Une fois de plus, je m'avançais, le long de ces couloirs où les tapis épais étouffaient les bruits de pas dirigés tantôt vers des miroirs, tantôt vers des fenêtres ouvrant des perspectives inconnues sur les statues impassibles des jardins de Marienbad.
(Li brement inspiré d'Alain Robbe-Grillet)
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Publié le 19/05/2007
Par fxboffy
Humeur : En colère
Depuis plus de 5 ans et de plus en plus nombreux, nous attendons le retour de la dame de la forêt. Enlevée en pleine pré - campagne présidentielle en Colombie, Ingrid Betancourt est pour beaucoup un symbole de courage politique, d’engagement pour un développement durable et équitable de son pays. Mais c’est une femme, une mère, une sœur, une fille. J’ouvre une parenthèse pour me réjouir que son beau visage, rond, calme, incarne si bien l’espoir d’une issue heureuse, d’une condition meilleure, et en même temps la détermination qui est nécessaire pour soutenir de si longs tourments. Peut-être les petits garçons colombiens, français, belges, suisses, allemands, anglais, américains, espagnols, européens, africains, ou asiatiques rêvent-ils d’aller en expédition dans la touffeur de la forêt colombienne pour libérer cette princesse des griffes de ces gens toujours armés de fusils, ces gens si innommables qu’on ne les appelle qu’avec des lettres isolées, F – A – R – C. Free All the Remaining Captives ! Libérez tous les prisonniers qui restent là bas ! Voilà comment nous devrions les appeler, ces extorqueurs de peur, ces grands loups rejouant des milliers de fois une version moderne du Petit Chaperon Vert. Le conte est cette fois complexe, il se rapprocherait plus de la pièce shakespearienne, tant l’attitude du gouvernement colombien (bien que partenaire indispensable des négociations) porte d’énigmes durant ces années de captures et de captivités. Mais il sera temps de faire les procès et de mener les accusations qui s’imposent dès que la principale concernée sera en mesure d’apporter sa vie, sa vision et son jugement. Un témoin récemment échappé de cet enfer vert a déclaré avoir vu madame Betancourt, preuve de vie et preuve que la prisonnière de la jungle n’est pas loin d’en sortir. Pour suivre ce dossier je vous invite évidemment à visiter régulièrement le site qui y est dédié : http://www.betancourt.info . Merci de penser à elle et aux 3000 personnes séquestrées dans cette forêt des maléfices des FARC. Merci de refuser toute transformation des luttes politiques nécessaires (telles que les menaient Ingrid Betancourt) en luttes armées destructives (telles que les ont menées les FARC, le Sentier Lumineux, la Faction Armée Rouge, l’ETA, l’IRA, Al Kaïda, les Escadrons de la Mort, les Redskins et les Skinheads). Je souhaite que, comme « Jean-Paul Kaufmann […], Marcel Carton, Marcel Fontaine sont toujours otages au Liban », la phrase « Ingrid Betancourt est retenue prisonnière des FARC depuis maintenant plus de 5 ans » devienne un lointain souvenir, une bribe que la mémoire retrouve toute empoussiérée et sans actualité.
Publié le 17/05/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Puisque le petit jeu des pronostics sur la composition du gouvernement a battu son plein ces derniers jours, et bien que trouvant parfaitement inutile cet exercice (puisque n’apportant ni information de fond ni grand intérêt dans quelque domaine que ce soit) je me plie à des pronostics croisés. En quoi consiste ce pur exercice de style ? Combiner 2 pronostics ou plus pour en étudier succinctement les effets. Par exemple, ici, les pronostics sur le gouvernement paritaire de monsieur Fillon, sur la sélection de l’équipe de France de football masculine et féminine. Milieu de terrain travailleur et discret, très engagé, François Fillon est évidemment le capitaine.
Le premier ministre est né au Sénégal mais a prouvé sa loyauté dans toutes les difficultés de la France. Il sait aussi s’effacer quand un leader plus emblématique revient sur scène. C’est Patrick Vieira.
Jadis jeune attaquant, considéré comme le meilleur de ses pairs par l’entraîneur, il apporte son expérience, son flair et sa technicité dans un domaine où il ne faut rater aucune bonne occasion. C’est le second leader de l’équipe, Alain Juppé.
Ministre aux compétences élargies depuis le resserrement de l’équipe autour de ses leaders, Thierry Henry gère avec expérience tout ce qui concerne les déplacements, le développement durable et l’aménagement des surfaces.
Fidèle parmi les fidèles, il fallait évidemment compter sur la présence de Roselyne Bachelot, gardienne du temple aux sorties parfois hasardeuses et malvenues, mais toujours franches.
Sarah Bouhaddi, malgré quelques erreurs, a suffisamment prouvé sa solidité pour garder les clés qui ouvrent ou ferment l’espace réservé de la nation.
Très présent durant la campagne de qualification et durant le tournoi final, Xavier Bertrand, serein et dur sur l’homme tout en ayant des reprises de volée remarquées, a gagné sa place parmi les titulaires. Florent Malouda était semble-t-il destiné à recevoir le portefeuille du budget et des finances, habitué à ne pas s’économiser le long de ses couloirs pour faire sauter les meilleurs coffres-forts. Jeune et talentueuse alter ego de Xavier Bertrand, Rachida Dati a surtout étonné par ses audaces et sa fraîcheur, que ne laissaient pas supposer son tempérament prudent. Elle a mené le jeu avec beaucoup de conviction, ce qui lui vaut de sembler déjà incontournable quelques mois après le début de la compétition.
