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SCENARYO
Frédéric Lefèvre
"Dis maman c'est quoi un scénariste ?" UN SCENARISTE C'EST QUELQU'UN QUI CROIT ETRE LE CENTRE DU MONDE...
"Ahhh bon et c'est qui le centre du monde alors?" LE CENTRE DU MONDE C'EST LE PRODUCTEUR...QUI CROIT L'ETRE
Publié le Samedi 08 mars 2008 à 13:51
Par Frédéric Lefèvre

UPSIDE DOWN SOUL

L’HOMME ET SON ENVERS

Episode 13

L’emprise des sens


Oui, mes maux de tête ont repris ou peut-être y suis-je moins habitué depuis que je suis à nouveau redevenu l’ombre d’un humain. Dans mon espace clos tout était plus facile, la lumière me brûle maintenant trop souvent les yeux. J’ai bien peur de finir aveugle mais cela ne changera rien, il est même possible que cela accélère le processus. Le bruit des villes me fait régurgiter tous les sentiments si bons qui autrefois se cachaient en moi. Le bruit est une abomination, le seul bruit noble et fort que mes oreilles supportent c’est bel et bien la musique. Dans le silence du noir tout était étouffé, étouffant, le bruit ne passait plus par mes oreilles, non, je le percevais par les vibrations du sol, je sentais mes os vibrer à leur tour et mon esprit me restituer une espèce de sauce aux tonalités et au timbre extra-terrestre dont je comprenais la signification. Quand j’étais dans mon trou, quand j’étais un rat parmi les rats, quand je grattais le sol avec mes ongles pour en lécher cette espèce de substance répugnante dont je me délectais, je n’étais plus un homme car la vie était partie de moi.


Hier soir en pleurant, oui, l’homme et son envers pleurent ! Quand je pleurais donc, il m’est venu cette phrase terrible « J’ai peur de vivre » Oui ! Je n’avais ni peur de mourir, ni peur de souffrir. Je n’avais pas peur de devenir pauvre ou handicapé. Loin de moi ces angoisses de savoir aimer ou d’être aimé, oui tout cela fait partie d’une autre vie, loin derrière moi. J’avais peur de vivre, peur de ne pas savoir être un homme. Ne plus savoir marcher dans la rue et croiser le regard de ces peuplades qui remplissent les villes. Ne plus savoir respirer votre air, mes poumons sont habitués à une humidité fétide et malsaine. Ne plus savoir manger, mon estomac n’appréciant que cette soupe pourrie, mélange vert d’algues minuscules et visqueuses et de putréfaction de différents petits organismes.


Et vous croyez que je regrette ? Vous me prenez pour une bête immonde ? Vous pensez encore que tout cela est terrible et que l’on devient fou ? Vous pensez que c’est abominable de m’avoir fait subir ce supplice ? Dois-je être enfermé dans vos prisons animalières pour déments hors norme, hors tout, hors de votre monde ?


Non je ne regrette pas. Les regrets ne sont rien ici, c’est bien quelque chose qui altère votre destinée, les regrets. Vous n’avez que ça à la bouche, tout comme je pouvais l’être il y a de nombreuses années. Les regrets, cette bêtise cruelle que l’homme s’inflige pour mieux souffrir. Les regrets sont-ils tout aussi importants que l’amour de soi. Oui je te sens bien là en train de respirer…devrais-je dire suffoquer ? Pourquoi un parallèle entre un regret et l’amour de soi ? Pour la simple et bonne raison que sans cette lourde charge que tu t’infliges, toi, oui toi, tu en bannis ce qui fera de toi un homme comme moi. Oh oui tu n’es pas loin de moi, tu fais semblant de ne pas savoir mais ton cœur parle pour toi. Ton corps transpire ces maux dans une chaleur terrible et dans cette froideur que tu t’imposes sans savoir ce que tu regrettes vraiment. Au diable les regrets et si l’amour de soi doit en pâtir alors je préfère croire qu’haïr c’est aussi aimer dans le miroir d’une vérité. Cette phrase tournera dans ta tête j’en suis sûr car tu as l’intelligence et la prudence de l’animal.


Justement l’animal, la bête immonde que je dois être pour avoir subi ce calvaire, c’est bien à cela que vous me comparez. Suis-je plus à plaindre que celui ou celle dont la pire des épreuves ronge chaque seconde de sa vie sur un lit d’hôpital ? Qu’en est-il de cette enfant qui devra voir sous ces yeux mourir toute sa famille parce qu’un groupe d’homme aura foulé sa terre juste par erreur. La guerre des religions est une fumisterie ancestrale qui cache la seule volonté du pouvoir. En attendant suis-je plus chanceux que cet enfant ? Ah oui mais moi je suis un adulte donc je suis forcément devenu un monstre, une sorte d’éléphantman assoiffé par la mort car privé de sa propre vie… foutaises et raccourci primitif !


J’aurais dû devenir fou…oui c’est vrai. Et d’ailleurs je le suis devenu sans aucun doute mais ce ne fût qu’une étape. J’ai su aller plus loin, plus haut, j’ai su dépasser ce cap pour atteindre cette substance qui coule à la place de mon sang. Non je ne suis plus fou, je suis bien plus que cela. Je suis bien plus fort que votre définition archaïque. Terrible ou pas, j’ai subi dans un premier temps mais au bout de plusieurs mois ou années, je n’étais plus un homme. J’ai réussi à m’évaporer, j’ai réussi à ne plus être pour être beaucoup plus.


I can’t take my eyes off you. C’est ma façon d’être toujours là et jamais à vos cotés. Je suis bien plus qu’un simple Dieu puisque je suis bien plus qu’un peu de vous. Alors si supplice il y a eu, alors il fut la source de cette chose fabuleuse qui m’est arrivée. C’est dans la douleur que tout ceci est arrivé. Dans cette horreur quotidienne, même si le terme de jour était dépassé, cette unité n’existait pas ou plus. Car quand le mal est noyé dans l’éternité, la mort devient un souhait vital. Cette abomination est aujourd’hui devenu un cadeau.


I can’t take my eyes off you… non je ne peux plus… c’est ma raison d’être…et votre future raison de vivre. Au diable vos maisons d’incarcération où vous rangez vos fous. Joli monde de drogués pour que la paix ne gâche pas le quotidien de celui qui se croit moins fou. Le jour où je vous donnerai ma définition de la folie vous aurez peut-être bien du mal à vous regardez dans la glace comme j’ai pu le vivre en sortant de ma prison dorée. Si je suis fou alors vous n’êtes rien, vous êtes vide ou quantité négligeable.


