Bonavinuta!
Bienvenue sur le blog Corse noir'soeur de vos nuits blanches
Blog non agressif et sans arrière-pensée. ..
Des articles après le Blog perso....
---- --------------- --------------- --------------- --------------- ---------
---- --------------- --------------- --------------- --------------- ---------
RE NDEZ-VOUS:
- 5 décembre 2009, Salon Culture et écriture Institut Perrimond Roucas Blanc Marseille 7ème
- Les 20, 23 et 24 décembre 2009 Cultura La Valentine Marseille
-- --------------- --------------- --------------- --------------- -----------
CHANTS CORSES: Pas de lien MP3 mais de l'écoute en ligne aux adresses ci-dessous...
Radio Alta Frequenza
ht tp://www.alta-f requenza.com/in dex.php/fr/webr adios
Radio Voce Nustrale
htt p://adecec.net/ radio/listen.as x
Sur Radioblog
ht tp://www.radiob logclub.fr/sear ch/
------ --------------- --------------- --------------- --------------- ----
Le 1er juin 2009 à 22H15 .... 200.000ème visiteur I
------------ --------------- --------------- --------------- --------------
Les dix droits imprescriptible s du lecteur ( édictés par Pennac dans son ouvrage "Comme un roman")
1°/ Le droit de ne pas lire.
2°/ Le droit de sauter les pages
3°/ Le droit de ne pas finir le livre
4°/ Le droit de relire.
5°/ Le droit de lire n’importe quoi.
6°/ Le droit au Bovarysme (maladie textuellement transmissible…)
7°/ Le droit de lire n’importe où.
8°/ Le droit de grappiller.
9°/ Le droit de lire à haute voie.
10°/ Le droit de nous taire.
----------- --------------- --------------- --------------- --------------- --
A dopu!
A plus tard!
Publié le 20 janvier 2008 à 10:36
Par flicorse
Opération "Noirs de Corse"
Initié en Corse par l’association Handi 20, le projet d’éditer un recueil de nouvelles sur le thème du polar dans le but d’acquérir du matériel adapté aux personnes handicapées, prend en 2008 des allures de véritable challenge. Partenaire de ce projet solidaire en faveur de l’accessibilité, l’association Corsicapolar, organisatrice du premier festival du polar corse et méditerranéen qui avait obtenu un succès remarqué à Ajaccio en 2007, a décidé en effet de mobiliser toutes ses forces pour cette initiative.
Le blog des auteurs de polars corses, www.corsicapolar.eu, a battu le rappel des troupes et les réponses n’ont pas été longue à venir. L’entraide n’est pas encore un vain mot. L’appel a été entendu par de nombreux auteurs et bien au-delà de l’île.
Depuis, ce projet prend forme et se précise. Les uns et les autres s’investissent à « donf les manettes » et le résultat, alors que le projet n’est lancé que depuis décembre, en est déjà à un stade bien avancé. Comme quoi, quand on veut, on peut. Des morceaux de Noire unis vers le handicap. L’appel lancé par Fabrice Albertini, président d'Handi 20 a été entendu puisque 21 auteurs se sont engagés à offrir un peu de leur univers noir :
Fabrice Albertini, Pierre-Paul Battesti, Denis Blémont-Cerli, Jérôme Camilly, Jean -Paul Ceccaldi, Marie-Hélène Ferrari, Claude Ferrieux, Michel Jacquet, Okuba Kentaro, Elisabeth Milleliri, Jacques Mondoloni, Jean-Pierre Orsi, Ugo Pandolfi, Jean-Pierre Petit, Danièle Piani, Jean-Michel Raffalli, Martine Rousset, Jean-Pierre Santini, Arlette Shleifer, Jeanne Tomasini et Jean-Louis Vassallucci. Ajoutons à cette liste un 22ème auteur : un certain Guy de Maupassant… vingt-cinq nouvelles sont annoncées.
 Le travail de Fabrice Albertini et de l'association Handi 20 se poursuit. En souscription « Noirs de Corse » est au petit prix de 10 Euros.
Pour souscrire adressez-vous aux adresses suivantes :
Site : http://handi20.free.fr/ Courriel : handi20@free.fr
Publié le 11 janvier 2008 à 19:23
Par flicorse
Maintes mains:
 La main peut être meurtrière ou bien salvatrice. Il y a la main du crime et celle de la Justice. Elle peut être lourde ou légère, se crisper ou se tendre. " Il n'aurait fallu qu'un instant de plus pour que la mort vienne ; ta main est venue ; elle a pris la mienne " (Aragon) Elle peut être menaçante ou, main dans la main, fraternelle. Elle peut être un moyen d’expression avec ou sans parole…
La première forme de peinture réalisée par l'homme, il y a près de 40 000 ans, ce sont des empreintes négatives ou positives de mains. Darwin a écrit que " L'homme n'aurait jamais atteint sa place prépondérante dans le monde sans l'usage de ses mains ". Le philosophe Engels a écrit un essai intitulé Du rôle de la main dans la transformation du singe en homme : la main est synonyme de travail et de dignité. Ne dit-on pas de quelqu’un qui travaille dur : " Il n’est pas manchot " ou bien " Il met la main à la pâte. " Garder les mains dans les poches ", " avoir un poil dans la main " (poil qui ne peut pousser que par manque d'usage) sont des expressions courantes pour désigner un paresseux, un gros fainéant. ". Le travail de la main est souvent considéré comme un travail de qualité : " fait main ", " cousu main ", " ramassé à la main ". C'est aussi un signe d'appartenance à une classe sociale : " mains calleuses " pour ceux qui sont employés à des tâches manuelles, " mains blanches " pour ceux qui ont des professions intellectuelles ou qui n'ont pas besoin de " se salir les mains " à travailler. Et puis l'expression " se salir les mains " signifie également " se compromettre ". Dans le débat philosophique sur la morale, il était reproché aux Kantiens de ne pas avoir de mains. Les mains sont présentes dans les croyances : La main de Fâtima chez les Musulmans, les stigmates de la crucifixion chez les Catholiques, l’apposition des mains pour accomplir les miracles, les lignes de la main… En héraldique, la main fermée signifie le secret et la main ouverte, la confiance.
 Les caresses sont réservées à l’intimité… Poignée de main, baisemain, mais aussi gifle, claque et tape sont au nombre des rares formes de contact physique conventionnellement admises dans nos vies courantes y compris entre individus ne partageant pas une intimité particulière. Dans ce cadre, une main molle et une poigne de fer sont réputés être les marques d'un tempérament particulier. Certains n’hésitent pas à " vous passer la main dans le dos " pour vous amadouer. C'est souvent la main qui sert à arrêter une négociation, à s'engager : " top-là " L'appartenance mutuelle des époux est aussi symbolisée par un anneau qu'ils portent à la main. D'ailleurs, on dit que le père de la promise consent à donner la main de sa fille. Jusqu'au début du XIXe siècle la nudité de la main d'une femme était le signe de sa reddition amoureuse : l'amant avait " tout " lorsque sa belle " ôtait les gants ". La main sert à donner et à recevoir : " La main qui donne est bien plus heureuse que celle qui reçoit " (Actes des apôtres) …
Dans certaines cultures ou certains pays, on tranche (ou l'on tranchait) la main des voleurs. C'est notamment le cas des états qui appliquent la loi coranique : Le voleur et la voleuse, à tous deux coupez la main...
 Et puis, dans la littérature, il y a de glorieuses ou sombres histoires de mains coupées… Dans les glorieuses, on peut citer " La main coupée " de Blaise Cendrars. C et ouvrage est une œuvre autobiographique dans laquelle Blaise Cendrars (1887-1961) évoque son expérience de la guerre de 14-18. De nationalité suisse, il s'est alors engagé comme volontaire étranger dans l'armée française et il a perdu sa main droite au combat le 28 septembre 1915. Il obtiendra par la suite la nationalité française. Le roman " La main coupée " est édité chez Gallimard collection Folio. Un épisode de Fantomas est intitulé La Main coupée.
Deux histoires à une main:
Aujourd’hui, histoire de passer la main aux histoires sombres, nous avons choisi que Guy de Maupassant vous raconte deux histoires de mains d’hier puisque cela remonte au 19ème siècle… Il s’agit de deux récits à une main. Voici donc… La Main et La main d’écorché.
LA MAIN, Récit paru dans le Gaulois du 23 décembre 1883 puis dans Les Contes du Jour et de la Nuit en 1885 ( Avertissement : Lorsque, dans les dialogues, vous trouvez des textes écrits phonétiquement, c’est un Anglais qui parle le français comme une vache espagnole…)
On faisait cercle autour de M. Bermutier, juge d'instruction qui donnait son avis sur l'affaire mystérieuse de Saint-Cloud. Depuis un mois, cet inexplicable crime affolait Paris. Personne n'y comprenait rien. M. Bermutier, debout, le dos à la cheminée, parlait, assemblait les preuves, discutait les diverses opinions, mais ne concluait pas. Plusieurs femmes s'étaient levées pour s'approcher et demeuraient debout, l'œil fixé sur la bouche rasée du magistrat d'où sortaient les paroles graves. Elles frissonnaient, vibraient, crispées par leur peur curieuse, par l'avide et insatiable besoin d'épouvante qui hante leur âme, les torture comme une faim. Une d'elles, plus pâle que les autres, prononça pendant un silence : - C'est affreux. Cela touche au "surnaturel". On ne saura jamais rien. Le magistrat se tourna vers elle : - Oui, madame, il est probable qu'on ne saura jamais rien. Quant au mot "surnaturel" que vous venez d'employer, il n'a rien à faire ici. Nous sommes en présence d'un crime fort habilement conçu, fort habilement exécuté, si bien enveloppé de mystère que nous ne pouvons le dégager des circonstances impénétrables qui l'entourent. Mais j'ai eu, moi, autrefois, à suivre une affaire où vraiment semblait se mêler quelque chose de fantastique. Il a fallu l'abandonner, d'ailleurs, faute de moyens de l'éclaircir. Plusieurs femmes prononcèrent en même temps, si vite que leurs voix n'en firent qu'une : - Oh ! Dites-nous cela. M. Bermutier sourit gravement, comme doit sourire un juge d'instruction. Il reprit: - N'allez pas croire, au moins, que j'aie pu, même un instant, supposer en cette aventure quelque chose de surhumain. Je ne crois qu'aux causes normales. Mais si, au lieu d'employer le mot "surnaturel" pour exprimer ce que nous ne comprenons pas, nous nous servions simplement du mot "inexplicable", cela vaudrait beaucoup mieux. En tout cas, dans l'affaire que je vais vous dire, ce sont surtout les circonstances environnantes, les circonstances préparatoires qui m'ont ému. Enfin, voici les faits : J'étais alors juge d'instruction à Ajaccio, une petite ville blanche, couchée au bord d'un admirable golfe qu'entourent partout de hautes montagnes. Ce que j'avais surtout à poursuivre là-bas, c'étaient les affaires de vendetta. Il y en a de superbes, de dramatiques au possible, de féroces, d'héroïques. Nous retrouvons là les plus beaux sujets de vengeance qu'on puisse rêver, les haines séculaires, apaisées un moment, jamais éteintes, les ruses abominables, les assassinats devenant des massacres et presque des actions glorieuses. Depuis deux ans, je n'entendais parler que du prix du sang, que de ce terrible préjugé corse qui force à venger toute injure sur la personne qui l'a faite, sur ses descendants et ses proches. J'avais vu égorger des vieillards, des enfants, des cousins, j'avais la tête pleine de ces histoires. Or, j'appris un jour qu'un Anglais venait de louer pour plusieurs années une petite villa au fond du golfe. Il avait amené avec lui un domestique français, pris à Marseille en passant. Bientôt tout le monde s'occupa de ce personnage singulier, qui vivait seul dans sa demeure, ne sortant que pour chasser et pour pêcher. Il ne parlait à personne, ne venait jamais à la ville, et, chaque matin, s'exerçait pendant une heure ou deux, à tirer au pistolet et à la carabine. Des légendes se firent autour de lui. On prétendit que c'était un haut personnage fuyant sa patrie pour des raisons politiques ; puis on affirma qu'il se cachait après avoir commis un crime épouvantable. On citait même des circonstances particulièrement horribles. Je voulus, en ma qualité de juge d'instruction, prendre quelques renseignements sur cet homme ; mais il me fut impossible de rien apprendre. Il se faisait appeler sir John Rowell. Je me contentai donc de le surveiller de près ; mais on ne me signalait, en réalité, rien de suspect à son égard. Cependant, comme les rumeurs sur son compte continuaient, grossissaient, devenaient générales, je résolus d'essayer de voir moi-même cet étranger, et je me mis à chasser régulièrement dans les environs de sa propriété. J'attendis longtemps une occasion. Elle se présenta enfin sous la forme d'une perdrix que je tirai et que je tuai devant le nez de l'Anglais. Mon chien me la rapporta ; mais, prenant aussitôt le gibier, j'allai m'excuser de mon inconvenance et prier sir John Rowell d'accepter l'oiseau mort. C'était un grand homme à cheveux rouges, à barbe rouge, très haut, très