Bonavinuta!
Bienvenue sur le blog Corse noir'soeur de vos nuits blanches
Blog non agressif et sans arrière-pensée. ..
Des articles après le Blog perso....
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RE NDEZ-VOUS:
- le jeudi 22 octobre 2009, aux Docks du Sud pour la Fiesta Stand de la librairie L'écailler, Marseille ( à partir de 20 Heures).
- le 24 octobre et le 7 novembre 2009 devant les Caves provençales, Cours Louis-Blanc à la Seyne sur Mer de 10 heures à midi..
- 5 décembre 2009, Salon Culture et écriture Institut Perrimond Roucas Blanc Marseille 7ème
- Les 20, 23 et 24 décembre 2009 Cultura La Valentine Marseille
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Le 1er juin 2009 à 22H15 .... 200.000ème visiteur I
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Les dix droits imprescriptible s du lecteur ( édictés par Pennac dans son ouvrage "Comme un roman")
1°/ Le droit de ne pas lire.
2°/ Le droit de sauter les pages
3°/ Le droit de ne pas finir le livre
4°/ Le droit de relire.
5°/ Le droit de lire n’importe quoi.
6°/ Le droit au Bovarysme (maladie textuellement transmissible…)
7°/ Le droit de lire n’importe où.
8°/ Le droit de grappiller.
9°/ Le droit de lire à haute voie.
10°/ Le droit de nous taire.
Depuis 2007, la municipalité de Drap ( Alpes Maritimes ) organise un salon du polar. Les organisateurs du Salon du polar de Drap, après seulement deux ans d’existence, ont su faire de ce salon une rencontre conviviale et d’échange.
Site - cliquer sur bandeau
En 2008, dans le camp du drap d'or du polar, la convivialité et l’échange étaient au rendez-vous de l’atelier d’écriture sous la houlette de Timothée Rey, enseignant dans un lycée professionnel et lui-même auteur. L'année dernière, de l'atelier est sortie une nouvelle collective "A ma maman"...
Editorial écrit par le Maire de Drap: "Je suis heureux de vous présenter la troisième édition de « Polar à Drap », qui s’impose désormais comme une manifestation incontournable dans le paysage culturel de notre région. Nous avons voulu permettre la rencontre d’auteurs avec leurs lecteurs, ou un public plus large, dans une ambiance conviviale, propice aux échanges. Nous avons voulu également que le public soit partie prenante du festival, au travers de multiples activités destinées aux enfants ou aux moins jeunes, comme les ateliers d’écriture. Ces caractéristiques resteront celles de notre « cuvée » 2009, avec quelques évolutions nées de notre expériences des deux années précédentes, que vous découvrirez dans ces pages. Nous accueillerons cette fois-ci, outre les « habitués » comme notre distingué parrain Patrick RAYNAL et son éminent complice Jean-Bernard POUY, plusieurs auteurs nouveaux, avec une attention particulière pour le polar italien. Bien sûr, la proximité géographique et culturelle a joué dans ce choix, mais chacun peut constater la vitalité et la qualité du roman policier italien. Celui-ci reste marqué -c’est la loi du genre- par les aspects les plus sombres de l’histoire récente de l’Italie, comme le poids des « années de plomb » ou la profonde imbrication de l’argent, du crime et de la politique, quand celle-ci ne tourne pas à la farce de mauvais goût, comme l’actualité récente nous en donne encore l’illustration... Rendez-vous donc à Drap en septembre, pour deux journées encore plus riches et conviviales qu’en 2008 !" - Marc Morini, Maire de Drap
Vous pouvez trouver toutes les information dans la gazette du polar de Drap dans sa version numérique :
Pour cette 4ème édition, le Giallo italien sera représenté avec deux auteurs parmi les plus représentatifs du Giallo: Loriano Machiavelli et Luca Crovi.
" Selon certaines sources, le choix adopté par Mondadori de vouer sa collection de romans policiers au jaune faisait référence , et à une aventure de Sherlock Holmes de Conan Doyle parue dans le Strand Magazine vers 1891, et à un texte de Robert Browning évoquant une affaire d'homicide survenue en Italie au XVIIe siècle dont il aurait lu les détails dans un "old yellow book" acheté en Italie. Le premier "libro giallo" paraît en 1929. Et cette expression de giallo ne s'appliquera pas à une littérature policière italienne, mais désignera, ni plus ni moins, des romans policiers. L'essentiel du fonds giallo sera anglo-saxon : Erle-Stanley Gardner, Ellery Queen, SS Van Dine, Agatha Christie, J-D Carr, Rex Stout.Puis Mondadori s'assurera l'exclusivité de Simenon en Italie. Plus tard, des auteurs italiens vont entrer dans la danse, Giorgio Scerbanenco en tête… " ( Sur le Giallo, commentaire d’Elisabeth Milleliri , journaliste et romancière corse).
Au 19ème siècle, il existe des romans populaires italiens dont les thèmes ont été repris par le cinéma italien. On peut citer Za la mort et les Souris grises, feuilleton d’Emilio Ghione ( résumé du 1er épisode « La Busta nera » : Za-la-Mort et Za-la-Vie vivent retirés à la campagne avec la vieille tante Camilla. Un jour, Za recueille Leo, un pauvre orphelin affamé. Cette bonne action déclenche la guerre entre Za et la tristement célèbre bande des Souris Grises, habitants des égouts, qui, battus pour la première fois, promettent une vengeance sanguinaire).
Avec " Il capello del prete " ( Le chapeau du prêtre) , le roman policier sort du feuilleton en 1887. (Un baron à la vie dissolue tue un riche prêtre et jette son corps dans un puits. Grâce à l'argent volé, il continue sans vergogne à mener une vie luxueuse, mais le remords de ce crime finit par le rattraper, et le mène jusqu'à la folie. Le roman d’Emilio De Marchi sera adapté au cinéma en 1943).