I can’t take my eyes off you, ni de l’amour, ni de la haine…mais bien plus fort encore. Oui moi aussi je te haïs un peu, beaucoup, à la folie…
Publié le Mercredi 05 mars 2008 à 09:14
Par Frédéric Lefèvre

l'âme à l'envers
Abbaye des Châteliers (Île de Ré) Les moines Cisterciens fondèrent au XIIe siècle l'une des plus grandes abbayes du centre-ouest de la France. Elle subit hélas les assauts des Anglais, puis le ravages des guerres de religion.
Ses pierres furent ensuite largement récupérées pour la construction du Fort de la Prée. Les vestiges de l'abbaye suffisent pour faire rêver à ses splendeurs passées



Publié le Jeudi 28 février 2008 à 08:00
Par Frédéric Lefèvre

UPSIDE DOWN SOUL

L'HOMME ET SON ENVERS

Episode 12 absurde

L’ENVERS DES MORTS


C’est dans la pire des cavernes, dans une de ces caves crasseuses couverte de vermine que j’ai découvert votre faculté incroyable, celle que vous n’imaginez même pas dans votre pire orgueil ou dans votre croyance supérieure. Dans le noir mouillé d’un soupçon de pénombre au meilleur de la journée, dans une odeur fétide faite d’excréments et de pourriture, dans cette soupe d’horreur qui efface tous les souvenirs, j’ai trouvé la face cachée d’un monde qu’il vous faudra bien atteindre. Chaque respiration était une souffrance et je sentais sur mes pieds grouiller une faune d’insecte rongeant mes plaies béantes. La nuit venue les rongeurs me rejoignaient et une quinzaine de rat espéraient me gratter jusqu'à l’os et je passais ces heures nocturnes à me battre pour une mort plus douce. Je vomissais la moindre nourriture que je grattais dans cette espace clos et avarié. Une vie corrompue, une vie interrompue où je vomissais ce que je croyais pouvoir ingurgiter. Je me refermais sur moi dans un intérieur lointain, une introspection profonde, le double d’une identité dont je n’étais plus propriétaire.


Et dans mes soubresauts pénibles où mon estomac se vidait dans cette putréfaction j’entendais le monde vomir sur moi. Je devenais forcément le mal de tous les maux. Des mots de tous ces mâles sans âmes, les vomissures de toutes ces femelles sans ailes. Je devenais celui qui est, qui fût et qui sera à jamais coupable. Facilité d’un univers qui crève sur lui-même, va vomir tes saletés sur lui, va accuser l’autre pour faire de toi une pauvre petit brebis blanche et innocente. L’autre sera toujours beaucoup plus coupable que tu ne le seras jamais. Insanités d’une ville morte où les gens croient encore vivre et respirer. Parler pour ne rien dire et surtout ne jamais voir ses propres fautes, là, dans la lueur naissante d’un nouveau jour, au milieu de nulle part, dans l’abjection de votre miroir, au milieu des poubelles de votre pouvoir d’achat, j’ai vu ce qu’enfin je devais voir, j’ai compris ce que je devais faire. Et au petit matin j’ai entendu monter de l’extérieur un vent différent fait d’une clameur qui s’élève d’un ailleurs.


Mais dans ce bourdonnement positif, dans la feutrine d’un lieu riche d’or et de paillettes j’ai entendu cette autre chose absurde. Le mélange d’un lumineux noyé dans la noirceur d’un nouveau monde où un fou devient important. Un homme battant sa femme dans la violence et l’absurdité d’une face cachée. L’évidence d’une nation à la dérive et le bras cassé de cette femme isolée dans son silence fait d’or et d’argent, de puissance et de fausse noblesse. Le roi et la reine sont en spectacle mais la reine devra s’éclipser, son accident, que dis-je cet incident minime doit être étouffé pour le bien du roi. Un bras cassé n’est rien, une femme battue n’a pas d’âme ni d’utilité et puis quoi ce n’était rien qu’un geste mal contrôlé, ce n’était bien sûr pas pour faire du mal, c’était… c’était… ce n’était rien un point c’est tout. Et le roi, caché par ces sbires ira s’octroyer une dose pour éviter de déraper. La dose d’un poison si bon et si fort et grâce à lui je deviens moi aussi le reflet d’un homme différent. Je deviens presque humain. Mes mouvements sont contrôlés par mon hypophyse et mon cerveau se dégage de cette brutalité du fou que je suis si je ne suis pas tenu en laisse. Je peux mordre, je peux tuer, je peux tout puisque je suis tout. Et l’homme roi devient dans cette clameur celui qui dans l’ombre dirigera un monde de fous. Quoi de plus normal que d’élire un fou pour diriger les fous. Quoi de plus normal que de voir tant de puissances mondiales être sous le contrôle de la folie des hommes. Dictateur, Despote, Monarque, Tyran et autre autocrate dément… vous êtes la souillure d’un monde en déviance.


Mes yeux me brûlaient, le globe oculaire rouge sang, des larmes faites d’un acide coulaient le long de mes joues. Je pleurais. Oui je pleurais de rage, cette rage qui fait de moi un animal. Et je me suis réveillé, dans cette crasse qui recouvrait ma peau, dans l’impureté de toutes ces pensées qui suintaient de vos cœurs. Je devenais à nouveau un homme qui pouvait penser. L’homme et son devoir. La femme et son savoir. Je me souviens de tout ce que j’ai été et plus bizarrement encore je me souviens de tout ce que je serai plus tard. Et mes larmes honteuses sont devenues propres et d’une beauté éblouissante. Depuis toutes ces années je n’avais jamais pleuré ainsi avec cet optimisme enivrant. Je me voyais habillé d’un bien beau costume au bras d’une femme éclatante. Moi qui ressemblais à un animal tapis dans le noir, moi qui ne savais plus parler, les dents noires, le visage couvert de croûtes, le moins que rien…. Dans un effort quasi surhumain je devais me mettre debout pour sortir de cet envers des morts. Je devais me lever et m’avancer vers mes neuf vies.


Neuf vies pour une unité inconnue, neuf vies et une unique faculté incroyable.

