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Publié le 06/11/2007 à 16:15
Par Jean TERRIER, écooSpace SCOP SARL



Aperçu sur la qualité de l'air intérieur

ENJEUX

De plus en plus de personnes (et surtout les enfants) souffrent de déficiences respiratoires reconnues par les médecins pneumologues et allergologues. Les conditions de vie, les matériaux de construction, les produits d’entretien sont souvent cités comme étant une cause principale de la dégradation de la qualité de l’air intérieur. L’allergie concerne 20% de la population française et l’asthme 2,5 à 3 millions de personnes dont un quart sont des enfants ou des adolescents.


Source : Développement Durable - 13 mai 2008, Elsa Bellanger.

Des logements pollués aux pesticides

Alors que nous passons en moyenne 22 heures sur 24 en espace clos ou semi-clos, la qualité de l’air est souvent plus mauvaise à l’intérieur qu’à l’extérieur. Une étude sur l’exposition des enfants franciliens aux pesticides révèle que 94 % des logements comportent des traces dans l’air d’au moins un produit de type pesticides, dont certains sont interdits.
Des produits interdits toujours présents dans l'air
31 composés (insecticides, herbicides ou fongicides) étaient recherchés dans différents types de logement, neufs ou anciens, maisons (avec ou sans jardins) ou appartements. Le lindane, l’alpha-HCH et le propoxur étaient les pesticides les plus fréquemment retrouvés dans l’air (dans, respectivement, 88%, 49% et 44% des logements). « Le type de logement et son ancienneté sont des facteurs influençant les concentrations aériennes en lindane et en alpha-HCH » précise Corinne Mandin, ingénieur de l’Unité d’évaluation des risques sanitaires à l’Ineris. Pourtant, « le lindane, un anti-parasitaire utilisé pour traiter les charpentes et dans les shampoings anti-poux, a d’abord été interdit d’usage agricole au début des années 90 puis l’a été totalement plus récemment. Les traces retrouvées correspondent donc à des émissions passées qui persistent dans l’environnement » précise-t-elle.
On ne sait pas si les concentrations mesurées sont préoccupantes
Si aucune étude toxicologique n’a encore été menée pour faire le lien entre l’exposition aux pesticides dans l’environnement et d’éventuels impacts sur la santé, la toxicité de ces produits est reconnue.









Source : écooSpace - Septembre 2007

LES PRINCIPAUX POLLUANTS A L’EXTERIEUR ET A L’INTERIEUR DES BATIMENTS

ET LEURS CONSEQUENCES SUR LA SANTE

Le tableau suivant indique l'effet des principaux polluants atmosphériques les plus répandus :
(source : d’après PROJET ECOPOLE - 2004)


Polluants

Présentation

Sources d’émission

Effets sur la santé

Oxydes d’azote (NOx)

et dioxyde d’azote

(NO2)

Combustion

Diverses, plus de 60% sont générés par les transports.

Affectent les fonctions pulmonaires. Ils peuvent entraîner une hyperréactivité bronchique chez l’asthmatique et un accroissement de la sensibilité des bronches chez l’enfant.

Particules en suspension

(Ps)

On distingue dans ces polluants les « grosses particules » et les « fines particules »

Circulation automobile, notamment sur les motorisations diesels qui sont une source importante d’émission de particules fines

Atteinte des tissus par effet mécanique d’irritation. Elles représentent un vecteur de transport pour d’autres polluants aux propriétés mutagènes et cancérigènes.

Benzène

(C6H6)

Membre de la famille des Composés Organiques Volatils (COV), précurseur de l’ozone

Hydrocarbures (évaporations lors de stockage pétroliers ou de pleins d’essence)

Composés organiques (combustion incomplète, procédés industriels…) ou solvants (peintures, encres, nettoyage de surfaces)

A des effets cancérigènes et mutagènes. Il provoque notamment une dépression de l’immunité cellulaire, des atteintes du système nerveux et des leucémies.

