Bonavinuta!
Bienvenue sur le blog Corse noir'soeur de vos nuits blanches
Blog non agressif et sans arrière-pensée. ..
Des articles après le Blog perso....
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RE NDEZ-VOUS:
- 5 décembre 2009, Salon Culture et écriture Institut Perrimond Roucas Blanc Marseille 7ème
- Les 20, 23 et 24 décembre 2009 Cultura La Valentine Marseille
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CHANTS CORSES: Pas de lien MP3 mais de l'écoute en ligne aux adresses ci-dessous...
Radio Alta Frequenza
ht tp://www.alta-f requenza.com/in dex.php/fr/webr adios
Radio Voce Nustrale
htt p://adecec.net/ radio/listen.as x
Sur Radioblog
ht tp://www.radiob logclub.fr/sear ch/
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Le 1er juin 2009 à 22H15 .... 200.000ème visiteur I
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Les dix droits imprescriptible s du lecteur ( édictés par Pennac dans son ouvrage "Comme un roman")
1°/ Le droit de ne pas lire.
2°/ Le droit de sauter les pages
3°/ Le droit de ne pas finir le livre
4°/ Le droit de relire.
5°/ Le droit de lire n’importe quoi.
6°/ Le droit au Bovarysme (maladie textuellement transmissible…)
7°/ Le droit de lire n’importe où.
8°/ Le droit de grappiller.
9°/ Le droit de lire à haute voie.
10°/ Le droit de nous taire.
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A dopu!
A plus tard!
Publié le 14 mars 2007 à 10:28
Par flicorse
Une nouvelle adresse pour le creuset des arts « arbre de lune »:
L'adresse www.arbre-de-lune.fr n'existe plus. Pour retrouver, les porfolio et les vitrines d'artistes, les catalogues des éditeurs, les dossiers et les annuaires que vous consultiez, il faut désormais vous rendre à l'adresse :
www.artpointfrance.org
L'architecture et la présentation graphique du site ont été en partie renouvelées. Le déménagement n'est pas tout à fait achevé. Vous rencontrerez des liens rompus. Nous vous demandons un peu de patience.
Art Point France Info : www.artpointfrance.info
Nous avons relevé :
L'insularité du noir (propos d'artiste) : Fabien Claude.
 "Cela fait vingt ans que je me consacre exclusivement à la peinture. Pendant plus de quinze ans, je n'ai pas voulu montrer mon travail, car je ne voulais surtout pas être tenté de donner des réponsesà une demande du public. Je voulais absolument aller jusqu'à un point extrème, jusqu'à un point de non retour, où l'avis des autres n'a plus d'incidence. Mais ce n'est que grâce à mon amie Anne-Marie que j'ai pu travailler pendant ces quinze années sans montrer. En fait je voulais savoir ce que j'attendais vraiment de la peinture...."
Fabien Claude, a reçu le Grand Prix AZART à l'automne 2006. Les propos de l'artiste sont extrait du numéro spécial de la revue parue en mars 2007. Fin 2006, il était présent au Salon de Lyon et Sud-Est 2006, Arts plastiques et visuels en région Rhône-Alpes.
Parole d’artiste messin:
" Fatigue, vivre dans un perpétuel orage assourdi par des coulées de sable noir " " Ce n'est pas négatif d'être désespéré. Il faut faire quelque chose de cette perte, de ce creux. J'ai toujours été fasciné par la notion de deuil. Elle permet une transition entre le très noir, le très sombre et l'espérance. De cette convalescence naissent beaucoup de possibilités. " " J’ai l’impression parfois d’habiter des visages, une goutte d’eau dans le brouillard. Fatigue ou indifférence, tout me semble un peu flou, se condenser ailleurs. La sagesse (je n’aime pas le mot) est d’être présent dans son lieu, présent dans son présent, de rebondir sur un sol ferme dans la tension d’un réel désir. Mon travail est une sorte d’absence qui paradoxalement ne me permet pas de m’absenter, un ancrage sans autre lien que toutes mes facultés. La réalité n’est peut-être qu’une présence d’esprit et de corps, une endurance à tout voir, tout penser, tout saisir aux extrémités, un secret dont le mot ne permet plus de se construire au-delà de ses outils. Nul besoin d’illusion, de rêverie, lorsqu’on connaît précisément ces possibilités, les mouvements conduits par le contact d’une simple pointe sur des surfaces sensibles. Le monde est tendrement féminin à la décision du corps, lorsque la violence n’excède pas le désir de sens. Il n’y a écriture que s’il y a perception d’un consentement, d’un désir en creux. Rendre visible suppose le lieu d’un regard. " " La peinture est un mur, un seuil de profondeur, un signe intérieurement habité par une histoire, un passé, une mémoire, des choses exprimées, d’autres, présentes dans une sorte de non dit. La peinture d’Anne-marie Cutolo, ses corps ouverts sont dans cette proximité organique d’un sens, d’une évasion, d’une lointaine intériorité. ma propre peinture est un peu l’envers de cet espace, une page d’écriture portant trace du dehors, d’un inconscient en sa rigueur rattaché à aucune signification personnelle : Les lèvres gercées d’une parole exprimant la terrible patience d’un monde agissant dans une folie d’absence. Présenter conjointement ces deux peintures est un fait d’oppositions, de différences, de désirs, une question par laquelle quelque chose bat sur son envers. "
Et pour plus… http://www.artpointfrance.info/article-5835686.html http://www.lagalerie.be/claude/TRAVAUX%202003.htm
Short Storie : Le train de nuit - Pierre Givodan.
" Le train roulait depuis des heures. La contrebasse de Mingus épelait ses notes graves dans la nuit sans étoile. Je songeai au silence infini des espaces, à Pascal, à sa statue quelque part en France dans une salle du musée de Clermont-Ferrand. A la France, si loin de moi à cet instant et si près de mon cœur. Car il me semblait que j'étais à l'autre bout du monde. Enfermé dans ce wagon, victime des secousses, dans le bruit de ferraille des rails. Ce train qui roulait dans la nuit espagnole..."
une nouvelle originale de Pierre Givodan. Plus… http://www.artpointfrance.info/article-5998074.html
Pierre Givodan, qui a une origine maternelle corse, peint et écrit depuis 20 ans. Collaborateur de Art Point France, il tient "ses chroniques intempestives" sur www.artpointfrance.info
 Expositions personnelles :
Galerie Rancilio Sanary-sur-mer 2006 Cabinet d'avocats Contet Toulon nov - .dec. 2004 Galerie Tintamarre L'Isle sur la Sorgue 2002 Château de Portes (Gard) 2002 Galerie l'Arbre de Lune Uzès 1999 Galerie 9 Paimpol 1995 Galerie Le Bois d'Amour Pont Aven 1993 Site consacré à l’artiste – écrivain à l’adresse ci-dessous: http://www.pierregivodan.com/
Publié le 13 mars 2007 à 00:47
Par flicorse
Le Salon de l’art de Marseille :
Lundi 11 mars , le salon de l’art de Marseille a fermé ses portes au parc Chanot, où 153 artistes de 16 nationalités différentes exposaient une petite partie de leurs œuvres. Amateurs et professionnels observaient et chuchotaient dans un circuit en forme de carrousel, n’hésitant pas à faire plusieurs tours pour revoir et mieux apprécier celles qui les avaient touchées, avant de voter, comme chaque année, pour l’attribution du prix spécial du public. Nous nous sommes arrêtés, cette année, sur deux artistes corses : Gabriel Diana et François Casanova., mais aussi sur Seb M, de Palavas.
