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Publié le Vendredi 07 décembre 2007
Par Frédéric Lefèvre

«Se souvenir de la magie d'une vie, l'essentiel d'être moi c'est de vouloir regarder en toi» Voilà la première phrase qui m'est revenue quand j'ai ouvert les yeux. Un drôle de cocktail d'homme en noir, de menace intérieure et de dialogues absurdes remplissaient encore mon esprit. Je me savais un peu illuminé, un auteur décalé, sorte d'extra-terrestre déjanté qui délivre son message au compte-goutte... Mais alors là, le kidnapping nocturne pour sauver le monde, j'avoue que mon originalité créative ne me l'avait pas fait depuis longtemps !


Une analyse rapide m'a permis de comprendre que, premièrement j'étais assis comme dans mon délire. Deuxièmement, j'étais dans un véhicule en mouvement, comme dans mon délire. Et, troisièmement, avec la lumière du plafonnier qui revenait, quelqu'un était assis à coté de moi... comme dans mon délire. Conclusion, je n'en avais pas fini avec cette aventure hors du commun.


Il était toujours là, à coté de moi, veillant sur ma sécurité dans un silence quasi obsessionnel. Celui-là même qui m'a pris en charge depuis quelques heures, « mon men in black à moi ». J'ai très vite compris que je n'en tirerais pas grand chose. Pas qu'il soit désagréable, non, juste un manque de dialogue assez chronique. Les quelques réponses que j'avais pu avoir de lui durant cette longue nuit furent, au choix : « affirmatif », « trop dangereux », et ma préférée, « vous ne craignez plus rien ». J'aurais pu vous décrire le paysage mais dans le véhicule j'étais comme dans un cocon, aucun bruit, aucune possibilité de voir ni l'extérieur ni même le chauffeur, rien d'autre que la compagnie du molosse tout de noir vêtu.


MOI : Dites moi... j'ai une chance de m'en sortir ?


HOMME 1 : Vous ne craignez... (puis il porte la main à son oreillette) Bien ! Monsieur Lefèvre je vais me permettre de vous poser une question... Ce n'est pas la première fois que vous vivez cette situation n'est-ce-pas ? (puis voyant que je cherchais vainement un souvenir) Non ce n'est pas la première fois car il ne s'agit pas de la première menace non plus. Reprenez confiance, pas en moi, ni même en lui... reprenez confiance en vous !


Je m'étais tellement habitué à son silence que là il venait en quelques mots de déverser en moi une tonne d'informations.


HOMME 1 : Nous sommes bientôt arrivés.


La menace est en moi. La menace vient de l'intérieur. Tout comme pouvait l'être le dernier des desperados je me sens vide et si seul dans cet espèce de mauvais rêve. Le dernier gringo, la poussière en moins, les idéaux évanouis en plus. Je suis ce mauvais cowboy qui pense plus vite que son ombre mais qui souffre à chaque mouvement, l'homme le plus lent du monde. Nous sommes arrivés où ? Et pourquoi autant d'égards pour moi ?


En ouvrant la portière, j'ai vu cet immense décor naturel, au milieu de nulle part, entouré de petites collines, comme dans une vallée, c'était encore la nuit mais je n'avais pas froid.


MOI : Pourquoi je suis là ?


HOMME 1 : C'est le moment de faire le point avec lui.


Et j'ai senti en moi cette volonté d'aller voir plus loin. Peu de livres sont aussi doux et généreux que celui qui se trouvait dans les mains de cet homme. Celui qui, il y a quelques heures, m'avait effectivement promis de faire un premier point.


MOI : Vous allez enfin m'en dire plus...


LUI : Vous dire ce que vous savez déjà ? Ou bien confirmer cette petite lueur qui brille en vous ? Ou bien encore, vous prouver que cette menace qui vous grignote les entrailles de l'intérieur, vous construit plus fort encore? Il n'y a pas plus d'homme en noir que de porte qui vous appartient. C'est à vous de jouer maintenant !


MOI : La menace c'était... mes désillusions ?


