iBLOG précédent iBLOG suivant



SCENARYO
Frédéric Lefèvre
"Dis maman c'est quoi un scénariste ?" UN SCENARISTE C'EST QUELQU'UN QUI CROIT ETRE LE CENTRE DU MONDE...
"Ahhh bon et c'est qui le centre du monde alors?" LE CENTRE DU MONDE C'EST LE PRODUCTEUR...QUI CROIT L'ETRE
Publié le Samedi 10 mai 2008 à 10:17
Par Frédéric Lefèvre
Je voulais être
Je croyais être
Je pensais être
Je rêvais d’être

Vouloir
Croire
Penser
Rêver

J’ai le don de…
J’ai l’envie de…
J’ai l’espoir de…

Donner
Envier
Espérer

L’envers doit se remettre à l’endroit
une énigme reste une énigme
Dernier homme à mourir
Jamais savoir pourquoi
Triangle sagittaire infirme
L’autre et sa peur de subir
Un amour d’elles
Un ange sans aile

Une écriture s’envole
trop de matière
Un auteur s’isole

Noldwin restera à jamais un enfant dans la lumière
Publié le Vendredi 09 mai 2008 à 17:11
Par Frédéric Lefèvre
Lalibela.jpg
ÊTRE AILLEURS
Au cœur de l'Éthiopie, dans une région montagneuse, les onze églises monolithes médiévales du XIIIe siècle ont été creusées et taillées à même le roc près d'un village traditionnel aux maisons rondes. Lalibela est un haut lieu du christianisme européen, lieu de pélérinage et de dévotions.

C'est sur ce site que Charlotte, l'un des personnages du scénario "UN AMOUR D'ELLES" (à découvrir sur SCENARYO) répare des siècles d'amour. Je ne suis pourtant pas celui qui "croit" mais j'aime ces lieux, ces pierres, j'aime l'histoire qu'elle renferme et surtout j'accepte d'être un serviteur de la Terre sans aucune dévotion ni croyance extrémiste.
Publié le Mardi 06 mai 2008 à 15:25
Par Frédéric Lefèvre
Dur comme l’acier
Fragile comme par l’amour enveloppé
De mes choix inflexibles et impassibles
J’avance pas à pas au bord du vide

Dur comme l’acier
De ces marques faites pour l’aimer
Sur un chemin épineux d’un bois corrompu
Je coupe, je taille tel un fou jamais repu

Et j’ai vu se poser
la main d’une lumière
Le bleu de son « name »
Les feux de mon âme
Voler dans ses bras
telle est ma prière

Publié le Jeudi 01 mai 2008 à 20:04
Par Frédéric Lefèvre

Y’a comme des mondes en adieu

Des roses immondes dans les yeux


Les je t’aime

Qui ne tiennent qu’un temps

Les je te hais

Qui viennent d’adolescents


Toutes les secondes d’un printemps qui pleuvent derrière une image

Toutes infécondes ces mamans face à l’épreuve prisonnière d’un visage

Eternelle innocence abusée par la passion d’un faux devenir, miroir négligé

Demoiselle en démence crachée c’est la vision d’un trahir, espoir épuisé


Les je t’aime

Aux intonations diluviennes

Les je te hais

Aux raisons comédiennes


Même si j’en crève

Y’aura plus de je t’aime

Même dans mes rêves

Y’aura le relent de ta haine


Sauf que dans la vie les mains se tendent et se rapprochent

Sauf que dans ta vie demain « comprendre » sera proche

Battue, déçue, vaincue la couleur des larmes de tes imprévus

Gamine silencieuse avec sur les mains un cœur par-dessus


Je m’efface

Je m’en vais

Sur mes traces

Tu me hais


Les je t’aime

Quand même

Les je te hais

Imparfaits

Publié le Mercredi 23 avril 2008 à 14:51
Par Frédéric Lefèvre

C’est l’histoire d’une porte, une simple porte que l’on referme derrière soi, la clé qui tourne dans la serrure et puis sans se retourner on quitte cette maison et l’on signe des papiers pour tourner la lourde page d’une vie. C’est l’histoire d’une porte que l’on referme pour la dernière fois et l’on sait que jamais plus on ne se promènera dans cette maison et que jamais plus on n’y verra l’image de sa maman… C’est juste une histoire douloureuse de faire enfin le deuil d’une mère. 23 septembre 2006 et je n’arrive toujours pas à m’y faire. Une histoire d’amour perpétrer au-delà du temps et des identités.


