yonder » est un mot norvégien qui signifie « entre ici et là »
Après avoir été peintre, comédienne, puis anthropologue, Sara a retrouvé le théâtre en 1984 pour fonder la compagnie Théâtre et mémoire. "Exilio" était d’abord une libre adaptation du livre d'Andrès Tapiello "les cahiers d'Augusto Garcia" par Sara Sonthonnax Le récit, de février à mai 1939, des derniers jours de la guerre d'Espagne, de la retirada, puis de la vie dans les camps (Argelès...) avant l'exode vers le Mexique. Une voix et des ombres évoquent l'épopée douloureuse de 150 000 personnes partageant la déchirure d'un pays et celle de leurs vies. : une source d’écritures croisée.
La pièce "Exilio" a été donnée au théâtre Gyptis, du 20 au 24 novembre 2007.
Récit de la déchirure. Janvier 1939, fin de la guerre d’Espagne. Deux républicains espagnols vivent côte à côte ces derniers jours de lutte, puis l’exode, la traversée de la frontière et la découverte des camps de concentration. Par leurs témoignages se font entendre les voix de leurs compagnons et l’aventure de milliers d’Espagnols contraints de fuir leur pays pour avoir tenté d’y défendre leur idéal de justice et de liberté.
Sara Sonthonnax a écrit au sujet de la pièce de théâtre : « Des lettres, adressées à des républicains espagnols réfugiés à Marseille en 1939 sur des bateaux hôpitaux, étaient oubliées aux Archives Départementales et ont été trouvées en 2000 par l’historien J-J. Jordi. La connaissance de leur existence en 2004 m’a donné l’envie de rendre voix à ces paroles oubliées. J’ai donc donné à un montage d’extraits de ces lettres la forme d’une seule lettre composée de centaines de voix et je l’ai intitulée Lettres Mortes. Ce temps de lectures et de découvertes ayant été nourri de rencontres (humaines, littéraires, historiques, témoignages écrits, fictions et documents), il a inspiré l’écriture d’un texte théâtral sur le thème de la déchirure (guerre civile et exil) intitulé Exilio. Je souhaite que la part de fiction utilisée pour porter cette histoire ne trahisse pas les faits réels qui l’ont inspirée… C’est autour de la notion de déchirure qu’est bâtie la mise en scène. Un plateau nu où seuls les éclairages dessinent les zones (fragmentées ou assemblées) de guerre, de froid, de peur ou de douleur qu’évoquent les deux personnages. Déchirure des idéaux, des familles, d’une société et finalement d’un pays qu’une grande part de la population se voit contrainte d’abandonner. Une destruction que rien n’illustre d’autre que la rigueur du jeu d’acteurs et la sobriété d’une diction travaillée musicalement. »
Compagnie Théâtre et Mémoires Création mars 2007 / Coréalisation Cie Chatôt-Vouyoucas Textes et mise en scène de Sara Sonthonnax création lumières : Xavier Longo création sonore : Yves Robial avec : Alfonso Rodriguez Gelos et Vincent Saint-Loubert Bié
Benito Pelegrin a dit : « Sara Sonthonnax a fait un texte personnel, respectueux, beau et grave, sensible, poétique sur la politique, si la politique n’avait de conséquences si terribles. Durant un hiver exceptionnellement froid, ces soldats dépenaillés, harassés, déposant leurs armes au poste frontière, ces cohortes de fantômes affamés traversant des villages clos sur la crainte et la frilosité ou l’égoïsme : trop grande tragédie pour des cœurs rétrécis, endurcis par le nombre trop grand de gens à soulager. L’exil commence où finit l’exode. Et souvent dans des camps dont passe ici le noir frisson : celui, cauchemardesque d’Argelès, plutôt qu’un camp, des barbelés improvisés clôturant une plage glaciale où l’on s’enfouit dans le sable pour survivre, creusant déjà sa tombe d’enterré vivant. »
L’écriture mêlant rigueur, humour et émotions à une interprétation très musicale du texte (plages sonores, rythmiques variées, assonances), portée par deux comédiens et adoucie par les improvisations d’une guitare ont fait d’Exilio un moment de rencontre, sensible et fort, avec la guerre d’Espagne.
La guerre d'Espagne est un conflit qui opposa le camp des «nationalistes » à celui des «républicains ». Elle se déroula de juillet 1936 à mars 1939 et s'acheva par la défaite des républicains et l'établissement de la dictature de Francisco Franco, qui conserva le pouvoir absolu jusqu'à sa mort en 1975. Particulièrement violente, et durablement traumatisante, elle est tristement célèbre comme théâtre de multiples exactions. Le nouvel Etat nationaliste se construisit à travers la terreur et l'épuration systématiques. En particulier, les franquistes refusèrent toutes les propositions adverses de compromis et poursuivirent longuement, après leur victoire, une répression de masse d'une rigueur et d'une durée particulièrement saisissantes.
Cette guerre divisa et passionna les opinions publiques du monde entier. L'engagement de nombreux intellectuels et artistes auprès des combattants, en particulier dans les Brigades internationales, a contribué à lui faire acquérir très vite une dimension légendaire.
L'écriture est au centre du travail et de la démarche artistique de Sara Sonthonnax, fondatrice du Théâtre et Mémoire. Depuis 1988, elle anime divers ateliers d'écriture principalement dans la région PACA. Elle a écrit et mis en scène : Le Songe du géographe, M', Les Yeux sourds, Passages, … mais aussi adapté des textes contemporains comme Novecento d'Alessandro Baricco ou encore Le Lavoir de Dominique Durvin et Hélène Prévost.
