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Publié le Jeudi 21 février 2008 à 10:00
Par Frédéric Lefèvre
Un deux étroit La vague lente du temps sur nous, montre son doigt Vous comptez sur qui pour qu’un ne fasse plus trois ? Un deux effroi De nos yeux monte l’amour d’eux en nous, en moi Un père, une mère, trois frères, tous maladroits Un deux j’ai froid Se sentir seul, abandonné, les cendres d’un endroit Tu le trouves comment le goût de ton désarroi ? Un deux trois frères Du même père, de la même mère et tous contraires Incapable de pardonner dans ce relent funéraire D’un feu, trois frères Brûlent nos croyances et nos épreuves arbitraires De nos cœurs le sang, sentiment d’en extraire Père, mère trois frères Je ne suis rien sans eux, sans vous, tant d’éclairs La vérité naîtra de notre sœur, la volonté du solaire Voici venu le temps du pardon, celui qui ronge ma vie et certainement la vôtre. Ce cadeau que je n’ai pas voulu offrir à notre mère. Elle qui voulait nous voir réunis. Elle qui nous savait déchirés. J’ai dit non, car j’ai dit la vérité. Et sur son lit de mort je ne lui ai offert que l’espoir qu’un jour je reviendrais vers vous. Ce jour là arrive. Ce jour si long si dur et si puissant. Ce jour là vient en moi. Ira-t-il jusqu’à vous… ? Sur son lit de mort elle m’a regardé, les larmes aux yeux, et dans cette fermeté qui est en moi j’ai pourtant dit « non maman je ne peux pas pardonner » Je n’aurai pas la bêtise d’étaler ici ce que je vous reproche car si, je sais ouvrir les portes, quand d'autres aujourd'hui savent les refermer. Je sais aussi en altérer le souvenir douloureux. La vie nous a projeté dans le rôle d’orphelins, famille éclatée, sans unité, sans conjuger le verbe aimer. Et nous nous sommes croisés par deux fois, deux fois tragiques quand la mort a frappé notre cœur qui se croyait mort lui aussi. Par deux fois nos yeux se sont croisés au dessus du cercueil de celui ou celle qui nous ont unifiés puis séparés. Ainsi va la lourde chape de pierre qu’il nous faut soulever aujourd’hui. J’ai cette sensation de ne plus être rien sans eux. Alors voilà, nous sommes quatre et quatre... peut faire un.
Publié le Lundi 04 février 2008 à 09:06
Par Frédéric Lefèvre
Publié le Dimanche 27 janvier 2008 à 07:19
Par Frédéric Lefèvre
J'ai dans les mains la providence le son des lunes et les saveurs imaginaires
J'ai le matin cette douce présence ni un ni une juste un auteur sur la terre
 The happening le prochain film de M. Night Shyamalan
Publié le Mercredi 23 janvier 2008 à 20:30
Par Frédéric Lefèvre
C'est comme déchirer l'histoire, comme rejoindre un point de départ. Dans les brumes d'un autre siècle essayer d'y voir plus clair et devenir malgré tout l'ombre du temps, seul au milieu de ce brouillard je retrouve des miettes d'une famille. Bousculé entre les odeurs et les images, noyé dans un flou artistique aux saveurs hypnotiques. Le conflit de cet homme qui, plus il avance, plus son âme s'exile pour atteindre l'enfant qui pleure en lui. J'ai cette impression de grimper dans un arbre généalogique avec cette angoisse de tomber, de me faire mal et même de mourir un peu, là, au fond d'un moi qui s'évapore. Les yeux grand ouverts, la peur au ventre, je me retrouve au fond de cette glaise, rampant comme un ver de terre pour rattraper mes racines. Je croyais que je m'élevais vers le haut alors que mes mains creusaient sans le savoir cette terre d'un temps perdu.
C'est l'histoire d'une famille dans un miroir, l'histoire coupable d'un enfant qui a oublié d'entrer dans le corps de celui qu'il devait être. L'histoire fabuleuse d'un petit bout d'homme qui regarde ses mains. Des mains qui ne lui appartiennent plus, les lignes d'une destinée gravée avec violence et douceur dans sa paume. Voir dans ce miroir la belle image d'une photo de famille, l'amour de ce que cela aurait pu être...