François Casanova :
Le peintre François Casanova est un contemporain et ne revendique aucun lien généalogique avec le François Casanova , peintre de batailles, né à Londres en 1727 , frère de Giacomo Girolamo Casanova (en français Jacques Casanova), aventurier célèbre né le 2 avril 1725 à Venise, décédé le 4 juin 1798 à Dux en Bohême (aujourd'hui Duchcov), et qui usa de pseudonymes dont le plus célèbre est celui de Chevalier de Seingalt.
 Notre François Casanova est un peintre expressionniste autodidacte installé en Provence. Il est né en 1944 en Corse où il a passé sa jeunesse. Après une première expérience picturale à Marseille dans la mouvance de 68, son activité professionnelle le pousse vers le monde du tapis et des textiles orientaux dont il va faire le commerce. Il se passionne alors pour les œuvres des différentes tribus nomades et collectionne les pièces anciennes (tapis de prière, kilims, selles et autres objets textiles), témoins de la vie et de la créativité de ces ethnies aujourd'hui sédentarisées. Retourné à la peinture textile dans les années 90, il trouve son inspiration dans la connaissance de ces civilisations ; il crée à partir de ces "documents" une œuvre tout à fait personnelle. On retrouve dans certaines de ses créations abstraites les couleurs de l’Anatolie, chères au peuple arménien. Il s’agit d’une œuvre singulière exprimant un vécu et une grande sensibilité à la manière d’aucun maître vivant ou mort.
Il a exposé notamment à la Galerie Cardinal à Ajaccio, voir à l’adresse ci-dessous : http://perso.orange.fr/galerieducardinal/sources/casanova.htm**
Gabriel Diana :
 biographie sur son site - http://perso.orange.fr/gabriel.diana/_private/1-Page%201.htm
" De mère française et de père italien, Gabriel Diana naît en Toscane en 1942. Très jeune il fréquentera l’académie de peinture de Bastia, dirigée par le Grand Prix de Rome Hector Filippi. A seulement 15 ans, sa première exposition personnelle à Corte, en Corse. Inscrit aux Beaux Arts de Brest, il passera trois ans dans la Marine Nationale et dessinera régulièrement sur la revue "Cols Bleus". Une successive formation d'ingénieur, lui permettra d’exercer la profession, à Milan, durant de nombreuses années. Dans la capitale lombarde, il lui fut facile de cultiver sa passion pour l’art et fréquenter différents ateliers d’artistes. Peinture, sculpture, arts plastiques, Gabriel Diana aime affirmer que : "Si chaque technique est un langage, l'homme est polyglotte!..." L'artiste est aujourd'hui, pour la Corse, un personnage de valeur culturelle certaine, reconnu en France et même à l'étranger. Ses œuvres, particulièrement les bronzes fondus à la cire perdue, ont été définis par les médias insulaires: "...Oeuvres qui revêtent une dimension symbolique forte dans le contexte socio politique actuel. Toutes sont porteuses d'une image valorisante qui traduit la capacité de l'île à produire et à exporter de la valeur ajoutée dans les domaines artistiques et culturels." En décembre 2004, la chaîne télévisée France3 a réalisé un reportage de 52 minutes sur le parcours artistique du peintre et du sculpteur, également bronzier. Images riches d’intérêt, tournées dans son atelier en Corse, à Bastia, au Musée d’Anthropologie de Corte, mais également en Italie, à Milan où il vécut, et dans sa fonderie où il opère régulièrement. Sensible à la philosophie de l’artiste, le réalisateur Jean-Charles Marsily a su en cueillir l’essence, par cette phrase qu’il superposa en ouverture : "Ce que révèlent les oeuvres de Gabriel Diana est subjectif. Ce qu'elles cachent est essentiel..." Depuis sa formation d'ingénieur, le didactisme est devenu un propre de l'artiste : Avec ses deux éditions " Bronze " et "L'art du bronze par le feu ", le sculpteur emmènent le lecteur à la découverte de la technique de la fusion du bronze à la cire perdue. Un parcours complexe, rendu facile par de nombreux dessins, ainsi que d'étonnantes photographies prises en fonderie durant le tournage par Norman Douglas Pensa. Maintes fois primé dans différents pays, (en France ses principales reconnaissances sont à Montmartre, au Louvre, au Palais de Chaillot, Trocadéro, Musée de la marine...) le sculpteur corse a été honoré par la République Italienne, le Président Carlo Azelio Ciampi lui ayant décerné les insignes de "Cavalliere dell'Ordine della Stella e della Solidarietà Italiana" pour ses mérites artistiques.Les travaux de Gabriel Diana enrichissent dans le monde entier de prestigieuses collections privées, lieux publics, musées et fondations.
Article et photos sur reportage FR3, à l’adresse ci-dessous: http://perso.orange.fr/gabriel.diana/_private/E.1.01.%20PRESSE.htm
La préface de son dernier catalogue, intitulée " Gabriel Diana, ou letravail sur soi… " a été écrite , avec talent, par *Marie-jean Vinciguerra . On peut lire , après une description des bronzes dans le paysage corse de l’artiste : " … Ces bronzes témoignent de l’itinéraire spirituel de l’artiste, d’un voyage à l’intérieur de soi. Diana tient la bride aux émotions. Il imprime ses œuvres d’un sceau d’authenticité en leur communiquant le frémissement de sa sensibilité. " L’arte e cosa intellettuale ". Diana, ingénieur, le sait lui qui saisit d’un trait net la sculpture du vivant. La précision de la ligne n’est pas de détail ni de pure géométrie, mais d’allure. Le mécanisme du monde est irrigué de sang. C’est la main du démurge qui donne l’étincelle de vie. Après le dessin, vient le façonnage du modèle ( la main accoucheuse pétrit, caresse) à partir duquel est tiré le moule. La technique de la " cire perdue ", celle qu’affectionne Diana, permet d’atteindre la plus grande perfection. Dans sa fonderie, l’artiste veille, participe au déroulement de toutes les opérations que nécessite cet " art du feu " ( remplissage et évacuation de la cire, mise en place d’un réseau de canaux, remplissage et débourrage du noyau de terre réfractaire…) "
Gabriel Diana a réalisé une série d’œuvres érotiques, un érotisme fait de provocation et de pudeur, un travail d’esthète. Marie-Jean Vinciguerra décrit de parfaite façon certaines des sculptures et vous pouvez aller les voir sur le site de l’artiste ; On y trouve aussi des bandeaux et des têtes de maure saisissantes sur fond marin. Nous avons remarqué un buste de Pascal Paoli , « babbu di a patria » , la première constitution insulaire dans sa main droite posée sur son coeur.
