A siréna, Pierre Gambini
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Vincent Baguian et Diane Minassian
Haris Alexiou - Oi filoi mou xaramata
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Bienvenue sur le blog Corse noir'soeur de vos nuits blanches Blog non agressif et sans arrière-pensée. .. Des articles après le Blog perso.... ---- --------------- --------------- --------------- --------------- --------- ---- --------------- --------------- --------------- --------------- --------- RE NDEZ-VOUS: - 5 décembre 2009, Salon Culture et écriture Institut Perrimond Roucas Blanc Marseille 7ème - Les 20, 23 et 24 décembre 2009 Cultura La Valentine Marseille -- --------------- --------------- --------------- --------------- ----------- CHANTS CORSES: Pas de lien MP3 mais de l'écoute en ligne aux adresses ci-dessous... Radio Alta Frequenza ht tp://www.alta-f requenza.com/in dex.php/fr/webr adios Radio Voce Nustrale htt p://adecec.net/ radio/listen.as x Sur Radioblog ht tp://www.radiob logclub.fr/sear ch/ ------ --------------- --------------- --------------- --------------- ---- Le 1er juin 2009 à 22H15 .... 200.000ème visiteur I ------------ --------------- --------------- --------------- -------------- Les dix droits imprescriptible s du lecteur ( édictés par Pennac dans son ouvrage "Comme un roman") 1°/ Le droit de ne pas lire. 2°/ Le droit de sauter les pages 3°/ Le droit de ne pas finir le livre 4°/ Le droit de relire. 5°/ Le droit de lire n’importe quoi. 6°/ Le droit au Bovarysme (maladie textuellement transmissible…) 7°/ Le droit de lire n’importe où. 8°/ Le droit de grappiller. 9°/ Le droit de lire à haute voie. 10°/ Le droit de nous taire. ----------- --------------- --------------- --------------- --------------- -- A dopu! A plus tard! Publié le 02 février 2009 à 21:09
A siréna, Pierre Gambini http://www.youtube.com/watch?v=4W0O5Aqy5iQ Vincent Baguian et Diane Minassian Haris Alexiou - Oi filoi mou xaramata
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Publié le 18 août 2008 à 16:00
Collioure et la Corse côte à côte : U libru a l’acqua en Corse et un livre à la mer à Collioure. Du Vendredi 22 au Dimanche 24 août 2008, la quatrième édition du festival « Un livre à la mer» avec la présence de Corsicapolar qui présente le recueil « Piccule Fictions » de 30 nouvelles écrites par 26 auteurs au profit de l’association Handi 20 pour l’achat de fauteuils destinés aux handicapés. A Ajaccio, U libru a l’acqua, c’est 200 documents consultables tous les jours de l’été, de 10h à 19h, et ce à partir du 10 juillet, sur chaque plage corse où le dispositif est installé. Pour le confort de la lecture, des transats, des parasols et des chaises pour enfants seront également mis à disposition. Ce nouveau dispositif est dû au partenariat du service environnement, en charge de la gestion des plages et du réseau des bibliothèques et médiathèques de la Ville d’Ajaccio. U libru a l’acqua a été lancé cette année sur les plages de Trottelo et du Ricanto. A Collioure « Un livre à la mer » est un festival qui, dans le même esprit de donner le goût de la lecture, en est à sa quatrième édition. Cette année, l’association Corsicapolar y est invitée. Cela permettra de proposer le recueil « Piccule fictions » de l’operata NOIRS de CORSE qui a été réalisée pour rendre accessibles les plages corses aux handicapés pour qu’ils profitent aussi de l’opération « U libru a l’acqua ». Programme: cliquer sur l'image. Cette année les organisateurs du Festival de Collioure « Un livre à la Mer » rendent hommage à Antoine de Saint Exupéry (les puristes vous diront qu’il ne faut pas de tiret à Saint Exupéry), auteur célèbre du Petit Prince, ouvrage édité, après sa disparition, en 1953 et vendu à plusieurs dizaines de millions d’exemplaires et qui serait la deuxième plus forte vente après la Bible. C’est un des écrivains les plus lus du 20ème siècle en France et à l’Etranger. Qui ne se souvient pas de la dernière phrase de ce chef d’œuvre sur la solitude : « Ne me laissez pas tellement triste ! » Il était aviateur et s’est dans la mer, comme Mermoz et d’autres, qu’il a disparu en 1944. Dans l’ouvgare « Vol de nuit », il fait souvent référence à la mer pour transmettre des sensations, lui qui avait échoué au concours d’entrée à l’Ecole navale. C’est en faisant son service militaire dans l’armée de l’air qu’il découvre sa passion pour l’aviation. Chez cet auteur, on trouve le thème de l’universalité, ceux de l’amitié, de l’amour et de la mort. Etait-il un humaniste ou un idéaliste ? La question se pose encore chez les gens qui n’ont pas lu l’ensemble de son œuvre et qui se sont arrêtés sur quelques phrases de lui. Il a affirmé «la primauté de l’homme sur l’individu » en ajoutant «ma civilisation repose sur le culte de l’homme à travers les individus ». Chaque individu serait donc le dépositaire de ce que Saint Exupery appelle la dignité. Antoine de Saint Exupery avait son côté solaire avec notamment le Petit Prince : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux ». C’est à partir du Petit Prince que le dimanche 24 août, square Caloni à Collioure, Jean-Philippe Ravoux fera une conférence-débat sur le thème «donner un sens à la vie – Le Petit Prince – plus grand traité de métaphysique du 20ème