C'est dans un autre siècle, qu'un homme et une femme ont eu cette ténébreuse idée. L'homme que je suis aujourd'hui sursaute. L'enfant dans son hier de forteresse, se retourne, cherchant vainement sa responsabilité. C'est alors qu'une lumière brille en moi, dans cette idée abjecte, dans cette nuit qui m'étouffe, je m'enveloppe dans ces quatre mots. Les parents d'un suicide. Je n'ai plus de larmes et j'ai perdu mon envie de pleurer dans cette vie faite de la tombe des autres. Alors pourquoi cet homme qui fût mon père a-t'il prononcé ces mots terribles ? Comment a-t'il pu ne serait qu'imaginer cette issue ? Là, devant elle, avec elle, cette mère partie avant lui sur ce chemin qui est le sien aujourd'hui. Un siècle différent, l'éternité d'un temps qui transperce mon identité. Apprenant la maladie de celle qu'il aimait, il a cette douce et fausse idée de mourir avec elle dans un suicide réunificateur. Cette lumière qui brille en moi n'est pas cet attrait pour le suicide, non, c'est l'image de cet amour éblouissant d'un homme pour sa femme. L'image resplendissante d'un père et d'une mère qui partagent cet amour dans une ardeur qui ressemble à ces plus beaux testaments couchés sur des feuilles d'argents. J'ai cette image en moi, cet amour qui brûle en moi, cette lumière qui m'enveloppe encore pour me dire...
Tu vois, tu es notre fils et l'amour est un bien fabuleux que l'on croit connaître et reconnaître. Ne te perd pas au jeu de ce que tu crois être. N'écoute pas trop longtemps ces peines qui rongent ta vie. Moi ton père, je t'ai aimé bien plus que tu ne pourras jamais l'imaginer. Moi ta mère, je t'ai donné cette fusion des autres pour notre éternité à tous. Nous t'aimons et ce petit garçon il va bien falloir que tu viennes le chercher maintenant.
Ainsi va celui qui retrouve ses larmes pour s'avancer vers ceux qui ont sublimé un drame.

Publié le Jeudi 17 janvier 2008 à 11:28
Par Frédéric Lefèvre
| | | | J’ai cru à cette solitude nourricière, j’ai voulu être Robinson sans Crusoé. J’ai cru que la solitude était mon seul et unique refuge. J’ai même cru que je ne savais pas être aimé et que je n’aimerais jamais. J’ai cru que l’on pouvait vivre sans eux. J’ai cru tant de choses qu’aujourd’hui j’ai du mal à ouvrir les yeux. Fatigué, presque résigné, ces sentiments qui se bousculent contre les parois de ma vie, toutes ces cellules d’hommes et de femmes qui s’effacent en moi. J’ai peur de les perdre, perpétuelle angoisse de les oublier.
J’ai vu la guerre des hommes, leurs sangs coulant dans les racines du temps. J’ai vu cette misère dans laquelle nous avons construit notre contemporain. J’ai vu, j’ai subi et j’ai participé à la folie des humains qui ne veulent que pouvoirs et puissances.
J’ai voulu anéantir mon identité. Je me suis enterré vivant au milieu des morts, écoutant leurs fins d’âmes, leurs vies qui s’échappent. J’ai voulu me sentir plus mort que les vivants. J’ai voulu me sacrifier et me punir de ne pas savoir être un homme. Des siècles et des siècles d’un long chemin sans croix, sans moi et sans aucun choix. Subir ce que je croyais être une déchéance de mon corps et de tout ce qui fait mon moi. J’ai voulu ne pas être, alors que plus j’avançais plus je devenais, et plus je devais dépasser cette lourde souffrance qui fait de notre matière vitale la source de notre existence.
