Une fois de plus, je m'avançais, le long de ces couloirs où les tapis épais étouffaient les bruits de pas dirigés tantôt vers des miroirs, tantôt vers des fenêtres ouvrant des perspectives inconnues sur les statues impassibles des jardins de Marienbad.
(Li brement inspiré d'Alain Robbe-Grillet)
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Publié le 31/07/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Ayant eu l’occasion de participer à une excellente semaine sous le signe de Cana, organisation vénérable liée au mouvement chantant, laudatif, oecuménique et charismatique La Communauté du Chemin Neuf, je souhaitais vous faire part de quelques associations de mots amusantes que j’ai collecté, entre deux temps de partage en famille ou en groupes très fraternels. Quand on fait cette « session », on fait Cana. Mais si on est accro, on peut toujours demander à la refaire l’année suivante, c’est Cana bis (cannabis, psychotrope dont je déconseille fortement l'usage régulier) ! La semaine se déroule au bord du lac du Bourget (celui sur lequel Lamartine se torturait de passion), mais il est impossible de taquiner le goujon ; c’est par là que Cana pèche (canne à pêche). Il est beaucoup question de réglages plus ou moins grands dans la vie de couple. Mais si le torchon brûle trop entre les conjoints, ils sont tentés de tout arrêter, même s’il s’agit sans doute d’un dernier recours pour stopper l’incendie : c’est Cana der des ders (Canadair, marque d'avion bombardier d'eau). Le séjour commence par un petit rappel de l’histoire vieille de plus de 20 ans de ce rassemblement rituel. Il paraît que les indépendantistes basques aiment beaucoup cette partie du programme, car c’est Cana l’historique (canal historique, partie de l'ETA et d'autres organisations terroristes). Chaque matin avant même que ne résonne la cloche de l’abbaye de Hautecombe, un âne fait vibrer la vallée de ses cris puissants. Cet équidé est devenu cette année le symbole de Cana, c’est le Cana son (canasson). Une personne de l’assemblée soulignait avec malice combien le côté très imparfait des ânes de Hautecombe, dans ces lieux et avec ces gens (les membres de la Communauté du Chemin Neuf) si saints, constituait le « supplément d’âne » de la semaine.
Publié le 30/07/2007
Par fxboffy
Humeur : Au secours !
Hamlet disait « Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark ». Shakespeare est toujours d’une actualité brûlante, plus de 4 siècles plus tard. Les moeurs ont changé, ce n’est plus un oncle régicide, ce sont des sportifs sporticides. En apprenant le retrait mille fois justifié de Rasmussen, le cycliste danois qui survolait le Tour de France, je me suis demandé depuis combien de temps cette belle épreuve sportive n’avait pas couronné un coureur au-dessus de tout soupçon.
La Grande Boucle de Floyd Landis fut trop arrosée au whisky et à la testostérone. Lance Armstrong, son compatriote et ami a sans doute gagné 2 ou 3 Tours de France en valeur absolue, mais a pu monter 100 kg sur le porte-bagages pendant de trop nombreuses étapes pour mériter toute la considération due à son palmarès (une étude énergétique a révélé que lors d’une édition, la puissance développée par les 10 premiers du classement général, y compris Christophe Moreau d’ailleurs, pour l’ascension rapide des grands cols relevait de l’exploit à la limite de l’humain… La conversion en lest sur le vélo à plat était tout à fait parlante, et se comptait en dizaines de kilos de lest pour les plus rapides).