siècle. » Tout le festival sera l’occasion d’assister à des lectures d’extraits de plusieurs œuvres d’Antoine de Saint Exupery et sans doute de dissiper (chez ceux qui le connaissent mal) les ambiguïtés notamment de «Terres des hommes » et de « Vol de nuit ». Je pense notamment à cette morale du sacrifice, de l’exemple, de la punition et de l’obéissance au chef notamment chez un personnage comme Rivière dans Vol de nuit. L’auteur lui fait dire en parlant de ses subalternes : « Ces hommes-là sont heureux parce qu’ils aiment ce qu’ils font et ils l’aiment parce que je suis dur. » Saint Exupéry fait appel surtout à la ferveur que provoque l’héroïsme. Face au Petit Prince, qui, avec ses boucles d’or, représente le côté solaire de Saint Ex, «se dresse le caïd de « Citadelle » dont se dégage –du granit noir- un profil inquiétant » De ce conte philosophique inachevé, on relève des phrases comme : Je vis non des choses, mais du sens des choses… L’ homme disait mon père, c’est d’abord celui qui crée… Dans Terres des hommes, il écrit : « Seul l’esprit, s’il souffle sur la glaise, peut créer l’homme. » En tant que Corse, enlevé le côté aristo d’Antoine de Saint Exupery , ce qui me touche chez lui c’est le côté Petit Prince, le coté poète… cet humanisme qui n’a rien à voir avec le cartésianisme : « On ne voit bien qu’avec le cœur ». Et peut-être aussi une partie de sa morale si je l’ai bien comprise. Peut-on parler de morale Nietzschéenne chez Saint Exupery ? Sans doute, si on fait référence à l’élan vital. Pour moi, la morale de Saint Exupéry tire sa conception de l’action à laquelle il a voulu donner une traduction littéraire. Elle subordonne chaque démarche au respect de la dignité humaine qui doit s’imposer à la conscience. L’aviation a été pour lui l’occasion de découvrir le sens des responsabilités ainsi que ses propres limites. Il a voulu enseigner aux hommes la vanité de leurs désirs, l’inutilité de leurs richesses matérielles en les orientant vers ce qui, pour lui, s’est avéré essentiel. Il ne parle pas d’être le surhomme d’une morale simpliste de l’héroïsme mais il a cru à l’action et à l’amitié soudée dans le danger. Pour lui, l’épreuve et le courage n ‘ont pas de valeur en eux-mêmes s’ils ne s’affranchissent pas du culte de l’individu pour s’intéresser à la communauté des hommes. Il a porté un jugement désabusé sur la guerre et contre ce qu’ils désignaient comme des «idoles carnivores »… « On peut déterrer les idoles de bois et ressusciter les vieux mythes qui ont, tant bien que mal, fait leur preuve, on peut ressusciter les mystiques du Pangermanisme, ou d’empire romain. On peut enivrer les Allemands de l’ivresse d’être Allemands et compatriotes de Beethoven. On peut en saouler jusqu’au soutier. C’est, certes, plus facile que de tirer du soutier Beethoven. Mais de telles idoles sont des idoles carnivores… Celui qui meurt pour le progrès des connaissances ou la guérison des malades, celui-là sert à la vie en même temps qu’il meurt. Il est peut-être beau de mourir pour l’expansion d’un territoire, mais la guerre aujourd’hui détruit ce qu’elle prétend favoriser. » Et il ajoutait : « Pourquoi nous haïr ? Nous sommes solidaires, emportés par la même planète, équipage d’un même navire. Et s’il est bon que des civilisations s’opposent pour favoriser des synthèses nouvelles, il est monstrueux qu’elles s’entre-dévorent. » Après cette modeste et très partielle présentation, si vous voulez découvrir ou redécouvrir Antoine de Saint Exupery, rendez-vous du 22 au 24 août à Collioure où trois jours lui seront consacrés.. On peut trouver dans l’œuvre de Saint-exupery, des personnages de polar. Lui-même avait une face noire et désabusée qui apparaît dans certaines de ses écrits, notamment, lorsqu’après un atterrissage forcé dans le désert, il nous parle de sa mort : « Je ne découvre plus rien en moi, sinon une grande sécheresse de cœur. Je vais tomber et ne connais point le désespoir. Je n’ai même pas de peine. Je le regrette : le chagrin me semblerait doux comme l’eau. On a pitié de soi et l’on se plaint comme un ami. Mais je n’ai plus d’ami au monde. Quand on me trouvera, les yeux brûlés, on imaginera que j’ai beaucoup appelé et beaucoup souffert. Mais les élans, mais les regrets, mais les tendres souffrances, ce sont encore des richesses. Et moi je n’ai plus de richesses. ». Le polar sera présent avec des dédicaces d’auteurs mais aussi avec un café littéraire sur le thème « La Méditerranée et le polar », le samedi à 19 heures square Caloni, avec Gilles Del Pappas et Gildas Girodeau qui ont honoré de leur présence les deux premières éditions du fastival corse et méditerranéen à Ajaccio. Publié le 14 août 2008 à 22:17