J’ai cru, j’ai vu et j’ai voulu mais dans mes lendemains il y a ces mêmes saveurs froides d’un temps révolu. J’ai cru et j’ai oublié d’entendre la vérité en moi. Pourtant je ne suis ni pauvre ni à plaindre car dans cette misère j’ai entendu cette voix d’enfant qui, au fond de moi, me parlait pour que dans le noir je trouve mon chemin. J’ai vu le sombre et le bon. J’ai vu le bien du mal. J’ai vu cette douce pente du mal vers le bien. Et plus que tout je n’ai rien vu du tout. J’ai vu ce que je voulais voir et je n’ai pas encore vu ce que mon cœur entend de voir. Voir cet enfant entre son père et sa mère, main dans la main, paisible fusion d’un petit garçon qui va devenir, mais hélas, cela je ne l’ai pas vu. Jusqu'à perdre tous les miens, piétinant les souvenirs d’une vie en découvrant l’amour des autres…mais trop tard, voilà ce qui fait de moi celui qui n’a rien vu. Tout ce que j’ai voulu continue d’être en moi comme ces réserves de vies qui je dissémine dans le vent des autres pour nourrir l’espoir du vouloir. Oui j’ai voulu, j’ai voulu tant de choses que ce qui bat en moi a fini par graver cette mélodie que toutes les énergies chantent.
Les deux genoux sur cette terre trempée par tant d’infamie, je laisse la pluie m’envahir. J’ai cru, j’ai vu et j’ai voulu, voilà ce qui fait de moi un homme à l’envers au milieu de toutes ces pierres. | | |
Publié le Lundi 14 janvier 2008 à 11:02
Par Frédéric Lefèvre
IL ETAIT DEUX FOIS La mort a cette délicate attention de vous ramener à un point de départ. Revenir et recommencer à nouveau. Celui qui reste doit donc reproduire ce gage d’amour, enfermé dans un carcan fait de doutes et d’angoisses. IL ETAIT DEUX FOIS 26 septembre 2006, après des mois d’un ballet orchestré par une majestueuse force de vivre, j’ai lu, j’ai tenu cette dignité, pour elle et pour que mes mots soient justes et cohérent… puis elle fut enterrée IL ETAIT DEUX FOIS 12 janvier 2008, réunis dans la même chambre mortuaire, autour d’un cercueil similaire, nous sommes tous là, les mêmes comédiens jouant le même rôle déchirant. Et dans cette boîte faite de bois et de tissu, il y a cet homme. L’ombre de celui qui vient de partir, la peau irréelle, le visage fermé dans son éternité. IL ETAIT DEUX FOIS Quand l’un nous apprend le combat de la vie contre la douleur, l’autre nous donne en cadeau l’image d’un homme bon, souriant, jovial. Deux talents, deux surprises, deux façons de mourir… deux âmes pour n’en faire qu’une seule et unique raison de les pleurer. IL ETAIT DEUX FOIS Deux textes et deux moi face à un auditoire conquis d’avance. J’ai eu samedi cette si lourde charge de commencer une cérémonie larmoyante mais pleine d’amour. Monter les quelques marches en essayant de faire le vide en soi. Ouvrir son cœur et fermer son corps, alors que quelques minutes auparavant, juste avant d’entrer dans l’église, mes yeux me lâchent, mon cœur explose et je pleure… Une Loulène vient pour me donner ce bout de force qui me manque. À l’instant où je déplie l’hommage fait à mon père je retrouve la dignité du comédien qui doit dire son texte et le faire vivre dans les yeux de l’autre. Chaque mot coule en moi vers eux, la lecture me paraît longue et je vois venir cette fin périlleuse qui, à chaque lecture, me faisait pleurer. Et les phrases s’enchaînent et mes souvenirs pour lui se déchaînent Puis viennent ces mots : « Quatre et quatre pour tout notre amour ». Et je vois devant moi un précipice dans lequel je peux tomber. Un temps, je m’arrête, un temps que je trouve interminable mais dans lequel je reconstruis l’âme d’un Fred qui s’évapore ailleurs. Ce goût amer dans la gorge et ces yeux qui trahissent encore ma peine. Je finis par énoncer « Dire je t’aime pour toi, pour toujours ». Et je me retrouve entre mes enfants, libéré d’un amour pour celui qui fut mon père et qui restera celui qui va nourrir cet auteur tapis en moi… tout comme une certaine femme dont je sens encore la caresse sur ma chevelure d’enfant.
Publié le Samedi 12 janvier 2008 à 09:00
Par Frédéric Lefèvre
Il y a des mots que l’on ne trouve jamais, il y a des sentiments cachés qui nous envahissent, toutes ces sensations venues d’une enfance que l’on croyait oublier… Quatre enfants et quatre petits enfants sont réunis aujourd’hui avec vous tous, pour rendre à leur père et à leur grand-père ce morceau d’amour qui nous manquera à jamais. Raymond. Papa. Je peux te le dire maintenant en les regardant là devant moi. Nos cœurs n’ont pas su auparavant dire ces mots d’amours, mais je sens en eux, comme en moi cette envie d’ouvrir cette vérité éternelle, cette vérité paternelle.