 Les œuvres de cet artiste " revêtent une dimension symbolique forte dans le contexte insulaire. Toutes sont porteuses d’une image valorisante qui traduit la capacité de l’île à produire et à exporter de la valeur ajoutée dans les domaines artistiques et culturels ". Elles témoignent de cette culture corse à la fois immémoriale et contemporaine. Il poursuit ce « travail sur soi " en passeur de culture.
Site de Gabriel Diana : http://www.gabrieldiana.com
A Borgo, cordon lagunaire, Route de Marana, Gabriel Diana vous prpose une exposition permanente, la visite de son jardin ( " Le jardin de rocs agencés et de palmes ouvre l’arche volière des fables " M.J Vinciguerra – exposition de cultures momumentales ) sa salle d’exposition et son atelier d’artiste, sans le moindre engagement et sur simple rendez-vous Tél.04 95 58.18.05
*Marie-Jean Vinciguera, homme politique et écrivain qui vient de publier un ouvrage intitulé " Höderlin et Paoli ". L’auteur a travaillé dans les années 1980 à 84 avec Pierre Bertaux, grand germaniste, qui lui a fait connaître l’œuvre d’Höderlin , à qui il avait consacré un article dans le N° 151 de Kyrn " Höserlin ou le mythe de la Corse héroïque ". Il a traduit de cet auteur germanique un poème de 600 vers titré " Emilie à la veille des Noces ", " une sorte de roman épistolaire, dit-il. ". Il s’est ensuite intéressé à l’historiographie de Pascal Paoli " à travers le prisme allemand ". Son livre (aux Editions Materia Scritta, 2006) raconte le voyage initiatique du héros Edouard qui passe par la Corse. Dans l’article de Jean-Marie Arrighi ( Corsica), l’auteur dit : " … Il (Höderlin ) distingue le patriotisme du nationalisme. On peut être " apatride " sur son propre sol lorsqu’on ne ressent plus son appartenance à une terre de liberté et de démocratie. Le " pays-patrie " ( Heimat) s’inscrit dans une mémoire, celle d’un " Vaterland ". Mais, sans la liberté, il n’y a plus de patrie. Napoléon, " esprit universel " au sens hégélien, en trahissant Bonaparte républicain, à la différence de Paoli, cesse d’être un " père de la patrie ". Quatrième page de couverture : " Le général Paoli, figure emblématique de la résistance et de l’indépendance corses et " père de la patrie " (" U babbu di a patria "), a été célébré par l’intelligentsia de l’Europe des Lumières (Rousseau, Voltaire, Burnaby, Boswell, Symonds, Vittorio Alfieri…). Comme l’écrit Voltaire à sa nièce Marie-Louise Denis : " Toute l’Europe est corse. … la réputation et le rayonnement de Paoli était tel dans l’Europe entière que le poète allemand Hölderlin, pour écrire une œuvre destinée à l’éducation morale et politique des jeunes femmes Emilie à la veille de ses noces, a fait appel au personnage de Paoli comme exemple édifiant de la lutte pour la libération de son peuple…. Le mythe de Paoli à la fin du XVIIIe siècle résulte de la fusion de deux mythes : à l’image de défenseur de la liberté s’ajoute celle du héros qui a partagé les idéaux de la Révolution française avant qu’elle ne tombe dans les excès de la Terreur. " Avec son ouvrage " La veuve de l’écrivain ", il a obtenu, en 2006, le Prix du Livre insulaire - Distinction Regards poétiques. Il sera présent au Salon du Livre 2007 de Paris – stand de la Collectivité locale de Corse
Article Corsica : http://info.club-corsica.com/iden_90_001.html#
Seb M de Palavas ( Hérault)
Nous avons remarquer bien sûr d’autres artistes " pinsutti " et, pour en citer un, nous avons choisi Sébastien Masse " Seb M ".
 Né en 1970 à Marseille, Sébastien Masse vit et travaille près de Montpellier. Il expose à Béziers, Saint-Tropez, Montpellier et Marseille. Après avoir fini ses études d'histoire de l'art, la pratique de la peinture est devenue chez lui une nécessité. Il se sert de sa vision du monde comme point de départ d'une figuration. Son univers pictural décline des thèmes de la vie quotidienne contemporaine : scènes de rue, de bar, portraits d'anonymes ou de personnages célèbres. Les femmes, aux yeux allongés, aux lèvres fortement marquées, aux regards directs, interpellent l'imaginaire du spectateur. Seb. M utilise une technique mixte alliant l'acrylique, le pastel et des encres diverses. Ses compositions sont caractérisées par la finesse de ses harmonies colorées, à la fois légères et contrastées. Il explique : " Historien d'art de formation, des artistes comme Bacon, Picasso, Giacometti, Modigliani, Barceló ont alimenté mon désir de devenir peintre. De manière empirique, ils ont développé un langage pictural afin de retranscrire leur propre vision de la réalité et de leur monde imaginaire. Avec la même approche, j'ai choisi de travailler à l'instinct, au-delà du réfléchi laissant dialoguer la forme et la couleur avec la sensation. Portraits, scènes de la vie quotidienne, variations érotiques ou thèmes mythologiques, peuplent mon univers pictural où prédomine l'individu. Peindre est à mon sens un acte qui mélange l'expérience du vivant en général et sa vie propre. Le modèle (personnage réel ou imaginaire) permet de plonger dans l'âme humaine, de découvrir l'autre et de dévoiler ce qui se cache au fond de soi. Les visages de mes personnages restent graves, en attente, et seraient comme une mémoire vivante où s'entrechoquent des champs d'expériences, des sensations, des forces vitales. Ils se composent comme un vivant poème où les correspondances formelles riment avec les harmonies de couleurs. Les yeux et la bouche caractérisent l'expression, la relation avec le spectateur. Le nez, espace polymorphe ou non, donne l'impulsion majeure au "visage masque". La simplification des formes accentuent la force du sujet. Les fonds amènent l'unité au tableau et synthétisent la composition dans une dominante de couleur. Ils accentuent l'isolement de la figure et intensifie sa présence. L'homme se voit confronter à lui-même, à sa propre réalité physique. C'est une sorte de mise en abîme comme les ombres ou les flaques aux abords des figures agissant tels des miroirs où se refléterait la substance humaine. La forme et la couleur sont donc étroitement liées à la sensation. Elles répondent à une logique de création où interviennent tour à tour : le rêve avant la réalité, la pensée avant la raison, l'indicible avant le visible ".
Information vue sur le site : http://membres.lycos.fr/baroo/spip/
Publié le 09 mars 2007 à 20:13
Par flicorse
Le mas des alouettes, film des frères Taviani , sortie dans les salles le 1er Mai 2007 :
Lors du 57e festival de Berlin, du 8 au 18 février 2007 était présenté, hors compétition, le film des frères Paolo et Vittorio Taviani consacré au génocide arménien. "La Masseria delle Allodole" (titre français: "Le mas des alouettes") est tiré du roman d'Antonia Arslan: elle y a raconté l'histoire de sa famille arménienne.