Publié le Vendredi 22 février 2008 à 11:20
Par Frédéric Lefèvre

Certains vénèrent leurs impatiences cruelles quand moi je préfère l’éphémère. Durant ces derniers jours j’ai effacé, j’ai expurgé, à grand coup de machette j’ai supprimé une bonne centaine d’article. J’ai nettoyé sans violence, sans arrogance mais sans indulgence. Un artiste vit dans l’éphémère, les pages jaunissent, le papier s’effrite, la pellicule s’oxyde, la peinture se craquelle. Pourtant le cœur de l’artiste persiste et l’éphémère restera à jamais l’effet mère.  


Publié le Vendredi 22 février 2008 à 08:00
Par Frédéric Lefèvre


Comme le voyage des corps réfugiés
L’harmonie des passions isolées
Comme l’avantage des torts simulés

Symphonie des saisons terminées


Il va falloir en finir
Je vais trancher
Je vais crier

Il va falloir travestir



Comme les mots de mon autre vérité

Souffrir d’entendre ma sombre lâcheté
Comme l’étau qui se frotte aux pensées
Partir sans attendre l’ombre exilée

Il va falloir même haïr
Je vais exploser
Je vais le dompter

Il va falloir même mourir



Tu entends la prédiction du changement
Dépasser les espoirs d’un soir
Oui c’est mon devoir illusoire

Effacer la méprise de celui qui fut artisan

J’espère absorber la peur

Force d’un jadis évanoui
J’espère négliger cet auteur
Ecorce d’un illuminé bien fini
J’espère sans espérance
En finir avec la souffrance



Voilà ce que me souffle l’émoi

D’une déraison en partance
Voilà revenir la fin… je crois
D’un artiste univers d’enfance

Il va falloir vivre vraiment
Et ne plus croupir
Il va falloir vivre vraiment
Et enfin grandir
Publié le Jeudi 21 février 2008 à 10:00
Par Frédéric Lefèvre

Un deux étroit

La vague lente du temps sur nous, montre son doigt

Vous comptez sur qui pour qu’un ne fasse plus trois ?

Un deux effroi

De nos yeux monte l’amour d’eux en nous, en moi

Un père, une mère, trois frères, tous maladroits

Un deux j’ai froid

Se sentir seul, abandonné, les cendres d’un endroit

Tu le trouves comment le goût de ton désarroi ?

Un deux trois frères

Du même père, de la même mère et tous contraires

Incapable de pardonner dans ce relent funéraire

D’un feu, trois frères

Brûlent nos croyances et nos épreuves arbitraires

De nos cœurs le sang, sentiment d’en extraire

Père, mère trois frères

Je ne suis rien sans eux, sans vous, tant d’éclairs

La vérité naîtra de notre sœur, la volonté du solaire

 

Voici venu le temps du pardon, celui qui ronge ma vie et certainement la vôtre. Ce cadeau que je n’ai pas voulu offrir à notre mère. Elle qui voulait nous voir réunis. Elle qui nous savait déchirés. J’ai dit non, car j’ai dit la vérité. Et sur son lit de mort je ne lui ai offert que l’espoir qu’un jour je reviendrais vers vous. Ce jour là arrive. Ce jour si long si dur et si puissant. Ce jour là vient en moi. Ira-t-il jusqu’à vous… ? Sur son lit de mort elle m’a regardé, les larmes aux yeux, et dans cette fermeté qui est en moi j’ai pourtant dit « non maman je ne peux pas pardonner » Je n’aurai pas la bêtise d’étaler ici ce que je vous reproche car si, je sais ouvrir les portes, quand d'autres aujourd'hui savent les refermer. Je sais aussi en altérer le souvenir douloureux. La vie nous a projeté dans le rôle d’orphelins, famille éclatée, sans unité, sans conjuger le verbe aimer. Et nous nous sommes croisés par deux fois, deux fois tragiques quand la mort a frappé notre cœur qui se croyait mort lui aussi. Par deux fois nos yeux se sont croisés au dessus du cercueil de celui ou celle qui nous ont unifiés puis séparés. Ainsi va la lourde chape de pierre qu’il nous faut soulever aujourd’hui. J’ai cette sensation de ne plus être rien sans eux. Alors voilà, nous sommes quatre et quatre... peut faire un.

Publié le Lundi 04 février 2008 à 09:06
Par Frédéric Lefèvre
Dans un idéal incertain fait de toi et de moi
Sur cette terre qui n’est plus la mienne
Je survole les paysages de ta naissance
L’histoire d’un continent d’un toujours…


Tu n’es qu’un
C’est notre destin commun
Tu n’es qu’une

C’est notre vie des lunes

Sur ta peau la vérité d’une existence sans roi
Le son des précieuses sources musiciennes
Et ce sourire pur qui fait toute ta puissance
Je rêve d’un continent pour toujours…
Tu n’es qu’un
C’est notre destin commun
Tu n’es qu’une

C’est notre vie des lunes

Je suis celui qui te voit, celui qui te croit
Jusqu’aux confins des lumières sahariennes
La vie, la mort et moi sans innocence
Devenir ce continent pour toujours…


des mercis, un ami, des photographies
Fabrice
voir toutes les photographies
Publié le Dimanche 27 janvier 2008 à 07:19
Par Frédéric Lefèvre
J'ai dans les mains
la providence
le son des lunes
et les saveurs
imaginaires

J'ai le matin
cette douce présence
ni un ni une
juste un auteur
sur la terre


The happening le prochain film de M. Night Shyamalan
Publié le Mercredi 23 janvier 2008 à 20:30
Par Frédéric Lefèvre
C'est comme déchirer l'histoire, comme rejoindre un point de départ. Dans les brumes d'un autre siècle essayer d'y voir plus clair et devenir malgré tout l'ombre du temps, seul au milieu de ce brouillard je retrouve des miettes d'une famille. Bousculé entre les odeurs et les images, noyé dans un flou artistique aux saveurs hypnotiques. Le conflit de cet homme qui, plus il avance, plus son âme s'exile pour atteindre l'enfant qui pleure en lui. J'ai cette impression de grimper dans un arbre généalogique avec cette angoisse de tomber, de me faire mal et même de mourir un peu, là, au fond d'un moi qui s'évapore. Les yeux grand ouverts, la peur au ventre, je me retrouve au fond de cette glaise, rampant comme un ver de terre pour rattraper mes racines. Je croyais que je m'élevais vers le haut alors que mes mains creusaient sans le savoir cette terre d'un temps perdu.

C'est l'histoire d'une famille dans un miroir, l'histoire coupable d'un enfant qui a oublié d'entrer dans le corps de celui qu'il devait être. L'histoire fabuleuse d'un petit bout d'homme qui regarde ses mains. Des mains qui ne lui appartiennent plus, les lignes d'une destinée gravée avec violence et douceur dans sa paume. Voir dans ce miroir la belle image d'une photo de famille, l'amour de ce que cela aurait pu être...