Au théâtre, Exilio est un récit (à deux voix) porté sur scène par deux personnages : Pablo et Miguel. Leurs voix sont devenues, dans l’ouvrage, le récit d’un seul homme « Pablo, l’homme ordinaire » et ce, à la demande de Jacques Aubergy, l'éditeur. Le texte est précédé de celui « Froid et silence de l’exil », préface écrite par le critique Bénito Pelegrin dont le site dérange mais reste accessible.
Sur le Web, nous avons aussi trouvé un montage vidéo de présentation de la pièce « Exilio » à l’adresse ci-dessous :
Sara Sonthonnax espère, avec son texte publié par les Editions L’atinoir, ne rien avoir trahi des réalités qui l’ont inspirée. Elle nous fait vivre de l’intérieur la débâcle des Républicains, le choix forcé de l’exil et la déception de l’accueil des « Rojos » (comme les nommait le journal « Le Matin de Paris) par les autorités françaises qui ont séparé des familles et laissé des hommes parqués dans des camps, dont celui de la plage d’Argelés , malgré blessures, privations et froid. A la mi-mars 1939, Dans l’énorme camp de la plage d’Argelès-sur-Mer où sont internés près de 75.000 républicains espagnols. Capa décrit ce camp comme "un enfer sur le sable" : les hommes y (sur)vivent sous des tentes de fortune et des cabanes de paille n’offrant qu’une misérable protection contre le sable et le vent. Pour couronner le tout, il n’y a pas d’eau potable, seulement de l’eau saumâtre extraite de trous creusés dans le sable. Beaucoup sont morts en France. Les vivants sont restés en construisant d’abord sur le sable des baraquements de fortune et en donnant des noms aux lieux : « Puerta del sol », « Ramblas » et même un « Barrio chino »… Ils s’organisent et, par la force de l’esprit, restent humains, des êtres pensants… Un groupe d’artistes et d’intellectuels, créent même un journal la « Barraca ». Certains ont ensuite émigré vers le Mexique et ont traversé l’océan… Parmi eux, Pablo qui s’interroge : « dans cet océan qui sauve nos corps, nos rêves se noient. Et comment devenir sans rêves… saurons-nous un jour en inventer d’autres ? »
L ‘Exilio se lit facilement par le rythme donné au récit mais ce n’est pas une œuvre facile. Elle est ciselée jusque dans le récit de quelques anecdotes cruelles. L’auteure a sans aucun doute atteint son but car son texte (de fiction dans la forme) porte témoignage de plusieurs voix réunis en une seule, si vraie, si juste.
A la fin de notre lecture, nous avons pensé une phrase d’Armand Gatti : " Sans écriture, pas de culture, pas de dignité…. les mots sont des armes… On ne combat pas pour être libre, mais parce qu’on l’est déjà." C’est la lecture des journaux et des lettres qui sauve de la bestialité les réfugiés espagnols d’Argelès… Pablo le dit. Son ami Miguel trouvera même un instituteur pour organiser des cours d’alphabétisation et de français dans le camp d'Argelès..
Quelques extraits :
"Miliciens républicains, socialistes, communistes, anarchistes ou venus des Brigades Internationales, nous avons tous lutté contre le fascisme."
"Et devant la folie des actes peut-on sans cesse accepter l’impuissance des idées. La question se pose tous les jours."
"Peut-être que vivre, c’est déjà vaincre…"
"Image exacte de notre situation. Un morceau d’humanité à la dérive, Des naufragés entre deux continents."
"Cris de perdition de ces hommes auxquels le vent arrache l’âme."
"Le vent souffle ainsi des jours et des jours, des semaines." Il semble faire partie de la fatalité qui nous accable. On se résigne à en souffrir ou on désire en mourir."
"Le sable s’infiltre partout Il dessèche, blesse, use, griffe, râpe."
Jacques Aubergy, qui est éditeur ( Les Editions L’Atinoir ) et libraire ( Librairie de L’Ecailler, 2 rue Barbaroux 13001 Marseille ) nous annoncé la prochaine sortie dans la collection L’Atineur d’un ouvrage de Paco Ignacio Taïbo II : Je paie pas le loyer, je fais grève !
Dans la collection l’Atinoir, nous avions déjà parlé des quatre premiers ouvrages dans différents articles que vous pouvez retrouver en cliquant sur les titres ci-dessous :
Daouda, alias Anticorps, a été plébiscité par le vote des lecteurs du quotidien La Provence pour sa participation dans l’épisode « Le Clandestin » avec 65% des suffrages. Nous avons mis le lien avec cet épisode de la série FB One tournée à Marseille sur le Ferry Boat. Cette série nous a permis de découvrir un jeune talent de 17 ans mais aussi tout l’humanisme de l’entourage de Daouda dans le quartier de la Busserine…
En effet sur Dailymotion, nous avons découvert un clip tourné pour dire à une habitante de ce quartier, au moment elle le quitte, tout l’amour qu’elle a inspiré autour d’elle… Daouda vous le propose....
« Voila un dernier clip auquel jai participé pour le départ de Hélène Emile qui était présente pendant 12ans dans notre quartier . Plusieurs jeunes artistes chantent : les groupes Senco, Saga, Anticorps (Daouda), ali mero de alafount et la superbe chanteuse moufida un clip fait par les rappeurs de mon quartier et il en manque mais bref, Hélène , ce clip et pour toi !... signé : Anticorps "
« Ils nous parlent de leur écriture et de leur livre »
17h30 Denis DALMASSO
présente son travail photographique sur le Jazz
18h30 Apéro/Buffet concert
avec la Lyre Aixoise
20h Concert Jazz
Florence TU HONG et ses compères
La première édition avait eu lieu en février 2007 à Marseille et nous avions assisté à une conférence à laquelle participait le professeur Roger Lucioni, malheureusement décédé par la suite et nous en profitons pour lui rendre hommage...
