Bonavinuta!
Bienvenue sur le blog Corse noir'soeur de vos nuits blanches
Blog non agressif et sans arrière-pensée. ..
Des articles après le Blog perso....
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RE NDEZ-VOUS:
- 5 décembre 2009, Salon Culture et écriture Institut Perrimond Roucas Blanc Marseille 7ème
- Les 20, 23 et 24 décembre 2009 Cultura La Valentine Marseille
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CHANTS CORSES: Pas de lien MP3 mais de l'écoute en ligne aux adresses ci-dessous...
Radio Alta Frequenza
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Radio Voce Nustrale
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Le 1er juin 2009 à 22H15 .... 200.000ème visiteur I
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Les dix droits imprescriptible s du lecteur ( édictés par Pennac dans son ouvrage "Comme un roman")
1°/ Le droit de ne pas lire.
2°/ Le droit de sauter les pages
3°/ Le droit de ne pas finir le livre
4°/ Le droit de relire.
5°/ Le droit de lire n’importe quoi.
6°/ Le droit au Bovarysme (maladie textuellement transmissible…)
7°/ Le droit de lire n’importe où.
8°/ Le droit de grappiller.
9°/ Le droit de lire à haute voie.
10°/ Le droit de nous taire.
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A dopu!
A plus tard!
Publié le 25 février 2008 à 10:13
Par flicorse
l’Islam de Boualem Sansal et la difficile tolérance.
 Avertissement : Les ouvrages que nous vous présentons n’ont pas pour objectif d’alimenter le racisme et la xénophobie (bien au contraire) mais d’informer sur une compréhension mutuelle des questions soulevées à tout démocrate par les fanatismes religieux ou non.
Boualem Sansal et le Village de l'Allemand:
Boualem Sansal, né en 1949, vit à Boumerdès près d'Alger. Ingénieur de formation, docteur en économie, tour à tour enseignant à l'université, chef d'entreprise, puis haut fonctionnaire, il entre en littérature grâce à son amitié avec l'écrivain Rachid Mimouni, qui l'incite à écrire. En 1999, Gallimard publie son premier roman, Le Serment des barbares, salué par la critique. En cinq romans, il est devenu l’un des écrivains algériens d’expression française majeurs. Aux éditions Gallimard, Vient de sortir ce cinquième roman : " Le village de l’Allemand ". Tiré d’une histoire authentique, ce roman est plus que dérangeant : Deux frères d’une cité dite sensible de la région parisienne ont été élevés par une mère algérienne et un père allemand. L’un des deux, Rachel, réussit comme cadre dynamique bien intégré dans la société tandis que l’autre, Malrich, connaît la galère de la plupart des gosses de banlieues pauvres. Les deux frères ont 14 ans de différence d’âge et suivent des voies qui les éloignent l’un de l’autre jusqu’au drame familial : les parents sont égorgés en 1994 par des terroristes du GIA dans le village d’Aïn Deb, près de Sétif. Par la suite, Rachel, l’aîné, se suicide en laissant un journal dans lequel il dévoile le secret de famille : leur père Hassan Hans, alias " Mourad " , devenu un chef de village et Moudjahid, est un nazi, le Hauptmann SS Hans Schiller qui a sévi dans des camps d’extermination. Il a échappé à son arrestation et s’est réfugié au moyen-orient où il a refait sa vie et est devenu un conseiller du " FNL ". Au delà de l’assassinat horrible de ses parents, Rachel n’a pu supporter la révélation du passé et de la vraie personnalité de son géniteur, parce que " Se découvrir le fils d’un bourreau est pire que de l’avoir été soi-même ". Il se suicide pour expier les fautes de son père. Le cadet, Malrich, passe sous la coupe de ceux que l’auteur compare aux Nazis : " Ils est trop tard, les Islamistes sont là, bel et bien incrustés et nous poieds et poings liés. S’ils ne nous exterminent pas, ils nous empêcheront de vivre. Ils feront de nous nos propres gardiens… Nous espérons des Kapos ". Voilà un auteur qui ne manque pas de courage, lorsque l’on sait qu’il vit à Boumerdès, près d’Alger. Il aborde le thème du fanatisme religieux sans concession. Vous trouverez une interview en vidéo à l’adresse ci-dessous :
http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/index.php?id_video=2590
 Le Village de l’Allemand : Présentation du livre par l’éditeur " Basé sur une histoire authentique, le roman propose une réflexion véhémente et profonde, nourrie par la pensée de Primo Levi. Il relie trois épisodes à la fois dissemblables et proches : la Shoah, vue à travers le regard d'un jeune Arabe qui découvre avec horreur la réalité de l'extermination de masse ; la sale guerre des années 1990 en Algérie ; la situation des banlieues françaises, et en particulier la vie des Algériens qui s'y trouvent depuis deux générations dans un abandon croissant de la République. Sur un sujet aussi délicat, Sansal parvient à faire entendre une voix d'une sincérité bouleversante. "
 Le Serment des barbares : " Le roman de Boualem Sansal s'ouvre sur une grande et puissante description de la petite ville de Rouiba, non loin d'Alger. Là, comme partout en Algérie, on peut mesurer la métamorphose des villes et la métamorphose des hommes que ces trente dernières années ont transfigurés tragiquement. Après trente ans justement, Abdallah, un modeste ouvrier agricole parti travailler en France, de retour enfin au pays, ne reconnaît plus ni la terre, ni les siens. "J'ai laissé un paradis, je retrouve un enfer", confie-t-il à son frère. Absent au monde, ressassant les souvenirs d'une période heureuse où il travaillait au service des colons, Abdallah l'incompris, le marginal, se retire dans une vieille bicoque, à la sortie de la ville, près du cimetière chrétien. Un jour, on le retrouve assassiné. À ses côtés, un autre homme a été tué. Il s'agit de Si Moh, une sorte de petit parrain local, l'antithèse complète d'Abdallah. Larbi, un vieil inspecteur qui tente d'éviter comme il le peut toute forme de corruption, mène l'enquête. Le Serment des barbares est un roman unique sur l'histoire de l'Algérie. Amer et désenchanté, Boualem Sansal brosse un portrait et une histoire sans concession de son pays. Mais aussi critique soit-elle, cette vision est supplantée par une langue poétique et passionnée, l'attachement indéfectible de l'auteur à son pays natal s'y lit à chaque phrase. Le Serment des barbares a reçu en 1999 le prix du Premier Roman ". –- commentaire de Denis Gombert
 Dis-moi, le paradis : Présentation de l'éditeur Au Bar des Amis, sur les hauteurs de Bab el-Oued, on discute beaucoup. On y refait le monde en général, et l'Algérie en particulier. Le patron, Ammi Salah, ancien fellagha revenu de tout, accepte que son établissement se transforme chaque jour en agora tapageuse. Chacun a son histoire à raconter, sa vision de l'avenir ou du passé à faire valoir ou à inventer. De ces tonitruantes controverses émerge plus particulièrement l'histoire de Tarik, l'un des habitués, médecin dans un hôpital d'Alger. Tarik raconte comment il a récemment traversé l'Algérie en compagnie de deux de ses cousines, revenues de l'étranger pour aller voir leur mère mourante dans le sud du pays. Un personnage mystérieux incarne le désarroi du peuple algérien : c'est un enfant mutique recueilli en route par Tarik, qui garde les yeux grands ouverts sur un passé indicible. Le voyage permet à Tarik de dresser un inventaire de l'Algérie contemporaine, entre farce et cauchemar, et son récit autorise les ivrognes volubiles du Bar des Amis à déployer leurs précieux commentaires. On retrouve ici la verve rabelaisienne de Boualem Sansal, ses critiques cinglantes ou cocasses, son exceptionnelle vitalité littéraire.
Quatrième de couverture " De Trotsky à Malraux, aller et retour, en passant par Jospin, via Freud, Adler, Fraenkel, Sperber... M'autorisant ces échappées belles, promenades et flâneries, je ne voudrais pas laisser croire que tout se tient. C'est plutôt que les vies nous disent aussi ce qui circule, souterrainement, des uns aux autres, l'inconscient des parcours et des pensées, les liens obscurs des époques et des individus, la magie des idées surtout. Entre fleuves et ruisseaux, je m'efforce de suivre ces courants-là qui, d'ordinaire, ne se donnent pas à voir. "
 L’enfant fou de l’arbre creux " Pour Boualem Sansal, "on ne parlera jamais assez dans les siècles à venir" du pénitencier de Lambèse, en Algérie. Après une rapide esquisse du passé de l'établissement, chargé de journées toutes aussi absurdes et violentes, l'auteur nous entraîne en l'an de grâce 1995. L'on y assiste aux dialogues incessants entre deux condamnés à mort : Pierre Chaumet et Farid. Chacun s'y raconte et donne les raisons qui l'ont conduit en prison. Si le Français, venu en Algérie pour y retrouver sa mère inconnue, est accusé d'avoir découvert des racines outrageusement profondes à la guerre d'indépendance, l'Algérien, lui, vaut son internement à ses actions islamistes. À travers ces deux destins, Boualem Sansal dit sans peur, loin des clichés, le paysage algérien d'hier et d'aujourd'hui. Le poste de haut fonctionnaire qu'occupe l'écrivain lui confère la distance et la clairvoyance nécessaires pour parler de l'Algérie. Le Serment des barbares (1999), son précédent et premier roman, osait la même audace, à travers une langue déjà truculente et baroque, soucieuse de dire le vrai. "--Laure Anciel
Présentation de l'éditeur: Dans le sinistre bagne de Lambèse, en Algérie, de nos jours, deux détenus condamnés à mort dialoguent : un français, Pierre Chaumet, et un algérien, Farid. Pierre est né en 1957, à Vialar (aujourd'hui Tissemsilt). Revenu clandestinement en Algérie afin de retrouver sa mère, qui l'a abandonné à sa naissance, il a découvert un pays qui n'en finit pas de vivre avec ses fantômes. Il a découvert, surtout, des vérités dangeureuses sur certains aspects de la guerre d'Indépendance. Farid, lui, a participé aux atrocités commises par les islamistes ou par ceux qui les ont cyniquement utilisés.
 Harraga : Présentation de l'éditeur Une maison que le temps ronge comme à regret. Des fantômes et de vieux souvenirs que l'on voit apparaître et disparaître. Une ville erratique qui se déglingue par ennui, par laisser-aller, par peur de la vie. Un quartier, Rampe Valée, qui semble ne plus avoir de raison d'être. Et partout dans les rues houleuses d'Alger des islamistes, des gouvernants prêts à tout, et des lâches qui les soutiennent au péril de leur âme. Des hommes surtout, les femmes n'ayant pas le droit d'avoir de sentiment ni de se promener. Des jeunes, absents jusqu'à l'insolence, qui rêvent, dos aux murs, de la Terre promise. C'est l'univers excessif et affreusement banal dans lequel vit Lamia, avec pour quotidien solitude et folie douce. Mais voilà qu'une jeune écervelée, arrivée d'un autre monde, vient frapper à sa porte. Elle dit s'appeler Chérifa, s'installe, sème la pagaille et bon gré mal gré va lui donner à penser, à se rebeller, à aimer, à croire en cette vie que Lamia avait fini par oublier et haïr.
