Une fois de plus, je m'avançais, le long de ces couloirs où les tapis épais étouffaient les bruits de pas dirigés tantôt vers des miroirs, tantôt vers des fenêtres ouvrant des perspectives inconnues sur les statues impassibles des jardins de Marienbad.
(Li brement inspiré d'Alain Robbe-Grillet)
|
Publié le 11/05/2007
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
Je relaie une lettre ouverte trouvée par ailleurs, en changeant légèrement quelques éléments minimes... « Lettre à François, Nous sommes en état de choc ! Nous avons tant de tristesse en nous que soudain les forces nous manquent pour continuer nous qui avons tout donné dans cette bataille. Surtout, ne vous laissez pas faire par les 'éléphants' qui ne cherchent ni la rupture ni la tranquillité et qui ont certainement fait tourner à la défaite l’excellente campagne de notre candidate ! Il faut mettre dehors les éléments perturbateurs. Il était clair que Fabius, Strauss-Kahn, Jospin, Besson, Allègre souhaitaient une belle défaite pour Ségolène, trop jaloux, trop machistes, trop de tout ! Dans l'ombre ils préparaient leur coup, les ennemis étaient à l'intérieur et ils le sont encore ! Qu'allons-nous faire à présent ? Que peut-on espérer des désirs d'avenir ? Savoir quel message apporter aux personnes qui attendaient tant de nous ? Voici toutes les questions que nous nous posons, ce matin. Une espérance immense s'était levée dans ce pays, que l'on ne doit plus décevoir jamais. Le Parti Socialiste doit changer, il doit entrer de plain pied dans la modernité. Il ne peut plus continuer à fonctionner ainsi, avec des élus qui noyautent le débat de leur science infuse et des militants qui ne peuvent pas s'exprimer. Des hommes d'appareil qui ne respectent plus la démocratie et ne l'entendent pas, qui se servent des adhérents militants comme des pions que l'on déplacent sur un jeu d'échecs pour des avancements personnels ou mettre en avant des amis, qui ainsi faisant, ne représentent pas, ne connaissent rien des conditions de vie des français qui vivent avec 986 € par mois et souvent beaucoup moins. Oui, les français ont le sentiment de ne « compter pour rien » ! Quant à « s'imposer dans le débat », c'est encore une autre paire de manches ! Notre conclusion est celle-ci : Le « dire » c'est bien, mais le « faire » est impossible dans l'état actuel du Parti Socialiste ! Continuer ainsi, c'est se saborder, se faire hara kiri, se suicider, se préparer un enterrement de première classe de la gauche qui, soudain était porteuse d'un tel espoir !!! Mais en attendant, le Peuple de France, les femmes seules dans une pauvreté effarante, les femmes battues, les français des quartiers populaires, les SDF, et les personnes handicapées représentés par ces Désirs d'avenir et notre magnifique, sublime Ségolène, honneur de la France, restent sur le pavé, et çà, les hommes d'appareil, "les éléphants", tous les arrivistes et les opportunistes aux aguets en portent la lourde, très lourde responsabilité. Le peuple ne leur pardonnera jamais, comprenez-le, entendez-le ! Les ennemis, les traîtres, les arrivistes, les opportunistes de tous poils, dehors, ils n'ont pas de place au sein de ce parti, qu'ils aillent chez Sarko, ils seront encore mieux payés car avec Ségolène ils savaient ce qui les attendaient ! Nous vous adressons, ici, l'expression de notre profond désarroi. Segolene doit prendre la tête du mouvement electoral, du mouvement de la Victoire !" Le ton est très acerbe, je serais plus modéré mais mon message se rapproche de celui-ci : Au nom de ton courage politique sans faille, qui t'as vu souvent te sacrifier aux intérêts du plus grand nombre dans des synthèses sans fin, il est possible à certains électeurs et militants socialistes de demander la remise au placard des éléphants à la ligne passéiste, tandis que Strauss Kahniens et et surtout les Ségolénistes prennent les rênes de la campagne des législatives. Mais cher monsieur François Hollande, tu te demandes sans doute "qui est Ségoléniste"? Ceux qui tiennent pour incontournable, dans les prises de décision de politique générale, de prendre en compte les postulats suivants: - La nation est le maillon intermédiaire entre des collectivités qui fonctionnent bien et une Europe en progrès économique, social, humain et structurel.