LUI : Beau texte d'ailleurs, « Comme ces vieux artistes épuisés et découragés. Sangloter dans le rideau rouge des scènes oubliées », l'image bien que terrible était touchante.


« Des illusions, désillusion » n'était qu'un simple article écrit dans la détresse d'un moment déchirant pour dire stop à un devenir.


LUI : « Et cette douce souffrance réparatrice du temps, qui viendra me recouvrir demain ou dans mille ans », naïf mais belle rime. Vous connaissez cette scène dans les films où un homme et une femme se rejoignent doucement pour ce retrouver dans les bras? Vous avez eu la chance d'avoir votre film... non ? Alors maintenant il est temps d'y mettre les mots dessus et d'ouvrir votre livre. La promesse d'une confiance, ce n'est pas simplement croire que c'est possible, mais plutôt de remarquer que le film est déjà commencé. Je vais maintenant rejoindre une femme qui me parle souvent de vous et qui vous a offert bien plus que la vie.


Il a refermé ce livre et j'ai regardé cette route devant moi. Les kilomètres qui défilent, les sources imperceptibles et les empreintes d'une famille. Ne plus jamais confondre civile et divine...Des illusions, des passions.

Les commentaires
Publié le Vendredi 07 décembre 2007
Par M
Que c'est bon de pouvoir venir lire ici... bizes
Publié le Vendredi 07 décembre 2007
Par LoupDeVille
Je te vois bien au cinéma dans cette scène dans ta voiture sous la pluie après avoir fais monter cet homme no:1 qui est appeller lui....( c'est toujours le même ...petite tentative peut-être scenaryo-sienne de mêler les cartes ....La fin du texte qui ne me semble pas une fin. y'aura -t- il une suite...

Moi oui je ferais une suite de commentaires ;-)
Publié le Samedi 08 décembre 2007
Par Biquetto
Bonsoir, ferrailleur de mot (récupérateur, trieur)

Dans mon imaginaire à moi, je vois dans ton histoire, tout un commando d’anges dirigés par LUI, à la demande de cette femme qui t’a donné la VIE. Leur mission, te remettre sur les rails de ta douce folie.

En passant, j’aime bien ta nouvelle Porte Blanche, est-ce une récupération de mes délires :-)

Fred, j’ai comme toi, tout comme chaque individu d’ailleurs, une infinité de moi, pour autant de parcelles de ma vie ! Je n’aime pas ma folie… J’en suis complètement fou ! Et qu’un autre fou comprenne ma folie, me fait délirer.

Quant à me ravir mes délires, je crois la chose impossible, au mieux, tu pourrais t’en inspiré pour exprimer les tiens ! Chaque fou est unique, de par son vécu.

Ne récupère pas des mots, récupère et trie des émotions que tu traduiras ensuite en mots.
Publié le Samedi 08 décembre 2007
Par scrib
Et bien voiulà ! Tu es scénaristes ? Il ne te reste plus qu'à faire ton film...Belle évolution, il y a des dialogues maintenant...
Publié le Dimanche 09 décembre 2007
Par M
Pourquoi: Et bien voilà ! Tu es scénaristes ?... il y a des dialogues maintenant...
Il y en avait déjà avant me semble-t-il ! et de qualité identique... ou peut-être les ais-je rêvés ?... peut-être...
Publié le Dimanche 09 décembre 2007
Par Scrib
M :

Je rappelle simplement à Fred qu'il est scénariste..;et la vocation d'un scénariste c'est de créer...et en général il narre beaucoup plus qu'il ne dialogue...C'est un scénariste !

C'est gentil, M ne doit pas le prendre de travers...
Publié le Dimanche 09 décembre 2007
Par Biquetto
La vocation d'un écrivain ne serait-elle pas également de créer, Gérard ???
Publié le Lundi 10 décembre 2007
Par melody
la création? est-ce un jeu ou l'oublie
Peut-être l'oublie de soi car on oublie lorsque l'on crée.
L'outil,indispensable du soi-même.
On n'y pense plus,il ne s'abime pas car il sert.
Publié le Lundi 10 décembre 2007
Par FRED
LA TÊTE A L'ENVERS LES IDEES UN PEU AILLEURS

M
Merci toi ! De me lire de m'accompagner depuis ces longues années de nos nombreux cafés salées. Je pense souvent à toi même si je suis loin.

