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Mon bloc perso.
Bonavinuta!
Bienvenue sur le blog Corse noir'soeur de vos nuits blanches
Blog non agressif et sans arrière-pensée. ..
Des articles après le Blog perso....
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RE NDEZ-VOUS:

- 5 décembre 2009, Salon Culture et écriture Institut Perrimond Roucas Blanc Marseille 7ème
- Les 20, 23 et 24 décembre 2009 Cultura La Valentine Marseille

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CHANTS CORSES: Pas de lien MP3 mais de l'écoute en ligne aux adresses ci-dessous...

Radio Alta Frequenza

ht tp://www.alta-f requenza.com/in dex.php/fr/webr adios

Radio Voce Nustrale

htt p://adecec.net/ radio/listen.as x

Sur Radioblog

ht tp://www.radiob logclub.fr/sear ch/


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Le 1er juin 2009 à 22H15 .... 200.000ème visiteur I
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Les dix droits imprescriptible s du lecteur ( édictés par Pennac dans son ouvrage "Comme un roman")
1°/ Le droit de ne pas lire.
2°/ Le droit de sauter les pages
3°/ Le droit de ne pas finir le livre
4°/ Le droit de relire.
5°/ Le droit de lire n’importe quoi.
6°/ Le droit au Bovarysme (maladie textuellement transmissible…)
7°/ Le droit de lire n’importe où.
8°/ Le droit de grappiller.
9°/ Le droit de lire à haute voie.
10°/ Le droit de nous taire.

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A dopu!
A plus tard!
Ma photo
Corse noire
Publié le 27 février 2009 à 18:03
Par flicorse

Séance de cinéma
Assassins, réalisation et production corses.




Dès son plus jeune âge, Laurent Simonpoli était un passionné de cinéma avec la découverte notamment de  Scorsese et Fellini. Il tourne en super 8 des westerns. 

Doté d’une solide culture cinématographique, il analyse les œuvres de grands cinéastes comme  De Palma, Visconti, Coppola…  les films italiens des années 1970, mais ausi le cinéma muet  avec Chaplin, Keaton et d’autres. Professionnellement, il débute comme  opérateur de prises de vues à France 3 Corse, passe à la mise en scène et  réalise son premier court métrage, U Tavonu, une histoire immobilière, dans la lignée des Alfred Hitchcock présente.

 

Laurent Simonpoli se décrit comme un artisan du cinéma sans renier  la conception de « l’art pour l’art ». Il fait du cinéma en pensant au public… « c’est à lui, dit-il,  qu’il revient de consacrer ou d’oublier. Avec la comédie, la sanction peut être immédiate », et comme le souligne le réalisateur new-yorkais, Woody Allen, « il y a une donnée aussi incontournable de l’homme, processus de compréhension et de dédramatisation de la société ».

 

Son  film, Il était une fois dans l’Ouest de la Corse, réalisé en 2003, est inspiré  d’un fait divers, la fameuse histoire des paillotes. C’est une comédie à l’humour décalé, une magagne entre fiction politique et western spaghetti.« Ce qui m’a immédiatement séduit, dit-il,  dans l’affaire des paillotes, ce sont les petites histoires inhérentes et souvent cocasses à la limite du tragi-comique. »

 

« Assassins » est un court thriller inspiré par les règlements de comptes entre factions nationalistes corses. La mise en scène est efficace, et les acteurs jouent juste... Pas d’autodérision qui servirait de paravent à une image corse souvent négative. La violence est là  dans toute sa cruauté.

 





Une nuit dans le maquis une dizaine d'hommes se réunissent. Paul et Mathieu, jeunes militants, sont désignés malgré leur inexpérience pour éliminer un soit disant traître au mouvement. Bien qu'ils répugnent à cette mission, ils se rendent à Bastia pour préparer l'assassinat. Il sont armés et chaperonnés par Fred ( Eric Fraticelli).

 

 

Assassins , court-métrage en lecture gratuite sur Dalymotion. 
Corsesca Production
Un film de Laurent Simonpoli
Casting
Cedric Appietto "Paul"
Kevin Lameta "Mathieu"
Eric Fraticelli "Fred"
Didier Ferrari "François"
Lionel Tavera "Rochi"
Coco Orsoni "La tante"





Projection en deux parties:




1ère Partie:




http://www.dailymotion.com/video/x8833k_assassin-1ere-partie_shortfilms

Assassin, 1ère partie
envoyé par kevinlameta



2ème Partie:



http://www.dailymotion.com/video/x8dx5z_assassin-2eme-partie_shortfilms
Publié le 19 janvier 2009 à 20:42
Par flicorse

Jérôme Ferrari  est un auteur prolifique. Lorsqu’il n’écrit pas et n’enseigne pas la philo, il traduit du corse au français notamment les textes de  Marcu Biancarelli. En Corse, il est un des auteurs des Editions Albiana.

Chez Acte Sud, on lui doit  Dans le secret (2007) Balco atlantico (2008) et " Un dieu un animal " qui vient de paraître en 2009



Un dieu un animal...  titre énigmatique : pas de virgule entre dieu et animal, entre le créateur et la créature, mais juste un espace, un vide qui attend un homme et une femme.

L’homme se fond dans l’armée, dans un bataillon en marche. Il traverse les guerres avec sa propre mission : "  Courir jusqu’à ce que l’air ait la consistance et la couleur du sang ".

La femme est un maillon d’une hiérarchie dans une entreprise privée et participe à des séminaires où " l’émotion se répand comme un gaz toxique ". Dans sa solitude et les angoisses nocturnes, elle se sent enfermée dans un moule sans pouvoir y trouver des fissures qui pourraient la faire sortir de ce moi étriqué dans une vie " si minuscule ".