La famille arménienne Avakian est riche et nombreuse. Les deux frères Aram et Assadour ont décidé de se revoir. L'un, médecin, émigré à Venise, a bien réussi, est marié avec une comtesse italienne, et l'autre possède des terres près d'une petite ville d'Anatolie qui abrite une importante communauté arménienne et où il est respecté même par les autorités turques. Tandis qu'à Venise on organise le long voyage en Anatolie, Aram, sa femme Armineh, sa tante Hasmig et sa soeur Nunik se préparent à les accueillir. On fait restaurer le Mas des alouettes, l'antique demeure qui les a vus naître. Dans la période qui précède ces retrouvailles, émergent des sentiments, des projets ambitieux... et même une histoire d'amour, dangereuse et impossible, entre Nunik, arménienne, et un jeune officier turc.
Note des frères Taviani : " Nous aimons ce film et nous sommes convaincus que le public l’aimera aussi, parce que les points forts de ce récit sont ancrés dans deux grands moments de l’histoire humaine. Le premier est lié au sens ancien, mais toujours nouveau, de la famille. Une famille, arménienne, dans laquelle s’accomplit le destin de ses membres: la force, la passion d’un couple d’époux, la mort, chargée de présages, d’un vieux patriarche charismatique, l’ardeur et l’impatience d’une jeune fille en quête d’amour, l’innocence mystérieuse de l’enfance. Des destins individuels qui se croisent et s’affrontent dans la belle demeure de la petite ville arménienne, en Turquie, et dans leur " mas des alouettes " que l’on restaure dans toute sa splendeur à l’occasion du retour tant attendu d’un frère qui a émigré depuis des années en Italie. Dans cette atmosphère d’attente joyeuse et de confiance naturelle dans la vie, les membres de la famille ne remarquent pas les nuages noirs et menaçants qui s’amoncellent au-dessus de leurs têtes. Après des années de co-existence pacifique, les " jeunes de la Grande Turquie ", fanatiques et racistes, préparent en secret leur plan de génocide: éliminer l’ethnie arménienne, afin que la Turquie appartienne uniquement aux Turcs ".
Article complet à l’adresse ci-dessous : http://www.flachfilm.com/article.php?lang=fr&id_film=&id_article=462&rub=int

Brève biographie des Taviani : Vittorio Taviani, né le 20-9-1929, et Paolo, né le 8-11-1931 à San Miniato, en Italie. Vittorio étudie le droit à Pise et son frère poursuit des études artistiques. Les deux frères commencent à s’intéresser au cinéma et réalisent en 1954 un premier court métrage en commun sur leur village natal, " San miniatio*, Luglio ’44 ". Avec PADRE PADRONE, lauréats du festival de Cannes en 1977, ils deviennent célèbres au-delà des frontières de leur pays.
Eglise San Miniatio al monte
* San Miniatio est une ville de la province de Pise et c’est aussi le saint de l’église San Miniato al monte à Florence . Ce monument religieux de Florence en Toscane (Italie) rend hommage au premier martyr de la ville, Saint Minias, enseveli ici au IIIe siècle. Selon la légende, Minias était un prince arménien qui servait dans l’armée romaine sous les ordres de l’empereur Decius. Accusé d’être chrétien, il l’avoua. Les lions refusèrent de le dévorer. Il fut finalement décapité et monta sur la colline en portant sa tête. Donc " être né à San Minatio en Toscane " représente un lien historique ancien avec l’arménité.
Les acteurs sont excellents. André Dussolier, Tchéky Karyo et Arsinée Khandjian (compagne du célèbre cinéaste canadien A. Egoyan) font partie du casting.
Arsinée Khandjian
Les images poursuivront les spectateurs encore longtemps. Tout est insupportable. Il y a des dépositions de témoins, selon lesquels les soldats ont demandé à des mères arméniennes de tuer elle-même leur nouveau né mâle , des scènes regardées avec les yeux plein d’incrédulités et qui vous laissent hébétés. Et cependant, elles reflètent la vérité historique. Les frères Taviani soulignent que la représentation du génocide des Arméniens est prouvée historiquement.
Dans le Journal italien " La Stampa " " Les frères Taviani n’avaient jamais fait un film fort, sanglant et déchirant comme " la masseria de l’allodole ". Un jet de sang écarlate sur une porte blanche : c’est une prémonition. La tête du propriétaire, tranchée par un coup de sabre, tombe sur les genoux de sa femme. Un médecin châtré par une épée hurle de douleur. Un enfant caché sous une table est tirée dehors par un pied puis enfilé. Un amour impossible entre un officier turc et une fille arménienne. Femmes qui sont prises avec violence ou qui s’offrent pour de la nourriture. Une maman accouche d’un mâle, ils lui est accordé le droit de le tuer... " La ferme aux alouettes " est très intéressante, riche d’images merveilleuses. Le film est marqué par le style grandiose unique des Taviani, aggravé par la persécution des Arméniens et vers les assassinats de masse de nos jours " Le journal allemand " Frankfurter Allgemeine Zeitung " explique que "dans les scènes des massacres le film reste austère et ne montre pas la soif de sang des Turcs comme un excès de sadisme mais comme un carnage rigide et presque solennel ".
Vidéos sur le site " Nouvelles d’Arménie " : http://www.armenews.com/article.php3?id_article=29368
Le livre " Il était une fois l’Arménie " écrit par Antonia Arslan, Italienne d’origine arménienne , professeur de littérature :
Aux éditions Robert Laffont, paraît la traduction de " Il était une fois en Arménie",poignant récit d'Antonia Arslan sur les traces de sa famille italo-arménienne. Dans leur film, les frères Taviani ont repris le titre original de " Mas des alouettes ".