C'est dans un autre siècle, qu'un homme et une femme ont eu cette ténébreuse idée. L'homme que je suis aujourd'hui sursaute. L'enfant dans son hier de forteresse, se retourne, cherchant vainement sa responsabilité. C'est alors qu'une lumière brille en moi, dans cette idée abjecte, dans cette nuit qui m'étouffe, je m'enveloppe dans ces quatre mots. Les parents d'un suicide. Je n'ai plus de larmes et j'ai perdu mon envie de pleurer dans cette vie faite de la tombe des autres. Alors pourquoi cet homme qui fût mon père a-t'il prononcé ces mots terribles ? Comment a-t'il pu ne serait qu'imaginer cette issue ? Là, devant elle, avec elle, cette mère partie avant lui sur ce chemin qui est le sien aujourd'hui. Un siècle différent, l'éternité d'un temps qui transperce mon identité. Apprenant la maladie de celle qu'il aimait, il a cette douce et fausse idée de mourir avec elle dans un suicide réunificateur. Cette lumière qui brille en moi n'est pas cet attrait pour le suicide, non, c'est l'image de cet amour éblouissant d'un homme pour sa femme. L'image resplendissante d'un père et d'une mère qui partagent cet amour dans une ardeur qui ressemble à ces plus beaux testaments couchés sur des feuilles d'argents. J'ai cette image en moi, cet amour qui brûle en moi, cette lumière qui m'enveloppe encore pour me dire...

Tu vois, tu es notre fils et l'amour est un bien fabuleux que l'on croit connaître et reconnaître. Ne te perd pas au jeu de ce que tu crois être. N'écoute pas trop longtemps ces peines qui rongent ta vie. Moi ton père, je t'ai aimé bien plus que tu ne pourras jamais l'imaginer. Moi ta mère, je t'ai donné cette fusion des autres pour notre éternité à tous. Nous t'aimons et ce petit garçon il va bien falloir que tu viennes le chercher maintenant.

Ainsi va celui qui retrouve ses larmes pour s'avancer vers ceux qui ont sublimé un drame.

Publié le Jeudi 17 janvier 2008 à 11:28
Par Frédéric Lefèvre
J’ai cru à cette solitude nourricière, j’ai voulu être Robinson sans Crusoé. J’ai cru que la solitude était mon seul et unique refuge. J’ai même cru que je ne savais pas être aimé et que je n’aimerais jamais. J’ai cru que l’on pouvait vivre sans eux. J’ai cru tant de choses qu’aujourd’hui j’ai du mal à ouvrir les yeux. Fatigué, presque résigné, ces sentiments qui se bousculent contre les parois de ma vie, toutes ces cellules d’hommes et de femmes qui s’effacent en moi. J’ai peur de les perdre, perpétuelle angoisse de les oublier.

J’ai vu la guerre des hommes, leurs sangs coulant dans les racines du temps. J’ai vu cette misère dans laquelle nous avons construit notre contemporain. J’ai vu, j’ai subi et j’ai participé à la folie des humains qui ne veulent que pouvoirs et puissances.


J’ai voulu anéantir mon identité. Je me suis enterré vivant au milieu des morts, écoutant leurs fins d’âmes, leurs vies qui s’échappent. J’ai voulu me sentir plus mort que les vivants. J’ai voulu me sacrifier et me punir de ne pas savoir être un homme. Des siècles et des siècles d’un long chemin sans croix, sans moi et sans aucun choix. Subir ce que je croyais être une déchéance de mon corps et de tout ce qui fait mon moi. J’ai voulu ne pas être, alors que plus j’avançais plus je devenais, et plus je devais dépasser cette lourde souffrance qui fait de notre matière vitale la source de notre existence.


J’ai cru, j’ai vu et j’ai voulu mais dans mes lendemains il y a ces mêmes saveurs froides d’un temps révolu. J’ai cru et j’ai oublié d’entendre la vérité en moi. Pourtant je ne suis ni pauvre ni à plaindre car dans cette misère j’ai entendu cette voix d’enfant qui, au fond de moi, me parlait pour que dans le noir je trouve mon chemin. J’ai vu le sombre et le bon. J’ai vu le bien du mal. J’ai vu cette douce pente du mal vers le bien. Et plus que tout je n’ai rien vu du tout. J’ai vu ce que je voulais voir et je n’ai pas encore vu ce que mon cœur entend de voir. Voir cet enfant entre son père et sa mère, main dans la main, paisible fusion d’un petit garçon qui va devenir, mais hélas, cela je ne l’ai pas vu. Jusqu'à perdre tous les miens, piétinant les souvenirs d’une vie en découvrant l’amour des autres…mais trop tard, voilà ce qui fait de moi celui qui n’a rien vu.
Tout ce que j’ai voulu continue d’être en moi comme ces réserves de vies qui je dissémine dans le vent des autres pour nourrir l’espoir du vouloir. Oui j’ai voulu, j’ai voulu tant de choses que ce qui bat en moi a fini par graver cette mélodie que toutes les énergies chantent.

Les deux genoux sur cette terre trempée par tant d’infamie, je laisse la pluie m’envahir. J’ai cru, j’ai vu et j’ai voulu, voilà ce qui fait de moi un homme à l’envers au milieu de toutes ces pierres.
Publié le Lundi 14 janvier 2008 à 11:02
Par Frédéric Lefèvre

IL ETAIT DEUX FOIS

La mort a cette délicate attention de vous ramener à un point de départ. Revenir et recommencer à nouveau. Celui qui reste doit donc reproduire ce gage d’amour, enfermé dans un carcan fait de doutes et d’angoisses.

IL ETAIT DEUX FOIS

26 septembre 2006, après des mois d’un ballet orchestré par une majestueuse force de vivre, j’ai lu, j’ai tenu cette dignité, pour elle et pour que mes mots soient justes et cohérent… puis elle fut enterrée

IL ETAIT DEUX FOIS

12 janvier 2008, réunis dans la même chambre mortuaire, autour d’un cercueil similaire, nous sommes tous là, les mêmes comédiens jouant le même rôle déchirant. Et dans cette boîte faite de bois et de tissu, il y a cet homme. L’ombre de celui qui vient de partir, la peau irréelle, le visage fermé dans son éternité.