L’homme et la femme se sont connus à l’adolescence dans un village et la vie les avait séparés. Ils végétaient dans l’ennui, rongés par l’oubli. Après les retrouvailles, ils vont faire des efforts de mémoire dans leurs cerveaux qui se vident des souvenirs…

La roue tourne, en laissant des traces, mais elle n'arrête pas de tourner... Bizarrerie des traces, mémoire qui s’efface, excentricité du temps, le passé qui fait des vagues, le présent qui divague… Quelle trace laissons-nous ? Traces indéchiffrables, riens émiettés, semences du passé, traces immémoriales, mémoires fissurées, accumulations de riens nulle part ou ailleurs, ici ou là- bas... Les traces racontent les fêlures de l’ici-bas. Elles fissurent le silence.

Quelle place donne-t-on en soi au passé ? Alors que, pour exister, on cherche dans l’autre son propre reflet, la vie n’est-elle qu’une mort lente faite d’angoisses dans un monde qui  humilie en nous faisant prendre conscience de notre impuissance à être libre ? Des questions que l’on se pose à la lecture de ce livre au fluide glacial qui, dans une écriture concise, assène d’emblée une certitude : Bien sûr, les choses tournent mal.

" Un homme et une femme, égarés dans l’ennui du monde, se retrouvent. Perdu d’avance. Le roman se ferme sur une confirmation. Entre-temps, les trouées d’oxygène offertes par Jérôme Ferrari ont distribué leurs forces, et ce roman ressemble à l’enfant blessé que le héros rencontre … Si léger que sa chute ne fait aucun bruit " (article Les passagers de l’angoisse  (Télérama n°3078 – janvier 2009)

Note de l’éditeur : Requiem pour une civilisation contemporaine médusée par les sombres mirages de la guerre comme par les formes de la violence inouïe qui se déchaîne au sein du monde de l'entreprise, un roman aux accents mystiques où l'impossible avènement de l'amour entre deux êtres signe la bouleversante faillite de la souveraineté de l'individu dans l'exercice de sa liberté.
 




Balco Atlantico
, roman de Jérôme Ferrari (2008)

" Il est des romans qui se jouent du hasard comme des rencontres impromptues : ils parviennent toujours à se retrouver sur le sommet de la pile, au centre de la table, dans la première chemise que l’on ouvrira au petit matin … Ils scintillent déjà de leur beauté et s’imposent. Celui-ci fait partie de cette lignée-là, ceux que l’on nomme incontournable, indispensable, entrant dans la toute petite famille des livres "utiles" pour le bien être de notre esprit … " (Article du journal Le Mague)

Résumé : Sur la place d'un village de Corse, Stéphane Campana, ardent nationaliste connu de tous, vient de s'effondrer, fauché par deux balles tirées à bout portant. Sur son corps inanimé est venue se jeter Virginie, la jeune fille qui n'a cessé de vivre dans la vénération de cet homme que, tout enfant déjà, elle s'était choisi comme héros au point de s'abandonner, corps et âme, à ses plus étranges désirs. De l'engagement politique de celui qui baigne à présent dans son sang, le roman reconstitue alors la genèse erratique jusqu'au point, périlleux, où la trajectoire insulaire rencontre celle de deux jeunes Marocains - Khaled et sa sœur Hayet - échoués en Corse à la recherche d'un improbable monde meilleur celui que, sur la corniche de leur ville natale, près de Tanger, faisait miroiter à leurs yeux l'inoubliable et merveilleuse promenade connue sous le nom de "Balco Atlantico"... D'une rive à l'autre, de mémoires qui ne passent ni ne se partagent, entre les âpres routes de l'exil et l'esprit d'un lieu singulier, Jérôme Ferrari jette le pont d'un roman solaire, érigé dans une langue ouverte sur toutes les mers où, de naufrages en éblouissements, passé et avenir naviguent de concert dans le rêve des hommes.

Vidéo : Au travers le meurtre d’un nationaliste corse, Jérôme Ferrari explore les égarements des mémoires réécrites. Des nostalgies sublimées qui mènent invariablement les héros de son dernier roman, Balco Atlantico (Actes sud), à la solitude, la folie ou la mort.


http://www.dailymotion.com/video/x4gq31_jerome-ferrari-et-les-dangereuses-n_news

Jerome ferrari et les dangereuses nostalgies en terre corse
envoyé par Marianne2fr







Dans le secret, roman de Jérôme Ferrari (2007)

4ème de couverture :
Il y a bien longtemps que, toutes les nuits, Antoine, la quarantaine, se défait de son costume d'époux et de père de famille modèles pour succomber, dans le bar dont il est propriétaire en Corse, à la tentation de l'alcool et, bien souvent, du sexe - au plus loin de l'amour.
Prononcée par sa femme, "l'immaculée" Lucille, au beau milieu d'une étreinte conjugale à laquelle il l'a forcée, une phrase énigmatique va, un matin, faire exploser tout l'hypocrite dispositif sur lequel repose son existence, et le contraindre à un impossible examen de conscience. Dans son désarroi, Antoine se tourne alors vers Paul, son frère cadet, qui vit, clochardisé, dans la maison de village familiale où il s'est retiré après avoir naufragé lors d'une expérience parisienne calamiteuse...
Frères de sang et désormais frères en désastre, tous deux s'interrogent, chacun à sa façon, sur la nature du destin qui leur a été fait - peut-être par la "maladie insulaire" qui enfièvre les puissances de la mémoire, substituant le délire de ses images à la prise en compte des catastrophes bien réelles qui, au présent, menacent...
Sur les murs que la filiation érige entre les êtres, sur la toxicité des obsessions qui s'entretiennent sous le dangereux gouvernement de l'esprit d'un lieu - l'île aux sombres secrets enfouis dans la splendeur des paysages -, sur la rémanence du sacré et les tentations du mysticisme, sur l'impossible choix entre sexualité païenne et vénération amoureuse, sur les noces, enfin, à jamais contrariées, entre l'esprit de l'homme et le monde qu'il habite, Jérôme Ferrari propose, avec ce roman ardent et rebelle, une variation somptueuse.