Il faut citer aussi :
 Poste restante - Alger : Lettre de colère et d'espoir à mes compatriotes - Présentation de l'éditeur : " En France, où vivent beaucoup de nos compatriotes, les uns physiquement, les autres par le truchement de la parabole, rien ne va et tout le monde le crie à longueur de journée, à la face du monde, à commencer par la télé. Dieu, quelle misère ! Les banlieues retournées, les bagnoles incendiées, le chômage endémique, le racisme comme au bon vieux temps, le froid sibérien, les sans-abri, l'ETA, le FLNC, les islamistes, les inondations, l'article 4 et ses dégâts collatéraux, les réseaux pédophiles, le gouffre de la sécurité sociale, la dette publique, les délocalisations, les grèves à répétition, le tsunami des clandestins... Mon Dieu, mais dans quel pays vivent-ils, ces pauvres Français ? Un pays en guerre civile, une dictature obscure, une République bananière ou préislamique ? A leur place, j'émigrerais en Algérie, il y fait chaud, on rase gratis et on a des lunettes pour non-voyants. "
 et Petit éloge de la mémoire : Quatre mille et une années de nostalgie - Présentation de l'éditeur : " C'est le plus lointain, celui que j'aime à explorer, qui me donne le plus de frissons. Ecoutez-moi raconter mon pays, l'Egypte, la mère du monde. Remplissez bien votre clepsydre, le voyage compte quatre mille et une années et il n'y a pas de halte. Jadis, en ces temps forts lointains, avant la Malédiction, j'ai vécu en Egypte au pays du Pharaon. J'y suis né et c'est là que je suis mort, bien avancé en âge... "
La philosophe Cynthia Fleury :
Cynthia Fleury est Research Fellow et Associate Professor à l'American University of Paris ( School of Government ). Ses travaux portent sur les conduites entropiques des démocraties, les outils de régulation démocratique et de gouvernance publique. Dans le cadre du CNRS (UPS 2262), ses travaux portent sur l'impact des nouvelles technologies de l'information et de la communication sur la définition des enjeux et des dispositifs démocratiques, ainsi que sur la refonte d'une théorie du politique dans le cadre d'une théorie de la communication. Elle est Maître de Conférences à l'IEP ( Institut d’Etudes politiques) de Paris. Sa conférence porte sur les " Principes, les Pratiques et les Pathologies des démocraties adultes " (Enjeux Politiques) et l'usage perverti ou rénové des fondamentaux démocratiques. Elle a publié plusieurs livres dont Dialoguer avec l'orient, (2004, PUF), Les pathologies de la démocratie (Fayard, 2005) et Imagination, imaginaire, imaginal (PUF, 2006). Elle est Conseiller scientifique du programme " Cap sur la diversité ", " programme départemental de communication, de formation et de réflexion pour une politique active d'intégration et pour l'égalité ".
 Difficile tolérance Un ouvrage en collaboration avec Charles Zarka : Ce traité sur la tolérance, qui occupe la plus grande partie de l'ouvrage, est suivi d'une réflexion critique de Cynthia Fleury qui porte sur les rapports entre l'Occident et l'Islam. Difficile tolérance se termine ensuite par un entretien entre les deux auteurs qui reprennent les principaux éléments de leur réflexion pour évaluer avec le lecteur l'applicabilité du concept de " structure-tolérance " dans le contexte de la France actuelle et, de façon moins spécifique, dans les autres démocraties constitutionnelles. Dans son essai, " La crise contemporaine de la tolérance : Islam ou Occident ", qui constitue la deuxième partie de Difficile tolérance, Cynthia Fleury s'engage dans la tâche d'interroger la tradition arabo-musulmane sur la notion de tolérance. Elle se livre donc, dans cette perspective, à un travail de déconstruction idéologique de certaines croyances islamistes. Cynthia Fleury affirme que l'Islam n'a pas pu penser la tolérance alors que dès l'Hégire les pays arabo-musulmans se trouvaient dans une situation plurireligieuse voisine de celle de l'Europe au moment des guerres de religion. L'altérité ne peut pas exister pour l'Islam qui pense plutôt en termes de territoires, de domaines, de maisons : 1. la maison du frère, c'est-à-dire du même, dâr al islam, on y retrouve la famille, le clan, la tribu et 2. la maison de l'ennemi, dâr al harb, la maison de celui qui ne fait pas partie de dâr al islam. Le devoir de défendre ce domaine contre celui qui n'en fait pas partie c'est le jihad. Bien que la distinction des dâr ne se trouve littéralement ni dans le Coran ni dans la Sunna, elle demeure " indiscutée pendant de longs siècles " et la fracture qu'elle sous-entend fonde les scissions politiques et culturelles que l'on connaît. […] Tant que les dénominations de dâr al islam et de dâr al harb prévalent, l'éternité du jihad est obligatoire et la " guerre permanente " lui est indissociable. Cynthia Fleury considère par ailleurs que la dhimmitude souvent évoquée comme étant la forme qu'a pu prendre la tolérance chez les musulmans ne correspond aucunement à ce que l'Occident entend par tolérance. Le statut de dhimmî a été aboli en 1839 par un décret impérial ottoman, l'édit de Gülhane, mais il a perduré au-delà de cette date de façon officieuse. L'étranger, le vaincu, qui vivait dans le monde musulman d'avant 1839 était " protégé " par son statut de dhimmî. Ses vêtements et le type d'impôt qu'il devait payer le distinguaient du reste de la communauté. Protégé ou persécuté, ce qui semble certain c'est qu'il n'avait pas un statut de " citoyen " à part entière. Le dhimmî n'était pas un frère, mais il ne pouvait pas non plus être un ami parce que dans la perspective islamiste Dieu seul est l'ami. Dans ce contexte idéologique de l'Islam, la séparation des sphères privée et publique, du religieux et du politique ne peut pas non plus avoir lieu. Aucune religion n'est par essence tolérante, mais l'Islam, historiquement et pour des raisons idéologiques, n'a pas pu penser la tolérance. Après avoir voulu, dans son essai, mettre à l'épreuve le concept juridico-politique de " structure-tolérance ", elle se joint à Yves Charles Zarka pour échanger sur " l'applicabilité " de ce nouveau concept. Les deux auteurs tiennent des propos inquiets sur les perspectives de résolution des tensions actuelles entre l'Occident et l'Islam, celles qui ont cours en France plus particulièrement. Mais tout en réaffirmant avec vigueur les valeurs et les principes de la démocratie, cet entretien est aussi une occasion de prendre position contre une certaine tendance actuelle à la négociation et au compromis au sein de pays régis par une constitution libérale.
 Dialoguer avec l’Orient : " Le dialogue se serait-il rompu ? A-t-il d'ailleurs jamais réellement existé ? Nous vivons dans un monde divisé, ayant fait le deuil de l'idée de fraternisation universelle, toujours prompt à penser un usage territorial des concepts, l'irréductibilité des idéologies et les cultures en termes de " frontiérisation " indépassable. Or, pour modifier le contexte " sinistré " des relations de l'Occident avec l'Orient arabo-musulman où la concurrence des hégémonismes et l'intransigeance des volontés de domination prévalent de part et d'autre, pour redéfinir un horizon possible de la réconciliation, le " dialogue " est nécessaire. Sans doute, un nouveau dialogue, un dialogue à inventer ou à réinventer, peut-être à rénover. C'est en faisant " retour " à la Renaissance que l'on se propose de chercher des schèmes de dialogues permettant de s'articuler, de façon critique et généreuse, au monde contemporain, et d'inventer un nouveau rapport entre Orient et Occident. Ce " retour " n'a rien de passéiste. Il est au contraire une modalité de " réouverture " du dialogue avec l'Orient et la possibilité de lui découvrir une " mémoire ". Contre l'absence et l'oubli du dialogue actuels et la déchirure civilisationnelle, la reformulation de nos héritages communs semble l'unique ligne de fuite indépassable.
Cynthia Fleury participe à de nombreux travaux collectifs et à diverses revues dont " Cités " :
 Hors série : L'Islam en France : Soixante-dix intellectuels prennent la plume pour appeler les musulmans de France à une "critique radicale" de leur vision du monde, dans un livre intitulé "L'Islam en France". Cette somme d'informations et recherches sur la communauté musulmane française, le Coran et les contextes historiques dans lesquels l'islam s'est développé, le discours et les méthodes actuelles des islamistes, devrait rapidement s'imposer comme un ouvrage de référence. C'est également un livre de combat, qui offre tous les outils intellectuels pour la réaffirmation des valeurs républicaines mises à mal par les intégristes musulmans, et leurs thuriféraires, plus ou moins conscients. Les trois concepteurs de L'Islam en France, Yves-Charles Zarka, directeur de recherche au CNRS, la philosophe Cynthia Fleury, également chercheuse au CNRS, et l'écrivain Sylvie Taussig ont sollicité quelque soixante-dix intellectuels – démographes, sociologues, philologues, anthropologues, historiens, islamologues, philosophes des religions.. Dix Questions soulevées sur l'Islam en France : Un étrange secret : combien y a-t-il de musulmans en France ? - Le Conseil français du Culte Musulman : une solution ou un problème ? - Les territoires conquis sur la République - L'islam en trompe l’œil : presse, radio, télévision, Internet - À la recherche de l'identité perdue - Les femmes : infériorité et oppression - Les frontières du culte - L'argent de l'islam - Stratégies d'islamisation vers un islam européen ? - Islam : vers une phase critique ?
Rappel : A la fin, il s’agit de s’interroger sur la " difficile tolérance " et les " dérives fanatiques ". Boualem Sansal est un démocrate. Cynthia Fleury est philosophe et chercheuse. Toute utilisation de leurs écrits à des fins racistes et xénophobes serait une incompréhension de leur sens ou un abus malveillant.
 Nous terminerons notre article en recommandant la revue « Fora ! La Corse vers le monde » dont la deuxième parution porte le titre : Corse et Maghreb, côte à côte. Un titre rappelant les paroles du philosophe corse, Jean-Toussaint Desanti : « effacer la mer qui nous sépare et nous engloutit ». Cette revue, au delà des différences, met la culture corse au miroir d’autres cultures en montrant qu’il existe aussi des ressemblances. Chaque culture doit regarder l'Ailleurs pour mieux voir ce qu’elle est, comparer, admirer, échanger, partager et, au besoin, un peu copier ou disons s’inspirer…
Publié le 17 décembre 2007 à 16:09
Par flicorse
... au Théâtre Toursky!
Vendredi 14 décembre 2007, sans Armand Gatti ( présent à la soirée de l’Odyssée pour la paix ) mais comme chaque année avec le CIRA, Richard Martin a programmé la Nuit de l’Anarchie devenue une nuit marseillaise au Théâtre Toursky. Et c’est donc tout naturellement que la première partie s’ouvrait avec les Anarseillais, Daniel Andersen, Jean-Claude Landoni, Claude Parès et Bruno Vie.
Le blues Anarseillais est un répertoire de compositions originales, en français, des musiciens qui jouent la couleur des sons dans un style acousticorock, électricoballades, des blues, des guitares, des voix, des moments tranquilles, d’autres qui boulèguent... et, au bout de la nuit des vieilles reprises d’Elmore James, de Robert Johnson, de Léo Ferré ou de Georges Brassens.
 Présentation du groupe Anarseillais sur Myspace: " Blues Anarseillais !! L’histoire, c’est celle de musiques et de musiciens qui se rencontrent à Marseille. Daniel Andersen, auteur compositeur, chante dans des cabarets, des bars de nuits. En 1989, il rencontre Claude Parès qui joue la couleur des sons et fait vibrer sa basse. A force de traîner sa Les Paul et de dégainer ses harmonicas pour un mi ou pour un sol (bémol), Jean-Claude Landoni se plaît en si Blues Compagnie. C’est le nom que se donne le trio autour duquel se succéderont, durant une quinzaine d’années de nombreux musiciens : Al Faroux puis Noël (Gros son) Busano à la batterie, Noémie, Annie, Laure, Caroline, Valérie et Claire comme choristes, Philippe aux claviers, Faraji aux percus… En 1998, nous fabriquons, avec nos petites mains et celles de quelques collègues, un CD de 9 titres enregistré en public à la "Machine à Coudre"… Merci à Steve Henry Peter et Noël Busano qui ont joué, merci à Jean-Marc Tigani qui a pris le son et l’a mixé, à Philippe Caussignac qui a rajouté son piano, à Nadia, Martine, Mélanie, David qui ont rajouté leurs chœurs, à Philippe et Béatrice de la Machine à Coudre qui nous ont accueillis, à Niels qui a fait la pochette, à Alain qui l’a scanné, à Annick, Léo, Corinne, Michel, Fred, Isablle… En 2004, c’est Bruno Vie qui pose sa grosse caisse, sa bonne humeur et ses expériences. Nous optons alors pour un nouveau nom qui se réfère en même temps au style musical qui nous réunit et aux contenus des textes que nous écrivons : Le Blues Anarseillais. Le Blues Anarseillais, aujourd’hui, c’est un répertoire de compositions originales, en français, dans une style acousticorock, électricoballades, des blues, des guitares, des voix… C’est, pour une ou deux heures, des moments tranquilles et d’autres qui boulèguent… et au bout de la nuit, si le cœur vous en dit, des vieilles reprises d’Elmore James, de Robert Johnson, de Léo Ferré ou de Georges Brassens. En marge des circuits, c’est des petites salles (Machine à coudre, Vilain Petit Canard, Dan Racing), parfois des plus grandes (La Fiesta des Suds, La Nuit de l’Anarchie, La Fête de La Marseillaise, celle de LO)."