large, une sorte d'hercule placide et poli. Il n'avait rien de la raideur dite britannique et il me remercia vivement de ma délicatesse en un français accentué d'outre-Manche. Au bout d'un mois, nous avions causé ensemble cinq ou six fois. Un soir enfin, comme je passais devant sa porte, je l'aperçus qui fumait sa pipe, à cheval sur une chaise, dans son jardin. Je le saluai, et il m'invita à entrer pour boire un verre de bière. Je ne me le fis pas répéter. Il me reçut avec toute la méticuleuse courtoisie anglaise, parla avec éloge de la France, de la Corse, déclara qu'il aimait beaucoup cette pays, cette rivage. Alors je lui posai, avec de grandes précautions et sous la forme d'un intérêt très vif, quelques questions sur sa vie, sur ses projets. Il répondit sans embarras, me raconta qu'il avait beaucoup voyagé, en Afrique, dans les Indes, en Amérique. Il ajouta en riant : - J'avé eu bôcoup d'aventures, oh! yes. Puis je me remis à parler chasse, et il me donna des détails les plus curieux sur la chasse à l'hippopotame, au tigre, à l'éléphant et même la chasse au gorille. Je dis: - Tous ces animaux sont redoutables. Il sourit: - Oh! nô, le plus mauvais c'été l'homme. Il se mit à rire tout à fait, d'un bon rire de gros Anglais content: - J'avé beaucoup chassé l'homme aussi. Puis il parla d'armes, et il m'offrit d'entrer chez lui pour me montrer des fusils de divers systèmes. Son salon était tendu de noir, de soie noire brodée d'or. De grandes fleurs jaunes couraient sur l'étoffe sombre, brillaient comme du feu. Il annonça: - C'été une drap japonaise. Mais, au milieu du plus large panneau, une chose étrange me tira l'œil. Sur un carré de velours rouge, un objet noir se détachait. Je m'approchai: c'était une main, une main d'homme. Non pas une main de squelette, blanche et propre, mais une main noire desséchée, avec les ongles jaunes, les muscles à nu et des traces de sang ancien, de sang pareil à une crasse, sur les os coupés net, comme d'un coup de hache, vers le milieu de l'avant bras. Autour du poignet, une énorme chaîne de fer, rivée, soudée à ce membre malpropre, l'attachait au mur par un anneau assez fort pour tenir un éléphant en laisse. Je demandai: - Qu'est-ce que cela? L'Anglais répondit tranquillement: - C'été ma meilleur ennemi. Il vené d'Amérique. Il avé été fendu avec le sabre et arraché la peau avec une caillou coupante, et séché dans le soleil pendant huit jours. Aoh, très bonne pour moi, cette. Je touchai ce débris humain qui avait dû appartenir à un colosse. Les doigts, démesurément longs, étaient attachés par des tendons énormes que retenaient des lanières de peau par places. Cette main était affreuse à voir, écorchée ainsi, elle faisait penser naturellement à quelque vengeance de sauvage. Je dis: - Cet homme devait être très fort. L'Anglais prononça avec douceur: - Aoh yes; mais je été plus fort que lui. J'avé mis cette chaîne pour le tenir. Je crus qu'il plaisantait. Je dis: - Cette chaîne maintenant est bien inutile, la main ne se sauvera pas. Sir John Rowell reprit gravement: - Elle voulé toujours s'en aller. Cette chaîne été nécessaire. D'un coup d'œil rapide j'interrogeai son visage, me demandant: - Est-ce un fou, ou un mauvais plaisant? Mais la figure demeurait impénétrable, tranquille et bienveillante. Je parlai d'autre chose et j'admirai les fusils. Je remarquai cependant que trois revolvers chargés étaient posés sur les meubles, comme si cet homme eût vécu dans la crainte constante d'une attaque. Je revins plusieurs fois chez lui. Puis je n'y allai plus. On s'était accoutumé à sa présence; il était devenu indifférent à tous. Une année entière s'écoula. Or, un matin, vers la fin de novembre, mon domestique me réveilla en m'annonçant que sir John Rowell avait été assassiné dans la nuit. Une demi-heure plus tard, je pénétrais dans la maison de l'Anglais avec le commissaire central et le capitaine de gendarmerie. Le valet, éperdu et désespéré, pleurait devant la porte. Je soupçonnai d'abord cet homme, mais il était innocent. On ne put jamais trouver le coupable. En entrant dans le salon de sir John, j'aperçus du premier coup d'œil le cadavre étendu sur le dos, au milieu de la pièce. Le gilet était déchiré, une manche arrachée pendait, tout annonçait qu'une lutte terrible avait eu lieu. L'Anglais était mort étranglé! Sa figure noire et gonflée, effrayante, semblait exprimer une épouvante abominable; il tenait entre ses dents serrées quelque chose; et le cou, percé de cinq trous qu'on aurait dits faits avec des pointes de fer, était couvert de sang. Un médecin nous rejoignit. Il examina longtemps les traces des doigts dans la chair et prononça ces étranges paroles: - On dirait qu'il a été étranglé par un squelette. Un frisson me passa dans le dos, et je jetai les yeux sur le mur, à la place où j'avais vu jadis l'horrible main d'écorché. Elle n'y était plus. La chaîne, brisée, pendait. Alors je me baissai vers le mort, et je trouvai dans sa bouche crispée un des doigts de cette main disparue, coupé ou plutôt scié par les dents juste à la deuxième phalange. Puis on procéda aux constatations. On ne découvrit rien. Aucune porta n'avait été forcée, aucune fenêtre, aucun meuble. Les deux chiens de garde ne s'étaient pas réveillés. Voici, en quelques mots, la déposition du domestique: Depuis un mois, son maître semblait agité. Il avait reçu beaucoup de lettres, brûlées à mesure. Souvent, prenant une cravache, dans une colère qui semblait de démence, il avait frappé avec fureur cette main séchée, scellée au mur et enlevée, on ne sait comment, à l'heure même du crime. Il se couchait fort tard et s'enfermait avec soin. Il avait toujours des armes à portée du bras. Souvent, la nuit, il parlait haut, comme s'il se fût querellé avec quelqu'un. Cette nuit-là, par hasard, il n'avait fait aucun bruit, et c'est seulement en venant ouvrir les fenêtres que le serviteur avait trouvé sir John assassiné. Il ne soupçonnait personne. Je communiquai ce que je savais du mort aux magistrats et aux officiers de la force publique, et on fit dans toute l'île une enquête minutieuse. On ne découvrit rien. Or, une nuit, trois mois après le crime, j'eus un affreux cauchemar. Il me sembla que je voyais la main, l'horrible main, courir comme un scorpion ou comme une araignée le long de mes rideaux et de mes murs. Trois fois, je me réveillai, trois fois je me rendormis, trois fois je revis le hideux débris galoper autour de ma chambre en remuant les doigts comme des pattes. Le lendemain, on me l'apporta, trouvé dans le cimetière, sur la tombe de sir John Rowell, enterré là; car on n'avait pu découvrir sa famille. L'index manquait. Voilà, mesdames, mon histoire. Je ne sais rien de plus. Les femmes, éperdues, étaient pâles, frissonnantes. Une d'elles s'écria: - Mais ce n'est pas un dénouement cela, ni une explication! Nous n'allons pas dormir si vous ne nous dites pas ce qui s'était passé, selon vous. Le magistrat sourit avec sévérité: - Oh! moi, mesdames, je vais gâter, certes, vos rêves terribles. Je pense tout simplement que le légitime propriétaire de la main n'était pas mort, qu'il est venu la chercher avec celle qui lui restait. Mais je n'ai pu savoir comment il a fait, par exemple. C'est là une sorte de vendetta. Une des femmes murmura: - Non, ça ne doit pas être ainsi. Et le juge d'instruction, souriant toujours, conclut: - Je vous avais bien dit que mon explication ne vous irait pas.
LA MAIN D'ÉCORCHÉ, texte publié dans L'Almanach lorrain de Pont-à-Mousson de 1875 sous la signature de Joseph Prunier.
Il y a huit mois environ, un de mes amis, Louis R..., avait réuni, un soir, quelques camarades de collège ; nous buvions du punch et nous fumions en causant littérature, peinture, et en racontant, de temps à autre, quelques joyeusetés, ainsi que cela se pratique dans les réunions de jeunes gens. Tout à coup la porte s'ouvre toute grande et un de mes bons amis d'enfance entre comme un ouragan. "Devinez d'où je viens, s'écria-t-il aussitôt. - Je parie pour Mabille, répond l'un, - non, tu es trop gai, tu viens d'emprunter de l'argent, d'enterrer ton oncle, ou de mettre ta montre chez ma tante, reprend un autre. - Tu viens de te griser, riposte un troisième, et comme tu as senti le punch chez Louis, tu es monté pour recommencer. - Vous n'y êtes point, je viens de P... en Normandie, où j'ai été passer huit jours et d'où je rapporte un grand criminel de mes amis que je vous demande la permission de vous présenter." A ces mots, il tira de sa poche une main d'écorché ; cette main était affreuse, noire, sèche, très longue et comme crispée, les muscles, d'une force extraordinaire, étaient retenus à l'intérieur et à l'extérieur par une lanière de peau parcheminée, les ongles jaunes, étroits, étaient restés au bout des doigts ; tout cela sentait le scélérat d'une lieue. "Figurez-vous, dit mon ami, qu'on vendait l'autre jour les défroques d'un vieux sorcier bien connu dans toute la contrée ; il allait au sabbat tous les samedis sur un manche à balai, pratiquait la magie blanche et noire, donnait aux vaches du lait bleu et leur faisait porter la queue comme celle du compagnon de saint Antoine. Toujours est-il que ce vieux gredin avait une grande affection pour cette main, qui, disait-il, était celle d'un célèbre criminel supplicié en 1736, pour avoir jeté, la tête la première, dans un puits sa femme légitime, ce quoi faisant je trouve qu'il n'avait pas tort, puis pendu au clocher de l'église le curé qui l'avait marié. Après ce double exploit, il était allé courir le monde et dans sa carrière aussi courte que bien remplie, il avait détroussé douze voyageurs, enfumé une vingtaine de moines dans leur couvent et fait un sérail d'un monastère de religieuses. - Mais que vas-tu faire de cette horreur ? nous écriâmes-nous. - Eh parbleu, j'en ferai mon bouton de sonnette pour effrayer mes créanciers. - Mon ami, dit Henri Smith, un grand Anglais très flegmatique, je crois que cette main est tout simplement de la viande indienne conservée par le procédé nouveau, je te conseille d'en faire du bouillon. - Ne raillez pas, messieurs, reprit avec le plus grand sang-froid un étudiant en médecine aux trois quarts gris, et toi, Pierre, si j'ai un conseil à te donner, fais enterrer chrétiennement ce débris humain, de crainte que son propriétaire ne vienne te le redemander ; et puis, elle a peut-être pris de mauvaises habitudes cette main, car tu sais le proverbe : "Qui a tué tuera." - Et qui a bu boira", reprit l'amphitryon. Là-dessus il versa à l'étudiant un grand verre de punch, l'autre l'avala d'un seul trait et tomba ivre-mort sous la table. Cette sortie fut accueillie par des rires formidables, et Pierre élevant son verre et saluant la main : "Je bois, dit-il, à la prochaine visite de ton maître", puis on parla d'autre chose et chacun rentra chez soi. Le lendemain, comme je passais devant sa porte, j'entrai chez lui, il était environ deux heures, je le trouvai lisant et fumant. "Eh bien, comment vas-tu ? lui dis-je. - Très bien, me répondit-il. - Et ta main ? - Ma main, tu as dû la voir à ma sonnette où je l'ai mise hier soir en rentrant, mais à ce propos figure-toi qu'un imbécile quelconque, sans doute pour me faire une mauvaise farce, est venu carillonner à ma porte vers minuit ; j'ai demandé qui était là, mais comme personne ne me répondait, je me suis recouché et rendormi." En ce moment, on sonna, c'était le propriétaire, personnage grossier et fort impertinent. Il entra sans saluer. "Monsieur, dit-il à mon ami, je vous prie d'enlever immédiatement la charogne que vous avez pendue à votre cordon de sonnette, sans quoi je me verrai forcé de vous donner congé. - Monsieur, reprit Pierre avec beaucoup de gravité, vous insultez une main qui ne le mérite pas, sachez qu'elle a appartenu à un homme fort bien élevé." Le propriétaire tourna les talons et sortit comme il était entré. Pierre le suivit, décrocha sa main et l'attacha à la sonnette pendue dans son alcôve. "Cela vaut mieux, dit-il, cette main, comme le "Frère, il faut mourir" des Trappistes, me donnera des pensées sérieuses tous les soirs en m'endormant." Au bout d'une heure je le quittai et je rentrai à mon domicile. Je dormis mal la nuit suivante, j'étais agité, nerveux ; plusieurs fois je me réveillai en sursaut, un moment même je me figurai qu'un homme s'était introduit chez moi et je me levai pour regarder dans mes armoires et sous mon lit ; enfin, vers six heures du matin, comme je commençais à m'assoupir, un coup violent frappé à ma porte, me fit sauter du lit ; c'était le domestique de mon ami, à peine vêtu, pâle