Publié le 12 janvier 2009 à 13:37
Par flicorse

Le jour où Nina Simone a cessé de chanter au théâtre de l’AGHJA,  les 30 et 31 janvier 2009.  




Le jour où Nina Simone a cessé de chanter, monologue de Darina Al Joundi

Ecrit par Darina Al Joundi et Mohamed Kacimi

Mise en scène & scénographie : Alain Timar

Ce spectacle a été nommé pour les Molières 2008

Programmation commune Aghja / Théâtre Kallisté / Ville d'Ajaccio.       

Les 30 et 31 janvier 2009 à 21 Heures,  Ville d'Ajaccio, réservations : 20 rue Forcioli Conti, tél : 04 95 50 40 86.

   


   

Le soir des funérailles de son père, Noun coupe le son des psalmodies du Coran qui accompagnent traditionnellement cette cérémonie. L'acte provoque un grand scandale dans sa famille. Noun décide de s'enfermer à double tour avec son père pour lui dire ce qu'elle a sur le cœur, lui rappeler toutes les leçons de libertés qu'il lui a données.

     

       Noun est libre face à la mort, mais une simple porte la sépare d'un monde hostile. Au fil des évocations, Noun quitte le paradis perdu de son adolescence, de ses révoltes pour se confronter à la fin à un monde, à une société qui interdit à la femme l'exercice de la parole, du rêve et de la révolte.

 

       Darina Al Joundi a raconté et écrit avec Mohamed Kacimi sa propre histoire. Elle la joue sur scène. Noun et Darina ne font qu’un dans son passé vécu au Liban, jusqu’au jour où « il restait une place pour Paris ». Noun l’a prise…

        « Enfant de toutes les guerres du Liban, Darina al Joundi a brûlé son enfance et sa jeunesse à Beyrouth, ville de tous les excès qui abuse de la mort comme de l'amour. Ville aussi de toutes les illusions, derrière ses façades réelles de liberté, de révolte, de fêtes et de beuveries, se cache une société conservatrice à l'affût du moindre écart de chaque individu. Beyrouth est une ville de l'exhibition où l'on ne survit que si l'on se dérobe au regard des autres. Darina a traversé, à son corps défendant, les nuits de Beyrouth, elle a vécu de près et dans sa propre chair l'exclusion dont peut faire preuve cette société conservatrice et féodale qui n'hésite pas à exclure et à bannir quiconque enfreint l'espace du religieux. Surtout quand la liberté est prise par une femme, sachant que la femme reste une langue étrangère dans le monde arabe. Au Liban, on peut s'affranchir de tout sauf de Dieu. Darina al Joundi a fait cette expérience des limites. Elle en ressort, brûlée mais libre, avec ce texte de feu et de folie. »

      

Mohamed Kacimi commente :  « Cette femme est là parce qu’elle a vraiment quelque chose à dire. C’est sa vie qu’elle vient raconter, une vie à la liberté démente (...) Heureusement que les murs de la chapelle Sainte Claire sont désacralisés. Ils trembleraient devant l’impiété impitoyable du récit de Darina Al-Joundi, projetée dans la vie et dans la guerre avec la même sauvagerie (...) son récit a coulé d’elle comme un fleuve en crue. L’écrivain Mohamed Kacimi l’a aidée à contenir ses mots, rythmés par une chanson de Nina Simone : Sinnerman. Une chanson obsédante comme le désir de vie d’une femme. » propos recueillis par  B. Salino, Le Monde

      

A  Avignon, Darina ne nous a  pas fait attendre. Lorsque nous sommes entrés dans la salle, elle était déjà présente, assise sur les planches de la scène dans la pénombre, regardant son public… une façon peut-être de dire «  Je vous attendais et je vais vous raconter mon histoire en m’adressant à chacun de vous ». Ensuite nous l’avons regardée et écoutée sans que, un seul instant, notre attention ne se soit relâchée.  Les anecdotes personnelles et historiques se côtoient dans ce monologue rythmé et superbement interprété par une actrice de talent.  « Le jour où Nina Simone a cessé de chanter » tourne autour de ce père tant aimé, intellectuel fuyant jusqu’à sa mort les persécutions du régime syrien, et qui voulait faire de ses trois filles des femmes libres, malgré les archaïsmes de la société libanaise.  Darina a 7 ans lorsqu’éclate la guerre du Liban. Sur scène, elle raconte, avec des mots drôles et incisifs, cette enfance rythmée par les combats entre phalangistes chrétiens, groupes armés palestiniens, armées syrienne et israélienne. Elle apprend ainsi à se terrer dans l’abri de l’immeuble, lors des bombardements, ou à passer les barrages des miliciens sans se faire arrêter. A 14 ans, elle va secourir les survivants des massacres de Sabraa et Chatillah avec ses sœurs. Deux ans plus tard, elle goûte à la cocaïne, puis en prend tous les jours. Elle avorte à l’hôpital américain de Beyrouth la veille de ses 16 ans.