Au Toursky, sous une guirlande et des projecteurs, le groupe prenait plaisir à chanter et l’auditoire à les écouter. Entr’eux, la complicité était évidente. Claude, le compositeur bassiste, s’irradie lorsqu’il renvoie la deuxième voix à Daniel dont la guitare est en harmonie avec celle de Jean-Claude, tous complices de la rythmique de Bruno à la batterie. Daniel Andersen dont la voix vient du blues avec des intonations voisines de celles d’Eddy Mitchell, donne du timbre dans la révolte, la colère ou le désarroi comme dans " l’utopie " ou "Kromozomes 21 ", puis s’adoucit pour le bonheur des simples choses de la vie quotidienne des femmes qui surveillent leurs minots dans "les rues du panier "… Le groupe offre des émotions au public qui t’écoute. A Marseille, les Anarseillais ont chauffé la salle … et, à la fin de leur concert, les spectateurs bissaient comme on sait le faire au Toursky, c’est-à-dire avec une chaleur irrésistible pour les artistes et en reprenant le refrain :
Hey, no pasaràn, le mauvais sang, l'indifférence. Hey, no pasaràn, les idées noires, l'intolérance. No pasaràn!
Vous pouvez aller écouter leurs chanson sur leur site à l’adresse ci-dessous : http://bluesanarseillais.free.fr/index.php?Chansons
 Ensuite, après un entracte qui faisait redescendre la température, le rideau s’ouvrait sur une scène désertée. En retrait sur la gauche, une pianiste prenait place, Gilbert Laffaille venait paisiblement présenter ses trente ans de chansons dans le seul théâtre marseillais qui l’avait déjà accueilli auparavant. Il occupait en douceur tout l’espace laissé libre et… Oh, bonheur ! Le temps s’est arrêté. L’artiste a émerveillé le public par ses chansons douces ou grinçantes, graves ou drôles, sur des airs bossa, jazzy ou folk. Pour certains, cela faisait trente ans qu’ils ne connaissaient pas Gilbert Laffaille alors qu’en quelques minutes, il les avaient conquis. Au passage, j’ai noté les paroles d’un spectateur qui expliquait ce phénomène jacobin. Des chanteurs de qualité ont fait ou font des carrières parisiennes et internationales mais, faute de relais dans les médias, ne peuvent atteindre le grand public… et de citer des noms comme François Béranger, Jean Vasca dans les années 70-80… ou, de nos jours, Jean-Louis Murat, Juliette… et, à Marseille, Jacques Mandrea, un fidèle parmi les fidèles de Richard Martin.
Gilbert Laffaille a fait ses débuts dans la chanson (Les beaux débuts) au milieu des années 70, influencé par le folk-song anglo-saxon (Bob Dylan, Donovan) et se produit au Centre américain Bld Raspail à Paris. En 1977, il enregistre son premier album Le Président et l’éléphant qui remporte un franc succès : on l’entend sur les ondes, on le voit à la télévision, même si la chanson sur les safaris africains du président Giscard ne plaît pas à tout le monde… En 1979, il se produit au Théâtre de la Ville, au moment où sort l’album Nettoyage de Printemps (Prix de l’Académie du Disque). Suivra une série de concerts en France, Suisse et Belgique en compagnie de Gilles VIGNEAULT. En 1980 sortie du troisième album Kaléidoscope qui contient les classiques de Gilbert LAFFAILLE : Trucs et ficelles, Neuilly blues, Deux minutes fugitives, La Foire du Trône… Sur cet album, l’artiste est accompagné par de fabuleux musiciens : Christian ESCOUDE, Maurice VANDER, Pierre MICHELOT, Don BURKE, Jean-Jacques MILTEAU, Joss BASELLI, André CECCARELLI, Stéphane GRAPELLI , le tout sur des arrangements superbes signés Christian CHEVALLIER. Après un deuxième passage au Théâtre de la Ville, sort un album public Live in Chatou (1981) où l’on découvre une autre facette des talents du chanteur, celle du comédien déjanté avec notamment un sketch hilarant, mi-parlé, mi-chanté, dénommé " skontch " par l’auteur ! Après un drame personnel qui l’éloigne de la scène, il revient en 1984 avec un spectacle solo au titre explicite : " Je vais mieux ! ", créé au Printemps de Bourges… un 1er avril ! Suivront l’album Folie douce aux accents californiens, très Steely Dan, un nouveau Théâtre de la Ville, ainsi que l’album L’Année du Rat. Gilbert LAFFAILLE s’est produit au Festival d’Avignon, au Printemps de Bourges et au Festival Performances d’Acteurs à Cannes. En 1989, Gilbert Laffaille sort un album très électrique, Travelling, arrangé par Jean-Marc Benaïs. Il fait des tournées à l’étranger (Etats-Unis, Japon, Pays de l’Est, Madagascar, Maghreb, Europe…) En 1994 que sort son disque considéré comme celui de la maturité, Ici, (Prix de l’Académie Charles Cros). Les arrangements sont signés Richard GALLIANO et Michel HAUMONT.
Pour ses 20 ans de chansons fêtés au Théâtre Silvia Monfort puis à l’Olympia., l’éditeur Christian PIROT publie le premier recueil de textes de Gilbert La Ballade des Pendules, préfacé par Claude DUNETON. En 1996, paraît le CD Tout m’étonne , réenregistrement de chansons anciennes, assorti de trois inédits (Dents d’ivoire et peau d’ébène, Le Triangle des Bermudes, La Ballade de Jim Douglas). La chanson Dents d’ivoire et peau d’ébène, ouvertement anti-raciste, fera l’objet d’un vidéo-clip, récompensé comme un des dix meilleurs clips de l’année. Curieusement ce clip, diffusé dans les salles de cinéma, ne sera jamais montré sur les chaînes nationales de la télévision française… Gilbert chante au Bataclan. Mai 1999 : sortie du 10ème album de grande qualité, La tête ailleurs, de très belles mélodies sur des textes qui touchent profondément. Des chansons merveilleusement habillées par ses fidèles amis musiciens Michel HAUMONT , Jack ADA (guitares), Gilles MICHEL (basse). Un album ciselé de main d’orfèvre par un Gilbert LAFFAILLE très inspiré. Honteusement boudé par les médias, Gilbert continue son bonhomme de chemin à la rencontre d’un public toujours aussi émerveillé par ses chansons douces ou grinçantes, graves ou drôles sur des airs bossa, jazzy ou folk… entrecoupés de sketches hilarants où il campe des personnages hauts en couleurs issus à la fois de notre quotidien et de son imagination débordante. En 2003 Gilbert LAFFAILLE se produit au Théâtre de Dix Heures pour trente représentations : cette rentrée parisienne est accompagnée de la sortie d’un second recueil de textes La tête ailleurs, préface de Philippe DELERM chez Christian PIROT, d’un DVD, d’un album studio et d’un album live en piano-voix avec Léo NISSIM. La presse unanime le couvre d’éloges… la radio et la télévision l’ignorent. En juin 2005 Josiane, son épouse, décède des suites d’une longue maladie. Durant six mois Gilbert Laffaille joue à l’Essaïon le spectacle " 30 ans de chansons ", qu’il propose ensuite en tournée. Début 2007 il ajoute une nouvelle corde à son arc avec des lectures poétiques (" Les Soliloques du Pauvre " de Jehan-Rictus et " Poèmes à dire ", poèmes du XIXème et du XXème siècle.)
Après une longue période de deuil, Gilbert s’est récemment remis à écrire. Le 14 décembre dernier, au théâtre Toursky, le spectacle " 30 ans de chansons " a enluminé la nuit de l’anarchie. Claude Nougaro a dit de lui : "je ne vais jamais par quatre chemins là où le chemin le plus court s'impose. Je dirai, donc, que Gilbert Laffaille m'est apparu dès la première vision-audition comme un des preux chevaliers les plus patents au royaume de la chanson française dites d'auteur. A quoi reconnais-je un de ces preux chevaliers ? A la langue et encore la langue. Laffaille en ce domaine de la langue, sens-sons, est, comment dirais-je, sans faille. Dès qu'il chante, en moi un oiseau fraternel s'éveille ".
Son répertoire rebelle et pétri de dérision n'a pas pris une ride et sa délicatesse fait mouche à chaque fois qu'elle aborde ses thèmes privilégiés : l 'enfance et l'éducation. Il faut rappeler que l’artiste avait eu dans une autre vie et au sein de l’Education nationale une expérience de professeur de lettres. Et puis, dans sa biographie, j’ai fait une découverte : Il est né d’un père toulousain et d’une mère corse… Une identité dont les origines sont fondées sur deux cultures où le bon sens et l’humour font bon ménage avec l’humanisme… N’en déplaisent aux colporteurs de poncifs qui entretiennent des images déformées dans l’imaginaire de ceux qui ne veulent pas aller voir plus loin que le bout de leur nez.
Sur le site Les trois coups, on peut lire : " Il campe dans ses spectacles des personnages hauts en couleur, issus de notre quotidien et de son imagination débordante. Il est le chaînon manquant entre Caussimon et Souchon, avec un zeste de Bobby Lapointe. Cet artiste d’une rare tolérance, fin observateur de la vie, à l’écoute des autres, n’hésite pas à s’engager pour défendre de nobles causes comme la liberté d’expression… "
 Le lecteur retrouvera, dans La Ballade des Pendules ses chansons les plus connues (Le gros chat du marché, Le Président et l'éléphant, Corso fleuri, Neuilly blues, Trucs et ficelles ...), mais découvrira aussi ses pièces (inédites) pour théâtre de poche, véritables petits chefs-d'œuvre ... La tête ailleurs est la suite de La Ballade des pendules publiée en 1994 chez le même éditeur. Il revient sur les chansons des débuts (Interrogations écrites, Histoire d'oeil, Sac à dos pataugas), et de plus récentes (La ballade de Jim Douglas, Dents d'ivoire et peau d'ébène, La java sans modération) ... Il existe un DVD.
"Juste un p'tit air pour s'faire du bien, l'air de rien !"… Vous pouvez écouter quelques courts extraits de ses chansons sur le site friendship-first.com.
 La soirée était clôturée par Richard Martin, âme du Toursky et comédien habité par le Théâtre et la poésie. Il offrait "il n'y a plus rien", texte de de Ferré, comme un feu d’artifice de mots forts et de musique symphonique qui résonnent longtemps pour trouver des échos à la révolte contre la bêtise…
A la fin du spectacle, parmi le public ravi, Il y avait Suzy et Ida que je mentionne pour le plaisir partagé...
Publié le 06 décembre 2007 à 17:15
Par flicorse
" Nous, les poètes nous haïssons la haine et nous faisons la guerre à la guerre. "
La citation de Pablo Neruda est la devise de l'Odyssée du Danube, devenue celle de la paix.
Organisée par Institut International du Théâtre Méditerranéen, l'Odyssée est une escapade poétique qui a pris tout son sens en 2001 dans la réalité contemporaine des eaux méditerranéennes. Les artistes, saltimbanques, poètes, écrivains, politiques qui ont cru en cette entreprise se sont unis pour défendre le droit humain face aux outrances de la bêtise et de l'intolérance.