IL ETAIT DEUX FOIS

Quand l’un nous apprend le combat de la vie contre la douleur, l’autre nous donne en cadeau l’image d’un homme bon, souriant, jovial. Deux talents, deux surprises, deux façons de mourir… deux âmes pour n’en faire qu’une seule et unique raison de les pleurer.

IL ETAIT DEUX FOIS

Deux textes et deux moi face à un auditoire conquis d’avance. J’ai eu samedi cette si lourde charge de commencer une cérémonie larmoyante mais pleine d’amour. Monter les quelques marches en essayant de faire le vide en soi. Ouvrir son cœur et fermer son corps, alors que quelques minutes auparavant, juste avant d’entrer dans l’église, mes yeux me lâchent, mon cœur explose et je pleure… Une Loulène vient pour me donner ce bout de force qui me manque. À l’instant où je déplie l’hommage fait à mon père je retrouve la dignité du comédien qui doit dire son texte et le faire vivre dans les yeux de l’autre. Chaque mot coule en moi vers eux, la lecture me paraît longue et je vois venir cette fin périlleuse qui, à chaque lecture, me faisait pleurer. Et les phrases s’enchaînent et mes souvenirs pour lui se déchaînent Puis viennent ces mots : « Quatre et quatre pour tout notre amour ». Et je vois devant moi un précipice dans lequel je peux tomber. Un temps, je m’arrête, un temps que je trouve interminable mais dans lequel je reconstruis l’âme d’un Fred qui s’évapore ailleurs. Ce goût amer dans la gorge et ces yeux qui trahissent encore ma peine. Je finis par énoncer « Dire je t’aime pour toi, pour toujours ». Et je me retrouve entre mes enfants, libéré d’un amour pour celui qui fut mon père et qui restera celui qui va nourrir cet auteur tapis en moi… tout comme une certaine femme dont je sens encore la caresse sur ma chevelure d’enfant.

Publié le Samedi 12 janvier 2008 à 09:00
Par Frédéric Lefèvre

Il y a des mots que l’on ne trouve jamais, il y a des sentiments cachés qui nous envahissent, toutes ces sensations venues d’une enfance que l’on croyait oublier…

Quatre enfants et quatre petits enfants sont réunis aujourd’hui avec vous tous, pour rendre à leur père et à leur grand-père ce morceau d’amour qui nous manquera à jamais.

Raymond.

Papa.

Je peux te le dire maintenant en les regardant là devant moi. Nos cœurs n’ont pas su auparavant dire ces mots d’amours, mais je sens en eux, comme en moi cette envie d’ouvrir cette vérité éternelle, cette vérité paternelle.



Les mots unanimes de quatre baptêmes

La fusion patronyme d’un seul anathème

Toutes nos mains tendues vers toi

Toutes nos pensées nos désarrois

Sans savoir comment nous allons faire

Sans toi, sans elle sans trace sur terre

Toi et maman vous êtes partis si vite

L’un sans l’autre telle une épreuve initiatique

Quatre et quatre pour tout notre amour

Dire je t’aime pour toi pour toujours

Publié le Lundi 07 janvier 2008 à 23:26
Par Frédéric Lefèvre

C’EST L’HISTOIRE D’UN CORPS QUI S’ETEINT

La quintessence des ultimes pensées, voilà ce qui m’est venu durant les premières heures de cette matinée. Chacun d’entre nous construit et fait naître un blog pour une raison plus ou moins évidente. Je n’ai jamais caché comment SCENARYO était né et je n’en ai jamais fait une unique raison et surtout la quête d’un misérabilisme souvent plus destructeur que constructeur.

C’EST L’HISTOIRE D’UN CORPS QUI S’ETEINT

Perdre ma maman m’a permis de pouvoir me battre tout en prenant des décisions dures mais réalistes, et à aucun moment je n’ai voulu déverser ici des textes aux allures sombres et négatives, n’en faire qu’une source de morceaux de vies dépressives. Tout ceci pour deux raisons essentielles ; premièrement ma Maman s’est battue corps et âme pour vivre et deuxièmement derrière mon apparence d’auteur inquiet, il y a une force qui brûle en moi. Cette force que j’utilise pour les autres et pas assez pour moi.

C’EST L’HISTOIRE D’UN CORPS QUI S’ETEINT

Vagues et vagues les unes derrière les autres comme des corps allongés que la mort oublie d’emporter et moi traversant ce nouveau couloir mortel. Toutes ces âmes qui se battent contre les vertus enivrantes du côté lumineux. Moi et ma petite blouse bleue, les mains enduites d’un liquide antiseptique et les souvenirs qui remplissent mes yeux. Là juste là, au-dessus comme si elle volait au-dessus de moi, comme s’il devait mourir au même endroit, à quelques mètres de celle qui fut sa femme.

C’EST L’HISTOIRE D’UN CORPS QUI S’ETEINT

Mélange d’une rencontre qui fait de moi un Prince. Le Prince de la plus belle des Princesses. Dans ses yeux de femme je vois la vie, je sens un aujourd’hui embué de toutes ces saveurs qui font de moi un morceau de famille. Et cette femme de ses mots si doux, fait de moi un Prince charmant, charmant je ne sais, mais charmé, oui je le suis par cette dame. Et de ces mots-là, union d’un hier et d’un aujourd’hui, je plonge dans ses yeux d’une puissance réjouie et j’entends ce qui pour moi fut, est, et sera à jamais ma supplique, la prière des prières et mon oraison du moment « N’oublie pas tout ce que je ne t’ai pas dit ».

C’EST L’HISTOIRE D’UN CORPS QUI S’ETEINT

Ce corps secoué par les affres d’un cerveau en perdition, comme si la vie se jouait de lui et de nous pour nous faire croire qu’il n’est plus là mais qu’il pourrait être encore. Alors je reprends la route dans ce qui est et restera une angoisse. Les vibrations d’un téléphone qui un jour ou bien cette nuit sonnera pour dire « c’est fini ». La vie sera partie, il fera son chemin et pourra reprendre sa destinée sans ce corps cassé, usé, dilapidé par une maladie dégénérescente. Voilà mon père tu peux y aller. Va et le petit garçon qui est en moi fera son chemin aussi et il pardonnera ce qu’il est.

C’EST L’HISTOIRE D’UN CORPS QUI S’ETEINT

Il y a des journées longues comme de ces marques immondes, des heures à attendre, l’ultime souffrance de perdre celui qui fut mon père. Ainsi soit-il mon ami, la vie se joue de moi, de lui, de nous pour qu’enfin nous acceptions ce que nous sommes vraiment. Des êtres vivants. Tu sais quoi papa… eh bien je crois bien que je t’aime et que oui, je suis bien fier d’être un morceau de toi, alors là où tu es, tu peux partir avec ces jolis mots de moi pour toi.