 « Pour vivre avec cette histoire il fallait la partager », estime-t-elle. De cette soudaine rage d’écrire est née cette pièce, Le jour où Nina Simone a cessé de chanter, qui est devenue la révélation de l’édition 2007 du festival d’Avignon, représentée avec le même succès en 2008 lors du dernier festival. Le texte de la pièce, écrit avec l’aide de l’écrivain algérien Mohamed Kacimi, a donné naissance à un livre du même nom, paru aux Editions Actes Sud en janvier dernier.

Attention talent ! Darina Al Joundi, rescapée de la guerre du Liban, vit en France depuis plusieurs années. Elle a écrit et joue à Paris l’histoire d’une vie brisée, l’enfer de la guerre au Liban, et un amour éternel voué à un père disparu…C’est un moment rare de théâtre, intense et fort. Dans ” Le jour où Nina Simone a cessé de chanter”, cette éblouissante comédienne raconte un destin de femme au cœur de la guerre, un quotidien ’banal’, tragique et burlesque, où tous les excès aident à vivre… Sexe, drogue, violence, et jeux avec la mort…


 

http://www.dailymotion.com/video/x6xzrv_le-jour-o-nina-simone-a-cess-de-cha_creation

Le Jour où Nina Simone a cessé de chanter
envoyé par o4




La pièce de théâtre a été suivie d’un roman publié chez Acte Sud. Nous l’avons lu pour revisiter le texte qui nous avait captivé du début à la fin du monologue joué sur une scène de théâtre d’Avignon.



Darina ( ’Noun’ dans La fiction) est née en 1968 à Beyrouth et   avait 7 ans quand la guerre a éclaté à Beyrouth, en avril 75. Superbe dans sa robe rouge avec ses longs cheveux noirs dénoués, elle entame son récit au moment de la mort de son père, en avril 2001. Un père adoré, écrivain, journaliste, épris de liberté, antimilitariste, défenseur de la laïcité, qui souhaitait que l’on veille sa dépouille au son du jazz et de Nina Simone…  Seule sur scène, Darina regarde chaque spectateur dans les yeux, puis crie de rage ou rit aux éclats, sans ménagement, sans tabou. Jusqu’au récit d’un jeu de roulette russe avec deux amis, dans Beyrouth sous les bombes, presque insoutenable.


Darina a grandi avec la guerre, au point de ne plus savoir vivre sans elle. Noun dit : «  Je ne savais plus vivre sans la guerre, mon corps avait été programmé pour elle, depuis mon enfance, j’étais réglée par la peur, tous mes gestes n’avaient de sens que par rapport à elle… » Quand le conflit prend fin, en 1990, elle se retrouve étrangère dans une société qui tout à coup ne tolère plus les excès - sexe, drogue et transgression morale - qui étaient la norme pendant 15 ans. Les apparences reprennent le dessus. « Je n’avais pas compris qu’après la guerre les gens allaient remettre les masques.», avoue-t-elle aujourd’hui. Libre pendant la guerre, elle reçoit une sévère correction en temps de paix et passe de la case hôpital à l’internement psychiatrique pour déviationnisme moral.  Seules des femmes y sont internées. « J’ai compris notre vulnérabilité de femmes, on a beau être une vedette, médecin, une célébrité, au moindre faux pas la femme redevient femme, bête de somme qu’on enchaîne comme on veut », écrit la comédienne, connue au Liban pour ses rôles au cinéma et à la télévision. Elle reste trois semaines dans cet asile tenu par des bonnes sœurs. D’anciens amis ont réussi à convaincre sa mère que Darina était folle et qu’il valait mieux, pour son bien, qu’elle reste enfermée.  Noun dit «  Dans la nuit, je me réveillais et, comme il était interdit d’écrire, je regardais le ciel et j’écrivais avec mon doigt et dans l’air des lettres à mon père ». « J’ai commencé à écrire dans l’air, à l’asile », raconte Darina, mimant le mouvement du stylo invisible. Lorsqu’elle est finalement libérée, on lui précise qu’elle peut à tout moment être renvoyée à l’asile par sa famille. Elle reste encore trois ans au Liban, le temps de gagner l’argent nécessaire pour s’exiler définitivement en France. Sa pièce, affirme-t-elle, ne s’adresse pas aux Libanais,. « On m’a proposé de jouer ce texte au Liban. C'est presque comme jouer pour son propre bourreau. Je ne vois pas l'intérêt. » Darina Al Joundi a écrit en français pour être entendue en Europe, pour démonter le rêve orientaliste du monde arabe, avec ses muezzins, ses baklawas etc. « Il y a toujours un rapport exotique, touristique ou colonialiste avec les pays arabes. » Darina Al joundi veut au contraire que les gens soient révoltés par la réalité de son récit, « parce qu'il y a toujours des gens qui sont internées, des gens qui vivent l'autodestruction comme je l'ai vécue, et des gens qui cherchent à faire la guerre ».

Darina Al-Joundi a été sur tous les fronts culturels : cinéma, théâtre, télévision. Elle parle également l'arabe, le français et l'anglais. Elle est l'auteur de plusieurs projets : court métrage 'Superman', coécriture du court métrage 'Mimi martyr de l'épingle', écriture du concept télévisé 'Mon histoire... C'est l'histoire', de la pièce de théâtre 'Le Jour où Nina Simone a cessé de chanter' et une série de documentaires.

Pour la télévision libanaise, elle tient le rôle principal dans 'Passions d'amour' (2001), ainsi que dans la série 'Demain est un autre jour' sur la chaîne arabe MTV (2004). Au théâtre, elle joue dans 'Killing Game' d'Eugène Ionesco, 'Le Procès' de Franz Kafka ou encore 'Persona' de Bergman. Son jeu d'actrice participe au fait que ses films sont souvent nominés comme 'La Porte du soleil' de Yossri Nasrallah, sélection officielle du festival de Cannes en 2004. Sa beauté et son éclectisme font de Darina al Joundi une étoile du cinéma oriental.   

