Une fois de plus, je m'avançais, le long de ces couloirs où les tapis épais étouffaient les bruits de pas dirigés tantôt vers des miroirs, tantôt vers des fenêtres ouvrant des perspectives inconnues sur les statues impassibles des jardins de Marienbad.
(Li brement inspiré d'Alain Robbe-Grillet)
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Publié le 30/06/2007
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
Il y a des mots, comme ça, qui nous disent d'autant plus de choses qu'ils ont plusieurs sens.
Concours, c'est ainsi une grande loterie, où les réponses ne sont pas trop difficiles mais où le sort désigne les gagnants, si injuste que cela puisse paraitre. Concours (de circonstances par exemple), c'est une réunion de choses différentes qui font une situation unique, cocasse ou malheureuse. Concours c'est enfin un filtre méritocratique très prisé des administrations centrales françaises, sésame à l'ouverture soumise principalement à l'engagement du candidat dans une démarche, avec son lot d'investissement, d'imagination et de relations de bon conseil. Pour moi c'est aussi, en l'occurrence, une manière de prouver à personne que, finalement, je suis quelqu'un...
Une personne, c'est un être humain sans caractéristique particulière. La personne c'est aussi le caractère propre de quelqu'un, comme lorsqu'on dit "ce n'est plus la même personne". Personne, c'est enfin l'absence, réelle ou symbolique, de quelqu'un; c'est un atout plus qu'on ne le pense, dans le domaine du virtuel, dans le domaine des affaires, dans le domaine des responsabilités, dans le domaine de la sociologie historique, en politique. Qu'on pense à Ulysse, qui en étant Personne échappa au triste sort des humains prisonniers des Cyclopes. Qu'on pense au capitaine Nemo (personne en latin), en qui tant d'enfants et d'adolescents se sont rêvés.
Mais ces avantages ont leurs limites, et avec le concours des événements, c'est avec plaisir que votre serviteur (qui n'a pas envie de vous servir indéfiniment  ) agira dans le vaste monde en personne. Parce que, c'est quelqu'un, votre serviteur !
Publié le 29/06/2007
Par fxboffy
Humeur : Tendre
 Avec une grammaire de type paysanne, on peut en effet se demander qui oserait jeter la nourriture tombée du ciel pendant l'exode, la manne, au Doubs, rivière traversant le département éponyme. Parce que depuis longtemps ce genre de miracle vaut de l'or ! Je n'ai pas dit veau d'or, c'est l'exode qui vous induit en erreur, j'ai bien parlé de la valeur de Laure, de son nom de famille Manaudou (un nom qu'on utilise de moins en moins, c'est une étoile qui s'élève, tels les noms de famille de Zinédine, Richard, Yannick, Ayerton, Diego, Miguel, Franz, Nadia, Carl, Johnny). Le groupe italien LaPresse ne sera donc pas l'avaleur de Laure, il ne la fera pas disparaître, il faudra d'autres difficultés, d'autres imprévus et d'autres adversités pour la faire tomber des podiums où elle marche, l'adolescence chevillée au geste et l'or pendu au cou.
(c) L'Equipe
Trève de cascade de jeux de mots, la cascade de titres remportés par Laure Manaudou durant les derniers championnats de France merite un très grand respect. Chapeau mademoiselle, parce que :
- Remporter 47 titres de championne de France à 21 ans, c'est incommensurable.
- Se maintenir en tête des compétitions alors que les autres nageuses françaises sont devenues dans l'ensemble plus performantes sur le plan international au cours des derniers mois, c'est une grande performance.
- S'imposer un programme complet alors qu'une récente blessure aurait pu l'amener à se ménager, c'est très audacieux.
- Etre aussi enragée de vaincre pour des championnats nationnaux que pour les mondiaux ou pour les jeux olympiques, c'est remarquable.
- Dans des conditions de préparation pas optimales, elle a plutôt bien géré ses courses dans les disciplines qui étaient jusqu'alors des points "faibles": 100 m dos, 50 m dos, etc.
- Enfin, par son palmarès, elle réussit à n'avoir qu'un listing de ses réussites internationales, par manque de place, sur le site du journal L'Equipe .
Publié le 27/06/2007
Par fxboffy
Humeur : Tendre
 N'ayant que peu de temps, et me rendant compte des insuffisantes explications concernant les oeuvres que j'ai emmenées sur mon île privée, je vous écris le petit papier que vous trouveriez dans une bouteille jetée à la mer...
La Conversion de Saint Paul, à cause de la lumière, ici avec un double sens : la lumière divine qui éblouit Saint Paul sur le chemin de Damas, et la divine lumière à la fois douce et forte, qui éclaire la scène pour le spectateur.
Le Basquiat est une impression fugace et pourtant inoubliable, d'un choix de couleur remarquable, d'un trait violent, précis et émouvant. L'ordre du désordre, et le désordre des catégories picturales.
Du mythe de Laocon un peu oublié, il ressort la fatalité de la punition pour ce père avec ses enfants. Les bras sont violemment tordus, et ressemblent aux serpents puissants qui l'enchaînent. Pour une oeuvre immobile, le mouvement, les expressions, les sons même sont suggérés avec beaucoup de force.
