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Ma photo
Badauderies
Mon bloc perso.
Une fois de plus, je m'avançais, le long de ces couloirs où les tapis épais étouffaient les bruits de pas dirigés tantôt vers des miroirs, tantôt vers des fenêtres ouvrant des perspectives inconnues sur les statues impassibles des jardins de Marienbad.
(Li brement inspiré d'Alain Robbe-Grillet)
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Publié le 10/07/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Quand la beauté et la peur se mêlent, on peut à raison parler de beauté fatale. Dans mes errances sur les toiles numériques de la toile, j'ai eu la chance de tomber dans le piège de Mélanie Delon . On se laisse volontiers piéger par la beauté de ces personnages, d'autant que ce sentiment de beauté se double d'un autre sentiment, l'inquiétude ou même la peur. On est donc doublement interpelé, sur deux plans émotionnels différents.


La vengeance de la mariée (beauté) en noir (inquiétude) - All My Hate (c) Mélanie Delon

C'est la séduction que peut avoir sur ces dames la figure de Batman, le personnage du Captaine Jack Sparrow ou l'acteur Jude Law.

Jude Law joue de son côté "outlaw"


Trop de beauté, pas assez d'étrangeté ou de peur... Keira n'est pas aussi intéressante...


tandis que Keira nous effraie et nous ravit.



Sans être dangereuse, Catwoman serait-elle aussi belle?

Brume (c) Mélanie Delon

Eros et Thanatos réunis, comme dans cette superbe Brume de Mélanie Delon, sont en tout cas assurés de faire de l'effet, et de ne laisser personne indifférent ! C'est l'exact contraire des photos de personnes barbisées, plastifiées et neutralisées par la retouche photo. Le travail de cette artiste consiste justement à mettre des reliefs, des contrastes au coeur même de l'impression donnée par ses peintures.

Platon, qui démontrait déjà en son temps que le beau est sans concept, ne définissait-il pas l'oeuvre d'art comme unité dans la diversité et diversité dans l'unité? Dans l'unité de ses toiles, la dame surnommée Eskarina nous propose une diversité qui fait toute leur valeur. Je ne peux donc que vous conseiller des visites régulières sur son blog ou sur dans ses galleries .
Publié le 09/07/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Vous pensiez connaître Ben Hur... Mais connaissez-vous Benny Hur ?


Benny
envoyé par mozinor

Par ce film inaugural, sans doute le meilleur de son auteur, je souhaitais rendre un vibrant hommage à Mozinor, détourneur d'images de films, et personnage habité par la puissance de la Funk (prononcez "Fonk"). Quelques lourdeur et quelques langueurs, mais des répliques énormes ("chez les guerriers Massaï, au Kenya, en Amérique", "Vous avez un de nos prisonniers, un certain Richard Bohringueur", "Depuis cette époque j'adore m'ouvrir la poitrine", "Et mes Chocapics, Fatou ?", "C'est une boîte à Lambert, ça imite le rire de Christophe Lambert et ça fait peur aux chiens"), des clins d'oeils à la pelle (si vous aimez les films de Tarantino, ce monteur est votre homme), une bande-son que les fans du jeu Interstate'76 vont adorer, et un énorme boulot de montage.

A titre personnel, j'ai une grande affection pour "Toto story", le détournement d'un concours de Mister Univers à Pretoria avec Schwarzeneger et le futur M. Hulk de la télévision. Mais chacun peut y trouver des pépites, en fonction de sa propre mythologie.

Son site est une porte d'entrée sur le merveilleux monde du détournement, à explorer quand vous avez quelques jours de vacances : http://www.mozinor.com
Son univers est aussi l'occasion de découvrir des genres musicaux tournant autour de la soul, de la funk, du bebop, etc. Ainsi on se laisse embarquer sur la "Galère de la Fonk" avec notre cher Benny.


D'autre part, il y a de l'absurde très réjouissant dans son humour, digne de "la différence entre un rhinocéros" (pour ceux qui ne connaissent pas la réponse, c'est "il ne sait ni voler"). A ce titre "007 Tu peux pas test" est remarquable. Au fait, qui sait ce que signifie "tu peux pas test"? Je n'en sais absolument rien et c'est la première fois que j'entends cette expression, qui évidemment n'est pas encore dans les pages roses du Larousse...



Bon vent donc à Mozinor, qu'il continue à nous relire à sa manière les films et séries cultes des années passées.
Publié le 08/07/2007
Par fxboffy
Humeur : Maussade
Les bibliothèques actuelles sont de beaux lieux, avec des rangées très mathématiques, rassurantes, et l'écriture littéraire dans certains livres, porteuse de folies et de vie. Elles ont des couleurs codées, l'odeur des moquettes rénovées ou du revêtement de granulés plastifiés, le son des murmures, des pas, des pages et des machines à code-barre. On a des espaces très pensés, très riches en informations et en méta-infromations. Les panneaux de classement font penser aux panneaux plantés devant les simples dans les jardins botaniques médiévaux.