Filmographie

2007 : Un homme perdu de Danielle Arbib  -  Quinzaine des réalisateurs, Cannes 2007

2004 : Hizziyawiz de Wissam Charaf

2003 : La porte du soleil de Yossri Nasrallah  - Sélection officielle Cannes 2004

1999 : Derrière les lignes de Jean Chamoun

1997 : Beyrouth Fantôme de Ghassan Salhab

1994 : Histoire d’un retour de Jean-Claude Codsi

1988 : A la recherche de Leïla de Kassem Hawal

 

Le théâtre de l’Aghja se présente :


L’AGHJA est une salle de spectacle située à Ajaccio et ayant le label Scène conventionnée Théâtre et Musiques actuelles. Il y a donc une programmation théâtrale et musicale. Côté théâtre, nous avons du théâtre de répertoire, du théâtre contemporain, du théâtre en langue corse, du théâtre en langues étrangères avec surtitrage. Côté musique, tous les styles musicaux s’y côtoient : jazz, rock, pop/rock, folk, funk, rap, slam, hip-hop, électro, musiques du monde ou world music, nouvelle scène française, musique latino (salsa, rumba…), reggae, ska, ragga, chant et musique corse, polyphonies… Nous proposons également des lectures d’auteurs corses, méditerranéens, ou écrivant sur des thèmes portant sur la Corse, la Méditerranée ou l’insularité. C’est une salle également ouverte aux pratiques amateurs : pratiques amateurs musique avec l’organisation de plates-formes musique ouvertes aux jeunes groupes insulaires ; pratiques amateurs théâtre avec l’organisation de plates-formes jeune théâtre. La compagnie Théâtre Point est une compagnie de théâtre associée de l’Aghja. Théâtre Point propose des créations ainsi que de la formation avec des ateliers théâtre pour enfants, adolescents et adultes. C’est une salle également ouverte aux pratiques amateurs : pratiques amateurs musique avec l’organisation de plates-formes musique ouvertes aux jeunes groupes insulaires ; pratiques amateurs théâtre avec l’organisation de plates-formes jeune théâtre. La compagnie Théâtre Point est une compagnie de théâtre associée de l’Aghja. Théâtre Point propose des créations ainsi que de la formation avec des ateliers théâtre pour enfants, adolescents et adultes.


Programmation à venir :


BOJAN Z et JULIEN LOURAU   Jazz - Samedi 24 janvier, 21 h

LA CREVETTE D ACIER  Chansons à voir  -  Samedi 14 février, 21 h

JE SUIS ALAIN, ARTAUD... Théâtre - Vendredi 20 et samedi 21 février, 21 h

LES VOYAGES DU NOUVEL ENTERPRISE - Théâtre - 5 et 6 mars, 21 h  

MELINGO / Tango - Samedi 14 mars, 21 h

SUBWAY / Rock -  Samedi 21 mars, 21 h

51 PEGASI ASTRE VIRTUEL/ Théâtre  - Vend. 27 et sam. 28 mars, 21 h

DOPU CENA / Chants Corses - Samedi 4 avril, 21 h

LES FRÈRES CORSES/Théâtre - Jeudi 16, vendredi 17, samedi 18 avril, 21 h

LES FEMMES S EN MÊLENT / scène musicale - Vendredi 24 avril, 21 h

BABA ZULA  / Rock oriental - Jeudi 14 mai, 21 h

NOVI / Nouvelle scène Corse - Vendredi 22 mai, 21 h

LA CONTREBASSE / Théâtre - Vend. 29 et  sam. 30 mai, 21 h

PLATE-FORME THÉÂTRE  - 2ème quinzaine de juin - Le détail de cette plate-forme sera communiqué ultérieurement.. Comme chaque année, la saison est avec les travaux des participants aux ateliers de Théâtre Point et des élèves de l'option théâtre du lycée Laetitia. Cette année, l'option théâtre compte deux classes : une classe de seconde et une classe de première qui l'an dernier avait présenté "La Vérité en farce", un montage de textes autour du burlesque.

 




Publié le 19 décembre 2008 à 15:35
Par flicorse

Journée mondiale de la Corse le 9 janvier 2009, date du centenaire de la naissance de Danielle Casanova, résistante morte à Auschwitz.

 


Vincentella Perini alias Danielle Casanova, fille d’instituteur,  est née le 9 janvier 1909  à Ajaccio (Corse). Elle fait la plus grande partie de ses études  dans sa ville natale et termine son cycle secondaire au Luc dans le Var. Bachelière,  après un bref passage en classe préparatoire, elle s'inscrit à l'école dentaire de Paris en 1927. Elle y découvre l'Union fédérale des étudiants, organisation étudiante de gauche à laquelle elle adhère avant d'en devenir responsable. Elle rencontre son mari, Laurent Casanova, au sein de cette organisation. En 1928, elle s'engage dans les Jeunesses communistes.  Vincentella se fait alors appeler Danielle et devient  secrétaire du groupe de la faculté de médecine. Tout en poursuivant ses études, elle rejoint le Comité central du mouvement au VIIe congrès en juin 1932, épouse Laurent Casanova, dirigeant du PCF, en 1933,  puis entre à la direction du mouvement en février 1934, où elle est la seule femme. Face à la très rapide augmentation des effectifs de la JC, le VIIIe congrès réuni à Marseille en 1936 la charge de fonder l'Union des jeunes filles de France. Cette organisation, bien que proche de la JC, devait créer un mouvement  féministe de jeunes filles pacifiste et anti-fasciste. Élue secrétaire générale de l'UJFF lors de son premier congrès en décembre 1936, elle organise par ailleurs une action de collecte de lait concentré pour aider les enfants d'Espagne victimes de la guerre civile. C’est la période où elle noue des relations avec des intellectuels de renom comme Nizan et Politzer.