Bjarne Riis a reconnu, c’est tout à son honneur, avoir employé des moyens illégaux pour jauger le visage grimaçant du Poulidor allemand, Jan Ulrich, et le déposer comme une fleur lors de l’ascension de l’Alpe d’Huez (ou était-ce Sestrières, le Col de l’Aubisque ou le Port d’Aspet ?). Tiens, déjà le Danemark. L’Elefantino est mort prématurément, soulignant par là combien il avait trompé son monde, malgré son panache, lors de sa victoire dans le Tour. On irait alors de Indurain à Contador dans les marécages du dopage ? Comme dans tous les marécages, les limites sont floues. Miguel Indurain avait tant de talent, sa biologie semblait si humaine (avec un net vieillissement de son organisme et une capacité déclinante en montagne d’année en année) que je suppose qu’il était à peu près « clean ». Alberto Contador, cette année, fait partie de Discovery Channel, ex-US Postal, et je l’avoue, cette équipe me rend méfiant : c’est l’équipe de Savoldeli, dont le renouveau doit beaucoup à la science. C’était l’équipe de Landis, Armstrong, et d’un autre coureur anglo-saxon dont j’ai oublié le nom, réputé pour sa capacité à surmonter la douleur (il avait fait la moitié d’un Tour avec une clavicule cassée), et mis récemment sur les listes d’utilisateurs de produits dopants. Méfiance donc, sauf s’il s’agit d’une vraie perle apte à relancer ce sport moribond, par la faute de ceux qui en vivent… Adieu Simpson, adieu Coppi, adieu Anquetil, adieu Pedro Delgado, vivent « Ti Jaune » Voeckler, Moncoutié, Kasheshkin, Boonen, Basson, Chavanel, entre autres, parce que leurs hauts et leurs bas sont un vrai signe d’humanité.
Publié le 28/07/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Les plages, oui, mais pas celles qu'on croit... J'ai passé quelques temps sur des plages de temps, du temps profitable et non du temps subi. Un peu de trempette dans l'eau du lac, la contemplation des montagnes et un magnifique "supplément d'âne". Des ânes qui entonnent un tonitruant "HiHan" au petit matin, la vie sous la tente, les discussions très ouvertes et les échanges de services très naturelles, c'étaient des vacances très agréables, de vraies vacances d'activités professionnelles et quotidiennes.
Parmi les discussions très intéressantes, il en est une qui me touchait très particulièrement et sur laquelle je reviendrai sans doute : la place de la femme dans l'église catholique. Tout un programme !
Publié le 22/07/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Quelques jours de plage, où mon ordinateur desktop ne peut me suivre. A bientôt.
Publié le 21/07/2007
Par fxboffy
Humeur : Maussade
Je le signale juste en passant, la pétition de soutien d'Arrêt sur Image (ASI pour les intimes) a été close et envoyée à qui de droit. Sans espoir à court terme sans doute, mais les évolutions de l'audimat à long terme vengeront, je pense, Daniel Schneiderman et son équipe. Et les yeux des dirigeants de la quatrième chaîne publique (France 2, 3 et 4 étant les 3 premières numériquement) s'ouvriront, et il verront que cela n'était pas bon. Alors ils auront des noeuds dans le ventre et se repentiront amèrement en se frappant la poitrine.
Le style employé à la fin du paragraphe précédent : (c) Saint Jérôme - La Vulgate. Librement inspiré de Monty Python Sacrée Graal.
Cela explique la disparition du bandeau en haut de ma page, ce qui ne signifie pas que l'existence d'une telle émission télévisée d'analyse critique de la télévision soit devenue sans intérêt !
J'ai eu l'occasion d'y penser très fort hier soir, devant le dernier Harry Potter (version film, je le précise pour éviter d'être cité dans les recherches sur le dernier roman de JK Rowlins ). La Gazette du Sorcier, organe de presse théoriquement indépendant mais en fait totalement tributaire du ministère de la magie, aurait bien eu besoin de sa chronique "Arrêt sur article" pour mettre en lumière la méthodologie lamentable des journalistes à propos du sort Patronus d'Harry Potter et des manoeuvres belliqueuses de Dumbledor. D'ailleurs, je le remarque en passant, la plupart des transitions d'une séquence à l'autre se faisait par le biais de ces "faits" falsifiés, comme si le spectateur n'était qu'un lecteur de journal, et non un témoin direct de l'intrigue. L'histoire, la vraie, reste soumise à l'analyse critique du lecteur-spectateur et au recoupement des sources (roman / film par exemple...). A ce titre, j'ai trouvé Harry Potter et l'Ordre du Phoenix certes répétitif par rapport aux épisodes précédents, mais aussi intéressant au travers de certaines thématiques (le rôle de la presse, le volonté de puissance, la meilleure défense c'est l'attaque).