Un jazzman corse : Le Professeur Roger Luccioni
Corse et Professeur de médecine à Marseille comme son père, il est né en 1934 dans cette ville. Après des études musicales, il découvre le jazz à la Libération de 1944, époque marquée par la musique de Glenn Miller. Il monte sa petite formation avec des copains du Conservatoire de musique et commence ses études médicales en 1953. Médecine et Jazz vont cheminer côte à côte dans sa double carrière. Sur la route du Jazz, il va rencontrer des Grands comme Barney Wilen , Louis Belloni, Henri Byrss, Léo Missir, Alain Fougeret, Paul Piguillem, Robert Petinelli, Eric Vidal. En 1956, il participe à la fondation et la rédaction d’une revue Jazz Hip avec critiques de disques, comptes rendus de concerts, réponses au courrier des lectrices, chroniques de la Mazole ( association de fans de science-fiction et jazz, montée avec Lalo Schiffin et Mimi Perrin) avec, notamment, les aventures du Dr Lemoo (suite de nouvelles, romans-photos et BD). A partir de 1958, on le voit avec JB (Jean-Bernard Eisinger, Etudiant en médecine jazzman comme lui) dans divers clubs comme le St James, notamment dans un trio qui a joué dans de nombreux clubs du Sud de la France dont les plus célèbres à l’époque : Le Modern Jazz Club à Marseille, le Hot Club d’Aix et L’intérieur à Marseille. Il rencontre Lalo Schiffrin à l’occasion d’une représentation avec Max Roach. En 1963 , le batteur du trio est Ron Jefferson et la formation prend le nom de Jazz Hip Trio pour jouer des arrangements et des compositions originales dans de nombreuses tournées. La revue créée en 1954 change de format et passe les frontières. On peut y retrouver des grands noms comme Boris Vian, Francis Postif et Chester Himes… Elle cessera de paraître en 1967. En 1972, il compose la musique du film " Madame êtes-vous libre ? ". Il fait la connaissance de Gordon Beck et Phil Woods. Avec ce dernier et le batteur Daniel Humair, il compose aussi la musique du film L’Araignée. Il devient le chef du service Cardiologie de l’Hôpital Nord de Marseille en 1979, tout en continuant la musique avec les grands noms du piano jazz et le trio JHT qui, malgré son appellation ternaire, compte parfois jusqu’à six musiciens, car , lorsque l’on aime la musique, on ne compte ni les musiciens ni les notes. Fin 1986 il se consacre essentiellement à ses activités scientifiques et à la littérature du XIXème siècle. Depuis 1993, le Professeur Roger Luccioni fait aussi de la politique mais c’est une autre musique, tout en continuant sans doute à chercher la note bleue et par la suite : Parution de jazzthemes, recueil de partitions ( volumes 1, 2 et 3, 2002). Ouverture du site internet JAZZ THEMES en juin 2003 qui propose des partitions, des articles de fond, des interviews, des photographies ou des peintures liées à l’univers du jazz. Cette activité a généré de nouvelles rencontres et ravivé de vieilles amitiés avec un retour à la composition
Voir Luccioni / Eisinger (JB) à l’adresse ci-dessous: http://www.jazzthemes.net/portraits_jazzhiptrio.htm
Origine du Jazz :
" Dès ses origines au début du XXième siècle, la musique afro-américaine qu’on appelle le plus souvent " jazz " est indissociable de la parole, du verbe, de cette littérature orale : les work songs (chants de travail), les spirituals et gospel songs des Eglises noires, dans le blues ou ces dirty dozens (sorte de tournois d’insultes en cadence).. suivie par l’écrit : les lyrics (chansons populaires de Broadway)… sans omettre cette élocution gouailleuse venue du ghetto, le " jive " (langage argotique des Noirs de Harlem apparu dans les années 30) qui aboutira au rap du début des années 70 " extrait d’un article de Jacques Chesnel de Starmag à l’adresse : http://www.sitartmag.com/jazzecrivains.htm
La conférence de l’Alcazar du 3 février 2007:
Les exposés ont porté sur l’historique du Jazz et du polar jusqu’à l’apparition , en France, du polar jazzy dans le néo – polar avec Manchette. Pour remonter à la genèse du jazz, François Billard est parti de 1880 avec l’arrivée des Italiens et des juifs à la nouvelle Orléans , en rappelant que les émigrants italiens avaient subi des actes de racisme allant jusqu’à des lynchages. Comme, eux, ils n’étaient pas racistes, ils ont vécu au milieu des Juifs venus d’Europe de l’Est et des Noirs. En 1917 , le jazz naît officiellement grâce à l’enregistrement de " Livery Stable Blues " par " The Original Dixieland Jazz Band ". En fait, ce groupe de musiciens blancs enregistre à Chicago une musique née dans la société noire de la Nouvelle-Orléans. La mafia découvre l'Amérique dans les dernières décennies du 19ème siècle , quand les mafiosi trouvent toutes les opportunités pour leurs trafics traditionnels. Les autorités américaines n’ont pas vu venir le danger. Leur gouvernement , leurs lois , leurs tribunaux , leurs forces de police n'étaient pas préparées à combattre dans la guerre qui allait se dérouler dans des ruelles sombres , des bars , des casinos. La première organisation mafieuse s’appelait la Main Noire qui deviendra ensuite la Cosa Nostra. En novembre 1895 , Giuseppe Balsamo, âgé de 24 ans , a quitté la Sicile et débarque sur