 

Les gens qui prennent les bateaux de la SNCM connaissent le « Danielle Casanova »  l’un des deux grands car-ferries de la compagnie de navigation. Des rues et des places ont été aussi baptisées au nom de cette grande résistante corse de la guerre de 39-45. Lors de l'interdiction du PCF en septembre 1939, Danielle Casanova passe dans la clandestinité, et contribue au journal interdit Avant-garde. Elle participe à la survie du parti communiste français aux côtés de Jacques Duclos et Benoit Frachon. À partir d'octobre 1940, sous l’occupation allemande, elle participe à la mise en place des Comités féminins en région parisienne. Tout en continuant à contribuer à la presse clandestine, notamment pour la Pensée libre et en fondant la Voix des femmes, elle organise des manifestations contre l'occupant, notamment les manifestations des 8 et 11 novembre 1940 suscitées par l'arrestation du professeur Paul Langevin, puis celle du 14 juillet 1941. Les Comités féminins s’occupent aussi des familles des prisonniers de guerre dont le nombre avoisinait les deux millions.  Avec Albert Ouzoulias, elle est à l’origine des Bataillons de Jeunesse, un des groupes armés organisés par le PCF qui le 21 avril 1941 donnera le signal de la lutte armée et de masse en tuant un officier allemand dans les couloirs du Métro. Repérée depuis longtemps,  elle est arrêtée par la police française le 15 février 1942 alors qu'elle ravitaillait Georges Politzer et sa femme. Emprisonnée à la prison de la Santé puis au fort de Romainville fin août 1942, elle est déportée à Auschwitz-Birkenau le 24 janvier 1943 où elle sert dans l'infirmerie du camp en tant que chirurgien-dentiste. Elle ne cesse jamais de militer, organisant publications et manifestations clandestines au dépôt, puis au fort, et finalement la solidarité dans le camp de concentration. Elle décède le soir du 9 mai 1943 du typhus. Elle avait 34 ans. Paris a été libéré le 25 août 1944, date de la reddition des Allemands. En Corse, l’insurrection a commencé le 9 septembre 1943 et a entraîné l’ordre d’évacuation des troupes allemandes donné par Hitler le 12 septembre. La Corse fut le premier département français libéré.




La journée mondiale de la Corse du 9 janvier 2009 :

 

Corsica Diaspora (http://www.corsicadiaspora.com) a pour mission de soutenir le développement des initiatives et des projets dans l’île et à l’extérieur en créant ou sollicitant les réseaux de la diaspora et des amis de la Corse.

 

La Journée Mondiale de la Corse est un signe fort de la politique de l’association Corsica diaspora concernant le soutien aux porteurs de projets. La troisième édition s’intitule : la Corse qui résiste, la Corse qui gagne. Cet intitulé a été choisi en hommage à Danielle Casanova dont le centenaire de la naissance, sera célébré le jour même au SENAT (Palais du Luxembourg),  avec Corsica ~ Cinéma (http://www.corsicacinema.com), et le soutien de la Maison de la Corse (http://www.maisondelacorse.org), de la Corse Hospitalière de Paris, et de l’association Animà Corsa.

 

La journée se déroulera sur la base de manifestations organisées un peu partout dans le monde (Paris, Avignon, Aix en Provence, lAngleterre, la Chine, la Belgique, la Tunisie, Porto-Rico, et en Corse : Ajaccio, Bastia, Calvi, Corté, Francardo, Poggio di Venaco, Sisco) par nos adhérents. Les manifestations reposent sur des thématiques diverses (sociale, économique, culturelle, ...). Le but de la journée est de mettre en exergue chaque projet individuellement et collectivement.

Edmond Simeoni (Président de Corsica Diaspora et Amis de la Corse), et Sylvain Ettori (Président fondateur de Corsica~Cinéma), coordonneront depuis le Sénat la Journée Mondiale de la Corse(1). Un débat sera organisé en même temps à Paris (animé par Jean-Marie Colombani), à Ajaccio (animé par Sampiero Sanguinetti) et à Bastia (animé par Joseph-Guy Poletti), sur la thématique du jour : La Corse qui résiste, la Corse qui gagne.

 

Comme les années précédentes les animateurs de la Radio Frequenza Mora (http://www.bleurcfm.com) seront tous mobilisés, toute la journée, pour adapter leur émission au thème, et ouvrir l’antenne à  cet évènement en un tour du monde radiophonique.

 

L’émission la compil d’Evelyne Adam en direct de Bastia, clôture de 21h à minuit, en diffusion Nationale, la Journée Mondiale de la Corse sur le réseau Radio Bleue.

 

Un Flash Meeting  permettra à l’ensemble des diverses organisations éparses de par le monde, une rencontre virtuelle, de 16h à 18h (heure française).

 

Yves Duteil membre de Corsica Diaspora, interprètera Maquisard(e)s, l’hymne de la Journée Mondiale de la Corse dont le single musical 3 titres sera édité par Corsica ~ Cinéma.

 




 

 

Publié le 22 novembre 2008 à 15:15
Par flicorse

 

Extrême méridien, juin 2008

Treize nouvelles de Marc ( Marcu) Biancarelli

Editions Albiana - 201 pages - 15 €

Isbn : 9 782846 982665

 






Extrême méridien (  ou Stremu meridianu )

 

Marcu Biancarelli est un auteur corse qui écrit en corse et donc ses textes en français passent par la traduction. Il utilise la vieille langue corse et les formes anciennes que sont le théâtre et la nouvelle, pour tenir des propos neufs. Dans son dernier opus, le recueil de nouvelles « Extrême méridien », si vous êtes amateur de chair littéraire, de la chair vous en trouverez à travers ses personnages qui, en y regardant de plus près, incarnent la vision d’une Corse intimiste loin des dépliants touristiques, celle des Corses en prise avec des démons et leurs propres démons.   