Par ses compétences techniques exceptionnelles, Louisa Nécib (qu’on compare parfois à Zidane, éternel ministre de l’innovation et de la recherche) peut occuper indifféremment le poste de l’enseignement, de la santé ou du commerce avec l’extérieur.
Jean-Louis Borloo, dont l’actuel sélectionneur a parfois regretté le dilettantisme, est pourtant un rouage essentiel de l’équipe, il occupe le centre avec autorité et efficacité, ratissant large et étant capable de transformer chaque occasion à un double profit, le sien d’abord et celui de l’équipe ensuite. Claude Makelele, parfois léger avec les sujets un peu brûlants au point de mettre en danger toute la cohésion du groupe, est néanmoins indispensable dans son rôle de ministre de la fonction publique. Son entente avec le premier ministre est un gage de réussite, grâce à leur complémentarité.
Michèle Alliot-Marie, pilier de la défense, devrait prolonger son bail dans l’équipe malgré quelques velléités de jeu personnel en raison de son positionnement haut placé.
Sonia Bompastor a pris les rênes du ministère de la défense après le départ de Corinne Diacre, et ne semble pas prête à les laisser à la première venue.
Yves Jégo, tout comme Estrosi, Karoutchi, Devedjian ou Hortefeux, fait partie des gardiens rapprochés du sélectionneur Nicolas Sarkozy, il a donc d’importantes chances de faire partie du voyage, dans le but de rendre cohérente l’équipe et de relayer les inflexions tactiques du capitaine.
Grégory Coupet, fidèle secrétaire d’état pendant de longs mois, voit enfin sa patience récompensée même si elle fut mise à rude épreuve lors du dernier sommet mondial. Le ministère du logement dans la lucarne devrait lui échoir en toute logique, à lui qui est réputé pour son autorité dans les zones prioritaires et pour son attention au placement des murs.
Valérie Pécresse, surnommée « la teigne » par ses adversaires, est avant tout une combattante. Elle peut jouer aussi bien sur l’aile droite que sur l’aile gauche, mais de toute façon sa capacité à défendre et contre-attaquer est légendaire… et ce n’est pas une légende. Son défaut est peut-être une certaine suffisance qui lui coûte cher lorsqu’elle a un vis-à-vis tout aussi pugnace (on pense à Clémentine Autain, Ségolène Royal ou Marine Le Pen, par exemple).
Sandrine Dusang est une valeur montante de la politique. Elle se jette sur tous les dossiers comme une morte de faim et ne les rend qu’une fois « essorés ». Les tours de passe-passe, les irrégularités pratiquées en cachette, les passages en force ou les transmissions préférentielles, tout lui est égal désormais puisqu’elle semble destinée à occuper le ministère de l’égalité des chances.
Gilles de Robien est un autre titulaire en puissance, en raison de son importance dans le dispositif central de l’équipe, tout comme Borloo. Son jeu toujours sur le fil du rasoir risque toutefois de le pousser sur la touche, s’il ne tient pas plus fermement son marquage. Après avoir géré l’équipement et la transmission dans l’équipe, il pourrait revenir dans un rôle de régulateur, malgré le fait qu’il soit physiquement juste (mais pas mentalement !).
Camille Abily ou les jeunes Ribéry, Nasri ou Ben Arfa peuvent prétendre gérer le ministère des savoirs et des savoir-faire, grande structure chapeautant entre autres l’invention, la recherche de solutions, l’innovation mais aussi les différentes formes de transmissions, etc. C’est un ministère crucial au sens où la pratique devient rapidement stérile si les échanges avec les partenaires ne se font pas dans la confiance. Voilà, ce n’était qu’un pronostic croisé, évasif mais très plaisant à réaliser. Toute erreur dans la composition serait entièrement imputable à l’auteur. NB : crédits photos : Joueurs de l’équipe de France (L’Equipe) ; Joueuses de l’équipe de France féminine (FFF) ; Blogs personnels ou de soutien (tous personnages politiques sauf X. Bertrand) ; Assemblée nationale (Xavier Bertrand).
Publié le 16/05/2007
Par fxboffy
Humeur : En colère
Je fais de l'humour, mais la lecture d'un terrible article dans le magazine Elle me fait hérisser les chevaux sur la tête.
La fatalité horrible des foeticides en Inde est d'une cruauté abjecte. Les intérêts des hommes et des femmes se liguent pour priver cet immense pays d'une dignité de la condition féminine. J'avais déjà beaucoup entendu parler des "accidents de sari" qui permettaient aux maris d'éliminer leur épouse et de se remarier pour engranger une nouvelle dot, je sais la sélection implacable faite en Chine pour avoir le garçon unique plutôt que la fille unique, mais je ne connaissais pas l'engrenage exterminateur des dots et des échographies.