Publié le 20/07/2007
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
 Seul sur le sable... c'est l'incipit de la chanson sucrée Hélène de Roch Voisine; mais c'est aussi une image qui traverse l'imaginaire du lecteur de Dune. Au risque de me répéter, Dune est (presque) une Bible, avec ses enseignements, ses guerres métaphoriques, son prophète, son altermondialisme à la Hobbes ( ). Ce livre de Frank Herbert ne vous laissera plus jamais regarder les hommes du désert de la même façon : il y a du freemen en eux, et à l'instant par exemple je repense aux résistants du Darfour qui se terrent dans les régions arides et attaquent, avec leur violent instinct de défense du sol comme seul avantage, les Janjawids surarmés.
 Les théories de Frank Herbert, l'auteur d'un livre unique aux multiples tomes, ne sont pas toujours sans danger, flirtant parfois avec l'eugénisme et la vision scientologique d'un Lou Ron Hubbard. Mais le propos est souvent plus complexe que lorsqu'on lit un résumé bâclé : le Bene Gesserit est certes une société eugénique, mais Jessica Atréides, en s'affranchissant des règles, crée l'inattendu (Paul) et donc dépasse le projet d'origine, la vie reprend le dessus.
Certaines personnes pourraient être rebutées par l'étiquette de science-fiction, mais peu d'oeuvres interrogent aussi profondément les rapports de l'individu et du collectif, qui sera toujours en question tant qu'il y aura des hommes sur Terre. Quiconque s'est intéressé à La Condition humaine de Malraux par exemple, peut se plonger avec confiance dans les deux premiers tomes de la saga. Les arbres généalogiques sont bien plus simples que ceux des Rougon de Zola, la technologie est au fond très allusive et ne constitue vraiment pas le coeur de l'oeuvre, la psychologie des personnages est intéressante, l'intrigue cohérente et réserve pourtant quelques surprises, la dimension réflexive sur la portée des paroles n'est pas absente, vous n'avez donc aucune raison de ne pas (re)lire ce titan de la littérature, par exemple sur le sable, seul(e).
En revanche, je déconseille vraiment aux personnes qui ont un léger complexe d'infériorité et/ou de supériorité d'enchaîner la lecture d'Ainsi parlait Zarathoustra avec cette sorte de "Ainsi parlait Muad'Dib" (Dune), tout en écoutant O Fortuna de Karl Orff ou Seventh Son of a Seventh Son d'Iron Maiden; le concept du surhomme + celui du Kwizatz Haderach = l'image très pesante d'une quête de dépassement des limites humaines, à l'aura nettement mégalomaniaque. C'est sans doute pour cela que tant d'adolescents sont zinzins de ces deux livres très différents, mais n'en tirent pas le meilleur profit par une adhésion trop primaire au contenu littéral... Je dois l'avouer, j'ai été adolescent un peu zinzin, mais le temps a passé... et ces écrits magnifiques et riches restent.
Publié le 17/07/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
 La Bible. Un ensemble de livres qui fait le livre des anciens et des modernes. Les histoires sans fin, mais aussi les histoires si fines, les incompréhensibles cruautés du dieu hébraïque, le destin incompréhensible du nazaréen Jésus, fils de Marie et frère de Jacques.
