Les questions, intimement liées, ne semblent pas être suffisamment réglées par la loi sur les Droits d'Auteurs et Droits Voisins dans la Société de l'Information (DADVSI ). Et les deux vidéos de la semaine du zapping (du 25 au 30 juin 2007) le montrent, au travers de l'exemple du journaliste anglais prisonnier à Gaza comme au travers du cas de fraude sur les gains d'un jeu de hasard .Doit-on flouter les images d'un prisonnier, sachant qu'il peut être aisement identifié au travers de son nom ? Le meilleur moyen de protéger les opérations en faveur de la libération, est-ce de faire connaître cette captivité par tous les moyens ou de n'en montrer que le minimum ? La question se pose au sein de la même chaîne, ce qui est d'autant plus révélateur des précautions à prendre. La question fondamentale restant : comment protéger la vie de celui qui est filmé, au détriment du message proposé par le réalisateur du film donc par-delà les usages en matière de droit de regard sur l'image ? Le journaliste n'est pas libre, donc il ne donne pas librement son accord pour être filmé. Le réalisateur ne respecte pas les droits de l'homme, donc il est exclu du droit d'auteur, de fait, par les Etats démocratiques. Mais à qui le droit et les modalités de diffusion appartiennent-ils alors ? Je serais tenté de dire qu'en France c'est le CSA, mais en l'occurrence cet organisme a bien d'autres chats à fouetter et n'a pas les moyens de ses ambitions croissantes et de champs d'investigation en expansion.
On retrouve cette incertitude sur le droit de regard sur l'image à propos de personnes inculpées pour fraude, des buralistes ayant donné une interview à l'époque d'un tirage au sort gagnant. Partant du principe que l'extrait était disponible dans les archives de l'INA, une rédaction a jugé bon de la diffuser en l'état. Une autre rédaction, ayant pourtant à l'esprit les mêmes réglementations en matière de protection de la vie privée, a préféré flouter le visage d'un personne incriminée. Il s'agit sans doute là d'une anticipation sur une éventuelle plainte (un inculpé a droit à la présomption d'innocence), mais il faut dire que le plaignant serait mal venu de refuser la diffusion d'un reportage pour lequel il avait donné son accord quelques mois auparavant. Un accord de diffusion vaut-il pour toute la vie ? Si l'on ne veut pas que le droit à l'image, déjà extrêmement confus, ne devienne une jungle inextricable, je crois qu'il faut le considérer ainsi.