C’est l’histoire d’une porte que l’on refuse d’ouvrir, une autre porte avec d’autres identités qui refusent de vous aimer. Des portes, toujours des portes et tant d’amour derrière que certains refusent. Des portes qui risquent de devenir des faiblesses et des obstacles dans nos vies.


Je suis pourtant un ouvreur de porte.


Juste pour vous dire qu’un jour les portes se referment inexorablement. Et ce jour là les regrets et les sanglots silencieux couvriront votre ombre…

 

 

pour Jeannine et Antonio





Marcher seul sous la pluie

Rêver à n’en plus savoir vivre

C’est la vie qui remplit mes envies

Marcher seul sous la pluie

Montrer mes mains pour te suivre

C’est le dessin de toute une vie

Sur les draps blancs de ton lit

En souffrance en survivance

J’ai apprit à devenir dans les vagues de tes larmes

J’ai reçu et donné tant d’amour sans mélodrame

En désespérance en partance

Sur ta main la mienne aussi

 

 

Je referme cette porte

Car peu m’importe

Si la vie voudra de cet amour

Car il existe sans nul détour

 


Ce n’est pas facile de mentir juste pour ne plus souffrir…



Publié le Lundi 21 avril 2008 à 09:19
Par Frédéric Lefèvre

http://scenaryo.fr.gd/

L'HOMME ET SON ENVERS
les épisodes du n°1 au n°17
un épisode nouveau chaque jeudi

LE DERNIER HOMME A MOURIR
mardi 5 août le retour des saisons 1 et 2
Publié le Jeudi 17 avril 2008 à 11:00
Par Frédéric Lefèvre

d'un amour jamais fini

d'un faux jour infini

d'un beau retour ici


d'un amour me quitte

d'un trop de mérite

d'un en haut pratique


elle manque à ma vie

elle manque à ma vie aussi


riche d'argent épuisant d'infortune

c'est juste une histoire d'excessif

comme déchirer encore mon passif

percuter mon destin avec son actif

le sang immobile martyr des plumes


pleurer, hurler, endommager, mystifier

j'ai le coeur qui manque de toi

j'ai le coeur qui manque de ta peau

le coeur d'un gamin qui manque de mots

le coeur incertain qui manque de moi

chuchoter, rêver, voltiger pas vouloir en crever


tu manques à ma vie

tu manques à ma vie aussi


maman tu manques à ma vie aussi...


le petit plus du jour histoire de connaître une autre facette de SCENARYO

un clic de plus !

 

 

Publié le Samedi 12 avril 2008 à 13:29
Par Frédéric Lefèvre

Je suis plus là

une heure, un jour

Je suis plus là

pas peur des ans

Je suis plus là

Grimpeur de tour

Je suis plus là

planeur volant

Déçue par l’intransigeance du profit

Contrarié par l’audience des écrits

Plus la peine de creuser la terre, les ongles meurtris

De la peine à se faire aimer, un choix un seul, oublie

D’en haut ils contribuent à ma solitude

D’en bas je néglige mes habitudes

Je suis plus là

une heure, un jour

Je suis plus là

pas peur des ans

Je suis plus là

Grimpeur de tour

Je suis plus là

planeur volant


Frédéric LEFEVRE


Publié le Mercredi 02 avril 2008 à 12:00
Par Frédéric Lefèvre
Lire les épisodes
épisode disponible liens cliquables
1 GÉNÈSE
2
PATHÉTIQUE
3 PRIMITIF
4 NOUS SOMMES TOUS DIEU
5 RACHMANINOV
6 AMY OU ENNEMIE
7 REQUIEM A L'ENVERS
8 L'IMPARFAIT DU PRESENT
épisode à venir
9 UN VENIN UN DESTIN
10 QUI TU ES TOI