Le nombre de relectures ne fait rien à l'affaire : le texte reste rétif à l'épuisement, sa valeur perdure au travers des siècles, au travers des différentes interprétations. Les anglo-saxons en ont plus conscience que nous francophones, à cause des lectures qu'exigeait et autorisait le protestantisme, la bible est une pépinière pour tout le reste de la littérature. Sans bible, Shakespeare n'aurait pas été aussi riche. Sans bible, Rousseau, Voltaire, Hugo, Joyce, Proust, Nietzsche et Le Clézio n'auraient pas écrit comme ils l'ont fait.
Je ne peux malheureusement pas juger de la valeur littéraire du Coran, à cause d'une pratique et d'une culture versées dans le christianisme. Je n'ai que survolé les Prophécies de Saint Jean D'Acre, le grand livre de la foi Ba'hai, je ne peux donc pas non plus dire si je les lirais des années durant. Le Brahmasutra (c'est comme cela qu'on dit?), livre de la sagesse hindouiste, mérite-t-il aussi la rumination sans fin?
Mais je suis certain que la bible, si religieuse soit-elle, est une oeuvre littéraire sans égal dans l'histoire des hommes, par-delà son aspect composite.
Publié le 16/07/2007
Par fxboffy
Humeur : Ironique
 Relativement indigeste pour certains, monumental et merveilleux pour d'autres, je lis et je relis avec toujours autant de stupéfaction les chapitres poétiques et brillants d' Ainsi parlait Zarathoustra. Friedrich Nietzsche est mort fou, ce n'est pas une raison pour considérer que cet objet écrit non-identifié a été écrit par un auteur fou.
Au risque de paraître sacrilège, ce livre est une bible, avec sa mythologie, avec ses paraboles, avec son prophète et ses commandements étranges. Les mystères de cet ouvrage dense reviennent en mémoire, avec leur opacité et pourtant des éclairs d'évidence. Quand on scanne les actualités du monde, le "il faut décliner" reste d'actualité. Toute personne qui se sent proche des questions de la lecture et de l'écriture garde en esprit le chapitre "Du lire et de l'écrire", où l'on enjambe les montagnes et les vallées.
Fontaine de Triton, inspiratrice de Nietzsche. Tirée du blog de J.M. Bellot.
Devenir lion, devenir chameau, devenir enfant, c'est étrange et simple et pourtant c'est évident; l'homme comparé à l'acrobate qui fait le beau, qui tombe et grimace de douleur sous le regard des passants, c'est cruel mais si pertinent. Inlassablement, très simplement, malgré la barrière de la traduction, l'écriture de Nietzsche tourne autour du lecteur et le marque, en bien ou en mal, irrémédiablement.
Pour ma part, je considère avoir eu l'heur de rencontrer ce livre-monde.
Publié le 15/07/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
 Lire est une chose formidable, mais c'est la relecture qui permet de juger une oeuvre, au-delà de la première impression, de la première émotion ou du premier intérêt. Je ne voudrais pas me répéter, autant une oeuvre peut être intéressante en première lecture, autant il faut qu'elle soit de grande valeur pour procurer plaisir et intérêt au cours d'une relecture, quelques mois ou quelques années après.
Dans le désordre, semaine après semaine, je décrirai rapidement un des livres dont je pense que la relecture, que les relectures n'épuisent pas et qui me touchent. Premier ouvrage précieux à mes yeux.
Mydriase est un essai poétique de Jean-Marie Gustave Le Clézio, qui prend pour thème l'écarquillement des yeux de l'enfant lorsqu'il arrive au monde. Geste primitif mais geste premier, fondateur de la relation de l'humain à son environnement, porteur de tant d'implications sur nos vies, ici décomposé millième de seconde par millième de seconde quasiment, mis en valeur et mis en relief, re-présenté aux yeux ébahis de ses lecteurs. C'est un opus très court mais inoubliable, qui impressionne par sa densité et sa richesse et laisse songeur... de la naissance à la mort.