Le Sauteur de taureau a un bleu étourdissant de vie, une stylisation étonnante qui arrachent cette peinture à une époque pour la rendre belle éternellement.
Dans les statues des Cyclades, j'aime l'art de quitter le naïf pour le pur. Quelle sérénité, quel absolu dans ces lignes claires ! Et ces visages sans yeux pour juger, sans bouche pour médire, sans rien d'autre que la forme humaine et le reflet de nos idéaux...
A propos de Néfertiti, son visage est plutôt commun, malgré des traits fins, quoi qu'on ait pu en dire. Peu de charme surtout. Mais quel port de tête, mais quelle classe ! Son visage tendu vers l'avant et la masse imaginaire de sa couronne rendent la finesse de son cou incroyable.
La Vierge au chancelier Rolin, à cause des petits personnages sur le pont au loin, et à cause de l'époustouflante restitution des tissus. Un tableau où les couleurs, les décorations, les flous et les contrastes sont remarquables.
Le Radeau de la Méduse : longtemps je n'y ai vu qu'une masse de naufragés, longtemps j'ai cru que le peintre s'appelait Jéricho, comme la ville de Palestine. Et puis j'ai compris. Et j'ai vu. Fascinant, dégoûtant, terrifiant et humanisant.
Van Gogh, c'est l'histoire d'une heureuse déception. D'abord le tableau, que je ne connaissais pas mais que j'ai découvert au musée d'Orsay, splendide. Puis les reproductions, plein de reproductions toutes plus plates les unes que les autres. Comment montrer ces points si lumineux, dans un ciel aux ténèbres bleutées si enveloppantes ? C'est le miracle de l'oeuvre d'artiste, absolument inimitable et traduisible dans tous les langages et de toutes façons.
Revoir Van Gogh, ou Picasso, ou Caravage, ou Bruneleschi, ou Basquiat, ou Michel-Ange, ou De Vinci, ou Renoir, ou Ingres, et mourir.
Publié le 26/06/2007
Par fxboffy
Humeur : Tendre
Absent demain, j'anticipe mon message du 27/06/07. S'il fallait aller sur une île déserte, s'il était possible d'emporter 10 oeuvres d'art pictural, je choisirais:
- La conversion de Saint Paul, par Caravage (peinture)
- Une oeuvre dont le titre m'est inconnu, avec un crocodile représenté, montré dans le film de Julian Schnabel, de Basquiat (peinture)
- Laocon de Michelange (statue)
- Le Sauteur de taureau sur fond bleu turquoise, anonyme de l'époque minoenne (Crète) (peinture)
- Le Radeau de la Méduse de Géricault (peinture)
- Une statue des Cyclades (sculpture)
- Le buste de Néfertiti (sculpture)
- La Vierge au Chancelier Rolin de Jan Van Eyck (peinture)
 - La Nuit étoilée de Van Gogh (peinture)
(Les explications seront ajoutées ultérieurement.)
Publié le 26/06/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Lu ce matin, à 9 heures, dans le bilan des transfert français (journée du 25/06/07), sur le site du journal L'Equipe :
Mandanne passe à Dijon. L'attaquant havrais Christophe Mandanne, âgé de 221 ans, s'est engagé pour trois ans avec Dijon. Si on calcule bien, 221 + 3, ça lui fera 224 ans à la fin de son contrat, il pourra peut-être prendre sa retraite !
Publié le 26/06/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
 Souligné particulièrement en période de campagne, et dévoilé partiellement par les ouvrages parus ces derniers jours dans le camp des perdants, l'aspect "off" de certains propos est une caractéristique très particulière. Qu'est-ce que le "off", au fond ? Quelque chose qui est dit à des journalistes ou à un appareil médiatique, mais qui n'est pas destiné à publication. On parle parfois de "off - off", mais ce n'est qu'une façon de désigner du "vrai off" par rapport au "off publiable", qui n'est rien d'autre que des propos officiels.
Les personnalités politiques ont évidemment intérêt, à première vue, à maintenir cette différence entre le "on" et "off"; il ne peuvent pas rester continuellement sur le qui-vive pour maîtriser leur parole, leur discours et leurs émotions personnelles. C'est vrai aussi pour les personnes exercant une profession de représentation moins exposée, artistes, enseignants, commerciaux, avocats, journalistes, etc. Toutefois, dans le champ politique, une éthique de la transparence est de plus en plus mise en avant, à droite comme à gauche. Le "je ferais ce que j'ai dit, je m'y engage, et ceux qui me connaissent savent que je n'ai qu'une parole" de Sarkozy trouvant par exemple réponse dans le "mentir aux gens, leur faire croire des choses qui ne sont pas, ce n'est pas ma façon de faire de la pôlitique" de Royal.