"Bois de l'enfance", écrit par Sophie Bureau qui a répondu à nos questions sans langue de bois: Nous avons rencontré Sophie Bureau, en juillet dernier, à la journée « Libri Aperti » organisée dans le beau village de Canari (Cap corse). C’est une auteure sympathique et en apparence plutôt calme. Elle vit dans la région parisienne et se trouvait en Corse pour ses premières dédicaces. Son ouvrage, « Bois d’enfance » édité par A Fior di Carta, mêle trois textes. Le premier "Bois d’enfance" est proustien et peut-être nostalgique. Il commence par « De l’enfance parfois restent une madeleine, un mistral gagnant, le parfum d’une tarte, une barbe à papa et autres choses. Moi, c’est le bois. » Au début était le bois ! Ne dit-on pas pour désigner les enfants qu’ils sont de la graine de bois de lit. Si la porte de la mémoire de la narratrice est de bois, la femme est de chair et donc sensible. Le second texte « La toile du temps » est court et poétique. Il commence ainsi : « Le moment est intense et fragile. Toute chose et tout être semblent si pleins du noir de la nuit qu’ils le sont tout autant d’une attente en suspens du bruit et de la vie» Une invitation à un voyage au bout de la nuit. Enfin le troisième «La fourmi et les cigales » est une adaptation fantastique de la fable. La narratrice, genre fourmi, s’offre des vacances en octobre dans un club au pays des cigales. Fatalement, elle se révolte! Vos gueules les cigales !… L’insecticide comme arme chimique d’extermination de masse ? Son plaisir à user de la bombe insecticide serait-il dû à des pulsions de meurtres qui n’épargneraient dans notre cosmos que les fourmis? … Un recueil de trois textes intéressants. Trois bons moments de lectures. Décidément, les Editions A Fior di Carta découvrent des femmes talentueuses qui écrivent des textes courts mais denses. Nous avions déjà annoncé les sorties de « Mystères d’âmes » recueil de nouvelles écrites par Martine Rousset et « La Vallée de Soummam », roman-témoignage écrit par Marie-Catherine Deville. Jamais deux sans trois ! Voilà Sophie Bureau avec « Bois d’enfance »dont la quatrième page de couverture nous dit : « Textes à priori sans relation les uns avec les autres… Du bois qui résonne à la mémoire d’une enfance, au temps sui hésite sur la marche à suivre, à la catastrophe du chef des hannetons, peut se poser la question de l’unité. Est-ce elle, celle qui raconte, l’unité ? Elle, comme tous les autres, prise dans les reliefs des rires et des pleurs et parfois particulièrement appelée par le besoin d’écrire ? Ou alors est-ce simplement lui : l’écrit ? Cet écrit qui souvent nous dépasse ferait ici l’unicité, tout rassemblé qu’il est lui-même dans ce petit recueil. » Interview de Sophie Bureau par Jean-Paul : Jean-Paul : Pourquoi, Parisienne, es-tu éditée chez un éditeur corse “A fior di carta” ? Sophie Bureau : D’abord, je voudrais préciser que je ne suis pas parisienne mais banlieusarde. Ca a une certaine importance dans la perception que les uns et les autres ont de l’espace en Ile de France. Un banlieusard ira facilement à Paris alors qu’un Parisien aura parfois du mal à venir en Banlieue. La banlieue pour lui représente une sorte de bout du monde, un lieu hors de ses frontières. En Ile de France, il y a aussi une différence entre le centre et la périphérie qui parle d’elle-même et qu’en tant que banlieusarde, j’ai intégré. Comme quoi la proximité géographique est parfois trompeuse. Tout ça nous conduit directement à ta question finalement, qui est aussi une question sur l’espace. Pourquoi un éditeur corse, pourquoi Jean-Pierre Santini ? Au début je pensais que c’était le fruit du hasard, le hasard des rencontres. Et puis finalement, si cela reste en partie vrai, j’ai un peu révisé mon jugement. Pour y avoir passé quelques moments, je me suis rendue compte que la Corse était très vivante au niveau culturel. Et je n’ai pas ressenti que cette culture appartenait à une “élite” comme cela peut se produire parfois en certain lieu, mais bien au contraire que les gens se l’appropriait et n’en étaient pas seulement les consommateurs. Peut-être cette dynamique culturelle favorise-t-elle la création de maison d’édition artisanale comme celle de Jean-Pierre Santini “A fior di carta” et des regards comme celui qu’il pose sur des écrits tels que les miens. Jean-Pierre Santini a cru en mon écriture et ça m’a fait y croire. Il a fait un vrai travail d’artisan, d’autant plus appréciable que je ne suis pas une Corse et que mes textes ne racontent pas la région. Si ce petit recueil existe, c’est grâce à tout ça, grâce à cette dynamique de taille humaine qui paraît exister en Corse et aussi grâce au regard que Jean-Pierre porte autour de lui et à sa façon d’agir sur cet alentour. Et puis, Internet change la donne, Internet rapproche. La Corse devient très proche avec cet outil, d’autant plus proche qu’à peu près tout passe par l’écrit et qu’il s’est bien de l’écrit dont il s’agit. Jean-Paul - Vous êtes trois auteures à avoir publié des textes courts chez cet éditeur en premier ouvrage. En ce qui te concerne, le texte court est-il révélateur de ta façon d’écrire ou plus généralement d’une façon toute féminine d’écrire, c’est à dire dans l’urgence de l’inspiration? Sophie Bureau : Oui, c’est vrai, pour l’instant je n’ai fait que quelques textes courts. A une période, j’ai écrit des poèmes, et à travers leurs brièvetés, j’ai vraiment ressenti l’urgence dont tu parles. Les textes courts, est-ce ma façon d’écrire ? Pour l’heure, il semblerait qu’oui. Ils me permettent de travailler différents styles et la construction d’une histoire, sa progression. Les textes courts sont vraiment bien pour ça. Et puis il y a une certaine jubilation à faire des pirouettes, à avoir des traits d’humour que le texte long admettrait peut-être plus difficilement. A y réfléchir, l’écriture de textes courts me donne