Je ne peux d'ailleurs que conseiller l'oeuvre de JMG Le Clézio, du fait de sa diversité, du fait de sa pertinence dans les mondes dans lesquels il a vécu, du fait de cette alliance très fine entre des contraires, l'émotion et la méditation, le silence et la parole, l'humain et la nature, l'avant et l'après, le proche et le lointain...
Pour tout vous dire, je réfléchis sérieusement à adhérer à l'association des amis de Le Clézio, créée à Chambéry il y a quelques années.
Publié le 14/07/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
C'est une histoire caustique classique à laquelle j'ai eu envie de rajouter un petit jeu de mots de mon cru.
Il était une fois en Asie du sud-est un vieux sage, très très sage. Il avait des disciples, des serviteurs, dont l'un était, accessoirement, spectateur passionné du tennis français. Le vieux sage demanda à ce serviteur d'aller lui chercher du riz dans le village, auprès de son ami expert en riz Ber-Song. En échange de ce grand service, il aurait le droit de manger la moitié du riz.
Ni une ni deux, le serviteur très très serviable se rend au village. A peine la première maison passée, il entendit le rire de Ber-Song, très connu dans ce pays. La quantité de riz était importante, le serviteur se réjouit alors; il remercia l'honorable Ber-Song et pris le chemin du retour. La route était longue, sinueuse et escarpée, et le jeune serviteur avait faim. Lui revinrent en mémoire les paroles de son maître : "tu auras le droit de manger la moitié du riz". Il s'assit sur une pierre et mangea la moitié du riz. Un peu plus loin, alors que la demeure du maître n'était pas encore en vue, il eut encore faim. Il avait le droit de manger la moitié du riz, il mangea donc la moitié de ce qui restait.
De pause en pause, il mangeait à chaque fois la moitié du riz, si bien qu'arrivé chez son maître il apporta une grande vasque avec dedans une simple bouchée de riz. Le vieux sage demanda : "Mais pourquoi y a-t-il si peu de riz?" Le disciple lui expliqua qu'il en avait mangé la moitié, comme le maître le lui avait dit. Puis la moitié, puis la moitié, puis la moitié, etc.
Alors le maître, stupéfait, demanda : "Mais comment as-tu fait pour manger tant de riz?" Le disciple répondit : "Comme ça !" et jeta la dernière bouchée de riz dans sa bouche.
Moralité : Quand on se sert en riz, le compte est bon !
(Henri Leconte; on peut aussi reconnaître au détour de l'histoire, un peu déformé, le nom d'Henri Bergson).
PS : Bonne fête nationale à tous les européens qui défilent sur les Champs Elysée ! 
Publié le 13/07/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Alors que la pétition pour le maintien de l'émission Arrêt sur image va prendre fin (plus que 6 jours pour signer, avant envoi, sans assurance de résultat à court terme mais avec la certitude d'avoir marqué le microcosme médiatique), une rumeur m'a surpris en parcourrant le Big Bang Blog de l'équipe d'ASI : une proposition de production par le biais des régions !
 Dans cet article , Daniel Schneiderman s'interroge sur la possibilité d'indépendance vis à vis de Ségolène Royal si une telle éventualité se produisait. Il prône l'ouverture aux deux région UMP (Alsace et Corse) pour garantir l'équité et la probité de l'émission. Je me permettrais une remarque dans cette affaire : comme il le dit lui-même, le service public est dépendant du budget voté par une majorité politique, et le fait d'être indépendant au sens strict dans de domaine de la télévision semble impensable actuellement, tant les coûts de production sont élevés si on souhaite toucher un large public.