Puis L’éditeur Mondadori crée ses livres jaunes, d’où vient l’étiquette " Giallo " collé au polar italien. Les premiers auteurs italiens sont Alessandro Varaldo ( inventeur du commissaire romain Ascanio Bonichi) Enzo D’Errico ( qui met en scène un clone de Maigret) Augusto De Angelis ( et son commissaire De Vincenzi) et Tito Spagnol… Dans la lignée anglo-saxone, va s’imposer Giorgio Scerbanenco avec son personnage d’Arthur Jelling, archiviste de la police de Boston. Après la guerre et le fascisme, de nouveaux auteurs ( Giuseppe Ciabattini, Tresoldi et Boero) et de nouvelles collections apparaissent comme les " Gialli Garzanti ". De son côté, Scerbanenco invente un nouveau héros détective, le docteur Lamberti. En 1968, il reçoit une consécration internationale avec le Grand Prix de la littérature policière décerné à son roman A tous les râteliers (Traditori di tutti). Cet auteur a fait franchir un pas décisif au genre, en ancrant ses récits dans la vie réelle des classes populaires milanaises. Carlo Fruttero et Franco Lucentini ( dont " La donna della domenica " a été adaptée au cinéma par Comencini) sont traduits dans plusieurs pays d’Europe. On peut citer aussi Mario Soldati, Antonio Perria et Attilio Veraldi qui se sont essayés au roman policier.
En référence à la première collection à couverture jaune, on sent chez les auteurs italiens, la volonté de plonger dans leurs racines, leur langue, d’écrire avec passion sur leur ville, leur région et ses habitants. Certains font resurgir les mots oubliés, les dialectes inusités, les coutumes ancestrales et racontent l'histoire chaotique d'une Italie diverse.
C’est avec Leonardo Sciaccia que le roman prend prise avec le réalité de la société italienne ( la corruption , la mafia…) Il invente, pour dénoncer la main mise de la Mafia sur la Sicile, la forme du « roman-enquête » (le Jour de la chouette, 1961 ; À chacun son dû, 1974) ; il décrit aussi, plus généralement, la dérive des institutions politiques italiennes (l’Affaire Moro, 1979). Proche de Sciascia, le Sicilien Andrea Camilleri, mêlant enquête sur la mafia et jeux sur la langue, réinvente « l’Italien illustre » dans la Forme de l’eau (1994). Du même auteur, le Jeu de la mouche (1995) analyse cette prégnance du dialecte, comme l’Opéra de Vigàta restitue la Sicile des notables du xixe siècle.
La nouvelle génération a fourni de nouveaux noms comme Carlo Lucarelli, Marcello Fois, Andréa G. Pinketts, Cesare Battisti… Enzo Russo, avec son " Nessuno escluse " a écrit sur les particularismes régionaux de l’Italie. Le doyen sicilien Andrea Camilleri, inventeur du commissaire Montabalno, a fait passer les frontières au polar sicilien et, comme Jean-Claude Izzo en France ou Vasquez de Montalban en Espagne, symbolise l’émergence de ce polar régional, urbain ou de terroir.
Luca Crovi Il est né en 1968. Journaliste, scénariste, critique, éditeur, spécialisé dans le polar et le thriller, il est l’auteur d’un opus sur le polar italien : Tutti i colori del giallo. Il giallo italiano da De Marchi a Scerbanenco a Camilleri. Marsilio. Venezia, 2002. 364 p. (Toutes les couleurs du polar. Le roman policier italien de De Marchi à Scerbanenco et à Camilleri.)
Ce livre comprend plus de trois cent soixante pages pour évoquer toutes les nuances de ce " Jaune " désignant le polar italien. Crovi fait une approche en partie chronologique et en partie générique, dans un long parcours historique qui commence à la fin du dix-neuvième siècle (vers la fin des années 1880, avec la publication de ce Cappello del prete (Le chapeau du curé) de De Marchi) et qui voit le roman policier naître d’une profusion de feuilletons, et jusqu'à l’époque contemporaine marqué par le Sicilien Andre Camilleri…. " Parallèlement, il nous entretient également du destin du polar à la télévision et au cinéma, ainsi que dans la bande dessinée, disserte sur les illustrateurs des collections les plus connues (les grands Giove Toppi et Walter Molino entre autres), fait un crochet du côté des femmes écrivains qui ont su se créer une bonne place dans le marché ces quelques dernières années, et s'amuse à reconstituer l'histoire des imitations, des plagiats et des hommages dont a été victime en Italie le grand-père de tous les détectives, Sherlock Holmes. Sans oublier bien sûr un chapitre sur le roman policier historique (Umberto Eco, seul connu à l'étranger, n'est pas le seul à connaître) et des présentations assez approfondies des deux auteurs qui ont le plus influencé l'évolution et la réception du genre : Camilleri, justement, et avant lui Giorgio Scerbanenco ".
On trouve dans " Tutti i colori del giallo " la saga des " Libri gialli Mondadori "( livres jaunes de l’Editeur Mondadori), à partir donc de 1929. Ce premier âge de grand essor du polar connaîtra cependant un temps d'arrêt entre 1941 et 1947 (fascisme). Cet ouvrage encyclopédique accompagné de réflexion est un outil de référence pour ceux qui veulent mieux connaître les " Jaunes " italiens et comprendre la place du polar dans la culture italienne.