l'île d'Ellis. Inconnu aux U.S.A, il était en Sicile un personnage déjà important de la mafia. Entre la fin du 19ème et la moitié du 20ème siécle, les noms des gangsters d’origine sicilienne vont alimenter les chroniques judiciaires et nécrologiques : Ignazzio Saieta, Vincenzo Mangano, Jim Colisimo alkias Big Jim Diamond, John Torrio… et des plus célèbres comme Lucky Luciano et Alphonse Capone alias Al Capone, alias Scarface. C'est lors d'une bagarre au sujet d'une fille de l'établissement " Le Harvard Inn " que Capone reçut les 3 coups de couteau au visage qui lui valurent le surnom de "Scarface" (le balafré). - 10 octobre 1917, naissance de Thelonious Monk dont la vie a fait l’objet d’un excellent opus écrit par Laurent de Wilde édité en folio poche n°3009 (vendu 6 euros 40). extrait : " Pendant que sur le Vieux continent explosait la révolution russe, les Etats-Unis se faisaient, en catimini, leur peitit Octobre noir : naissance d’un génie du jazz… Quand il a quatre ans, voilà sa famille qui s’installe à New Yorket elle y reste , toujours au même endroit, dans un quartier de l’ouest de Manhattan : San Juan Hill. Monk partage donc ce privilège d’habiter la capitale de jazz avec Max Roach, Bud Powell, et puis c’est tout. Les autres compères de l’aventure du Bebop, Les Dizy Gillespie, les Miles Davis, Charlie Parker, Art Blakey, Oscar Pettiford, Kenny Clarke, et j’en passe, tous ont fait le Voyage, tous sont montés à la Mecque, terminus la Grosse Pomme (New York), pour faire leurs preuves. Pas Monk. Il est là, au centre de la ville, depuis le début… " Beaucoup de Jazzmen venaient de Kansas City. - 1922 :L’orchestre de King Oliver dénommé Creole Jazz Band accueille le cornettiste Louis Armstrong. Ce dernier a donc quitté la Nouvelle-Orléans, où il a fait ses armes avec Kid Ory, pour rejoindre ce lieu d’ébullition du jazz qu’est alors Chicago. Il partage ainsi le succès de cette formation qui est la première à insister sur l’improvisation. Par la suite, en 1927, les gangsters italiens s’étaient imposés dans les bas quartiers de la Nouvelle Orléans , Chicago et New York. . D’un côté il y avait les gangs anglo-saxons (surtout des Irlandais dont un certains Dion O’ Banion, alias Dinie) et des Allemands et , de l’autre, les Juifs et les Italiens avec une culture du jazz qu’ils vont promouvoir dans leurs boîtes. Al Capone, pour prendre le plus connu, était un amoureux du jazz et il employait des jazzmen dans ses établissements. - 1927 : Au sein du Hot Seven qu’il dirige, Louis Armstrong enregistre de nombreux titres dont Weary Blues. C’est l’époque où " Satchmo " compose ses plus grands chefs-d’œuvre. Cette même année, il revient à une formation " Hot Five ", abandonne le cornet pour le son plus brillant de la trompette et enregistre des dizaines de titres. En ce qui concerne les boîtes de Jazz célèbres aux Etats Unis. C’était l’époque où La Guardia était le maire de New York, celle de Duke Ellinton. L’évolution a été la même en France et notamment à Marseille dans les boîtes tenues à l’époque par des truands. Résumé de " Cotton club ", film de Coppola : En 1919, la prohibition a engendré une vague de violence qui a déferlé sur l'Amérique. À New York, au cabaret Cotton Club, la pègre, les politiciens et les stars du moment goûtent les plaisirs interdits. Un trompettiste blanc et un danseur noir sont emportés dans une tourmente où l'amour et l'ambition se jouent au rythme des claquettes, du jazz... et des mitraillettes. La formation de Duke Ellington se produit pour la première fois au Cotton Club à Harlem, salle dans laquelle il jouera jusqu’à 1932. Il est alors l’inventeur du style "jungle" reposant sur des cuivres de sourdines, tandis que l’année 1927 est celle d’enregistrements majeurs. La célébrité du pianiste et chef d’orchestre, qui multiplie les concerts, dépasse alors largement New York. Il y avait aussi le Minton’s Playhouse, parmi d’autres, à Harlem où , avec d’autres, Monk se produisait en amateur. Dans ce club , se produisaient Duke Ellington, Count Nasie, Cab Calloway parmi tant d’autres. Selon le Professeur Luccioni, aux Etats – Unis, le jazz s’est implanté d’abord dans les bordels de la Nouvelle Orléans et , parmi les jazzmen, il y avait même des délinquants comme Ferdinand Lamante , musicien et proxénète. Finalement un sénateur , Sydney Story a interdit les bordels à la Nouvelle Orléans rebaptisée " Story Ville " et les musiciens de jazz ont émigré vers Chicago. L’implantation a été la même en France et notamment à Marseille : les boîtes tenues à l’époque par les truands. Si vous voulez vous plonger, sans ennui, dans l’histoire du Milieu marseillais des années 1930 à 60, nous avons écrit un article sur le roman " Le Corse’ écrit par Innocenzi et Bazal. Pour l’histoire du Jazz, il faut interroger le Professeur Luccioni. François Thomazeau a fait valoir que le gangstérisme était lié au Jazz mais aussi au showbizz. Il a rappelé l’usage de la drogue fait par certains musiciens ( on pense immédiatement à Charly Parker dit " Bird "), notamment de la Soul musique et du Rock’n roll. Il a cité son premier polar " La faute à Degun " contenant des références au Jazz