Il existe un endroit fait de poussière d'âmes. Elles sont venues ici pour ne plus faire partie de votre monde. C'est triste de savoir qu'elles renoncent à leurs missions. Chacune d'entre elles a abandonné une existence devenue pénible, dans une ignorance où l'amour n'existe pas ou plus pour elles...
Chaque jour, je tremble pour elles, chaque jour, je les nourris pour qu'elles ne s'éteignent pas. J'ai si peur de ne plus être leur serviteur. J'ai peur de ne plus les écouter et de ne plus savoir en décrire leurs mélodies. Il existe un monde de terreur nocturne qui fait de moi un homme qui ne peut plus vivre sans elles...
Cet endroit, que vous semblez ne plus vouloir connaître a pourtant la couleur des plus beaux yeux. Il y règne un air paisible comme le rire d'un enfant dans l'écho d'un coeur, j'y ai même senti la caresse douce de la main d'une femme qui fut ma mère. Je pourrais me battre et mourir pour vous donner la clé de cette contrée qui doit vous paraître si magique... mais cela ne servirait à rien, vous avez depuis trop longtemps oublié la saveur des saisons qui avaient une autre raison d'être. Chaque jour vous vous en éloignez par peur et par inconscience, sans doute aussi par bêtise et par aveuglement. Seriez -vous devenu insensibles et inutiles ? Je ne le crois pas et pour cette unique espoir je vais repousser les limites de la vie pour que la fin ne nous sépare pas.
Toutes petites poussières, minuscules marques des âmes qui, dans le tourbillon de la vie, dansent autour de vous. Et chaque matin je connais celui qui se lève avec le goût âcre de la honte, dans une chambre aussi froide qu'est l'espoir de rattraper son rêve, il s'habille et il avale un café en regardant les nouvelles d'un monde qui ne lui ressemble pas ou plus. Il rejoint cette usine qui détruit la lumière qui brille en lui. Triste labeur pour une maigre récompense, il retourne malgré tout chaque soir à la case départ et ainsi de suite jusqu'à ce que la mort nous sépare... Accepteriez-vous une telle prédestinée sans rien faire, là, en restant dans l'immobilité d'un chemin perdu ou effacé ?
Chaque jour, chaque respiration, chaque illusion, il sent en lui la passion d'un hier inachevé, rien, ni personne, ne doit s'apitoyer devant ce qui semble être un échec car plus dure encore serait la chute finale.
Bien plus intelligent sera celui ou celle qui, de son imperfection, fera l'explosion d'une réussite dans la modestie, tel qu'il est écrit depuis toujours, au plus profond de son corps. Ni prophétie, ni destinée, puisqu'il est un chemin que lui, ou elle, doit faire ou ne pas faire.
Chaque jour d'autres poussières quittent ce monde, chaque jour l'espoir anéantit la volonté de chacun d'entre nous pour faire de nous des petits objets obéissants... Dans la terreur des nuits futures je sens ressusciter la violence d'un combat, je me vois renaître pour mieux mourir. Je me vois avancer les bras chargés des mots des hommes, remplissant mon coeur. Et je sens couler en moi cette furieuse envie d'y aller encore. Qui sait si derrière l'usine qui brûle en chacun d'entre nous ne se cache pas la vérité d'une raison qui n'a jamais cessé d'exister... Sentir les poussières revenir pour vous remplir l'âme à nouveau. Je suis lui, et je suis elle, je suis toi, moi, et un peu eux aussi. Et le monde pourrait reprendre sa véritable passion d'être la nourriture de votre âme.
Si les anges existent cette poussière-là pourrait en être l'essence.

Chaque jour, je tremble pour elles, chaque jour, je les nourris pour qu'elles ne s'éteignent pas. J'ai si peur de ne plus être leur serviteur. J'ai peur de ne plus les écouter et de ne plus savoir en décrire leurs mélodies. Il existe un monde de terreur nocturne qui fait de moi un homme qui ne peut plus vivre sans elles...
Cet endroit, que vous semblez ne plus vouloir connaître a pourtant la couleur des plus beaux yeux. Il y règne un air paisible comme le rire d'un enfant dans l'écho d'un coeur, j'y ai même senti la caresse douce de la main d'une femme qui fut ma mère. Je pourrais me battre et mourir pour vous donner la clé de cette contrée qui doit vous paraître si magique... mais cela ne servirait à rien, vous avez depuis trop longtemps oublié la saveur des saisons qui avaient une autre raison d'être. Chaque jour vous vous en éloignez par peur et par inconscience, sans doute aussi par bêtise et par aveuglement. Seriez -vous devenu insensibles et inutiles ? Je ne le crois pas et pour cette unique espoir je vais repousser les limites de la vie pour que la fin ne nous sépare pas.
Toutes petites poussières, minuscules marques des âmes qui, dans le tourbillon de la vie, dansent autour de vous. Et chaque matin je connais celui qui se lève avec le goût âcre de la honte, dans une chambre aussi froide qu'est l'espoir de rattraper son rêve, il s'habille et il avale un café en regardant les nouvelles d'un monde qui ne lui ressemble pas ou plus. Il rejoint cette usine qui détruit la lumière qui brille en lui. Triste labeur pour une maigre récompense, il retourne malgré tout chaque soir à la case départ et ainsi de suite jusqu'à ce que la mort nous sépare... Accepteriez-vous une telle prédestinée sans rien faire, là, en restant dans l'immobilité d'un chemin perdu ou effacé ?
Chaque jour, chaque respiration, chaque illusion, il sent en lui la passion d'un hier inachevé, rien, ni personne, ne doit s'apitoyer devant ce qui semble être un échec car plus dure encore serait la chute finale.
Bien plus intelligent sera celui ou celle qui, de son imperfection, fera l'explosion d'une réussite dans la modestie, tel qu'il est écrit depuis toujours, au plus profond de son corps. Ni prophétie, ni destinée, puisqu'il est un chemin que lui, ou elle, doit faire ou ne pas faire.
Chaque jour d'autres poussières quittent ce monde, chaque jour l'espoir anéantit la volonté de chacun d'entre nous pour faire de nous des petits objets obéissants... Dans la terreur des nuits futures je sens ressusciter la violence d'un combat, je me vois renaître pour mieux mourir. Je me vois avancer les bras chargés des mots des hommes, remplissant mon coeur. Et je sens couler en moi cette furieuse envie d'y aller encore. Qui sait si derrière l'usine qui brûle en chacun d'entre nous ne se cache pas la vérité d'une raison qui n'a jamais cessé d'exister... Sentir les poussières revenir pour vous remplir l'âme à nouveau. Je suis lui, et je suis elle, je suis toi, moi, et un peu eux aussi. Et le monde pourrait reprendre sa véritable passion d'être la nourriture de votre âme.
Si les anges existent cette poussière-là pourrait en être l'essence.