une certaine assurance, une assurance sur laquelle je pourrais peut-être poser des histoires plus longues par la suite. En ce qui concerne l’inspiration, j’ai souvent remarqué qu’il y avait une sorte de construction silencieuse et interne qui se faisait avant l’écriture, comme si un ensemble de sensations se regroupait pour former “quelque chose”. Et puis au bout de ce travail interne, à un moment, il faut que je l’écrive et il faut que je le partage. La question du choix d’écrire ou non ne se pose pas, ça s’écrit, c’est tout. Après, “ça” se retravaille. Alors est-ce la particularité d’une écriture de femme ou s’agit-il de l’écriture en général, je ne sais pas. J’ai des idées de textes plus longs. On verra bien. Jean-Paul -A la question posée sur l’unité dans la quatrième de couverture, que réponds-tu avec le recul ? Est-ce celle qui raconte, l’unité ? Sophie Bureau : A cette question que j’ai posée en 4ème de couverture comme pour m’excuser auprès des lecteurs de la diversité des genres, je réponds avec le recul qu’à moi seule je suis plusieurs et que l’unité est peut-être un songe. D’autant plus un songe que j’aimerais bien explorer plusieurs voies, plusieurs types d’écritures, sans doute pour faire vivre les “plusieurs voix” qui sont en moi. Je dois sans doute avoir plus qu’une seule obsession. Mais c’est joli, quand même, un songe, non ? Jean-Paul - Dans le premier récit "Bois d'enfance", l'enfant imaginait des crimes. " La fourmi et les cigales" m'est apparue très révolté avec des envies de meurtres. As-tu songé à écrire de la Noire? Sophie Bureau : Pas pour l’instant, mais qui sait. J'aime bien les romans noirs, le côté râpeux des personnages. Peut-être qu'un jour je m'y lancerai, pourquoi pas après tout...? C'est vrai qu'avec tous les insectes que j'ai fait mourir dans "La fourmi et les cigales", ça pourrait faire un bon début. Mais il faut quand même remarquer que, s'il ne lui ait rien arrivé de grave, la fourmi est encore sûrement vivante. Jean-Paul - Quelle est ta dernière lecture ? Sophie Bureau : “La petite fille de Monsieur Linh” de Philippe Claudel. Et même si j’ai préféré “Les âmes grises” de lui, j’ai trouvé que ce livre était un modèle de simplicité, de cette simplicité qui mène sans détour à l’émotion. Jean-Paul - Quels ont tes projets littéraires ou plus généralement culturels? Sophie Bureau : Je viens de terminer deux nouvelles avec le même personnage principal que dans “La fourmi et les cigales”. Dans l’une des histoires, elle s’est inscrite à un site Internet de rencontres, “Rien d’impossible”, c’est le titre. Dans l’autre, elle est au travail. Celle-ci, je suis En train de peaufiner et je cherche encore le titre. Ce personnage a toujours ses gros sabots et cet humour assez particulier. Je l’aime bien. Elle me fait rire. C'est étrange, non ? Et puis, je suis aussi sur un autre projet. Il s’agit là de faire des “portraits de métro”. Ce peut être un personnage ou une situation, réels ou fictifs mais l’impératif est le suivant : écrire un portrait dans l’espace d’une seule feuille. En fait j’aimerais réussir à faire que ces portraits ressemblent à des photos, avec le ressenti qui va avec, bien sûr. J’ai d’autres idées, mais tant qu’elles ne sont pas en route ou réalisées... Dans son blog, Martine Rousset écrit : « Toute prête à penser que Sophie est une fille sérieuse, voire austère… Que nenni ! Mais alors que nenni de chez que nenni ! Une fois la carapace fissurée, une autre Sophie sort de la fêlure… La vraie Sophie. Une nana qui n’a peur de rien et surtout pas du regard des autres. J’aime les personnes qui se laissent aller à être eux-mêmes. Sans restriction. » Sophie et Martine nous invitent… Cons courrez ! Le con...cours de l'été a désormais une adresse et son blog. Initié par Sophie Bureau, le concours à la con consiste à trouver une belle carte postale et à écrire (derrière) le texte le plus abruti possible. Il suffit de l'adresser ensuite en Corse d'où Martine Rousset assure le relais avant mise en ligne : Le concours à la con : Le Concours de l’été Chez Martine ROUSSET 20230 PERO CASAVECCHIE. C'est une carte de Bavella signée Norbert qui a ouvert le bal. Vous avez jusqu'au dimanche 31 août à 23 h 33 pour participer et envoyer votre carte à Sophie. Blog de Sophie Bureau : http://riendimpocible.blogvie.com/ Blog de Martine Rousset : http://blog.ifrance.com/martine.rousset/80 Blog de Marie-Catherine Deville : http://blog.ifrance.com/marie-catherine2b Les éditions A Fior di Carta sont installées à Barrettali dans le Cap corse (Haute Corse). Les bulletins de commande peuvent être enoyés à l'adresse suivante: A Fior di Carta Editions Hameau Casanova 20228 Barrettali Téléphone: 0495 351 117 Courriel: jean-pierre.santini2@wanadoo.fr Publié le 26 mai 2008 à 16:43
Avant-première de la comédie "Madame Olivier" jouée par une troupe de Tchapacans