- La relance de la demande de biens et services est plus aisée à faire pour un état, qui doit parallèlement ménager une marge suffisante à la relance de l'offre.
- La conversion vers une intégration complète des critères écologiques dans les échanges économiques doit se faire progressivement mais sans tarder.
- Une action insuffisamment ou pas budgétée perd de son efficacité et accroît la dette de l’état.
- La démocratie française pour se perpétuer doit opérer un rééquilibrage des pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire), en prenant en compte également une meilleure représentativité des citoyens et en créeant des cadres assurant le pluralisme des opinions.
- Le dialogue social est un élément essentiel de la réussite des entreprises et des salariés français dans l'économie mondiale, il doit donc être favorisé.
- En matière d'éducation, la logique économique doit passer au second plan, au profit de choix intelligents et pragmatiques pour améliorer un suivi individualisé des élèves en fonction de leurs besoins.
- Le redéploiement des services publics sur l'ensemble du territoire est la condition d'une diminution des violences aux personnes
- La formation professionnelle, l'innovation et la recherche sont les bases d'une redynamisation industrielle de la France.
- La suppression des doublons administratifs et la rationalisation de l'assurance chômage et de l'aide au retour à l'emploi sont des pas essentiels pour redonner une cohérence aux budgets publics et au monde du travail.
- La santé doit rester un service public ouvert à tous, sans forfaits ou système d'assurance maladie sur le mode de l'assurance automobile (bonus / malus).
Il y en a sans doute d'autres, des "convergences" à trouver d'abord dans le parti avant de les proposer hors des frontières du parti socialiste.
Ouff... c'était plus long que prévu ! 
Publié le 11/05/2007
Par fxboffy
Humeur : Tendre
Si je devais amener 6 sensations sur une île déserte, j'emporterais dans mon bagage...
- La lumière d'un tableau de Caravage, par exemple la Conversion de Saint Paul deuxième version
- L'odeur du bitume chauffé par le soleil d'été et rendu humide par une pluie du soir
- Le souffle chaud oscillant de la canicule tapant sur les herbes sèches
- Le goût de l'eau salée quand on passe la tête sous les vagues en méditerranée, par exemple à Punta Alla (Toscane)
- Le bruit de tremblement des tôles qui enveloppaient le bâtiment du logement de mon enfance, lorsque le vent soufflait
- L'impatience du coup d'envoi d'une coupe du monde de football où la France peut jouer un rôle (c'était pour le 6ème sens, pas toujours bien maîtrisé, comme en 2002 par exemple
).
Publié le 10/05/2007
Par fxboffy
Humeur : Ironique
Une petite vidéo en passant... sur les difficultés de créer une nouvelle voie tout en étant issue d'un des plus vieux parti en exercice (Epinay, 1971, c'est loin tout ça...)
Après deux tours de la présidentielle, la perspective des deux tours des législatives amène une donne nouvelle dans la redistribution prévue des cartes politiques. Au mileiu de tout cela, il faut bien l'avouer, les encartés sont les plus circonspects des électeurs : les Bayrouistes non-UDF seront-ils assez solides pour constituer une nouvelle base ? Les nouveaux UDF pro-Bayrou vont-ils changer de parti sitôt arrivés ? José Bové voulait créer un parti, qui va-t-il réunir, son électorat seul ou tous les déçus des autres mouvements altermondialistes ? Les Verts se font happer par les grands courants, socialiste à gauche et démocrate au centre (cf. le ralliement de Bennamias, Lepage, Waechter à Bayrou), mais comment vont réagir leurs militants ?
Parmi les vainqueurs même, des questions se posent : faudra-t-il aux Besson, Blanc, Bourlange, Morin, Tapie, Gallo, De Robien, etc., entrer à l'UMP pour faire partie de la majorité présidentielle? Ou seront-ils subventionnés sous des étiquettes à part, "majoritaires de gauche" et "majoritaires du centre" ? Enfin concernant le parti socialiste, ce qui a fait beaucoup polémique et provoque un double danger, c'est la divergence entre les tenants d'une stabilisation et ceux qui prônent un renouvellement immédiat pour minimiser la défaite annoncée en juin prochain. Que Ségolène ait recueillit 17 millions de voix est une pleine réussite. Mais le doit-elle à l'appui de son parti ou à l'appui de ceux qui veulent qu'elle change la gauche? Et terminer "Première Dauphine" comme disait Nicolas... Canteloup, cela ne présage rien de bon pour les résultats du PS lors des prochaines législatives.