 Du 1er au 15 septembre, l’Odyssée du Danube a fait escale dans neuf villes de six pays : Autriche, Slovaquie, Hongrie, Serbie, Roumanie, Bulgarie. A bord du paquebot fluvial Théodor Koërner, près de 120 personnes ont embarqué : artistes, poètes, écrivains, journalistes, politiques… La croisière a fait escales pour des chantiers artistiques, des créations, des improvisations, des universités populaires, un " Marathon de la poésie ", des ateliers qui ont réuni poètes et politiques…et, à chaque escale, des manifestations.
Le samedi 1er Décembre 2007, Richard Martin a fêté cette croisière pour la paix en invitant les abonnés du Théâtre Toursky à une soirée de poésie et de chansons clôturée par un documentaire sur l’Odyssée du Danube.
C’est Armand Gatti qui, tout de noir vêtu, ouvrait la scène avec un long, un très long, un trop long poème contenant le pire et le meilleur ; Armand Gatti l’anar et ses mots pour résister; Armand Gatti qui pourrait vous réciter l’annuaire en deux parties en ne s’arrêtant qu’une fois pour boire un verre d’eau.
 Il a d’abord fait une entrée théâtrale en laissant choir à ses côtés, pour lui tenir compagnie, un vieux blouson de cuir noir dont il a hérité par hasard et qui aurait appartenu au Sous-commandant Marcos. " Donqui " était le surnom de Gatti au maquis. Une référence à Don Quichotte qui , selon le sous-commandant Marcos, est le " plus grand livre politique jamais écrit " ; Lequel Marcos, pour Gatti, est le lutteur à mots nus, contre les exterminateurs : "Pendant des décennies, il y avait en exergue à toutes nos expériences la phrase de Yon Sosa, venu du fond des maquis indiens guatémaltèques : "L'arme décisive du guérillero, c'est le mot". Le porte-parole charismatique des Zapatistes sE réclame fréquemment de Don Quichotte et le président vénézuélien Hugo Chavez en a fait imprimer et distribuer gratuitement 1,5 million d’exemplaires.
Pour les amateurs de polars, feu Manuel Vazquez Montalban, l’écrivain barcelonais inventeur du héros récurrent Pépé Carvalho, avait réalisé une interview du sous-commandant Marcos. En ouvrant la parenthèse, vous pouvez la consulter à l'adresse: http://membres.lycos.fr/jes/marcos2-fr.htm
Nous faisons partie de ceux qui ont écoutéjusqu’au bout l’hommage rendu par Armand Gatti à son grand-père… Une élégie où la mémoire met, par couches mnésiques, des couleurs sous l’œil d’une caméra imaginaire. Au fil de son texte dont la lecture dure deux heures, Armand Gatti fait des inventaires pour ne rien oublier. Des peines , des joies, des révoltes… ne rien laisser dans l’oubli, cette deuxième mort. Heure par heure, il retrace de façon surréaliste la dernière journée de Sauveur Luzona jusqu’à " las cinco de la tarde ". Ce texte " Docks, comment Sauveur Lusona mon grand-père a fait des dokcs du port de Marseille un jardin japonais ", a été édité grâce à un collectif de libraires marseillais en 1992.
 Gatti Dante, Sauveur, alias Armand Gatti est né le 26 janvier 1924 à la maternité de l'hôpital de Monaco, fils d'Auguste Rainier, balayeur, et de Laetizia Luzona, femme de ménage. Analphabète, son père, qui mourra matraqué à mort lors d’une grève en 1941, avait appris à lire et à écrire dans les tranchées de la Grande guerre (1914-1918) et lui conte des histoires qui l’émerveillent. Quant à sa mère, qui, quelques jours avant de mourir, à quatre-vingt-trois ans, s’inscrira au Parti révolutionnaire italien, " pour faire peur aux riches ", il l’entend encore : " Tu dois être le premier en français, parce que c’est la langue des patrons, sinon tu passeras ta vie à leur essuyer le cul. " A l’un et l’autre, il rendra hommage, notamment avec un texte Ton nom est joie, qui deviendra un poème cinématographique, et une pièce, La vie imaginaire de l’éboueur Auguste Geai, jouée le 16 février 1962 , par la compagnie du Théâtre de la Cité à Villeurbanne (direction : Roger Gilbert et Roger Planchon). Mise en scène : Jacques Rosner. Principaux interprètes : Jean Bouise, André Bénichou, Isabelle Sadoyan, René Meyrand, Martin Barbaz. Reprise en mai 1964 au Théâtre de l’Odéon à Paris. Au sujet d’Auguste, Armand Gatti a confié à son ami Marc Kravetz : " Si j’ai écrit, c’était aussi une manière de ne pas laisser mourir le message d’Auguste, de continuer un peu ce qu’il avait été, ce qu’il avait voulu, ce qu’il avait rêvé. Parallèlement, il y a eu le désir d’utiliser la langue française comme une arme. Mais le poète, l’homme qui était porteur d’images, porteur d’idées, porteur de démesure, c’était Auguste. C’est à partir de lui que j’ai essayé de créer avec la langue française. La langue, j’avais besoin de la dévorer sous toutes ses formes, de vivre avec elle. Ce besoin est devenu plus fort que tout. Dans ce sens, la langue est devenue plus qu’une famille, plus qu’une nationalité, plus qu’un pays, elle est devenue mon existence même. Au début il fallait seulement que je sois plus fort que les Français sur leur propre terrain. C’est d’abord une histoire d’orthographe et de grammaire, puis tu te prends au jeu et cela te conduit au maquis. "
Véritable légende vivante, Gatti figure dans le dictionnaire (le Petit Robert des noms propres), mais il ne reste connu que d’un cercle d’inconditionnels Dans une de ses biographies, Marc Kravetz ( tout en disant qu’il est " plus difficile de raconter Gatti que de peindre l'oiseau de Prévert"). résume sa vie ainsi :
" Bon élève (dissipé) du petit séminaire ; résistant, condamné à mort (gracié en raison de son âge) ; déporté (évadé) ; parachutiste (médaillé) ; journaliste (couronné du Prix Albert Londres) au Parisien Libéré puis à Paris-Match, France Observateur, L'Express (ancienne formule) et Libération (l'autre, celui de la Résistance) ; cinéaste (consacré dès son premier film - L'enclos -, ignoré dès le second - L'autre Cristobal -, exilé pour le troisième - Le passage de l'Ébre -, interdit de caméra pour beaucoup d'autres - une dizaine) ; écrivain-dramaturge-metteur en scène (célèbre et célébré : La vie imaginaire de l'éboueur Auguste G., Chant public devant deux chaises électriques, V comme Vietnam, Les treize soleils de la rue Saint-Blaise, Le cheval qui se suicide par le feu, plus un nombre considérable de pièces, le tout joué un peu partout sur la planète et quelques rares fois en France) ; voyageur (Sibérie, Chine, Corée, Japon, Guatemala, Nicaragua, Costa-Rica, Allemagne, Irlande) - ici on s'en tient aux déplacements qui ont donné lieu ensuite à des reportages, livres, pièces de théâtre ou films ; écrivain public itinérant et vidéographe (en compagnie de la Tribu, du Brabant-Wallon à Montbéliard, de Ris-Orangis à l'Isle d'Abeau avec crochet par Saint-Nazaire prolongé d'une pointe en Avignon et Marseille avant un rebond à Strasbourg. " et il ajoute : " Journaliste, cinéaste, dramaturge, écrivain, poète, Gatti ne cesse de se débarrasser de ses identités comme d'autant de peaux mortes ".
Biographie dans son intégralité à l’adresse : http://www.armand-gatti.org/
Selon Armand Gatti : " Sans écriture, pas de culture, pas de dignité…. les mots sont des armes… " On ne combat pas pour être libre, mais parce qu’on l’est déjà. "
Après Armand Gatti le magnifique, la soirée a été l’occasion de découvrir un ensemble musical : L'Orchestre International
 La Direction Musicale est confiée à Cuco PEREZ, accordéoniste, Investigateur dans la musique populaire méditerranéenne, directeur et instrumentiste, auteur de nombreux disques, avec une ample projection dans le monde maghrébin, responsable de divers concerts de musique andalouse, grand connaisseur des instruments populaires médiévaux... Chaque pays lui a soumis toutes ses idées et lui a proposé un musicien pour qu'il garantisse l'unité et la qualité musicale du concert. L'Espagne assure la production discographique du concert, la retransmission radiophonique et tout ce qui contribue à faire du concert un des grands symboles du voyage. Le concert en lui-même comprend 45 minutes consacrées aux thèmes andalous et thèmes de tradition espagnole, interprétés par les musiciens espagnols et marocains. Chaque musicien a été invité a proposé sa propre interprétation des thèmes donnés, avant de jouer tous ensemble.
La prestation déchaînait l’enthousiasme dans le public du théâtre Toursky. Fatos Qerimaj, c’est un peu le " Portal albanais ". Clarinettiste d’origine tzigane, il vit à Tirana en Albanie. Touria Hadraoui, Universitaire, journaliste et chanteuse marocaine pour qui …" rencontrer des musiciens d’autres horizons est une belle aventure. Ils ont tous sûrement des choses à m’apprendre et j’en ai aussi. Par ailleurs, que cet échange se fasse sur l’eau, en mouvement, m’apparaît comme très symbolique. Un mouvement, c’est toujours beau, fort et fragile "…
L’orchestre International de l’Odyssée du Danube avec son métissage de musiciens porte au plus haut ce message de paix et de fraternité. Bami Jean Tsakeng le percussionniste franco-camerounais, la flûte de Pan du roumain Nucu Draghia, le cymbalon du hongrois Dezso Farkas, la voix bouleversante de la marocaine Touria Hadraoui, le vibraphone du français Cyril Cambon, le chant de l’algérien Salah Gaoua, le violon du serbe Bogdan Djukis, la clarinette de l’albanais Fatos Qerimaj, l’accordéon de l’espagnol Cuco Perez ( absent au Toursky), le violon magique du français Didier Lockwood ( absent au Toursky), les pianistes la bulgare Elizabet Luldimova et la grecque Jula Jannaki, la clarinette et le tarogalo du hongrois Daniel Racz et le guitariste italien Alessandro Nusenzo, tous ces talents ont mis leur art au service d’une humanité réconciliée. A eux tous ils expriment la diversité et l’union fraternelle entre tous les peuples de la Terre. Vous pourrez tous les connaître car ils sont déjà programmés pour la saison 2008 du Thèâtre Toursky.
Dans notre précédent article sur la librairie le Ferry Book, nous avions évoqué la musique Klezmer avec ses musiciens que l’on appelle des fanfarons ou des klezmorim. Quand ils n’avaient pas une autre activité principale et ne jouaient qu’occasionnellement, les klezmorim étaient principalement des musiciens itinérants, d’autre part la musique klezmer a accompagné les mouvements de population des juifs d’Europe – ainsi, à l’instar de la langue yiddish, elle s'est nourrie des musiques des pays qu’elle a traversés, dans lesquels elle a aussi sans doute laissé des influences. Ces musiciens jouaient principalement dans les fêtes et cérémonies populaires. On retrouve dans la musique klezmer l'influence des musiques d'orient, tzigane et des musiques folkloriques d’Europe de l'Est. " Les Klezmorim, souvent accompagnés de ménestrels locaux (hongrois, russes, moldaves, ukrainiens, galiciens, etc.), ainsi que de musiciens tsiganes, diffusaient leur musique et les récits de leurs voyages à chacune de leurs étapes. Souvent amenés à jouer lors de mariages et fêtes juives, les Klezmorim furent également appelés à jouer lors de fêtes non juives. Ainsi, l'arrivée des Klezmorim était particulièrement appréciée des villageois, non seulement pour la musique, la fête et la joie qu'ils apportaient, mais aussi pour le recueil d'informations venues d'ailleurs. Cette condition leur permit d'approfondir leur connaissance des cultures musicales environnantes, à commencer par celle de leur pays d'adoption. La vitalité de la musique Klezmer réside dans le simple fait qu'elle a su sauvegarder son essence, tout en s'enrichissant des cultures environnantes. "
 Et puis, la semaine dernière , le 13ème album des Muvrini a été mis dans les bacs. Il est composé de titres anciens et de reprises de Springsteen, de Jacques Brel , des Gipsy King. L’enregistrement a eu lieu en Lorraine avec la participation de 500 choristes… Et puis il y a de nouveaux duos avec Tina Aréna, Anguum, la soprano anglaise Sarah Bightman… Dans un article de presse, Jean-François Bernardini s’est adressé aux tenants d’une corsité pure et dure en disant " A ceux-là, je dirais que mon identité n’est pas soluble dans les duos. Mon âme encore moins. Ce qu’on a volé à la culture corse c’est le lien, l’échange et la rencontre. Réinventer ce lien, c’est notre mission. Tout sauf le ghetto, même en Corse ". Dans l’album , Tina Arena chante " A voce rivolta " en corse et la soprano Sarah Brightman chante une chanson des Gipsy Kings.