Debout : Daniel Gomez, Michel Jacquet, Médéric Gasquet-Cyrus, Michel Sanz, Gilbert "Tonton" Donzel, André de Rocca. Assis : Serge Scotto, Eva Magny, le chien Sausicsse. Que font-ils ? et Qui sont-ils ? Vendredi dernier 23 mai à Septèmes les vallons, la salle « Louis Aragon» de cette ville accueillante était pleine pour une représentation en avant première. Dans cette pièce de théâtre, les Tchapacans font un simulacre de procès à l'Académie de Marseille. Rapidement les rires ont éclaté et ont accompagné tout le spectacle donné par des acteurs qui, malgré ce public dissipé (mais à qui la faute ? …), s’en sont donnés à cœur joie, sans perdre le fil loufoque d’un procès déjanté. L’affaire s’annonçait pourtant grave puisqu’il s’agissait de l’honneur de Madame Olivier, victime d’une discrimination lexicale sous le prétexte fallacieux qu’elle vivait de ses charmes. L’Académie de Marseille a refusé sa présence dans le dictionnaire du parler marseillais. D’abord, il faut signaler qu’il n’y a aucun lien avec le procès Fourniret et aucune parenté avec la compagne du tueur en série. Mme Olivier est une Marseillaise pur sucre des raffineries Saint Louis dans les quartiers nord de la cité phocéenne. Malheureusement décédée, elle était désavantageusement représentée à la barre par ses deux enfants qui, adultes, n’en sont pas moins restés au stade freudien de polymorphes pervers. Le fils Olivier (Michel Sanz ), supporter de l’OM et voleur d'après-skis, n’est pas sorti d’une habituelle Pagnolerie mais a plutôt la tchatche du stade vélodrome et des cités populaires. La fille Olive ( Gilbert Donzel dit « Tonton », seul comédien déjà membre de la troupe célèbre Quartier nord) est une grosse cagole et une pouffiasse comme sa mère. Leur défenseur est un certain André de Rocca plus vrai que nature avec ses effets de manches incontrôlés. Notre trio va pousser au bord de la crise d’hystérie la présidente du tribunal automédicalisée( Eva Magny) et le policier chargé de l’enquête (Michel Jacquet ), frustré de ne pouvoir utiliser un botin sur la tête du fils Olivier et rendu dépressif par l’objet de sa mission. Le procureur de la république Serge Scotto, à cause de ses initiales, est affublé d’une moustache hitlérienne et apparaît comme le psychopathe de la bande avec ses tics et ses accents teutons. A côté de lui l’avocat de l’Académie de Marseille ( Daniel Gomez) s’évertue à placer des phrases qu’il espère d’anthologie avec l’accent pieds noirs, tout en citant sa grand-mère comme seule référence littéraire. Il ne manquait qu’un expert et c’est le linguiste Médéric Gasquet-Cyrus qui joue son propre rôle dans l’esprit de ce tribunal, c’est-à-dire la démesure, les quiproquos et les calembours qui s’enchaînent sans temps mort. Tous les acteurs ont contribué à une profusion de jeux de mots et de pantomimes hilarantes dans un exercice difficile puisqu’il leur fallait éviter les écueils de la vulgarité. Le temps est passé très vite avec, au bout, le risque d’une déchirure musculaire des zygomatiques pour ceux qui n’ont pas l’entraînement quotidien d’un Méridional. Début d’exégèse de l’expression "Mon vier, Madame Olivier ! " « On a trop souvent jeté l’opprobre sur mon vier : il est temps de redresser cette injustice. Sans faire de viers, justement (c'est-à-dire sans faire de chichis… quoique), parlons du vier. Certes, le mot désigne vulgairement la verge, le pénis, le membre viril, le vit, le…oui, le sexe masculin. Mais n’oublions pas que le vier fait aussi la joie des zoologues maritimes férus du vier marin. Ce dernier n’est en rien le muge d’un matelot, ni la verge d’un capitaine, mais bien une holothurie, cet échinoderme de forme allongée muni de ventouses sur la face ventrale et de papilles rétractiles sur la face dorsale. En provençal (langue qui aime bien les images), on l’appelle aussi councoumbre de mar voire chichi de mer. Restons dans la métaphore animalière avec le vier d’âne (en provençal vié d’ase) qui désigne de manière triviale l’aubergine (la merinjano), mais aussi le sexe masculin. Mistral signalait dans son trésor dou Félibrige que la locution sies qu’un vié de muou (« tu n’es qu’un vier de mule ») signifie « tu n’es qu’un imbécile »… et n’oublions pas le fameux vier d’ours ! Après ces allers-retours, revenons à mon vier, puisqu’on l’a souvent à la bouche, cette expression. L’interjection « mon vier ! », à juste titre considérée comme un juron, marque le faîte de l’exaspération et de l’énervement. « Mon vier ! » s’exclame le bricoleur mains de pàti, lorsqu’il se tanque le clou dans la main ; « mon vier ! » jure l’automobiliste marseillais, lorsqu’un piéton traverse au passage clouté, l’obligeant ainsi à ralentir de 10 km/h ; « mon vier, eh ! » tonitrue au bout du fil le client exaspéré de jongler aves les touches de son téléphone pendant qu’une voix pré-enregistrée lui dit : « Nous n’avons pas compris votre demande, veuillez taper sur * puis _ puis choix 1 ou -* choix 6 ou rappeler demain à partir de 9 heures… » ; « eh mon vier maintenant » gronde le chirurgien qui se rend compte qu’il vient d’oublier son i-Pod au fond de la panse de madame Gonzales, qu’il vient juste de recoudre… Quant à madame Olivier, elle en a vu passer, des viers ! Mon vier, madame Olivier ! est sans doute l’une des expressions marseillaises les plus authentiques… » (Propos de Médéric Gasquet Cyrus dans Marseille en V.O. octobre 2007) Nous ajouterons une galéjade : « Pourquoi les femmes devraient -elles se laver la bouche avec du "cif" ? La réponse est : Pour ne pas rayer les viers ». Donc, si un Marseillais vous dit « Mais quel gros vier ! », vous pouvez considérer à juste titre qu’il s’agit d’une insulte. Si un Marseillais vous dit : « Il