Deux camps, au minimum, s'affrontent : ceux qui comme Arthur en son temps, souhaitent que les responsables soient mis sur un pied d'égalité pour mener ensemble les combats (François Hollande primus inter pares, DSK, Fabius, Royal, Emmanuelli, Peillon, Guigou, Rebsamen, Montebourg, Chevènement, Lang, Taubira, Aubry, sur une même ligne très "apparatchik"). Ceux-là sentent le vent d'Est, ils serrent les rangs pour résister à la vague, tiennent coûte que coûte leurs positions quitte à mourir au combat tels les Hoplites de Léonidas.
 Il y a aussi ceux qui souhaitent une guerre de mouvement, prônant une modification significative de la ligne politique du parti pour coller au plus près des préoccupations globales des électeurs. Trois chefs s'avancent pour en revendiquer l'apanage, avec des forces et des faiblesses bien différents : Ségolène Royale, qui peut compter sur une assise solide du côté des Désirs d'Avenir, à la fois dans et hors du parti. Strauss Kahn serait sans doute assez fort pour prendre la rue de Solferino par les armes, aidé de Cambadélis, Moscovisci, et pourquoi pas Rocard et Kouchner. Mais en dehors du PS il n'aurait qu'un espoir modéré de rassemblement, parce qu'il n'a pas été assez médiatisé ces derniers mois.
Entre ces deux-là, la guerre a déjà commencé à mots couverts, un duel digne des meilleures chansons de geste (avec tout le côté répétitif que cela implique).
 Après l'intérieur- extérieur et le pur intérieur, reste le chef qui souhaite changer le PS de l'extérieur... je pense bien entendu à François Bayrou. Dans la configuration actuelle, s'il ne rallie pas quelques personnes de poids venant du PS, il a peu de chance de briller autant aux législatives qu'à la présidentielles. Mais il a nettement ses partisans à sa gauche, à commencer par les mystérieux Gracques. La difficulté pour lui est de convaincre les socialistes qu'il est plus à même que les socialistes de tradition (Royal et Strauss Kahn) de faire une nouveau mouvement progressiste, républicain, démocrate et hautement respectueux des valeurs humaines.
Cela promet des flots de sang dans les rues de Solférino... Au-delà de l'image, choquante, il y a aussi le dépit et la tristesse des vaincus, de ceux qui croient encore à leurs idéaux mais ont été débordés par la dure loi du terrain. D'aucunes peuvent en verser une larme...
Mais j'en connais une qui ne se laissera pas faire (Vas-y Ségo!).
Publié le 09/05/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Roger Federer archidomine le tennis mondial depuis plusieurs années. Les All Blacks resteront à jamais l’équipe référence en rugby. Lyon va briguer un septième titre de champion de France de football en 2007/2008. Arsenal, Manchester United et Chelsea règnent sans partage depuis plus de 10 ans sur la Premiere League. Miguel Indurain a remporté 5 fois le Tour de France au début des années 90. Tony Estanguet a ajouté un championnat du monde à ses deux titres olympiques. Michaël Chang, un inconnu de 17 ans, paralysé par les crampes, a battu en 5 sets Ivan Lendl sur la terre battue de Roland Garros.
Cherchez l’intrus… Lorsqu’une domination est éclatante en sport, et qu’il n’est pas directement et viscéralement concerné par le sort d’un des adversaires, le spectateur peut adopter deux postures radicalement opposées : soit il aimerait que la domination dure encore, histoire d’étoffer encore le mythe de l’équipe ou du sportif légendaire. Soit il rêve que cette domination soit brisée, autant que possible par un « petit poucet », un « David » face au « Goliath » invincible.