en précisant qu’il était épuisé mais ajouter ce que nous vous livrons : Ce premier roman a été édité par l’éditeur corse Méditorial dans la collection " Misteri " où l’on retrouve la première parution des " Trois jours d’engatze " de Philippe Carrèse, qui, dans le polar marseillais, avait devancé Total Kheops de Jean-Claude Izzo. Pour mémoire, celui-ci faisait également de nombreux clins au Jazz dans ses récits. Jean Pelle a cité un film de Robert Altman " Kansas City " (1996) pour une introduction aux rapports entre le jazz et le cinéma : Evocation de Kansas City, ville de tous les dangers, dans les années trente à travers les aventures d'une jeune télégraphiste qui kidnappe la femme d'un homme politique influent afin d'obtenir la libération de l'homme qu'elle aime, petit malfrat tombé dans les griffes des gangsters. " C'est construit comme un air de jazz. On devine le thème principal qui s'insinue, s'impose, s'amplifie, puis, soudain, s'efface pour permettre à d'autres instruments d'apparaître, de jouer en solo…. " Pierre Murat, pour article complet aller sur le site de Télérama à l’adresse : http://www.telerama.fr/cine/film.php?id=40492 En Californie, il n’y avait pas de jazz, qui ne s’était pas imposé à Hollywood. En 1910, les films sont muets et les séances sont accompagnées par des pianistes. Aux Etats Unis, les pianistes noirs mettent en musique les films par des Stride, du Boogy boogy, notamment.
Jazz et cinéma :
À l’époque, cinématographe et jazz-band se développent ( de concert ) dans l’industrie spectaculaire qui anime les grandes villes. Le jazz s’échappe des fosses musicales, sous l’écran blanc d’un cinéma encore muet. Mais, à quelques exceptions près, l’on n’assiste pas à une véritable fusion, un réel échange entre jazz et cinéma. De fait, la ségrégation aura longtemps rendu impossible une véritable convergence esthétique entre les deux arts. Et si le jazz occupe une place importante dans les bandes-son des films criminels des années 1940-1950, c’est encore le fait de musiciens blancs. En 1927, réalisation des premiers films parlants : Le Chanteur de jazz (A. Crossland) et Greta Garbo dans La Chair et le Diable (Clarence Brown). Par la suite le Jazz va devenir une référence culturelle dans le cinéma. Le cinéma français recèlera du jazz autant que le cinéma américain. La fin des années 1950 marque une étape primordiale dans l’histoire de l’influence du jazz sur le cinéma. Des deux côtés de l’Atlantique, naît une certaine modernité cinématographique qui doit beaucoup au jazz. C’est, " le cinéma des corps " dont parle Deleuze, inauguré à la fois par Godard et Cassavetes avec son film Shadows, mis en musique par Mingus. Il y a " un rapport étroit entre le mouvement des corps et le rythme de la musique, une osmose évidente entre le geste et la pulsation. " Parmi les musiques de cinéma, on peut citer celles de Bernard Hermann sollicité par des Hitchkock, Welles, Mankiewitch, de Palma, Scorcese. Dans certains films, le jazz s’intègre au film pour devenir un élément indispensable au numéro d’acteur. Pour approfondir, il existe le DVD " les cent ans du Cinéma " sorti en 1995.
Petite filmographie non exhaustive : L’homme au bras d’or, film d’Otto Préminguer (1955), Franck Sinatra joue le rôle d’un batteur Francky Machine. La musique est de Elmer Bermstein. On entend de la musique symphonique avec des séquences jazz. Ascenseur pour l’échafaud de Louis Malle (1958) avec la musique de Miles Davis qui l’a improvisée en studio. En 1957, le cinéaste Louis Malle engage Miles Davis pour réaliser la musique de son film. L’enregistrement en est resté mythique. Le musicien est informé du projet à Paris, le film est visionné, et après une tournée de trois semaines, Miles Davis passe au studio d’enregistrement avec ses musiciens (en plus de sa trompette, un saxophone, un piano, une contrebasse et la batterie). En quatre heures, devant les images projetées, ils improvisent en se conformant aux besoins de Louis Malle, et aux idées de Miles Davis. Il s’agit d’un très bel exemple d’osmose entre le cinéma noir et la face la plus nocturne du jazz distillée par la trompette du magicien Miles Davis. Plus d'infos : http://www.milesdavis.com Les tricheurs de Marcel Carmet, meilleur film français 1958, avec la musique de Claude Lutter Le coup de l’escalier, film de Robert Wise (1959) , avec une musique de John Lewis Les liaisons dangereuses, film de Roger Vadim (1959), avec la musique de Thelonius Monk. 1968 sera l'année de Bullitt – musique de Lalo Shifrin – " excellent score très marqué par le jazz et contenant là encore toutes ses "marques de fabrique" : thèmes d'amours esquissés à la flûte solo, rythmes syncopés et toujours sur le fil du rasoir, ainsi que quelques mesures clairement atonales (comme l'utilisation de "clusters" avant la célèbre poursuite de voitures) ". Play Misty for me ( titre français : un frisson dans la nuit ), film " de et avec Clint Eastwood " articulé complètement autour du jazz. ( 1971) Série noire , film d’Alain Corneau (1979) avec Patrick Dewaere dans le rôle de Franck Poupart. Ce minable imagine le meurtre d’une vieille peau qui prostitue sa nièce et devient