11 JEUX THEMES
12 L'ENVERS DES MORTS
13 L'EMPRISE DES SENS SENS
14 LIBRE DANS SA TÊTE opus 1
15 LIBRE DANS SA TÊTE opus 2
16 L'ARBRE OU LE DESTIN
L'HOMME ET SON ENVERS
connaître les dates de parution

l'atmosphère

l'interview


Publié le Dimanche 30 mars 2008 à 11:25
Par Frédéric Lefèvre

Publié le Lundi 24 mars 2008 à 20:06
Par Frédéric Lefèvre

Hypocondriaque

Quasi insomniaque

Animal en attaque

JE SUIS MANIAC

 

Fusion des zodiaques

Des souffles cardiaques

Ultime et démoniaque

JE SUIS MANIAC


Être aphrodisiaque

Une passion paradisiaque

Une vision paranoïaque

JE SUIS MANIAC

 

Ton cœur en moi tic tac

D’une saveur orgiaque

J’ai en moi la niaque

JE SUIS MANIAC

Publié le Jeudi 20 mars 2008 à 07:36
Par Frédéric Lefèvre
J'ai dans la tête des numéros
un manège avec vous et des mots
J'ai dans la tête des terres d'elle
des plans, des sources et des parcelles

dans le noir
rien d'autre à faire
pas d'espoir
juste moi et la terre

Un homme et son envers divague dans une réalité illusoire, vous ne pourrez pas le croire mais vous n'aurez pas d'autre choix. Comme l'ombre d'un savoir qui s'évapore vers nulle part mais qui restera en vous pour l'éternité...

Publié le Dimanche 16 mars 2008 à 11:38
Par Frédéric Lefèvre
 Le site est dans sa phase de finalisation. Il reste des textes a développer, la protection copyright à confirmer et quelques détails administratifs à terminer. La page d'accueil me semble trop figée, je souhaiterais un mouvement flash pour les photographies, les recherches sont toujours en cours. Deux bloggeurs se promènent avant vous tous pour donner leurs avis et chaque point est corrigé.
 Au sujet de "LHOMME ET SON ENVERS" il fait donc une entrée en première page et vous pourrez (re)lire et (re)découvrir à nouveau les 8 premiers épisodes. Le jeudi 3 avril (re)sortiront les numéros 9, 10, 11 et 12. Le jeudi 10 avril arriveront les numéros 13, 14, et enfin deux tout nouveaux opus 15 et 16. Patience... pour ceux qui voulaient la semaine des quatre jeudi... voila que j'invente deux semaines sans jeudi !!! Ces auteurs n'ont aucun respect pour leurs lecteurs !!! Mais ces jours prochains vont me permettre d'ouvrir les portes de SCENARYO le site.
Publié le Jeudi 13 mars 2008 à 08:00
Par Frédéric Lefèvre

UPSIDE DOWN SOUL

L’HOMME ET SON ENVERS

Episode 14

LIBRE DANS SA TÊTE opus 1

 

C’est un nouveau jour qui se lève et pas n’importe quel jour. C’est l’un des jours les plus importants de sa vie puisqu’il va à la fois vivre l’une de ses peurs les plus acides tout en réalisant le rêve de sa vie. Il y a des jours comme cela dans la vie, des jours plus forts encore que l’amour. Des jours que l’on consume depuis tant de temps dans son cœur que l’on en connaît chaque recoin.


Je suis libre dans ma tête et je vais rentrer dans l’un de mes rêves les plus incroyables. Mais avant de partir vers cet inconnu je vais faire une chose encore plus extraordinaire que ce voyage.