Les mots unanimes de quatre baptêmes La fusion patronyme d’un seul anathème Toutes nos mains tendues vers toi Toutes nos pensées nos désarrois Sans savoir comment nous allons faire Sans toi, sans elle sans trace sur terre Toi et maman vous êtes partis si vite L’un sans l’autre telle une épreuve initiatique Quatre et quatre pour tout notre amour Dire je t’aime pour toi pour toujours
Publié le Lundi 07 janvier 2008 à 23:26
Par Frédéric Lefèvre
C’EST L’HISTOIRE D’UN CORPS QUI S’ETEINT La quintessence des ultimes pensées, voilà ce qui m’est venu durant les premières heures de cette matinée. Chacun d’entre nous construit et fait naître un blog pour une raison plus ou moins évidente. Je n’ai jamais caché comment SCENARYO était né et je n’en ai jamais fait une unique raison et surtout la quête d’un misérabilisme souvent plus destructeur que constructeur. C’EST L’HISTOIRE D’UN CORPS QUI S’ETEINT Perdre ma maman m’a permis de pouvoir me battre tout en prenant des décisions dures mais réalistes, et à aucun moment je n’ai voulu déverser ici des textes aux allures sombres et négatives, n’en faire qu’une source de morceaux de vies dépressives. Tout ceci pour deux raisons essentielles ; premièrement ma Maman s’est battue corps et âme pour vivre et deuxièmement derrière mon apparence d’auteur inquiet, il y a une force qui brûle en moi. Cette force que j’utilise pour les autres et pas assez pour moi. C’EST L’HISTOIRE D’UN CORPS QUI S’ETEINT Vagues et vagues les unes derrière les autres comme des corps allongés que la mort oublie d’emporter et moi traversant ce nouveau couloir mortel. Toutes ces âmes qui se battent contre les vertus enivrantes du côté lumineux. Moi et ma petite blouse bleue, les mains enduites d’un liquide antiseptique et les souvenirs qui remplissent mes yeux. Là juste là, au-dessus comme si elle volait au-dessus de moi, comme s’il devait mourir au même endroit, à quelques mètres de celle qui fut sa femme. C’EST L’HISTOIRE D’UN CORPS QUI S’ETEINT Mélange d’une rencontre qui fait de moi un Prince. Le Prince de la plus belle des Princesses. Dans ses yeux de femme je vois la vie, je sens un aujourd’hui embué de toutes ces saveurs qui font de moi un morceau de famille. Et cette femme de ses mots si doux, fait de moi un Prince charmant, charmant je ne sais, mais charmé, oui je le suis par cette dame. Et de ces mots-là, union d’un hier et d’un aujourd’hui, je plonge dans ses yeux d’une puissance réjouie et j’entends ce qui pour moi fut, est, et sera à jamais ma supplique, la prière des prières et mon oraison du moment « N’oublie pas tout ce que je ne t’ai pas dit ». C’EST L’HISTOIRE D’UN CORPS QUI S’ETEINT Ce corps secoué par les affres d’un cerveau en perdition, comme si la vie se jouait de lui et de nous pour nous faire croire qu’il n’est plus là mais qu’il pourrait être encore. Alors je reprends la route dans ce qui est et restera une angoisse. Les vibrations d’un téléphone qui un jour ou bien cette nuit sonnera pour dire « c’est fini ». La vie sera partie, il fera son chemin et pourra reprendre sa destinée sans ce corps cassé, usé, dilapidé par une maladie dégénérescente. Voilà mon père tu peux y aller. Va et le petit garçon qui est en moi fera son chemin aussi et il pardonnera ce qu’il est. C’EST L’HISTOIRE D’UN CORPS QUI S’ETEINT Il y a des journées longues comme de ces marques immondes, des heures à attendre, l’ultime souffrance de perdre celui qui fut mon père. Ainsi soit-il mon ami, la vie se joue de moi, de lui, de nous pour qu’enfin nous acceptions ce que nous sommes vraiment. Des êtres vivants. Tu sais quoi papa… eh bien je crois bien que je t’aime et que oui, je suis bien fier d’être un morceau de toi, alors là où tu es, tu peux partir avec ces jolis mots de moi pour toi. 