" Emigré très jeune en Italie, Yervant (le futur grand-père d'Antonia) projette un retour au pays, à l'invitation de son frère Sempad. Pour un séjour, ou peut-être plus. Le premier est médecin, père de deux enfants, le second pharmacien, à la tête d'une progéniture assez touffue. D'un côté, on aménage la maison qui accueillera les retrouvailles (le mas des alouettes), de l'autre, dans un même tourbillon, on prépare la voiture (rouge Ferrari : une six places avec glacière) qui y conduira ; de l'un comme de l'autre, on appréhende le moment, on se réjouit par avance, on ne songe guère plus qu'à ce voyage. On est en 1914, puis au printemps 1915. L'Italie entre en guerre contre l'Empire ottoman, interdisant le départ de Yervant. Enchâssées dans le conflit mondial, les dérives purificatrices du panturquisme emporteront Sempad - à l'exacte moitié du livre - et avec ou après lui la plupart des siens. La mort s'introduit au mas des alouettes avec la violence de la folie furieuse, à laquelle quelques instants, une lame forcenée, suffisent pour trancher la gorge d'un homme, ou massacrer tous les hommes réunis là, sans que la moindre issue leur soit laissée. L'épreuve infligée ensuite, des semaines et des semaines durant, à ceux (celles) qui n'ont pas été les victimes directes de la tuerie inaugurale apparaît d'autant plus cruelle qu'elle fait d'une certaine manière peser sur chacune des "personnes déplacées" la responsabilité de sa survie (la sienne, celle de ses êtres chers, d'un peuple dans son entier) : sur une capacité de résistance surhumaine, idéalement accompagnée d'un don pour l'astuce digne des plus valeureux héros des contes traditionnels "
Article complet sur le bolg " Topolivres " : http://blog.topolivres.com/blogtopolivres/213/Armnie+mon+amie,+Anne+de+l'Armnie+en+ France+::+Antonia+Arslan,+IL+ETAIT+UNE+FOIS+EN+ARMENIE.html
Antonia Arslan Extrait d’une interview de l’auteur : " Ce livre est né de tous les récits oraux que j'ai entendus au cours de mon enfance. Des histoires de survivants, des narrations faites par des cousins, des personnes âgées qui venaient voir mon père ou mon grand-père et leur racontaient leur expérience. C'est ainsi que les marques de la survie des Arméniens et de la tragédie du génocide se sont gravées dans mon esprit et dans mon cœur. Toute ma vie j'ai porté ces traces en moi, sans avoir le courage de les laisser affleurer, d'en parler. Jusqu'au jour où j'ai entrepris de traduire un grand poète arménien, Daniel Varoujan [Le Chant du pain, trad. en français par Vahé Godel, Parenthèses 1992], exécuté lors du génocide de 1915. Il s'agit de l'un des plus grands auteurs symbolistes, assez peu connu hélas, sa langue étant elle-même peu répandue " Pour plus aller aux adresses ci-dessous : http://blog.topolivres.com/blogtopolivres/212/ http://www.yevrobatsi.org/st/item.php?r=2&id=2054
Daniel Varoujan
En ce qui concerne Daniel Varoujan, il serait, selon Antonia Asrlan, mal connu en Italie. Toutefois, il est très célèbre dans la communauté arménienne de France. Les Editions Parenthèses qui l’ont édité, ont leur siège à Marseille. De son vrai nom de famille, Tcheboukkiarian, Daniel Varoujan est né au village de Perkenig près de Sébaste. Fuyant les massacres hamidiens, sa famille va s’installer à Istanbul où il devient l’élève des frères Mekhitaristes. Ces derniers l’envoient au Collège Moorad-Rafaélian de Venise et de là en 1905, à l’Université de Gand en Belgique où il suit des cours de littérature. En 1909 , il retourne à son village comme instituteur où il enseigne 3 ans. Après son mariage en 1912, il devient le directeur de l’Ecole Saint Grégoire l’Illuminateur d’Istanbul. En 1914, il fondera avec d’autres écrivains arméniens un cercle littéraire voulant se réclamer de l’ére préchrétienne et païenne. Poète de génie, Daniel Varoujan demeure le symbole de cette époque. Il sait couler la violence de sa passion dans une langue raffinée. Poète d'Éros, son poème présenté ci-dessous "Chant Païen" est d'une réalisation érotique et sensuelle digne des Mille et Une Nuits. Varoujan est aussi le chantre du peuple, dont il veut que la douleur soit sans désespoir. Les Frissons, Le Cœur de la race et la Chanson du pain sont ses chefs-d'œuvre. "Varoujan mourut attaché à un arbre, mutilé de part en part, et ses restes furent jetés aux chiens errants. Depuis Euripide, jamais à notre connaissance, poète n'avait connu une fin aussi effrayante, sinon celui dont la religion de son peuple se réclamait. Il est difficile de ne pas y penser. Le poète avait trente et un ans." (Luc-André Marcel). Site NetArménie : http://www.netarmenie.com/culture/poesie/varouj.php
Publié le 31 décembre 2006 à 07:53
Par flicorse
Dans son recueil « Les passagers d’Istanbul », Esther HEBOYAN nous offre neuf nouvelles, neuf récits intimes de vies qui établissent une généalogie arménienne post-génocidaire. Il s’agit d’êtres et surtout de femmes à la fois victimes de leur destin qui, paradoxalement, les a rendues plus fortes. A travers des familles, s’établit une filiation identitaire faite de souvenirs suaves comme des loukoums, tendres, parfois burlesques. Si le titre du recueil est aussi celui de la dernière nouvelle, chaque personnage est le «passager » d’un pays d’accueil, un passager dont l’identité se brouille comme la langue qui se perd ou s’enrichit selon le point de vue. On prend conscience de la survivance fragile de l’arménité en Turquie mais aussi dans tous les ailleurs de l’Anatolie.
Les Arméniens ont été intégrés dans la nation turque avant le génocide. Nombre des leurs parlent mieux le turc que l’Arménien. Certains sont restés après le génocide, dans une sorte d’exil intérieur. Ils sont allés survivre surtout à Istanbul, grande ville cosmopolite. Et puis, à court, moyen ou long terme, nombreux se sont exilés définitivement, s’arrachant des racines qui leur restaient. Ce sont à ces petites gens « démunis, exilés, sans langue», passagers d’Istanbul puis d’autres villes du monde, qu’ Esther HEBOYAN a voulu donner la parole.
L’auteur fait partie de la génération née en Turquie, à distance (par sa naissance et par sa scolarité en Turquie) du génocide. Son enfance est liée à Istanbul qu’elle évoque toujours avec nostalgie. Ses langues de naissance sont d’abord l’arménien, puis le turc. Sa famille s’est exilée en Allemagne et ensuite en France. A chaque escale, elle a du surmonter une rupture et apprendre une nouvelle langue. Elle est allée ensuite aux Etats-Unis découvrir son El dorado : la littérature américaine (Peut-être que cet attrait a quelque chose à voir avec les rêves hollywoodiens de quelques femmes arméniennes, lectrices de revues de cinéma). Actuellement, elle est universitaire dans l’Artois et, traductrice, impliquée dans des travaux sur les langues, avec le constat qu’elle a du apprendre l’allemand, le français et l’anglais, puis réapprendre le turc. Elle estime que sa maîtrise de l’arménien est rudimentaire par rapport au français et à l’anglais. Il lui faudrait trouver le temps et l’énergie, selon elle, nécessaire pour atteindre un niveau de compétence satisfaisant pour l’arménien. « L’oralité est une chose , dit-elle, savoir écrire correctement dans une langue est autre chose ». C’est sans doute ce constat qui a motivé son attrait affirmé pour l’écriture. C’est sûrement, en elle, la femme arménienne (envers et contre tout renoncement à sa vraie généalogie) qui a senti le besoin d’écrire les neuf nouvelles du recueil « Les passagers d’Istanbul ». Il ne s’agit pas de récits archéologiques mais de la mémoire généalogique d’une arménité tenace et vivante chez ses passagers qui transportent partout leurs trésors avec eux… trésors culturels, il s’entend !...