Le prix d'une dot est si exorbitante que des avortements au nom du genre de l'enfant se multiplient, depuis que l'échographie permet de l'anticiper. On pourrait se dire que les femmes offrent une résistance, mais elles préfèrent ne pas faire naître des femmes promises à des mariages douloureux, à une existence inique (privations, risques d'"accidents" provoqués par le mari, avortements nécessités par des raisons financières et prohibés par la religion...). Des pères se suicident à cause de la ruine due à la dot. et des maris, des millions de maris, préfèrent garder intacte cette coutume ancestrale qui maintien intacte leur hégémonie sur le genre féminin.
Le résultat, un déséquilibre énorme entre le nombre de filles et le nombre de garçons (un peu plus de 900 pour 1000, voire même moins de 750 pour 1000 dans certaines provinces du nord) qui ne semble pas près de s'autoréguler : plutôt que de refavoriser le nombre de naissance des filles, les célibataires souffrant de cette inanité culturelle préfèreraient "importer" des Russes ou des Thaïlandaises, qui sont elles majoritaires dans leur pays. Finies les actrices de Bollywood, finies les descendantes d'Indira Gandhi et de Poolan Devi, finies les espérances d'une égalisation des conditions entre hommes et femmes en Inde à cause d'un poids démographique insuffisant... finie la plus grande démocratie du monde, car le peuple, c'est l'ensemble des hommes, des vieux, des jeunes, et des femmes !
 Ricardo marche sur la tête et se retourne dans sa tombe si la division internationale du travail devient division internationale des genres...
Publié le 16/05/2007
Par fxboffy
Humeur : Ironique
Ainsi donc le XXI° siècle sera celui du réchauffement climatique global. Mais des espèces vont disparaître, des difficultés humaines innombrables en seront la conséquence...
- Rien ne pourra l'empêcher, maintenant.
Ainsi donc le PS, avant ou après les élections législatives, va se scinder en des entités différentes, ou tout au moins les membres principaux de ce parti vont voir se séparer leurs chemins. Mais c'est un drame pour ceux qui ne veulent abandonner ni les idéaux d'un humanisme redistributif ni le réalisme d'un monde où règne la loi du meilleur gérant...
- Rien ne pourra l'empêcher, maintenant.
Ainsi donc nous allons vivre durant 5 ans en Sarkozie, un pays avec ses qualités et ses défauts. Mais la France autre ne pourra survivre qu'en s'assimilant ou en se différenciant, sans demi-mesure...
- Rien ne pourra l'empêcher, maintenant...
PS: merci à Darth Vader pour sa participation.
Publié le 14/05/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
J’avoue un faible pour les jeux de mots tortueux et réservés à quelques initiés. Les stations de métro, par exemple, qui sont surtout connues par les habitants de la ville concernée, c’est un terrain d’exercice de grande qualité, même si on tire parfois par les cheveux. Une petite histoire introduit le jeu de mots, et ce calembour sert en quelque sort de conclusion, parfois de morale, à cette histoire.
Quelques exemples, à Paris :
« Pendant la période communiste, en URSS, c’était absolument interdit de représenter des symboles religieux en public, c’était passible du goulag, dans les régions loin au nord de la Sibérie. Or un jour un koulak du nom de Sebast dessina sur un mur du Kremlin un disque solaire avec un œil et des rayons, symbole du dieu du soleil chez les Egyptiens. Très logiquement, Ré au mur, Sebast au pôle (Réaumur – Sebastopol). »
« Une jeune femme se faisait très très souvent de multiples fractures ; ses parents s’inquiétaient, et ne comprenaient pas pourquoi en rentrant chez eux le soir ils la trouvaient si souvent avec un bras, une jambe ou une côte brisés. Désespérés, ils appelèrent un médecin italien, avec un fort accent mais très réputé dans son expertise du squelette. Le médecin passa une journée à observer la jeune fille, et constata qu’elle se jetait du haut des escaliers, qu’elle plongeait la tête la première sur le carrelage, etc. A leur retour, les parents demandèrent, affolés : « alors, alors, pourquoi elle a un problème aux os, docteur ? ». Et lui de répondre : « Ma ! c’i pas les os, c’est la tête qui va pas ! » (Massy – Palaiseau). »
Georges Perec et quelques collègues de l’Oulipo ont porté cet art à un haut sommet, avec entre autres les variations sur la chanteuse lyrique Monserra Cabalié (je ne suis plus sûr de l’orthographe de son nom). Les références au capitaine Achab ou à Munch sont fines et savoureuses comme des pizzas, mais en plus elles nourrissent la réflexion. M’inspirant de ce modèle, je garde toujours quelques temps de réflexions pour mettre en histoire les noms que je rencontre. Exemples en exclusivité pour la toile :
« Vous connaissez tous l’histoire du Golem, cet être fait de terre évoqué dans l’ancien testament. Mais vous ne savez pas que plusieurs grades existent, du plus faible au plus puissant. Si vous souhaitez faire peur à un chat, invoquez Golem citadin. Pour le déminage d’un champ de 4 hectares, ayez recours à Golem provincial. Enfin pour vous aider à accéder aux plus hautes responsabilités, c’est Golem royal qu’il vous faut ! (Ségolène Royal) »
« Que le futur président désire un peu de repos après cette longue campagne, c’est normal. Qu’un riche homme d’affaire invite depuis de nombreuses années un homme politique à venir sur son yacht, c’est normal également. Mais que la réponse à l’invitation dans un lieu cosy tombe juste à ce moment là, pardon de faire un anglicisme, c’est ce qu’on appelle un « hasard cosy » ! (Sarkozy) »
« Pourquoi le Front National est-il verrouillé par la famille de Jean-Marie ? Tout simplement parce que c’est très difficile de forcer le pêne à s’ouvrir ! (Le Pen ; pour mémoire, le pêne est la partie métallique qui sert à fermer une serrure) » J’essaierai de présenter, de temps à autre, un ou deux calembours du même genre, voire de relayer ceux qui me seront indiqués par des proches ou des moins proches.