Publié le Mardi 01 janvier 2008 à 18:10
Par Frédéric Lefèvre
Deux plumes qui volent Et je m’envole au-delà des anges C’est la vie qui rentre en moi C’est la vie qui tente les rois C’est comme le jour d’un réveil comme entendre l’autre monde Crier ses premiers mots, la chaleur d’une lumière dans les yeux Je suis né, j’ai vu et j’ai entendu les bruits de tous ces cœurs vides Dépasser les sensations cruelles des croyances immondes Je l’ai aimée cette vie d’enfant seul et pourtant si nombreux La peur au ventre et toutes les envies d’un petit garçon si intrépide Le froid des deux pôles Et je m’envole vers cet étrange Tout là haut je crois en moi Tout là haut je vois en toi
Car aujourd’hui I am Tout au fond du jardin de ma vie Les portes de l’éternité s’ouvrent Les tout d’un fou for you Les veux d’un je pour eux Car aujourd’hui mon âme
Survole les cycles sans aucun souci Ciel, zénith, paradis tu trouves
Aujourd’hui dans mes mots I am Paresse d’un univers sans drame Tout les oui d’une supplique I am Par amour pour vous mesdames J’ai été, je serais and forever I am Recevez ces écrits d’un télégramme D’un verbe être en moi pour un I am Le jeu de la vie amstramgrame Dans le ciel je suis and I am Dans vos vies de femmes I am
Publié le Vendredi 28 décembre 2007 à 09:47
Par Frédéric Lefèvre
Trois petites dates et puis moi Trois étroit dans mon cœur Si peur de ne pas me l’avouer Trois amours et tant d’endroits Trois dont toi mon bonheur Si peur des nuages du passé
Trois petites dates et puis moi
Trois cents ans de traces sur terre Si les vies guidaient nos pas Trois fois quinze mais maladroit Trois ou treize et tant de mystères Si je suis, c’est ici et toujours là
Trois petites dates et puis moi
Trois étoiles pour un seul noël Si de là haut elle me regarde Troisième, maman, sans toi Trois, froid, croix, éternels Si tous les anges bavardent
Trois petites dates et puis moi
Trois fois l’infini de nos vies Si 2008 brille déjà en nous Trois cents jours aussi pour toi Trois, moi et toutes mes envies Finis les si d’un amour oui fou
Publié le Mercredi 19 décembre 2007 à 13:09
Par Frédéric Lefèvre
Deux univers, comme deux parallèles, deux vies pour un seul homme. Chaque matin est différent, même si les années passent, elles me donnent à chaque fois cette sensation d'évoluer. UNE POMME BEAUCOUP TROP VERTE mon premier roman, naïf et mal écrit, remonte en moi. L'envie de le lire à haute voix et d'en puiser cette source devenue intarrissable. LITTLE NIOUZES DE L'AUTEUR. Ce personnage historique est en moi. Les premières images d'un scénario, les scènes qui apparaissent et cette généreuse sensation de vivre avec lui. Alors quand vient sa mort, quand viennent ces mots à lui, je deviens l'auteur que j'aime tant être avec cette émotion si touchante et si captivante qui me fait vivre des instants magiques. Pour l'instant pas de décision, ni pour, ni contre, juste ces quelques mots sur LE DERNIER HOMME A MOURIR « L'atmosphère est de suite saisissante ! » Je continue d'égrener les kilomètres et de plonger corps et âme dans l'Histoire. 2007 termine sa douce et terrible marque mais le mélange qui en découle a cette saveur inconnue des jours rêvés.

Publié le Vendredi 07 décembre 2007 à 10:53
Par Frédéric Lefèvre
«Se souvenir de la magie d'une vie, l'essentiel d'être moi c'est de vouloir regarder en toi» Voilà la première phrase qui m'est revenue quand j'ai ouvert les yeux. Un drôle de cocktail d'homme en noir, de menace intérieure et de dialogues absurdes remplissaient encore mon esprit. Je me savais un peu illuminé, un auteur décalé, sorte d'extra-terrestre déjanté qui délivre son message au compte-goutte... Mais alors là, le kidnapping nocturne pour sauver le monde, j'avoue que mon originalité créative ne me l'avait pas fait depuis longtemps !