Voilà pourquoi je me suis posé la question de l'existence, légitime ou pas, du "off". Au fond, quel est le métier des journalistes? Informer le plus précisément et le plus objectivement possible les citoyens. Les commentaires officieux doivent-ils être relayés dans les médias au nom du devoir d'information? Pouquoi pas, puisqu'il existe toujours (et dès lors il faut y veiller plus attentivement) des temps durant lesquels les personnages politiques ne sont plus entourés d'envoyés journalistiques. Le dilemme des journalistes est le suivant : soient ils disent toute la vérité y compris le "off", soient ils mentent sciemment sur les raisons qui poussent telle ou telle personne à agir comme elle le fait. Dans ce dernier cas, toutefois, des éléments "off" peuvent déformer leur discours pour suggérer ce qui ne peut pas être dit.
(Ici prend place la coupure de la nuit, l'article étant achevé dans la matinée)
Un exemple pour bien comprendre : Je suis journaliste et je vous entends dire, en "off", que vous vous ennuyez à mourir devant tous les films d'Abbas Kiarostami. Arrive le festival de Perruchon sur Marne, la ville dont vous êtes le député-maire (étiqueté ULM), avec pour invité spécial Abbas Kiarostami. Ce jour-là, vous rendez visite au grand centre hospitalier de Bidochon sur Oise, en compagnie du ministre de la santé (étiqueté UDS). Quelle va être mon analyse sur cette visite? Est-ce que je vais prédire un possible rapprochement politique entre l'ULM et l'UDS dans la perspective des cantonnales? Ou bien est-ce que je vais souligner votre désintérêt pour la vie culturelle, au sein de votre commune même? Je pourrais peut-être dire, dans une boutade, tel un Christophe Barbier des grands jours, "Il y voit son intérêt politique à plus long terme, et peut-être est-ce, plus pragmatiquement, un moyen - original - pour échapper à la projection d'un film qui ne l'enthousiasme pas vraiment...". L'information contenue dans le discours "off" est suggérée au grand public, à quoi donc sert ce label "off", si ce n'est ménager la sensibilité des admirateurs de Kiarostami?
Autre exemple, directement lié à une expérience télévisuelle classique, pour prouver que le "off" est de toute façon généralement décelable "on", car les journalistes font leur métier de commentateurs et de metteurs en lumière : le 6 mai, soirée des résultats définitifs des élections présidentielles. David Pujadas et Elise Lucet ont les résultats "off", mais ne doivent rien dire d'explicite avant 20 heures. A propos des foules massées devant les 2 QG de campagne de Royal et Sarkozy : "c'est étonnant qu'il y ait autant de monde devant les deux QG, à quelques secondes du résultat", avec un étonnement légèrement supérieur à propos des supporters de Ségolène. En creux, c'est dit : l'un des deux camps a perdu, tout le monde peut savoir lequel, mais les militants défaits ne veulent pas savoir. Cet étonnement n'aurait pas eu lieu si eux-mêmes n'avaient pas eu les résultats, s'ils n'avaient pas su que les internautes visitaient les pages web belges et suisses pour savoir à l'avance.
Il est certain qu'on ne peut pas supprimer le caractère officieux de tous les discours "off", il y a toujours une loi qui interdit l'atteinte à la vie privée, il y a toujours un moment où une personnalité perd le contrôle. Mais au nom de la crédibilité des journalistes, qui ne peuvent raisonnablement pas, dans le même temps, faire correctement leur métier et feindre de ne pas en savoir autant qu'ils en savent, je pense que les personnages politiques ne doivent plus dire "c'est off". Qu'ils se taisent, se confient à d'autres, ou admettent leur humanité, leurs convictions profondes et laissent paraître leur opinion de femmes et d'hommes.
Deux saynètes pour illustrer l'étrangeté du discours "off" :
- Je suis dealer de drogue, cela me pèse sur la conscience, je n'ai plus confiance en mes amis. Je demande, "off", au policier municipal qui surveille la sortie d'école : "Admettons qu'un dealer de drogue souhaite se reconvertir. Admettons qu'il cherche à passer un concours de la fonction publique, à se ranger, quelle peine risque-t-il s'il tombe à cause de ses anciens contacts". Le policier ne va-t-il pas avoir, un court instant, l'idée que son devoir serait de m'interroger dans le cadre de son métier?
- Je suis journaliste sur LCI et j'apprends "off" que Michel Charasse, proche de Laurent Fabius, ne peut pas supporter Ségolène Royal, mais n'apprécie pas vraiment Nicolas Sarkozy. Si ce dernier a une entrevue avec l'ancien ministre socialiste, est-ce que je vais dire que les personnalités socialistes sont vraiment séduites par Sarkozy, ou bien vais-je insister sur une possible manoeuvre de déstabilisation du PS "version Royal" ?
Publié le 25/06/2007
Par fxboffy
Humeur : Au secours !
Par-delà le côté souvent raccoleur, un valeureux reportage de M6 sur la crise du Darfour m'oblige à la réflexion.
Sur un territoire grand comme la France, une poignée de résistants lutte contre les raids incessants des Janjawids (les miliciens à cheval proches du pouvoir central de Khartoum d'Omar Béchir), sans se rendre compte des scandaleuses tractations en haut lieu entre Chine, Etats-Unis et Union Européenne. C'est un scandale parce que discuter intérêts financiers, zone d'influence et gestion de matières premières alors que les massacres succèdent aux pillages, aux viols et aux bombardements secrets de l'aviation soudanaise est écoeurant de cynisme ou d'aveuglement.