n’y a pas de quoi en faire un vier », comprenez: "il n’y a pas de quoi en faire une histoire, un drame, une dispute". Par contre «mon vier, Madame Olivier !» est une interjection vulgaire marquant l'indignation, la déception, le refus, la méfiance, la colère. Cette interjection a une suite, je cite : " Mon vier madame Olivier, votre chien encule le mien et vous ne dites rien." On peut aussi rajouter : " Hé ! ça leur fait du bien". Le sujet sera défloré, sans huis clos, avec une tirade dite par Serge Scotto sur le fondement à 2 euros de l’outrage fait à Saucisse dans le rôle du chien violé. Dans le récit inachevé de Gustave Flaubert, Pécuchet disait que les animaux avaient aussi leurs droits, car ils ont une âme, comme nous, si toutefois la nôtre existe ? En 1978 fut proclamée à la Maison de l’Unesco la déclaration universelle des droits de l’animal. Tout naturellement Saucisse, le chien célèbre de Serge Scotto est venu témoigner dans le rôle de la victime car victime il y a, puisque l’expression «mon vier, Madame Olivier ! » peut se prolonger par «votre chien a enculé le mien… ». Finalement, ce sont les jurés qui auront le dernier mot, c’est-à-dire le public. Vendredi dernier, Mme Olivier est virtuellement entrée dans le dictionnaire du parler marseillais devant un parterre de connaisseurs. Espérons qu’il y aura de nombreuses voix (ou "voies") de recours… à condition de ne pas changer les acteurs de ce tribunal aux assises comiques. La comparution d’ un animal devant un tribunal ne fut pas toujours un sujet de comédie burlesque. En France, des procès ont été intentés à des animaux accusés d’un délit, un crime ou un dommage comme il l'aurait été à un être humain, en principe seul sujet de droit ou justiciable. Ainsi, au Moyen Âge et bien après, on condamna à la potence ou au bûcher des vaches, ou des truies. De même, l'Église étendit ses excommunications des hommes aux animaux : rats, mouches, sauterelles, taupes, poissons ; tout membre de la faune pouvait y succomber. Ainsi, en 1596, le port de Marseille fut obstrué, non pas par une sardine, mais par une quantité prodigieuse de dauphins. Le cardinal légat Acquaviva, qui habitait Avignon, délégua l'évêque de Cavaillon pour les exorciser. Le prélat partit sur-le-champ pour Marseille, se rendit au port et procéda à l'exorcisme en présence des magistrats et d'une foule énorme de curieux. Défense fut faite aux dauphins de rester dans le port. Les poissons se le tinrent pour dit et ne reparurent plus. Fornery, Histoire du Comtat-Venaissin. Le chien de Mme Olivier aurait pu ainsi tomber sous les Fourches Caudines de l’Etat ou de la religion. Aujourd’hui, il n’a valu à cette dernière qu’un refus académique qui fera un succès théâtral. Alors, nous disons un grand bravo et bon vent aux Tchapacans pour la prochaine saison théâtrale qui devrait les compter dans le programme de quelque grande salle marseillaise… En attendant, trois d’entr’eux sont retenus pour le festival du polar corse et méditerranéen, non pas pour les différencier des autres membres de cette troupe, mais parce qu’ils écrivent aussi des polars entr’autres talents dans leurs multiples vies. Le Samedi 5 juillet vers 18 heures, aux Ajacciens et aux gens de passage à Ajaccio, les polardeux comédiens André de Rocca, Michel Jacquet et Serge Scotto feront l’amitié de présenter sur la place Foch ( place des plamiers pour les Ajacciens) un extrait de la pièce sous la forme d’un sketch adapté à la circonstance et au lieu. Publié le 11 mars 2008 à 10:01
Jean Proal, ecrivain-poète "Et il y a de la poésie dans son œuvre. C'est essentiel… Elle est là avec des bonheurs d’expression extraordinaires, des délicatesses émouvantes et surtout une perception aiguë de la vie profonde que cachent les humains silencieux… Il prend le lecteur et ne le lâche plus. Son style simple fait corps avec l’atmosphère". ( Louis Brauquier ) ![]() Jean Proal, un romancier français qui mettait de la poésie dans ses écrits et dans sa vie. Il est né à Seyne-les-Alpes le 16 juillet 1904. Il écrit son premier roman Tempête de printemps à 28 ans. Des écrivains comme Max Jacob, Cendrars, Giono, Roger Martin du Gard, Marie Mauron... l'encouragent. Son œuvre se montera à une dizaine de romans et quelques autres récits ou entretiens. En 1950, il vient habiter Saint-Rémy-de-Provence où il se nouera d'amitié avec Aragon et des peintres tels que Hans Hartung, Mario Prassinos... Il reçut le Grand prix du roman de la société des gens de lettres pour De sel et de cendre en 1953 et fut Premier grand prix de Provence pour l'ensemble de son œuvre en 1961. Par une écriture sobre, il voulait être : "un raconteur d'histoires humaines pour faire rêver les hommes. En somme être le prisme qui décompose la lumière." A ses derniers instants en 1969, il écrivait ces mots : « C'est la lumière qui me fait respirer». Jean Proal fut un homme de nature effacée et modeste, peu enclin à se faire valoir – ce qui ne favorisera pas son succès et surtout sa célébrité durable… Son écriture a été saluée par Louis Brauquier : « Il y a de la poésie dans son œuvre… Elle est là avec des bonheurs d’expression extraordinaires, des délicatesses émouvantes et surtout une perception aiguë de la vie profonde que cachent les humains silencieux… Il prend le