Finalement, la musique est bien le seul langage universel capable de rapprocher les différentes cultures sans dissoudre les identités… A écouter toutes ces polyphonies, on y gagne même un supplément d’âme… La musique n’est pas qu’une jouissance personnelle, comme la jugeait Kant.. Je préfère ne pas évoquer la pensée hégélienne sur ce sujet. Par contre, Friedrich Nietzsche avait raison : "Sans la musique, la vie serait une erreur"… Il ne s’agit pas dune musique apollinienne mais dionysiaque, propre à l’inspiration et à l’enthousiasme. De celles qui "nous ramènent à nous " ( Valery) et nous semblent familières dès la première audition. Une musique qui " exalte la meilleure part de nous-mêmes, le plus sèche, la plus libre.. " (Sartre)
… Pas la musique dont Platon fait l’éloge. Celle-ci est décrite dans la République comme une partie essentielle de l’éducation, de pair – curieusement – avec la gymnastique. Dans les deux cas, il s’agit de communiquer à l’enfant un sens de l’ordre et de la mesure qu’il ne possède pas naturellement. On le fera donc chanter et danser selon certains rythmes et certaines tonalités, qui, la chose est notable, devront être toujours les mêmes, le modèle étant ici l’Égypte qui est censée avoir conservé, dans ses rites et ses fêtes, les mêmes musiques depuis 10 000 ans. Platon n’est pas de ceux qui apprécient la dernière chansonnette à la mode, et en général il exècre les nouveautés. … Pas davantage la musique d’expert, monde clos dont il faut obtenir la clef. … Nous parlons de la musique, " ce bruit qui pense " ( Hugo) dont on reçoit les pulsations comme des émotions, une musique qui émeut, met en mouvement, trouble l’âme et agite la chair. C’est la musique dans laquelle on se reconnaît et on reconnaît les autres, celle de la polyphonie et du chjam’é rispondi ancrées dans les traditions corses, celle des Muvrini, celle des Klezmorim, celle de l’orchestre international de l’Odyssée du Danube et de bien d’autres artistes de toutes origines et qui font de leur identité une émotion universelle.. Elle est plurielle et se partage pour s’enrichir. Elle a besoin de liberté et de nomadisme. Elle est " un art insaisissable qui ne supporte que la liberté " disait Déon. Sa vocation n’est pas de prouver une identité qui existe et ne peut se dissoudre. Sa mission va bien au delà des hymnes nationaux. Elle n’est pas que la mémoire d’un territoire mais aussi le lien entre un passé humain et l’avenir dans le Monde… Elle met les rapports humains au niveau le plus noble et le plus intime. Elle atteint des régions de l’être qu’elle est la seule à atteindre. Tout enfermement est un terrain favorisant l’obscurantisme. Il est suicidaire. La musique est un langage international : " frontières effacées sur les atlas des sons " selon l’expression de Prévert.
" L’avenir comporte une infinité de vérités nouvelles à mettre au jour. Le monde n’est ni unique, ni fini, ni nécessaire ; la liberté fait partie de sa structure ontologique ; et de toutes les figures de l’esprit, l’art est celle qui nous enseigne le plus directement cette liberté. " Philippe Nemo – extrait d’un article paru en juin 2004 dans le "Monde de la Musique", N°288, (pp.36-46).
Deleuze-Guattari, à propos de musique... Usage des ritournelles "C'est curieux comme la musique n'élimine pas la ritournelle médiocre ou mauvaise, ou le mauvais usage de la ritournelle, mais l'entraîne au contraire, ou s'en sert comme d'un tremplin. "Ah vous dirai-je maman...", "Elle avait une jambe de bois...", "Frère Jacques...". Ritournelle d'enfance ou d'oiseau, chant folklorique, chanson à boire, valse de Vienne, clochettes à vache, la musique se sert de tout et emporte tout. Ce n'est pas qu'un air d'enfant, d'oiseau ou de folklore, se réduise à la formule associative et fermée dont nous parlions tout à l'heure. Il faudrait plutôt montrer comment un musicien a besoin d'un premier type de ritournelle, ritournelle territoriale ou d'agencement, pour la transformer du dedans, la déterritorialiser, et produire enfin une ritournelle du second type, comme but final de la musique, ritournelle cosmique d'une machine à sons. D'un type à l'autre, Gisèle Brelet a bien posé le problème à propos de Bartok: comment, à partir des mélodies territoriales et populaires, autonomes, suffisantes, fermées sur soi comme des modes, construire un nouveau chromatisme qui les fasse communiquer, et créer ainsi des "thèmes" qui assurent un développement de la Forme ou plutôt un devenir des Forces? [...]" [Gilles Deleuze — Félix Guattari: Mille Plateaux. Editions de Minuit — Chapitre: "De la ritournelle" page 381.]
Publié le 30 novembre 2007 à 14:46
Par flicorse
Ferry Book à Marseille: Dix ans, déjà!
Passionnés de livres, ne cherchez plus ! Entrez découvrir ou retrouver les textes qui vous ressemblent ! Bienvenue chez vous ! C’est l’invitation permanente de Thierry Hochberg à la Librairie Ferry Book !
Hier 28 novembre 2007, Thierry Hochberg fêtait les 10 ans de Ferry Book, un ferry que nombre de lecteurs prennent maintenant plus souvent que le Ferry Boat de Marseille. Pourquoi Ferry Book ? Thierry Hochberg avait pensé d’abord à " Bateau livre " en hommage à Rimbaud... De sa librairie au Vieux port, il n’y a qu’un pas pour prendre le Ferry Boat. De Rimbaud à Marseille, le bateau livre est devenu le Ferry Book…
 Le " Ferry book " est une librairie qui recèle des trésors de lectures au 6 rue Edmond Rostand 13006 Marseille - Tél: 04.91.57.16.46 E-mail baron.hochberg@wanadoo.fr et le catalogue à l’adresse : http://www.livre-rare-book.com/Ferry-Book.htm
Le capitaine passionné de littérature est Thierry Hochberg. Il est aussi l'auteur de nouvelles et scénarios. " Paris-Auschwitz-Paris " marque un tournant dans son travail d’écriture, comme un premier roman, en 1993, écrit pour témoigner, pour rendre enfin la parole à cette jeunesse volée, celle de son père : André. Chronique concise et dense d'un aller-retour pour l'enfer, ce livre est le témoignage d'un père retranscrit par son fils, qui nous entraîne, sans a-posteriori, mais avec les yeux de la jeunesse, dans le dédale obscur de l'univers concentrationnaire, de travaux forcés en sélections arbitraires, mais aussi de hasards ultimes en amitiés superbes. En 2003, Les Editeurs La Thune ont publié son deuxième opus " Nouvelles d’ici-bas ", préfacé par Philippe Carrese.
Nous avions découvert le Ferry book lors d’un voyage d’agrément à Marseille qui a fait l’objet d’un de nos articles. Thierry Hochberg est l’ami des lecteurs qui viennent et reviennent dans sa librairie. Il est aussi l’ami d’auteurs de toutes plumes, souvent aussi lecteurs devenus familiers du Ferry Book… David Abiker, auteur de " Le mur des lamentations ", " Le Musée de l’homme "…. Michel Biton, auteur de " poétesses et lettrées juives oubliées " Henri-Frédéric Blanc, auteur de " jeu de massacre ", " Les pourritures terrestres ", " cloaque " (réédité aux éditions de l "Ecailler du sud)… Jacques Bonnadier, auteur de " L’âme des santons ", " chronique de l’olivier "… Frédéric Brun, auteur de " Perla " (bourse Goncourt du premier roman) Philippe Carrese, auteur de " Trois jours d’engatse ", " Le bal des cagoles "…. Réalisateur du film " Liberata "… Philippe Cassuto, auteur de " Spinoza et les commentateurs juifs "… Jean-Paul Ceccaldi, auteur de " Le Flicorse " et " Tamo Samo ". Hubert Hannoun, auteur de " Propos philosophiques sur l’éducation "… André Laugier, auteur de " Plaisir du Lyre "… Lionel Mazari, auteur de Clam... Martin Melkonian, auteur de " Le Miniaturiste ", " le petit héros de papier "…. Patrick Mouton, auteur de " Espace en mer rouge "… Serge Scotto et son chien saucisse, auteurs connus tous les deux… Denis Seznek, auteur de " Nous les Seznek ", " Seznek, le bagne "… Boris-Alexandre Spasov, auteur de " Comprendre le conflit yougoslave"… Serge Valetti, auteur de " Pourquoi j’ai jeté ma grand-mère dans le Vieux-port "… P. Weyergans, prix Goncourt, auteur de " trois jours chez ma mère " …

Pour l’anniversaire des dix ans du Ferry Book, Thierry Hochberg et son adorable épouse ont offert un buffet avec une cuvée spéciale " Ecrit Vin», un grand vin de Bordeaux " Graves " 2002 et, pour finir, un délicieux gâteau avec les bougies. Au silence des mots écrits se mêlait le brouhaha des mots articulés et croisés des conversations allant bon train. Tout cela dans une ambiance chaleureuse et musicale.
L ‘animation musicale était assurée par le duo de Fanfarons " : Gilles Benistri (Sax ténor) et Emmanuel Loi ( Sax Soprano et Clarinette)…. Dans la librairie envahie, ils ont interprété de la musique Klezmer, par essence une musique de fête, de rencontres et de contrastes. Parfois gaie, à d'autres moments, plutôt mélancolique, elle permet au musicien klezmer de chuchoter ou de s'exclamer, de geindre ou cajoler, d'alterner entre gémissement ou cri de joie. Ce qui importe dans le style klezmer n'est pas tant ce qui est dit, mais plutôt, comment cela est dit. Et cela me fait penser à une citation : " "Une fois que l'histoire est couchée par écrit, rien ne va mieux. On est la langue qu'on parle, pas ce qui est dit et se dit." Elle est d’Emannuel Loi…
Emannuel Loi le fanfaron Klezmorim ( fanfaron au sens de musicien de fanfare ), est aussi l’écrivain, celui dont le premier roman noir est " Le Mariole " Editions Hors Commerce (1996). A l’époque, il nous l’avait dédicacé (au crayon noir qui s’efface) par ces quelques mots : " En espérant que Prat ne soit pas une figure à suivre, chaudement – E.Loi " Prat, c’est le commissaire de police… " pertinent, opérationnel. Il marque habilement sa circonspection. Il a le ton qu’il faut, du savoir-faire tactique et chirurgical. Il parle toujours face à la fenêtre…. L’homme est fortiche, compose sur mesure son personnage, une belle cruauté dans le brou de noix des iris… " Ce roman noir est écrit dans un style sec et heurté. Les phrases sont brèves et sans fioritures, souvent caustiques et les dents serrées… " Dans le couloir de la division des recherches, Prat renifle face au panneau syndical. A l’instant il vient de demander à l’autre gros, Desjouaix, principal de Saint Mandé, s’il sent une odeur. Le gros sanglé dans son costume trois pièces de boursier à dominante violette, montre sa chevalière à tous vents. Il la tourne, la palpe. Spéciale mornifle. – Quelle odeur ! S’en ressentent pas assez les gars. Faut y croire, poulaga, fait-il rougeaud et suant. On prend des rustauds de la campagne, on les dégraisse, on les gonfle un peu, un vernis de droit et on les lâche sur la voie publique. Alors, les odeurs, elles changent… "
En 1996, Les éditions Hors Commerce lançaient une collection de polars et de romans noirs, essentiellement français et contemporains sous le titre " Hors Noir ". Trois textes par an étaient prévus à la publication pour commencer cette collection qui voulait privilégier " la langue et l’atmosphère, l’intrigue et des personnages à haut relief ". Jean-Yves Berchet inaugura cette collection avec " Des choses qui arrivent ", suivi d’Emmanuel Loi, avec " le Mariole ", et de Daniel Baldit, avec " Lion d’argent " qui se déroule entre deux festivals de Venise.