le scénariste de sa propre vie qui lui échappe et dont il reste le spectateur. La musique est de Duke Ellignton et Juan Tizol. Short Cuts, film de Robert Altman (1993) , Lyon d’or à Venise : " L’américan way life revue façon derniers jours de l’empire romain… " On pourrait citer aussi des films d’Edouard Molinaro et d’autres… Il y a les films inspirés par la vie et la musique de Grands du Jazz comme Charlie " Bird " Parker, l’oiseau bleu mort à 35 ans à New York en 1955. " Bird " est un film de Clint Eastwood (sorti en 1988), l'un des très rares consacrés au jazz (avec le documentaire Straight, No Chaser de Charlotte Zwerin consacré au pianiste Thelonious Monk, Autour de minuit de Bertrand Tavernier, évocation mélangée du saxophoniste Lester Young et du pianiste Bud Powell, et plus récemment le film consacré à Ray Charles), et émanant d'un réalisateur lui-même musicien. Ce côté exceptionnel est aussi renforcé par la structure même du film qui, loin d'être une biographie linéaire ou un long flashback, épouse la forme d'un morceau de jazz en faisant intervenir et revenir des thèmes, en faisant circuler son histoire entre quelques intervenants et lieux principaux, le tout baignant dans un éclairage souvent nocturne. Propos de Clint Eastwood : " …J'adore les jazzmen depuis toujours. Lester Young, Count Basie, Dave Brubeck, Gerry Mulligan. Aujourd'hui, les jeunes connaissent le rock, pas le jazz. Dommage. Avant de tourner, il était plus important de rencontrer ceux qui avaient connu Parker que de lire des livres sur lui. Le cinéma se fait en observant la vie des gens. Parker était quelqu'un d'incroyable, au cerveau curieusement fait. Pour la musique, il avait des années d'avance sur tout le monde. Mais dans la vie, il est resté un garçon gentil et sensible. " En 2003, " Le BLUES " sept films pour célébrer le blues " The Soul of a man " de Wim Wenders est le premier film d'une série lancée à l'occasion de l'année du blues, manifestation organisée par le Congrès américain. Ce projet initié par Martin Scorsese, Paul G. Allen et les producteurs Jody Patton et Ulrich Felsberg rassemble sept cinéastes unis par une passion commune pour le blues, chacun ayant décidé de livrer une vision personnelle de ce courant musical. Mis à part le documentaire de Wim Wenders, cette série propose des films de Martin Scorsese, Clint Eastwood, Mike Figgis, Charles Burnett, Marc Levin et Richard Pearce.
Jazz et littérature :
En 1930, c’est l’époque du Swing, jazz populaire qui va se répandre dans le monde entier. La littérature n’a pas de bande son Il n’y a pas de jazz dans les romans, tout simplement parce que c’est la musique de l’époque et les auteurs n’éprouvent pas le besoin de faire référence au Jazz qu’ils entendent de partout. Jean-Paul Sartre (qui contrairement à la légende, fréquentait peu les clubs de jazz) écrivait, en 1947, dans un article intitulé " New York City " : "la musique de jazz, c’est comme les bananes, ça se consomme sur place… j’ai découvert le jazz en Amérique, comme tout le monde ". On trouve une référence au jazz dans " La Nausée " où la chanson " Some of these Days ", interprétée par Sophie Tucker revient comme un leitmotiv, tout comme dans une scène nocturne des Chemins de la Liberté. Alors que le polar noir naît dans les années1920 avec Hammet, le Jazz va réellement apparaître dans la littérature vers les années 1950. Boris Vian écrit et joue de la trompette. Dans L’Ecume des Jours, le personnage principal, Colin, s’abreuve de cocktails traduits des accords de Duke Ellington dont le titre d’une de ses compositions, " Chloé ", est choisi comme prénom pour son épouse. Pour le polar, cela vient réellement bien plus tard, avec notamment : " Really the Blues " ou La rage de vivre par Milton Mezz Mezzrow et Bernard Wolfe : " Le premier dans le genre, et certainement celui que tout jazzman se doit de lire. On peut ne pas aimer la façon de jouer de la clarinette de Mezzrow, mais ce témoignage de la vie qu’il a lui-même vécue, et décrit avec tant de rage, est poignant. Tout y passe : son enfance, son adolescence à Chicago, ses premiers contacts avec les musiciens de jazz, particulièrement Bix Beiderbecke et ses Wolverines de l’Austin High School dans la banlieue ouest de Chicago, a drogue dont il est consommateur et dépendant, sa cure de désintoxication, puis pourvoyeur officiel des autres musiciens et dont ce sera sa deuxième profession, ses rencontres avec les plus grands, Armstrong, Bechet, Ladnier, Singleton, et les autres. Puis, sa deuxième carrière à New York, où il devient producteur de disques et enregistre avec Bechet. 