lecteur et ne le lâche plus. Son style simple fait corps avec l’atmosphère. » A la question « Pourquoi conserver la mémoire? » il a répondu : « C'est pour eux, c'est pour ma race, c'est pour ces durs paysans dont je regarde souvent la photo jaunie et qui sont les parents de mon père, ces durs paysans de la dure montagne, c'est pour mon grand-père le maçon, pour les ménages et les lessives que ma grand-mère allait faire chez les autres, c'est pour ceux-là que je n'ai pas connus: les paysans, les maçons, les cordonniers, les journaliers, tous ceux dont le sang a fait mon sang. C'est pour la peine sans gloire et sans profit qu'ils ont tiré toute leur vie obscure, c'est pour leurs mains crevassées, pour leurs yeux fatigués, pour leur échine endolorie. » Jean PROAL - Journal , 30 décembre 1935 En 1995 les Editions de l'Envol à Mane, en Provence, ont entrepris de rééditer l'œuvre injustement oubliée de Jean Proal, essentiellement les romans qu'il avait publiés chez Denoël entre 1932 et 1948. Cette belle initiative n'a pas eu le succès escompté et les Editions de l'Envol ont dû déposer leur bilan. En mai 1998 a été fondée à Mane une Association des Amis de Jean Proal, qui a fait l'effort de racheter une importante partie du stock des éditions de l'Envol menacé de mise au pilon. Cinq titres sont désormais disponibles à leur adresse : amis.jean.proal@orange.fr. Pourquoi conserver la mémoire de Jean Proal ? L’association des Amis de Jean Proal , qui a publié un premier bulletin, répond en présentant une biographie complète de l’écrivain à l’adresse ci-dessous : http://www.litterature-lieux.com/EsMaker/index.asp?Clef=26&Page=1 Dans cette biographie, Louis Brauquier dit encore : « L'œuvre de Jean Proal est d'une qualité exemplaire. » ![]() La revue "JEAN PROAL, une écriture saisissante" propose, dans un entrecroisement constant, la présentation de la vie et de l'œuvre de l'auteur. Le bulletin n°1 "JEAN PROAL, une écriture saisissante" est disponible à l'association. Publication par l'association, et écrit par Anne-Marie Vidal & Paul Peyre. Il est à 8 € pour les adhérents, 10 € pour les autres acquéreurs En cas d'envoi, ajouter 1,50 € Chèque à l'ordre des "Amis de Jean Proal" Les titres disponibles des ouvrages de Jean Proal sont : ![]() Tempête de Printemps : Ce premier roman publié de Jean Proal , en 1932 par Denoël, fait partie du triptyque le " Maître du jeu " . L'écriture audacieuse restitue la singulière énergie torrentielle de la jeunesse, ses légèretés, ses tourments . À hauteur d'homme, sa suite… [Pour Tempête de Printemps, vous pouvez aller voir le journal de l’éditeur Robert Denoël – année 1932 à l’adresse ci-dessous: http://www.thyssens.com/01chrono/chrono_1932.php ] ![]() Montagne aux solitudes : Paru chez Denoël en 1944 cet ouvrage est le récit, sous forme de journal, d'un amour contrarié qui nous conduit des forts de la rade de Toulon à Moustiers et la forêt d'Aups . Revient le thème récurent de la solitude, cette " solitude qui a fait le mal ". ![]() De sel et de Cendre : Roman d'un douloureux et lucide amour secret, mais également roman de la Camargue, brûlante, âpre, où bêtes et gens doivent se battre pour gagner leur place au soleil . Paru chez Julliard en 1953 et couronné du grand prix du roman de la société des gens de lettres, l'ouvrage, vite épuisé, était devenu introuvable . ![]() Histoire de Lou : Paru en 1995 chez Gallimard, cet hymne à la nature, la beauté, l'amour, plein d'humour, aux résonances subtiles d'une philosophie écologique tempérée, occupe une place particulière dans l'oeuvre de l'écrivain, oeuvre qui vit le jour grâce au soutien que ne cessa de lui prodiguer Jean Giono : " la source est bonne et l'eau est claire " . Prix : 10 euros + Frais d'envoi (chèque à l'ordre de l'Association des Amis de Jean Proal) Les adhérents bénéficient de 20% de remise sur les rééditions de Jean Proal rachetées par l'Association. On peut trouver en cherchant bien : ![]() Suite montagnarde : Paru en 1948 aux éditions Denoël, ce recueil de nouvelles est un hommage sobre et envoûtant à un bout de territoire niché dans les Alpes, ce pays où l'on "voyait s'arrêter les transhumants". Mêlant à la fois le récit, l'essai et des fragments de journal, Suite montagnarde s'attache à percer l'intimité de l'âme de ces citoyens exilés au bout des horizons, entre ciel et roche, entre pente et glace. La rudesse des sentiments, la solitude des hommes, la lutte "d'égal à égal" avec les bêtes, le bonheur de chasser la truite, des souvenirs précis d'enfance sont autant de dialogues silencieux et de traces invisibles qui guident le lecteur à travers les secrets d'un monde retiré. Attentif aux choses, Jean Proal dit d'une voix simple et authentique la peine et la joie, l'agonie et la jouissance d'habiter cette contrée -cette matrice- aux pouvoirs presque ensorcelants. Éditions de l'Envol ![]() S'ARRÊTER un moment avec Jean PROAL, Petit collectif autour de Jean Proal : Paul-Louis Bessy, Vincent Girard, Jacques Moulin, Jean-Yves Vallat, Anne-Marie Vidal, Jean-Paul Zuanon ... L’avis éclairé d’une lectrice sur l’auteur : Lettres (extraits) de Fanny Dechanet-Platz ( chercheuse et universitaire) adressées à Madame Anne-Marie Vidal, Présidente de l'association des"Amis de Jean Proal" : Pour "saluer Jean