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Publié le 18/09/2006
Par footmaroc

Bon vivant, d'un humour débordant qui n'a d'égal que son savoir-faire de gardien de but, Salaheddine Hmied est considéré comme l'un des meilleurs portiers qu'a connus le football national. A son actif, 22 ans d'une riche carrière dans les bois des équipes nationales cadets et seniors, durant laquelle il a gravé son nom en lettres d'or avec la légendaire équipe des FAR des années 80. Aujourd'hui âgé de 45 ans, il s'est reconverti, depuis sa fin de parcours, en entraîneur de gardiens de but, imitant en cela son père, une figure de proue du football kacémi et national.

En effet, ce natif de Sidi Kacem a de qui tenir, puisqu'il est le fils du fameux Ahmed Belkhatir, alias Médor. Ce passionné de football, qui avait même arboré le maillot de l'équipe de France après-guerre, s'était voué à l'entraînement des joueurs de l'équipe kacémie, jeunes et seniors, où Hmied débute chez les cadets, au poste d'arrière droit.

Mais le cours de sa carrière va brusquement changer, un jour de 1974, lors d'un match de barrage contre les cadets de l'ASS. Le portier titulaire n'ayant pu rejoindre Salé, le père Médor ordonne à son rejeton de garder les bois.

Salaheddine obtempère à contrecœur, sans se douter que, à l'unanimité des spectateurs et à la surprise des dirigeants, il sera «l'homme du match». Il arrête un penalty, permettant à son équipe de passer les barrages. Un exploit qui fait le tour de la ville, et dont l'écho parvient à la Fédération. Hmied, devenu vedette locale, est aussitôt convoqué en équipe nationale cadets.

Entre-temps, il est titularisé, à 16 ans, comme 3e gardien dans l'équipe... seniors de l'USK. Cependant, il ne moisira pas sur le banc de touche grâce, une fois de plus, à la providence. Ainsi, à la veille d'une rencontre contre le KACM en 1976, capitale pour le maintien en D1, le premier gardien tombe malade. Son suppléant, à quelques minutes du coup d'envoi, se fait une entorse.

Il ne reste plus que le «gamin» pour garder la cage cherradie. «Je n'étais nullement stressé car j'étais du genre qui se concentre bien sur le sujet.» Coup de théâtre, Hmied subjugue la galerie, livrant un match héroïque et sauvant un but impossible qui permet à l'USK de garder l'avance d'un but. Il est alors promu gardien n° 1 de l'USK.

Ses quatre années dans la cage kacémie sont couronnées, en 1981, par son transfert à la fameuse équipe des FAR de Timoumi et consorts, le MAS l'ayant demandé un jour plus tard. Grâce à sa force de caractère et sa confiance en soi, il intègre aisément l'équipe militaire, qui lui offre les conditions idoines pour affûter davantage ses compétences.

«Je remercie Dieu de m'avoir permis d'évoluer au sein de ce club où régnait le sérieux et la discipline. C'était une équipe pro. Ses responsables sont des connaisseurs et je me suis rendu compte de l'anarchie et de l'improvisation dans lesquelles j'ai joué des années durant avant de venir aux FAR.» Hmied passe ainsi les meilleures années de son parcours au sein de cette équipe, ponctuées par deux titres de champions du Maroc et, cerise sur le gâteau, le trophée africain des clubs champions. Premier trophée continental d'une équipe marocaine !

«La valeur de ce trophée doit être mesurée à l'aune des difficultés que nous rencontrions comme par exemple la précarité des terrains, l'injustice flagrante des arbitres, le calvaire des déplacements...»

Avec les FAR, il participe également au championnat afro-asiatique et au championnat du monde militaire en Italie (demi-finaliste), avant de raccrocher en 1998. Avec, cependant, le regret de ne pas avoir embrassé une carrière professionnelle. Pourtant, les offres ne manquaient pas pour un gardien de sa trempe, international de surcroît.

Toutefois, il continue de servir le football, en tant qu'entraîneur adjoint puis entraîneur de gardiens de but des FAR. Son ambition le pousse, son Bac lettres aidant, à suivre des stages de formation. Et c'est bardé de diplômes officiels qu'il est engagé illico par l'IZK (2001/02).

«Je ne sais comment remercier le président El Guertili de m'avoir donné ma chance alors que j'étais encore entraîneur débutant.» L'IRT (2003), la JSM (2004), et le WAC (2005/06) seront les étapes suivantes. Non sans succès, puisqu'il aura l'occasion d'encadrer certains des meilleurs gardiens de notre championnat, dont des internationaux tel Nadir Lamyaghri.

Sa carrière d'entraîneur de gardiens de but a été consacrée la saison passée au Wydad (2005/06) par le titre de champion. En revanche, bien que Hmied se soit réjoui de ce palmarès, il évoque avec rancœur son éviction du staff technique de la sélection nationale cadets en 2003, y voyant même des velléités discriminatoires : «Il y a des gens qui encadrent depuis des années les équipes nationales sans résultats palpables. Et pourtant, ils sont maintenus.» Hmied incrimine également les clubs qui «confient leurs jeunes à d'anciens gardiens de but qui ne disposent d'aucune formation».

Cela explique pour lui la rareté des portiers dans notre pays. Franc, trop franc même, une autre facette d'un vieux routier qui conserve sa fougue et, bien sûr, son... ambition de ramer encore plus loin dans les méandres du sport roi.

 
 
Salaheddine Hmied, de l'ambition à… revendre | LE MATIN 
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