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Publié le Vendredi 06 février 2009 à 21:36
Par Frédéric Lefèvre
C'est comme ouvrir toutes les portes d'un nouveau monde, comme vouloir enfin entendre le son de la vie. C'est comme poser ses lèvres sur les lèvres d'une femme, comme frôler sa peau pour une éternité de jouissance. C'est comme jouer du piano sans jamais comprendre la musique, comme vouloir vivre la volonté de l'autre. C'est comme vivre pour apprendre la couleur de ses yeux, comme caresser la couture de son jeans. C'est comme effacer ses peines et ses haines, comme regarder son corps nu entre les lignes de la nuit. C'est comme entreprendre un voyage à deux, comme se cacher dans le noir avec elle. C'est comme danser mes mains sur ses hanches, comme serrer son corps et sentir son envie d'un oui. C'est comme limiter la vie dans les rien pour n'en jamais voir le tout, comme accepter la souffrance des joies effacées. C'est comme s'asseoir sur un lit et trembler de peur d'être un autre, comme oublier les paroles d'un faux semblant. C'est comme sentir ses cheveux caresser mon visage, comme sa main qui glisse entre mes reins. C'est comme rire en lisant les rêves d'un amour, comme rougir de la voir nue. C'est comme cette éternité dont personne ne croit, comme toutes les couleurs de l'univers pour toi. C'est comme cette poésie que je cache, comme tant et tant de «je t'aime» qui volent pour toi. C'est comme imaginer l'eau couler sur tes jambes, comme sentir cette enivrante envie de te faire l'amour. C'est comme mourir et accepter la vie en cadeau, comme nourrir les pouvoirs de son sourire. C'est comme connaître le mensonge de ses non, comme engendrer les délices de ses oui. C'est comme croire à Dieu sans jamais tendre la main, comme faire un paquet cadeau avec tant de tendresse. C'est comme les rivières d'un amour, comme les prières d'un père et d'une mère pour toujours. C'est comme le vouloir qui jamais ne semble pouvoir, comme le pouvoir qui à jamais vibre d'un vouloir. C'est comme la voix de cette chanteuse qui ouvre ma vérité, comme toi et moi dans le lit des imaginés. C'est comme tous ces anges qui volent entre nous, comme l'infinité des nostalgies en héritage. C'est comme le jeu de ta bouche, le jeu de nos langues, comme si tout s'efface pour devenir moi. C'est comme ces histoires de générique sans fin, comme ces comédiens qui s'embrassent en s'aimant pour de vrai. C'est comme les oiseaux sur les tableaux, comme les coquelicots dans le songe des mots. C'est comme le regard d'un enfant dans le silence d'une absence, comme les larmes dans le bateau des turbulences. C'est comme vouloir être sans jamais avoir vraiment été, comme ces vies dans le miroir des sentiments. C'est comme ne plus écrire ce que les autres déchirent, comme tourner le dos aux réels désir. C'est comme ce que je suis dans cette existence, comme ce que je touche du fond de ma conscience.
Publié le Lundi 26 janvier 2009 à 11:56
Par Frédéric Lefèvre
Puisque le vent t'emportera
rien ne devra se mettre au travers de mon chemin
Puisque le jour tu ne verras
les éléments devront absorber nos sensuels chagrins

j'ai vu les sirènes d'un monde dans les yeux des mille lettres
j'ai vu les tendresses des mains sans jamais vouloir l'admettre
Ce que j'ai vu est inscrit dans les marques insolentes d'un présage.
j'ai vu en dormant les rites secrets des amoureux engourdis
j'ai vu ce qu'aucun homme ne devrait voir mais c'est ainsi
Ce que j'ai vu dans le doux et la terre c'est le souffle de son visage.