LOUPDEVILLE
Ton imaginaire et le mien se cotoie mais tu prends des directions qui ne sont pas toujours les miennes et c'est ce que j'aime dans tes développements. J'aime être surpris, bousculé... car plus que tout c'est toujours le lecteur qui aura le dernier mot. ET EN CE QUI CONCERNE UNE SUITE CE N'ETAIT PAS PREVUE MAIS JE ME LAISSERAIS BIEN FAIRE OUI...

BIQUETTO
La porte blanche existe bien mais je n'en suis plus officiellement le propriétaire...mélange entre vraie vie et image divine... Tu as vu juste et je disais à Loulène qu'a chaque fois tu es capable dans mes écrits de dire qui est qui et sa destiné... Alors folie ou pas TU ES QUELQU'UN QUI APRES AVOIR ABANDONNE SON HYDE EN LUI EN DEVIENDRA UN ÊTRE FORT ET IMPORTANT. J'attends ce moment ni avec impatience ni avec insistance juste le savoir travaillant dans ton coeur me suffit. Et pour finir le tri des EMOTIONS si tu avais vécu le week end avec nous TU AURAIS COMPRIS COMBIEN TES MOTS SONT JUSTES. OUI JE DOIS TRIER ET NE PAS DEVERSER MES ANGOISSES SUR QUELQU4UN QUE TU CONNAIS AUSSI. Merci Rejean.

SCRIB
J'avoue que quand j'ai lu ton com je me suis dit...mince une chute de plus dans les escaliers de notre BOUBOULLIARD. J'écris des dialogues depuis 7 ans maintenant... MAIS TU AS RAISON DE CONFIRMER MON STATUT DE SCENARISTE à ne pas confondre avec une statue histoire de ne pas rester figé.
DONC M AND SCRIB LA BALLE AU CENTRE...OUF UN INCIDENT REGLE VITE FAIT. MA VOCATION EST BIEN DE CREER BIQUECRIVAIN !

MELODY
Je ne sais pas si c'est mon week end mouvementé émotionnellement, la tempête, la pluie où la "longue" route fatigante dans la nuit... mais UN ARTISTE EST QUELQU'UN QUI DOIT S'OUBLIER POUR ÊTRE UN PEU TOUT LE MONDE TOUT EN RESTANT UNIQUE. Oublier que l'on créé c'est le meilleur moyen d'être proche de la vérité et d'être BON. Merci.

MERCI A VOUS TOUS, JE PRENDS DE VOUS UN PEU DE VOTRE PUNCH POUR AVANCER AUJOURD'HUI

ET COMME DIRAIT VAUBAN
« Le premier de tous les biens est la santé, le deuxième le pain cuit, le troisième la liberté, le quatrième de bons amis, le cinquième femme à son gré, tous les autres sont chimériques …. »
Publié le Lundi 10 décembre 2007
Par FRED
et pour en finir avec VAUBAN... mon classement
(1) FEMME car ma (2) SANTE n'en sera que mieux (3) LIBERTE car elle manque quand un dirigeant oppresseur foule notre terre française. (4) LES AMIS pour partager (5) LE PAIN. YO
Publié le Mardi 11 décembre 2007
Par melody
la santé pour ma famille et tous mes amis hommes ou femmes la liberté de partager le pain quand vous le voulez.bisou
Publié le Mercredi 12 décembre 2007
Par Scrib
Je reviens dessus, mais dans "Un homme à l'envers" et "le dernier homme à mourir"...les dialogues ne se montent pas dessus...

ce qui n'enlève rien à la beauté de u texte et de l'histoire
Publié le Mercredi 12 décembre 2007
Par FRED
SCRIB cela dépend des épisodes et en plus la construction de ces histoires ont été adaptées pour le format blog, un vrai scénario est présenté autrement. Ces histoires sont d'ailleurs à l'étude dans un format roman ou scénario (à suivre)

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