Esther HEBOYAN nous parle du défi d’exister envers et contre l’exil, de son appartenance à une diaspora confrontée puis intégrée aux autres cultures, et de la volonté d’être arménienne : un corps, plutôt qu’un corpus à ressasser.
 Recueil de neuf nouvelles aux Editions Parenthèses, collection "Diasporales" Le recueil s’ouvre sur Aroussiak, une grand - mère qui s’exprime dans une « langue composite à résonances et approximations turco -arméniennes ». Tout juste adolescente, elle a été mariée avec un boucher de 10 ans son aîné. Cette vieille arménienne, épouse bafouée, illettrée et indigente, a pour devise : « Le bidon d’huile du bon dieu vient à qui veut » (une façon à elle de dire « Aide-toi et dieu t’aidera ») illustrée par son poulailler du Bon Dieu, garde-manger pour les jours de disette. Que reste-il d’elle, après que « la mort et l’exil qui parfois ressemblait à la mort eurent dispersé les êtres et les choses » : quelques photographies dans une vieille boite récupérée par une petite-fille pour qui sa « Medz mayrig » ( grand –mère en arménien) reste la plus belle, la « Güzel » du village d’Istanoz près d’Ankara. Et puis vient la petite sœur d’Ava Gardner, la belle Sylva convaincue qu’elle ressemble à Ava Gardner par son amie Méliné délaissée par les hommes et décrite avec « une tête de corbeau sur un corps de moineau », la coupable idéale de tous les péchés de son entourage. Suivent le phénoménal Oncle Zareh et Diguine Yester, une femme pieuse et respectée, réunis lors d’un banquet familial bien arrosé de Raki. Ils précèdent Mardiros Artinian alias Agha, bel homme « les yeux bleus envoûtant, le chef orné de boucles châtain et la parole magnanime », admiré des femmes et envié par les hommes… « Et Mardiros Agha posait, soupirait, saluait tantôt en turc tantôt en grec ou en arménien. » Avec la nouvelle « Un si long chemin », l’antagonisme entre son père Antranik le timoré et son oncle Krikor, globe trotter religieux, va faire le bonheur conjugal de Serko… On y trouve un dialogue polémique entre les deux frères sur l’usage de la langue arménienne en Turquie. Quant à la jeune Hilda, elle va au cinéma, chaperonnée par ses deux grands-mères « avec leurs mots bien à elles, des mots brusques, effervescents à jamais perdus », juste avant la séquence d’automne entre Hagop qui n’a jamais rien promis et son épouse Ani qui, résignée, se contente de ce qu’elle appelle « la vie nue ». Hagop « a laissé une précieuse partie de lui-même, là-bas, là d’où il vient même si il ne sait plus très bien d’où il vient ». Lui, qui ne rêvait jamais, a fait un rêve étrange et pénétrant…Tous sont des passagers d’Istanbul comme les personnages de la dernière nouvelle du recueil : Hovsep rebaptisé Joseph, Anika devenue Annie et leurs enfants, Yester répondant au prénom choisi d’Esther avant de découvrir trop tard celui d’Esterina dans un mélodrame italien, alors que Herantouhi s’est retrouvée Isabellisée , victime de la lettre « H »…
« Les passagers d’Istanbul » est la dernière nouvelle du recueil, celle de l’exil, du trouble de l’identité, de l’intégration à un nouveau schéma socio –culturel qui passe par l’apprentissage de la langue de l’exil et l’oubli de la langue originelle, la montée de la xénophobie… l’occasion, par les temps qui courent, pour accepter un vaccin de rappel de l’exception culturelle française. La devise « Liberté, Égalité, Fraternité » ne devrait pas devenir un slogan vide de sens dans une France qui exporte l’humanitaire et expulse sans humanité. Finalement, ne sommes – nous pas tous des passagers d’une humanité en marche ?
Cette anthologie familiale contient son florilège de mots, de lieux et de noms dont l’étrangeté fait imaginer des personnages fabuleux, « enluminés », peut-être parce que l’exil et l’entropie des souvenirs rendent le passé parfois plus beau dans une vérité romanesque. Lorsque l’on referme le livre, les personnages font un carrousel dans notre imagination, tant Esther Heboyan leur donne chair, nous les rend familiers.
Les passagers d’Istanbul nous invitent à un voyage nostalgique avec ce sentiment que le temps ne délivre aucun billet de retour, même si le présent se nourrit du passé, souvent avec humour et tendresse. Chacune de leur vie est comme une strate de cette humanité arménienne et les mots, par poussées orogéniques affleurant cette vérité romanesque (écrirait, je pense, Martin Melkonian), renaissent des cendres d’un séisme en date du 24 avril 1915. Latent, transparaît ce sentiment d’appartenir à une entité historique et culturelle menacée par la fragilité d’une transmission familiale orale qui pousse au besoin d’écrire.
Engagés dans une croisade contre l’oubli, les passagers arméniens de l’exode et de l’exil font escale depuis 1915. Toujours à la croisée entre deux cultures, ils emportent partout, avec eux, cette Arménité qui a son berceau en Anatolie. Lors d’une table ronde organisée pendant la journée du livre arménien à Marseille, une participante a demandé : « Arméniens, qu’apportons – nous au monde ? J’aimerai qu’un non -arménien réponde. » Malheureusement, le temps était écoulé et la séance est restée sur cette question. Mais, finalement, la réponse apparaît évidente : Le peuple arménien apporte son humanité vieille de plusieurs millénaires et sa culture riche de ce long passé. Il apporte son histoire marquée par le premier génocide du 20ème siècle et l’exil d’une diaspora meurtrie jusqu’aux enfants qui naissent avec cette tragédie en héritage. Aujourd’hui, les Arméniens de cette diaspora représentent une richesse pour les pays d’accueil où ils ont su s’intégrer avec intelligence et sans se renier. Ils comptent, parmi eux, nombre de talents, notamment dans les domaines de l’art et de la littérature. Ils respectent sans faille leur devoir de mémoire et se font les passeurs d’une culture toujours et plus que jamais vivante. Le peuple arménien, par sa solidarité trans-générationnelle et sa diaspora, contribue à notre humanité pluri – culturelle en devenir.
 traduit par E.Héboyan F.Cetim L. Carzou et E.Heboyan
Dans une lignée généalogique, les grands parents sont les mémoires vivantes d’un passé plus lointain. Plusieurs auteurs arméniens, dont Esther HEBOYAN, ont senti le besoin de revenir, par l’écriture, sur les bribes d’un passé incarné par une grand-mère arménienne restée en Turquie après le génocide. Nous avions consacré un article à Louis Carzou pour « La huitième colline ». Nous signalons la 7ème réédition du roman « Le livre de ma grand-mère » écrit par Féthiyé Cetin ( publié en 2004). Cette avocate des droits de l’homme et des minorités raconte le secret de toute une vie : être une grand-mère arménienne dans une famille turque. C’était le secret de sa grand-mère Héranouche, décédée en 2000.