Rien d'autre ne pourra
Rien d'autre ne devra
Advienne que voudra

l'amour n'a d'autre goût que celui des volontés incertaines
Publié le Samedi 17 janvier 2009 à 10:32
Par Frédéric Lefèvre
toi
oui je t'aime
d'un amour
pluriel

moi
dans tes veines
mon amour
providentiel

c'est l'amour qui veut de nous
dans le jeu des corps astrals
tu crois savoir
du rien et du pouvoir
c'est l'amour qui fait tout
dans l'emprise d'un flagrant magistral

Publié le Mercredi 14 janvier 2009 à 18:12
Par Frédéric Lefèvre
le bonheur d'un homme passionné
Publié le Samedi 10 janvier 2009 à 12:48
Par Frédéric Lefèvre
Le murmure de ceux qui veulent mourir...
Déchirer les corps à coups de mots et de faux.
Je vis sur Terre, écrire et pourtant se taire. A genoux par terre je joue aux petites voitures sur le perron d'une maison de futurs mariés. Le mélange des vies et des envies d'en finir...

Toi tu sautes par la fenêtre et tu déverses sur moi les angoisses des drogues qui coulent dans ton sang. Et moi je saute à mon tour mais dans le premier avion pour te regarder faire ton prochain shoot. Le cadeau de la vie s'épanche en moi.

Le murmure de ceux qui veulent mourir...
Déchirer les corps à coups de mots et de faux.
Ce n'est plus l'homme qui est à l'envers c'est l'auteur qui prend de la hauteur pour contempler la Terre chavirée.

Toi tu te cacheras avec ton coeur malmené, mère et ma chair, c'est ma vie et la tienne que tu fous en l'air. Des volontés d'en finir d'un geste que le corps refuse. Et moi, je peux du verbe pouvoir, héros dans l'ombre malgré moi. Le cadeau d'un fils sur le fil du kamikaze.

Le murmure de ceux qui veulent mourir...
Déchirer les corps à coups de mots et de faux.
Tes cris, des écrits, d'une amie, nouveau défi des êtres aux saveurs pourries dans le miroir des vies sublimes

Toi tu bafouilles et tu n'entends plus ou pas les sirènes des sorcières qui brûlent ton avenir. Violeur de vie et voleur des paradoxes aussi, j'ai foulé les siècles pour garder ta planète, mes ailes pour rejoindre et éteindre ton envie de mourir. Le cadeau d'un partage hasardeux, mes yeux pour voir et le voir pour deux sans moi.

Le murmure de ceux qui veulent mourir...
Déchirer les corps à coups de mots et de faux.
La plus jeune et la plus violente aussi, sauf que cette fois-ci, je suis mort un peu dans la sénilité d'un coeur éteint.

Toi tu avaleras tout, brûlant tes tripes jusqu'aux larmes des tristes. Elles sont là, l'une et l'autre, je cours, je fonce et me défonce à mon tour, je suis une marionnette inutile trop prise de tête. Tourner le dos sans vouloir, ni ne veux ni le feu. D'un regard incertain c'est mon nouveau cadeau d'anniversaire, l'homme et son envers...

Ils brisent leurs vies pour en connaître la puissance, j'ai dans la tête, les planètes et leurs distances. Le goût rance des lendemains qui dansent. Fort et mort mais toujours en vie, toujours envie de vivre. La longue liste de ceux qui veulent mourir dont j'ai bousculé l'âme. Je les aurais sauvés un peu tout en payant un lourd tribu dans les yeux du futur. Ni pur, ni dur, je suis celui qui porte les âmes à toute allure...
Jouer avec le feu
l'âme et le voeu
Publié le Dimanche 04 janvier 2009 à 13:27
Par Frédéric Lefèvre
Je crois qu'il pleut, je crois même que plus jamais je ne verrai son regard dans le mien. Dans le feu de tous les jeux de cette Terre, il y a cette fille dont je ne serai jamais le père... et il y a ce père qui n'a jamais complètement était le mien. Tant d'innocents qui jamais n'auront partagé le vrai sang de la vie. Tant d'anonymes qui chercheront leurs identités dans une autre dimension à défaut d'avoir aimé l'autre tant qu'il était encore temps... C'est comme ces voyages fantastiques que l'on espère voir un jour et qui sont à la portée de notre vouloir.

