En empruntant le sous-marin jaune des Beatles, que l'armée américaine a rebaptisé USS-Art, je me suis trouvé sur un lieu de conflit sans merci ni adieu, la lutte des anti (qui parlaient beaucoup) et des pro (qui se taisaient dubitativement) tags. Soyons honnêtes, un tag n'est en général pas très beau, surtout lorsqu'il proclame:Nike la police
Souhaitant ainsi dans un mélange de grec et de français la victoire (Nikè) de la police. Si vous avez déjà vécu à proximité d'une ville, d'une rame de métro, d'un établissement scolaire, d'un abribus, d'un pont routier ou de bancs en pierres, vous avez des exemples en tête de traits plus dégradants que valorisants.
Mais je fais partie de ceux qui ne s'interdisent pas de reconnaître la créativité, le talent voire même le génie sous prétexte qu'un art est secondaire, mineur, etc. Un exemple de transition possible entre l'art de la rue et l'art des galeries est proposé par Astekz, un grapheur - peintre aux inspirations très "piquantes". Ce qui est intéressant chez cet artiste, c'est qu'il n'a pas un seul mode d'expression, le graffiti; mais le graffiti est une part non négligeable et non inférieure de son travail. Disponibles et empruntés sur son site, voici 3 spécimens intéressants.
Par ailleurs, le graffiti d'art n'est qu'un sous-genre de la peinture murale, qui n'a plus de difficultés à être reconnue : des trompe-l'oeil de Lyon et Chambéry aux immenses et magistrales fresques de Diego Rivera, ou aux plus récentes scènes peintes par Xavier Cortada, il y a de la valeur potentielle.
Xavier Cortada, Discover Biscayne Bay, 60" x 115", acrylique sur canvas, 2003
Le maître des tags, celui qui amène l'écrit au plus haut point de l'image, c'est Jean-Michel Basquiat . Doté d'un talent honnête (ce qui fait naître l'intérêt) mais surtout d'un génie profond (ce qui fait naître la valeur).
En conclusion, vivent les tags, surtout lorsqu'ils sont mis en oeuvre par l'artiste.