Publié le 11/05/2007
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
Je relaie une lettre ouverte trouvée par ailleurs, en changeant légèrement quelques éléments minimes... « Lettre à François, Nous sommes en état de choc ! Nous avons tant de tristesse en nous que soudain les forces nous manquent pour continuer nous qui avons tout donné dans cette bataille. Surtout, ne vous laissez pas faire par les 'éléphants' qui ne cherchent ni la rupture ni la tranquillité et qui ont certainement fait tourner à la défaite l’excellente campagne de notre candidate ! Il faut mettre dehors les éléments perturbateurs. Il était clair que Fabius, Strauss-Kahn, Jospin, Besson, Allègre souhaitaient une belle défaite pour Ségolène, trop jaloux, trop machistes, trop de tout ! Dans l'ombre ils préparaient leur coup, les ennemis étaient à l'intérieur et ils le sont encore ! Qu'allons-nous faire à présent ? Que peut-on espérer des désirs d'avenir ? Savoir quel message apporter aux personnes qui attendaient tant de nous ? Voici toutes les questions que nous nous posons, ce matin. Une espérance immense s'était levée dans ce pays, que l'on ne doit plus décevoir jamais. Le Parti Socialiste doit changer, il doit entrer de plain pied dans la modernité. Il ne peut plus continuer à fonctionner ainsi, avec des élus qui noyautent le débat de leur science infuse et des militants qui ne peuvent pas s'exprimer. Des hommes d'appareil qui ne respectent plus la démocratie et ne l'entendent pas, qui se servent des adhérents militants comme des pions que l'on déplacent sur un jeu d'échecs pour des avancements personnels ou mettre en avant des amis, qui ainsi faisant, ne représentent pas, ne connaissent rien des conditions de vie des français qui vivent avec 986 € par mois et souvent beaucoup moins. Oui, les français ont le sentiment de ne « compter pour rien » ! Quant à « s'imposer dans le débat », c'est encore une autre paire de manches ! Notre conclusion est celle-ci : Le « dire » c'est bien, mais le « faire » est impossible dans l'état actuel du Parti Socialiste ! Continuer ainsi, c'est se saborder, se faire hara kiri, se suicider, se préparer un enterrement de première classe de la gauche qui, soudain était porteuse d'un tel espoir !!! Mais en attendant, le Peuple de France, les femmes seules dans une pauvreté effarante, les femmes battues, les français des quartiers populaires, les SDF, et les personnes handicapées représentés par ces Désirs d'avenir et notre magnifique, sublime Ségolène, honneur de la France, restent sur le pavé, et çà, les hommes d'appareil, "les éléphants", tous les arrivistes et les opportunistes aux aguets en portent la lourde, très lourde responsabilité. Le peuple ne leur pardonnera jamais, comprenez-le, entendez-le ! Les ennemis, les traîtres, les arrivistes, les opportunistes de tous poils, dehors, ils n'ont pas de place au sein de ce parti, qu'ils aillent chez Sarko, ils seront encore mieux payés car avec Ségolène ils savaient ce qui les attendaient ! Nous vous adressons, ici, l'expression de notre profond désarroi. Segolene doit prendre la tête du mouvement electoral, du mouvement de la Victoire !" Le ton est très acerbe, je serais plus modéré mais mon message se rapproche de celui-ci : Au nom de ton courage politique sans faille, qui t'as vu souvent te sacrifier aux intérêts du plus grand nombre dans des synthèses sans fin, il est possible à certains électeurs et militants socialistes de demander la remise au placard des éléphants à la ligne passéiste, tandis que Strauss Kahniens et et surtout les Ségolénistes prennent les rênes de la campagne des législatives. Mais cher monsieur François Hollande, tu te demandes sans doute "qui est Ségoléniste"? Ceux qui tiennent pour incontournable, dans les prises de décision de politique générale, de prendre en compte les postulats suivants: - La nation est le maillon intermédiaire entre des collectivités qui fonctionnent bien et une Europe en progrès économique, social, humain et structurel.
- La relance de la demande de biens et services est plus aisée à faire pour un état, qui doit parallèlement ménager une marge suffisante à la relance de l'offre.
- La conversion vers une intégration complète des critères écologiques dans les échanges économiques doit se faire progressivement mais sans tarder.
- Une action insuffisamment ou pas budgétée perd de son efficacité et accroît la dette de l’état.
- La démocratie française pour se perpétuer doit opérer un rééquilibrage des pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire), en prenant en compte également une meilleure représentativité des citoyens et en créeant des cadres assurant le pluralisme des opinions.
- Le dialogue social est un élément essentiel de la réussite des entreprises et des salariés français dans l'économie mondiale, il doit donc être favorisé.
- En matière d'éducation, la logique économique doit passer au second plan, au profit de choix intelligents et pragmatiques pour améliorer un suivi individualisé des élèves en fonction de leurs besoins.