Le voyage d'un homme, moi, qui aime l'ombre d'une fille à en crever et qui, comme un vieux paternel, trébuche et se perd dans son chemin hasardeux, le mien tout comme le sien. Ce n'était donc pas de la haine dans tes yeux et pauvre fou que je suis, j'essaye vainement de suivre ta vie et d'en effacer les accidents avec mes fautes et mes rêves de dedans, ces rêves qui ne sont jamais complètement les miens non plus. Je paye cher, souffre dans ma chair et jamais ne pourrai te plaire. J'ai pris cette place vide qui n'est pas la mienne, casse et trépasse. Pas de sang en commun dans le tien, pas de violence et tant de peine déguisée en haine. Trop de pas, faux pas et fallait pas, des pas dans ton là-bas et jamais de main dans la mienne. Ni la tienne ni la mienne, un amour en omission pour une colère en répulsion, des sentiments en opposition et moi dans le jardin des pauvres cons. Je n'aime pas tes yeux quand ils me regardent et l'amour n'a plus les yeux des plus tard. Marre de n'être rien et d'en payer malgré tout les dégâts, marre de te voir pourrir ta vie et la mienne alors, quand tu ne ressens pas les caresses de mon âme. Un jour je finirai par ne plus être rien et je te lâcherai comme un lâche abandonne celui ou celle qu'il n'a pas réussi à aimer. Aimer et être méprisé sans concession et sans fusion, je suis celui qui ne veut plus voir tes yeux. Le vieux qui n'aime pas ton jeu d'enfant et tes « veux » en parjure. Ni sang, ni impure, et un futur qui court contre un mur. Mal et pas si mal pourtant, j'ai pas tout mon temps, j'ai moi aussi pas envie, des tas de pas vouloir qui ne veulent jamais renouer avec le pouvoir. Ni enfant, ni adolescent, pas amant et jamais parent, nous ne sommes finalement que deux inconnus dans un même néant. Au nom du père, de sa fille et du bientôt fini, je retiendrai la beauté de tes yeux, ceux que je ne veux plus voir, je retiendrai mais plus jamais ne viendrai. Dans la souffrance de mes mains il y a la marque d'un sang d'un mauvais lendemain, main et pas demain, mien et jamais tien...

Et la route s'efface sous mes larmes d'un déjà fini... Pourquoi tu te presses alors qu'il est déjà mort, tout comme peuvent mourir ces vieilles amitiés que l'on croyaient éternelles. Une autoroute, et moi qui fuit toujours dans la mauvaise direction. Tu es mon père, celui dont je ne connais pas les compliments et les milles raisons d'aimer ma vie, juste une main, la sienne qui n'aura jamais su rencontrer la mienne. Trop de ces petits riens qui remplissent les peines d'un futur fait des regrets de l'un pour l'autre... Et pourtant, je ne lui en veux pas, le manque de sa mère, la dureté de sa vie, l'incompréhension et les voyages, il est et il restera un homme fait de ces formidables qui embellissent la vie d'un petit enfant. Les regrets ne font pas partie de mon chemin, ni les miens ni les siens, juste le miroir d'un amour qui n'a pas su venir de lui pour partir de moi. Un Noël, un dernier, le dernier entre un père et son fils, lui submergé par sa maladie et son monde sans définition et moi tournant une nouvelle page d'un nouveau livre, moi le père souffrant de ne plus être celui qui entoure ses enfants. Le bleu de ses yeux envahi d'un ailleurs hallucinogène, la lenteur d'un homme souffrant de n'être plus que l'ombre de lui-même. Je l'accompagne chez lui après un dîner où l'âme de ma mère, l'âme de celle qui fut sa femme nous manquait tant. On s'embrasse et je regarde son dernier sourire derrière une porte qui se referme... 14 jours nous séparent d'un nouveau deuil. L'histoire banale d'un fils qui ne verra plus son père, comme la carte d'un jeu perdue depuis si longtemps, un père absent pour l'absence d'un amour qui n'aura pas su éclore. Es-ce un hasard si je porte sa veste polaire aujourd'hui ?