« Loriano Machiavelli a 34 ans en 1968 : il anime alors un groupe de théâtre engagé dans cette mouvance et ne perd rien de l’actualité contestataire, très riche dans sa ville de Bologne. A la fin des années 1970, il est à l’origine du fameux Groupe 13, qui amorce le renouveau du roman noir italien en lui faisant adopter des thématiques politiques et sociales. Le personnage récurrent de ses romans, Sarti Antonio, est flanqué — « pas par hasard », précise l’auteur — d’un soixante-huitard, Rosas, militant extraparlementaire. Bologne, ville à vendre (10) se déroule pendant ces années 1970-1980, où le Parti communiste au pouvoir à l’hôtel de ville est confronté aux manifestations de l’extrême gauche. Témoin sarcastique bien plus que Maigret italien, Sarti Antonio évolue au milieu des troubles. Ce personnage évoque irrésistiblement l’auteur lui-même, tel qu’il se décrit à l’époque : sur son « scooter déglingué, fonçant d’une manifestation à une autre pour respirer l’odeur des lacrymogènes et observer les canons pointés des blindés ». extrait d’un article de Serge quadruppani – Le monde diplomatique ;
Depuis le début des années 1960, il se consacrait au théâtre comme metteur en scène, acteur et auteur ; ses oeuvres théâtrales ont été jouées par diverses compagnies italiennes. Il a obtenu plusieurs prix de théâtre en Italie. Depuis 1974 il écrit aussi des romans dans le genre policier en devenant un des auteurs italiens les plus connus et lus. Plusieurs de ses récits ont fait l’objet d’adaptations télévisées. Il a collaboré dans des périodiques et des quotidiens italiens.Il a participé à des batailles, parfois dures, avec des éditeurs, critiques et même lecteurs qui ne croyaient pas à la possibilité d'un roman jaune italien.Il a connu, discuté et débattu avec des personnages qui ont donné beaucoup au genre : Oreste du Bon, Giuseppe Petronio, Raffele Crovi, Claudio Savonuzzi, Attilio Veraldi, pour en citer seulement quelques uns. Il a participé à des quantités de rencontres, débats, présentations et autres initiatives, en Italie et à l'étranger.
Le Groupe des 13. C’est à Bologne que se forma en 1990 il Gruppo dei Tredici, qui en réalité n’étaient que 12, dix écrivains et deux dessinateurs, intéressés par le roman policier. Les plus célèbres de ce groupe sont Carlo Lucarelli, Loriano Macchiavelli, Marcello Fois (d’origine sarde), et Danila Comastri Montanari. On ne parlera pas de cette dernière, car son genre est le roman historique, par ailleurs très populaire en Italie.
En septembre lors de sa venue à Marseille en résidence lors de la Semaine noire et des terrasses du polar, Wendy GUERRA,auteure cubaine, dédicacera son opus Mère Cubaqui sort aux éditions Stock.On nous dit : « Dans la lignée de Tout le monde s'en va", Mère Cubafait le lien entre l'intime et la fiction, entre l'Histoire et le récit, nous immergeant dans le cœur d'une génération qui porte un héritage révolutionnaire fatidique, aussi lourd que fascinant. En variant les registres et les procédés littéraires (dialogues, poèmes, chansons, journaux ), l'écrivain met à nu la mémoire de la nation cubaine tout entière, qui nous dévoile ici son âme. »
Nous n’avons pas encore lu ce deuxième ouvrage paru aux Editions Stockni d’ailleurs le premier de l’auteure cubaine« Tout le monde s’en va ».
Par contre L’éditeur L’Atinoir nous a permis de découvrir deux autresauteurs cubains dont les écrits témoignent de la diversité de la littérature noire cubaine. Nous avons lu « Boléro noir à Santa Clara » écrit par Lorenzo Lunar et « Les anges jouent des maracas » de Angel Tomas Gonzales Ramos. Des titres pour un pays où la danse et lamusique sont à fleur de peau et dont les quatre rythmes basiques sont le Son, leCha cha cha, la Rumba, et le Charranga. Ajoutons salsa jazz, mambo, Boléro, maracas… des mots magiques qui invitent à la fête. Des rythmes torrides et épicés avec des sonorités colorées et sensuelles. Toute une culture populaire née du côté de La Havane ou de Santiago de Cuba pour faire danser la planète.
Lorenzo Lunarest né en 1958 à Santa Clara dont il a fait le lieu où se passe le huis-clos de son roman« Boléro Noir à Santa Clara » dans un récit qui concentre le temps ( 24 heures ) et l’espace ( un quartier pauvre d’une ville de province).A El Candado, tout le monde se connaît. « Vivre dans ce quartier, ça fout les boules » sont les premiers mots qui composent l’incipit du roman et ils reviennent en refrain dans le récit et dans la bouche du narrateur, Leo Martin, qui y est né. Il estle cheffataliste du bureau de police qui devra mener une enquête sur l’assassinat de Cundo, un vieux pochetron solitaire qui aimait parler base-ball et regrettait le temps où «il y avait des bordels et qu’on payait pour aller aux putes, que le rhum n'était pas cher et bon, et que lui avait de quoi se payer ces plaisirs-là ». C’était le te temps de la prostitution (déguisée sous le nom de jineterismo) et de l’exode massif vers les Etats-Unis (les Balseros). L’auteur développe une intrigue dans une parodie des classiques du genre policier en mettant en scènes des canailles et des délinquants. Dans ce roman, l’assassin est un vrai criminel mais le crime est une fatalité.Par contre, dans ce microcosme de la délinquance, d’autres personnages sont plus nocifs et tirent les ficelles d’une économie souterraine avec son lot de misère où l’on peut acheter un meurtre et en vendre la culpabilité. Le langage de l’auteur n’est pas un catalogue sur les mœurs et les caractères d’un barrio (quartier d’une ville) mais pure poétique de la marginalité. L’auteur voulait que l’enquêteur soit «un chef de la police de quartier qui y serait né et qui aurait partagé une bonne partie de sa vie avec des délinquants originaires du même endroit que lui. Avec ces types que les aléas de la vie obligent à commettre des délits mais aussi, bien sûr, à collaborer avec le policier. Obligés de devenir des délinquants mais, aussi, assez persuadés qu’ils ne font rien de mal. » Le policier aux allures de dur-à-cuire apparaît dans une situation rendue complexe puisqu’il doit agir en fonction d’une déontologie qui lui devient toute personnelle et qui se situe hors la loi,entre la moraleet le code du quartier où il est né. A rebours le délinquant est dans une situation aussi complexe puisque le policier est un ami d’enfance qui a partagé le même code et le connaît bien. Finalement chacun trouve sa voie : la fatalité.