 Cette guerre est exemplaire de la mondialisation de la politique, où il n'est plus possible de faire l'économie d'un ingérence sur les crises internes d'un pays. Puisque les Janjawids franchissent de plus en plus la frontière entre le Soudan et le Tchad, et réactivent les Tchadiens rebelles au pouvoir en place, la communauté internationale ne doit pas laisser les Toro-toros (miliciens pro-tchadiens) contenir seuls l'embrasement progressif du Sahel. Adré, au Tchad, est déjà un lieu de guerre larvée. Vous voyez le tableau.
 La politique nationale n'a plus de sens, ou tout au moins elle n'a de sens que prise dans une gestion politique à plusieurs échelles : or ce qui devrait permettre une meilleure résolution des conflit civils, c'est une juste information et une mesure correcte des causes, des dangers et des implications pour les autres régions du monde comme pour les populations elles-mêmes. Dans le cas du Darfour, on l'a dit, les relations internationales freinent la résolution de certains pays à endiguer cette violence. Mais si l'on projette différents scénarios d'extension des luttes à toute l'Afrique subsaharienne, si l'on évoque le Nigéria, La Côte d'Ivoire, la Libye, l'Egypte, si l'on considère le rôle joué par l'intervention des forces occidentales en Somalie et en Irak (Ben Laden a largement profité de l'aide du régime de Khartoum), si l'on souligne que cette crise prend une ampleur particulière à cause de la désertification liée à une gestion catastrophique des ressources en énergie (rejets de CO2 réchauffant l'atmosphère, exploitation de gisements de pétrole et surexploitation du bois en Afrique), on pourrait considérer que le Darfour est la première de nos priorités en matière de politique intérieure, en matière de politique migratoire, en matière d'environnement, en matière de lutte contre les pandémies, en matière de politique agricole européenne, etc.On trouve sur le site de MSF une excellente interview qui contredit ma position , mais c'est intéressant de comparer les deux optiques possibles face à ce genre de crise, ingérence ou intervention humanitaire, politique ou action non gourvenementale. Pour moi l'ingérence est nécessaire car elle utilise des leviers puissants qui, une fois en mouvement, peuvent vaincre les obstacles liés à l'aspect purement local d'une crise. Là où les ONG doivent agir seules, en toute pertinence, c'est lorsque les humains ne sont pas les uniques responsables de la situation (catastrophes naturelles, épidémie non provoquée).
Au Darfour, le temps de l'humanitaire n'est plus ou n'est pas encore venu. Mais le temps d'agir, lui, oui !
Publié le 24/06/2007
Par fxboffy
Humeur : En colère
Avec du retard, je réagis à la disparition de l’émission de Daniel Schneidermann, Arrêt sur image . De façon symptomatique, en arrêtant cette émission les responsables de France 5, les responsables d’une chaîne publique, ont en quelque sorte souhaité que l’image soit sans arrêt. Il y a une réaction très saine, lorsque de façon trop continue et trop longtemps, on est abreuvé d’image : on coupe, on « zappe » ou on change d’activité. Sinon, c’est la lobotomie assurée, avec grignotage de pizzas commandées, le sourire sur commande, le « la réponse est simple, madame Chabod, dans les usines, vous travaillez dur, vous êtes en droit d’attendre un peu de récompense, c’est tout de même formidable ». (Pardon au prénommé René, grand sportif devant l'Eternel, d'avoir détourné sa photographie, mais elle convenait très bien à mon propos)
Cette dernière phrase dérive vers la critique politique pour deux raisons : d’une part alors que j’écris ce message j’écoute l’extraordinaire discours programmatique de Nicolas Sarkozy déroulé lors de l’interview donnée aux journalistes de TF1, avec des « c’est bien simple », « c’est tout de même extraordinaire » et des « si les gens veulent ne rien faire ou ont peur, c’est leur choix, mais moi ma responsabilité est d’agir, selon mes convictions » à tout bout de champ. D’autre part, cette décision d’interdire tout « arrêt sur image » est clairement stratégique, pour ne pas dire politique. Autant je reconnaissais jusqu’alors à Patrick de Carolis un professionnalisme allant au-delà de ses convictions personnelles, autant désormais son choix ou son laisser-aller dans cette affaire est détestable. Les informations constituent une masse de plus en plus énorme pour les citoyens, impossible à gérer ou digérer sans mettre le flux continu en pause. Analyser les responsabilités, les erreurs et les incorrections déontologiques ne peut pas se faire sans un temps de digestion et avec l’aide de quelques personnes habituées à cet exercice. Daniel Schneidermann, présentateur et inspirateur d'ASI
Si on peut espérer que la démarche d’Arrêt sur image sera poursuivie au travers de sites de partage de vidéos tels que Dailymotion , Kewego , Google , ou Youtube , ou même au travers du Big Bang Blog , en tant que citoyen on doit regretter qu’il ne soit plus possible au téléspectateur « traditionnel » de prendre du recul par rapport aux images qui lui sont imposées par des rédactions de plus en plus suspectes (je l’avoue, je n’avale pas la pseudo-clarification de Jean-Pierre Pernaut au 13 heures de TF1 , le 3 mai, après le vif échange du débat sur l’accueil des handicapés : « Pour information, le nombre d’enfants handicapés accueillis à l’école a plus que doublé depuis 2002 » - encore heureux que depuis que ce sujet douloureux est régulièrement évoqué, il a été pris en compte par les gouvernements en place ; mais la quantité n’est pas la qualité, or c’est la qualité qui était en jeu lors du débat -). Une phrase telle que celle que je viens d’écrire, par exemple, endormirait tout citoyen normal. Grâce à Daniel Schneidermann, le même citoyen pouvait comprendre que c’est un risque de plus de tomber dans la pensée unique (que notre très saint président combat avec force, monsieur D’Arvor, au nom de l’intérêt supérieur, unique, des français). Il faudra des années pour que toute la population ait des notions élaborées de montage, de cadrage et de rapport entre son et image. Avant cela, une émission de décryptage est indispensable. Alors signez la pétition pour le maintien de cette émission , car dans le pire des cas vous ne regardez jamais la Cinquième, donc vous ne serez pas dérangé, et si au contraire vous la regardez souvent, vous êtes sensible à la pluralité des opinions, des points de vue et des analyses, donc il vous paraît normal qu’un programme de valeur reconnue soit maintenu à l’antenne.