Une analyse rapide m'a permis de comprendre que, premièrement j'étais assis comme dans mon délire. Deuxièmement, j'étais dans un véhicule en mouvement, comme dans mon délire. Et, troisièmement, avec la lumière du plafonnier qui revenait, quelqu'un était assis à coté de moi... comme dans mon délire. Conclusion, je n'en avais pas fini avec cette aventure hors du commun.
Il était toujours là, à coté de moi, veillant sur ma sécurité dans un silence quasi obsessionnel. Celui-là même qui m'a pris en charge depuis quelques heures, « mon men in black à moi ». J'ai très vite compris que je n'en tirerais pas grand chose. Pas qu'il soit désagréable, non, juste un manque de dialogue assez chronique. Les quelques réponses que j'avais pu avoir de lui durant cette longue nuit furent, au choix : « affirmatif », « trop dangereux », et ma préférée, « vous ne craignez plus rien ». J'aurais pu vous décrire le paysage mais dans le véhicule j'étais comme dans un cocon, aucun bruit, aucune possibilité de voir ni l'extérieur ni même le chauffeur, rien d'autre que la compagnie du molosse tout de noir vêtu.
MOI : Dites moi... j'ai une chance de m'en sortir ?
HOMME 1 : Vous ne craignez... (puis il porte la main à son oreillette) Bien ! Monsieur Lefèvre je vais me permettre de vous poser une question... Ce n'est pas la première fois que vous vivez cette situation n'est-ce-pas ? (puis voyant que je cherchais vainement un souvenir) Non ce n'est pas la première fois car il ne s'agit pas de la première menace non plus. Reprenez confiance, pas en moi, ni même en lui... reprenez confiance en vous !
Je m'étais tellement habitué à son silence que là il venait en quelques mots de déverser en moi une tonne d'informations.
HOMME 1 : Nous sommes bientôt arrivés.
La menace est en moi. La menace vient de l'intérieur. Tout comme pouvait l'être le dernier des desperados je me sens vide et si seul dans cet espèce de mauvais rêve. Le dernier gringo, la poussière en moins, les idéaux évanouis en plus. Je suis ce mauvais cowboy qui pense plus vite que son ombre mais qui souffre à chaque mouvement, l'homme le plus lent du monde. Nous sommes arrivés où ? Et pourquoi autant d'égards pour moi ?
En ouvrant la portière, j'ai vu cet immense décor naturel, au milieu de nulle part, entouré de petites collines, comme dans une vallée, c'était encore la nuit mais je n'avais pas froid.
MOI : Pourquoi je suis là ?
HOMME 1 : C'est le moment de faire le point avec lui.
Et j'ai senti en moi cette volonté d'aller voir plus loin. Peu de livres sont aussi doux et généreux que celui qui se trouvait dans les mains de cet homme. Celui qui, il y a quelques heures, m'avait effectivement promis de faire un premier point.
MOI : Vous allez enfin m'en dire plus...
LUI : Vous dire ce que vous savez déjà ? Ou bien confirmer cette petite lueur qui brille en vous ? Ou bien encore, vous prouver que cette menace qui vous grignote les entrailles de l'intérieur, vous construit plus fort encore? Il n'y a pas plus d'homme en noir que de porte qui vous appartient. C'est à vous de jouer maintenant !
MOI : La menace c'était... mes désillusions ?
LUI : Beau texte d'ailleurs, « Comme ces vieux artistes épuisés et découragés. Sangloter dans le rideau rouge des scènes oubliées », l'image bien que terrible était touchante.
« Des illusions, désillusion » n'était qu'un simple article écrit dans la détresse d'un moment déchirant pour dire stop à un devenir. LUI : « Et cette douce souffrance réparatrice du temps, qui viendra me recouvrir demain ou dans mille ans », naïf mais belle rime. Vous connaissez cette scène dans les films où un homme et une femme se rejoignent doucement pour ce retrouver dans les bras? Vous avez eu la chance d'avoir votre film... non ? Alors maintenant il est temps d'y mettre les mots dessus et d'ouvrir votre livre. La promesse d'une confiance, ce n'est pas simplement croire que c'est possible, mais plutôt de remarquer que le film est déjà commencé. Je vais maintenant rejoindre une femme qui me parle souvent de vous et qui vous a offert bien plus que la vie.