 4ème page de couverture " Le Mariole " : " Au sein de la Grande Maison, un inspecteur, un commissaire divisionnaire et un contrôleur général se livrent une guerre sans merci par le truchement d'un tueur à gages, le Mariole. Chacun manipule chacun, essaie de tirer les marrons du feu. Mais quel feu et qui sera marron ? Mandarin d'une subtile partie de go, Emmanuel Loi tisse un chassé-croisé de manipulations perfides ou sournoises, le tout sur l'échiquier du 20ème arrondissement. L'écriture, elle, n'a rien à envier à la température de l'azote liquide. "Après avoir été laveur de vitres, infirmier et joué les apprentis-sorciers sous les tropiques, des séjours à l'ombre ont abrégé pour l'auteur le reliquat d'espérances convenables qui font les survivants... Du cinéma, des mots, marches et voyages, errances et emmurement.". Né en 1950, Emmanuel Loi, écrivain et réalisateur, vit à Marseille. Il est l'auteur, notamment de L'écriture de peu (Bourgois), Voleur ! Et Une cure (Barrault), Le canal de Panama (L'Incertain)."C'est un roman plus gris que noir. Un jeu subtil sur les atmosphères et les couleurs du polar. Un exercice de style. Un scintillement de grisailles obscures. Jouant en maître de stéréotypes fourbus d'un polar hors d'âge, Emmanuel Loi a composé, dans Le Mariole, un puzzle retors et envoûtant. Des flics compromis engagés dans de douteux combats par des tueurs à gages interposés. La ville comme un échiquier de bistrots poisseux et de piaules sordides. Servi par une belle écriture âcre et imagée, Le Mariole est de bon augure pour la collection "Hors Noir" dont il est le second titre." (Michel Abescat, Le Monde) "Emmanuel Loi tire avec brio les ficelles de cette manipulation de la Tour Pointue. Et c'est remarquablement écrit." (Pierre Lebedel, La Croix). "Le Mariole est un texte noir de première force."
Emmanuel Loi, écrivain, est né dans les Vosges en 1950 et vit actuellement à Marseille. Emmanuel Loi écrit de la poésie, des essais, des romans et pour le théâtre. Premiers titres parus : "Le Mariole" (Hors Commerce, 1996), et "Le Onzième Commandement" (Fleuve Noir, 1999) Romancier, essayiste, Emmanuel Loi a publié une quinzaine d'ouvrages depuis 1979. Son dernier essai, Une dette (Deleuze, Duras, Debord), est paru aux Editions du Seuil au début de l'année 2007. Deleuze, Duras et Debord, trois rencontres importantes dans la vie de l’écrivain.
 En 2007 aussi, " Le téméraire " vient d’être publié aux Editions Du Panama. Mot de l'éditeur Le Moyen Âge s'achevait dans le fracas des guerres. Et Charles le Téméraire, dernier duc de Bourgogne, se rêvait en Alexandre le Grand, Ses armes, son or, sa splendeur dominaient l'Europe. Seul Louis XI au nez trop long et à la mine chafouine était obstacle à son destin. Avec Le Téméraire, Emmanuel Loi affronte le duc de Bourgogne, le dernier grand féodal, le premier héros romantique, le perdant flamboyant, pour un roman, méditation funèbre sur la folie et la solitude du pouvoir. Emmanuel Loi est aussi l’auteur notamment de :
 Peine capitale, Les Editions Flammarion ( 2003 )
" Buffet et Bontemps. Deux cadavres dans les placards de la France. Les deux avant-derniers condamnés à mort, guillotinés en 1972. Dès les premières pages, Peine capitale fait froid dans le dos. On pense, bien sûr, au Dernier jour d'un condamné de Victor Hugo. On se demande aussi quelle mouche a piqué Emmanuel Loi? Le débat n'est-il pas clos en France autour de la peine de mort ? Il faut croire que non. Le tremblement de honte qui saisit le lecteur au fil des pages suffit à prouver qu’oui, 2003 n'est pas une date idiote pour une piqûre de rappel et oui encore, la cruauté qu'on porte en soi, on ne sait toujours pas la regarder en face. L'essentiel du roman se présente comme un manuscrit autobiographique insoutenable, écrit en prison par Buffet. "Je ne suis pas au sens exact du mot un assassin ou un criminel, je pense être mieux défini comme meurtrier, le masculin de meurtrière : auteur de meurtres, meurtrier comme marbrier." S'y mêlent des pièces du procès-fleuve qui déboucha sur sa condamnation à mort. Déjà condamné à perpétuité pour assassinat, il se mutine le 21 septembre 1971 à Clairvaux et prend deux otages : un surveillant et une infirmière. Il les égorgera lors de l'assaut final avant de réclamer, au procès, le châtiment suprême. Son complice, Roger Bontemps, condamné à vingt ans de réclusion pour vol qualifié et agression, n'a pas tué. La cour d'assises l'admettra et, pourtant, prononcera la même sentence, transformant l'avocat de Bontemps, Robert Badinter, futur ministre de la Justice, en adversaire acharné de la peine capitale. Faut-il le rappeler, Emmanuel Loi, ce n'est pas un gag, est un ancien braqueur. Il a passé six ans en prison, de 1976 à 1981. Les mains en l'air, suivies du détonant Braquage, mode d'emploi (Léo Scheer), racontent sa trajectoire. Buffet le hante depuis trente ans. On a du mal à croire qu'en 1986, lors d'une interview accordée à L'Autre Journal, se référant déjà à Buffet, il se déclarait favorable à la peine de mort. Comme on a du mal à croire, mais Loi ne le dit pas, qu'un homme décapité reste conscient quelques minutes et sent sa tête séparée de son corps. Il ne vous le dit pas parce qu'il vous le fait vivre. Violemment. Par la littérature. " Article Deux cadavres dans nos placards - par Philippe Perrier - Lire, septembre 2003
 Les mains en l’air, Editions Léo Scheer (2002)
Cette magnifique confession d'un braqueur qui explore son "chaudron biographique", ses révoltes et ses errances, est une incitation à lire, écrire, s'affronter. Puisque voilà la France rongée par ses moisissures, puisque à force de lepéniser les esprits certains médias ont banalisé la crispation fasciste, trouvons foi en la littérature, ce refuge de l'irréductible, cet art qui sauve du dégoût et qui "permet de respirer" (Roland Barthes). On vit jadis, à l'époque pas si lointaine où les éditeurs se voyaient traînés en justice pour avoir fait usage de leur liberté, Jean Paulhan venir témoigner au procès intenté à Jean-Jacques Pauvert qui avait pris le risque de publier Sade. Le divin marquis ne représente-t-il pas un danger, lui demandait le président du tribunal ? Paulhan répondit : "Je crois qu'il y a là un danger, mais c'est un danger éminemment moral." C'est pour allumer un contre-feu démocratique au délire répressif, rappeler que l'on peut tout publier si l'on sait distinguer le "danger moral" du "danger immoral", que l'éditeur Léo Scheer cite cette anecdote en préambule de ce récit d'Emmanuel Loi, dont il rappelle l'ambition noble : "Ce roman ne relève que de l'incitation à la lecture et, ce qui peut paraître pire, à l'écriture."Nous sommes en effet ici bel et bien dans la grâce littéraire, plus près de Dostoïevski que de Mesrine, et à propos de ce narrateur devant lequel "la foule indifférente juste avant, maintenant solidaire pour le lynchage s'est transformée en lave" en le voyant menottes aux poignets, on citera ce mot de Victor Hugo : "Etre de cette majorité ! Préférer la consigne à la conscience ! Non !" Emmanuel Loi n'est pas un néophyte : treize livres, déjà, à son actif, du théâtre au polar, du journal de prison à La Vie périmée, ce cahier-confession fictif dans lequel il imaginait le "chant de misère"d'un assassin, cherchait à comprendre comment un garçon de 16 ans d'une bourgade du Var s'était lancé en 1995 dans une spirale meurtrière, prenant une carabine et tuant quatorze personnes avant de se suicider (2). Ecrivain rebelle, Emmanuel Loi, qui écopa lui-même de cinq ans de prison pour hold-up, rejoint la tradition des hommes de lettres "hors la loi", des détenus ayant talentueusement consigné leur expérience de vie par écrit, de Lacenaire à Genet ou Boudard, du guillotiné aux rescapés des cachots. Les Mains en l'air démarrent sur les chapeaux de roue : stylo à la rue (on parle au cinéma de caméra à l'épaule), le narrateur revisite en flash-back le scénario de son casse en direct, complice malhabile, fiasco, cavale essoufflée, flics aux trousses, reddition, fouille... "Je régurgite parmi le marais des amours perdues, la haine de ce que l'on est devenu, la peine des autres, l'indéchiffrable mesure de l'exil." Et vite, après s'être interrogé le temps d'une garde à vue sur sa fatale alliance avec son pote, interne en psychiatrie, qui, tétanisé, a provoqué l'arrestation, s'est révélé zombie résigné et piteux, Emmanuel Loi remonte sans concessions ni complaisance le fil d'une existence traquée, vouée aux révoltes, aux émeutes, aux errances. Accompagné, en annexe, d'un appendice intitulé "Braquage, mode d'emploi", qu'il présente comme un manuscrit anonyme censé avoir circulé dans les cellules de la prison de Fresnes, abécédaire de l'art et la manière de devenir voleur de banques (en fait une blague situationniste qui souligne que "braquage" signifie "torsion, déviation, irritation, grain de folie, une action de braconnier et de trappeur, une idée sous-jacente de chasse, de dette et dépense somptuaire" au sens de "dépense de sacrifice"), la bouillante chronique d'Emmanuel Loi explore le "chaudron biographique", retrace la destinée d'un fils non désiré, conditionné à n'être qu'un zéro face à son frère aîné "bon en tout", un incorruptible en perdition, sans autre perspective d'avenir que le vol, le théâtre, la drague, les mots, les bars. Les parents, la famille, sont épinglés avec une poignante lucidité. Affection sous-jacente, cadenassée. Loi s'évada (s'égara ?) en Amérique latine, exploits de gaucho dans la pampa, coma éthylique, java de mort-vivant. Fréquenta le pavillon des fous comme élève infirmier à Charenton. Se fit embrigader par la Gauche prolétarienne. Etudia la stratégie des attaques à main armée, coups tordus et merdiques qui attirent naïades et sirènes, s'initia en faune fiévreux à la bouche des filles après avoir été romantiquement subjugué par la frondeuse Laurence qui l'exhortait à ne pas se faire "si noir", dormit en boule dans les squares, ressentit le "sentiment de crasse" qui vous saisit la besogne accomplie et la trace laissée dans la mémoire par le geste d'agression, "même avec une arme factice" : "Qui peut savoir que cette arme est fausse, que c'est du toc, qu'il n'y a pas de balles ?"Le bandit n'a pas d'abri, il appréhende la répétition des jours et des tâches, ne désire que "ne pas être là, s'absenter de ce monde déjà clos". L'une des forces de l'inventaire de cette "géographie du désastre", c'est, on l'a dit, l'apologie de la littérature comme "radeau de fortune". Ecriture de poèmes sur Underwood, fréquentation des bouquinistes, lecture de Virginia Woolf, Unica Zürn et Faulkner, du Procès-verbal de J.-M. G. Le Clézio. Lire pour se vouer au songe, écrire car c'est "une arme diabolique". Les livres "comme chance et oubli". Au bout du compte, il n'y a pas de rédemption, Loi ne se pardonne pas, on reste "orphelin à vie". "Une fois que l'histoire est couchée par écrit, rien ne va mieux. On est la langue qu'on parle, pas ce qui est dit et se dit." "Entre le pacte de ne pas se perdre avec les mots et le risque de ne rien se dire", Loi affronte le démon de l'incommunicabilité : "Je ne sais pas ce que mes enfants vont retenir de ce périple. Quand je passe des heures avec mon fils sans parler, je sais et sens que je m'astreins à la souveraineté de l'indicible, par crainte du sentimentalisme et du verbiage." La littérature, c'est le refus de baisser les bras. - Article " Géographie du désastre " écrit par - Jean-Luc Douin Le Monde, 2.5.2002. Bibliographie succincte aux éditions Léo Scheer : http://www.leoscheer.com/spip.php?mot179