Demandez-vous de quel côté vous vous placez le plus souvent, et vous serez peut-être surpris. Moi par exemple, qui suis très attentif à un partage équitable des richesses, des bonheurs et des réussites, je suis presque toujours pour que le dominant reste dominant, ne laissant que des miettes à ses rivaux. J’ai été déçu de voir que Schumacher avait échoué dans sa tentative de conquête d’un huitième titre mondial. Chaque année, j’espère toujours plus de suprématie de Lyon en Ligue 1. J’ai hâte que Tiger Woods enfile comme des perles les tournois du Grand Chelem pour dépasser Jack Nicklaus au plus tôt. Si Nadal reste invincible sur terre battue jusqu’à la fin de sa carrière, ça me va ; pourvu qu’il laisse à Federer l’occasion de gagner une fois Roland Garros, et si possible de faire un grand chelem !
Je donne un dernier exemple, qui illustre aussi la position inverse. En 1993, j’étais évidemment derrière l’OM de Tapie, pour que les championnats et les C1 s’accumulent dans leur vitrine. Un ami me disait qu’au contraire, la chute de la maison phocéenne (affaire OM-VA) lui plaisait beaucoup, parce qu’ils « avaient trop gagné ». Peut-être êtes-vous comme lui, à aimer Calais, Nîmes et Gueugnon en coupe, à soutenir Mark Pernfors ou Thierry Champion à Roland Garros, à encourager L’Italie dans le tournoi des VI nations, à vous enflammer pour le Steua de Bucarest en C1, à vibrer aux exploits de la Corée du Sud lors de la Coupe du Monde 2002, à évoquer avec émotion le maillot jaune porté par Luc Leblanc ou Thomas Voeckler.
Bien sûr ces deux positions extrêmes sont toujours modulées par la sympathie qu’on peut avoir pour l’un ou l’autre des adversaires : je n’aimais pas vraiment Lendl, alors j’étais pour Chang. A cause de Wenger, Henry, Diaby, Clichy, j’aurais préféré que ce soit Arsenal et non MU qui fasse la course en tête de la Premiere League. Entre Ole Gunnar Bjoerndalen, le maître du biathlon, et Vincent Defrasne au palmarès assez maigre, j’optais clairement pour ce dernier lors de la dernière ligne droite du sprint à Turin. Tout récemment Dallas, archidominateur de la conférence Ouest en NBA, m’a fait bien plaisir en tombant contre les Golden State Warriors de Mike Piétrus.
J’aurais peut-être un jour l’occasion d’en reparler, mais je crois que cet attachement aux légendes, aux entités éternelles, aux monstres sacrés, aux ogres du souvenir, aux puissances indiscutables et indiscutées, se retrouve chez moi dans d’autres domaines : histoire, économie, politique peut-être, arts…
Bon je vais siroter un Coca-Cola en regardant Titanic, puis je couperai avec mon Opinel une rose rouge que j’offrirai à ma femme, et enfin on prendra la F40 d’un passant pour visiter les forteresses de Vauban. Sur un air des Beattles, on pourra pousser jusqu’à la place du Capitole de Toulouse, la place de la Comédie à Montpellier, la Canebière à Marseille, les Champs à Paris, Bellecour à Lyon et la porte de Brandebourg à Berlin. Et si Mozart joue encore la Symphonie Concertante, il sera temps, en pleine canicule historique, de rendre visite au Père Lachaise et à la mère Joconde.
Publié le 05/05/2007
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
Lorsqu'on met en relation l'excellente analyse du débat par René Zayan (Université de Louvain) sur l' Internaute avec l'écart semble-t-il irrémédiable entre Sarkozy et Royal, on comprend que Ségolène s'est peut-être trouvée en décalage par rapport au charisme typiquement féminin, empathique, que nos cerveaux habitués aux HOMMES politiques attendaient d'elle. Lorsqu'elle coupait la parole à son adversaire, que ce soit à propos des 35 heures ou lors de sa "sainte colère" concernant l'accueil des handicapés à l'école, elle se comportait en "homme politique" comme les autres (telles Michèle Alliot-Marie, Martine Aubry, Simone Weil ou Edith Cresson). C'est peut-être le "secret de fabrication" que cachait Sarkozy à une journaliste à l'issue du débat : faire tomber Ségolène dans le même monde que tous les êtres politiques, soumis à l'exigence d'autorité et de compétence, et ce faisant lui retirer sa qualité principale, à savoir sa dimension iconique et maternelle. Mais il me semble que si demain les réflexes misogynes inconscients se réveillent et confirment les derniers sondages, ce sera le coup final d'un bien cruel engrenage : pour prouver sa compétence, Royal a du se montrer impériale et intraitable; mais en prouvant sa compétence, elle est sortie du rôle que trop de nos compatriotes lui assignent inconsciemment : celui s'une mère, appaisante et aimante, incapable de fermeté politique. Alors je souhaite sans y croire, j'espère sans m'y préparer, que le 6 mai 2007 sera la journée de la femme politique, à la fois femme ET être politique.