Publié le 23/06/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
La littérature changera le monde, disait-on autrefois, plein d'espoir. Elle joue en tout cas un rôle croissant dans la vie politique française.
Les livres historiques des hommes politiques avaient déjà servi à élargir leur autorité. Les livres politiques deviennent des pions stratégiques essentiels. En particulier lorsque les personnalités politiques se targuent d'indépendance vis-à-vis des médias, comme c'est le cas pour Ségolène Royal. En effet, agir contre La Femme fatale eût été fatal à son image de marque, alors que les pressions de Nicolas Sarkozy pour empêcher la fuite d'informations concernant son couple est plus cohérent vis-à-vis de ses discours passés. Maintenant qu'il est président, de toute façon, on sait que le personnage ne rend que les comptes qu'il veut rendre, et aucune volonté de clarté et de justice n'est plus forte que cette raison d'état (cf. les cadeaux de Giscard, la maladie et les écoutes pour Mitterand, les affaires de la mairie de Paris pour Chirac, alors même qu'ils proclamaient ouvertement leur honnêteté et la fausseté des accusations).
C'est à cause d'un livre (La Femme fatale ) qu'un autre livre s'est "renforcé" d'une annonce choc (Les Coulisses d'une défaite ), et c'est à cause de ce deuxième livre que le parti socialiste s'est déjà lancé dans une remise en question des personnes, avant la remise en question des idées, comme il l'avait souhaité. Pourquoi des livres, pourquoi pas des moyens modernes, comme des discours sur internet, des sites web 2.0, des documentaires commandités, ou des nouveaux logos idéologiquement connotés ? Parce que d'après moi le livre est un moyen de dialogue entre les "élites intellectuelles" : quand les journalistes ont quelque chose de massif à dire aux CSP supérieures, ils le font par le biais des livres. Quand les personnalités politiques ont besoin de faire une réponse longue et sans contradicteur aux journalistes, elles font un livre. Le "peuple", lui, tout ça lui passe par-dessus la tête, et c'est aussi bien pour tout le monde. L'information people, ce sont les destinataires qui vont la relayer voire la faire "fuiter" : les journalistes, dont le métier est au fond souvent de vulgariser l'information politique (je distingue ici journalistes et analystes, tels que Apathie, Barbier, Reynié, Cayrol) !
Le livre politique c'est la guerre politique continuée par d'autres moyens. C'est un extrême, mais comme l'est aussi la chanson populaire, promue de plus en plus sous une étiquette politique (Faudel chantant Mon Pays face à Diams chantant Ma France à moi, Noah contre Hallyday, le rap enragé de Sniper contre la techno clean de Jean Roch ou Martin Solveig...).
Sur l'histoire de la vie privée de Ségolène Royal, honnêtement, si cela a vraiment de l'intérêt, cela n'a pas de valeur, si je me réfère à un article précédent . Quelle conséquence pour nous ? Des questions moins pesantes sur les rapports entre Ségolène Royal, candidate déjà à la présidentielle 2012, et le parti, dirigé par François Hollande (tout conflit serait justifié, aux yeux des Sainte-Beuve de la politique - Mesdames Chemin et Bacqué, etc. - par les rapports personnels, tout comme le rapport politique de Sarkozy à Chirac serait marqué par son rapport personnel à son père Pal Sarkozy). Une personnalité peut-être décomplexée par son positionnement à la fois PS, MRC et MoDem (oui, je parle bien de Ségolène Royal). Plus de politique des idées, en fait, ce qui serait un progrès à gauche. D'ailleurs, ce progrès, la gauche de la gauche ferait bien de le faire également, parce qu'on parle de refondation du PS, mais rien ne vient troubler les stupides divisions qui minent une situation des altermondialistes anticapitalistes déjà difficile.