Aux éditions Léo Scheer, il est l'auteur de : Le cœur amer L’argent et la mort Les Mains en l’air suivi de Braquage, mode d’emploi Emmanuel Loi est l’auteur de livres chez d’autres éditeurs et notamment en plus de ceux déjà cités :
L’écriture de peu (Christian Bourgois, 1979) Chant d’amour ( Ecbolade, 1982) Voleur ! (Barrault, 1986) Les Autres (Théâtre Ouvert, 1987) Une cure (Barrault, 1987) Defferre et Marseille (Barrault, 1989) NU (Cahiers de l’Egaré, 1991) L’argent et la mort (Via Valeriano, 1993) Le Canal de Panama (L’Incertain, 1994) Le mariole (Hors Commerce, 1996) Le 11e Commandement (Fleuve noir, 1999) D’ordinaire (Al Dante, 2000) La vie périmée (Editions 1, 2000). Je devrais me taire : Spinoza, Hölderlin et autres essais ( Editions Exils, 2004) Filmographie non exhaustive relevée sur le site Allociné : Acteur : L'Univers de Jacques Demy (1995), de Agnès Varda Directeur de la photographie La Petite prairie aux bouleaux (2003), de Marceline Loridan-Ivens Un film parlé (2003), de Manoel de Oliveira Parlez-moi d'amour (2002), de Sophie Marceau Porto de mon enfance (2002), de Manoel de Oliveira Malraux, tu m'étonnes ! (2001), de Michèle Rosier La Chambre obscure (2000), de Marie-Christine Questerbert La Lettre (1999), de Manoel de Oliveira Trois Ponts sur la rivière (1999), de Jean-Claude Biette Toni (1999), de Philomene Esposito La Femme d'un seul homme (TV) (1998), de Robin Renucci J'ai horreur de l'amour (1997), de Laurence Ferreira Barbosa Encore (1996), de Pascal Bonitzer La Maison de lave (1995), de Pedro Costa La Joie de vivre (1993), de Roger Guillot A demain (1992), de Didier Martiny Van Gogh (1991), de Maurice Pialat Swing troubadour (1991), de Bruno Bayen Angels (1990), de Jacob Berger La Nuit bengali (1988), de Nicolas Klotz La Méridienne (1988), de Jean-Francois Amiguet La Loi sauvage (1988), de Francis Reusser Pierre et Djemila (1987), de Gérard Blain Derborence (1985), de Francis Reusser L'Intruse (II) (1985), de Bruno Gantillon Le Matelot 512 (1984), de René Allio L'Argent (1983), de Robert Bresson Un Second souffle (1978), de Gérard Blain Le Bar de la fourche (1972), de Alain Levent
Opérateur Carthagena (1991), de Raymond Depardon La Captive du désert (1990), de Raymond Depardon Ma nuit chez Maud (1974), de Eric Rohmer Les Gaspards (1973), de Pierre Tchernia Au hasard Balthazar (1966), de Robert Bresson Bon anniversaire au Ferry Book et longue vie!
Publié le 27 juin 2007 à 18:11
Par flicorse
Le Petit héros de papier, écrit par Martin Melkonian.
De la lecture et de l’écriture, laquelle précède l’autre ? Au début, y avait-il le verbe ? Au début, il y a les parents. Lorsqu’il parle de l’écriture, Martin Melkonian les évoque avec son amour filial et les liens forts d’une complicité intellectuelle qui l’ont conduit à l’écriture et à la peinture. Retour à l’enfance. L’importance de l’enfance : le temps des contes et de l ‘amour. La mort, celle du père. L’abîme et encore l’amour mais sans lien charnel. Les mots de l’amour et l’amour des mots : Les mots des êtres chers, les mots passerelles entre les âmes mortes et vivantes. " Les mots sont des êtres vivants… Ils fourmillent… Rêveurs, tristes, joyeux, amers, doux… Les mots sont les passants mystérieux de l’âme ". Hugo l’a si bien dit et le constat à retenir est toujours le même: Ecritum humanum est.
L’écriture a besoin de lenteur. La lenteur est le temps de ceux qui sont sur le second versant de la vie, nous dit Martin Melkonian en reprenant ce groupe de mots dans l’incipit de La Divine Comédie de Dante ( nel mezzo del camin di nostra vita). Chaque voyage fait avec lenteur dans la mémoire apparaît alors comme une chance de redécouvrir et d’inventer le passé à la lumière d’un présent insaisissable … " La mémoire : elle est rieuse, oublieuse, bigame – mariée au rêve et à la réalité, écrit-il. "
 La quatrième page de couverture du " petit héros de papier " explique que " Martin Melkonian puise dans sa mémoire et dans sa bibliothèque idéale. Il reprend l’ordre de ses souvenirs qu’il tient à restituer avec justesse. C’est un travail de main et de tête sur la matière du texte ". Même si tout y est littéraire, le petit héros de papier est aussi un héros de chair : l’auteur. Dès les premières lignes du livre, l’emploi du je et du moi le lie à la vérité romanesque de son héros, réel même dans sa fiction.
Martin Melkonian connaît la valeur des mots qu’elle soit esthétique ou musicale. A quatre ans, il jouait déjà avec eux : " L ‘un après l’autre, les mots irritent la gorge, s’aggrippent à la glotte, puis – passage préparé- roulent sur la langue, patinent, virevoltent, expirent ". La langue ( française), ajoute-t-il dans le Miniaturiste, " elle se dit, elle s’écoute, elle s’épluche, elle se goûte ". Les mots sont l’occasion de longues rêveries et de délicieux voyages. Comme Mallarmé, il leur donne une vie libérée de l’usage utilitaire. Il puise dans ce qu’il nomme " la poésie de mémoire " et il y trouve l’émotion.
Ralentir, mots-valises. ! Ralentir, impacts des mots !… Ralentir, Melkonian !
Martin Melkonian mesure le poids des mots sans surpondérer sa plume. Il nous parle d’un quatuor enchanté sans ordre d’entrée décelable: "l’écriture, la poésie, l’émotion, la mémoire. "… L’écriture est dans les couleurs, les parfums, les objets, les lieux, les êtres…
" L’écriture est un roman. L’écriture est partout " nous dit-il. " Il fut papier. Voltaire " telle est la dédicace-épitaphe au début du livre. Nous avons retrouvé la suite de la citation.
Il fut papier ; cent cerveaux à l'envers De visions à l'envi le chargèrent ; Puis on le brûle ; il vole dans les airs, Il est fumée aussi bien que la gloire... Voltaire, Guerre de Genève, IV.

Lorsqu’il nous avait dédicacé " Le Miniaturiste " , Martin Melkonian avait écrit avec lenteur : " Ce miniaturiste ou l’écriture née des cendres " (voir article précédent sur l'auteur ). Le miniaturiste avait ouvert une suite autobiographique commencée en 1984 et les autres romans ont suivi : Désobéir, Loin du Ritz, Les marches du Sacré-Cœur, Monsieur Cristal et le Clairparlant.
Dans " Le petit héros de papier ", l’auteur relate l’itinéraire de celui qui a choisi " tous les dieux, tous les textes, ceux écrits et ceux à écrire", et qui a commencé par " aimer la rêverie au dessus des œuvres ". " Je rêvais, dit-il, que ma rêverie d’écriture était déjà de l’écriture ". Et puis il s’est mis à écrire " selon un mode propre, une sonorité propre. Selon sa chanson . " Une chanson où les mots forment parfois des versets rappelant le haïku contemporain. Nous avons relevé quelques passages pour exemples :
La pensée. La précieuse. Je subodorais sa présence.
On biffe parfois. On caviarde parfois. On déchire parfois…
Ou encore :
Je souhaitais le rencontrer. J’avais vingt-huit ans. Lui, soixante-trois.
Et cela nous fait adapter un haïku d’Issa à l’attention de l’auteur :
Sur les écrans de papier Elle fait des arabesques Sa plume de Phénix.
L’esprit haïku est présent dans les dédicaces de l’auteur. Après celle du Miniaturiste, je vous livre sa nouvelle dédicace : " Ce petit héros de papier ou la plume d’un phénix ".
Au bout de notre lecture, l’écriture née des cendres du petit héros de papier apparaît bien comme celle d’un phénix à la plume flamboyante qui enlumine l’écriture et rend la lecture jouissive.
La mémoire, avec sa part d’imaginaire, est notre livre intérieur à déchiffrer … Le voyage littéraire proposé par l’auteur se termine par le mot " nuit "… Il ne va pas jusqu’au bout , contrairement à celui de Céline. Le petit héros de papier n’est pas une autofiction… Martin Melkonian y raconte son amour et ne montre pas encore sa haine. Sortira-t-elle un jour ? Peut-être une nuit...

Et parce que la mémoire est rieuse. Posons la question : De quel papier est fait le héros ? Papier d’Arménie qui brûle lentement en dégageant une odeur caractéristique ? Papier d’écolier nostalgique ? Papier dessin de l’artiste-peintre ? Papier buvard de la mémoire ? Papier sensible ? Papier de verre et non pas de vair ?…
"On prépare le papier en divisant le papyrus en bandes très minces, mais aussi larges que possible ; la bande la meilleure est celle du centre de l'arbre, et ainsi de suite dans l'ordre de la division ; on appelait jadis hiératique, attendu qu'il était réservé aux livres sacrés, le papier fait avec les bandes intérieures ; lavé, il a reçu le nom d'Auguste, de même que celui de seconde qualité porte celui de Livia, sa femme ; de la sorte, l'hiératique devint papier de troisième qualité.... le ténéotique, ainsi nommé d'une localité voisine de Saïs, est fait avec des matériaux plus rapprochés de l'écorce ; il ne se vend plus à la qualité, il se vend au poids ; quant à l'emporétique, il ne peut servir à écrire ; on ne l'emploie que pour envelopper les autres papiers et emballer les marchandises, de là lui vient le nom qu'il porte (papier des marchands)." Pline, Hist. nat. XIII, 23.
Si l’écriture a sa chanson, le papier aussi. Elle est de Gainsbourg et chantée par Régine. Elle dresse un inventaire à la Prévert.
Laissez parler les p'tits papiers A l'occasion Papier chiffon Puissent-ils un soir Papier buvard Vous consoler. Laissez brûler Les p'tits papiers Papier de riz Ou d'Arménie Qu'un soir ils puissent Papier maïs Vous réchauffer. Un peu d'amour Papier velours Et d'esthétique Papier musique C'est du chagrin Papier dessin Avant longtemps. Laissez glisser Papier glacé Les sentiments Papier collant Ça impressionne Papier carbone Mais c'est du vent. Machin machine Papier machine Faut pas s'leurrer Papier doré Celui qui touche Papier tue-mouches Est moitié fou. C'est pas brillant Papier d'argent C'est pas donné Papier monnaie Ou l'on en meurt Papier à fleurs Ou l'on s'en fout.