Il est tout juste six heures du matin et un soleil orange remplit l’horizon. Dans sa chambre, Diego, 14 ans, petit américain sage, habitué aux vastes terres de la Géorgie, termine son sac à dos. Il traverse sa maison dans le silence puis il accroche un long mot sur la porte du frigo et, sans l’ombre d’un doute il referme la porte derrière lui.


Avant de prendre le bus pour Johnson City, il sait qu’il doit faire une chose qui le sauvera plus tard. L’amour est ce qui l’a fait tenir et souffrir durant toutes ces années et c’est sa toute dernière chance aujourd’hui de pouvoir réparer cette marque du temps.


En traversant les rues de sa petite ville, rien ne semble pouvoir le faire changer d’idée. Diego est décidé, et fier de pouvoir enfin atteindre ce qui remplit son esprit depuis si longtemps que toujours pourrait bien être la meilleure réponse. En arrivant devant cette maison, il marque un temps d’arrêt, puis il regarde autour de lui et il jette des cailloux sur l’une des fenêtres. Au bout de quelques petites minutes, les rideaux s’ouvrent enfin, une jeune fille apparaît, les yeux à la fois endormis et surpris de voir son ami lui faire signe de la rejoindre. Nadillia finit par descendre en robe de chambre. Elle regarde derrière elle pour voir si quelqu’un ne l’a pas entendue puis elle se hâte vers celui qui reste planté, là dans son allée, et qui, pour la première fois, fait quelque chose qui ne lui ressemble pas.

 

NADILLIA : T’es complètement fou, qu’est-ce que tu fais là ?

 

DIEGO : Je ne sais pas trop par quoi commencer…

 

NADILLIA : Tu m’étonnes, tu as l’air complètement illuminé.

 

Diego lui fait un grand sourire, c’est vrai que c’est la première fois qu’il a cette assurance. Ce n’est pas qu’il semble différent, non, c’est juste cette espèce de petit truc en plus qui le rend si attirant. Nadillia se surprend à espérer.

 

DIEGO : Oui c’est ça tu as raison, je suis illuminé, et tu sais quoi… moi aussi je me demande pourquoi tu es descendue si vite ?

 

Nadillia semble un peu perplexe, c’est vrai qu’elle s’est précipitée vers lui comme s’il était bien plus qu’un simple ami.

 

NADILLIA : Ben…heu… je n’allais pas te laisser là tout seul.

 

Cela sonnait un peu faux mais elle n’allait certainement pas lui dire la vérité. Pour une fois qu’il devenait un garçon attachant avec cette curiosité qui faisait d’elle une fille importante à ses yeux. Plein de choses venaient embrouiller son esprit, le voir là, à coté d’elle, c’était comme un frisson qui déjà la traversait. C’était totalement excessif, et elle ne comprenait pas pourquoi celui qui n’était juste qu’un copain, la chamboulait avec autant de force.

 

DIEGO : Tu vois Nallia… oui c’est comme cela que je t’appelle quand dans mon cœur je pense à toi… c'est-à-dire tout le temps, enfin depuis toujours... heu souvent quoi. Je sais que j’ai l’air débile dès que je te regarde, je sais que je fais rire tout le monde mais je ne suis fier que d’une seule chose… C’est de t’avoir là, dans mon cœur… car un jour nos mains se toucheront et tu sauras pourquoi je t’aime depuis toujours.

 

NADILLIA : Tu m’aimes ?

 

DIEGO : Oui Nallia tu es mon morceau d’amour à moi.

 

Ses yeux verts dans le ciel orangé, peut-être sa chevelure qui volait dans une légère brise ou ce je ne sais quoi qui brillait dans son visage. D’un seul coup, elle qui était si sûre d’elle venait de perdre son aisance, et moi je ne sais pas ce qui m’a pris. J’ai vu son regard se fondre dans le mien et comme deux aimants, tout comme deux adolescents s’aimant, je me suis approché de ses lèvres et sans jamais l’avoir imaginé, nos bouches se sont réunies. Nadillia a fermé les yeux et moi… moi je n’étais déjà plus vraiment ici. Non j’étais ailleurs et j’étais surtout quelqu’un d’autre, j’avais l’impression d’avoir une vingtaine d’années. Oui j’étais un homme bien plus âgé et j’embrassais une femme fabuleusement belle et quand elle a ouvert à nouveau les yeux, j’y ai reconnu le vert de celle qui avait un morceau d’amour à moi.

