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Un deux étroit
La vague lente du temps sur nous, montre son doigt
Vous comptez sur qui pour qu’un ne fasse plus trois ?
Un deux effroi
De nos yeux monte l’amour d’eux en nous, en moi
Un père, une mère, trois frères, tous maladroits
Un deux j’ai froid
Se sentir seul, abandonné, les cendres d’un endroit
Tu le trouves comment le goût de ton désarroi ?
Un deux trois frères
Du même père, de la même mère et tous contraires
Incapable de pardonner dans ce relent funéraire
D’un feu, trois frères
Brûlent nos croyances et nos épreuves arbitraires
De nos cœurs le sang, sentiment d’en extraire
Père, mère trois frères
Je ne suis rien sans eux, sans vous, tant d’éclairs
La vérité naîtra de notre sœur, la volonté du solaire
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Voici venu le temps du pardon, celui qui ronge ma vie et certainement la vôtre. Ce cadeau que je n’ai pas voulu offrir à notre mère. Elle qui voulait nous voir réunis. Elle qui nous savait déchirés. J’ai dit non, car j’ai dit la vérité. Et sur son lit de mort je ne lui ai offert que l’espoir qu’un jour je reviendrais vers vous. Ce jour là arrive. Ce jour si long si dur et si puissant. Ce jour là vient en moi. Ira-t-il jusqu’à vous… ? Sur son lit de mort elle m’a regardé, les larmes aux yeux, et dans cette fermeté qui est en moi j’ai pourtant dit « non maman je ne peux pas pardonner » Je n’aurai pas la bêtise d’étaler ici ce que je vous reproche car si, je sais ouvrir les portes, quand d'autres aujourd'hui savent les refermer. Je sais aussi en altérer le souvenir douloureux. La vie nous a projeté dans le rôle d’orphelins, famille éclatée, sans unité, sans conjuger le verbe aimer. Et nous nous sommes croisés par deux fois, deux fois tragiques quand la mort a frappé notre cœur qui se croyait mort lui aussi. Par deux fois nos yeux se sont croisés au dessus du cercueil de celui ou celle qui nous ont unifiés puis séparés. Ainsi va la lourde chape de pierre qu’il nous faut soulever aujourd’hui. J’ai cette sensation de ne plus être rien sans eux. Alors voilà, nous sommes quatre et quatre... peut faire un.