Etat tout de même étonnant du PS : il devait perdre, mais finalement gagne relativement du terrain par rapport à ce qui précédait la séquence présidentielle / législatives. Et pourtant ce gain relatif a montré combien la défaite a tenu à peu de choses, et combien il est nécessaire, tel Lyon dans sa reconquête d'un 7ème titre de champion de France, de se débarasser des mauvaises cartes et de bien reprendre en main les bonnes. Au risque de surprendre, d'après moi, et au regard d'une doxa économique de moins en moins bornée dans son Friedman libéralissime, la gauche devrait jouer la carte de l'économie contre la carte du social. On ne peut pas mettre tout le monde d'accord sur le plan social, surtout à l'échelle de l'Europe. On peut parvenir à des objectifs nationaux communs en matière d'économie.
Publié le 22/06/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
 164ème mondial et pourtant inconnu du grand public, Hur Suk-Ho mérite notre plus grande admiration. Non seulement parce qu'arriver à ce niveau de maîtrise et de coordination est remarquable (il devance cette année par exemple des golfeurs aussi connus que Fred Couples, le français Jean Van de Velde et Craig Parry). Mais aussi parce qu'il fait son travail dans le secret le plus total.
Si l'on en croit les informations très précises de L'Equipe , sa nationalité est... inconnue, et il est... 164ème joueur mondial. C'est tout juste s'il ne s'agit pas d'une apparition divine, d'un voyageur du futur venu tester ses capacités en golf, ou que sais-je encore.
Je le vois volontiers légèrement faible au drive, avec quelques imprécisions dues à un swing légèrement forcé. Son club favori est le sand wedge, avec lequel il fait merveille pour faire une approche avec effet rétro depuis le rough. Au putter il se débrouille, avec une moyenne de 1,95 coups quand il est sur le green. Il a hélas tendance à enchaîner les trous sous le par (birdies principalement) avec des grosses fautes de déconcentration (les double bogeys ne sont pas rares, surtout sur le retour du parcours). Son caddie est l'un de ses cousins, et leur associations fonctionne plutôt bien. A l'occasion d'une remise de prix des sportifs asiatiques il a rencontré la tenniswoman Ai Sugiyama, et la presse people nipponne parle de plus en plus d'une love story tumultueuse. Il possède par ailleurs un chalutier qui pêche en mer de Chine et aux abords de Singapour, dont il est très fier et qu'il compte léguer à ses enfants s'ils acceptent de poursuivre son exploitation. Vers 60 ans il prévoit de se remettre à la littérature, en particulier les nouvelles inspirées d'Edgar Poe et transposées dans la culture de la vallée du Mékong, où il a passé une partie de son enfance.
Si par malheur un jour il tombe dans un bunker ou se noie sur le parcours d'Augusta, il faudra qu'à Peeble Beach, à Evian ou au Qatar on lui consacre un monument. Sur ce monument du golfeur inconnu, je vois déjà le vieux Jack Niklaus, Ernie Els, Vijay Singh, Jim Furyk, Ian Woosnan, Michelle Wie, Annika Soerenstam, Stéphanie Arricau, Ian Poulter, Severiano Balesteros, Padraig Harrigton, Jack Palmer et bien évidemment Tiger Woods, venir déposer un caddie de fleurs pour célébrer comme il se doit Hur Suk-Ho, golfeur devant l'Eternel retourné auprès de l'Eternel.
Toute ressemblance ou caricature d'une personne existant ou ayant existé serait purement fortuite. Aucune balle de golf n'a été frappée durant la rédaction de ce texte.
Publié le 22/06/2007
Par fxboffy
Humeur : Tendre
 C'est un exercice vieux comme l'écriture, mais au lendemain de la fête de toutes les musiques je souhaitais fêter toutes mes musiques, celles qui me sont proches.
Par avance je m'excuse auprès des compositeurs morts et vivants que je ne cite pas, c'est uniquement une question de préférence, qu'ils n'en fassent pas toute une vie...
Mes 20 plus grands plaisirs musicaux (10 classiques, 10 "populaires") sont:
- Le Trio pour violon, violoncelle et piano de Franz Schubert (une merveille de légèreté, de variété, de violence, et de dialogue entre les instruments)
- La Symphonie Concertante de W.A. Mozart (des airs inoubliables, toniques, classiques en diable, propres à mettre des couleurs dans nos vies citadines)
- Le Requiem du même W.A. Mozart (plus grandiose et tragique que toutes les pompes de Wagner réunies)
- Beautiful de Marillion (en balance avec Afraid of Sunlight, mais quoi qu'il en soit la meilleure drogue douce que je connaisse)
- Atom heart mother de Pink Floyd (faire tomber les murs entre classique et chanson avec tant de talent, vive le "rock progressif")
- The Unfolding de Dead Can Dance (quel timbre de voix, Lisa Gerrard, et quelles vagues vocales sur ce morceau !)