et tremblant. "Ah monsieur ! s'écria-t-il en sanglotant, mon pauvre maître qu'on a assassiné." Je m'habillai à la hâte et je courus chez Pierre. La maison était pleine de monde, on discutait, on s'agitait, c'était un mouvement incessant, chacun pérorait, racontait et commentait l'événement de toutes les façons. Je parvins à grand-peine jusqu'à la chambre, la porte était gardée, je me nommai, on me laissa entrer. Quatre agents de la police étaient debout au milieu, un carnet à la main, ils examinaient, se parlait bas de temps en temps et écrivaient ; deux docteurs causaient près du lit sur lequel Pierre était étendu sans connaissance. Il n'était pas mort, mais il avait un aspect effrayant. Ses yeux démesurément ouverts, ses prunelles dilatées semblaient regarder fixement avec une indicible épouvante une chose horrible et inconnue, ses doigts étaient crispés, son corps, à partir du menton, était recouvert d'un drap que je soulevai. Il portait au cou les marques de cinq doigts qui s'étaient profondément enfoncés dans la chair, quelques gouttes de sang maculaient sa chemise. En ce moment une chose me frappa, je regardai par hasard la sonnette de son alcôve, la main d'écorché n'y était plus. Les médecins l'avaient sans doute enlevée pour ne point impressionner les personnes qui entreraient dans la chambre du blessé, car cette main était vraiment affreuse. Je ne m'informai point de ce qu'elle était devenue. Je coupe maintenant, dans un journal du lendemain, le récit du crime avec tous les détails que la police a pu se procurer. Voici ce qu'on y lisait : "Un attentat horrible a été commis hier sur la personne d'un jeune homme, M. Pierre B..., étudiant en droit, qui appartient à une des meilleures familles de Normandie. Ce jeune homme était rentré chez lui vers dix heures du soir, il renvoya son domestique, le sieur Bouvin, en lui disant qu'il était fatigué et qu'il allait se mettre au lit. Vers minuit, cet homme fut réveillé tout à coup par la sonnette de son maître qu'on agitait avec fureur. Il eut peur, alluma une lumière et attendit ; la sonnette se tut environ une minute, puis reprit avec une telle force que le domestique, éperdu de terreur, se précipita hors de sa chambre et alla réveiller le concierge, ce dernier courut avertir la police et, au bout d'un quart d'heure environ, deux agents enfonçaient la porte. Un spectacle horrible s'offrit à leurs yeux, les meubles étaient renversés, tout annonçait qu'une lutte terrible avait eu lieu entre la victime et le malfaiteur. Au milieu de la chambre, sur le dos, les membres raides, la face livide et les yeux effroyablement dilatés, le jeune Pierre B... gisait sans mouvement ; il portait au cou les empreintes profondes de cinq doigts. Le rapport du docteur Bourdeau, appelé immédiatement, dit que l'agresseur devait être doué d'une force prodigieuse et avoir une main extraordinairement maigre et nerveuse, car les doigts qui ont laissé dans le cou comme cinq trous de balle s'étaient presque rejoints à travers les chairs. Rien ne peut faire soupçonner le mobile du crime, ni quel peut en être l'auteur. La justice informe." On lisait le lendemain dans le même journal : "M. Pierre B..., la victime de l'effroyable attentat que nous racontions hier, a repris connaissance après deux heures de soins assidus donnés par M. le docteur Bourdeau. Sa vie n'est pas en danger, mais on craint fortement pour sa raison ; on n'a aucune trace du coupable." En effet, mon pauvre ami était fou ; pendant sept mois j'allai le voir tous les jours à l'hospice où nous l'avions placé, mais il ne recouvra pas une lueur de raison. Dans son délire, il lui échappait des paroles étranges et, comme tous les fous, il avait une idée fixe, il se croyait toujours poursuivi par un spectre. Un jour, on vint me chercher en toute hâte en me disant qu'il allait plus mal, je le trouvai à l'agonie. Pendant deux heures, il resta fort calme, puis tout à coup, se dressant sur son lit malgré nos efforts, il s'écria en agitant les bras et comme en proie à une épouvantable terreur : "Prends-la ! prends-la ! Il m'étrangle, au secours, au secours !" Il fit deux fois le tour de la chambre en hurlant, puis il tomba mort, la face contre terre. Comme il était orphelin, je fus chargé de conduire son corps au petit village de P... en Normandie, où ses parents étaient enterrés. C'est de ce même village qu'il venait, le soir où il nous avait trouvés buvant du punch chez Louis R... et où il nous avait présenté sa main d'écorché. Son corps fut enfermé dans un cercueil de plomb, et quatre jours après, je me promenais tristement avec le vieux curé qui lui avait donné ses premières leçons, dans le petit cimetière où l'on creusait sa tombe. Il faisait un temps magnifique, le ciel tout bleu ruisselait de lumière, les oiseaux chantaient dans les ronces du talus, où bien des fois, enfants tous deux, nous étions venus manger des mûres. Il me semblait encore le voir se faufiler le long de la haie et se glisser par le petit trou que je connaissais bien, là-bas, tout au bout du terrain où l'on enterre les pauvres, puis nous revenions à la maison, les joues et les lèvres noires de jus des fruits que nous avions mangés ; et je regardai les ronces, elles étaient couvertes de mûres ; machinalement j'en pris une, et je la portai à ma bouche ; le curé avait ouvert son bréviaire et marmottait tout bas ses oremus, et j'entendais au bout de l'allée la bêche des fossoyeurs qui creusaient la tombe. Tout à coup, ils nous appelèrent, le curé ferma son livre et nous allâmes voir ce qu'ils nous voulaient. Ils avaient trouvé un cercueil. D'un coup de pioche, ils firent sauter le couvercle et nous aperçûmes un squelette démesurément long, couché sur le dos, qui, de son oeil creux, semblait encore nous regarder et nous défier ; j'éprouvai un malaise, je ne sais pourquoi j'eus presque peur. "Tiens ! s'écria un des hommes, regardez donc, le gredin a un poignet coupé, voilà sa main." Et il ramassa à côté du corps une grande main desséchée qu'il nous présenta. "Dis donc, fit l'autre en riant, on dirait qu'il te regarde et qu'il va te sauter à la gorge pour que tu lui rendes sa main. - Allons mes amis, dit le curé, laissez les morts en paix et refermez ce cercueil, nous creuserons autre part la tombe de ce pauvre monsieur Pierre. Le lendemain tout était fini et je reprenais la route de Paris après avoir laissé cinquante francs au vieux curé pour dire des messes pour le repos de l'âme de celui dont nous avions ainsi troublé la sépulture.
Publié le 11 décembre 2007 à 00:07
Par flicorse
Du Texte clos à la publication ouverte sur le Web :

Du texte clos à la menace infinie, nouveau polar de Ugo Pandolfi sera disponible en ligne. Le feuilleton électronique débute le 3 janvier 2008. Tous les jeudis, deux chapitres seront téléchargeables gratuitement au format pdf. L'auteur de La Vendetta de Sherlock Holmes assure que le dernier chapitre et l'épilogue seront livrés le 22 mai 2008. Le site d'accueil est désormais finalisé explique Ugo Pandolfi. Son ergonomie a été pensée pour faciliter au maximum l'accès des Internautes. C'est simple comme un blog. C'est en exclusivité pour Corsicapolar et les commentaires sont ouverts. Vous pouvez aller voir dés à présent à http://www.Corsicapolar.eu qui offre un accès sur le site ouvert par Ugo Pandolfi.
Du texte clos à la menace infinie est l'un des premiers titres de la collection Nuages / Noir que la toute jeune maison d'édition Eolia annonce pour l'été 2008. Eolia ( ou Eolie) est dans la mythologie, l’île d’Eole, Dieu des vents, identifiée comme étant l’île Lipari de l’archipel des Éoliennes. La symbolique est heureuse pour cette audacieuse maison corse d’édition au début de son odyssée littéraire. Elle portera la collection Nuages/Noir par dessus la mer, même avec le vent en poupe. Nous savons que, sur ce bateau livre, Jeannot ( pas Janneau) Crozier- Pandolfi, tel Ulysse, a le pied marin.
Présentation du roman à paraître: Les auteurs de menaces terroristes ont leurs experts en signature comme les victimes d'homicide ont leurs médecins légistes. Antoine Desanti est l'un des meilleurs dans ce domaine très pointu de l'analyse sémantique. Il vit en Corse, à la campagne. Il ne travaille qu'en réseau et son chien s'appelle Virgule. Entre les textes clos de ses affaires classées et les menaces infinies qui s'accumulent, il ne rêve qu'à son jardin ou à ses amours. Jusqu'au jour où son ami le commissaire Clément Rossetti se prend la tête pour le cadavre d'un expert-comptable atrocement mutilé...
Précisions de l’auteur : Ceci est un roman. Mais comme la vie n’en est pas un, il faudrait avoir une imagination surhumaine pour éviter totalement toute ressemblance avec des personnes réelles ou ayant réellement existé. Dans tous les cas, la réalité est toujours pire que la fiction et les ressemblances, si l’on en trouvait, ne peuvent être que pures coïncidences. Il est vrai cependant qu’Amir n’est plus adjoint de sécurité au commissariat de Bastia : il a réussi le concours de gardien de la paix. Il exerce désormais son difficile métier de policier quelque part en Ile de France.

Jean Crozier-Pandolfi est Journaliste depuis 1978. Jean Crozier, vit et travaille en Corse depuis la fin des années 80. Il assure, au sein du service public de télévision régionale, les éditions électroniques multimédia et anime la Cellule d'Informations et de Veille Internet de la chaîne France 3 en Corse. Il écrit sous le pseudonyme d’Ugo Pandolfi. " Du texte clos à la menace infinie " est le titre de son prochain roman à paraître dans la nouvelle collection " Nuages noirs d’un nouvel éditeur corse de Porto Vecchio, les Editions Eolia.
Jean Crozier-Pandolfi, avec ses compétences journalistiques et informatiques, a créé et anime le site de Corsicapolar. Sous le pseudonyme de " Ugo Pandolfi ", il est l'auteur d'un premier roman La Vendetta de Sherlock Holmes (Editions Little Big Man- Collection "Les voyageurs oubliés). Dans son journal intime, Ugo Pandolfi, géologue d'origine corse, raconte avoir été, durant dix ans, l'ami et le guide de l'écrivain Guy de Maupassant. Cette révélation exige à elle seule un rigoureux examen critique. Dans ses carnets, l'ingénieur Pandolfi révèle également qu'à la mort de Maupassant, en 1893, il devint le compagnon du détective Sherlock Holmes. Canular littéraire ou révolution dans l'holmésologie ? L’auteur, à l’imagination fertile et à la plume alerte, dit sans dire " : " La Vendetta de Sherlock Holmes n'est pas un roman. Il s'agit du journal de mon arrière-grand-oncle, l'ingénieur géologue Ugo Pandolfi, écrit entre l'année 1889 et l'année 1895. Aussi incroyable que cela puisse être, ce journal de Ugo Pandolfi décrit le Sherlock Holmes historique. J'affirme donc que les carnets jusqu'à présent inédits de mon ancêtre corse sont la preuve immatérielle de l'existence du roi des détectives. A vous, lecteur, d'éliminer l'impossible et de retenir l'improbable. Là est la vérité. "
Extrait d’un entretien avec Elisabeth Milleliri, journaliste-écrivain : Jean Crozier-Pandolfi : " Si Ugo Pandolfi était une création ou une re-création, il ne figurerait pas sur la couverture du livre comme seul et unique auteur de la Vendetta de Sherlock Holmes. Sauf à imaginer que celle-ci ne serait qu'une vaste récréation... A vous et aux lecteurs d'éliminer l'impossible ! "
Communication d’Ugo Pandolfi : Dans son journal intime, Ugo Pandolfi, géologue d'origine corse, prétend avoir été, durant dix ans, l'ami et le guide de l'écrivain Guy de Maupassant. Cette révélation exige à elle seule un rigoureux examen critique. Dans ses carnets, l'ingénieur Pandolfi révèle également qu'à la mort de Maupassant, en 1893, il devint le compagnon du détective Sherlock Holmes. Canular littéraire ou révolution dans l'holmésologie ? Là encore, des investigations s'imposent. Leur enjeu n'est pas moindre : il s'agit de savoir si une partie de l'oeuvre de Sir Arthur Conan Doyle consacrée au célèbre détective n'est pas un plagiat des écrits du géologue Ugo Pandolfi. Les textes reproduits dans la présente édition électronique, avec l'aimable autorisation des éditions LBM, sont la transcription scrupuleuse et intégrale des manuscrits de Ugo Pandolfi tels qu'ils ont été découverts par son arrière petit-neveu, le journaliste Jean Pandolfi-Crozier, en 2002. Cette version numérique est destinée à faciliter le travail des chercheurs, holmésiens ou non, qui pourront ainsi soumettre plus aisément ces documents aux analyses critiques qu'ils méritent. La note finale du carnet daté d'avril 1895 a été mise en ligne en avril 2006.