On est loin des clichés sur fond de salsa et plus proche de nos cités insalubres et dites sensibles sur certains points qui font que les personnages sont d’ici et d’ailleurs dans ce qu’ils ont d’universel.. Dans le numéro 19 de la revue culturelle Zibeline,sous la plume de Fred Robert nous avons trouvé une critique bien tournée pour ce roman qui offre une « galerie de portraits aux difformités goyesques ».La langue est « vive, brutale, ourlée d’injures, d’argot et de paroles de chansons et Fred Robert conclue : « Ce bref roman se lit d’une traite, on en sortun peu essoufflé, comme si on remontait de l’enfer, mais, comme le chante le titre espagnol de ce boléro très noir et très humain , « Que en vez inferno encuentres gloria. » Il faut souligner au passage le travail difficile de traduction effectué parMorgane Le Roy etrevu par Jacques Aubergy.
Chaque chapitre du roman porte un titre évocateur de la littérature policière avec une large part au hardboiled : Tuer n’est pas jouer ( James Bond), La promesse ( peut faire penser au film des frères Dardenne ou à un roman policier particulièrement brillant de l'écrivain suisse Friedrich Dürrenmatt.), Adieu ma jolie (Raymond Chandler), La clé de verre (Dashiell Hammett), The long Good bye ( Chandler) L’introuvable ( Hammet) Le cinq petits cochons ( Agatha Christie ), La moisson rouge (Hammet), etc… Ce roman sort le genre policier du distingué manoirbritannique pour le faire tomber dans un barrio populaire de Cuba sous l’influence du Hardboiled, c’est-à-dire par un travail de marginalisation ou popularisation, comme l’explique Sébastien Rutès dans lapostface.
Angel Tomas Gonzales Ramos est né à Ciégo de Avila (Cuba). En 1990, il a abandonné la presse nationale cubaine trop propagandiste. Depuis 1998, iltravaille pour le quotidien espagnol El Mondo et collabore notamment à Radio France International. « Les anges jouent des Maracas » est sa première publication en France. Les maracas sont des instruments picaresques et parangon des rythmes de la musique cubaine et servent aussi au croyant quand il invoque la présence de l’orisha (un saint de la religion yoruba venue d’Afrique)pour lui demander une faveur personnelle.Le religieux fait partie de la culture cubaine sans dogmatisme, discipline ou fanatisme. A Cuba, «la pratique religieuse est un phénomène de transculturation et de métissage » écrit l’auteur dans sa préface. En préambule figure une annonce faite dans le Figaro de janvier 1887 : à La Havane, une représentationde la Comédie française avec, à l’affiche du théâtre Tacon, la grande tragédienne française Sarah Berhardt. « Ce pays, c’est une blague du Bon Dieu, murmura l’inspecteur Juan Bautista Valiente Bravo, pendant qu’il observait le cadavre d’un mulâtre coiffé d’une perruque rousse, élégamment vêtu d’habits de femme et allongé sur les récifs dans la pose du dormeur décidé à ignorer le lever du jour. » Tel est l’incipit avec la découverte d’un cadavre sur la côte près de l’Hôtel Petit tenu par un Français du même nom, aventurier évadé du bagne de la Guyane française et qui affiche son aversion pour la police. Juan Bautista, le policier qui enquête, est décrit comme localement atypique : « de taille moyenne avec un visage encore poupin pour ses trente-cinq ans, le physique de Juan Bautista était l’opposé de celui de la plupart des policiers de la ville, qui se distinguaient par leur corpulence intimidante ». Il est un inspecteur raffiné, parle lentement et à voix basse contrairement à ses collègues qui vocifèrent des grossièretés dans le champ lexical du langage de la rue. Lecteur du Progrès de la métaphysique de Kant, il s’emploie à suivre les principes de la raison comme un détective anglo-saxon de la belle époque du roman à énigme. Ce rationaliste pourra-t-il le rester avec une enquête où, pense-t-il «la raison ne lui serait pas plus utile qu’une boussole à un cordonnier ».Le personnage est peut-être trop lisse pour ne pas cacher une faille…
Mais revenons au crime !Ce crime a-t-il un lieu avec le débarquement clandestin du capitaine Antonio Maria Aguero, à la tête d’un groupe de guérilleros ? Sur la plage, la police découvre des canots et le corps à moitié mangé par les requins d’un collègue infiltré dans un mouvement de sédition contre la Couronne espagnole.Qui a découvert le cadavre du mulâtre travesti ? La grande Sarah Bernhardt elle-même. Elle loge à l’hôtel Petit avant sa représentation à la Havane. Comment le travesti est-il mort ? D’une balle en plein cœur et d’un coup de couteau dans la poitrine. Pas n’importe quel couteau ! Un coup de poignard de Nanigo ( Les Nanigos ou Abajua sont les membres d’une ancienne société secrète), ce qui pourrait vouloir dire que l’assassin a voulu défendre son honneur ou tué celui qui a trahi un secret. Sarah Bernhardt (qui ne se déplace jamais sans son cercueil même à l’étranger),a aperçu le corps alors qu’elle allait se mettre à l’affût