 

(extrait)

La terre qui l’avait vu naître, il en avait mangé à tous les repas jusqu’à la vomir, il en connaissait le goût amer, le goût de charogne, souvent ! Tenir debout, conjurer le moment de la rencontre avec les asticots qui l’attendaient affamés, dans le sein de sa terre natale, devenir celui qui nourrirait la terre des porchers, pas de son cadavre, mais de son éclat, avec cette force souveraine qui naissait à la pointe de ses pinceaux, sur le plat de ses couteaux. Les autres remuaient, et cherchaient sans cesse une raison d’espérer, lui, son moteur, c’était cette flamme intérieure, et tant qu’elle ne s’éteignait pas, la rupture n’était rien. Tant qu’il avait toujours le geste sûr, la maîtrise, la luminosité dans sa tête, et la clarté projetée telle quelle sur la toile, tant qu’il avait la capacité d’y lancer ses tripes, de se mettre à nu, de crier ce qu’il était au milieu du non-sens collectif de son monde qui n’avait jamais su naître, mais qui gisait là à ses pieds, comme avorté, et qui n’attendait que d’être recueilli, tant que sa main contrôlait la ligne, la courbe, tant que les fonds de toile éclataient comme il les avait voulus, pensés, imaginés, sentis, ce serait lui le maître de ce jeu de fous, il contiendrait le mal qui lui dévorait les entrailles et qui n’avait pas pu l’abattre jusqu’à maintenant.

 

Marcu Biancarelli a dit :

 

« Que les choses soient claires, je peux me permettre, moi, de dire du mal de mon pays, mais moi seul." (Chì i cosi siini chjari, ghje’ mi possu pirmetta di parlà mali di u me locu, ma ghjeu solu...)

 

« … ... ce qui est important c’est de montrer les choses pour ce qu’elles sont, et après chacun en tire ce qu’il veut en retirer.”

 

D’abord là encore il faut se méfier des paraboles littéraires. Elles ont bien sûr leur part de vérité mais ne disent pas tout. Le monde est toujours plus complexe, meilleur et pire que ce que l’on trouve dans les livres...

 

Le ton est donné pour ce recueil de nouvelles sans concession, sans complaisance et sans tabou. Mais que l’on ne s’y trompe pas, Marcu Biancarelli explique :

 

« J’ai mal à l’humain plus qu’à la Corse. Mais la Corse me tient évidemment à cœur et représente plus qu’un univers littéraire : un espace mental et affectif des plus puissants. C’est donc dans mon île, où je vis, que je situe l’essentiel des histoires que je raconte, et Corses sont le plus souvent mes personnages, parce qu’étant de simples projections de moi, des fantômes de moi qui errent dans les pages de mes livres, je crois qu’une communion de culture et de sentiments s’impose naturellement entre moi et mes personnages. Disons qu’ils me viennent d’instinct. Mais il n’y a là rien qui doive être une règle d’écriture, je ne m’interdis rien à vrai dire. Mais plutôt pour m’interroger sur le monde et interpeller le lecteur, non pas sur ses tares ou ses déviances, mais sur la recherche d’une vérité que tous nous partageons, et une vérité qui n’est pas que Corse. Je dirais pour résumer que la Corse est le premier laboratoire du désespoir humain qui me touche et m’interpelle, mais quand on y réfléchit les maux de l’île sont souvent aussi les mots d’une humanité plus vaste. »

 

L’auteur nous dresse une série de portraits aux antipodes des caricatures et des poncifs sur les Corses, poussant même  jusqu’à la caricature à rebours. Par des textes noirs écrits pour choquer,  il nous montre en nous laissant la liberté d’interpréter, c’est-à-dire de réfléchir.

 

La littérature, dit-il,  c’est tout sauf le refuge des bons sentiments, ou des discours moralisateurs. Si j’écris une nouvelle sur le racisme – c’est le cas ici – il ne sert à rien d’écrire que le racisme ça n’est pas bien. Mais il faut illustrer le propos, et montrer ce qu’est le racisme, sous différentes formes qui toucheront, blesseront, feront mal, interrogeront, et donc peut-être feront aussi réfléchir. C’est pareil pour tous les sentiments que l’on voudra illustrer : c’est l’histoire et la tramme qui doivent illuminer le propos ou l’interrogation de l’auteur, et pas une démonstration stylée des plus abscontes.”

 

Et il ajoute: “... si des lecteurs qui ne sont pas Corses se retrouvent dans mes livres – et je sais que c’est possible – je m’en félicite, et plus que ça même, mais je n’ai jamais prétendu être autre chose que ce que je suis : un écrivain corse, qui écrit donc de l’intérieur, et d’abord pour le lectorat corse, et puis pour tous ceux qui au delà voudront entendre ce que j’ai à dire de cette réserve indienne...

 

Puis il constate: “... la Corse n’a pas à trouver grâce à mes yeux parce que la Corse n’est coupable de rien. Ce n’est pas “la Corse” que certains textes peuvent stigmatiser, je dirais même que c’est l’inverse : c’est les maux qui sont faits “à la Corse”, et auxquels hélas nous souscrivons trop souvent, qui me révoltent et inspirent nombre de mes écrits.

