Alors que je participais à un tournoi de poker à couteaux tirés, m'est venue cette réflexion ou plutôt cette question : est-ce que c'est du sport?(c) www.nellio.com
On me dira que l'effort physique est faible, et l'utilisation du corps est mineure... Pourtant, quel contrôle est nécessaire pour masquer un bluff ou feindre l'hésitation avant de surenchérir avec une paire d'as ! Il y a autant de différence entre une partie à fort enjeu et une partie entre amis, qu'entre un match entre Kramnik et Topalov et une partie de jeu d'échecs en maison de retraite. A ce sujet, le joueur d'échec qu'est Patrick Bruel donnait récemment une interview très intéressante sur ce sport , le comparant aux échecs. D'ailleurs, ce sport cérébral par excellence, le jeu d'échecs, fait appel à une utilisation très particulière du corps, mais cela reste un sport nécessitant entraînement, vivacité, concentration, intuition, adaptabilité, motivation. Et c'est tellement prenant quand on s'y lance...
La G.M.I. (Grand Maître International) Zhou Chen ne dirait pas le contraire, les échecs sont un art martial où l'équilibre parfait des pièces est toujours remis en question.
La question de la limite entre sport et jeu est aussi floue et fluctuante qu'entre sport et loisir (on se croirait dans les catégories du Trivail Poursuit (tm)). J'ai longtemps considéré le golf plus comme un loisir que comme un sport. Et pourtant, à force d'observer les infimes inflexions qui peuvent être données à une même balle, à force de constater l'hégémonie âprement défendue de Tiger Woods, en repensant au final du British Open où Jean Van De Velde avait trois coups d'avance au dernier trou et a tout perdu sur un geste légèrement trop mou, je dois reconnaître que c'est un sport de haut niveau, même si les tenues souvent ridicules et désuettes de nos golfeurs préférés nous le font oublier.
Le curling est un sport olympique, tout comme le tir au pigeon, alors pourquoi pas les échecs ou le golf, sur le même mode que dans le football (seuls des jeunes, encore amateurs, peuvent y participer) ? Et à quand l'intégration du e-sport, qui devient de plus en plus pointu et compétitif ?
Des esportifs aussi affûtés que des perchistes ou des joueurs de squash ((c) www.esportfrance.com)
Car finalement, ce qui caractérise un sport, c'est surtout la nécessité d'implication physique, technique, mentale que la haute compétitivité des adversaires et partenaires induit. Les loisirs ne sont pas compétitifs, ce sont juste des passe-temps. Et les joueurs de jeux (et non d'un sport) tirent leur principal plaisir de partager du temps sportif, et non de la satisfaction de la victoire. D'où les rappels de certains aux mauvais joueurs : "allez, arrête c'est qu'un jeu !".