Le texte intégral des carnets de l'ingénieur Ugo Pandolfi (1852-1927) concerne la période comprise entre septembre 1889 et avril 1895, disponible à l’adresse ci-dessous http://scripteur.typepad.com/du_texte_clos/
Précédentes parutions :
Jean Crozier-Pandolfi est coauteur, en 1981, avec Michel Franca, de Nice, la Baie des Requins (Edition Alain Moreau-Paris- 8000 exemplaires vendus). Une enquête sur Nice, la ville des krachs financiers, des carambouilles immobilières et des guerres mafieuses. En 1997, publication de La Conjuration de Corse de Philippe Buonarroti*. Cette édition critique d'un texte rare, tirée à 2000 exemplaires, est à présent introuvable. Œuvre utile pour l’histoire de la Corse, pour l’histoire de la Révolution française et pour celle des idées égalitaires (et reconnaissons que ce triple plan ne se recoupe pas nécessairement). Il s’agit de l’édition par J. Crozier de la brochure de Buonarroti, sortie des presses en novembre 1793 à Paris, intitulée "La Conjuration de Corse et divers mémoires sur la Trahison de Paoly, sur l’état de cette isle, et sur quelques moyens pour la ramener à l’unité de la République". Outre la réédition du texte de Buonarroti, l’ouvrage comprend les textes de Constantini, député extraordinaire du conseil général du département de la Corse et adversaire de Buonarroti, le jugement prononcé le 19 novembre 1793 à Paris en faveur de Buonarroti contre Constantini, une importante notice chronologique, une partie bibliographique et une solide introduction de J. Crozier. Un travail important donc. Article de Jean- Marc Schiappa sur cet ouvrage à l’adresse ci dessous : http://ahrf.revues.org/document985.html
L’Edition en ligne :
Ecrire est un moyen de s'exprimer, de sortir de soi et se concevoir comme écrivain suppose de chercher à être lu, d'aller vers les autres avec ce qu'on a écrit. La finalité n'est pas le livre, mais bien le lecteur. Etre lu…. C’est sans doute la motivation d’Ugo Pandolfi en offrant gratuitement aux Internautes son prochain roman, gratifiant par la même occasion le site Corsicapolar de cette exclusivité.
L'édition en ligne est devenue le moyen le plus simple, le plus économique et le plus efficace d'éditer et de publier un livre — et, plus généralement, tout travail intellectuel. Pour Ugo Pandolfi, édition numérique et tirage papier sont devenus complémentaires, inséparables, et certainement pas concurrents.
Ce qui fait le lecteur est son anonymat : c'est pour une figure sans nom que l'on écrit et à lui seul qu'on s'adresse… Aujourd'hui, l'édition en ligne, grâce à ce formidable outil de diffusion qu'est I'Internet, permet d'élargir le champ des lecteurs. Toutefois il ne s’agit que d’une étape et le roman d’Ugo Pandolfi sera par la suite édité et présent lors du festival du polar corse et méditerranéen en juillet prochain comme le premier d’une nouvelle édition corse, les Editions Eolia dont la collection au titre de Nuages/ Noir s’annonce prometteuse.
Il faut rappeler qu’Ugo Pandolfi n’en est pas à sa première publication en ligne. Après l’édition papier (2004), il avait mi, en 2006, à la disposition des Internautes son précédent ouvrage " La Vendetta de Sherlock Holmes ". Cette audace n’a pas porté préjudice à son éditeur puisque le livre, succès des librairies insulaires, est maintenant introuvable. Pour son nouveau roman, il s’agit d’une édition en première ligne et donc avant l’édition papier. Cet auteur aime les challenges et a décidé d’utiliser toutes les ressources de l’informatique afin d' effacer la mer qui, pour la Corse, est un obstacle à la diffusion des publications insulaires. Ce n’est pas, sans arrière pensée philosophique qu’il a nommé le héros de son dernier roman Toussaint Desanti, en hommage à Jean-Toussaint Desanti, philosophe corse de renom. En publiant son ouvrage en ligne, Jean Crozier Pandolfi fait violence à la diffusion littéraire pour effacer la mer, celle qui sépare et engloutit. Cependant, il sait que l'édition numérique a toujours besoin du livre imprimé (et pourquoi pas même d'un marché du livre ?)
Cette complémentarité pourrait se faire de trois façons qui ne seraient pas forcément en opposition : La première pourrait continuer à être le recours à l'édition traditionnelle, lui ménageant des contrats d'exclusivité qui ne remettraient pas en cause l'édition en source libre. Les Éditions de l'Éclat l'ont bien compris avec le Lyber. La seconde pourrait passer par un tirage à la demande du lecteur, auprès d'un imprimeur qui répondrait à la commande en ligne après avoir passé contrat avec l'éditeur du document numérique prêt pour l'impression. La troisième pourrait être la commande de tirages privés à un imprimeur, qui imprimerait et livrerait le document à la seule demande du lecteur.
Quelle sera la stratégie des Editions Eolia ? Nous le saurons sans doute lorsque l’éditrice, originaire de Porto-Vecchio où elle réside, annoncera officiellement sa « ligne » éditoriale…
Concernant l’Edition en ligne, nous avons trouvé un dossier sur le Net - Rapport de Jean-Pierre Depétris :
Adresse : http://jdepetris.free.fr/load/rapport.html
Publié le 24 novembre 2007 à 14:51
Par flicorse
Jean-Pierre Mocky et l’ombre d’Alfred Hitchkock :
Mocky a racheté 40 scénarios aux héritiers d’Alfred Hitchcock. Il tourne en Anjou dix épisodes de la série " Alfred Hitchcock présente ".inspirée de nouvelles sélectionnées par le Maître du suspens. Jean-Pierre Mocky a décidé de reprendre le flambeau et d'adapter pour la télévision une quarantaine de scénarios. Diffusés dès janvier sur la chaîne 13e rue, douze épisodes de 26 minutes, sous le titre " Myster Mocky présente ", mettront en scène entre autres, Richard Bohringer, Jean-Hugues Anglade, ou Claude Brasseur. Ils seront présentés en tandem par Mocky et Shirley Hitchcock, la petite fille du réalisateur anglais. " En 1960, raconte Jean-Pierre Mocky, j'étais allé voir Hitchcock en compagnie de François Truffaut qui était un grand admirateur du maître. Plus tard, j'ai décidé de racheter des scénarios qui n'ont jamais été tournés. "Mocky avait commencé à tourner trois épisodes dans les années 1990, mais le projet a subitement avorté. Aujourd’hui, Mocky est décidé à aller jusqu'au bout. Deux nouveaux épisodes ont déjà été tournées.
Alors que sort en salle le dernier film de Jean-Pierre Mocky "13 French street", le 27 novembre, la chaîne 13ème RUE vous propose une soirée "Mister Mocky présente". Découvrez en exclusivité le premier épisode inédit "le diable en embuscade" de la collection initiée par Jean-Pierre Mocky et la fille d'Alfred Hitchcock inspirée de la célèbre anthologie du maître incontesté du suspense : "Mister Mocky présente les nouvelles d'Alfred Hitchcock". Dans ce premier épisode, retrouvez Jean-Hugues Anglade et à venir : Claude Brasseur, Didier Bourdon, Alain Delon, Jean Reno...
Un autre admirateur d’Hitchcock, Laurent Simonpoli avait réalisé son premier court métrage, U Tavonu, une histoire de promoteur immobilier, dans la lignée des Alfred Hitchcock présente. Il avait concouru au festival du film de Ciné-Ma-Région de Gruissan. Jean-Pierre Mocky en était le président et n’avait pas aimé le film. Dans le même exercice, ce sera au tour de Mocky d’être jugé.
Jean-Pierre Mocky à Marseille et Noël Simsolo aussi…
En lisant sa filmographie, on s’aperçoit que Mocky ne cesse de tourner à un rythme démentiel. Il explique que ses films ne sont plus distribués ni vus par la critique. Ainsi bon nombre de ses œuvres passent inaperçues dans des cinémas d’art et d’essais. Lors de sa précédente venue à Marseille, il avait été programmé dans un de ces cinémas qui a disparu depuis plusieurs années, le Breteuil. L’absence d’information sur son passage l’avait mis devant une salle presque vide. A la Friche de la Belle de Mai, le 28 septembre dernier, le public était nombreux et attentif.
La soirée était réussie avec la projection du film de Jean Pierre Mocky "La Bête de miséricorde" suivi d’un débat avec Jean-Pierre Mocky et son ami Noël Simsolo. Mocky est un homme affable, volontiers disert. Avant de parler, il se mettait d’abord à la place de celui qui allait l’écouter et, par quelques mots, créait une atmosphère de sympathie. En militant du cinéma indépendant, il dressait un tableau des difficultés rencontrées et de la situation actuelle. Il faisait part de son expérience avec le DVD et la chaîne 13ème rue.
Synopsis de La bête de Miséricordes : Jean Mardet est en mission pour soulager les gens de leurs souffrances. Sur ordre de Dieu, il les tue. Inspiré du roman au titre éponyme de Frédéric Brown, c'est la deuxième adaptation, après L'Ibis Rouge, d'une œuvre de l'auteur par Jean-pierre Mocky.
Après les refus de Belmondo et Serrault de tenir les rôles principaux, le réalisateur a décidé d'interpréter lui-même cet ange de la mort "miséricordieux". On lui donne raison, assistant là à une prestation réussie dans l'ensemble, assez profonde. Sombre dans l'attitude, il nous livre notamment une belle palette de monologues existentiels, symboles de la folie intérieure de son personnage. On a le plaisir de retrouver Bernard Menez dans l'autre rôle principal, celui du flic soupçonneux. Avec Jacky Berroyer, dont c'est la première collaboration avec Mocky, il forme un duo à la fois drôle et pathétique. Ce film, inédit en DVD et apprécié par la critique lors de sa sortie, fût paradoxalement un échec commercial, victime du système de distribution inlassablement fustigé par Mocky.
Le mélange d’énergie et de croyance absolue dans le cinéma fait que Mocky parvient à nous faire adhérer à une histoire abracadabrante. L'éclairage de Noël Simsolo sur l’œuvre du réalisateur fut d'une très grande tenue. Jean-Pierre Mocky se montrait sous son meilleur jour, c’est-à-dire son vrai jour et il laissait Noël Simsolo parler de lui et de son œuvre, sans intervenir si ce n’est par un sourire amical tourné vers son ami qui le connaît si bien.
Mocky fait avancer le spectateur comme un funambule sur un fil entre sourire et drame. On entre d’abord hésitant dans l’histoire pour se laisser finalement avoir malgré les réticences du début. Dans ce jeu du chat et de la souris, le spectateur est la souris. Mocky joue avec vous comme le chat avec sa proie. Il vous garde en son pouvoir par de petits coups de pattes puis vous laisse un moment libre de fuir pour mieux vous rattraper. Après la séance, un jeune spectateur (sans doute élève d’une école de cinéma ) a parlé de " foutage de gueule " en évoquant le début du film, ce qui a déclenché l’ire de Noël Simsolo. Le terme était impropre. Nous y avons vu davantage une entrée en matière socratique qui, à l’inverse d’un " foutage de gueule " fait passer le spectateur d’un état passif à un état actif. On ne se dit pas : " Il se fout de notre gueule ! Basta ! " mais plutôt " Où veut-il en venir ? A quoi joue-t-il ? ". L’esprit reste en éveil parce qu’il est en permanence sollicité. A la fin, devant le foisonnement des thèmes abordés et des personnages brossés, on essaie d’en faire le compte et, si on les prend un par un, chacun peut être l’objet d’une discussion. Tous sont traités de façon humaniste avec un humour teinté de mélancolie. Tous nous concernent. Tous incitent à l’autodérision et à la réflexion.