pour chasser.Le nommé Petit sort facilement un couteau lorsqu’il se sent insulté. Seraient-ce les premiers indices ou de fausses pistes ?... L’intrigue se situe au mois de janvier 1887. L’auteur déroule une fiction historique avec le style narratif du roman policier. Il redécouvre un passé prérévolutionnaire en marge des textes officiels issus d’un processus révolutionnaire, donc idéologique. Il a choisi une période qui est une parenthèse entre les deux guerres d’indépendance. « C’est une période, dit-il, où les débats politiques, culturels et économiques sont intenses ». De riches Cubains tournent leurs regards admiratifs vers Paris et New-York.Quelques années plus tard Cuba cessera d’être une colonie espagnole alors qu’une grande partie de l’industrie sucrière est passée sous capitaux nord-américains. Dans ce roman, on rencontre autant de personnages qui appartiennent à l’Histoire que ceuximaginés par l’auteur qui y dresse un tableau de la situation politique de l’île en donnant une vision inédite de cette période coloniale à la Havane. Parmi les personnages imaginés, apparaît une beauté rousse pour qui les hommes s’enflamment :Elisabeth Garden, une riche Nord-américaine qui avait à son serviceSaturnino, le travesti retrouvé mort… à suivre en lisant cet ouvrage sans concession pour cette époque et dont l’intrigue est marquée par deux événements : la venue de Sarah Bernhardt et un grand combat du torero espagnol Luis Mazzantini, qui laissera un souvenir inoubliable, non par l'idylle insulaire qu'il aura avec la Grande Sarah Bernhardt , mais pour ses prestations taurines.
le Grand Théâtre Tacón , actuel grand théâtre de La Havane, a eu ses premières mises en scène en 1837 après l’inauguration officielle en avril 1837. Dans ce théâtre ont joué les compagnies les plus importantes du monde, les danseuses Anna Pavlova et Alicia Alonso, les actrices Sarah Bernhart et Eleonora Dusse, les chanteuses Adelina Patti et Victoria de los Ángeles, le chanteur Enrico Caruso, les danseurs Carmen Amaya et Antonio Gades, les musiciens Arthur Rubestein et Sergeuei Rachmáninov.
Abakwa. La société secrète Abakwa s'est développée à Cuba vers 1820, sous l'impulsion des noirs venus du Calabar (Carabali). Il ne s'agit pas d'une religion, mais d'une association fermée, exclusivement réservée aux hommes, initiés et liés par un serment. Chano Pozo. Un grand joueur de tumbadores (nom cubain des congas), était initié aux secrets de cette organisation socio-politique, qui correspond à celle des "hommes léopard" (Ekwe, en langue Efik ou Ekoi, signifie léopard). Ils sont les gardiens sévères du dialecte et du rituel "plante", "une sorte de franc-maçonnerie populaire" (Alejo Carpentier). À Cuba, on les appelle "nañigos" (petits frères). La musique rituelle et la danse abakwa ont influencé la rumba.
Sur le site des Editions Latinoir:
Vous pouvez lire toutes les préfaces des ouvrages édités par Latinoir en cliquant ici.
Et puis si vous voulez découvrir les dieznégritos de Latinoir, cliquer là.
Trois "giallistes" répondront présents au festival du polar corse et méditerranéen qui se déroulera du 10 au 12 juillet à Ajaccio : Valerio Evangelisti, Alessandro Perissonoto et Bruno Morchio.
VALERIO EVANGELISTI :
Valerio Evangelisti est né en 1952 à Bologne. Il a adhéré très jeune aux idéaux libertaires d’après 68. Et pour la défense de ceux-ci, il n’a pas hésité à se déplacer en France, en Angleterre et plus tard en Amérique Centrale. Il est diplômé de Sciences Politiques à l'Université de Bologne où il se spécialise en Histoire moderne et contemporaine. Il publie des livres et des essais historiques, puis il se consacre à la littérature fantastique. Son premier roman Eymerich l'inquisiteur obtient le Prix Urania en Italie. Neuf autres romans du cycle Eymerich ont suivi.
Les romans de la série Eymerich sont traduits en France, en Espagne et en Allemagne. Ils ont valu à l’auteur le Grand Prix de l’imaginaire 1998 et le Prix Tour Eiffel 1999. Le Monde a publié une des ses nouvelles, La Repubblica a proposé un roman-feuilleton signé Evangelisti.
En 1999, sont publiés les trois tomes de “Magus. Le roman de Nostradamus.”L’année d’après,sort le recueil d’essais “A la périphérie D’Alphaville”. Ses dernières publications en France sontLa coulée de feu (2009) , Anthracite et Nous ne sommes rien soyons tout (2008)
Aujourd’hui, après avoir gagné le Prix Italie 2000 pour la fiction radiophonique, Valerio Evangelisti écrit aussi des scénarios pour la radio, pour le cinéma et la télé. Il a dirigé pendant dix ans "Progetto Memoria – Revue historique sur l’antagonisme social” etil est maintenant directeur éditorial de la revue “Carmilla”, Président de l’Archive Historique de la Nouvelle Gauche “Marco Pezzi” de Bologne et délégué général de Aelita, une association européenne des professionnels du fantastique et de la SF. Valerio Evangélisti est aussi correspondant du Monde Diplomatique.