Il est des pères aimant dans l'ignorance de leur propre enfance. Des pères hurlant de l'éloignement d'une douce insouciance, des pères qui ne peuvent même pas prendre dans leurs bras ceux qui ne sont pas leurs enfants. Il y a tant d'hommes qui n'ont jamais appris à aimer, tant de mot cachés dans de fausses virilités, des caresses ignorées parce qu'elles sont à jamais inconnues. Un père et son image du rien, moi qui toute ma vie aurai voulu être un père, je n'arrive même plus à voir celui qui brille en moi.

Il est des pères comme je suis, des pères dont l'amour ne compte ni le temps ni les enfants. Des pères qui subissent sans rien dire juste pour que subir devienne accomplir. Des pères qui s'effacent quand l'enfant n'a pas ou plus besoin de lui, je suis de ces pères qui aiment leurs mains et la chaleur d'un toujours. Je suis un père avec ses erreurs et ses passions. Un père qui jamais ne cessera de dire « je t'aime » à son enfant tout en écoutant ses joies et ses peines. Je suis celui qui pousse leurs vies en offrant le souffle de mon coeur , de ces mots qui construisent un enfant. Je ne suis rien d'autre qu'un père car je suis un homme, juste un homme homme... Oh oui je t'aime mon coeur.

Publié le Samedi 20 décembre 2008 à 18:38
Par Frédéric Lefèvre
  j'veux pas
guirlande et cruel repas
noël et no il sans moi
 
  j'veux pas
ou plus, être médiateur
des peurs et des never
 
  des veux pas
en veux tu en voilà
spleen et vertige là-bas
 
  j'veux pas
non j'en voeux pas
le coeur pourtant béat
 
Publié le Jeudi 18 décembre 2008 à 09:20
Par Frédéric Lefèvre
Il existe un endroit fait de poussière d'âmes. Elles sont venues ici pour ne plus faire partie de votre monde. C'est triste de savoir qu'elles renoncent à leurs missions. Chacune d'entre elles a abandonné une existence devenue pénible, dans une ignorance où l'amour n'existe pas ou plus pour elles...

Chaque jour, je tremble pour elles, chaque jour, je les nourris pour qu'elles ne s'éteignent pas. J'ai si peur de ne plus être leur serviteur. J'ai peur de ne plus les écouter et de ne plus savoir en décrire leurs mélodies. Il existe un monde de terreur nocturne qui fait de moi un homme qui ne peut plus vivre sans elles...

Cet endroit, que vous semblez ne plus vouloir connaître a pourtant la couleur des plus beaux yeux. Il y règne un air paisible comme le rire d'un enfant dans l'écho d'un coeur, j'y ai même senti la caresse douce de la main d'une femme qui fut ma mère. Je pourrais me battre et mourir pour vous donner la clé de cette contrée qui doit vous paraître si magique... mais cela ne servirait à rien, vous avez depuis trop longtemps oublié la saveur des saisons qui avaient une autre raison d'être. Chaque jour vous vous en éloignez par peur et par inconscience, sans doute aussi par bêtise et par aveuglement. Seriez -vous devenu insensibles et inutiles ? Je ne le crois pas et pour cette unique espoir je vais repousser les limites de la vie pour que la fin ne nous sépare pas.

Toutes petites poussières, minuscules marques des âmes qui, dans le tourbillon de la vie, dansent autour de vous. Et chaque matin je connais celui qui se lève avec le goût âcre de la honte, dans une chambre aussi froide qu'est l'espoir de rattraper son rêve, il s'habille et il avale un café en regardant les nouvelles d'un monde qui ne lui ressemble pas ou plus. Il rejoint cette usine qui détruit la lumière qui brille en lui. Triste labeur pour une maigre récompense, il retourne malgré tout chaque soir à la case départ et ainsi de suite jusqu'à ce que la mort nous sépare... Accepteriez-vous une telle prédestinée sans rien faire, là, en restant dans l'immobilité d'un chemin perdu ou effacé ?
Chaque jour, chaque respiration, chaque illusion, il sent en lui la passion d'un hier inachevé, rien, ni personne, ne doit s'apitoyer devant ce qui semble être un échec car plus dure encore serait la chute finale.