(Par parenthèse, je suis à chaque fois attendri par l'origine du double sens de scrupule, à la fois source de gène morale et très petite unité de mesure de masse : le petit caillou scrupulus sous le pied qui gênait les Romains en sandales était aussi utile comme contrepoids sur une balance à poudres.)

Les bibliothèques numériques, à quoi ressembleront-elles ? Une part de moi, nostalgique, regrette déjà, avant qu'il ait été muséifié, l'objet livre. Il cachait son contenu, semblait comme une fleur qui s'ouvre à mesure qu'on la découvre. Il ressemblait un peu à un oiseau, ce que nombre de dessinateurs avaient utilisé pour dire toute la vie portée par les livres : la librairie ésotérique L'Oiseau livre porte même cette image en enseigne. Un livre numérique est souvent d'abord une icône en forme de A script rouge sur fond blanc, le symbole d'un document PDF.

Ou alors, dans le meilleur des cas, un livre numérique est la page de couverture du livre réel. Et si le livre n'est jamais réel ? Il faudra bien inventer des couvertures fictives pour vendre sur Amazon, Barnes & Noble et le site de la FNAC. Les rangées des bibliothèques se croisent et s'interpénètrent comme dans un tableau de Maurits Cornelis Escher : un livre peut appartenir à 2 ou 3 ou 10 rangées à la fois, son existence est juste une probabilité actualisée par la recherche des internautes.

MC Escher
Lorsqu'on effectuera une recherche, ce ne sera plus (jamais ?) une recherche de document, mais une recherche d'information, organisée et triée par la main invisible, impartiale et incapable de la loi d'indexation automatique. En tapant le mot "je" on saura ainsi, grâce à un algorithme puissant, quelles sont les pages de Corinne ou l'Italie dans lesquelles madame de Staël utilise un discours narratif à la première personne. Il sera donc possible d'en étudier les occurrences sans avaler les il/elle/on, les nous, les vous, les ils/elles, les tu par milliers, mais aussi sans pouvoir mesurer la formidable incongruité de ces occurrences dans les centaines de pages du roman.

Dans ces cousines, les librairies numériques, on ne commandera pas une botte de carotte et 6 pommes, on demandera la pelure de carotte et le trognon des 6 pommes; c'est à dire, je ne voudrai pas acheter Le Seigneur des Anneaux tome 1 - La Communauté de l'Anneau et Histoires de Demain, pour 8 €, mais le chapitre "Un raccourci vers les champignons " et la nouvelle Les Pieds et les Roues, pour 0,55 €.

Devant la lassitude de certains de n'interagir qu'avec des icônes et des zones de texte et des boutons, certaines cyberbibliothèques proposeront la convivialité d'une navigation en 3D. Les avatars de bibliothécaires seront de plus en plus fouillés, ils ne ressembleront plus aux premières générations dignes de l'anthropomorphie d'Archimboldo (voir ci- dessous).

Le bibliothécaire - Arcimboldo (c) 1995 François Almaleh

Certains internautes proposeront leurs MySpace livres, mélanges de partages de livres d'autres et de livres écrits par soi, parfois sans distinction. Les bibliothèques de Second Life² seront en lien direct avec les stocks numérisés de la Bibliothèque du Congrès Américain. Et dans les livres des auteurs modernes un outil très pratique permettra de créer automatiquement un hyperlien vers les oeuvres nommément citées ou évoquées par le biais d'une citation. Certains faux-monnayeurs, Gide ou Robbe-Grillet du XXI° siècle, retrouneront le palimpseste en faisant visiter une bibliothèque dont l'histoire, le fond et les extraits disponibles créent une oeuvre de pure fiction où le lecteur perd la limite entre l'écriture d'une aventure et l'aventure d'une écriture.

Les Reptiles de MC Escher

Je dois le reconnaître, il y a dans les boulversements dus à la bibliothèque numérique des aspects très séduisants. Mais alors que le naturel n'en finit pas de revenir au galop, l'incroyable densité du réel, les belles difficultés des introuvables et des recherches limitées par un fond rendent la présence de bibliothèques matérielles nécessaires. Que de découvertes n'auraient pas eu lieu si tout le monde avait trouvé d'emblée l'information recherchée ! Pas de Colomb en Amérique, pas de 100 jours de Napoléon, pas de pasteurisation, pas de radiographie des poumons ! Pas de curiosité possible, pas d'envie ou de désir de savoir.
Publié le 07/07/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Et à toute señorina, le respect qu'on doit. Force est de constater que par leurs attitudes, Laurent Wauquiez et Nathalie Kosciusko - Morizet donnent les gages de probité et de qualité qu'on pouvait espérer d'eux, quand on les suivait un peu l'an dernier. Je dis on, je devrais dire je.



En effet, avant d'être porte-parole du gouvernement fantôme de monsieur Fillon, Laurent Wauqiez était le benjamin de l'assemblée de 2002. A ce titre, son ouvrage relatant la vie au quotidien d'un élu de la nation en a passionné plus d'un, y compris par exemple la candidate de gauche en lice dans ma circonscription électorale. Il montrait déjà son efficacité et sa clairvoyance à de nombreuses occasions, comme par exemple concernant la crise du CPE. Beaucoup plus récemment, j'ai vu son passage dans l'émission On n'est pas couché
de Laurent Ruquier, et mes bonnes impressions se sont nettement confirmées.