Alessandro Perissinotto est né à Turin de parents ouvriers chez Fiat. Adolescent, il décide de quitter l'école professionnelle du constructeur automobile turinois et son futur métier de technicien auquel on le destinait et reprend ses études. Diplomé universitaire de lettres, avec une thèse en sémiologie, il s’est spécialisé dansla recherche en didactique de la littérature. Il est l'un des trois rédacteurs à collaborer au Dizionario della fiaba : simboli, personaggi, storie delle fiabe regionali italiane, de Gian Paolo Caprettini, publié en 2000. Professeur à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Turin, il a choisi le roman noir qui, à son avis, est empreint du réalisme italien. En 1997, est publié son 1er roman L’anno che uccisero Rosetta, une enquête secrète, en 1960, sur la mort de Rosetta, une fille d'un village des Alpes piémontaises, survenue en 1944. Ses trois derniers romans, L'ultima notte bianca, La società dell'indagine et L'orchestra del Titanic, ont pour héroïne Anna Pavesi, ancienne psychologue devenue détective. Alessandro Perissinotto a traduit ou a collaboré aux traductions des romans policiers de Jean-Christophe Grangé. Il est également chroniqueur à La Stampa de Turin et membre, aux côtés d’Alessandro Baricco, de l’équipe nationale de football dés écrivains italiens (l’Osvaldo Soriano Football Club). En France il avait d’abord publié les romans policiers: La chanson de Colombanoet Train 8017. En 2008, il a obtenu le prix du festival du polar de Villeneuve lez Avignon avec son ouvrage « A mon juge » sorti chez Gallimard .où son dernier ouvrage traduit « Une petite histoire sordide » vient de paraître en mai 2009.
Bruno Morchio, auteur, psychologue et psychothérapeute, estné en 1954 à Gênes. Il vit et travaille dans sa ville natale. En Italie, il a publié jusqu'ici cinq romans non encoretraduits en français. Il a dit de son héros récurrent, le détective privé Bacci Pagano : « … Baccipartage avec moi la même réticence à entrer dans le troisième millénaire, tous les deux avons laissé dans le vingtième siècle les choses plus belles de notre vie. Tous les deux nous avons vécu les périodes des grandes idéologies… » Il cite volontiers ses modèles littéraires, trois auteurs : Vázquez Montalbán, Izzo et Chandler.
Bruno Morchio, dans les ans Soixante-dix, comme tant de giallistes italiens, a eu une activité politique active dans le mouvement étudiant. Il a étudié la psychologie et la littérature italienne et écrit des articles dans des revues littéraires ainsi que pour des organes spécialisés psychologiques et psychoanalytiques.
L’association Isula Viva et son président Pierre-Paul Battesti préparent activement une semaine culturelle qui se déroulera du 27 avril au 3 mai prochains à Calcatoggio. Des artistes et des auteurs y seront présents. Des animations sont d’ores et déjà programmées dont des ateliers d’écritures.
Ces ateliers sont accessibles à ceux qui écrivent, ceux qui n'ont jamais écrit ou ceux qui pensent ne jamais pouvoir le faire. Il y a toujours une peur derrière le désir d'écrire, on écrit le plus souvent à quelqu'un, une entité qui est un lecteur, une personne, peut-être réelle, peut-être imaginaire, un ours blanc ou soi-même.
Renseignements:
Les ateliers sont gratuits et accessibles après inscription à la réception de l’hôtel soit par e-mail à info@isulaviva.net ou en téléphonant au 06 16 97 86 82 Réception de l’hôtel 04 95 52 20 35
Selon le nombre d’inscriptions, seront proposés 2 ateliers : Polar et/ou Imaginaire.
Concours de nouvelles policières en langue corse Cuncorsu di nuvelle pulizzere in lingua corsa
Dans le cadre du 3ème festival du polar corse et méditerranéen qui se tiendra les 10, 11 et 12 juillet 2009, Place Foch à Aiacciu, l’association Corsicapolar organise un concours de nouvelles policières en langue corse, avec le soutien de la Collectivité Territoriale de Corse.
Ce concours est ouvert à deux catégories de participants (moins de 18 ans et 18 ans et plus) et chaque catégorie fera l’objet d’un prix de 300 € pour l’auteur de la meilleure nouvelle retenue par un jury.
In u quatru di 3zu festivale di u polar corsu è mediterraniu chì si farà i 10, 11 è 12 di lugliu 2009, Piazza Foch in Aiacciu, l’associu Corsicapolar urganizeghja un cuncorsu di nuvelle pulizzere in lingua corsa, cù u sustegnu di a Cullettività Territuriale di Corsica. Stu cuncorsu hè apertu à duie categurie di participanti (menu di 18 anni è 18 anni è più). Pè ogni categuria ci sarà dutazione cù un premiu di 300 € per l’autore di a nuvella stimata più aggarbata da a ghjuria cuncolta à issu fine.
L’objectif est d’encourager, en Corse, de nouvelles vocations d’écrivains.
U scopu hè d’incuragisce vucazione nove pè a scrittura in corsu.
Pour la première édition de leur Concours de Nouvelles, Corsicapolar et la Collectivité Territoriale Corse vous invitent à faire partie de cette aventure littéraire en adressant votre nouvelle noire ou policière qui devra s’articuler autour du thème : Intrigues et mystères en Corse ou dans une autre île méditerranéenne.
In ‘ssa prima edizione di u so cuncorsu di Nuvelle, Corsicapolar è a Cullettività Territuriale di Corsica v’invitanu à participà à ‘ssu viaghju in litteratura inviendu a vostra nuvella nera o pulizzera chì deve arrimbassi à u tema : Intrichi è misteri in Corsica o in un’altra isula di u Mediterraniu.