Bien plus intelligent sera celui ou celle qui, de son imperfection, fera l'explosion d'une réussite dans la modestie, tel qu'il est écrit depuis toujours, au plus profond de son corps. Ni prophétie, ni destinée, puisqu'il est un chemin que lui, ou elle, doit faire ou ne pas faire.

Chaque jour d'autres poussières quittent ce monde, chaque jour l'espoir anéantit la volonté de chacun d'entre nous pour faire de nous des petits objets obéissants... Dans la terreur des nuits futures je sens ressusciter la violence d'un combat, je me vois renaître pour mieux mourir. Je me vois avancer les bras chargés des mots des hommes, remplissant mon coeur. Et je sens couler en moi cette furieuse envie d'y aller encore. Qui sait si derrière l'usine qui brûle en chacun d'entre nous ne se cache pas la vérité d'une raison qui n'a jamais cessé d'exister... Sentir les poussières revenir pour vous remplir l'âme à nouveau. Je suis lui, et je suis elle, je suis toi, moi, et un peu eux aussi. Et le monde pourrait reprendre sa véritable passion d'être la nourriture de votre âme.

Si les anges existent cette poussière-là pourrait en être l'essence.


Publié le Mercredi 10 décembre 2008 à 16:41
Par Frédéric Lefèvre

j'ai un ami
dans la vie

j'ai un ami
c'est ainsi

sa voix
ses tremblements
en moi
un ami aimant

j'ai un ami
et une larme aussi
quand j'entends ses mots
j'ai un ami
avec cet infini

j'ai un ami
c'est toi
mon ami
de moi
un vrai merci

Frédéric pour Rejean

Publié le Lundi 01 décembre 2008 à 18:34
Par Frédéric Lefèvre
Je suis pour le vivre
Je suis pour l'aimer

Ce que je suis, devient, avec mon pouvoir
j'ai le pouvoir d'agir
j'ai le pouvoir du vouloir
j'ai aussi celui de faire et de bouger

je suis pour le vivre
je suis pour l'aimer
je suis un être libre
et un penseur troublé

ainsi un pays régresse par la folie d'un homme
je t'écrase, je te hais et plus jamais freedom
je pleure, je crie, je vis, j'aime, je suis ivre
ainsi un pays dans sa décadence, plus jamais libre

Ce que je suis, devient avec le savoir
être et savoir trahir
être et savoir dans le noir
être aussi dans le plaire et l'exhiber

Je suis pour le vivre
Je suis l'ami, l'amant et l'amour
avec toi dans les bras d'un toujours
Je suis pour l'aimer
Je suis un être libre
et un penseur troublé

je suis les cris durs
les peurs et l'écriture
je suis la primitive liberté
je suis et toujours je serai

ainsi un minable président n'est plus l'égal des hommes
libertad, libertà, libertate, liberté à jamais freedom
je suis et je resterai dans ce monde un fruit d'homme


la Statue de la Liberté à Paris 1886
Publié le Lundi 24 novembre 2008 à 17:02
Par Frédéric Lefèvre
J'ai dans la poche ce tout petit instrument bourré de technologie depuis treize ans. Il est là dans le fond de ma poche. Il me suit partout et il m'accompagne de plus en plus. Au tout début, il valait une petite fortune, et il n'avait qu'une seule et unique fonction. Aujourd'hui, il vaut toujours une fortune mais il est un concentré de ce qui se fait de mieux.

Treize ans... et après des infidélités, des crises en tout genre, après avoir touché l'excellence... je me demande des fois à quoi il sert. Je regarde les branches des arbres danser dans le vent et derrière la petite lumière de mon écran, je tape ce texte futile, inutile, issu d'un esprit au bord du flexible. Être et devenir un monsieur « comme tout le monde ». J'ai froid et j'ai cette impression d'être passé dans un grand mixeur. Retenir la chute, gravir le but, prédire la lutte, tu peux toujours courir !