Publié le Mardi 01 janvier 2008 à 18:10
Par Frédéric Lefèvre
Deux plumes qui volent
Et je m’envole au-delà des anges
C’est la vie qui rentre en moi

C’est la vie qui tente les rois


C’est comme le jour d’un réveil comme entendre l’autre monde
Crier ses premiers mots, la chaleur d’une lumière dans les yeux
Je suis né, j’ai vu et j’ai entendu les bruits de tous ces cœurs vides
Dépasser les sensations cruelles des croyances immondes
Je l’ai aimée cette vie d’enfant seul et pourtant si nombreux

La peur au ventre et toutes les envies d’un petit garçon si intrépide


Le froid des deux pôles
Et je m’envole vers cet étrange
Tout là haut je crois en moi
Tout là haut je vois en toi

Car aujourd’hui I am
Tout au fond du jardin de ma vie
Les portes de l’éternité s’ouvrent
Les tout d’un fou for you
Les veux d’un je pour eux
Car aujourd’hui mon âme
Survole les cycles sans aucun souci

Ciel, zénith, paradis tu trouves




Aujourd’hui dans mes mots I am
Paresse d’un univers sans drame
Tout les oui d’une supplique I am
Par amour pour vous mesdames
J’ai été, je serais and forever I am
Recevez ces écrits d’un télégramme
D’un verbe être en moi pour un I am
Le jeu de la vie amstramgrame

Dans le ciel je suis and I am


Dans vos vies de femmes

I am

Publié le Vendredi 28 décembre 2007 à 09:47
Par Frédéric Lefèvre
Trois petites dates et puis moi
Trois étroit dans mon cœur
Si peur de ne pas me l’avouer
Trois amours et tant d’endroits
Trois dont toi mon bonheur
Si peur des nuages du passé

Trois petites dates et puis moi
Trois cents ans de traces sur terre
Si les vies guidaient nos pas
Trois fois quinze mais maladroit
Trois ou treize et tant de mystères
Si je suis, c’est ici et toujours là

Trois petites dates et puis moi
Trois étoiles pour un seul noël
Si de là haut elle me regarde
Troisième, maman, sans toi
Trois, froid, croix, éternels
Si tous les anges bavardent

Trois petites dates et puis moi
Trois fois l’infini de nos vies
Si 2008 brille déjà en nous
Trois cents jours aussi pour toi
Trois, moi et toutes mes envies

Finis les si d’un amour oui fou


Publié le Mercredi 19 décembre 2007 à 13:09
Par Frédéric Lefèvre

Deux univers, comme deux parallèles, deux vies pour un seul homme. Chaque matin est différent, même si les années passent, elles me donnent à chaque fois cette sensation d'évoluer. UNE POMME BEAUCOUP TROP VERTE mon premier roman, naïf et mal écrit, remonte en moi. L'envie de le lire à haute voix et d'en puiser cette source devenue intarrissable.
LITTLE NIOUZES DE L'AUTEUR. Ce personnage historique est en moi. Les premières images d'un scénario, les scènes qui apparaissent et cette généreuse sensation de vivre avec lui. Alors quand vient sa mort, quand viennent ces mots à lui, je deviens l'auteur que j'aime tant être avec cette émotion si touchante et si captivante qui me fait vivre des instants magiques.
Pour l'instant pas de décision, ni pour, ni contre, juste ces quelques mots sur LE DERNIER HOMME A MOURIR « L'atmosphère est de suite saisissante ! » Je continue d'égrener les kilomètres et de plonger corps et âme dans l'Histoire.
2007 termine sa douce et terrible marque mais le mélange qui en découle a cette saveur inconnue des jours rêvés.
Publié le Vendredi 07 décembre 2007 à 10:53
Par Frédéric Lefèvre

«Se souvenir de la magie d'une vie, l'essentiel d'être moi c'est de vouloir regarder en toi» Voilà la première phrase qui m'est revenue quand j'ai ouvert les yeux. Un drôle de cocktail d'homme en noir, de menace intérieure et de dialogues absurdes remplissaient encore mon esprit. Je me savais un peu illuminé, un auteur décalé, sorte d'extra-terrestre déjanté qui délivre son message au compte-goutte... Mais alors là, le kidnapping nocturne pour sauver le monde, j'avoue que mon originalité créative ne me l'avait pas fait depuis longtemps !


Une analyse rapide m'a permis de comprendre que, premièrement j'étais assis comme dans mon délire. Deuxièmement, j'étais dans un véhicule en mouvement, comme dans mon délire. Et, troisièmement, avec la lumière du plafonnier qui revenait, quelqu'un était assis à coté de moi... comme dans mon délire. Conclusion, je n'en avais pas fini avec cette aventure hors du commun.


Il était toujours là, à coté de moi, veillant sur ma sécurité dans un silence quasi obsessionnel. Celui-là même qui m'a pris en charge depuis quelques heures, « mon men in black à moi ». J'ai très vite compris que je n'en tirerais pas grand chose. Pas qu'il soit désagréable, non, juste un manque de dialogue assez chronique. Les quelques réponses que j'avais pu avoir de lui durant cette longue nuit furent, au choix : « affirmatif », « trop dangereux », et ma préférée, « vous ne craignez plus rien ». J'aurais pu vous décrire le paysage mais dans le véhicule j'étais comme dans un cocon, aucun bruit, aucune possibilité de voir ni l'extérieur ni même le chauffeur, rien d'autre que la compagnie du molosse tout de noir vêtu.


MOI : Dites moi... j'ai une chance de m'en sortir ?


HOMME 1 : Vous ne craignez... (puis il porte la main à son oreillette) Bien ! Monsieur Lefèvre je vais me permettre de vous poser une question... Ce n'est pas la première fois que vous vivez cette situation n'est-ce-pas ? (puis voyant que je cherchais vainement un souvenir) Non ce n'est pas la première fois car il ne s'agit pas de la première menace non plus. Reprenez confiance, pas en moi, ni même en lui... reprenez confiance en vous !


Je m'étais tellement habitué à son silence que là il venait en quelques mots de déverser en moi une tonne d'informations.


HOMME 1 : Nous sommes bientôt arrivés.