- Sweet Dreams de Eurythmics (impossible de ne pas danser, taper des doigts sur la table, et pourtant impossible de danser sans être ridicule; ah, le mulet de Mac Gyver, Margaret Thatcher, l'Ethiopie, Michel Platini et Maradonna au Mexique...)
- Un Homme pressé de Noir Désir (quand le rock prouve qu'il n'a rien à envier au rap en matière de force des paroles et tonus rythmique, c'est un bonheur)
- Bohemian Rhapsody de Queen (fous et folles de vie se retrouvent dans cette folie, furieusement baroque)
- Nothing Else Matters de Metallica (des furieux qui jouent les doux, ça marche assez souvent, et ici tout particulièrement; et puis, les filles de 1977 aimaient ça...)
- Coma de Guns N' Roses (en particulier à cause de la violence ultramélodique des solos de Slash; un effet cathartique assuré si on accroche au trip rock métallique)
- Infinte Dreams de Iron Maiden (encore un morceau de brutes jouant assez posé, aux ruptures de rythme très chouettes, et au final magnifique sur guitare sèche)
- Mulholland Drive Theme d'Angelo Badalamenti (l'angoisse, la majesté, les tourments de l'âme et le vent nocturne dans les frondaisons, c'est extatique!)
- I'm Deranged de David Bowie (la rencontre entre Lynch et Bowie, c'est une rencontre du 4ème type !)
- L'été de Antonio Vivaldi (de l'énergie, de la vie, de la nature mais aussi un grand moment culturel et une virtuosité technique ébahissants)
- L'hymne à la joie - Symphonie n° 9 de Beethoven (à cause de l'avenir européen, à cause du Cercle des poètes disparus, et à cause du présent exalté grâce à ce morceau)
- Gattaca : Morrow Theme de Miles Nyman (une restitution magnifique des sourdes amertumes et des espoirs naissants, et un sublime écrin de souvenirs)
- Ainsi parlait Zarathoustra - Introduction de Strauss (quand Nietzsche, 2001 L'Odyssée de l'espace de Kubrick et l'épopée se rejoignent, je suis enthousiaste; j'aurais pu mettre aussi O Fortuna de Carl Orff, mais il faut choisir...)
- Libiamo... - La Traviata Acte I de Guiseppe Verdi (une mélodie altière, un rythme dansant et des vocalises rayonnantes; j'aurais pu aussi choisir Sempre Libera ou Un dì Felice, toujours dans la Traviata, ou L'Amour est un oiseau rebelle - Carmen, de Bizet, ce dernier en particulier interprété par la vénéneuse Marina Domashenko)
- Enfin, mon dernier coup de coeur musical irait à... Né en 17 à Leidenstadt de Fredericks, Goldman et Jones (on pourrait reprocher le côté bien-pensant, mais si ce genre de pensée pouvait un peu plus circuler sur terre ce ne serait pas un mal; le piano est très doux, et le trio est sans doute ce que Goldman compositeur a le plus réussi).
Que le choix fut difficile à la fin ! J'avais préparé une liste, mais évidemment plusieurs autres morceaux venaient me polluer tandis que je tapais ce message; adieux donc, Ennio Morricone (Il était une fois dans l'Ouest), Georges Delerue (Le Mépris - Camille), David Watson, Raymond Benson et Dana Glover (Ultima VII Serpent Isle), Black (Wonderfull World), Prince (Purple Rain), The Breeders (Cannonball), Abba (Gimme, Gimme, Gimme), Stéphane Picq (Dune - A spice opera), Jean-Michel Jarre (Equinoxe 5), Vangelis (Blade Runner ou Blush Response), Tasmin Archer (Sleeping Sattelite), Rammstein (Rammstein), Madonna (Music, La Isla Bonita ou Frozen), Tears fo Fears (Shout), The Beattles (Revolution, Yesterday, Let it be, Paperback writer ou Strawberry fields), The Righteous Brothers (Unchained Melody), Elvis Presley (Love me tender), Johnny Halliday (L'Envie), Michel Sardou (Les Lacs du Connemarra), Scorpions (Still loving you ou Wind of change), Erik Satie (Gymnopédie), Michel Berger (Le Paradis blanc ou Only the very best par Peter Kingsberry), Jose Luis Perales (le magnifique Porque te vas de Jeanette), etc.
Publié le 21/06/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
En l'honneur de la fête de la musique, fête du soleil, en l'honneur de la reverdie et retour des hormones estivales, une petite citation de Djack Lang :
Jack Lang en Guitar hero, lieu, temps et auteur indéfinis.
"Je veux que chaque Français sorte son instrument, le prenne en main, et descende dans la rue pour montrer à ses voisins ce dont il est capable".
Les jeunes descendent dans la rue pour montrer ce dont ils sont capables; sachant qu'il y en a, jeunes ou pas jeunes, qui veulent se montrer capables de tout, on risque d'avoir des surprises ce soir...
Nicolas Sarkozy, seul président de la république fan de Maltosh ! (un groupe à écouter d'urgence s'il passe près de chez vous, indépendamment de toute conviction politique)
Publié le 21/06/2007
Par fxboffy
Humeur : Au secours !