Le Miniaturiste , première édition en 1984, a été réédité en 2006 et Un petit héros de papier vient en 2007 comme un codicille, un legs littéraire à ceux qui aiment lire et écrire. C’est le remaillage d’une trame individuelle : celle de l’écrivain fouillant sa mémoire dans une relation réflexive.
En 2006, deux autres ouvrages de Martin Melkonian ont été publiés : Ils sont assis, Editions Parenthèses (photographies de Max Sivaslian et postface de Martin Melkonian) et Les Corps introuvables, éditions d’écarts.
 "Etre assis", c'est ainsi qu'on désignait, littéralement, le fait d'être interné dans un camp en Union soviétique. L'expression est restée dans le langage populaire dans toutes les républiques après le démantèlement de l'empire. Le regard de Max Sivaslian, qui a photographié dans cinq prisons et centres de détention en Arménie, dont les prisons pour femmes et pour mineurs, explore avec pudeur l'intimité de l'enfermement. Au-delà des évolutions historiques, l'univers soviétique persiste et marque l'intemporalité des conditions carcérales. Ces visages devenus anonymes, qui sont finalement de nulle part, si ce n'est du lieu universel de la privation de liberté, nous renvoient à nos propres angoisses face à la misère de l'autre. Le texte de Martin Melkonian, qui vient en contrepoint, incite à voir ce que précisément nous ne voulions pas voir. Partout, quel que soit le lieu où s'exerce cet empêchement, avec une révélation de la vision qui a lieu grâce à l'énergie d'un photographe. "Le regard de Sivaslian ne compose jamais avec l'effraction. D'ailleurs, quoi prendre à qui n'a plus rien."
 L’effarement, l’égarement et l’éclipse de l’énergie vitale au seuil d’un abîme désiré plus que tout constituent la trame des Corps introuvables. Plusieurs décors coulissent au fond d’une scène imaginaire pour donner à voir ce que précisément le regard ne souhaite pas voir : des esprits qui n’ont pas assez d’âme pour devenir des esprits, des corps qui n’ont pas assez d’incarnation pour devenir des corps. Il en résulte des personnages électrisés, lucides, disjoints. Les mots suivants sont tatoués sur la peau de l’un d’eux : " il va à l’homme comme à l’échafaud. " Dans ce récit halluciné et dérangeant, l’acuité du regard s’oppose à la perte, à l’oubli, à l’aveuglement par degrés ; elle soutient une lutte farouche contre l’expérience de la défiguration infligée par l’histoire. A son tour, Martin Melkonian est entré dans la bibliothèque idéale. Nous suggérons modestement aux enseignants (aux CDI et à tous ceux qui ont pour mission de faire aimer la lecture et de pousser à l’écriture) d’associer l’ouvrage de Martin Melkonian à celui de Daniel Pennac " Comme un roman " (gallimard, janvier 1992) dans leur choix d’œuvres à lire et à commenter…
FICHE DE LECTURE : " UN PETIT HÉROS DE PAPIER " Editions du Félin, mai 2007. "
Dans la collection Fiction Félin, la première page de couverture offre une très belle illustration à signaler : Création Olivier Lauga/photo - Nicolaï Pavlovitch Tarassov : Pouchkine (détail) Musée de Noukous. C'est un livre qui donne immédiatement envie de le lire et la quatrième page de couverture pique la curiosité et suscite l’intérêt.
Extrait du 1er chapitre : Les intercesseurs.
" L’action se déroule à proximité de la mer, un jour frileux de mars. J’ai allumé un poêle à pétrole Baya. J’écris sur une table ovale en merisier, couverte de traces, de blessures, d’indices. En face de moi, ou plutôt face au cahier sur lequel se trouvent ces premières lignes d’encre, il y a un vase en verre clissé de fils de laiton. Il déborde de renoncules aux tons veloutés. Ma plume est lente, car je suis désormais sur le second versant de la vie, inscrit dans le déclin. Dehors, en basse continue, le vent du littoral souffle sous le chant têtu des moineaux. Je me laisse aller à une sorte de dictée rurale, inattentif à l’orthographe, mais tout en éveil pour ce qui est du son des mots, des phrases, des évocations haussées jusqu’à ma rêverie, jusqu’à ce que j’appellerais, avec un ravissement jaloux, la poésie de mémoire. La mémoire : elle est trieuse, oublieuse, bigame – mariée au rêve et à la réalité. Elle est sans frontières précises, faisant ici des incursions, des invasions même, et là opérant des retraits dans de vagues terrains sans atmosphère, aux configurations inquiétantes : on ne sait plus avancer. Mais la mémoire, c’est aussi une fiction chaleureuse où, sous les masques provisoires du passé, chacun s’invente en dehors du temps. Cette invention est d’abord verbale, et le verbe cherche toujours son commencement. La poésie chasse l’utilitaire. C’est l’heure du conte. "
Aux frontières du récit et de l’essai, Un petit héros de papier nous invite à faire une incursion au pays de l’écriture, c¹est-à-dire à l¹endroit même où elle se fabrique : chez l’écrivain.
L’ouvrage est constitué de quatre parties : I. Les intercesseurs ; II. Les livres complices ; III. La table à écrire ; IV. La trousse à rêveries. Puisant dans sa mémoire comme dans sa bibliothèque idéale, l'auteur trace le chemin d'un homme pour qui les manifestations les plus heureuses de la vie passent par l¹écriture.
Que propose ce livre ?
Le style : Un petit héros de papier est une approche aiguë de la force et du mystère d’écrire. Le découpage en quatre parties pourrait faire penser à quatre expériences distinctes. Il n’en est rien. Elles sont en miroir. L’auteur tient son texte de main de maître et nous le donne à lire d'un seul tenant : de la mémoire naît l’idée, de l’idée naît le mot, du mot naît l’écriture. Pour peu que nous aimions lire, nous sommes séduits par la beauté d’une langue juste, forte, précise à l’envi, sensible qui nous engage à rentrer dans le texte, à nous y sentir bien, à nous retrouver dans l’expérience commune du livre que nous avons dans les mains, que nous lisons ou que nous avons l’impression d’écrire, que, de toute façon, nous ne serons pas prêts d’oublier.
" Le présent livre, écrit l’auteur, participe d'une rêverie sur sa structure. Il y a un thème et, en même temps, des paysages, des sites, des événements pénètrent la matière de la prose. " Pour ceux qui connaissent l’œuvre de Melkonian, nous assistons ici à l’avancée d¹un auteur qui se bonifie.
Le contenu : alors que nous pouvions redouter le côté suranné des souvenirs, apparaît une dynamique où l’écriture maîtrisée aboutit au partage universel : la fragilité existentielle, les expériences concernant tout le monde (l’enfance, par exemple, qui nous habite à l’âge adulte, nous surdétermine pour le meilleur comme pour le pire). C’est ce que Melkonian appelle l’événement d¹écriture. Cet événement opère tel un fixateur photographique.
Le cheminement : dans Un petit héros de papier, la mémoire déplie ses trésors à l'infini. Aussi comprenons-nous que l’auteur veuille y mettre de l’ordre, trier, condenser, voire éliminer. Il se rend vite compte que pareille tâche lui est impossible, car il ne peut humainement éviter de repasser sur les points d’origine de son histoire individuelle. C¹est en acceptant de fouiller sans à priori qu’il progresse. Melkonian est un voyageur immobile, mais un voyageur avant tout. La succession des parties de son livre n’est rien d’autre que la pensée en action. Elle entraîne la main dans le geste essentiel de l’écriture. Qui plus est, elle rend le lecteur complice d’une enquête inédite. L’art d’écrire en est l’enjeu. "
Nota: Le fameux art d'écrire… Et, par les traits divers que notre main conduit, D'attacher au papier la parole qui fuit..." Corneille, cité dans Estarac. Les thèmes:
1. Il y a les personnages chers à Melkonian : - Les parents (la vie familiale dans le Paris populaire des années soixante, le père conteur oriental), les instituteurs et professeurs de l'école républicaine, formateurs et pourvoyeurs de culture ; - Les écrivains (Voltaire, Miller, Sarraute) qui nourrissent sa propre vocation ;
 2. Il y a les livres lus : ceux d’une bibliothèque " animée " qui ne cesse de croître.
3. Il y a surtout la mémoire qui tend le texte à l’extrême, cette " mémoire " mariée au rêve et à la réalité ". Elle convoque le présent immédiat ; elle retouche la vie ; elle prolonge le rêve qui se réfugie dans l’écriture même. Elle est " une fiction chaleureuse ". Bref, la mémoire est la compagne d’élection.
Le petit héros de papier est un livre original et attachant écrit dans la tradition littéraire de la phrase et du bien construit. Rien à voir avec l’autofiction. Tout ici est littérature. L'AUTEUR:
Martin Melkonian est l¹auteur d¹une suite autobiographique. Ce sont Le Miniaturiste, Désobéir, Loin du Ritz, Les Marches du Sacré-C¦ur, Monsieur Cristal, Le Clairparlant, ouvrages auxquels il convient dorénavant d¹ajouter Un petit héros de papier. Ses autres livres comme, par exemple, Le Corps couché de Roland Barthes, Clara Haskil, portrait, De la boulimie et de la privation ou encore Edward Hopper luttant contre la cécité engagent un dialogue avec des figures de notre mythologie contemporaine. Il compte vingt-cinq années de publications essentiellement orientées vers l'expression d'un regard intérieur, publications en lesquelles le " je " est aussi quelqu'un d¹autre, l'histoire individuelle devenant la caisse de résonance de l'histoire de tout un chacun. Plus que la question identitaire, c¹est le rapport à l'autre (disparu ou vivant) qui les anime. Martin Melkonian est également peintre. Durant plusieurs décennies, il a fait carrière dans l'édition (de correcteur d¹épreuves à secrétaire général, en passant par les postes de responsable d'un service des manuscrits et de directeur artistique). Il fut durant six ans collaborateur de Jean Malaurie pour la collection Terre humaine, chez Plon, et dirigea une collection d'essais et de littérature classique, L'Ancien et le Nouveau, chez Armand Colin. Depuis deux ans, il donne des lectures publiques et visite des classes de collèges et lycées. Une exposition de ses œuvres peintes intitulée " Calligraphies imaginaires " s'est tenue cette année (janvier-février-mars) au Musée muséum départemental de Gap.
Martin Melkonian est né à Paris en 1950. Il habite entre Avranches et Granville, au bord des grèves, à proximité du Mont-Saint-Michel. Martin Melkonian Bibliographie … Le Miniaturiste, Seuil, 1984 ; prix Thyde Monnier de la Société des gens de lettres, 1985 ; nouvelle édition : Parenthèses, 2006 … Désobéir, Seuil, 1986 … Loin du Ritz, Seuil, 1988 … Département des nains, Séguier, 1988 … Le Camériste et autres récits, Maurice Nadeau, 1991 … De la boulimie et de la privation ou Le Magasin des troubles, Séguier, 1988 ; nouvelle édition : Armand Colin, 1993 … Le Corps couché de Roland Barthes, Séguier, 1989 ; nouvelle édition : Armand Colin, 1993 … Les Marches du Sacré-Coeur, Le Bois d¹Orion, 1995 … Clara Haskil, portrait, Josette Lyon, 1995 … Montagne froide, Passage, 1982 ; nouvelle édition : Fourbis, 1996 … Monsieur Cristal. Journal 1977-1982, Le Bois d'Orion, 1997 … Le Clairparlant. Journal 1997-1998, Le Bois d'Orion, 2000 … Ruptures. Moments de vérité (en collaboration avec Véronique Chauveau), Autrement, 2003 … Pèlerinages tibétains : le goût du sacré (avec Pierre Crié, photographe), Autrement, 2004 … Conversations au bord du vide, éditions d¹écarts, 2004 … Préface à La Politique du Sultan de Victor Bérard, Le Félin, 2005 … Edward Hopper luttant contre la cécité, éditions d¹écarts, 2005 … Postface à l'album photographique de Max Sivaslian, … Ils sont assis, Parenthèses, 2006 … Les Corps introuvables, éditions d’écarts, 2006 … Un petit héros de papier, éditions Le Félin, 2007
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