Mocky, de son vrai nom Jean-Paul Adam Mokiejewski, est producteur, scénariste et monteur et de la plupart de ses films. Comédien, Il y joue souvent un rôle. Il fait partie des artistes du cinéma qui réalisent de bons films avec un minimum de moyens financiers et beaucoup d’intelligence. Il connaît, poste par poste, le prix de chaque tournage auquel doit s’ajouter ce qui n’a pas de prix : tout ce qu’il obtient amicalement des gens qui le rejoignent dans chacune de ses aventures cinématographiques. Les acteurs viennent pour un petit cachet et sont contents d'avoir tourné avec lui. Après, ils vont le dire autour d'eux. C’est aussi par son charisme et son humanisme qu’il donne du souffle à ses films. Même si d’aucuns le dénigrent ou le boudent à chacune de ses premières, il reste l’un des plus grands cinéastes de sa génération, avec en arrière-plan tout ce que le cinéma a donné de meilleur. L’artiste a ajouté son nom à d’autres : Alfred Hitchcock, Fritz Lang, Visconti, Samuel Fuller, Billy Wilder, Truffaut, Godard…. Dans une conférence, il avait dit qu’il avait appris à rire avec les Marx Brother et Buster Keaton. Il connaît le cinéma et l’aime. Les cinéphiles et les élèves du Cinéma peuvent puiser chez lui un savoir-faire avec le supplément d’âme et l’art de repousser les limités du crédible dans le jeu des acteurs. Les films de Mocky ont sa signature. C’est un cinéma déjanté mais qui tient toujours la route, celle où Jean-Pierre Mocky veut nous conduire avec beaucoup de malice. Le mot " Malice " convient, à mon sens, à son humanisme à fleur de peau. Ces films sont des sacs à malice. Le mal peut y être fait avec ou sans malice et même apparaître facétieux. Avant tout, il est humain. Pour le spectateur corse que je suis, Mocky pratique des formes d’humour qui me sont familières: l’autodérision, la macagna ( humour moqueur et provocateur) et le taroccu ( humour teinté de mélancolie). Le réalisateur lui-même apparaît souvent malicieux dans ses provocations en forme de coups de gueule. Une malice secrète qui fait un instant briller ses yeux.
Mocky aborde avec causticité les sujets les plus polémiques: les magouilles financières (Chut!), les absurdités du système judiciaire (Le Témoin), la corruption de la classe politique (Une nuit à l'Assemblée nationale), la télévision abêtissante (La Grande lessive), l'arrivisme (Snobs, Les Saisons du plaisir), le business religieux (Le Miraculé), le fanatisme (À mort l'arbitre!), etc... Interviews de Jean-Pierre Mocky :
Un entretien réalisé le mardi 27 mars par Ronny Chester et Chérif Saïs : http://www.dvdclassik.com/Critiques/interview_mocky.htm Propos recueillis par Julien Pichené et Laurent Devanne. : Entretien réalisé pour l'émission de cinéma Désaxés et diffusée sur Radio Libertaire le 9 Novembre 2003. http://www.arkepix.com/kinok/Jean-Pierre%20MOCKY/mocky_interview.html Article site Artcancre " cinoche des cancres " : http://kitanojackson.canalblog.com/archives/2006/07/18/2315344.html
Rappel succinct de sa flimographie ( liste non exhaustive) :
Il débute comme acteur au cinéma et au théâtre, mais commence sa carrière de réalisateur dès 1959. Chauffeur de taxi, Mocky est remarqué par Pierre Fresnay qui lui trouve une ressemblance avec Gérard Philipe. Il l’engage au théâtre de la Michodière pour tenir le rôle d'Hippolyte dans un Phèdre modernisé. Puis, il se retrouve au Conservatoire à suivre les cours de Louis Jouvet. (Époque de Claude Rich, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Bruno Cremer et Jean-Paul Belmondo). Sa première scène au cinéma, il la doit à Jean Cocteau dans Orphée.
Mocky, réalisateur Touristes, Oh Yes ! 2004 - Le furet – 2002 - Les araignées de la nuit 2001 - La bête de miséricorde 2000 - La Candide Madame Duff, Le Glandeur, Tout est calme 1999 - Au rendez-vous des tordus 1998 – Vidange - Robin des mers 1997 - Alliance cherche doigt 1995 - Noir comme le souvenir 1994 – Bonsoir 1993 - Le mari de Léon 1992 - Ville à vendre 1991 - Dis-moi qui tu hais, La méthode Barnol, Mocky Story, La vérité qui tue 1990 - Il gèle en enfer 1989 - Divine enfant 1988 - Une nuit à l'Assemblée nationale, Les Saisons du plaisir, Enduro Party (TV), Méliès 88: Gulliver (TV) 1987 - Agent trouble, Le Miraculé, Nice is Nice 1986 - La Machine à découdre 1985 - Le Pactole 1984 - À mort l'arbitre 1983 - Lettre d'un cinéaste: Le mystère Mocky (TV) 1982- Y a-t-il un français dans la salle? 1981 - Litan, la cité des spectres verts 1979 - Le piège à cons 1978 - Le Témoin 1977 - Le roi des bricoleurs 1975 - L'Ibis rouge 1974 - Un linceul n'a pas de poches 1973 - L'ombre d'une chance 1972 - Chut! 1971 - L'Albatros 1969 - L'Etalon 1968 - La Bourse et la vie, La Grande lessive 1966 - Les compagnons de la marguerite 1964 - La Cité de l'indicible peur 1963 - Un drôle de paroissien 1962 - Les Vierges 1961 – Snobs 1960 - Un couple 1959 - Les Dragueurs
Mocky acteur 2002, Les araignées de la nuit de JP Mocky – 2001 La bête de miséricorde de JP Mocky – 2000 Le glandeur de JP Mocky, La candide madame Duff de JP Mocky, Tout est calme de JP Mocky - 1998, Vidange de JP Mocky, Robin des mers de JP Mocky – 1993, Le mari de Léon de JP Mocky – 1992, Ville à vendre de JP Mocky – 1991 Mocky story de JP Mocky – 1990 Il gèle en enfer de JP Mocky – 1989 Divine enfant de JP Mocky – 1987 Agent trouble de JP Mocky, Le miraculé de JP Mocky – 1986, Le bridge de Gilles Dagneau, Grandeur et décadence d’un petit commerce de cinéma de Jean-Luc Godard, La machine à découdre de JP Mocky – 1984, À mort l'arbitre de JP Mocky – 1983 Lettre d'un cinéaste: Le mystère Mocky (TV) de JP Mocky, La route inconnue (TV Series) de Jean Dewever, Prénom Carmen de Jean-Luc Godard – 1982, Y a-t-il un Français dans la salle ? de JP Mocky, Litan de JP Mocky – 1979, Le piège à cons de JP Mocky – 1975 L’Ibis rouge de JP Mocky – 1974, Un linceul n'a pas de poches de JP Mocky, L’ombre d'une chance de JP Mocky – 1973 Le sourire vertical de Robert Lapoujade – 1971, L’Albatros de JP Mocky – 1970, Solo de JP Mocky – 1967, Les compagnons de la marguerite de JP Mocky – 1963 - Un drôle de paroissien de JP Mocky – 1962, Snobs ! de JP Mocky – 1960 Un couple de JP Mocky – 1959, La tête contre les murs de Georges Franju – 1958, Le gorille vous salue bien de Bernard Borderie – 1957, Le rouge est mis de Gilles Grangier, 1955, Sbandati, Gli de Francesco Maselli, Le comte de Monte-Cristo de Robert Vernay – 1954, Graziella de Giorgio Bianchi, Senso de Luchino Visconti, Le grand pavois de Jacques Pinoteau - 1953, Maternité clandestine de Jean Gourguet, Les vaincus (Sketch 'Sans amour') de Michelangelo Antonioni – 1952, I Condottieri de Paul Herbiger, La neige était sale de Luis Saslavsky, Éternel espoir de Max Joly, 1951, Deux sous de violettes de Jean Anouilh, Bibi Fricotin de Marcel Blistène – 1950, Dieu a besoin des hommes de Jean Delannoy – 1949, Au grand balcon de Henri Decoin, Occupe-toi d'Amélie de Claude Autant-Lara, Orphée de Jean Cocteau, Une nuit de noces de René Jayet, Portrait d'un assassin de Bernard-Roland - 1948 Les Casse-pieds de Jean Dréville, Le paradis des pilotes perdus de Georges Lampin, 1947, La cabane aux souvenirs de Jean Stelli – 1946, L’homme au chapeau rond de Pierre Billon, Rêves d'amour de Christian Stengel, L’affaire du collier de la reine de Marcel L'Herbier, Vive la liberté de Jeff Musso.
Filmographie détaillée à l’adresse : http://cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr/index.php?pk=5075
Ouvrages de Jean-Pierre Mocky : 2001 : M. le Mocky (mémoires aux éditions Denoël) 2005 : Mister Flash : gentleman gangster (roman aux éditions Flammarion) 2006 : Cette fois je flingue (biographie aux éditions Florent Massot) 2007 : Mocky s'affiche (commentaires du réalisateur sur les affiches de ses films aux éditions Christian Pirot) 2007 : Les vacances du pouvoir (" comédie politique " aux éditions Michalon)
Noël Simsolo :
Là où est Mister Mocky, doct'Simsolo n’est souvent pas loin pour parler de l’œuvre de son ami et guérir ses détracteurs. Ils se sont retrouvés à Marseille pendant la quinzaine du noir. Simsolo est critique de cinéma mais aussi comédien, scénariste et réalisateur. Dans Deal réalisé par J.P Mocky, il tient le rôle de ce prêtre tourmenté par ses désirs pour un petit enfant de chœur. Il a eu son premier rôle dans la Maman et la putain, film réalisa par Jean Eusttache. Il a joué dans près d’une quarantaine de films avec des réalisateurs différends dont Marco Ferreri, Paul Vecchiali, Jean-François Davy, Jean-Claude Biette, Claude Chabrol, Bertrand Tavernier, Jean-Luc Godard et d’autres. Après le Deal, en 2007, Mocky lui a donné un rôle dans 13 French Street.. Il est le réalisateur de Cauchemar (1980) et de Pierre Molinier, 7, rue des Faussets. Il est aussi scénariste notamment de Cauchemar (1980), de lui-même et de Femmes, femmes (1974), de Paul Vecchiali.
Ce 28 septembre fut l’occasion de côtoyer Noël Simsolo, critique reconnu dans le cinéma mais aussi auteur prolifique de romans noirs et d’une bible du film noir. Invité en résidence à la Friche, il a participé le lendemain de la projection du film à un rencontre avec les deux auteurs mexicains Eduardo Monteverde et Juan Hernandez Luna sur la littérature noir (nous leur avons déjà consacré un article ) . Nous étions peu nombreux en ce vendredi 28 septembre. L’échange n’en a été que plus intéressant car il a pris la tournure d’une réunion amicale. Un média était présent : le nouveau magazine culturel Z comme Zibeline en la personne de Fred Robert qui y tient la chronique littéraire et qui a écrit, en parlant de Noël Simsolo : " Passés les premiers moments de sa cuistrerie aussi évidente qu’assumée, il connaît le gotha du Noir, il a rencontré X et Y et même Z ! On ne peut que s’incliner devant la somme de connaissances de ce petit monsieur plein d’humour et admirer son aisance à les communiquer… "
Mais la culture de Noël Simsolo ne s’arrête pas à la Noire. Nous avons eu une discussion avec lui auparavant et à l’évocation de Céline, il nous récitait un long passage de Voyage au bout de la nuit. Par la suite, étant auteur de polar, nous avons passé plusieurs moments avec lui lors de dédicaces dans le cadre des Terrasses du polar, de vrais bons moments. Les lecteurs étaient nombreux autour de lui et, sans se soucier du temps, il consacrait à chacun un long moment de discussion.
Noël Simsolo né en 1944. Comédien au théâtre puis au cinéma, il est réalisateur d'une vingtaine de courts métrages et de deux longs métrages Cauchemar et Jean Cocteau, mensonges et vérités, mais aussi scénariste pour Marco Ferreri, Marie-Claude Treilhou et Paul Vecchiali. Romancier, il a écrit une vingtaine de romans noirs ou autres, dont La Chair des femmes, Jeunesse(s) et Clown, Les aventures d'Edgar Flanders, Les derniers mystères de Paris, 2 Poulpe ; Un travelo nommé Désir, Les 7 poules de Cristelle, Tête à queue (avec Daeninckx), Ne touchez à rien ; BD avec Bezian. Historien de cinéma, Noël Simsolo a publié aux éditions Cahiers du cinéma : Clint Eastwood, 2003, Conversations avec Sergio Leone, 1999, Il était une fois... Samuel Fuller, 1990, et Sacha Guitry, 1988.