Je cours sans bouger, je tourne sans deviner, je bouge sans me tourner, je devine sans courir. Et je regarde devant moi ce bébé qui pleure, je n'ose même pas m'avancer vers lui. Je n'ose même pas lui dire que je suis son père et les larmes troublent cette image d'un toujours marqué. Petit homme et petit homme sont réunis dans une pièce pendant que l'on termine d'opérer sa maman. Un père et son fils, pour un long dialogue de moi pour lui, un long et beau discour d'amour, j'ai touché sa peau sans essayer de le prendre dans mes bras. Je n'ai jamais pensé qu'il m'appartenait et j'ai toujours attendu son avis pour sa vie. Des tas d'envies, des avis chaque instant et des vies tout le temps.

Sur la piste de danse d'un mariage d'un autre siècle, il danse et son corps se déplace tel un Travolta à ses débuts. Il est là devant son public improvisé et il danse comme s'il savait danser. Il danse et il fait son effet. Danse, danse petit rien, un jour tu tomberas, un jour ton vélo percutera une automobile, tu t'envoleras, tu chuteras, et dans l'ambulance le petit rien qui souffre deviendra écrivain... De la danse à la chute violente, tant d'années sont passées, tant d'amours inassouvis et tant d'ailleurs jamais abandonnés dans l'oubli. Treize années et bien plus encore passées dans le mixeur de la vie, et tu es toujours là avec moi, loin et toujours là en moi. J'ai dansé, j'ai aimé, j'ai souffert mais bien plus que tout, j'ai sublimé chaque seconde pour en retenir la marque de mes mots jusqu'au bout de mes ongles rongés. Il pianote, il me guide et comme le son d'un violon, il transperce ma cervelle pour du retenir, enfin devenir ces histoires dont les habitants viennent incessamment bousculer celui que je crois être. Combat entre l'homme néant qui détale et l'homme intelligent. Je cours mais l'intelligence n'est pas la mienne, je la partage, j'en profite, elle me sert et je cohabite avec elle. Elle me donne si je la nourris, elle me tue si je l'oublie ! C'est ça ma vie.

Il sonne, il vibre, il marque le temps de chaque personne et il me parle de vous et de tous ces fous qui habitent ma vie. Je suis d'accord avec toi, en accord avec moi et tant d'accords, tant de musique sans remords. Tant de vies et de morts pour tant de numéros sur le tableau de bord, écran tactile, parlant et mobile, treizième année d'une union subtile.

Dans mon monde à moi, rien ne m'appartient, du tout, jusqu'au petit rien, de nous éparpillés sur tout ces chemins. Je suis né, ni pire, ni bien, évitant les aiguilles à tricoter, évitant le devenir d'un mort-né, naître et mourir à la fois, éviter la mort de près avant même d'en quitter sa maternité. Je suis né et c'est bien plus tard qu'il m'a été donné d'avoir une identité. Une deuxième naissance et enfin dépasser le silence, d'une enfance en violence, d'une adolescence en errance, c'est la vie en souffrance pour en découvrir la vie du mot jouissance. Jouir des mots, jouir des trop et des volontés d'un autre credo.

Treize, ce n'est pas un chiffre comme les autres ! Il a toujours été près de moi, en moi, ni porte bonheur, ni porte du malheur, juste là comme une frontière entre vouloir savoir, et savoir déjà. C'est comme chercher des réponses quand elles sont déjà inscrites dans votre âme. Ouvrir des portes sans même s'apercevoir que non seulement elles étaient déjà ouvertes mais qu’en fait il n'y avait aucune porte. Juste un chemin initiatique pour l'acceptation d'être celui que l'on est. Treize n'est rien de plus qu'un chiffre, même s'il est gravé dans chacun de vos globules. Il peut être treize ou bien soixante quinze, ainsi il en sera de votre propre destinée. C'est un peu comme le langage numérique fait de un et de zéro, une infinité de combinaisons. Je suis treize et je suis soixante quinze à la fois. Je suis l'un et l'autre dans des dimensions différentes, ni folie, ni même réalité idéale. C'est le livre des vies.