La menace est en moi. La menace vient de l'intérieur. Tout comme pouvait l'être le dernier des desperados je me sens vide et si seul dans cet espèce de mauvais rêve. Le dernier gringo, la poussière en moins, les idéaux évanouis en plus. Je suis ce mauvais cowboy qui pense plus vite que son ombre mais qui souffre à chaque mouvement, l'homme le plus lent du monde. Nous sommes arrivés où ? Et pourquoi autant d'égards pour moi ?


En ouvrant la portière, j'ai vu cet immense décor naturel, au milieu de nulle part, entouré de petites collines, comme dans une vallée, c'était encore la nuit mais je n'avais pas froid.


MOI : Pourquoi je suis là ?


HOMME 1 : C'est le moment de faire le point avec lui.


Et j'ai senti en moi cette volonté d'aller voir plus loin. Peu de livres sont aussi doux et généreux que celui qui se trouvait dans les mains de cet homme. Celui qui, il y a quelques heures, m'avait effectivement promis de faire un premier point.


MOI : Vous allez enfin m'en dire plus...


LUI : Vous dire ce que vous savez déjà ? Ou bien confirmer cette petite lueur qui brille en vous ? Ou bien encore, vous prouver que cette menace qui vous grignote les entrailles de l'intérieur, vous construit plus fort encore? Il n'y a pas plus d'homme en noir que de porte qui vous appartient. C'est à vous de jouer maintenant !


MOI : La menace c'était... mes désillusions ?


LUI : Beau texte d'ailleurs, « Comme ces vieux artistes épuisés et découragés. Sangloter dans le rideau rouge des scènes oubliées », l'image bien que terrible était touchante.


« Des illusions, désillusion » n'était qu'un simple article écrit dans la détresse d'un moment déchirant pour dire stop à un devenir.


LUI : « Et cette douce souffrance réparatrice du temps, qui viendra me recouvrir demain ou dans mille ans », naïf mais belle rime. Vous connaissez cette scène dans les films où un homme et une femme se rejoignent doucement pour ce retrouver dans les bras? Vous avez eu la chance d'avoir votre film... non ? Alors maintenant il est temps d'y mettre les mots dessus et d'ouvrir votre livre. La promesse d'une confiance, ce n'est pas simplement croire que c'est possible, mais plutôt de remarquer que le film est déjà commencé. Je vais maintenant rejoindre une femme qui me parle souvent de vous et qui vous a offert bien plus que la vie.


Il a refermé ce livre et j'ai regardé cette route devant moi. Les kilomètres qui défilent, les sources imperceptibles et les empreintes d'une famille. Ne plus jamais confondre civile et divine...Des illusions, des passions.

Publié le Vendredi 30 novembre 2007 à 20:11
Par Frédéric Lefèvre
Des coups répétés sur la porte de l'entrée puis la sonnette qui retentit. J'ai l'impression d'être dans un état vaporeux, la tête ailleurs, le corps ici et l'âme en sursis. Et les coups qui continuent sur la porte toute neuve de l'entrée. Une porte blanche, trois points de sécurité, une petite vitre opaque, une poignée solide, le tout résistant aux multiples impacts d'une main impétueuse. Je me lève enfin en essayant de trouver une attitude agressive pour répondre à l'attaque. L'assaillant ne comptant pas cesser ses appels je me résouds à extraire ma carcasse. J'enjambe le corps allongé à mes côtés. Et je me retrouve devant la-dite porte en caleçon, hirsute, sans avoir pris le temps de regarder l'heure, d'ailleurs je n'ai même pas allumé la lumière. Sans peur et sans reproche au milieu d'une nuit froide, j'ouvre la porte de ma maison et je découvre deux hommes devant moi. Costume noir, style « men in black ». Le plus proche de moi me dévisage, pas plus surpris que ça de me trouver dans un état proche du chaînon manquant ! L'autre, un peu en retrait, surveille les fenêtres de l'étage et ne jette sur moi qu'un vague coup d'oeil.

HOMME 1 : Vous êtes bien monsieur Lefèvre ?

MOI
: Hein heu oui mais vous avez vu...

HOMME 1
: Sécurité civile.

A ce moment-là il claque des doigts et je vois quatre hommes entrer, laissant mon surveillant de fenêtre avec l'un de ses collègues faire le planton pour garder ma porte neuve. L'un d'entre eux me pousse amicalement à l'intérieur et referme la porte sur lui. Je suis chez moi, il est je ne sais pas quelle heure et il a deux types qui gardent ma maison comme s'il s'agissait d'une ambassade. En me retournant, celui que je détermine être le chef continue de me dévisager. Je cherche vainement les trois autres qui se sont évaporés.

MOI : Heu où sont les...

HOMME 1
: Nous avons peu de temps et je préférerais aller droit au but !

MOI
: Bien sûr... mais...

HOMME 1
: La menace à laquelle nous avons à faire se présente d'une manière différente ! Vous avez de quoi vous habiller ?

MOI
: La quoi ?

En ramenant sa manche vers sa bouche.

HOMME 1 : emballage et extraction !

Le con est équipé comme les gardes du corps moyens, une oreillette reliée à ses collègues invisibles.

MOI : Excusez-moi, vous êtes armé ?

Sans me répondre il soulève sa veste et me laisse entre-apercevoir un flingue que même Clint Eastwood n'a jamais eu entre ses doigts. Je n'ai pas le temps de me faire le moindre souci car les hommes invisibles sont de retour. Un sac noir s'ouvre devant moi et me voilà habillé aussi tout en noir, royalement vêtu, avec moins de douceur qu'un roi mais avec une dextérité extraordinaire. Et là dans mon esprit, comme un magnéto qui revient en arrière, je retrouve une information bizarre qui ne m'a pas frappé au début.

MOI : Dites-moi, je peux vous demander qui vous êtes ?

En retirant de la poche de sa veste lourdement armée une carte illisible.

HOMMES 1 : Sécurité civile, nous allons pouvoir y aller !

MOI
: Sécurité civile ?

HOMME 1
: Si vous voulez.

Je me tourne vers le lit dans lequel je dormais par terre dans le salon, il est vide, vide tout comme je dois l'être pour supporter d'une manière finalement assez détachée tout ceci. Cet espèce de film américain qui me tombe dessus.

MOI : Si vous m'en disiez plus sur cette menace, je pourrais être moins largué ?

Oui, j'ai opté pour l'acceptation, sans vraiment chercher à comprendre pourquoi ce vent de panique autour d'une pseudo menace dont je serais la victime.