Quelques présentations d’ouvrages :
Film noir : Claude Mesplède a écrit la bible de la littérature noire, Noël Simsolo celle du film noir. Ce dernier porte un regard novateur sur le film noir. D'abord parce qu'il en propose de nouveaux contours grâce à un retour à ses sources littéraires comme le roman naturaliste français, le feuilleton, le hard boiled américain ; à ses sources cinématographiques aussi, dans bon nombre de films de policiers et voleurs du muet, du côté de l'Allemagne et du mouvement expressionniste, du côté de la France et du réalisme poétique pour ne citer que celles-là. Ensuite, parce qu'il désigne, dans le Hollywood des années 30, les signes avant coureurs du film noir qui se manifestent dans les films de gangsters, dans la présence thématique de la psychanalyse et de la propagande liée à la seconde guerre mondiale. Mais surtout parce qu'il éclaire le film noir d'une étude approfondie de ses rapports avec la littérature américaine (Raymond Chandler, Dashiell Hammett, James Cain, William Irish), des courants esthétiques et des genres qui le traversent, et du contexte historique, social et politique (peur de l'apocalypse atomique, chasse aux sorcières de la guerre froide). Le cœur du livre est un voyage dans LE CYCLE NOIR américain qui vit son apothéose entre 1944 et 1959 mettant en scène des personnages de gangsters et de policiers à la dérive, pétris de contradictions, aux prises avec un mal être existentiel, des beautés vénéneuses et synonymes de danger. Alfred Hitchcock, Fritz Lang, Raoul Walsh, Orson Welles, Samuel Fuller, John Huston en sont, entre autres, les maîtres. Le grand sommeil en 1956 de Howard Hawks, Quand la ville dort en 1950 de John Huston, La Dame de Shangaï, 1948, d'Orson Welles, Règlement de compte, 1953, de Fritz Lang, Laura, 1944, d'Otto Preminger, En marge de l'enquête, 1947, de John Cromwell, Gilda, 1946, de Charles Vidor, Mark Dixon Detective, 1950, d'Otto Preminger, Les Passagers de la nuit, 1947, de Delmer Daves en sont les chefs-d'oeuvre. Humphrey Bogart, Robert Montgomery, James Cagney, Dana Andrews, Edward G. Robinson en sont les héros. Lauren Bacall, Marlene Dietrich, Ida Lupino, Grace Kelly, Jane Tierney, Lana Turner, Rita Hayworth, les icônes.
Clown: La vieille carcasse du clown supportait mal l'émotion qu'il vivait en examinant l'inconnu. Vania devinait cette souffrance. L'appréhension d'un malheur l'enveloppa. Un clown, blanc - triste - aux cheveux blancs. Vania, la jeune Noire, au masque blanc, nuptial (e). Un clone, à la mémoire blanchie. Un flic, des Stups - encore du blanc. Un chirurgien, aux gants blancs. Et la face cachée de ces vies, noires, hantées de fantômes désarticulés, personnels ; trop humains. Peut-on retrouver le sourire perdu des enfants. Un clown, au nez rouge. Vania, la jeune Noire, au sang rouge, nuptial (e). Un clone, aux sourires rouges. Un flic, amputé, qui voit rouge. Un chirurgien à la mémoire étoilée de sang, - rouge. Et la face cachée de ces vies, noires, hantées de fantômes désarticulés, personnels ; trop humains. Peut-on oublier le sourire volé des enfants. Entrez sur la piste... Noël Simsolo écrit en blanc et noir, l'extrême, le grand écart des existences, les dièses de la vie. Dissonances. Du grand art !
Portraits: "Au fil du temps, j'ai rencontré de nombreux artisans de cinéma. Ils étaient comédiens, producteurs, réalisateurs, critiques ou directeurs de cinémathèques. Certains d'entre eux demeurent dans les mémoires. D'autres sont presque oubliés, mais tous vivaient pour cet art et y brûlaient leur âme avec passion. (...) J'ai eu la chance de les connaître et de dialoguer avec eux. Pas toujours de cinéma. Parfois, ce furent de longues conversations amicales étalées sur plusieurs années. D'autres fois, il a suffi d'une seule soirée pour marquer ma mémoire. Quelquefois, une collaboration nous a réunis. Chaque individu porte en lui les traces des moments privilégiés où un mot, un geste, une attitude et une situation peuvent influencer l'existence. Je suis recouvert de ces traces. Elles sont signes de bonheur tout autant que cicatrices mal refermées. (...) Ici, je vais évoquer un autre temps. Un passé pourtant proche. Une belle époque où j'ai baigné avec insolence." Dixit Noël Simsolo
 La série des Flanders : Dans le Paris des années 1920, Edgar Flanders, détective de l’étrange est un personnage libre, héros d’aventures insolites et fantastiques. Sa connaissance de la magie et des sciences occultes, sa sagacité et son audace le mènent aux frontières du réel pour combattre les forces du mal. Bibliographie : * Alfred Hitchcock, Seghers, 1969 * Conversation avec Sergio Leone, Stock, 1987 * Femmes du cinéma français, Calmann-Lévy, 1989 * M le Maudit, un film de Fritz Lang, éditions Plume, 1990 (co-écrit avec Bernard Eisenschitz et Gérard Legrand) * Un travelo nommé désir, Baleine, 1996 * Couleur sang, Baleine, 1996 * Apocalypse Nord, Baleine, 1997 * Les enfants de l'Enfer, Baleine, 1999 * Tête-à-queue, Baleine, 2000 (avec Didier Daeninckx) * Retour d'amour à Lille, Baleine, 2000 * Les Piétons du siècle Vol. 1 : Images de chair, Seuil, 2000 Vol. 2 : Prédateurs, Seuil, 2000 Vol. 3 : Exterminateurs, Seuil, 2001 * Les Derniers Mystères de Paris, Baleine, 2002 * La Chair des femmes, Hors-commerce, 2003 * Les Sept Poules de Christelle, Baleine, 2003 * Clint Eastwood : un passeur à Hollywood, Cahiers du cinéma, 2003 * Disparu en mai 1968, Le Passage, 2004 * Edgar Flanders détective de l'étrange. Les Vampires de Gand, Seuil, 2004 * Edgar Flanders détective de l'étrange. Les crimes de la momie, Seuil, 2004 * Edgar Flanders détective de l'étrange. La princesse venue d'ailleurs, Seuil, 2005 * Edgar Flanders, détective de l’étrange. La guerre des sorciers, Seuil, 2005 * Le café des méchants, Magnard jeunesse, 2005 * Le Film Noir - Vrais et faux cauchemars, Les Cahiers du cinéma, 2005 * Wazemmes, L'écailler, 2005 * Rue de la clef, L'écailler, 2007
Publié le 07 novembre 2007 à 10:52
Par flicorse
Du journalisme au polar:
En introduction, nous rapportons un scoop médiatico-littéraire :
Selon un article relevé en août dernier sur un blog tenu par un policier syndicaliste, Francis Zamponi, journaliste-écrivain aurait participé à l’écriture d’un livre dont l’auteur est Roger Marion , ancien chef de la DNAT chargé d'une partie de l'enquête sur l’assassinat du Préfet Erignac. Le titre en serait " On m’appelle Eagle 4", une allusion à un jeu de mot le concernant, en anglais Aigle 4 se dit "eagle four" et donc phonétiquement , cela donne " Il gueule fort ". Cet ouvrage retracerait sa carrière avec l’évocation des affaires médiatisées. Il serait aussi une mise au point pour contrer le livre " Place Beauvau " portant contre l’ex- commissaire de police devenu Préfet, des accusations relayées par la Presse. Francis Zamponi est l’auteur de plusieurs romans noirs dont Le colonnel qui a fait l’objet d’une adaptation cinématographique par Costa Gavras. Que penser de cette collaboration ? Le Préfet a-t-il eu besoin du journaliste ou du romancier ? Vérité documentée ou vérité romanesque? Nous attendrons la parution pour en savoir plus. Elle est prévue pour le 22 novembre prochain aux Editions du Seuil. Adresse du scoop : http://berthomet-le-blog.blog.20minutes.fr/tag/Zamponi
Pour Alain Bévérini, le polar se rapproche du journalisme, des faits divers que l'on retrouve dans les colonnes de Libé. " Raconter ce qui se passe dans la rue est bien plus intéressant que d'inventer une histoire à combines avec une succession d'énigmes. " L'énigme d'ailleurs n'est qu'un prétexte. Pour lui ce qui importe, c'est la critique sociale et les bleus à l'âme. Rien d'étonnant à ce qu'il ait adapté au cinéma Total Khéops de Jean-Claude Izzo. Comme l'auteur, il est originaire de Marseille et connaît les décors, " ces Marseillais qui se traînent et le flou moral qui entoure la ville ".
Le 27 octobre dernier à 17 Heures, à l’Alcazar de Marseille, " Les cahiers du Sud de l’Ecailler du sud " ont organisé, comme ils vont le faire une fois par mois avec d’autres invités, une rencontre des littératures policières avec Bruno Aubry et Jean Contrucci. Cette conférence-débat portait sur le thème : du journalisme à l’écriture de polar. François Thomazeau, co-éditeur à l’Ecailler du Sud, y jouait le rôle du modérateur éclairé, puisque lui-même est écrivain et auteur de polars.
Bruno Aubry, qui a travaillé notamment pour l’agence Reuters et a été le correspondant en Provence de plusieurs titres parisiens, est l’auteur d’un livre-document sur le grand banditisme en Provence. C’est de ce livre, " Les parrains de la Côte ", actuellement réédité, que les réalisateurs Thierry Aguila et Philippe Carrese se sont inspirés pour la série documentaire diffusée sur France 3 Méditerranée et portant également le titre " Les parrains de la Côte ". Le journaliste est donc passé au livre-document mais pas encore à la fiction.
Jean Contrucci, après avoir fait une carrière complète au sein du quotidien Le Provençal, a troqué les colonnes du journal pour les pages de ses romans. Il continue toutefois à écrire des articles de " critique littéraire ". Il est l’auteur d’une série à succès bien connue, " Les nouveaux mystères de Marseille ", publiée chez Lattès, qui met en scène des faits divers de la fin du XIXème siècle, et de plusieurs autres romans, dont " Comme un cheval fourbu ", récemment réédité par L’écailler.
Ces deux auteurs ont été imprégnés toute leur vie durant de l’état d’esprit du journaliste, pour autant ils n’ont pas résisté au désir d’aller au-delà, et la question se pose de savoir pourquoi et comment tant de journalistes traitent un jour ou l’autre des phénomènes de société, de la justice ou des faits divers à travers d’autres supports que leurs propres organes de presse.
Pour certains journalistes, c’est le journalisme qui les a rapprochés du polar, comme Jean Contrucci. Ce dernier remonte le temps noir dans la bible jusqu’à la genèse… " Dès que nous ( entendre " l’humanité ") avons été quatre, il y a eu un meurtre. Cain a tué Abel ". Dans sa série inspirée des faits divers qui ont jalonné l’histoire de Marseille à la fin du 19ème siècle, il reprend des enquêtes au bout desquelles une vérité restent à trouver et, par la fiction, il propose sa vérité romanesque pour qu’elles aient une fin subjective mais appropriée à l’objectivité qui convient à l’intrigue. Reste à savoir si cet auteur prolixe ne va pas entamer une série " Mystères ", après celui de la création, sur les assassinats relatés dans la bible en commençant par nous révéler que Cain était innocent et nous fournir une vérité non biblique. Pour lui, le journalisme et l’écriture de romans sont à la fois parallèles et complémentaires : Ils ne sont le résultat d’aucune dicotomie de sa personnalité. Il n’y a qu’une seule évidence : le plaisir d’écrire au contact de réalités humaines.
Ainsi le polar s’inspirerait naturellement des faits divers régulièrement médiatisés et en serait le prolongement romanesque. Certains journalistes expliquent que, contraints à faire court par leurs rédacteurs en chef, le roman leur offre à contrario la liberté de faire long. Au centre de leurs discours, émerge rapidement le problème de la vérité et de l’objectivité. " Etre objectif " apparaît un idéal plus qu’une réalité. Une anecdote attribuait à un rédacteur en chef les consignes suivantes : " Une phrase se compose d'un sujet, d'un verbe et d'un complément. Si vous mettez un adverbe, vous êtes virés ! Pour les adjectifs... consultez moi ! ".
Dans le domaine de l'information et du journalisme, l'objectivité est donc un idéal jamais atteint. En effet, sans parler des pièges subjectifs du langage, elle dépend non seulement de la manière dont les informations sont traitées, mais aussi du choix des informations et de l'importance relative qui leur est accordée. Il est outre difficile pour le journaliste, comme pour tout rédacteur, de s'abstraire d'un certain nombre d'influences liées à son milieu, son éducation, son pays d'origine, etc. Elle suppose en outre une connaissance parfaite et complète du sujet et de tous ses paramètres explicatifs, condition qui est, la plupart du temps impossible à satisfaire en pratique.
Les journalistes conviennent qu'il est impossible d'aboutir à une objectivité totale dans le traitement de l'actualité. L'urgence de la publication, la complexité des faits traités, l'absence d'expertise des journalistes généralistes ne permettent pas de garantir l'objectivité absolue des informations divulguées. Aussi des règles éthiques ont-elles été mises en place pour limiter les dérives. L'une d'elles fait la distinction entre l'article factuel (qui se borne à rapporter faits, citations et détails pratiques) et l'éditorial. L'éditorial est un article de commentaires dans lequel un journaliste (souvent une plume reconnue par la profession ou le grand public) s'engage en proposant une analyse ou une interprétation des faits qui n'engage que lui. Les grands journaux nationaux et régionaux ont leurs éditorialistes attitrés dont la fonction n'est plus de rapporter les faits mais d'en proposer une lecture, parfois orientée politiquement ou philosophiquement.