- Le redéploiement des services publics sur l'ensemble du territoire est la condition d'une diminution des violences aux personnes
- La formation professionnelle, l'innovation et la recherche sont les bases d'une redynamisation industrielle de la France.
- La suppression des doublons administratifs et la rationalisation de l'assurance chômage et de l'aide au retour à l'emploi sont des pas essentiels pour redonner une cohérence aux budgets publics et au monde du travail.
- La santé doit rester un service public ouvert à tous, sans forfaits ou système d'assurance maladie sur le mode de l'assurance automobile (bonus / malus).
Il y en a sans doute d'autres, des "convergences" à trouver d'abord dans le parti avant de les proposer hors des frontières du parti socialiste.
Ouff... c'était plus long que prévu ! 
Publié le 11/05/2007
Par fxboffy
Humeur : Tendre
Si je devais amener 6 sensations sur une île déserte, j'emporterais dans mon bagage...
- La lumière d'un tableau de Caravage, par exemple la Conversion de Saint Paul deuxième version
- L'odeur du bitume chauffé par le soleil d'été et rendu humide par une pluie du soir
- Le souffle chaud oscillant de la canicule tapant sur les herbes sèches
- Le goût de l'eau salée quand on passe la tête sous les vagues en méditerranée, par exemple à Punta Alla (Toscane)
- Le bruit de tremblement des tôles qui enveloppaient le bâtiment du logement de mon enfance, lorsque le vent soufflait
- L'impatience du coup d'envoi d'une coupe du monde de football où la France peut jouer un rôle (c'était pour le 6ème sens, pas toujours bien maîtrisé, comme en 2002 par exemple
).
Publié le 10/05/2007
Par fxboffy
Humeur : Ironique
Une petite vidéo en passant... sur les difficultés de créer une nouvelle voie tout en étant issue d'un des plus vieux parti en exercice (Epinay, 1971, c'est loin tout ça...)
Après deux tours de la présidentielle, la perspective des deux tours des législatives amène une donne nouvelle dans la redistribution prévue des cartes politiques. Au mileiu de tout cela, il faut bien l'avouer, les encartés sont les plus circonspects des électeurs : les Bayrouistes non-UDF seront-ils assez solides pour constituer une nouvelle base ? Les nouveaux UDF pro-Bayrou vont-ils changer de parti sitôt arrivés ? José Bové voulait créer un parti, qui va-t-il réunir, son électorat seul ou tous les déçus des autres mouvements altermondialistes ? Les Verts se font happer par les grands courants, socialiste à gauche et démocrate au centre (cf. le ralliement de Bennamias, Lepage, Waechter à Bayrou), mais comment vont réagir leurs militants ?
Parmi les vainqueurs même, des questions se posent : faudra-t-il aux Besson, Blanc, Bourlange, Morin, Tapie, Gallo, De Robien, etc., entrer à l'UMP pour faire partie de la majorité présidentielle? Ou seront-ils subventionnés sous des étiquettes à part, "majoritaires de gauche" et "majoritaires du centre" ? Enfin concernant le parti socialiste, ce qui a fait beaucoup polémique et provoque un double danger, c'est la divergence entre les tenants d'une stabilisation et ceux qui prônent un renouvellement immédiat pour minimiser la défaite annoncée en juin prochain. Que Ségolène ait recueillit 17 millions de voix est une pleine réussite. Mais le doit-elle à l'appui de son parti ou à l'appui de ceux qui veulent qu'elle change la gauche? Et terminer "Première Dauphine" comme disait Nicolas... Canteloup, cela ne présage rien de bon pour les résultats du PS lors des prochaines législatives.
Deux camps, au minimum, s'affrontent : ceux qui comme Arthur en son temps, souhaitent que les responsables soient mis sur un pied d'égalité pour mener ensemble les combats (François Hollande primus inter pares, DSK, Fabius, Royal, Emmanuelli, Peillon, Guigou, Rebsamen, Montebourg, Chevènement, Lang, Taubira, Aubry, sur une même ligne très "apparatchik"). Ceux-là sentent le vent d'Est, ils serrent les rangs pour résister à la vague, tiennent coûte que coûte leurs positions quitte à mourir au combat tels les Hoplites de Léonidas.
 Il y a aussi ceux qui souhaitent une guerre de mouvement, prônant une modification significative de la ligne politique du parti pour coller au plus près des préoccupations globales des électeurs. Trois chefs s'avancent pour en revendiquer l'apanage, avec des forces et des faiblesses bien différents : Ségolène Royale, qui peut compter sur une assise solide du côté des Désirs d'Avenir, à la fois dans et hors du parti. Strauss Kahn serait sans doute assez fort pour prendre la rue de Solferino par les armes, aidé de Cambadélis, Moscovisci, et pourquoi pas Rocard et Kouchner. Mais en dehors du PS il n'aurait qu'un espoir modéré de rassemblement, parce qu'il n'a pas été assez médiatisé ces derniers mois.
Entre ces deux-là, la guerre a déjà commencé à mots couverts, un duel digne des meilleures chansons de geste (avec tout le côté répétitif que cela implique).