 

En prenant un peu de recul, il a pu voir vivre cette intensité en elle. C’est comme si l’amour galopait dans ses veines. Ses joues toutes roses, et son regard de jeune fille l’a stupéfié quand elle a ouvert ses paupières.

 

NADILLIA : Whoua… Diego c’est vraiment toi ? Je n’aurais jamais cru que tu étais si magique.

 

DIEGO : Nallia… je m’en vais. Je pars d’ici, je vais là où mon essence me commande d’aller. C’est comme un truc qui me transcende. Tu vois dans ma tête y’a deux trucs obsédants et sensationnels. Toi… et ce voyage que je dois faire.

 

Elle ne semble pas vraiment comprendre. Elle boit ses paroles et n’arrive pas à se détacher de ses lèvres.

 

DIEGO : Je ne te dis pas où je vais et je ne te dis pas ce que je vais y faire mais si je n’y vais pas et si je ne le fais pas… alors jamais tu ne m’aimeras…

 

Elle croise les yeux d’un Diego nouveau et les mots coulent dans sa tête.

 

NADILLIA : Diego. Je crois bien que je t’aime déjà

 

DIEGO : Alors tu dois me faire confiance…rappelle-toi, nos mains se rejoindront.

 

Jamais elle n’aurait pu croire ce qu’il allait faire. Au pire elle pensait qu’elle le reverrait le lendemain et que son mystère valait bien un peu de patience… jamais elle n’aurait pensé attendre des années avant de le revoir.

 

Diego s’est une nouvelle fois approché d’elle pour l’embrasser, son cœur battait si fort qu’il se demandait s’il n’allait pas changer d’avis.  Mais dans tout son corps, sa déclaration prenait un autre sens en partant. Sans ce voyage il redeviendrait un garçon invisible, passionné mais invisible. Alors il s’est détourné et il est parti. Nadillia l’a regardé s’éloigner avec le cœur débordant d’amour. Diego n’a pas pu s’empêché de pleurer mais elle n’en a rien vu.

 

Prendre le bus pour Columbia, à l’aéroport prendre un avion pour traverser l’atlantique et atterrir sur un nouveau continent, l’Europe. De là, aller à Paris, où ailleurs… le tout avec environ 45 dollars. C’était tout bonnement impossible, dans son esprit l’information était très claire mais dans son esprit toujours, il savait qu’il allait le faire.

 

Derrière des barreaux, pour quelques mots qu’il pensait si fort. Dehors, il fait chaud, des milliers d’oiseaux s’envolent sans effort…

Publié le Mardi 11 mars 2008 à 11:00
Par Frédéric Lefèvre
Enfin !!! Après des mois de tergiversation... le site scénaryo arrive et pour preuve voici la page d'accueil:

Il reste un énorme travail (corrections, vérifications, copyright SACEM et SACD pour les textes, les images, les vidéos et les musiques)
Lancement prévu AVRIL 2008.
Publié le Samedi 08 mars 2008 à 13:51
Par Frédéric Lefèvre