Publié le 04/05/2007
Par fxboffy
Humeur : Au secours !
Désolation et incompréhension pour moi de voir les sondages indiquer un mouvement et des opinions inverses à ce que j'ai ressenti au cours du débat Royal-Sarkozy et par la suite, au cours de discussions avec des proches ou des inconnus.
Si cette tendance des suffrages se vérifie au moment du scrutin, je m'inquiète honnêtement concernant la future présidence, mais plus encore concernant la clairvoyance de la moitié des français... Une nouvelle étape de la série 2002 - 2005 - ... qui se continuerait, donc.
Publié le 03/05/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Je suis trop saisi par l'imminence du choix politique pour ne pas réagir avec empressement au débat splendide qui opposait hier soir (le 2 mai 2007) Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy. De la tension dans les mâchoires lors des premières prises de parole, des interruptions tout autant idéologiques que tactiques, une kyrielle de chiffres tantôt exacts tantôt erronés destinés à montrer la compétence technique de toute façon élevée des deux candidats, des piques incessantes, des affrontements de posture, des lapsus, des mots qui se heurtent, de l'émotion... quel grand débat ! Je ne tire pas de conséquence générale sur les forces en présence, car comme le disent certains le résultat de ce débat sera plus net dimanche soir... Mais à titre personnel, voici ce que je retiens. - Les journalistes, PPDA et Arlette Chabot, ont été écrasés par ces combattants politiques exceptionnels : le timing qu'ils avaient prévu a été réduit en miette, et j'ai beaucoup aimé leurs mines déconfites lorsqu'ils comprenaient la difficulté de leur mission régulatrice.
- Un lapsus qui m'a fait éclater de rire de la part de Nicolas Sarkozy: à Ségolène Royal qui l'attaquait sur la légitimité du bouclier fiscal à 60 %, il a dit "ce que je veux faire [...] c'est pire" (sous entendu, ce n'est pas illégitime, et nous ferons mieux) !
- J'ai été scandalisé par les fautes de français de la part des deux protagoniste, et dans le même temps je suis résigné à voir la France présidée par une personne grammaticalement incorrecte...
- Il paraît que Nicolas Sarkozy arrive très bien à affirmer des choses fausses et les faire passer pour vrai. Sur ce plan, il a montré l'étendue de son talent, et Ségolène Royal (que je soutiens activement, vous le devinez) n'a rien à lui envier. J'hurlais lorsque Sarkozy prétendait que l'EPR est un REACTEUR de 4ème Génération, ou trouvait comme un progrès pour l'accueil des enfants de moins de 3 ans de pouvoir traîner l'état en justice (la tarte à la crème du "droit opposable", autrement dit "merci d'avoir inscrit en maternelle mon enfant qui a désormais 8 ans"). Je grommelais quand Ségolène affirmait que toutes les femmes policières devaient être raccompagnées la nuit, que les 35 heures avaient créé 1 million d'emploi, ou que la part du nucléaire dans l'électricité consommée est de 17 % (alors que c'est 78 %, les 17 % correspondant à la part du nucléaire dans l'ENERGIE consommée en France).
- Un grand moment d'hésitation, Ségolène disant "... je vais vous le dire... je vais vous le dire...". Elle peut le dire
!