Tout démarche objective doit assumer sa part de subjectivité. Dans la fiction noire, ce n’est plus la réalité vraie qui est recherchée. Il n’y a plus besoin de preuves. L’auteur veut donner de la chair aux personnages et du sens au récit en touchant les consciences. Les polardeux, qui proviennent de métiers au contact des faits divers, ne pouvaient, dans leurs fonctions, donner du sens à des faits que ce soit dans un rapport de police, une ordonnance de renvoi ou un article de presse. Il n’est donc pas étonnant de retrouver parmi les auteurs de polars des flics, des magistrats et des journalistes. Ils se libèrent du carcan professionnel et, devant la page blanche, les seuls impératifs sont alors littéraires. Le noyau dur est l’intrigue tout en faisant la part belle à l’anecdote. Ils auront la liberté d’évoquer tous les aspects qu’ils soient sociaux, culturels ou politiques. A l’opposé des communiqués de Presse, ils pourront aller à la périphérie des faits et dans la chair des acteurs, en relatant ainsi une vérité romanesque plus proche de la complexité des réalités humaines et sociales. Ils peuvent développer à loisir leur vérité qui est la somme de leur expérience et de leur réflexion.
Journalisme et polar… voilà une dualité fréquente dans le monde des polardeux qui sont souvent des journaleux passés à la fiction. Bernard Oustrières et Thierry Maugenest en font aussi partie. Ils vivent et écrivent en Province, dans le Midi de la France.
Bernard Oustrières :
Journaliste depuis 42 ans, Bernard Oustrières a successivement appartenu aux rédactions de La Marseillaise, Var-Matin, Le Soir tout en développant sa collaboration à France-Soir et au Figaro (sous le pseudonyme anagrammatique de Robert des Nauriers). Free-lance depuis 1998, il publie des reportages dans le Figaro Magazine, VSD, Marianne et la revue Pays de Provence. Il est l’auteur d’une dizaine de romans au nombre desquels figurent Atocha (2006). " Le journalisme m’a nourri et me nourrit encore mais tend à me fatiguer. Tandis que l’écriture romanesque me repose, dit-il .".
Bernard Oustrières, né en 1948 dans un autre Midi, est un Varois d'adoption ; Aujourd'hui free-lance, il collabore à de nombreux journaux et revues. Il a vécu à Marseille, y a exercé et y effectue toujours de fréquents séjours dans le cadre de ses activités professionnelles. Il connaît donc la ville, à la fois de l'intérieur et de l'extérieur, ce qui le rend apte à porter sur elle des regards alternatifs. Si vous lui demandez : Le "polar" c'est quoi pour vous ? Il répond : Une friandise quand il est signé d’un bon auteur. Une récréation délectable. Quelque chose comme un savoureux sandwich accompagné d’un demi de bière au bord d’une route de vacances. Ses romans policiers vont du "whodunit" au roman d’action et nous avons choisi de vous en présenter cinq :
Tableaux noirs au Musée d’Orsay aux Editions Autres-temps (juin 2007)
Commentaire d’un lecteur : Un commissaire poli, élégant, maniéré, très british, ... on est très loin des commissaires Maigret et Moulin! La perfection du personnage principal (qui peut paraître écœurante dans les premières pages) n'est en fait qu'une technique d'écriture pour mieux laisser paraître les sentiments du personnage, son ambiance, ses pensées intimes, ... Et alors là, cela devient du génie. Petit à petit, on finit par voir au travers de ses yeux. Vous penserez à ma critique, j'en suis sûr, en regardant une vieille dame traverser une rue... Mais je n'en dis pas plus. L'intrigue policière est excellente, mais ce n'est pas là l'aspect le plus intéressant du livre, que l'on lit d'une traite.
Bernard Oustrières sait dépayser son lecteur. En l’emmenant d’abord de la Provence au cœur de Manhattan ou de Rome, jusqu’à la Rivièra et aux îles Borromées. En le promenant ensuite entre doutes et certitudes. En faisant de lui le témoin par excellence, tour à tour du côté des accusateurs, de l’accusé, de la victime et du bourreau. Embarquement immédiat pour un roman haletant aux personnages énigmatiques
Atocha aux Editions Transbordeurs(2006):
Passionnant road movie sudiste, Atocha nous entraîne des routes de France jusqu’à Lisbonne, Madrid, Bilbao.
Roland, professeur d’espagnol quadragénaire, voue une passion secrète à Marianne, son amie d’enfance, devenue médecin psychiatre. Plutôt que de lui prescrire des antidépresseurs pour surmonter son spleen, celle-ci l’incite à partir en voyage. Mais l’un de ses patients psychopathes, également amoureux d’elle, veut se venger de ce rival. Une folle course poursuite s’engage… Fuyant à la fois le tueur et ses propres démons, Roland arrive à Madrid par le train le jour des attentats du 11 mars 2004. Peu à peu, dans une Madrid endeuillée, il tisse avec le tueur une relation ambiguë. La menace mortelle semble lui offrir une possible évasion intérieure. Cet aspect " psy " n’altère pas le rythme du récit ni les péripéties hitchcockiennes, ni le rebondissement final, ni la chute.
Critique à Rayon polar : " Roland est un professeur d’espagnol quadragénaire, un matin un coup de blues plus important que les autres " un curieux mélange de désarroi léger et de tristesse obscure associés à l’engourdissement subit des félicités intérieures " le pousse à consulter Marianne une amie d’enfance, médecin psychiatre, qu’il aime en secret. Au lieu de lui prescrire des antidépresseurs celle-ci lui conseille de partir en voyage. C’est ce qu’il fait au volant d’une voiture louée. Mais l’un des patients de Marianne, psychopathe, également amoureux de son médecin veut se venger de ce rival et le prend en chasse. Une course poursuite s’engage entre l’Espagne et le Portugal. Au cours de cette fuite Roland va rencontrer Izaskun Iparraguire, une ancienne activiste Basque. Et le 11 mars 2004 il arrive à Atocha, le jour des attentats qu’on va attribuer un temps à l’ETA. Sur un scénario classique Bernard Oustrières arrive à nous tenir en haleine de bout en bout à travers un road-movie qui nous fait visiter quelques lieux plus ou moins connus de Lisbonne, Madrid ou Bilbao, ainsi qu’à travers des personnages dépeints avec humanité, comme la sensuelle Izaskun, ou les pensées hallucinées de celui qui poursuite Roland de sa folie meurtrière. Et, cerise sur le gâteau, ce roman est servi par une écriture réellement somptueuse ".(René BARONE) L’Irlandaise, voiture 4 aux éditions Carnot (2002).
Présentation de l'éditeur : La vengeance serait un mets à déguster froidement. Pas facile pour Tom Fairfax, alors que la flamme de sa douleur est vive, que tout ce qu'il attrape le brûle, que la piste de sa proie est encore chaude, que le soleil lui tape sur le système, dans les arènes de Ronda ou sur les terrasses de Miami. La froideur de cette Irlandaise, aussi secrète qu'inflexible, l'y aidera peut-être. Seulement voilà, on ne fait pas toujours ce que l'on veut avec les tueuses à gages. Bernard Oustrières trompe son monde, il voudrait nous faire croire qu'il a écrit un polar implacable qui entraîne ce Tom Fairfax dans une course d'un coin du monde à l'autre. Pas si simple, il faut aussi compter avec les sentiments...
Quatrième de couverture : La vengeance serait un mets à déguster froidement. Pas facile pour Tom Fairfax, alors que la flamme de sa douleur est vive, que tout ce qu'il attrape le brûle, que la piste de sa proie est encore chaude, que le soleil lui tape sur le système, dans les arènes de Ronda ou sur les terrasses de Miami. La froideur de cette Irlandaise, aussi secrète qu'inflexible, l'y aidera peut-être. Seulement voilà, on ne fait pas toujours ce que l'on veut avec les tueuses à gages. Le Cœur du pharaon aux Editions Carnot ( 2004):
"Cœur de Pharaon" est son quatrième roman. Un duel à distance, une course poursuite entre Jennifer Morgan, jeune et tenace détective new-yorkaise, et Jean Renouart, employé de banque français sur lequel pèse de terribles soupçons: l'assassinat d'une petite fille anglaise en Provence, un crime horrible qu'il n'a pourtant pas commis. Un livre haletant, à rebondissements, nourri d'action, éclairé par de somptueux décors naturels, et où l'auteur emmène sans faiblir son lecteur jusqu'aux îles Borromées.
Après l’Irlandaise voici l’Américaine, autre héroïne de Bernard Oustrières. La première était une tueuse à gages, la deuxième est détective privée. Deux portraits de femmes aussi différentes que possible. L’une était froide et secrète, tout le contraire de la seconde, vive, enjouée. Mais toutes deux des professionnelles, obstinées et qui vont au bout de leur mission. Dommage pour Jean Renouart, pauvre employé qui s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, il a contre lui une des meilleures détectives qui, une fois lancée sur une piste, ne lâche plus sa proie.
Avec un sens aigu du suspens Bernard Oustrières nous entraîne dans une folle cavale à tavers l’Italie. Rome, San-Remo, Rapallo, Vérone, etc., autant de villes qu’il décrit d’une plume incisive, nous donnant l’impression de voir un film en cinémascope que nous regardons, tenus en haleine jusqu’à la dernière image.
En répondant à Jean Contrucci, Bernard Oustrières avait indiqué qu’il envisageait d’écrire une trilogie mettant en scène trois personnages de femmes. Sept phocéennes aux Editions de la Courtine (1996)
Voluptueux adepte d'une langue classique et raffinée mais sachant recourir aux procédés journalistiques pour donner du nerf à ses dialogues, Bernard Oustrières a voulu, avec ces "7 Phocéennes", rendre hommage à cette ville-patrie et à ses fils. Il s'en explique ci-dessous : "7 phocéennes", qui s'inscrit dans les ouvrages publiés par les Editions de la Nerthe, se présente comme un recueil de nouvelles. Mais les sept récits distincts qu'il contient équivalent en fait à sept chapitres d'un unique roman dont Marseille constituerait la protagoniste, omniprésente. La ville n'est pas ici traitée comme un simple décor. L'auteur en fait l’actrice centrale influant directement sur la destinée des autres personnages. Il donne ainsi à la métropole méridionale, creuset millénaire de l'aventure humaine en occident, une dimension rarement mise en exergue.
L'avis des Marseillais du Monde " Que voilà un livre remarquable, parlant de Marseille comme on aimerait en entendre parler plus souvent. Pas de clichés éculés sous la plume de Bernard Oustrières, rien que le bonheur des choses simplement dites, des images qui nous touchent parce que pétries de justesse, des éclairages insolites sur des lieux si familiers qu'on en oubliait de les regarder vraiment et des personnages débordant d'une humanité grave. Ce livre est une petite merveille, pour nous qui savons ce qu'est vraiment Marseille. Entre ombre et lumière, on se laisse sans difficulté charmer par ces sept phocéennes toutes en demi-teintes et l'on se surprend parfois à prolonger le récit à sa guise en laissant dériver son imagination dans les jardins secrets de ce Marseille-là. Un pur délice. "
Dédicace de l’auteur : "Ce recueil comprend sept récits qui mettent tour à tour en scène trois femmes, trois hommes et un chien. Le destin de ces personnages, animal compris, se confond avec celui de Marseille. J'évoque sept orgueils blessés, sept hauts caractères également humiliés, sept êtres qui refusent d'abdiquer malgré l'adversité, malgré les blessures intimes, malgré les cruautés parfois fortuites de la vie. Ils puisent, dans leurs racines phocéennes, la force étrange de résister. Marseille est bien sûr présente à chaque page. Je l'ai évoquée à ma manière, en fuyant les poncifs. Comme tous ceux qui aiment cette cité-mère, je l'ai vue à travers le prisme déformant de mes passions plurielles, de mon histoire personnelle, de mes affinités poétiques. Les Marseillais de souche qui liront ce petit ouvrage, éprouveront parfois l'impression qu'il s'agit de nouvelles "à clé" et que certains des personnages mis en scène existent réellement. C'est presque vrai. La scientifique, l'avocate et même l'amoureuse éperdue m'ont été inspirées par des êtres réels. Idem s'agissant des hommes : le truand, l’antihéros de "L’œuf", Kadour, le jeune Maghrébin banlieusard et Rodriguez, pied-noir inconsolé. Mais ces portraits ne contiennent pas de messages codés et tout, dans mes récits, relève de l'imaginaire. Sauf s'agissant du chien qui trépasse, à la fin, sous le buste de Monsieur Chave, à la Plaine, et qui, dans son agonie, revoit défiler sa picaresque vie de bâtard marseillais. celui-là, aux qualités morales près, c'est à moi surtout qu'il ressemble. Mais n'allez pas le répéter."