HOMME 1 : Nous n'avons plus trop de temps et vous connaissez la situation mieux que moi. Vous n'avez plus rien à craindre !

MOI
: Bien sûr !!!?? Et vous m'emmenez où ?

HOMME 1
: Dans un lieu sûr loin d'ici !

MOI
: Et juste pour information, nous éviterons quel type d'attaque?

HOMME 1
: Comme je vous l'ai dit, vous n'avez rien à craindre.

MOI
: Vous savez que je ne suis pas Président de la république ni un personnage célèbre?

Il me dévisage à nouveau sans l'ombre d'un sourire, cherchant visiblement le pourquoi de ma question.

HOMME 1 : Nous perdons du temps et nous n'avons pas le loisir de nous amuser !

MOI
: (en m'énervant) Ok alors on va gagner du temps, je suis bien gentil mais là vous commencez à me gonfler! C'est quoi cette menace ?

HOMME 1
: Monsieur Lefèvre, je vais être très clair et nous allons effectivement gagner du temps, nous allons sortir et vous extirper d'ici dans trente secondes, ok? Et pour la menace, ce n'est pas "quoi" mais "qui", c'est plus clair là ?

Hein ??? Quoi??? C'est quelqu'un qui m'en voudrait au point d'avoir une dizaine d'homme en noir à mon service. Je me demande s'il ne se trompe pas de Lefèvre. J'ai presque envie de lui dire : « dis Monsieur, tu sais que moi je suis quelqu'un qui écrit dans l'ombre, tu vois je suis juste un scénariste, rarement attaqué par des terroristes » Je réfléchis, je ne pense pas avoir écrit des textes qui pourraient être répréhensibles. J'ai tant d'idées qui m'assaillent que je finis par avoir peur pour ma sécurité. Ils vont finir par me faire croire que tout ceci n'est pas une farce, et qu'il s'agit bien de la sécurité de l'Etat. En essayant de reprendre mon calme je me tourne vers mon interlocuteur.

MOI : Je peux connaître l'identité de celui qui m'en veut ?

HOMME 1
: 10 secondes, vous êtes prêt ? La menace, Monsieur Lefèvre, vient de l'intérieur.

Il tourne la tête vers ses collègues qui préparent notre départ imminent.

MOI : De l'intérieur... ?

HOMME 1
: Oui de l'intérieur ! De l'intérieur, là.

Et dans un geste simple et grave il me montre du doigt.

HOMME 1 : La menace est à l'intérieur de vous M. Lefèvre !

J'aurais pris un coup de poing dans l'arcade sourcilière ou une balle de son flingue dans le ventre que je n'aurais pas plus perdu les pédales. Je me suis senti « accompagné » dehors. J'ai vu plusieurs hommes l'arme au poing surveillant tout autour de moi comme si quelqu'un voulait me tuer. J'ai vu une voiture s'ouvrir et je me suis laissé pousser à l'intérieur. J'ai vu tous les hommes entrer dans leurs véhicules, les portières coulissantes ouvertes laissant leurs armes prêtes à répondre à toute attaque. J'ai vu le convoi partir avec moi dedans. Et là, juste à coté de moi, assis dans la voiture, un homme me regarde avec un sourire et une sérénité remarquables.

LUI : Monsieur Lefèvre, j'espère que mes hommes vous ont bien traité. Vous ne risquez plus rien, vous pouvez vous détendre. La menace est maintenant contenue et dans quelques heures nous allons pouvoir faire un premier point.

Avant même que je lui pose une première question, tous les véhicules s'arrêtent et mon hôte sort de la voiture précipitamment.

LUI : Bon voyage Monsieur Lefèvre.

Et à son tour il disparaît dans un autre véhicule. En quelques secondes le chef des opérations prend sa place et le convoi repart aussi vite que possible. Je reste complètement éberlué.

HOMME 1 : Vous avez de la chance... il ne se déplace que très rarement.

De la chance ? J'ai de la chance ? Elles sont où les caméras et le vrai responsable de tout ce merdier ?

MOI : C'était qui, lui ?

Pour la première fois un léger sourire apparaît sur son visage, rapide mais c'était un sourire tout de même.

HOMME 1 : Vous êtes drôle, je crois que nous allons bien nous entendre.

Voilà où j'en suis depuis cette nuit. La menace me semble effectivement écartée et je me demande même comment je peux avoir ce genre d'idées saugrenues. Je vous donnerais de mes nouvelles si mes gardes du corps me le permettent.
Publié le Mardi 27 novembre 2007 à 18:30
Par Frédéric Lefèvre

Cela rime avec démission
un goût amer vide de toute ambition

L’histoire d’une petite voix qui pleure à l’autre bout du fil
le son d’un combiné qui raccroche en plein dans le mille
Souvenirs des imperfections
Et de leurs trop lourdes implications
L’histoire des larmes sur le visage d’un enfant
Et de toutes les douleurs obscures de mon sang
N’avoir plus d’autre mission
Que celle unique de la raison
Comme ces vieux artistes épuisés et découragés
Sangloter dans le rideau rouge des scènes oubliées
Inutiles adieux en prémonition
La fin des mots en procréations
Et cette douce souffrance réparatrice du temps
Qui viendra me recouvrir demain où dans mille ans

Cela rime avec démission
Avec toutes mes salutations

THE END

Publié le Lundi 26 novembre 2007 à 07:08
Par Frédéric Lefèvre
Un tien vaut mieux que d'eux tu n'auras
j'ai peur, j'ai mal et je pleure la nuit
où sont ces respirations d'un hier consumé ?

Des ombres qui dansent au loin là-bas
petites silhouettes réfugiées dans l'oubli
immobile l'infidèle et son Dieu défiguré

tant de raisons
et de passions
mes deux saisons
à jamais sont


Deux liens qui courent sur la route
deux issues sans rien dire à personne
Regarde ma vie a des envies que je vis

Et les kilomètres des coeurs qui doutent
tous ces voyages en moi qui fredonnent
les yeux fermés plongés dans l'infini

tant de raisons
et de passions
mes deux saisons
à jamais sont


Trois puisque eux et moi nous sommes
même ailleurs, même absent, même amour
m'envoler encore et être toujours ensemble

J'ai inventé cette fusion cela t'étonne ?
Les avoir dans mes bras une heure ou un jour
mes enfants et tant de ferveur que j'en tremble

tant de raisons
et de passions
mes deux saisons
à jamais sont
Ma photo
SCENARYO
Trafic
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