 Après l'intérieur- extérieur et le pur intérieur, reste le chef qui souhaite changer le PS de l'extérieur... je pense bien entendu à François Bayrou. Dans la configuration actuelle, s'il ne rallie pas quelques personnes de poids venant du PS, il a peu de chance de briller autant aux législatives qu'à la présidentielles. Mais il a nettement ses partisans à sa gauche, à commencer par les mystérieux Gracques. La difficulté pour lui est de convaincre les socialistes qu'il est plus à même que les socialistes de tradition (Royal et Strauss Kahn) de faire une nouveau mouvement progressiste, républicain, démocrate et hautement respectueux des valeurs humaines.
Cela promet des flots de sang dans les rues de Solférino... Au-delà de l'image, choquante, il y a aussi le dépit et la tristesse des vaincus, de ceux qui croient encore à leurs idéaux mais ont été débordés par la dure loi du terrain. D'aucunes peuvent en verser une larme...
Mais j'en connais une qui ne se laissera pas faire (Vas-y Ségo!).
Publié le 09/05/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Roger Federer archidomine le tennis mondial depuis plusieurs années. Les All Blacks resteront à jamais l’équipe référence en rugby. Lyon va briguer un septième titre de champion de France de football en 2007/2008. Arsenal, Manchester United et Chelsea règnent sans partage depuis plus de 10 ans sur la Premiere League. Miguel Indurain a remporté 5 fois le Tour de France au début des années 90. Tony Estanguet a ajouté un championnat du monde à ses deux titres olympiques. Michaël Chang, un inconnu de 17 ans, paralysé par les crampes, a battu en 5 sets Ivan Lendl sur la terre battue de Roland Garros.
Cherchez l’intrus… Lorsqu’une domination est éclatante en sport, et qu’il n’est pas directement et viscéralement concerné par le sort d’un des adversaires, le spectateur peut adopter deux postures radicalement opposées : soit il aimerait que la domination dure encore, histoire d’étoffer encore le mythe de l’équipe ou du sportif légendaire. Soit il rêve que cette domination soit brisée, autant que possible par un « petit poucet », un « David » face au « Goliath » invincible.
Demandez-vous de quel côté vous vous placez le plus souvent, et vous serez peut-être surpris. Moi par exemple, qui suis très attentif à un partage équitable des richesses, des bonheurs et des réussites, je suis presque toujours pour que le dominant reste dominant, ne laissant que des miettes à ses rivaux. J’ai été déçu de voir que Schumacher avait échoué dans sa tentative de conquête d’un huitième titre mondial. Chaque année, j’espère toujours plus de suprématie de Lyon en Ligue 1. J’ai hâte que Tiger Woods enfile comme des perles les tournois du Grand Chelem pour dépasser Jack Nicklaus au plus tôt. Si Nadal reste invincible sur terre battue jusqu’à la fin de sa carrière, ça me va ; pourvu qu’il laisse à Federer l’occasion de gagner une fois Roland Garros, et si possible de faire un grand chelem !
Je donne un dernier exemple, qui illustre aussi la position inverse. En 1993, j’étais évidemment derrière l’OM de Tapie, pour que les championnats et les C1 s’accumulent dans leur vitrine. Un ami me disait qu’au contraire, la chute de la maison phocéenne (affaire OM-VA) lui plaisait beaucoup, parce qu’ils « avaient trop gagné ». Peut-être êtes-vous comme lui, à aimer Calais, Nîmes et Gueugnon en coupe, à soutenir Mark Pernfors ou Thierry Champion à Roland Garros, à encourager L’Italie dans le tournoi des VI nations, à vous enflammer pour le Steua de Bucarest en C1, à vibrer aux exploits de la Corée du Sud lors de la Coupe du Monde 2002, à évoquer avec émotion le maillot jaune porté par Luc Leblanc ou Thomas Voeckler.
Bien sûr ces deux positions extrêmes sont toujours modulées par la sympathie qu’on peut avoir pour l’un ou l’autre des adversaires : je n’aimais pas vraiment Lendl, alors j’étais pour Chang. A cause de Wenger, Henry, Diaby, Clichy, j’aurais préféré que ce soit Arsenal et non MU qui fasse la course en tête de la Premiere League. Entre Ole Gunnar Bjoerndalen, le maître du biathlon, et Vincent Defrasne au palmarès assez maigre, j’optais clairement pour ce dernier lors de la dernière ligne droite du sprint à Turin. Tout récemment Dallas, archidominateur de la conférence Ouest en NBA, m’a fait bien plaisir en tombant contre les Golden State Warriors de Mike Piétrus.
J’aurais peut-être un jour l’occasion d’en reparler, mais je crois que cet attachement aux légendes, aux entités éternelles, aux monstres sacrés, aux ogres du souvenir, aux puissances indiscutables et indiscutées, se retrouve chez moi dans d’autres domaines : histoire, économie, politique peut-être, arts…
Bon je vais siroter un Coca-Cola en regardant Titanic, puis je couperai avec mon Opinel une rose rouge que j’offrirai à ma femme, et enfin on prendra la F40 d’un passant pour visiter les forteresses de Vauban. Sur un air des Beattles, on pourra pousser jusqu’à la place du Capitole de Toulouse, la place de la Comédie à Montpellier, la Canebière à Marseille, les Champs à Paris, Bellecour à Lyon et la porte de Brandebourg à Berlin. Et si Mozart joue encore la Symphonie Concertante, il sera temps, en pleine canicule historique, de rendre visite au Père Lachaise et à la mère Joconde.
