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Badauderies
Mon bloc perso.
Une fois de plus, je m'avançais, le long de ces couloirs où les tapis épais étouffaient les bruits de pas dirigés tantôt vers des miroirs, tantôt vers des fenêtres ouvrant des perspectives inconnues sur les statues impassibles des jardins de Marienbad.
(Li brement inspiré d'Alain Robbe-Grillet)
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Publié le 27/06/2007
Par fxboffy
Humeur : Tendre
N'ayant que peu de temps, et me rendant compte des insuffisantes explications concernant les oeuvres que j'ai emmenées sur mon île privée, je vous écris le petit papier que vous trouveriez dans une bouteille jetée à la mer...

La Conversion de Saint Paul, à cause de la lumière, ici avec un double sens : la lumière divine qui éblouit Saint Paul sur le chemin de Damas, et la divine lumière à la fois douce et forte, qui éclaire la scène pour le spectateur.

Le Basquiat est une impression fugace et pourtant inoubliable, d'un choix de couleur remarquable, d'un trait violent, précis et émouvant. L'ordre du désordre, et le désordre des catégories picturales.

Du mythe de Laocon un peu oublié, il ressort la fatalité de la punition pour ce père avec ses enfants. Les bras sont violemment tordus, et ressemblent aux serpents puissants qui l'enchaînent. Pour une oeuvre immobile, le mouvement, les expressions, les sons même sont suggérés avec beaucoup de force.

Le Sauteur de taureau a un bleu étourdissant de vie, une stylisation étonnante qui arrachent cette peinture à une époque pour la rendre belle éternellement.

Dans les statues des Cyclades, j'aime l'art de quitter le naïf pour le pur. Quelle sérénité, quel absolu dans ces lignes claires ! Et ces visages sans yeux pour juger, sans bouche pour médire, sans rien d'autre que la forme humaine et le reflet de nos idéaux...

A propos de Néfertiti, son visage est plutôt commun, malgré des traits fins, quoi qu'on ait pu en dire. Peu de charme surtout. Mais quel port de tête, mais quelle classe ! Son visage tendu vers l'avant et la masse imaginaire de sa couronne rendent la finesse de son cou incroyable.

La Vierge au chancelier Rolin, à cause des petits personnages sur le pont au loin, et à cause de l'époustouflante restitution des tissus. Un tableau où les couleurs, les décorations, les flous et les contrastes sont remarquables.

Le Radeau de la Méduse : longtemps je n'y ai vu qu'une masse de naufragés, longtemps j'ai cru que le peintre s'appelait Jéricho, comme la ville de Palestine. Et puis j'ai compris. Et j'ai vu. Fascinant, dégoûtant, terrifiant et humanisant.

Van Gogh, c'est l'histoire d'une heureuse déception. D'abord le tableau, que je ne connaissais pas mais que j'ai découvert au musée d'Orsay, splendide. Puis les reproductions, plein de reproductions toutes plus plates les unes que les autres. Comment montrer ces points si lumineux, dans un ciel aux ténèbres bleutées si enveloppantes ? C'est le miracle de l'oeuvre d'artiste, absolument inimitable et traduisible dans tous les langages et de toutes façons.

Revoir Van Gogh, ou Picasso, ou Caravage, ou Bruneleschi, ou Basquiat, ou Michel-Ange, ou De Vinci, ou Renoir, ou Ingres, et mourir.
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