Le texte, dactylographié, comportera 5 à 8 pages au maximum (60 signes par ligne, 30 lignes par page, prévoir double interligne). Il sera rédigé en langue corse. Toute nouvelle ne répondant pas à ces critères ne sera pas prise en compte par le jury.
U testu, stampittatu, cuntarà 5 à 8 pagine à u più (60 segni à filare, 30 filari à pagina, da privede in interligna doppia). Sarà scrittu in lingua corsa. E nuvelle chì ùn currispundaranu micca à sti criterii, a ghjuria ùn le puderà esaminà.
Les cinq meilleures nouvelles de chaque catégorie feront l’objet d’un recueil qui sera édité et présenté officiellement lors de l’ouverture du Festival du polar corse et méditerranéen.
E cinque nuvelle più di garbu in ogni categuria saranu cuncolte in una publicazione. A prisentazione ufficiale di ‘ssu libru si farà à l’apertura di u Festivale di u polar corsu è mediterraniu.
Pour les organisateurs, c’est une occasion de montrer que la Corse est une terre de création littéraire, notamment noire et de polar, dont le genre se prête bien à la langue corse car il utilise le langage parlé et permet ainsi le passage de l’oralité à l’écriture.
L’urganizatori volenu fà vede cusì a Corsica quant’ella hè terra di creazione litteraria, in particulare nera è pulizzera. Credenu chì ‘ssu generu si cunface bè cù a lingua corsa. Hè chì si ghjova di a lingua parlata è permette cusì di francà u passu da l’uralità à a scrittura.
Le concours est ouvert à tous les «futurs écrivains » désireux de laisser fleurir leur talent sur le papier.
U cuncorsu hè apertu à tutti i « futuri scrivani » chì bramanu di lascià sbuccià u so talentu nantu à a carta.
Nous attendons vos nouvelles.
Allora, i ci mandate prestu i vostri scritti?
La clôture du concours est fixée au 15 mai 2009.
U cuncorsu sarà chjosu u 15 di maghju 2009.
Les inscriptions et les propositions de nouvelles doivent être adressées...
- soit par courrier à l’association…
Corsicapolar Hameau de Castagna 20138 Coti Chjavari
- soit par courriel à l’adresse ci-dessous
contact : jporsi@aliceadsl.fr
Le Festival du polar corse et méditerranéen
D’orès et déjà, l’association Corsicapolar fait savoir que la 3ème édition du festival de polar corse et méditerranéen se déroulera les 10, 11 et 12 juillet 2009 à Ajaccio. Sa présidente et ses membres s’activent à l’organisation d’un programme encore enrichi d’animations avec la présence de nombreux auteurs.
L’actualité de l’association à suivre sur le site...
Après « Naufrage » et " Fausse lumière ", L’atinoir publie « Iode » écrit par le même auteur Juan Hernández Luna… Un tous les deux ans depuis 2005 !
Juan Hernández Luna, mexicain, Prix Dashiell Hammett 1997, est l’auteur de plusieurs romans et de nouvelles qui en ont fait un écrivain de référence dans la littérature noire latino-américaine. Un écrivain qui peut aussi bien écrire, la nuit, des articles et faire des entrevues pour l’édition mexicaine de Playboy comme donner, le jour, des cours de littérature aux policiers municipaux dans un des quartiers difficiles de la gigantesque capitale mexicaine. L’écailler du Sud a publié en 2005 " Naufrage " et en 2007 « Fausse lumière ».La collection L’atinoir qui est devenu Maison d’édition publie en 2009 un troisième roman : Iode.
Dans « Fausse lumière »,un romancier vit et rêve en ne pensant qu’au chef d’œuvre qu’il écrira un jour et le fera sortir de l’ombre. Il passe ses journées à chercher les premiers mots du roman total tout en admirant, impuissant, le talent et l’habileté des grands écrivains qui leur permettent d’inventer et de créer histoires et personnages. Des pensées qui deviennent souffrances et le torturent au point de l’amener à se détruire lentement. La solitude et la nostalgie s’invitent pour partager dans la misère avec celui qui a tout perdu sauf une confiance indestructible dans cette muse qui finira bien un jour par arriver. Tout au long de cette léthargie contemplative et au plus profond des abîmes de la désillusion et du découragement, Juan Hernández Luna, construit une fable habitée par des atmosphères obscures, dramatiques et décadentes pour parler de l’esprit humain et de ses limites, des rêves et des fantômes qui le hantent. Il nous parle aussi de la lumière qui jaillit, vraie ou fausse, du mot et de l’écrit et des efforts surhumains que l’écrivain doit faire pour la capter.
Avec son nouveau roman traduit par Jacques Aubergy, l’auteur construit une fable noire tout autant habitée par des atmosphères obscures et dramatiques. « Iode », un titre qui renvoie à la mer qui nous renvoie ces coquillages qui « enferment le commencement et le retour… surtout le retour. Le néant. L’éternité. Ce qui n’a pu être et ne sera jamais. » C’est le héroscollectionneur qui dit cela dans le récit écrit à la première personne.
Le récit est en deux grandes parties qui s’ouvrent sur des citations. Nous vous laisserons découvrir les deux de Tahar Ben Jelloun etnous en avons retenu deux sur quatre :
« Tu pourrais, toi, refaire les lignes de mes mains ? Qui jettera au hasard le marc de café ? » Héroes Del Silencio
« Un conte plein de bruit et de fureur, raconté par un idiot et qui ne veut rien dire. » Shakespeare.