Ce qu'il faut viser, en télévision comme en presse (je rappelle à votre mémoire la grêve des journalistes des Echos contre l'acquisition du titre par Bernard Arnault), ce n'est pas l'indépendance mais l'autonomie. Se donner à soi-même sa propre loi en la rendant la plus universelle possible, voilà un objectif à la foi fou et raisonnable pour tous les producteurs innovants. C'est un jugement personnel, mais il me semble que Canal +, malgré une évidente proximité de ses instances dirigeantes avec le pouvoir en place, a su préserver son statut de franc-tireur et de pamphlétaire. Peut-être parce qu'il s'agit de l'image de marque de la chaîne, et rien ne serait plus destructeur pour cette chaîne que de devenir falotte vis-à-vis du pouvoir et des autres médias.
Publié le 12/07/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
 Après 66 articles publiés, je m'impose une pose estivale, non que je cesse de publier mais je souhaite préparer mes écrits à venir, et me consacrer à plus de réactions à l'actualité. J'avais oublié combien c'est important de s'astreindre à l'écriture, parce que l'exercice mental en question est excellent au moral. Jean Delabroy a dit, lors d'un de ses cours : "jamais un jour sans écrire une page", et je mesure le plaisir personnel que peut procurer cet effort régulier. Merci en tout cas aux quelques personnes qui ont lu ces articles, et à très bientôt (dès demain pourquoi pas ?).
Publié le 11/07/2007
Par fxboffy
Humeur : Au secours !
Cette image ci-dessous n'est pas extraite des comptes-rendus officiels, elle ne représente que l'absurdité d'une prise d'otage et l'absurdité de la gestion de la crise de la Mosquée Rouge par l'état pakistanais.
Comme un film de sabre, mais avec des armes à feu, et l'absurdité de tuer...
Publié le 11/07/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
C'est la période en football, mais pourquoi utiliser aussi cette expression pour parler du tennis ? L'herbe rase et les rebonds ne sont pas les seuls points communs entre tenniswomen et -men d'une part et les footballeuses et -eurs d'autre part. L'encouragement d'une héroïne de la raquette peut se transférer à une nouvelle tête de série, tout comme on peut laisser partir des grands joueurs et s'enthousiasmer pour des nouveaux arrivants ou des jeunes pousses.
Marion Bartoli fera désormais toujours un peu vibrer les foules Dans cette affection qui se transfère, il est très intéressant de saluer l'arrivée surprise de Marion Bartoli sur les sommets du tennis féminin, et la confirmation - enfin - de l'avenir de Richard Gasquet au plus haut niveau. On était restés attachés à Amélie Mauresmo (espérant un troisième titre du Grand Chelem) et Sébastien Grosjean (espérant une résurrection), il va falloir compter avec Marion sporadiquement, Tatiana Golovin certainement, Richard dès la fin de saison, Gaël Monfils pour certains "coups", Nicolas Mahut peut-être aussi.
 A l'étranger, je suivais avec intérêt le parcours de Vaidisova depuis sa victoire stupéfiante l'an dernier contre Amélie Mauresmo à Roland Garros, je suivrai à partir de cette année la carrière de la belle Ana Ivanovic, dont les atouts durables dans le jeu sont pour moi encore un mystère.
A propos de Richard Gasquet, il y a comme un soulagement du public et de certains médias à pouvoir enfin transférer leur affection sur lui, après des années d'attentes parfois déçues. Je parle bien d'années, tant avait été médiatisé son premier match à Roland Garros senior contre Pete Sampras, et tant la presse spécialisée avait misé sur son avenir depuis avant le règne de Roger Federer 1er. Sébastien Grojean aura donc maintenant une double difficulté à redevenir l'idole des foules tennistiques : sportivement, il faudrait remonter de 50 places, et affectivement, son heure de popularité semble passée. Qu'elle est loin la finale du Masters contre Hewitt et la finale de coupe Davis contre l'Australie ! C'était avant l'arrivée de la planète Richard, après le départ des étoiles Forget et Leconte...