 

Dans cet opus de l’extrème, le méridien passe par les déviances de la nature humaine.  Bien sûr il y a la violence mais cette violence n’est pas intrinséquement corse. On la  retrouve dans le monde, les relations sociales et les sentiments humains. Marcu Biancarelli n’en fait pas une approche manichéenne. La Corse est-elle violente? Il répond que oui, comme beaucoup d’autres lieux mais la différence c’est que la Corse, elle, le sait! En codifiant la violence, on évite qu’elle ne devienne trop destructrice. C’est lorsque l’on perd la maîtrise des codes qu’on s’accroche aux déviances parce qu’elles sont plus visibles et plus abordables tout en accompagnant la déliquescence d’une société. C’est là qu’intervient la glorification de la violence. Sans glorifier la violence, on débouche inéluctablement sur la révolte et la phrase célèbre de Camus: “Je me révolte, donc nous sommes!”. Dans “Extrème méridien”, cette révolte conduit parfois, dans l’exprit de la magagne, au fantasme lorsque des toursistes dévastateurs et adeptes du quad sont transformés par magie noire en cochons contentinentaux pour terminer en salaisons corses. Nous sommes là dans le domaine de la violence symbolique mais qui, peut-être de façon subliminale,  interroge aussi sur la filière de la charcuterie estampillée “corse”.

 

Pour citer une nouvelle corso-corse, nous retenons “Le poulpe, la langouste et la murène”, son spuntinu pour la veillée d’un mort et ces surnoms qui font l’identité des villageois comme “Tuppuchju” ( petit-rat). Toutes sont à lire et se situent dans “l’extrème méridien de chairs et de damnation”.

 

Vous pouvez retrouver l’intégralité d’un long interview de Marcu Biancarelli sur le site des Editions Albiana.

 

Nous ne pouvons qu’être d’accort avec lui lorsqu’il constate que: “Les gens qui aujourd’hui en Corse me semblent les plus libres, les plus porteurs d’espoir, sont souvent des artistes. Des écrivains ou des chanteurs, des poètes. Tous n’ont pas forcément la conscience aigüe d’exprimer la voix d’une société civile libre, mais c’est pourtant ce qu’ils font. Avec le peu d’impact réel qu’ont les artistes en général.

 

Nous conseillons “Extrème mérdien”,  ouvrage d’un auteur libre qui pratique la langue corse mais pas la langue de bois. Ce livre s’adresse à votre intelligence, c’est-à-dire à votre capacité aussi de prendre du recul sur les faits sans manichéisme  et avec  humour,  même si le constat reste noir dans cette terre où le goût du drame et de la mort reste chevillé au corps.


 

 

Extraits en français (cliquer)

        et

Extrait en corse (cliquer)


 

Descriptif:

 

1.      Stremu meridianu – Extrême méridien

2.      Baruffa Caffè di a Liccia  -  Baston au Café A Liccia

3.      Orly

4.      Sirata d’inguernu – Soirée d’hiver

5.      Cazzuttata Carrughju Altu – Coups de poing Rue Haute

6.      A più bella zitedda di u paesu – La plus belle fille du village

7.      U pulpu, l’argusta è a murena – Le poulpe, la langouste et la murêne

8.      U portafogliu – Le portefeuille

9.      Ghjubileu - Jubilé

10.  Rumpera – Point de rupture

11.  U pòpulu di u quad – Le peuple du quad

12.  Zia Maria Cucaina – Marie Cocaïne

13.  Otranto - Otrante

 

 



Bibliographie chez Albiana ( cliquer)


 

Blog de Marcu Biancarellu ( en langue corse):

 


 

 

Dernière minute:

 

Marcu Biancarellu a participé à un recueil collectif de nouvelles intitulé sobrement “Nouvelles corses” et édité aux éditions Magellan & Cie, dans La collection Miniatures des éditions Magellan  qui lève le voile sur la Corse en faisant la part belle aux voies du polar, du roman noir et du roman historique. Cinq auteurs pour ces Nouvelles (polyphoniques) de Corse :  Andria Costa, Archange Morelli, Paul Milleliri, Eliane Aubert-Colombani et Okuba Kentaro. 

 

Ce recueil publié en partenariat avec Courrier International, est mis en vente au prix de 12 € .

 

Présentation de l’Editeur:

 

Au sud-est de la Côte d’Azur, à l’ouest de la Toscane dont elle est proche et au nord de la Sardaigne, la Corse, « Île de Beauté », véritable « montagne dans la mer », balcon sur la Méditerranée, est un pays en soi, un monde miniature à la fibre identitaire forte, où l’on écrit en français et en corse. Dans cette île noire et rouge sur fond de bleu marin, où les chants polyphoniques, les lamenti, sont un terreau commun aux créateurs, les thèmes imaginaires ou réels qui inspirent les auteurs corses sont la politique, les indépendantistes, la musique et les chants, la pauvreté, le huis clos, les mythes, les légendes… mais aussi le « silence », l’honneur, le clanisme, la « cursia », ce mal du pays, cette nostalgie,… 

Les nouvelles réunies dans ce volume explorent plusieurs voies avec force : le polar (Manuel Vasquez Montalban en Catalogne, Andrea Camilleri en Sicile, Jean-Claude Izzo à Marseille, Yasmina Khadra en Algérie, ont tracé les contours d’un polar méditerranéen où la Corse ne demande qu’à figurer), le roman noir et le roman historique. Elles reflètent ce moment particulier de la création littéraire corse Au sud-est de la Côte d’Azur, à l’ouest de la Toscane dont elle est proche et au nord de la Sardaigne, la Corse, « Île de Beauté », véritable « montagne dans la mer », balcon sur la Méditerranée, est un pays en soi, un monde miniature à la fibre identitaire forte, où l’on écrit en français et en corse.




 

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