1938 sa rencontre avec Hugues Panassié, une solide amitié qui lia les deux hommes, et qui se concrétisa par l’enregistrement des disques Swing devenus anthologiques. " Alain Hautrive à l’adresse : http://www.hot-club.asso.fr/docum/livre/RDV.html Les romans de David Goodis, ( 1917-1967) et pour exemple : Tirez sur le pianiste ( Down There, 1956), adapté au cinéma par François Truffaud en 1960. En France , il va exister une fascination pour le polar américain et le jazz. En 1945, apparaît la Série noire qui édite Chaze, Petter Senney… Entre 1960 et 1970, les auteurs mettent vraiment du jazz dans leurs polars avec des auteurs comme Shester Himes (1909-1984), auteur noir américain , exilé en France. Aux Etats Unis, il a fait des tas de métiers . Il fréquentait aussi les tables de jeux et participait au trafic d’alcool. En 1928, il est arrêté pour vol à main armée et, à 19 ans, il écope de 20 ans de prison. Pendant sa détention, il lit Hammet et sa lecture lui donne l’idée d’écrire. Il est libéré à 26 ans. Il écrit des nouvelles et un premier roman bien accueilli sans confirmer, aux U.S.A, ce premier succès. C’est Marcel Duhamel, directeur de la Série noire, qui le fait venir en France où il écrit La reine des pommes ( 1957) qui reçoit, en France, le Grand prix de la littérature policière. Il a deux héros noirs , Ed Cercueil et Fossoyeur, policiers américains excentriques que l’on retrouve, par la suite, dans une dizaine de romans. L’auteur nous parle du Harlem miséreux, de la condition de l’homme noir. Ed Cerceuil écoute un solo de saxophone de Lester Young… Finalement, les deux flics black meurent dans " Plan B " (1969) . L’auteur tue donc ses héros, comme Conan Doyle l’avait fait pour Sherlock Holmes au grand dam des lecteurs. Chester Himes a vécu à Paris, connu quelques jazzmen et inauguré avec La Reine des Pommes (1958) une série de romans policiers, sorte de préfiguration du " polar contemporain " nourri au jazz . Chez Himes, paroles de blues et rythmes syncopés ponctuent sans cesse l‘action qui se déroule dans un Harlem chaud bouillant. Jean-Patrick Manchette, le père du néo-polar décédé en 1995, était un passionné de jazz. De lui, on peut citer Le Petit bleu de la côte ouest, un roman adapté au cinéma par Jacques Deray et Alain Delon avec le film " 3 hommes à abattre ". On y trouve des références permanentes au jazz et des évocations littéraires dans une ambiance post-révolutionnaire de crise sociale et de totale déprime. Il a été mis en BD par Jacques Tardi. " Le jazz West coast berce Georges Gerfaut, héros du Petit bleu de la côte ouest , qui fait des tours de périphériques parisiens et permet à Manchette, comme il en est friand, de mettre en rapport actes violents, constats sociaux désarmants et poids du jazz dans les mutations politiques et sociales du vingtième siècle, le tout servi par une écriture remarquable ". Dans un dossier musiques et polar " Les vrais durs de dansent pas… ", écrit Karine Gilabert et Olivier Pene . Pour une lecture du dossier aller sur site Librairie Mollat : http://www.mollat.com/dossiers/les-vrais-durs-dansent-pas-328.html Le temps mort est paru aux Etats-Unis en 1960 sous le titre original : The dead beat, édité en France notamment chez 10-18 (n° 2238) dans la série "nuits blêmes " dirigée par Jean-Claude Zylberstein. Sur le quatrième de couverture, on lit : " Le jeune voyou pianiste de jazz qui est le " héros " de ce très blochien roman de Bloch pour être minable n’en est pas moins exemplaire. Du monde de Bloch d’abord, puisqu’il tue, comme Norman Bates de Psychose, à cause d’un profond déséquilibre psychique, d’un manque irrémédiable…, de notre monde ensuite, car ce n’est pas un petit monstre isolé, c’est une hirondelle de mauvais augure qui annonce un printemps sinistre, celui qui va voir la jeunesse devenir l’objet d’un véritable culte (rarement désintéressé) en même temps que la défaite des adultes et des vieux. " La Neige était Noire, roman de Malcolm Braly et Le Diable et son Jazz du critique Nat Hentoff,. L’Ange du Jazz de Paul Pines, roman dont le quatrième de couverture résume ainsi le livre :" Des accords de jazz résonnent dans le Tin Angel, un club du Bowery, à New York. Mais son propriétaire, Pablo Waitz, a dans la tête une toute autre musique. Son associé et meilleur ami, Ponce, s'est fait descendre lors d'une fusillade avec les flics et ses acolytes se sont fait la malle. Sombre histoire de cocaïne. Difficile pour Pablo de se croiser les bras : même si le détective chargé de l'affaire est un ami et qu’il s’appelle Christ, il ne faut pas en attendre de miracles. Les flics aux basques, Pablo va devoir régler ses comptes à sa manière, pour la mémoire de son ami, et pour récupérer les trente-cinq mille dollars de la caisse qui ont financé l'opération.. La poudre sera-t-elle toujours l'ange noir du jazz ? " Paul Pines a grandi à Brooklin. En 1970, il a ouvert son propre jazz club, le Tin Palace, situé à l’angle de la 2nd Street et de Bowery, Le Tin Palace a été un creuset culturel new-yorkais pendant une bonne partie des années 70. Des musiciens de renom s’y sont produits. Pines s’est fortement inspiré du Tin Palace pour créer le Tin Angel de son roman. Toujours le jazz, plus tard, dans ces histoires que racontent des auteurs qui n’hésitent pas, comme Marc Villard, à considérer le polar comme "un rythme ternaire avec une écriture fluide qui coule à la west coast ". Jean Echenoz emprunte le titre d’un standard "Cherokee" (à la recherche d’un disque dérobé) pour son deuxième livre. L’andalou Antonio Muñoz Molina raconte la vie tumultueuse d’un pianiste de jazz dans L’hiver à Lisbonne, hommage de l’auteur au film noir américain et au jazz ; Walter Mosley fait revivre