Il a refermé ce livre et j'ai regardé cette route devant moi. Les kilomètres qui défilent, les sources imperceptibles et les empreintes d'une famille. Ne plus jamais confondre civile et divine...Des illusions, des passions.
Publié le Vendredi 30 novembre 2007 à 20:11
Par Frédéric Lefèvre
Des coups répétés sur la porte de l'entrée puis la sonnette qui retentit. J'ai l'impression d'être dans un état vaporeux, la tête ailleurs, le corps ici et l'âme en sursis. Et les coups qui continuent sur la porte toute neuve de l'entrée. Une porte blanche, trois points de sécurité, une petite vitre opaque, une poignée solide, le tout résistant aux multiples impacts d'une main impétueuse. Je me lève enfin en essayant de trouver une attitude agressive pour répondre à l'attaque. L'assaillant ne comptant pas cesser ses appels je me résouds à extraire ma carcasse. J'enjambe le corps allongé à mes côtés. Et je me retrouve devant la-dite porte en caleçon, hirsute, sans avoir pris le temps de regarder l'heure, d'ailleurs je n'ai même pas allumé la lumière. Sans peur et sans reproche au milieu d'une nuit froide, j'ouvre la porte de ma maison et je découvre deux hommes devant moi. Costume noir, style « men in black ». Le plus proche de moi me dévisage, pas plus surpris que ça de me trouver dans un état proche du chaînon manquant ! L'autre, un peu en retrait, surveille les fenêtres de l'étage et ne jette sur moi qu'un vague coup d'oeil.
HOMME 1 : Vous êtes bien monsieur Lefèvre ?
MOI : Hein heu oui mais vous avez vu...
HOMME 1 : Sécurité civile.
A ce moment-là il claque des doigts et je vois quatre hommes entrer, laissant mon surveillant de fenêtre avec l'un de ses collègues faire le planton pour garder ma porte neuve. L'un d'entre eux me pousse amicalement à l'intérieur et referme la porte sur lui. Je suis chez moi, il est je ne sais pas quelle heure et il a deux types qui gardent ma maison comme s'il s'agissait d'une ambassade. En me retournant, celui que je détermine être le chef continue de me dévisager. Je cherche vainement les trois autres qui se sont évaporés.
MOI : Heu où sont les...
HOMME 1 : Nous avons peu de temps et je préférerais aller droit au but !
MOI : Bien sûr... mais...
HOMME 1 : La menace à laquelle nous avons à faire se présente d'une manière différente ! Vous avez de quoi vous habiller ?
MOI : La quoi ?
En ramenant sa manche vers sa bouche.
HOMME 1 : emballage et extraction !
Le con est équipé comme les gardes du corps moyens, une oreillette reliée à ses collègues invisibles.
MOI : Excusez-moi, vous êtes armé ?
Sans me répondre il soulève sa veste et me laisse entre-apercevoir un flingue que même Clint Eastwood n'a jamais eu entre ses doigts. Je n'ai pas le temps de me faire le moindre souci car les hommes invisibles sont de retour. Un sac noir s'ouvre devant moi et me voilà habillé aussi tout en noir, royalement vêtu, avec moins de douceur qu'un roi mais avec une dextérité extraordinaire. Et là dans mon esprit, comme un magnéto qui revient en arrière, je retrouve une information bizarre qui ne m'a pas frappé au début.
MOI : Dites-moi, je peux vous demander qui vous êtes ?
En retirant de la poche de sa veste lourdement armée une carte illisible.
HOMMES 1 : Sécurité civile, nous allons pouvoir y aller !
MOI : Sécurité civile ?
HOMME 1 : Si vous voulez.
Je me tourne vers le lit dans lequel je dormais par terre dans le salon, il est vide, vide tout comme je dois l'être pour supporter d'une manière finalement assez détachée tout ceci. Cet espèce de film américain qui me tombe dessus.
MOI : Si vous m'en disiez plus sur cette menace, je pourrais être moins largué ?
Oui, j'ai opté pour l'acceptation, sans vraiment chercher à comprendre pourquoi ce vent de panique autour d'une pseudo menace dont je serais la victime.
HOMME 1 : Nous n'avons plus trop de temps et vous connaissez la situation mieux que moi. Vous n'avez plus rien à craindre !