Un court extrait pour découvrir un autre Marseille ... " Ils suivirent et se retrouvèrent dans la cour fleurie d'un petit immeuble, pas loin des Catalans. Les femmes avaient déjà dressé des tables dehors, les hommes allumèrent le barbecue, d'autres tiraient un vin honnête de trois petits conteneurs carrés . Bientôt des côtelettes grésillèrent, puis des saucisses minces et des merguez. Enfin, des pommes de terre grillées apparurent. On riait, on s'interpellait, on s'embrassait. Ces agapes prenaient des airs aimables d'autrefois, aux ages d'avant les grands égoïsmes quand l'argent était rare et les coeurs meilleurs. L'un des hommes cria : - Voici Mémé ! Bonsoir Mémé ! Tous saluèrent une petite vieille dame qui leur lançait des baisers du haut d'un balconnet. Elle avait cette beauté particulière des femmes très âgées qui n'ont jamais désappris de sourire. - C'est Mémé de la nuit, dit Rosy. - Mémé de la nuit ? - Parce qu'elle ne dort presque jamais, sa fenêtre reste toujours éclairée. Elle a plus de quatre-vingt-dix ans. - C'est la mémé de qui ? - On ne sait pas trop. De tout l'immeuble en fait. Elle ne quitte plus son logement, alors les locataires se relaient pour lui apporter ce qu'il faut. Ce soir, elle va manger avec nous, regarde. L'un des cousins, à l'aide d'une poulie, hissait jusqu'au petit balcon tout un plateau repas que sa femme, entrée chez l'aïeule, récupérait et déposait sur une table de camping. - A votre santé Mémé ! Tous en bas levaient leur verre en hurlant : " On a ga-gné ! On a ga-gné ! " Et là-haut Mémé souriait, portant un gobelet de plastique à ses lèvres. Elle ressemblait à une vierge vieillie qui bénissait leur fête. Rosy avait les larmes aux yeux. Françis la regarda. - Tu es Marseille. Il regarda les autres et les envia. "
Thierry Maugenest: Thierry Maugenest, après avoir passé dix ans à voyager autour du globe, vit désormais à Aix-en-Provence, où il se consacre à l'écriture. Auteur français. Écrivain et traducteur, Thierry Maugenest a séjourné plusieurs années dans la région de Venise. Venise.net était son premier roman.
Nouveautés chez l’Editeur Liana Levi :
Audimat Circus,
Mêlant suspense et aventures, Thierry Maugenest nous livre une satire mordante de notre monde médiatisé et globalisé à travers les péripéties d'un pauvre bougre enrôlé dans une émission de télé réalité... 304 pages - 14 x 21 cm - Broché ISBN 978-2-86746-463-8
Un pauvre bougre jamais sorti de son bled, dont les fringues empestent la bouse de vache, au centre d’un impossible tour du monde en 80 jours. Voilà un sujet de télé réalité qui clouerait toute l’Amérique devant le petit écran et ferait battre les records d’audience ! Le producteur de télé new-yorkais qui caresse ce rêve en est persuadé. Il ne soupçonne pas que quelques événements imprévus et pas toujours plaisants vont faire exploser l’audimat…Quant à Sullivan Chance, le héros improbable de ce tour du monde presque malgré lui, il ne passera pas à côté de l’essentiel... Thierry Maugenest nous donne là son livre le plus abouti. Le lecteur, à travers divers témoignages, est emmené dans cette folle aventure qui se révèle une satire mordante de notre monde médiatisé et mondialisé.
Manuscrit ms 408 Voynich ( en piccolo)
Un roman policier autour du manuscrit le plus mystérieux du monde, parce que jamais déchiffré. Thierry Maugenest nous plonge dans ce secret... 192 pages - 12 x 18 cm - Broché ISBN :978- 2-86746-462-1
Le manuscrit ms 408, nommé Voynich, est le plus mystérieux du monde, aujourd’hui comme hier. Rédigé au XIIIe siècle par un moine anglais, mis à l’index par le Saint-Siège, il fait plusieurs fois le tour de l’Europe, suscitant la passion des collectionneurs et des souverains. Il disparaît, reparaît, avant d’atterrir dans la bibliothèque d’un collège jésuite de Rome. C’est là que Wilfried Voynich le repère en 1912 et l’emporte aux États-Unis. Mais à Yale comme sur le Vieux Continent, personne ne vient à bout de ce texte obstinément indéchiffrable. Le polar commence quand deux universitaires de renom plongent sans raison apparente dans un coma irréversible...
Les autres ouvrages :
Venise.net ( en piccolo ) Pour résoudre le mystère qui entoure plusieurs assassinats, il faut parfois remonter très loin dans le temps…Et le télescopage des siècles fait de ce roman un polar bien particulier. 160 pages - 12 x 18 cm - Broché ISBN 978-2-86746-389-1
Des mails qui traversent l’Atlantique entre Venise et New York. Un peintre du XVIe siècle qui peine à s’imposer parmi les artistes de la Sérénissime et que l’on surnomme " tintoretto ", " petit teinturier ". Un inspecteur vénitien qui ignore tout de la peinture de la Renaissance, mais voudrait comprendre. Mais où sommes-nous ? Dans la Venise des Doges ou dans celle des vaporetti ? Les deux. Car pour résoudre le mystère qui entoure plusieurs assassinats, il faut parfois remonter très loin dans le temps…Et le télescopage des siècles fait de ce roman un polar bien particulier.
La Poudre des rois ( en grand format) Andalousie, XIIIe siècle. Un vieux maître de médecine Harmad Ibn Akzar, secondé par deux jeunes disciples, Sarah et Roscelin, va se pencher sur une énigme qui dépassera vite le cadre médical. 256 pages - 14 x 21 cm - Broché ISBN 2-86746-370-X
En ce milieu du XIIIe siècle, en Andalousie, l’art pratiqué par les maîtres de médecine arabes et juifs a fait de considérables progrès, alors que dans le royaume de France l’on croit encore que les fous ont dans la tête une pierre de folie. Malgré cette science nouvelle, une épidémie qui frappe de riches marchands sévillans demeure inexpliquée. Pourquoi ces fièvres ne s’attaquent-elles qu’à des hommes embarqués, quinze années plus tôt, sur une nef marchande faisant route vers l’Orient ? Un vieux maître de médecine Harmad Ibn Akzar, secondé par ses deux jeunes disciples, Sarah et Roscelin, va se pencher sur cette énigme qui dépassera vite le cadre médical.
Extrait de La poudre des rois:
" 30 août 1265 - Ils sont revenus ! Ils sont revenus pour se venger ! Ils sont là, tous les deux ! Ils sont revenus pour prendre ma vie… L’homme qui parle est seul. Son cheval, à qui il commande sans cesse de forcer l’allure, galope sur les versants des collines de l’Aljarafe. Plus au nord, des lourdeurs d’orage pèsent sur les hauteurs de la Sierra de Aracena. Cela fait plus d’une heure que l’homme a quitté Séville. De temps à autre il se retourne, referme la main sur la poignée d’une épée à lame recourbée, la dégage de son fourreau et l’agite dans le vide autour de lui, comme pour tenir à bonne distance des combattants invisibles. - Ils sont revenus ! Ils sont revenus pour se venger ! Après quinze années, ils sont revenus pour me tuer… Mais peu à peu ses forces déclinent. Il a de la fièvre. Il grelotte sous le lourd soleil d’août. Sa voix se fait maintenant plus faible, ses phrases, qu’il balbutie à peine, sont coupées de profondes respirations, des râles plutôt, qui se transforment parfois en une quinte de toux grasse : - Ils sont là… tous les deux… Ils sont revenus d’entre les morts… L’homme referme sa longue cape noire autour de lui pour tenter de conserver la chaleur de son corps. Mais en vain. Sa bouche se met à trembler et ses dents s’entrechoquent de plus en plus fort. Par-delà la houle argentée des oliveraies, le cavalier distingue, au sommet d’une colline, une petite tache mouvante lui rappelant l’écume qui dentelle parfois la crête des vagues. Le soleil qui sature les lointains ne lui permet pas de voir de quoi il s’agit. Le trop-plein de lumière le fait grimacer, la peau de son visage se ride autour de ses yeux en de profonds sillons et, peu à peu, à mesure qu’il se rapproche, il commence à distinguer des couleurs, du blanc, du brun, qui prennent confusément la forme de murailles crénelées en pisé, de maisons blanchies à la chaux, de clochers et de minarets en pierres de taille ocre. " Ce doit être le village de Sanlúcar la Mayor, se dit-il. Je demanderai qu’on donne à boire à mon cheval… puis je continuerai ma route… loin… très loin de Séville. " Est-ce l’effet du soleil s’il voit les contours du village onduler légèrement avant de s’évaporer en de ténus fils noirs ? Non, l’homme est bien trop près des premières habitations pour qu’elles tremblent ainsi dans un mirage de chaleur. Ce sont bien les vertiges de la fièvre qui sont la cause de ses visions. Cette fièvre survenue soudainement il y a quelques heures à peine. Cette même fièvre qui va sans doute l’emporter avant que le soleil ne se couche.
L’auteur a dit (Source : éd. Liana Levi) :
Question : Audimat Circus est votre quatrième roman et pour la première fois vous ancrez l'intrigue dans le monde d'aujourd'hui. Pourquoi ce choix ? Réponse : Voyager dans le temps ou autour du globe n’est pas si différent. Après tout, le Moyen Âge ou la Renaissance de mes premiers romans ne sont pas plus dépaysants que le monde mystérieux que j’évoque dans Audimat circus, qui est celui des bas-fonds de Brooklyn, des secrets de la forêt amazonienne, des dernières tribus touarègues ou des pèlerins du Cachemire. Écrire, pour moi, c’est poursuivre la quête de la Terra incognita … qu’elle soit d’hier ou d’aujourd’hui. Qu’importe le flacon... pourvu que la littérature procure l’ivresse de la découverte. Question : Quel a été le déclic pour l'intrigue d'Audimat Circus? Lassé de tomber sur des émissions de télé-réalité? Réponse : S’il est vrai que je me suis beaucoup amusé du bidonnage bien réel des reality shows, j’ai aussi voulu réagir contre un monde dans lequel l’aventure ou les histoires d’amour seraient condamnées à être télévisées. Quant à l’intrigue, j’ai conçu Audimat Circus comme un roman-hommage aux auteurs qui m’ont le plus marqué. Le premier clin d’œil est bien sûr adressé à Jules Verne, puisque mon personnage central est l’alter ego de Phileas Fogg. Mais il y a aussi un peu du Candide de Voltaire chez Sullivan Chance qui, à travers son tour du monde, croisera des personnages inspirés par l’écrivain anglais Malcolm Lowry, la romancière aventurière Isabelle Eberhardt, (qui voyageait dans le désert en se faisant passer pour un homme) ou encore Jéromine Pasteur qui a longtemps vécu dans la forêt amazonienne. Bibliographie : * Venise.net (Parution aux éd. Liana Levi coll "Policiers" en nov. 2003. ¨Parution aux éd. Liana Levi dans la coll. de poche " Piccolo " le 01 avril 2005) * La Poudre des rois (Parution aux éd. Liana Levi coll "Policiers" en oct. 2004. Parution aux éd. Folio Policier en 2008 ) Prix du " Journal Toulousain " * Manuscrit ms 408 (Parution aux éd. Liana Levi coll "Policiers" le 07 oct. 2005. Parution aux éd. Liana Levi dans la coll. de poche " Piccolo " le 04 oct. 2007) * Audimat Circus (Parution aux éd. Liana Levi coll "Policiers" le 11 oct. 2007)
 |
ANCRE LATINE
ILE NOIRE, miroir de Corse noire
CinéCorseNoire
CORSICAPOLAR, blog d'auteurs corses
TASSUAD
A Teghja
Coup d'chapeau
Gilles DEL PAPPAS
Latinoir
Jean-Claude CLAEYS
Michel JACQUET, auteur
Martine ROUSSET
Pierre GIVODAN, peintre, poète, écrivain
Passions d'auteurs
Editions Plume d'écume
Journal d'un traducteur
Isula viva
Corsicanostra
Sta a sente, polyphonies
Art Point France
Fr3 Corse
Corsica, journal en ligne
René MERLE, chroniqueur,romancier, poète
Biblio d'Ajaccio
A Vuciata - Fiume
A PIAZZETTA
Corsica nostra
Pierre Gambini, chanteur
Collectivité Territoriale de Corse
Cinémathèque de Corse
Bibliothèque insulaire
KaZeoZa
Terres de femmes
|
<
|
Nov. 2009 |
|
| L |
M |
M |
J |
V |
S |
D |
| | | | | | | 1 | | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | | 30 | | | | | | |
Noter ce blog :
10857 connectés
229295 visiteurs
|