C'est une histoire caustique classique à laquelle j'ai eu envie de rajouter un petit jeu de mots de mon cru.Il était une fois en Asie du sud-est un vieux sage, très très sage. Il avait des disciples, des serviteurs, dont l'un était, accessoirement, spectateur passionné du tennis français. Le vieux sage demanda à ce serviteur d'aller lui chercher du riz dans le village, auprès de son ami expert en riz Ber-Song. En échange de ce grand service, il aurait le droit de manger la moitié du riz.
Ni une ni deux, le serviteur très très serviable se rend au village. A peine la première maison passée, il entendit le rire de Ber-Song, très connu dans ce pays. La quantité de riz était importante, le serviteur se réjouit alors; il remercia l'honorable Ber-Song et pris le chemin du retour. La route était longue, sinueuse et escarpée, et le jeune serviteur avait faim. Lui revinrent en mémoire les paroles de son maître : "tu auras le droit de manger la moitié du riz". Il s'assit sur une pierre et mangea la moitié du riz. Un peu plus loin, alors que la demeure du maître n'était pas encore en vue, il eut encore faim. Il avait le droit de manger la moitié du riz, il mangea donc la moitié de ce qui restait.
De pause en pause, il mangeait à chaque fois la moitié du riz, si bien qu'arrivé chez son maître il apporta une grande vasque avec dedans une simple bouchée de riz. Le vieux sage demanda : "Mais pourquoi y a-t-il si peu de riz?" Le disciple lui expliqua qu'il en avait mangé la moitié, comme le maître le lui avait dit. Puis la moitié, puis la moitié, puis la moitié, etc.
Alors le maître, stupéfait, demanda : "Mais comment as-tu fait pour manger tant de riz?" Le disciple répondit : "Comme ça !" et jeta la dernière bouchée de riz dans sa bouche.
Moralité : Quand on se sert en riz, le compte est bon !
(Henri Leconte; on peut aussi reconnaître au détour de l'histoire, un peu déformé, le nom d'Henri Bergson).
PS : Bonne fête nationale à tous les européens qui défilent sur les Champs Elysée !