Proal" Je suis en train de finir Tempête de Printemps. C'est sans aucun doute l'un des plus beaux textes que j'aie lus sur l'adolescence et qui me fait penser à cette phrase de Proust dans les Jeunes filles : "L'adolescence est le seul temps où l'on ait appris quelque chose." Je suis surtout frappée par l'économie et la puissance (l'une s'alimentant de l'autre d'ailleurs, et le premier terme n'étant pas du tout péjoratif...) de l'écriture de Proal dans ce texte. Tant la forme de cette écriture que le fond. Les phrases sont simples, mais les mots choisis, ajustés. Ils frappent dans le mille. Quant à la peinture des hommes et de leurs luttes, je crois que c'est là que s'exprime le mieux cette puissance, le caractère torrentiel des sentiments, des rêves, des aspirations qui emportent toutes les convictions et les conventions sur le passage, transforment, transfigurent et finalement fondent l'être. Je vais poursuivre ces lectures avec vraiment l'impression de pénétrer une terre, un espace nouveaux. Je regarde les montagnes qui m'environnent différemment, je vous assure. Et elles me renvoient à l'homme. Je me dis d'ailleurs que ces montagnes dont parle Proal, le Pic, les travaux des champs, la cueillette de la lavande, tout, sans cesse, renvoie à l'homme, parle de l'homme, de ses exigences, de son exigence envers lui-même, de cette "hauteur d'homme" à laquelle on se mesure en toute circonstance. Sylvain se bat bien plus contre lui-même, à l'intérieur de lui-même (comme au début, lors de la périlleuse ascension) que contre les gendarmes, ses parents ou l'homme de la fête. Il se mesure. Il prend la mesure de lui-même. Et la présence de la montagne, peut-être, sa colossale et tranquille majesté, mais en même temps sa domination indubitable, rendent le défi plus difficile à relever. Cantonner Proal à l'étiquette d'un écrivain "régionaliste" paraît ainsi un contresens terriblement réducteur. C'est ne pas percevoir le sens du texte, qui est bien plus émotionnel, sensitif, intuitif, qu'intellectuel, me semble-t-il, et peut-être est-ce pour cela que certaines personnes n'y sont pas "sensibles". Les sentiments, les caractères sont traités par un poète et non par un romancier qui analyserait une situation ou des personnages. Ils sont donnés "en masse", "en bloc", "dans le vif". C'est ce qui me rend cette écriture bien plus chère. Je voulais vous écrire plus longuement d'abord pour vous dire mon enthousiasme à la lecture de Proal. Je suis très très profondément touchée par les deux premiers volumes, dont je vous avais déjà parlé, mais aussi par Les Arnaud, qui est de la même trempe. Firmin, Nore et Noël sont extraordinairement attachants. J'ai été soufflée par la première partie car on s'attend à la mort de Nore dès la première page et sa petite vie fragile nous tient en haleine pendant la moitié du livre! Tout le combat qui se livre dans la tête et dans le coeur de Firmin à propos de la route, visible seulement dans son espionnage des piquets, son refus ensuite de voir les ingénieurs travailler, le déplacement du piquet au pied de son arbre, et finalement, une forme d'acceptation revancharde avec les barrières de bois blanc, revanche balayée parce que la route ne se fera pas... tout ce combat est bouleversant. Je viens d'une famille de paysans, du côté de mon père, mon grand-père avait une ferme dans l'est de la France : je vous assure que je connais des visages qui auraient pu être celui de Firmin ! J'ai aussi beaucoup aimé Montagne aux solitudes parce qu'il réagence des thèmes présents dans les autres romans, mais d'une autre manière, notamment avec le motif des tableaux, qui disent ce que l'introspection n'a pas encore trouvé, avec le motif du journal qui fait jaillir le récit du personnage et lui donne sa consistance au moment même où il la cherche (c'est en quoi il m'a un peu fait penser à certains textes de Bosco). Et toujours cette absence de complaisance, cette adhésion des personnages à 100% avec eux-mêmes, sans compromission. J'ai poursuivi mes lectures (Les Arnaud puis Montagne aux solitudes) et j'ai commencé hier Histoire de Lou. Comme vous voyez, toujours dans "l'ordre", même si je perçois bien les différences de style. Que vous dirais-je ? C'est magique ! Les trois premiers romans me renvoient à quelque chose de très personnel (je dirai de très "familial") dans leur dureté, le rapport à la terre, le silence des êtres. Il y a en revanche quelque chose de bosquien dans Montagne aux solitudes, mais coupant, âpre. On retrouve Bosco avec le motif du journal intime, de l'écriture à la recherche d'un sens notamment. Et l'origine de Jean, le personnage de son père font un peu penser aux Caraques de Bosco. Histoire de Lou (mais je n'ai lu qu'une trentaine de pages) m'a immédiatement fait penser à Giraudoux. La veine poétique et l'humour sont ceux d'Intermezzo, par exemple. J'aime énormément et je veux défendre ces textes. [Fanny Dechanet-Platz] SITE DE L’ASSOCIATION : http://www.litterature-lieux.com/amis-jean-proal BONUS : Si vous voulez faire des recherches sur des auteurs et des parutions au temps de Robert Denoël, vous avez un index sur le site du journal de l’Editeur à l’adresse suivante : http://www.thyssens.com/01chrono/xchrono.php |
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