un vieux musicien de Blues dans La Musique du diable. Quatorze écrivains, dont Gilles Anquetil, Yves Buin, Jean-Claude Izzo, Thierry Jonquet et Jean-Bernard Pouy, ont improvisé sur la disparition d’un grand saxophoniste de l’histoire du jazz dans l’ouvrage collectif intitulé Les treize morts d’Albert Ayler. En 1987, une rencontre entre le Jazz et la BD avec " Barney et la note bleue " ( Phlippe Parengaux et Jacques de Loustal). Un BD qui se lit, avec un disque qui s’écoute : Barney Wilen, saxo-ténor qui a côtoyé les plus grands comme Jay Cameron, Art Blakey, Miles Davis, Bud Powel… En image et en musique, une histoire d’amour menée bebop battant par un musicien de jazz célèbre à la fin des années 5O… un extrait : " L’instant d’après, il n’y pense plus du tout : immobile, il écoute quelque chose qui fait sauter so cœur et arrondit sa bouche. Il écoute l’orchestre qui ne joue plus, juste le saxophone dans l’ombre qui déroule une spirale de notes rêveuses puis s’éteint dans un soupir… " Aujourd’hui à Paris, le Jazz est dans le métro : On peut croiser de bons artistes de jazz dans... le métro parisien, si on prend le temps de s’arrêter pour les écouter. Au milieu du rap, de l’accordéon, des violons et autres instruments à cordes ou à vent, ces jazzmen de l'underground parisien se sont fait leur place en douceur, avec leur musique tout en finesse et en délicatesse. Vous pouvez prendre le métro et rencontrer surtout des saxophonistes sur la ligne 11, quelquefois à Châtelet, entre les deux tapis roulants, ou à Montparnasse, du côté de la ligne 4 et 12.
Notre compte rendu n’étant pas exhaustif, nous vous proposons des sites à aller consulter, pour approfondir :
évolution du Jazz à partir des années 1970 : http://vulcain.lamediatheque.be/jazz/q13_10.htm Librairie Mollat : http://www.mollat.com/dossiers/les-vrais-durs-dansent-pas-328.html Miles Davis : http://www.milesdavis.com Article de Pierre Mura : http://www.telerama.fr/cine/film.php?id=40492 Article Jacques Chesnel : http://www.sitartmag.com/jazzecrivains.htm Luccioni/Eisinger : http://www.jazzthemes.net/portraits_jazzhiptrio.htm Le Pelle-mêle: http://www.jazzthemes.net/portraits_lepelle_mele.htm La mafia sicilienne : http://droitetcriminologie.over-blog.com/article-2552051.html L’actualité de la Mafia : http://mafiactualite.skyblog.com
Post scriptum:
" pMais comment peut-on comprendre et aimer Parker si on n'a pas le temps de s'imprégner de sa musique ? Je déteste les prétendus films de jazz où il n'y a que deux mesures à la fin. Au milieu, les gens parlent, parlent. Ce n'est pas le cas dans Bird, je crois. Mais la musique, sans doute, pénètre en vous moins vite que les mots." propos tenus par Clint Eastwood après la sortie de son film " Bird ".
Le roman noir va sortir des bas – fonds et exprimer par des mots ce que le Jazz nous raconte en musique. Pour nous, il existe une parenté entre le Jazz et le roman noir mais cette parenté peut se retrouver avec des musiques populaires antérieures et postérieures au Jazz. On se souvient du Bal à Jo près de la Bastille et de la java pratiquée par les gouapes d’Antan qui ont inspiré quelques auteurs du début du 20ème siècle. Aujourd’hui le rap et le slam racontent des choses proches de celles trouvées dans un roman noir. La Noire s’imprègne des émotions musicales de son temps ou de la culture de l’auteur.. Dans un polar, une référence à une musique peut avoir simplement une visée Proustienne en direction du lecteur, ajoutant une émotion partagée avec l’auteur. La musique reste une émotion transmise au cerveau par l’ouïe ( pas Amstrong !…). On peut disserter sur un polar en exposant des lectures différentes. L’écoute de la musique nous apparaît être d’abord un dialogue intérieur. Tout passe par l’émotion du moment, l’envie de prolonger l’instant partagé. La musique est un langage universel parce qu’elle n’a pas besoin de commentaire et de traduction. Analysée et expliquée la musique devient une affaire de spécialistes, avec des mots codifiés qui peuvent engendrer des erreurs et des incompréhensions, trahir les notes, les silences et les harmonies du musicien et fausser l’écoute originelle, l’émotion neuve. Le jazz est d’abord une musique instrumentale d’improvisation, ce qui impose aux jazzmen d’être toujours neufs et toujours bons. Rien dans un solo n’est prévu et les références ne peuvent être qu’un enfermement proche de celui de la musique classique qui s’adresse à des mélomanes. C’est peut-être ce refus de l’enfermement bourgeois et académique qui fait qu’un polar est jazzy et non, comme poncif obligé, la simple référence (en passant) à un jazzman ou à un morceau connu, comme on le ferait pour une spécialité culinaire. Sorti de la musique instrumentale, dans les textes chantés, il y a des mots et c’est déjà de la littérature. Aujourd’hui, la Noire, comme le rap et le slam, ne peut s’enfermer dans des références et des règles sans perdre son âme populaire et libre jusqu’à la révolte. La couleur noire, dans son ambivalence, recèle toutes les nuances du genre. Il serait dommage de n’en conserver que l’élégance et le raffinement.
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