La préface est de Paco Ingancio Taïbo II qui écrit : « Nous sommes dans un quartier perdu à la périphérie de la villa de Puebla. Un peu plus loin, on devine les champs de nopals. C’est un quartier à l’époque de Bartlett (homme politique mexicain gouverneur de l’Etat de Puebla et ministre de l’Intérieur dans la fin des années 1980), que les travaux de viabilisation ont mis sans dessus dessous ; partout des tranchées, des excavations mystérieuses, que l’on referme tout de suite après les avoir ouvertes. Une petite ligne de minibus relie à la ville… »Le décor est planté, un décor qui change sous les coups de boutoir des engins de travaux publics…. « J’ai passé l’après-midi à voir de ma chambre les autocars arriver et repartir et les engins détruire les maisons du quartier », c’est le héros qui parle et qui nous parle tout au long du récit. Cet « adulescent » vit avec la mère, une sorcière qui administre des potions magiques et prédit l’avenir. Elle a la réputation aussi de jeter des sorts et donc on lui prête des pouvoirs maléfiques qui lui ont permis de tuer l’homme qui l’a abandonnée enceinte de ce fils albinos et autiste. Lui vit dans un monde qu’il s’est construit avec son goût de la pourriture… « Les gens me jettent des pierres… Je suis incapable de deux ou trois phrases à la suite… Si ça ne tenait qu’à moi, je passerais mon temps enfermé dans cette chambre… J’ai cette manie de manger les détritus dans les poubelles… » Inquiétante manie ! Elle renvoie aussi à ces affamés qui n’ont que la poubelle comme garde-manger. Mais ce n’est pas le cas de notre héros, car sa mère gagne beaucoup d’argent. Cet Albinos qui se complait dans le morbide nous étonne lorsqu’il apparaît en autiste mélomane au savoir encyclopédique… et nous effraie par la facilité avec laquelle il commet des meurtres barbares. « Je pense, nous dit-il, à ce qu’est un crime et je trouve ça naturel, immanent. Et même aussi que c’est quelque chose qui peut se faire facilement ». Paco Ignacio Taïbo II écrit dans la préface : « Iode… fait naître horreur, brutalité, amoralité sauvagerie et tendresse. Juan Hernadez Lina a fait quelque chose de terrible, il a exploré l’innocence du mal d’un psychopathe face au mal programmé de la société… Je me retrouve déboussolé face à ce roman fascinant et terrible, inquiétant et captivant… »Et dire que la teinture d’iode sert à désinfecter et à assainir !...Il me revient à l’esprit l’anaphore tiré d’un poème de William Butler Yeatz…
« Vents désespérés qui se lamentent sur les flots mouvants
Vents désespérés qui planent au couchant
Vents désespérés qui heurtent aux portes du ciel et frappent aux portes de l’enfer où ils précipitent vingt spectres frémissants… »
Voilà peut-être pourquoi le héros aime la mer et les coquillages ? …
Si l’anecdote et l’intrigue sont celles d’un roman noir, l’auteur « expérimente le langage » et offre dans la bouche de son héros, des passages à la fois philosophiques et poétiques.Ilnous fait osciller entre le « hurlement des ombres, l’insomnie de la folie et l’effarement, et le bruit de la fureur ». Il n’oublie pas de nous surprendre par une fin œdipienne et métaphorique… Le héros face à sa mère et à la mer !... Et les coquillages? … Il nous répond : « Un coquillage est le labyrinthe du vent relié à l’intramonde marin. Son ventre est fait de miasmes. Le refuge insondable du sang. Le hurlement des espaces qui nous entourent, l’endroit où la voix se fond avec le sable. Un coquillage retourne toujours aux origines… »
Un roman qui correspond à la ligne éditoriale des Editions L’atinoir qui traduit des auteurs d’une littérature mexicaine riche et ambitieuse dans les exigences qu’elle s’impose. On y trouve le plaisir de lire une belle écriture. Le récit est « charpenté par une proposition inédite, le pouvoir de surprendre et l’épaisseur de la construction des personnages ».
Paco Ignacio TAIBO II (Gijón 1949), écrivain de romans policiers, historien et biographe (Ernesto Che Guevara et Pancho Villa) est traduit en plusieurs langues et une vingtaine de ses titres ont été publiés en France aux éditions Rivages et Métailié. Il est aussi le conseiller littéraire des éditions L’atinoir qui ont publié, dans la collection L’atineur, un des ses essais.
Je paie pas le loyer, je fais grève ! Paco Ignacio Taibo II
Dans ce court essai, le célèbre auteur mexicain prend sa plume d’historien pour raconter un mouvement de locataires en grève que menèrent de façon exemplaire de tout jeunes militants dans la capitale mexicaine au sortir de la Révolution de 1914. Observateur engagé et chroniqueur perspicace, l’écrivain donne quelques clefs historiques d’importance et montre que cet autre droit de l’homme n’est toujours pas respecté. 1920, est une date capitale dans l’histoire de la Révolution Mexicaine et c’est aussi l’année de la création du Parti Communiste Mexicain.Deux ans plus tard, des locataires de Mexico décident de se mettre en grève pour protester contre l’état insalubre des appartements et le prix abusif des loyers. Le mouvement né de l’initiative d’un tout petit groupe de jeunes anarcho-syndicalistes, connaît une ampleur considérable.L’écrivain Paco Ignacio Taibo II retourne à son premier travail d’historien du mouvement ouvrier. Avec son esprit d’indépendance, sa prose incisive et sa curiosité d’intellectuel engagé et militant il raconte et analyse un évènement inexplicablement tombé dans l’oubli.Une histoire qui reste aujourd’hui exemplaire.
Cette année le Salon du livre de Paris met en vedette le Mexique. Les Editions L'Atinoir seront présentes.