MOI : Bien sûr !!!?? Et vous m'emmenez où ?
HOMME 1 : Dans un lieu sûr loin d'ici !
MOI : Et juste pour information, nous éviterons quel type d'attaque?
HOMME 1 : Comme je vous l'ai dit, vous n'avez rien à craindre.
MOI : Vous savez que je ne suis pas Président de la république ni un personnage célèbre?
Il me dévisage à nouveau sans l'ombre d'un sourire, cherchant visiblement le pourquoi de ma question.
HOMME 1 : Nous perdons du temps et nous n'avons pas le loisir de nous amuser !
MOI : (en m'énervant) Ok alors on va gagner du temps, je suis bien gentil mais là vous commencez à me gonfler! C'est quoi cette menace ?
HOMME 1 : Monsieur Lefèvre, je vais être très clair et nous allons effectivement gagner du temps, nous allons sortir et vous extirper d'ici dans trente secondes, ok? Et pour la menace, ce n'est pas "quoi" mais "qui", c'est plus clair là ?
Hein ??? Quoi??? C'est quelqu'un qui m'en voudrait au point d'avoir une dizaine d'homme en noir à mon service. Je me demande s'il ne se trompe pas de Lefèvre. J'ai presque envie de lui dire : « dis Monsieur, tu sais que moi je suis quelqu'un qui écrit dans l'ombre, tu vois je suis juste un scénariste, rarement attaqué par des terroristes » Je réfléchis, je ne pense pas avoir écrit des textes qui pourraient être répréhensibles. J'ai tant d'idées qui m'assaillent que je finis par avoir peur pour ma sécurité. Ils vont finir par me faire croire que tout ceci n'est pas une farce, et qu'il s'agit bien de la sécurité de l'Etat. En essayant de reprendre mon calme je me tourne vers mon interlocuteur.
MOI : Je peux connaître l'identité de celui qui m'en veut ?
HOMME 1 : 10 secondes, vous êtes prêt ? La menace, Monsieur Lefèvre, vient de l'intérieur.
Il tourne la tête vers ses collègues qui préparent notre départ imminent.
MOI : De l'intérieur... ?
HOMME 1 : Oui de l'intérieur ! De l'intérieur, là.
Et dans un geste simple et grave il me montre du doigt.
HOMME 1 : La menace est à l'intérieur de vous M. Lefèvre !
J'aurais pris un coup de poing dans l'arcade sourcilière ou une balle de son flingue dans le ventre que je n'aurais pas plus perdu les pédales. Je me suis senti « accompagné » dehors. J'ai vu plusieurs hommes l'arme au poing surveillant tout autour de moi comme si quelqu'un voulait me tuer. J'ai vu une voiture s'ouvrir et je me suis laissé pousser à l'intérieur. J'ai vu tous les hommes entrer dans leurs véhicules, les portières coulissantes ouvertes laissant leurs armes prêtes à répondre à toute attaque. J'ai vu le convoi partir avec moi dedans. Et là, juste à coté de moi, assis dans la voiture, un homme me regarde avec un sourire et une sérénité remarquables.
LUI : Monsieur Lefèvre, j'espère que mes hommes vous ont bien traité. Vous ne risquez plus rien, vous pouvez vous détendre. La menace est maintenant contenue et dans quelques heures nous allons pouvoir faire un premier point.
Avant même que je lui pose une première question, tous les véhicules s'arrêtent et mon hôte sort de la voiture précipitamment.
LUI : Bon voyage Monsieur Lefèvre.
Et à son tour il disparaît dans un autre véhicule. En quelques secondes le chef des opérations prend sa place et le convoi repart aussi vite que possible. Je reste complètement éberlué.
HOMME 1 : Vous avez de la chance... il ne se déplace que très rarement.
De la chance ? J'ai de la chance ? Elles sont où les caméras et le vrai responsable de tout ce merdier ?
MOI : C'était qui, lui ?
Pour la première fois un léger sourire apparaît sur son visage, rapide mais c'était un sourire tout de même.
HOMME 1 : Vous êtes drôle, je crois que nous allons bien nous entendre.
Voilà où j'en suis depuis cette nuit. La menace me semble effectivement écartée et je me demande même comment je peux avoir ce genre d'idées saugrenues. Je vous donnerais de mes nouvelles si mes gardes du corps me le permettent.
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