Un court message pour me révolter contre une pratique qui n'a d'autre but que de s'épuiser elle-même : la retouche photo pour des photos de mannequin. Embellir les belles, c'est aussi navrant d'après moi que d'enlaidir les mannequins, de customiser les Porsche, de mettre des moustaches d'Hitler à toutes les affiches politiques.
Je suis contre la barbisation, parce qu'elle rend artificiels des êtres humains déjà très déformés par notre culture (c'est un peu la goutte d'eau qui fait déborder le miroir)Je suis contre la glaciation, parce qu'elle accentue la division, purement imaginaire, entre les "beaux, riches, célèbres qui rêvent de vivre libres et tranquilles" et les "normaux, laids et modestes qui rêvent d'être beaux, riches et célèbres".
 Je suis enfin contre la plastification, parce qu'il serait vain d'en chercher la fin (toujours plus de perfection de la peau, des cheveux, du blanc d'oeil, de la pulpe du doigt, des reflets des sourcils supérieurs, des grains de beauté bien placés, des lobes d'oreille piercingués, etc.). Et surtout, cela fait naître un désir contraire, d'humanisation des clichés de mode, avec des filles plus "normales", dans des situations plus "communes", des effets de flou et d'imperfection parfaitement gérés. On voit là l'impasse, c'est une poursuite dialoguée entre le naturel et l'artificiel, entre la nature et la culture qui stérilise les postures des photographes, les compétences des mannequins, les goûts des magazines et détourne les recherches artistiques de toute une palette de questions : le hors-cadre, les textures, le statut du lecteur-consommateur, la création textile en perpétuel renouvellement, les échelles de taille, la profondeur de champ, le rapport photographié / dessiné / peint, l'image en mouvement, etc. Toutes ces photos avant / après sont l'oeuvre de Pierrick Chancrin, alias Mr Piopio, présentées actuellement sur le site de L'Internaute .
Publié le 19/06/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
(C) http://chiaroscuro.baltiblogs.com
Suite à une discussion des plus intéressantes, j'ai saisi plus précisément la différence faite par Kant entre la valeur et le prix. Cette distinction peut en effet intéresser toute personne amenée à réfléchir sur l'économie des médias, puisque les diffuseurs gratuits se sont multipliés ces dernières années. On rencontre des quotidiens gratuits , des sources gratuites de vidéos , des sites de partage de musique , et même des services juridiques , techniques, proposés sans contrepartie financière. Est-ce à dire que leurs informations n'ont aucune valeur ? Sans doute pas !
Le web 2.0 , qui consiste je le rappelle en une structure participative de création de contenu et de prise de décision, montre clairement que les contributions, bien qu'accessibles gratuitement, ont un intérêt pour de nombreux autres consommateurs. Je parle d'intérêt, car cette notion d'intérêt doit être intégrée à la réflexion pour comprendre le mécanisme de partage gratuit des informations. Il est clair que le prix de l'information dans les médias de masse tend vers zéro; l'économie de l'information ne se fonde plus tellement sur le prix, mais sur l'intérêt que recèlent les informations pour telle personne, tel groupe ou pour une majorité de consommateurs.
Evidemment, on pourra dire que les monographies publiées en librairie, le succès croissant des sites payants en ligne démontre que la notion de prix fait de la résistance, en particulier pour les documents ou informations susceptibles d'intéresser un très grand nombre. Ce "susceptible d'intéresser un très grand nombre" imprécis, recouvre soit du pur intérêt, qui s'épuise avec le temps (par exemple, le nom du buteur du match Ecosse-France, ou le coût d'une action Veolia à une date précise), soit la valeur de l'objet-information, qui reste présente quelles que soient les conditions de consommation (par exemple, un roman de Balzac, la vidéo du match France-Brésil de la coupe du monde 2006, ou l'analyse de l'évolution de l'action Veolia en 2006). Le prix de l'information est de toute façon déconnecté de sa valeur, même si à long terme la valeur d'une information ou d'un document génère intérêt et prix.
La massification de la diffusion, au lieu de dévaloriser l'information, la déprécie. C'est au contraire une chance pour les documents de valeur, parce qu'ils sont mieux respectés que les autres et à terme peuvent prétendre s'échanger contre un prix non modique (voir l'exemple des chanteuses issues du buzz de Myspace). Les créateurs méritants sont-ils pourtant condamnés à se faire piller, et à ne tirer aucun bénéfice des informations qu'ils proposent ? S'ils sont méritants, ils attirent un intérêt durable; et s'ils attirent sur leur nom un durable intérêt, à eux de monnayer leurs contributions ultérieures et de faire monter les prix !
La notion d'auteur de document, jusqu'à l'apparition des fils RSS en tout cas (et encore, d'après moi cela ne change pas profondément la donne), est indissociable de la notion d'oeuvre. Suivant en cela les thèses de José Luis Diaz, je constate chaque jour l'autorité conférée à un article par son auteur (cf. Jean-Michel Apathie ou Guy Birenbaum sur Agoravox), et réciproquement (la valeur générale des articles de Wikipedia amène à accorder une certaine confiance à cet "auteur" collectif).
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