UPSIDE DOWN SOUL

L’HOMME ET SON ENVERS

Episode 13

L’emprise des sens


Oui, mes maux de tête ont repris ou peut-être y suis-je moins habitué depuis que je suis à nouveau redevenu l’ombre d’un humain. Dans mon espace clos tout était plus facile, la lumière me brûle maintenant trop souvent les yeux. J’ai bien peur de finir aveugle mais cela ne changera rien, il est même possible que cela accélère le processus. Le bruit des villes me fait régurgiter tous les sentiments si bons qui autrefois se cachaient en moi. Le bruit est une abomination, le seul bruit noble et fort que mes oreilles supportent c’est bel et bien la musique. Dans le silence du noir tout était étouffé, étouffant, le bruit ne passait plus par mes oreilles, non, je le percevais par les vibrations du sol, je sentais mes os vibrer à leur tour et mon esprit me restituer une espèce de sauce aux tonalités et au timbre extra-terrestre dont je comprenais la signification. Quand j’étais dans mon trou, quand j’étais un rat parmi les rats, quand je grattais le sol avec mes ongles pour en lécher cette espèce de substance répugnante dont je me délectais, je n’étais plus un homme car la vie était partie de moi.


Hier soir en pleurant, oui, l’homme et son envers pleurent ! Quand je pleurais donc, il m’est venu cette phrase terrible « J’ai peur de vivre » Oui ! Je n’avais ni peur de mourir, ni peur de souffrir. Je n’avais pas peur de devenir pauvre ou handicapé. Loin de moi ces angoisses de savoir aimer ou d’être aimé, oui tout cela fait partie d’une autre vie, loin derrière moi. J’avais peur de vivre, peur de ne pas savoir être un homme. Ne plus savoir marcher dans la rue et croiser le regard de ces peuplades qui remplissent les villes. Ne plus savoir respirer votre air, mes poumons sont habitués à une humidité fétide et malsaine. Ne plus savoir manger, mon estomac n’appréciant que cette soupe pourrie, mélange vert d’algues minuscules et visqueuses et de putréfaction de différents petits organismes.


Et vous croyez que je regrette ? Vous me prenez pour une bête immonde ? Vous pensez encore que tout cela est terrible et que l’on devient fou ? Vous pensez que c’est abominable de m’avoir fait subir ce supplice ? Dois-je être enfermé dans vos prisons animalières pour déments hors norme, hors tout, hors de votre monde ?


Non je ne regrette pas. Les regrets ne sont rien ici, c’est bien quelque chose qui altère votre destinée, les regrets. Vous n’avez que ça à la bouche, tout comme je pouvais l’être il y a de nombreuses années. Les regrets, cette bêtise cruelle que l’homme s’inflige pour mieux souffrir. Les regrets sont-ils tout aussi importants que l’amour de soi. Oui je te sens bien là en train de respirer…devrais-je dire suffoquer ? Pourquoi un parallèle entre un regret et l’amour de soi ? Pour la simple et bonne raison que sans cette lourde charge que tu t’infliges, toi, oui toi, tu en bannis ce qui fera de toi un homme comme moi. Oh oui tu n’es pas loin de moi, tu fais semblant de ne pas savoir mais ton cœur parle pour toi. Ton corps transpire ces maux dans une chaleur terrible et dans cette froideur que tu t’imposes sans savoir ce que tu regrettes vraiment. Au diable les regrets et si l’amour de soi doit en pâtir alors je préfère croire qu’haïr c’est aussi aimer dans le miroir d’une vérité. Cette phrase tournera dans ta tête j’en suis sûr car tu as l’intelligence et la prudence de l’animal.


Justement l’animal, la bête immonde que je dois être pour avoir subi ce calvaire, c’est bien à cela que vous me comparez. Suis-je plus à plaindre que celui ou celle dont la pire des épreuves ronge chaque seconde de sa vie sur un lit d’hôpital ? Qu’en est-il de cette enfant qui devra voir sous ces yeux mourir toute sa famille parce qu’un groupe d’homme aura foulé sa terre juste par erreur. La guerre des religions est une fumisterie ancestrale qui cache la seule volonté du pouvoir. En attendant suis-je plus chanceux que cet enfant ? Ah oui mais moi je suis un adulte donc je suis forcément devenu un monstre, une sorte d’éléphantman assoiffé par la mort car privé de sa propre vie… foutaises et raccourci primitif !


