C'est comme déchirer l'histoire, comme rejoindre un point de départ. Dans les brumes d'un autre siècle essayer d'y voir plus clair et devenir malgré tout l'ombre du temps, seul au milieu de ce brouillard je retrouve des miettes d'une famille. Bousculé entre les odeurs et les images, noyé dans un flou artistique aux saveurs hypnotiques. Le conflit de cet homme qui, plus il avance, plus son âme s'exile pour atteindre l'enfant qui pleure en lui. J'ai cette impression de grimper dans un arbre généalogique avec cette angoisse de tomber, de me faire mal et même de mourir un peu, là, au fond d'un moi qui s'évapore. Les yeux grand ouverts, la peur au ventre, je me retrouve au fond de cette glaise, rampant comme un ver de terre pour rattraper mes racines. Je croyais que je m'élevais vers le haut alors que mes mains creusaient sans le savoir cette terre d'un temps perdu.
C'est l'histoire d'une famille dans un miroir, l'histoire coupable d'un enfant qui a oublié d'entrer dans le corps de celui qu'il devait être. L'histoire fabuleuse d'un petit bout d'homme qui regarde ses mains. Des mains qui ne lui appartiennent plus, les lignes d'une destinée gravée avec violence et douceur dans sa paume. Voir dans ce miroir la belle image d'une photo de famille, l'amour de ce que cela aurait pu être...
C'est dans un autre siècle, qu'un homme et une femme ont eu cette ténébreuse idée. L'homme que je suis aujourd'hui sursaute. L'enfant dans son hier de forteresse, se retourne, cherchant vainement sa responsabilité. C'est alors qu'une lumière brille en moi, dans cette idée abjecte, dans cette nuit qui m'étouffe, je m'enveloppe dans ces quatre mots. Les parents d'un suicide. Je n'ai plus de larmes et j'ai perdu mon envie de pleurer dans cette vie faite de la tombe des autres. Alors pourquoi cet homme qui fût mon père a-t'il prononcé ces mots terribles ? Comment a-t'il pu ne serait qu'imaginer cette issue ? Là, devant elle, avec elle, cette mère partie avant lui sur ce chemin qui est le sien aujourd'hui. Un siècle différent, l'éternité d'un temps qui transperce mon identité. Apprenant la maladie de celle qu'il aimait, il a cette douce et fausse idée de mourir avec elle dans un suicide réunificateur. Cette lumière qui brille en moi n'est pas cet attrait pour le suicide, non, c'est l'image de cet amour éblouissant d'un homme pour sa femme. L'image resplendissante d'un père et d'une mère qui partagent cet amour dans une ardeur qui ressemble à ces plus beaux testaments couchés sur des feuilles d'argents. J'ai cette image en moi, cet amour qui brûle en moi, cette lumière qui m'enveloppe encore pour me dire...
Tu vois, tu es notre fils et l'amour est un bien fabuleux que l'on croit connaître et reconnaître. Ne te perd pas au jeu de ce que tu crois être. N'écoute pas trop longtemps ces peines qui rongent ta vie. Moi ton père, je t'ai aimé bien plus que tu ne pourras jamais l'imaginer. Moi ta mère, je t'ai donné cette fusion des autres pour notre éternité à tous. Nous t'aimons et ce petit garçon il va bien falloir que tu viennes le chercher maintenant.
Ainsi va celui qui retrouve ses larmes pour s'avancer vers ceux qui ont sublimé un drame.

C'est l'histoire d'une famille dans un miroir, l'histoire coupable d'un enfant qui a oublié d'entrer dans le corps de celui qu'il devait être. L'histoire fabuleuse d'un petit bout d'homme qui regarde ses mains. Des mains qui ne lui appartiennent plus, les lignes d'une destinée gravée avec violence et douceur dans sa paume. Voir dans ce miroir la belle image d'une photo de famille, l'amour de ce que cela aurait pu être...
C'est dans un autre siècle, qu'un homme et une femme ont eu cette ténébreuse idée. L'homme que je suis aujourd'hui sursaute. L'enfant dans son hier de forteresse, se retourne, cherchant vainement sa responsabilité. C'est alors qu'une lumière brille en moi, dans cette idée abjecte, dans cette nuit qui m'étouffe, je m'enveloppe dans ces quatre mots. Les parents d'un suicide. Je n'ai plus de larmes et j'ai perdu mon envie de pleurer dans cette vie faite de la tombe des autres. Alors pourquoi cet homme qui fût mon père a-t'il prononcé ces mots terribles ? Comment a-t'il pu ne serait qu'imaginer cette issue ? Là, devant elle, avec elle, cette mère partie avant lui sur ce chemin qui est le sien aujourd'hui. Un siècle différent, l'éternité d'un temps qui transperce mon identité. Apprenant la maladie de celle qu'il aimait, il a cette douce et fausse idée de mourir avec elle dans un suicide réunificateur. Cette lumière qui brille en moi n'est pas cet attrait pour le suicide, non, c'est l'image de cet amour éblouissant d'un homme pour sa femme. L'image resplendissante d'un père et d'une mère qui partagent cet amour dans une ardeur qui ressemble à ces plus beaux testaments couchés sur des feuilles d'argents. J'ai cette image en moi, cet amour qui brûle en moi, cette lumière qui m'enveloppe encore pour me dire...
Tu vois, tu es notre fils et l'amour est un bien fabuleux que l'on croit connaître et reconnaître. Ne te perd pas au jeu de ce que tu crois être. N'écoute pas trop longtemps ces peines qui rongent ta vie. Moi ton père, je t'ai aimé bien plus que tu ne pourras jamais l'imaginer. Moi ta mère, je t'ai donné cette fusion des autres pour notre éternité à tous. Nous t'aimons et ce petit garçon il va bien falloir que tu viennes le chercher maintenant.
Ainsi va celui qui retrouve ses larmes pour s'avancer vers ceux qui ont sublimé un drame.