Entretien avec Mme Esther HEBOYAN :
Question 1 : Vous montrez avec talent l’existence de cette arménité qui a repris racine à Istanbul et qui, après l’exil, est nostalgique de cette ville turque. Avant le génocide, les arméniens étaient déjà turcs et parlaient souvent mieux le turc que l’arménien. D’ailleurs, vous utilisez des mots arméniens et des mots turcs, voire même de dialecte turco -arménien comme « Arman Astvadzis ! » qui signifie « Ah ! Mon dieu. » Finalement, on s’aperçoit que les ambiances familiales et les souvenirs d’enfances en Turquie après le génocide sont très proches des récits faits par des familles arméniennes venues en France immédiatement après le génocide. Finalement, qu’est-ce qui différencie une femme arménienne et une famille arménienne en Turquie, d’une femme arménienne et une famille arménienne en France ?
Réponse d’Esther HEBOYAN : Vaste question. Pour pouvoir y répondre, il faudrait prendre en compte quelques paramètres – le niveau socio-économique, les possibilités de développement intellectuel, social et politique, les mentalités, les repères culturels, etc. Pour ce qui est de la langue, comme dans tout espace où coexistent plusieurs peuples, il y avait et il y a des interférences entre le turc et l’arménien. En Turquie, les Arméniens qui n’avaient pas accès aux institutions éducatives arméniennes parlaient effectivement mieux le turc que l’arménien.
Question 2 : Vous êtes née en Turquie dans une famille d’origine arménienne. Vous avez émigré en Allemagne puis en France avant de séjourner longuement aux Etats-Unis où, après plusieurs années, vous avez pleuré en entendant parler turc parce que vous avez réalisé que, faute de pratique, vous perdiez votre langue de naissance. Aujourd’hui, vous êtes universitaire en France et notamment spécialiste de la littérature américaine. Vous faites des traductions d’ouvrages turcs (Je pense à la traduction de Nedim Gürsel ). Vous parlez plusieurs langues mais pas l’arménien. Vous écrivez aussi des poèmes dans la revue « Neige d’août » sortie en octobre 2006. Vous avez dirigé un ouvrage « Exil à la frontière des langues » paru en 2001. Certains auteurs exilés choisissent de s’exprimer dans la langue du pays d’accueil. D’autres restent fidèles à leur langue. Pensez-vous que la langue soit un élément nécessaire à la survie de la culture arménienne et de l’arménité chez la diaspora en France?
E.H : Il faudrait corriger quelques informations qui circulent depuis peu sur le net et qui sont erronées. Non, je n’ai pas pleuré en entendant les gens parler le turc aux Etats-Unis, mais plutôt après avoir lu les nouvelles en français de Nedim Gürsel sur l’exil qui bien entendu me renvoyaient à mon propre exil. Non, je n’ai pas perdu ma langue maternelle ; je parle arménien mais ma compétence est limitée. Quant à savoir si la survie d’un peuple dépend de la pratique de sa langue… A priori, on pourrait croire que oui. Cependant, il y a énormément d’Arméniens en France, en Suisse, en Allemagne et ailleurs, en Turquie même, qui ne parlent pas arménien mais qui se sentent arméniens, alors… « Neige d’août » est une très belle revue dirigée par Camille Loivier ; le numéro d’octobre 2006 contient quelques uns de mes poèmes.
Question 3 : Pensez-vous que les Editions bilingues soient un bon compromis entre l’identité culturelle et l’édition dans le pays d’accueil pour les auteurs faisant partie d’une diaspora?
E.H : C’est une très belle trouvaille qu’il faudrait exploiter davantage.
Question 4 : Vous avez intitulé votre ouvrage « Les passagers d’Istanbul ». Pouvez-vous nous parler du choix de ce terme « passager » pour évoquer l’arménité et l’exil ?
E.H : Pour autant que je m’en souvienne, au début des années soixante Arméniens et Turcs d’Istanbul se destinaient à partir s’installer en Europe et ailleurs. Les entreprises ouest-allemandes surtout ont encouragé un mouvement de masse qui n’a finalement jamais cessé. Le terme « passagers » est un terme lyrique pour désigner des formes d’exil.
Question 5: Vous avez participé à une œuvre collective en écrivant une nouvelle sur Istanbul dans un recueil édité par les Editions Albiana. Il s’agissait pour chaque auteur d’écrire une nouvelle située dans une ville. Pouvez-vous nous parler de cette expérience avec l’Edition corse ?
E.H : François-Xavier Renucci m’avait demandé de traduire une nouvelle de Nedim Gürsel. Par la suite, nous avons échangé des projets d’écriture ; notre collaboration est née de cette façon.
Question 6: Comme nous avons la chance d’avoir en vous une spécialiste de la littérature américaine, quelle est l’évolution des goûts pour le polar et le roman noir aux Etats-Unis?
E.H : La littérature américaine est un domaine très varié et très fécond. Je n’ai pas suivi l’évolution du polar américain. Il m’arrive de lire ou de relire les maîtres du genre – Dashiell Hammett et Raymond Chandler dont j’apprécie l’écriture minutieuse et le rythme nerveux.
Publié le 21 décembre 2006 à 16:21
Par flicorse
Martin Melkonian est né en 1950 à Paris. Ecrivain confirmé, il possède une bibliographie d’une quinzaine d’ouvrages et Les Editions Parenthèses, en 2006, ont édité un autre ouvrage dont il est l’auteur « Ils sont assis » (c’est ainsi qu’on désignait le fait d’être enfermé dans un camp en Union soviétique). Il est aussi peintre et on lui doit en 2005 aux éditions d’écarts « Edward Hopper luttant contre la cécité ». Il expose actuellement dans une galerie à Gap (05). Martin Melkonian fait partie de ces personnages pour lesquels on éprouve immédiatement de la sympathie. Il vous reçoit avec un grand sourire et, lorsqu’il s’excuse de sa lenteur feinte pour vous dédicacer un livre, il remplit cette lenteur de quelques mots qui sont des pistes pour votre lecture. Et puis, lorsque vous le quittez, ces mots que vous pensiez vite oublier car un salon du livre est comme une grande salle des mots perdus, ils vous reviennent… Vous les redécouvrez et vous vous les appropriez. Vous avez alors l’envie d’écrire une apologie de la lenteur et une autre de l’oubli… La lenteur est le temps que l’on vous donne et non pas celui que l’on vous vole. L’oubli est une chance de redécouvrir et d’inventer le passé à la lumière d’un présent insaisissable. J’ai attendu un peu avant d’ouvrir le livre et de prendre connaissance de sa dédicace en forme de sous – titre : « Ce miniaturiste où l’écriture naît des cendres ». Son livre est une réédition. Quelle chance, je n’avais pas lu la première, avant de le rencontrer. « Le miniaturiste » ouvre une suite autobiographique commencée en 1984 et les autres romans ont suivi : Désobéir, Loin du Ritz, Les marches du Sacré-Cœur, Monsieur Cristal et le Clairparlant.