Monoxyde de carbone

(CO)

Gaz incolore et inodore qui diffuse très rapidement dans l’atmosphère

Combustion incomplète des combustibles et carburants (taux élevés lors d’embouteillages en espaces clos comme les tunnels) et du mauvais fonctionnement d’appareils de chauffage domestique.

Il peut entraîner des troubles généraux par manque d’oxygénation (nausées, vertiges, fatigue) puis des altérations de la conscience pouvant conduire à un coma.

Ozone

(O3)

C’est un polluant caractéristique de certaines zones rurales ;

matériel bureautique (imprimantes laser, photocopieuses)

Combinaison photochimique* de polluants primaires précurseurs (les COV et les NOx essentiellement et le CO) sous l’action des rayonnements ultraviolets

Outre des irritations oculaires, il provoque la toux et une altération pulmonaire chez les personnes sensibles (enfants et asthmatiques). Ses effets sont amplifiés lors d’exercices physiques.

Composés Organiques Volatils (COV)

Par exemple : butane, propane, acétylène, isopropène, benzène, toluène, méthanol

Industrie chimique

Station service

Garage de votre habitation

Irritations sensorielles, gêne respiratoire, troubles cardiaques et digestifs et effets cancérigènes.

formaldéhyde

Meubles en aggloméré,

Solvants des peintures,

Produits d’entretien

Polluants micro biologiques

les pollens

Arbres et plantes en floraison

Multiplication d’allergies et d’asthme.

les acariens

Dans les matelas, les coussins, les couvertures

les moisissures

L’humidité sur des parois froides (pont thermique)



L’IMPORTANCE DES POLLUTIONS A L’INTERIEUR DES BATIMENTS


Une enquête réalisée sur 567 logements d’octobre 2003 à décembre 2005, sur l’ensemble du territoire français et sur un échantillon représentatif du parc immobilier peut se résumer par les tableaux suivants :

 

 


Etat de la qualité de l’air intérieur des logements
Source : Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur, 28 novembre 2006
Journées Qualité de l'Air intérieur - Séverine KIRCHNER - Juin 2007



Résultats :

L’air intérieur est environ 10 fois plus pollué que l’air extérieur pour plusieurs substances significatives (surtout formaldéhyde).


Le saviez-vous ?

Un garage attenant (avec porte de communication vers le logement) augmente sensiblement les sources de pollution et la présence de gaz d’échappement dans toute l’habitation



CONCILIER ECONOMIES D’ENERGIE ET PRESERVATION DE LA SANTE

Quelle sera la place de la ventilation dans les bâtiments de demain ?


Alors que la connaissance sur la qualité de l’air intérieur (QAI) progresse et que les effets des polluants intérieurs sur la santé sont désormais largement reconnus, la ventilation, qui a pour rôle d’assurer un renouvellement d’air indispensable pour le confort et la santé des occupants, reste trop souvent “maltraitée” dans les bâtiments. Alors qu’elle représente une part faible dans les budgets de construction (2 à 3% du coût total), ses enjeux sont primordiaux et complexes, car ils répondent à des problématiques qui peuvent sembler parfois paradoxales :


Maintenir des débits suffisants pour assurer une bonne qualité de l’air,
tout en maîtrisant les dépenses énergétiques et assurer un confort acoustique…

Anne DUPUY D’UBY, ADEME - Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie

En conclusion :

La qualité de l’air intérieur s’est beaucoup dégradée ces dernières années.
Des organismes officiels sont chargés de suivre cette évolution.


Une ventilation (VMC) efficace pour le renouvellement d’air
devra éviter trop de pertes de calories.


Certains dispositifs sont étudiés pour répondre à cette question.
Le sujet est vaste et complexe.
Cette présentation succincte aborde quelques thèmes sensibles.

Pour en savoir plus, voir en lien ci-contre l'article du journal "La Provence".



Si vous avez des questions, écooSpace rédigera d’autres articles et se tient à votre disposition pour des études personnalisées.


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