Publié le 05/05/2007
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
Lorsqu'on met en relation l'excellente analyse du débat par René Zayan (Université de Louvain) sur l' Internaute avec l'écart semble-t-il irrémédiable entre Sarkozy et Royal, on comprend que Ségolène s'est peut-être trouvée en décalage par rapport au charisme typiquement féminin, empathique, que nos cerveaux habitués aux HOMMES politiques attendaient d'elle. Lorsqu'elle coupait la parole à son adversaire, que ce soit à propos des 35 heures ou lors de sa "sainte colère" concernant l'accueil des handicapés à l'école, elle se comportait en "homme politique" comme les autres (telles Michèle Alliot-Marie, Martine Aubry, Simone Weil ou Edith Cresson). C'est peut-être le "secret de fabrication" que cachait Sarkozy à une journaliste à l'issue du débat : faire tomber Ségolène dans le même monde que tous les êtres politiques, soumis à l'exigence d'autorité et de compétence, et ce faisant lui retirer sa qualité principale, à savoir sa dimension iconique et maternelle. Mais il me semble que si demain les réflexes misogynes inconscients se réveillent et confirment les derniers sondages, ce sera le coup final d'un bien cruel engrenage : pour prouver sa compétence, Royal a du se montrer impériale et intraitable; mais en prouvant sa compétence, elle est sortie du rôle que trop de nos compatriotes lui assignent inconsciemment : celui s'une mère, appaisante et aimante, incapable de fermeté politique. Alors je souhaite sans y croire, j'espère sans m'y préparer, que le 6 mai 2007 sera la journée de la femme politique, à la fois femme ET être politique.
Publié le 04/05/2007
Par fxboffy
Humeur : Au secours !
Désolation et incompréhension pour moi de voir les sondages indiquer un mouvement et des opinions inverses à ce que j'ai ressenti au cours du débat Royal-Sarkozy et par la suite, au cours de discussions avec des proches ou des inconnus.
Si cette tendance des suffrages se vérifie au moment du scrutin, je m'inquiète honnêtement concernant la future présidence, mais plus encore concernant la clairvoyance de la moitié des français... Une nouvelle étape de la série 2002 - 2005 - ... qui se continuerait, donc.
Publié le 03/05/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Je suis trop saisi par l'imminence du choix politique pour ne pas réagir avec empressement au débat splendide qui opposait hier soir (le 2 mai 2007) Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy. De la tension dans les mâchoires lors des premières prises de parole, des interruptions tout autant idéologiques que tactiques, une kyrielle de chiffres tantôt exacts tantôt erronés destinés à montrer la compétence technique de toute façon élevée des deux candidats, des piques incessantes, des affrontements de posture, des lapsus, des mots qui se heurtent, de l'émotion... quel grand débat ! Je ne tire pas de conséquence générale sur les forces en présence, car comme le disent certains le résultat de ce débat sera plus net dimanche soir... Mais à titre personnel, voici ce que je retiens. - Les journalistes, PPDA et Arlette Chabot, ont été écrasés par ces combattants politiques exceptionnels : le timing qu'ils avaient prévu a été réduit en miette, et j'ai beaucoup aimé leurs mines déconfites lorsqu'ils comprenaient la difficulté de leur mission régulatrice.
- Un lapsus qui m'a fait éclater de rire de la part de Nicolas Sarkozy: à Ségolène Royal qui l'attaquait sur la légitimité du bouclier fiscal à 60 %, il a dit "ce que je veux faire [...] c'est pire" (sous entendu, ce n'est pas illégitime, et nous ferons mieux) !
- J'ai été scandalisé par les fautes de français de la part des deux protagoniste, et dans le même temps je suis résigné à voir la France présidée par une personne grammaticalement incorrecte...
- Il paraît que Nicolas Sarkozy arrive très bien à affirmer des choses fausses et les faire passer pour vrai. Sur ce plan, il a montré l'étendue de son talent, et Ségolène Royal (que je soutiens activement, vous le devinez) n'a rien à lui envier. J'hurlais lorsque Sarkozy prétendait que l'EPR est un REACTEUR de 4ème Génération, ou trouvait comme un progrès pour l'accueil des enfants de moins de 3 ans de pouvoir traîner l'état en justice (la tarte à la crème du "droit opposable", autrement dit "merci d'avoir inscrit en maternelle mon enfant qui a désormais 8 ans"). Je grommelais quand Ségolène affirmait que toutes les femmes policières devaient être raccompagnées la nuit, que les 35 heures avaient créé 1 million d'emploi, ou que la part du nucléaire dans l'électricité consommée est de 17 % (alors que c'est 78 %, les 17 % correspondant à la part du nucléaire dans l'ENERGIE consommée en France).
- Un grand moment d'hésitation, Ségolène disant "... je vais vous le dire... je vais vous le dire...". Elle peut le dire
!
