Cela sent les vacances pour tout le monde, même pour nos amis les politiques et pour ceux qui les "suivent". Je corrige tout de suite mon expression, "nos amis" est condescendant alors que je ne les regarde ni de haut ni d'en bas, je préfère donc évoquer les événements, grands ou petits, qui agitent le monde politique.En cette période d'acharnement sur les boucs émissaires, de François Hollande à Jean-Louis Borloo en passant par les entraineurs de ligue 1, je n'en ferai pas trop à propos des propos de monsieur le président du conseil général des Hauts de Seine sur Madame Anne-Marie Comparini. Je ne reviendrai pas sur son attaque anticommuniste à propos de la dangerosité de la Seine-Saint Denis, grotesque. Mais ce mot ordurier de "salope " a du mal à passer. Non seulement parce qu'aucune femme ne devrait être traitée de ... , parce que l'insulte est à la fois machiste, déshumanisante et arbitraire. Mais surtout parce qu'Anne Marie Comparini ne mérite en aucune matière le dénigrement pour son action politique. Le seul tort qu'elle puisse avoir, aux yeux d'un partisan de la droite dure et bornée, ancien membre du groupe Occident, c'est celui de s'être associé à la gauche pour empêcher Millon d'être président du conseil régional de Rhône Alpes avec le soutien du Front National.
Pour le reste, elle est restée fidèle à François Bayrou pour fonder le Modem, refusant de faire allégeance à l'UMP de M. Devedjian pour être assurée de retrouver son mandat de députée. Son courage en la matière l'a empêchée d'être réélue. Frapper une femme à terre avec ce mot injurieux, c'est trop. Puisque monsieur Sarkozy se targue de s'entourer des hommes et femmes de qualité, quel que soit leur bord, il pourrait aussi rejeter plus fortement ceux qui en manquent singulièrement. De toutes les qualités qui font qu'une personne est bonne politique, la première est qu'elle est policée dans ses rapports avec ses concitoyens. En guise de sanction, je propose que le président du conseil général du 92 devienne président de l'UMP. On rirait bien, alors.
Je fais juste une dernière remarque : le "off" est encore de la partie ! Car c'est bien une forme de "off", discuter devant une caméra ce n'est pas rien, pour un homme politique. S'il souhaitait avoir une conversation privée, qu'il se rende dans un endroit privé ! Quand je vous dis que les femmes et hommes politiques devraient sortir de leur esprit la notion de "off". Toute leur existence publique est "on", et c'est une lourde charge; qu'ils se concentrent donc sur un mandat local et au maximum un mandat national, cela leur donnera des respirations loin des médias !
Autre nouvelle politique, importante, Bernard Kouchner travaille, oeuvre, obtient des pas importants de la part de la Chine. C'est un véritable espoir pour le Darfour, si toutefois avec 50 % des Français heureux au soleil et couchés sur le sable brûlant, la majorité silencieuse ne pense pas qu'après tout, ils n'ont pas à se plaindre, au Darfour, c'est le Pilat toute l'année...
Le ballet des têtes d'affiche du PS est étrange, avec un acharnement de personnalités de poids sur la poupée vaudou d'une grande absente, qui invente le snobisme dans la simplicité. Comment madame Royal pourrait-elle être Sine NOBilitate ? Une noblesse populaire, c'est rare, je n'ai en mémoire que Eva Peròn ou Lady Diana qui y soient parvenu, et cela ne les a pas empêchées d'être mortelles... Mais je préfère m'intéresser aux seconds couteaux, si intéressants, si importants (car qui peut prendre place dans la cuisine d'un parti quand un couteau est usé, sinon les seconds couteaux ?).
Une personnalité me semble de plus en plus affûtée, et volontairement je ne dis pas aiguisée. Aiguisée, c'est pour une personne arriviste. Najat Vallaud-Belkacem est ambitieuse mais très loyale, très intègre, et son positionnement est une merveille. J'avais déjà admiré, je dis bien admiré la beauté claire de son discours devant les chefs d'entreprise du Cercle . J'applaudis maintenant à la précision et au courage de son positionnement, pour Ségolène Royal et favorable à DSK . Il y a une grande cohérence dans ses idées, et une parole très policée, elle n'aurait donc rien à craindre d'une disparition du "off".
Je n'ai bizarrement aucun commentaire à faire au "ghost government" de Jean-Marc Ayrault, qui peut être une initiative démocratique majeure ou un jet de concombre de mer apeuré. L'avenir seul répondra à cette incertitude.
En revanche, et ce sera mon dernier commentaire, le Timor Oriental vivait samedi des élections cruciales pour le retour au calme dans ce pays au bord du déchirement. Le nombre de sujets sur ces élections dans les grands journaux des chaînes généralistes se compte sur les doigts d'un main. Les 298 morts du Pakistan n'ont pas non plus fait le poids par rapport à 5 randonneurs dans les Alpes. Il faut dire que c'est pas les même morts, aussi... Bravo la myopie de nos médias, alors que le Maghreb, l'Allemagne, par exemple, ont souvent un vrai regard sur l'actualité internationale.