Sautant du coq à l'âne je ne peux passer un mois de juillet sans parler des transferts de fonds réalisés au vu et au su de la Terre entière entre la France, l'Allemagne, l'Angleterre, l'Italie et l'Espagne. 24 millions par ci, 15 millions par là... Tout cela, en quelques heures, comme si on parlait de stocks-options ou des emplettes de fonds de pension américains. Mais il est question d'êtres humains, consentants, et même bien contents d'être l'objet de tant de marchandage.
- Je t'échange mon buteur international Roumain contre 2 défenseurs de ton centre de formation plus 1 million d'euros, ça marche? - Disons 850 000 tout de suite et 150 000 s'il marque plus de 8 buts. Au fait il est d'accord ? - Peu importe, de toute façon il est communautaire maintenant, il a intérêt à se montrer...
Les transferts de joueurs c'est une chose, mais les transferts de l'affection pour les joueurs, elle est toujours plus difficile.
 Djibril Cissé a été transféré à Marseille, mais il lui reste encore à gagner l'affection de nombreux supporters de la cité de Papin, Drogba et Nasri.
Je pense qu'avec leur rendement, Thierry Henry et Eric Abidal vont vite se faire des amis du côté du Camp Nou (FC Barcelone). En revanche, je suis très dubitatif sur la réussite d'un garçon (pourtant très talentueux) tel que Stéphane Dalmat à Sochaux (une équipe qui risque de faire se prolonger la surprise de cette année, grâce au quintet Richert - Afolabi - Bréchet - Sène - Pitau).
Entre autres animateurs du marché des transferts, j'ai un vrai coup de coeur pour les choix, année après année, des dirigeants lyonnais. La liste des joueurs dont cette équipe a été affaiblie ces dernières années est étonnante : Bréchet, Anderson en fin de carrière, Marlet, Malbranque, Dohrasso, Edmilson, Carrière, Luyundula, Essien, Diarra, Monsoreau, Tiago, Malouda, Abidal. Et pourtant, il y a une telle capacité de renouvellement par des transferts habiles (Réveillière, Tiago, Abidal, Squillaci, Fred) ou des éclosions (François Clerc, Benzema, en attendant le vrai Ben Arfa...) que l'équipe semble insubmersible.
C'est faux, mais il faut reconnaître qu'elle a des atouts. L'arrivée de Bodmer va sans doute rendre plus rapide le départ d'Alou Diarra, une des rares grosses déceptions de l'OL ces dernières années avec Elber et Carew. Mais il ne va pas révolutionner autant le jeu Lyonnais qu'un Cabaye ou un Nasri par exemple. Keita en revanche va proposer une véritable accélération et une force de percussion à droite, semblable à Malouda les 2 années précédentes. Il donne donc pour moi une grande valeur ajoutée à l'équipe. Le fait de forcer Ben Arfa à prendre ses responsabilités serait une chose excellente, surtout si le système 4-3-3 évolue parfois en 4-4-1-1 comme la France en Coupe du Monde (2006). Mais alors, quel attaquant serait plus rapide que Fred pour cete configuration ? Eto'o serait un excellent choix, et à 20 millions d'euros il serait peut-être accessible.
 Les Bleus de demain à l'OM (au centre, Nasri) et à l'OL (Benzema à gauche et Ben Arfa à droite)
Le problème étant qu'alors, il ne reste plus rien pour doubler l'aile gauche en cas de blessure du jeune footballeur révélé au grand public dès 12 ans par le reportage A la Clairefontaine (périphrase pour dire : Hatem Ben Arfa ). Jimmy Briand et Johan Elmander seraient des bons choix en attaque si les circonstances le permettaient, tout comme Jérémy Menez serait un bon investissement sur le côté gauche. Je suppose que Rothen serait accueilli à bras ouvert mais se montre réticent à quitter "son" PSG.
Concernant Belhadj, à part Jérémy Mathieu et Sylvain Armand, je n'aurais pas vu mieux. Voilà en tout cas une équipe qui sait aussi préserver le transfert d'affect d'une saison sur l'autre...
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