- J'ai partagé pleinement l'indignation révoltée de Ségolène Royal sur la manoeuvre du président de l'UMP, qui restera comme LE grand moment. Rappel des faits : il est question du service de la petite enfance, que Ségolène souhaite développer. Sarkozy dit en substance qu'il trouve que c'est important d'accueillir les enfants, les enfants handicapés en particulier. Le débat dérive sur le sujet, au grand dam de Ségolène qui y voit une manoeuvre d'évitement. Or elle contre-attaque en soulignant que c'est l'UMP qui a retiré le plan Handiscol (favorisant l'intégration des handicapés par des moyens dédiés). Alors, recréer ce qu'on a détruit, comme la police de proximité par exemple, c'est la marque d'une grande inconséquence politique.
Vivement les résultats, pour se réjouir ou se lamenter !
Publié le 01/05/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
J’aime beaucoup l’usage politique des couleurs, parce qu’il montre la dimension intellectuelle de ce phénomène sensible. Pour mémoire je rappelle quelques associations habituelles. Le rouge est de gauche, en particulier communiste. Le bleu est de droite. Le vert est écologiste, évidemment. Le rose est beaucoup associé au socialisme, depuis qu’on considère que le socialisme est un communisme « édulcoré », mêlé de quelques valeurs plus bleues (plus à droite donc). Le noir est traditionnellement anarchiste libertaire, et pourtant la couleur du FN est… le noir. De toute façon donc le noir est la couleur extrême ; du point de vue chromatique, en synthèse additive, ce n’est pas illogique. Dans les soirées électorales, j’ai déjà remarqué l’usage du gris pour représenter les scores du parti de Le Pen, avec beaucoup d’à propos. Entre l’extrême droite et la droite, la droite extrême se représente très bien avec un bleu foncé, très « bourgeoisie catho nationaliste ».
Un simple voyage en Concorde crée pourtant un choc des couleurs : le bleu est démocrate aux Etats-Unis, tandis que le rouge signifie « républicain » ou « conservateur ». A ce propos, en lien direct avec les couleurs de la politique, si Ségolène Royal portait de façon étrange la couleur du deuil sur la Grande Muraille de Chine, ses autres couleurs fétiches ne pouvaient pas plus passer : le noir aurait été ressenti comme inquiétant et morbide en Europe (qui était quand même la cible visée par ce voyage au loin), et le rouge, couleur du mariage en Asie, aurait associé (aux yeux des français) son voyage à une soumission au communisme de Pékin.  Ce qui me plaît vraiment en ce moment, c’est que les couleurs se mélangent et explosent ! L’orange inattendu des partisans de Bayrou qui rappelle la révolte ukrainienne et se porte de plus en plus en cravate, le blanc qui est à la fois polonais, abstentionniste, royaliste et ségolènien, le vert qui entre aussi bien dans les mouvements fondamentalistes musulmans que dans la scénographie de l’UMP, le rose orangé d’un pupitre qui sert d’appel du pied de Sarkozy aux électeurs UDF et PS, le bleu qui reste le fond de commerce de la droite mais fait un mariage remarqué avec de blancs nuages pour évoquer la grâce céleste de la Madone du Poitou. Il y a enfin la notion de France « arc-en-ciel » qui permet enfin de signifier une volonté de métissage des nuances politiques, des couleurs de peau, mais rappelle aussi discrètement aux homosexuels et homosexuelles que Ségolène porte leurs couleurs en matière de réforme du code civil (mariage, parentalité). Dans toutes ces manifestations de couleur, le noir et blanc signifie lui aussi quelque chose, il a un impact plus grand qu'au temps des débuts de la télévision : en témoigne l'affiche, que pour ma part je trouvais très très belle, du premier tour de Ségolène Royal.
 En matière de livres politiques, je ferai mes dernières remarques amusées et admiratives : on peut se souvenir du fond noir du témoignage anti-Royal co-écrit par une ancienne collaboratrice ; on peut sourire du drapeau français floquant la couverture du manifeste du petit Sarkozy. Mais je retiens surtout le violet profond, franc, du Maintenant de Ségolène Royal. Comme en plus il y a aussi une signification particulière du mauve, j’y vois le signe d’une étude très attentive de toutes ces questions du côté du PS. Ca tombe bien, je m’y intéresse beaucoup…
Publié le 24/04/2007
Par fxboffy
Humeur : Maussade
A la joie politique de voir Ségolène bien à sa place de challenger encore en course pour la présidentielle ont succédé, s'alimentant et se relayant, les inquiétudes sur les reports de voix (Oh que Bayrou serait grand s'il avait le courage de larger les amarres avec la vieille UDF, choisissant l'intérêt du pays au détriment d'une mise hasardeuse sur une posture d'opposant absolu au bipartisme) ET les tristesses du mal de vivre.
Il y a une forme de baby blues, lorsqu'on s'approche du terme d'un long combat pour le triomphe de ses idées. Et le sens de mon existence se trouve tout à coup allégé. Les nuages noirs passent, parce qu'après tout la politique reste un hobby dans les incertitudes de ma situation professionnelle. Pas de coupe du monde à l'horizon pour oublier. Pas de petit bébé à soigner. Pas d'oeuvre littéraire à rédiger. Seulement, et aujourd'hui vraiment c'est important, une famille à respecter et une épouse à ne pas emmerder avec un séjour aux urgences et du sang versé sur l'autel de mon autodestruction complaisante.
Demain sera un jour plus long, puisqu'on est le 24 avril. Mais ce serai intéressant, je trouve, qu'un pauvre hère comme moi se sent justifié dans son existence et dans ses efforts.
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