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Publié le 23/08/2006 à 10:50
Par footmaroc
| Du coq à l¹âne : Ces agents de joueurs qui s¹enrichissent au détriment du football, des clubs et des footballeurs (8/22/2006) | | | | L ¹affaire Marouane Zemmama continue à focaliser l¹attention des observateurs, au plus haut niveau, puisqu¹elle sera soumise à la FIFA, après avoir été posée à la FRMF. Du côté de la Fédération, on semble déterminé à préserver la légalité en saisissant la justice et à engager tous les recours indispensables, pour que plus personne ne se croie au-dessus de la loi. Même quand on est vedette sportive et l¹exemple, à ce propos, nous vient des Etats-Unis, dont les institutions sportives ne badinent plus sur les moyens juridiques, pour tomber de grandes vedettes, pour cause de dopage. Ainsi en est-il de Gatlin et tout dernièrement Marion Jones, deux grandes stars considérées comme intouchables et qui semblaient flotter dans les cieux de l¹impunité. En ce qui nous concerne, l¹affaire Zemmama, elle, relève du faux, de l¹usage de faux et de l¹abus de confiance, puisque le certificat de sortie, adressé à partir d¹une télé-boutique au club écossais recruteur a été trafiqué par l¹envoyeur. En dopage, on ne va pas toujours en prison, mais en ce qui concerne l¹affaire Zemmama, rien n¹est moins sûr et il y a de fortes possibilités pour le joueur de se retrouver derrière les barreaux, ou son complice, un agent ou un intermédiaire. Un agent FIFA ne se risquerait pas à pareille action, qui peut mettre un terme à sa carrière. Et nos agents FIFA ne sont pas nombreux, car on peut vite faire le tour en les citant, à savoir : Larbi Gourra, Roki, Karim Lablak et un médecin, le Dr Laraki et un chiriurgine dentiste, qui s¹est converti dans le journalisme, M.Oussama Benabdellah. Les autres, comme Ahmed Chlaida, ancien joueur du RBM est un intermédiaire, tout autant qu¹une légion de courtiers qui parasitent dans les grands clubs et polluent, pour certains d¹entre eux, le monde du football. Beaucoup sont sans scrupules et promettent monts et merveilles à certains jeunes joueurs, qu¹ils font tout pour débaucher, à des fins mercantiles. Zemmama a été approché par l¹un d¹eux et, depuis, le gamin a perdu toute envie de continuer à jouer au Raja. «Tu vaux 1 milliard et plus, vends-toi et rachète ton contrat, tu sera gagnant et tu auras droit à des primes et des salaires dignes de ton talentŠ» Zemmama est venu voir le président du Raja, pour lui proposer d¹acheter son contrat à 1 million de dirhams et il avait été monté par son agent, pour bouder les entraînements et ne plus jouer chez les Diables Verts. Et comme le Raja a fermé les portes de la négociation avec Zemmama, tant que ce dernier n¹a pas décroché une somme substantielle digne de ses qualités de joueur, quelqu¹un n¹a pas hésité à le «conseiller » à trafiquer le certificat de sortie et à entrer dans l¹illégalité. Qui a osé faire encourir le pire à Zemmama, un agent, un intermédiaire ou un escroc, parmi ceux qui prennent de siège les stades et les clubs, grands ou petits et qui agissent au grand jour sans souffrir aucun contrôle ni interpellation. Pour les agents officiellement reconnus, on n¹a pas grand-chose à leur reprocher, sauf pour ce qui est du cumul qui fait qu¹un médecin ne peut pas être agent de joueur, journaliste et porter le titre de professions, en principe organisées et répondant à des contraintes déontologiques. Notre problème, au Maroc et particulièrement dans le sport, c¹est qu¹on hésite pas à porter plusieurs casquettes, à être au four et au moulin et finalement à ne réussir aucune profession. Il y a un beau dicton bien de chez nous qui dit : « Sept professions mais salaire perdu (c¹est-à-dire sans aucune rémunération)» ! Mais dans le cas de nos agents, ces derniers ramassent beaucoup d¹argent, certes, mais à quel prix puisque le football y laisse le maximum de plumes, surtout que nous sommes en phase de mise à niveau et d¹institutionnalisation, destinées à renforcer le modèle amateur, en le convertissant au professionnalisme, au niveau des grands clubs. La mise à niveau devrait imposer des normes, opposables aux agents, dont certains prennent jusqu¹à 40% dans certaines opérations, lors des transferts en Europe ou dans les pays du Golfe, sans oublier que les opérations locales, qui concernent les changements de clubs au Maroc, sont autant juteuses, sur le nombre et partant la quantité. Beaucoup de joueurs d¹Afrique subsaharienne paient cher cette précarisation, en tombant entre les mains d¹intermédiaires sans scrupules, qui se débarrassent des joueurs qui ne trouvent pas de club recruteur, en les jetant à la rue. Il y a des cas et c¹est sûr que la presse finira par en faire état et enquêter sur ces trafics d¹hommes (sportifs), qui relèvent de ce qu¹on a appelé en Europe « l¹esclavage des footballeurs », particulièrement dans la catégorie des enfants des centres de formation et des jeunes . «Le Monde Diplomatique» avait consacré un grand reportage à cette catégorie des « enfants footballeurs » africains, arrachés à leur pays et à leur environnement et qui viennent chavirer en Europe, après avoir été leurrés et lâchés par des escrocs, qui les abandonnent à la rue, à Milan, Paris, Amsterdam ou ailleursŠ Au Maroc, on n¹en est pas encore arrivé là, mais il y a de gros risques pour que les escrocs du football ne se mettent à exploiter ces joueurs sans défense, en les plaçant dans les clubs du GNF, dans les clubs amateurs à des tarifs défiant toute concurrence ou s¹en débarrasser en cas de crise et d¹absence de club recruteur ! La Fédération ne devrait pas laisser faire et il est temps de s¹attaquer aux escrocs qui vivent de pratiques délictueuses, tout en enfonçant le football marocain, déjà fort malade de la précarisation. Par Belaïd BOUIMID Source Al Bayane 23/08/2006 |
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