Le Miniaturiste est un roman autobiographique situé dans le 10ème arrondissement de Paris (jadis populaire) et déjà publié au Seuil en 1984. L’auteur se souvient de son enfance au 204 du Faubourg Saint-Martin dans le minuscule appartenant – atelier où il a vécu avec un père, artisan tailleur, et sa mère. L’ouvrage est divisé en trois chapitres importants de la vie : voir, parler et mourir.
Voir :
Le peintre va chercher ses couleurs dans la vie où rien n’est figé. L’homme veut faire durer le présent mais il est déjà dans un autre moment, un présent insaisissable qui se nourrit d’un passé qui toujours s’éloigne. L’écrivain, spéléologue de l’intime, déchiffre les hiéroglyphes de sa mémoire, sonde les cendres du passé et, pour écrire, se sert des plumes de ce Phoenix qu’est le temps. Sous les cendres, couvent les braises d’une humanité morte et toujours renaissante. L’écriture, qui naît des cendres, enveloppe de sa chaleur le lecteur plongé dans l’univers du miniaturiste Le passé est sauvé de l’oubli par l’écriture qui naît de ses cendres. L’écrivain est un passeur de mémoire. L’imagination du lecteur, sollicitée par ce Miniaturiste, enlumine forcément ses récits. Dans notre mémoire, les êtres et les lieux de l’enfance deviennent des enluminures imaginées avec les couleurs de nos propres récits intérieurs. Les récits intérieurs ainsi enluminés de Martin Melkonian s’offrent, à chacun de nous, dans l’intemporalité de notre imaginaire. Parler : « Renoncer à sa propre langue (accepter ce renoncement), c’était renoncer à bien plus, qui ne se chiffre pas, porter en soi le deuil d’une inconnue, d’une civilisation imaginaire qui tient dans la faculté de prononcer, c’est maintenant vivre (continuer) avec un accablement sans fond et sans nom. » Nous dit l’auteur.
L’écriture naît des cendres, terreau du « rhizome voyageur » qui a perdu ses racines et cherche une terre d’accueil « propice à une fixation définitive à des milliers de lieux de son point d’origine, de son circonstanciel et sûrement douloureux prélèvement ». L’encre bleue est un «recouvrement archéologique » sur le papier, avec, pour repères, « la peau, peut-être aussi une mémoire cénesthésique, animale, et la volonté de créer de nouveaux talismans » et, pour dessein, laisser quelques traces dans des paysages et des lieux « jusqu’au seuil d’un néant immobile où ne comptent que les traces de l’avoir été ». Le Miniaturiste raconte son histoire individuelle « amoureusement reconquise » et cette histoire nominative, palpable, incarnée, savoureuse d’un passé infinitésimal porte trace de l’autre histoire « majuscule » des hommes, générique et impalpable.
L’écriture passe par la langue et l’auteur s’interroge : « Pour quelle raison, mon père renonça à sa langue – à notre langue – et cultiva l’autre, l’adoptive, à l’excès ? », toute en se réservant des échanges idiomatiques avec la mère qui « parlait un amalgame d’arménien, de turc, de grec et d’italien ». Sans aucun doute, par volonté d’intégration. Peut-être aussi pour ne pas transmettre la lourde douleur du génocide à son fils , qui, adolescent, a souffert de la révélation de cette langue « encore vivante humectée de salive » qui, chuchotée, « remuait en lui, soulevait des nappes d’oublis », cette langue d’une autre rive de lui-même qu’il ne pouvait atteindre, « avec ses assemblages rythmiques et gutturaux », ses trois variétés de « r » dont le félin, « ruminant, s’avance à mezzo – voce, sans coup férir, comme si de rien n’était, puis, qui, en quelques fractions de secondes, laisse échapper un grincement chuinté, comme le chat ou le tigre, en position défensive, sur le point de griffer ou de mordre, grasseye, crache, feule ».
Il évoque ses souvenirs de « slum » (bidonville) vertical, cette pauvreté « qui blessait son regard et, d’une certaine façon aveuglante, le tatouait à chaud ». C’est dans ce nid familial, sur sa terre natale constituée d’un deux pièces et d’un réduit de cuisine, au 204 de la rue du Faubourg Saint –Martin que Martin a perdu sa « langue coupée, hachée menue comme l’Arménie » et qu’il en a conquis une autre : dans cette chambre partagée où son père (qui avait appris le français en lisant des romans policiers dans la collection Le masque) lui inventait et lui réinventait mille histoires de Cendrillon. Quelle conquête ! Quelle chance pour le lecteur!
Martin Melkonian nous offre un livre profond dans un lyrisme qui révèle sa grande sensibilité d’enfant arménien, fils unique d’un tailleur du Faubourg Saint Martin. C’est cette partie arménienne de lui-même qui fait dire à l’adulte quinquagénaire que la première langue garde toujours sa part de territoire : « il est des sentiments uniques, exclusifs, qui ne relèvent que d’une ethnie spécifique, sans équivalence d’une langue à l’autre ». Cette langue arménienne est associée, dans la mémoire de l’auteur, aux escaliers de son immeuble que son père gravissait en comptant les marches en arménien « meg, yergou, yerek… » Un, deux, trois… cette langue arménienne ne cesse d’être pour le restant de ses jours un appel. Il les redescend seul dans la mélancolie, lorsqu’il rate une ou deux marches comme cela arrivait à son père malade
Mourir : « Je relevais ses oreillers, je retapais son lit, je rangeais sa table de chevet, je pliais et dépliais ses jambes… Je lui donnais à manger, je lui faisais la lecture, je lui caressais la main. » La mort s’installe lentement chez le père et use les forces vitales du fils. Il prend sans doute conscience que ses gestes attentionnés et tendres sont des soins palliatifs dictés par l’amour filial face à la mort hospitalière. Après, il y a la séparation, la douleur, la solitude… et la nécessite de ne plus commenter ce que Martin Melkonian écrit avec cœur et talent, dans une langue française dont il joue des subtilités, pour nous dévoiler son goût prononcé pour la miniature et la divination des mots.
Face à la douleur, l’auteur se livre à une introspection inspirée du Bouddhisme et qui débouche sur son nirvana : l’écriture.
Ecritum humanum est : 24 décembre 2007 :
En cette fin de décembre, tous les fils savent-ils qu’un père est plus qu’un père Noël et que les plus beaux cadeaux ne sont pas les plus évidents ?… notamment sa tendresse et les histoires racontées avant de dormir. Il se fait surtout le passeur d’une identité et de l’amour des mots qui sauvent de l’oubli, seconde mort plus définitive. L’écriture naît des cendres… Tu es poussière et redeviendras poussière. C’est écrit dans la Bible qui, depuis les temps immémoriaux, renaît de ses cendres. Les paroles s’envolent et les écrits restent. Je préfère t’écrire car je n’arrive pas à te parler… Ecrivez-nous !... C’est écrit !... Le pire dans un destin, c’est d’y laisser des pages blanches… 24 avril 1915 : S’agissant du peuple arménien, un génocide s’accompagne souvent d’autodafés des livres. C’est pour cela qu’« écrire » fait partie du devoir de mémoire des survivants et de leurs descendants. Les auteurs arméniens le font avec talent.
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