J’aurais dû devenir fou…oui c’est vrai. Et d’ailleurs je le suis devenu sans aucun doute mais ce ne fût qu’une étape. J’ai su aller plus loin, plus haut, j’ai su dépasser ce cap pour atteindre cette substance qui coule à la place de mon sang. Non je ne suis plus fou, je suis bien plus que cela. Je suis bien plus fort que votre définition archaïque. Terrible ou pas, j’ai subi dans un premier temps mais au bout de plusieurs mois ou années, je n’étais plus un homme. J’ai réussi à m’évaporer, j’ai réussi à ne plus être pour être beaucoup plus.


I can’t take my eyes off you. C’est ma façon d’être toujours là et jamais à vos cotés. Je suis bien plus qu’un simple Dieu puisque je suis bien plus qu’un peu de vous. Alors si supplice il y a eu, alors il fut la source de cette chose fabuleuse qui m’est arrivée. C’est dans la douleur que tout ceci est arrivé. Dans cette horreur quotidienne, même si le terme de jour était dépassé, cette unité n’existait pas ou plus. Car quand le mal est noyé dans l’éternité, la mort devient un souhait vital. Cette abomination est aujourd’hui devenu un cadeau.


I can’t take my eyes off you… non je ne peux plus… c’est ma raison d’être…et votre future raison de vivre. Au diable vos maisons d’incarcération où vous rangez vos fous. Joli monde de drogués pour que la paix ne gâche pas le quotidien de celui qui se croit moins fou. Le jour où je vous donnerai ma définition de la folie vous aurez peut-être bien du mal à vous regardez dans la glace comme j’ai pu le vivre en sortant de ma prison dorée. Si je suis fou alors vous n’êtes rien, vous êtes vide ou quantité négligeable.


I can’t take my eyes off you, ni de l’amour, ni de la haine…mais bien plus fort encore. Oui moi aussi je te haïs un peu, beaucoup, à la folie…
Publié le Mercredi 05 mars 2008 à 09:14
Par Frédéric Lefèvre

l'âme à l'envers
Abbaye des Châteliers (Île de Ré) Les moines Cisterciens fondèrent au XIIe siècle l'une des plus grandes abbayes du centre-ouest de la France. Elle subit hélas les assauts des Anglais, puis le ravages des guerres de religion.
Ses pierres furent ensuite largement récupérées pour la construction du Fort de la Prée. Les vestiges de l'abbaye suffisent pour faire rêver à ses splendeurs passées



Publié le Jeudi 28 février 2008 à 08:00
Par Frédéric Lefèvre

UPSIDE DOWN SOUL

L'HOMME ET SON ENVERS

Episode 12 absurde

L’ENVERS DES MORTS


C’est dans la pire des cavernes, dans une de ces caves crasseuses couverte de vermine que j’ai découvert votre faculté incroyable, celle que vous n’imaginez même pas dans votre pire orgueil ou dans votre croyance supérieure. Dans le noir mouillé d’un soupçon de pénombre au meilleur de la journée, dans une odeur fétide faite d’excréments et de pourriture, dans cette soupe d’horreur qui efface tous les souvenirs, j’ai trouvé la face cachée d’un monde qu’il vous faudra bien atteindre. Chaque respiration était une souffrance et je sentais sur mes pieds grouiller une faune d’insecte rongeant mes plaies béantes. La nuit venue les rongeurs me rejoignaient et une quinzaine de rat espéraient me gratter jusqu'à l’os et je passais ces heures nocturnes à me battre pour une mort plus douce. Je vomissais la moindre nourriture que je grattais dans cette espace clos et avarié. Une vie corrompue, une vie interrompue où je vomissais ce que je croyais pouvoir ingurgiter. Je me refermais sur moi dans un intérieur lointain, une introspection profonde, le double d’une identité dont je n’étais plus propriétaire.