Prendre des photographies, voir des films et tant de lyrisme, écouter chanter le cœur des voix célèbres, connaître et entrer dans la pseudo crise boursière, je suis un homme humain avec dans les mains le cœur de tous les hommes. Voir la planète dans ses moindres recoins, comme si je planais au dessus de vos têtes, et examiner le temps qu'il fera demain, et ainsi de suite sans toucher au moteur des météorites. Il me dira tout de tout, qui tu es et où tu es, il enregistrera ta voix et me dira si la lune est la plus belle ce soir. Il me donnera les informations, les directions et les solutions à toutes mes questions. Il me réveillera, me détendra, m'amusera et il me parlera dans toutes les langues. Il se branchera sur msn tout en m'envoyant un sms, il te dira qui est connecté sur myspace ou facebook et si tu as bien vendu ton âme sur ebay. Tu deviendras le roi d'un royaume ultra chic, fait de chimérique, google ou yahoo. Tu veux mon ICQ mon AIM, tu veux ma vie en live et mon existence numérique. Je serai ton animal, ton numéral et tu deviendras mon fatal et mon digital.

Quand tu connaîtras la clé binaire de ta destinée, tu pourras faire cette simple formule de l'un moins l'autre et tu sauras que chercher à savoir le pourquoi du comment tu es né sur cette terre, n'est pas plus compliqué que la résultante d'un troisième chiffre.

C'est le grand mélange de la vie, la mienne et la vôtre, le grand mélange des treize années, la mienne et la sienne. L'histoire d'un téléphone qui sonne tout au fond de moi, l'aventure du cri de ce bébé qui construit ma vie d'homme et de son double si différent qui occupent mes envies de futur.

Ni biblique, ni trop tragique, jamais dans l'excès de l'être cynique. Consentir ces mots pour en prédire ces maux, j'ai dit numérique je n'ai jamais dit catastrophique. Des mots oui, pour en faire ces histoires d'un passé bientôt inscrit dans l'avenir. Et quand les maux ne font plus mal alors les mots font dans l'indispensable et deviennent capital. Parler avec toi, échanger avec lui, discuter avec elle, dialoguer avec eux, c'est la plus belle et la seule façon de se rapprocher des étoiles.

Quand je crie... de mes larmes.
Quand j'écris... je vous parle.
Publié le Mardi 11 novembre 2008 à 14:51
Par Frédéric Lefèvre
Je ne sais pas qui elle est
Je ne sais même pas où elle va
Je ne connais rien d'elle
Et pourtant c'est sûr que je l'aime
C'est ainsi depuis toujours
C'est ainsi que je ressens la vie

Je me couche, je dors et je me lève
Et quoi que je fasse elle habite mon corps
Je me douche, je sors, et même si je crève
Elle me suivra au bout de ma raison encore
Je suis elle
Elle est moi
Du pareil au même

Une jeune fille traverse mon esprit
De mes doigts je lui redonne la vie
tu portes un prénom qui évoque le pardon
Une autre jeune fille traverse un pont
Un jour tu voleras
Un jour tu croiseras
Un jour tu la verras
Un jour tu comprendras
et enfin tu deviendras
une noyade avec elle

Elle est dans son monde enfermée
Elle est dans son beffroi, au-delà
Elle, asiatique et belle
Et pourtant c'est sûr qu'elle m'aime
C'est ainsi, des mots d'amours
C'est ainsi, ni amie, ni ennemie

Je brûle, je jaunis, je pars en poussière mais j'existe
De papier jusqu'au numérique
Elle vit de lui, il vivra grâce à elle, le sort persiste
Alphabet jamais trop magique
Je voyage immobile, j'accompagne tes désirs et tes souffrir
Elle et toi, main dans la main tout savoir sans jamais se trahir
C'est toujours un peu l'histoire de ta vie
Toujours un peu celle des autres
Dans le creux de ma paume avec toi je survis
Un jour tu deviendras mon autre

Une jeune fille traverse mon esprit
De mes doigts je lui redonne la vie
tu portes un prénom qui évoque le pardon
Une autre jeune fille traverse un pont
Un jour tu voleras
Un jour tu croiseras
Un jour tu la verras
Un jour tu comprendras
et enfin tu deviendras
une noyade avec elle
Publié le Vendredi 07 novembre 2008 à 17:47
Par Frédéric Lefèvre

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