- J'ai partagé pleinement l'indignation révoltée de Ségolène Royal sur la manoeuvre du président de l'UMP, qui restera comme LE grand moment. Rappel des faits : il est question du service de la petite enfance, que Ségolène souhaite développer. Sarkozy dit en substance qu'il trouve que c'est important d'accueillir les enfants, les enfants handicapés en particulier. Le débat dérive sur le sujet, au grand dam de Ségolène qui y voit une manoeuvre d'évitement. Or elle contre-attaque en soulignant que c'est l'UMP qui a retiré le plan Handiscol (favorisant l'intégration des handicapés par des moyens dédiés). Alors, recréer ce qu'on a détruit, comme la police de proximité par exemple, c'est la marque d'une grande inconséquence politique.
Vivement les résultats, pour se réjouir ou se lamenter !
Publié le 01/05/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
J’aime beaucoup l’usage politique des couleurs, parce qu’il montre la dimension intellectuelle de ce phénomène sensible. Pour mémoire je rappelle quelques associations habituelles. Le rouge est de gauche, en particulier communiste. Le bleu est de droite. Le vert est écologiste, évidemment. Le rose est beaucoup associé au socialisme, depuis qu’on considère que le socialisme est un communisme « édulcoré », mêlé de quelques valeurs plus bleues (plus à droite donc). Le noir est traditionnellement anarchiste libertaire, et pourtant la couleur du FN est… le noir. De toute façon donc le noir est la couleur extrême ; du point de vue chromatique, en synthèse additive, ce n’est pas illogique. Dans les soirées électorales, j’ai déjà remarqué l’usage du gris pour représenter les scores du parti de Le Pen, avec beaucoup d’à propos. Entre l’extrême droite et la droite, la droite extrême se représente très bien avec un bleu foncé, très « bourgeoisie catho nationaliste ».
Un simple voyage en Concorde crée pourtant un choc des couleurs : le bleu est démocrate aux Etats-Unis, tandis que le rouge signifie « républicain » ou « conservateur ». A ce propos, en lien direct avec les couleurs de la politique, si Ségolène Royal portait de façon étrange la couleur du deuil sur la Grande Muraille de Chine, ses autres couleurs fétiches ne pouvaient pas plus passer : le noir aurait été ressenti comme inquiétant et morbide en Europe (qui était quand même la cible visée par ce voyage au loin), et le rouge, couleur du mariage en Asie, aurait associé (aux yeux des français) son voyage à une soumission au communisme de Pékin.  Ce qui me plaît vraiment en ce moment, c’est que les couleurs se mélangent et explosent ! L’orange inattendu des partisans de Bayrou qui rappelle la révolte ukrainienne et se porte de plus en plus en cravate, le blanc qui est à la fois polonais, abstentionniste, royaliste et ségolènien, le vert qui entre aussi bien dans les mouvements fondamentalistes musulmans que dans la scénographie de l’UMP, le rose orangé d’un pupitre qui sert d’appel du pied de Sarkozy aux électeurs UDF et PS, le bleu qui reste le fond de commerce de la droite mais fait un mariage remarqué avec de blancs nuages pour évoquer la grâce céleste de la Madone du Poitou. Il y a enfin la notion de France « arc-en-ciel » qui permet enfin de signifier une volonté de métissage des nuances politiques, des couleurs de peau, mais rappelle aussi discrètement aux homosexuels et homosexuelles que Ségolène porte leurs couleurs en matière de réforme du code civil (mariage, parentalité). Dans toutes ces manifestations de couleur, le noir et blanc signifie lui aussi quelque chose, il a un impact plus grand qu'au temps des débuts de la télévision : en témoigne l'affiche, que pour ma part je trouvais très très belle, du premier tour de Ségolène Royal.
 En matière de livres politiques, je ferai mes dernières remarques amusées et admiratives : on peut se souvenir du fond noir du témoignage anti-Royal co-écrit par une ancienne collaboratrice ; on peut sourire du drapeau français floquant la couverture du manifeste du petit Sarkozy. Mais je retiens surtout le violet profond, franc, du Maintenant de Ségolène Royal. Comme en plus il y a aussi une signification particulière du mauve, j’y vois le signe d’une étude très attentive de toutes ces questions du côté du PS. Ca tombe bien, je m’y intéresse beaucoup…
 |
Noter ce blog :
1341 connectés
21031 visiteurs
Ce blog est classé 348ème
Score de ce blog : 3,4
|