Et dans mes soubresauts pénibles où mon estomac se vidait dans cette putréfaction j’entendais le monde vomir sur moi. Je devenais forcément le mal de tous les maux. Des mots de tous ces mâles sans âmes, les vomissures de toutes ces femelles sans ailes. Je devenais celui qui est, qui fût et qui sera à jamais coupable. Facilité d’un univers qui crève sur lui-même, va vomir tes saletés sur lui, va accuser l’autre pour faire de toi une pauvre petit brebis blanche et innocente. L’autre sera toujours beaucoup plus coupable que tu ne le seras jamais. Insanités d’une ville morte où les gens croient encore vivre et respirer. Parler pour ne rien dire et surtout ne jamais voir ses propres fautes, là, dans la lueur naissante d’un nouveau jour, au milieu de nulle part, dans l’abjection de votre miroir, au milieu des poubelles de votre pouvoir d’achat, j’ai vu ce qu’enfin je devais voir, j’ai compris ce que je devais faire. Et au petit matin j’ai entendu monter de l’extérieur un vent différent fait d’une clameur qui s’élève d’un ailleurs.


Mais dans ce bourdonnement positif, dans la feutrine d’un lieu riche d’or et de paillettes j’ai entendu cette autre chose absurde. Le mélange d’un lumineux noyé dans la noirceur d’un nouveau monde où un fou devient important. Un homme battant sa femme dans la violence et l’absurdité d’une face cachée. L’évidence d’une nation à la dérive et le bras cassé de cette femme isolée dans son silence fait d’or et d’argent, de puissance et de fausse noblesse. Le roi et la reine sont en spectacle mais la reine devra s’éclipser, son accident, que dis-je cet incident minime doit être étouffé pour le bien du roi. Un bras cassé n’est rien, une femme battue n’a pas d’âme ni d’utilité et puis quoi ce n’était rien qu’un geste mal contrôlé, ce n’était bien sûr pas pour faire du mal, c’était… c’était… ce n’était rien un point c’est tout. Et le roi, caché par ces sbires ira s’octroyer une dose pour éviter de déraper. La dose d’un poison si bon et si fort et grâce à lui je deviens moi aussi le reflet d’un homme différent. Je deviens presque humain. Mes mouvements sont contrôlés par mon hypophyse et mon cerveau se dégage de cette brutalité du fou que je suis si je ne suis pas tenu en laisse. Je peux mordre, je peux tuer, je peux tout puisque je suis tout. Et l’homme roi devient dans cette clameur celui qui dans l’ombre dirigera un monde de fous. Quoi de plus normal que d’élire un fou pour diriger les fous. Quoi de plus normal que de voir tant de puissances mondiales être sous le contrôle de la folie des hommes. Dictateur, Despote, Monarque, Tyran et autre autocrate dément… vous êtes la souillure d’un monde en déviance.


Mes yeux me brûlaient, le globe oculaire rouge sang, des larmes faites d’un acide coulaient le long de mes joues. Je pleurais. Oui je pleurais de rage, cette rage qui fait de moi un animal. Et je me suis réveillé, dans cette crasse qui recouvrait ma peau, dans l’impureté de toutes ces pensées qui suintaient de vos cœurs. Je devenais à nouveau un homme qui pouvait penser. L’homme et son devoir. La femme et son savoir. Je me souviens de tout ce que j’ai été et plus bizarrement encore je me souviens de tout ce que je serai plus tard. Et mes larmes honteuses sont devenues propres et d’une beauté éblouissante. Depuis toutes ces années je n’avais jamais pleuré ainsi avec cet optimisme enivrant. Je me voyais habillé d’un bien beau costume au bras d’une femme éclatante. Moi qui ressemblais à un animal tapis dans le noir, moi qui ne savais plus parler, les dents noires, le visage couvert de croûtes, le moins que rien…. Dans un effort quasi surhumain je devais me mettre debout pour sortir de cet envers des morts. Je devais me lever et m’avancer vers mes neuf vies.


Neuf vies pour une unité inconnue, neuf vies et une unique faculté incroyable.

Ma photo
SCENARYO
Trafic
Noter ce blog :
1 5
1 connecté
241819 visiteurs
Contactez-moi
Mail :