La secrétaire d'état à l'écologie était très bien lors du débat suivant le documentaire La Terre vue du ciel. Tout comme elle était très bien dans la majorité des reportages ou débats de plateau qui la concernaient. Elle m'a ainsi fait comprendre, par média exposé, l'importance de la stricte hiérarchie législative qui organise notre pays : les collectivités territoriales n'ont pas de pouvoir législatif déconcentré, ce qui limite malheureusement leur capacité d'initiative sur le plan écologique. En même temps, c'est un garde-fou juridique, économique ou social.

A ces personnes politiques dont je ne partage pas tous les avis, je tire mon chapeau.

Publié le 06/07/2007
Par fxboffy
Humeur : Ironique
C'était un très beau débat, sur la Terre et puis tout cela. Yves Cochet et Nathalie Kosciusko-Morizet, c'est pour le côté politique, Jean-Marie Pelt, c'est pour allier caution scientifique et trouvailles internationales, des intervenants très intéressants, beaucoup de finesse de la réflexion (mis à part quelques raccourcis de Yann Arthus-Bertrand, compensés par sa volonté d'agir vite et maintenant). Le débat qui a suivi l'émission de France 2 La Terre vue du ciel valait vraiment la peine, ne serait-ce que pour voir un débat vraiment respectueux et non borné, avec des dialogues vivants, pas guindés (malgré le fait qu'il a été enregistré, ce qui se sentait parfois trop nettement).



Il y était évidemment question du monde, des gens, et des citoyens.

Et puis la question qui me vint forcément, et toi tu fais quoi, et qu'est ce que tu pourrais faire de plus ? J'ai laissé depuis plusieurs mois de côté le dilemme : faut-il faire tourner en continu son ordinateur pour faire progresser le projet de calcul partagé pour une meilleure modélisation des évolutions climatiques, sachant qu'un ordinateur qui tourne ça consomme de l'énergie ? Je l'ai résolu en ne calculant plus pour Climate Prediction, et en utilisant mon temps de processeur pour la recheche sur les protéines et pour le très classique SETI at Home. Au niveau du tri de déchets, je suis plutôt correct, sauf les piles (que je stocke indéfiniment) et les ampoules (que je jette à la poubelle normale) à cause des filières de récupération plus complexes.

recyclage


Sur le plan des dépenses transports / chauffage, tout est fait au maximum à la maison pour rejeter le minimum de CO2 (le gaz à effet bouc émissaire). Les achats en fonction des emballages, je le fais surtout pour une seule chose : les pains au chocolat de marque P*squ*er ont un grand sac; ceux de marque Ch*mp*on, moins chers, sont emballés individuellement puis par un gros sac. La seconde marque perd donc mon suffrage en raison des emballages excessifs.



Sur le gaspillage de l'eau, j'ai honte sur toute la ligne : bains à répétition (mais souvent avec une eau pour 2, voire une eau pour 4 personnes parfois), lavage long des aliments, des mains, tirages maniaques de la chasse d'eau, et quand je ne gaspille pas l'eau je gaspille des lingettes, comme de plus en plus de monde dans le monde.

Mais il y aurait tellement de choses à améliorer, la liste serait longue. Grâce à ce genre d'émission pas entièrement simpliste, on a envie de commencer la liste, même longue, cela la justifiera. Je commence donc demain à trier mes ampoules.
Publié le 05/07/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Alors que je participais à un tournoi de poker à couteaux tirés, m'est venue cette réflexion ou plutôt cette question : est-ce que c'est du sport?

(c) www.nellio.com

On me dira que l'effort physique est faible, et l'utilisation du corps est mineure... Pourtant, quel contrôle est nécessaire pour masquer un bluff ou feindre l'hésitation avant de surenchérir avec une paire d'as ! Il y a autant de différence entre une partie à fort enjeu et une partie entre amis, qu'entre un match entre Kramnik et Topalov et une partie de jeu d'échecs en maison de retraite. A ce sujet, le joueur d'échec qu'est Patrick Bruel donnait récemment une interview très intéressante sur ce sport , le comparant aux échecs. D'ailleurs, ce sport cérébral par excellence, le jeu d'échecs, fait appel à une utilisation très particulière du corps, mais cela reste un sport nécessitant entraînement, vivacité, concentration, intuition, adaptabilité, motivation. Et c'est tellement prenant quand on s'y lance...

La G.M.I. (Grand Maître International) Zhou Chen ne dirait pas le contraire, les échecs sont un art martial où l'équilibre parfait des pièces est toujours remis en question.

La question de la limite entre sport et jeu est aussi floue et fluctuante qu'entre sport et loisir (on se croirait dans les catégories du Trivail Poursuit (tm)). J'ai longtemps considéré le golf plus comme un loisir que comme un sport. Et pourtant, à force d'observer les infimes inflexions qui peuvent être données à une même balle, à force de constater l'hégémonie âprement défendue de Tiger Woods, en repensant au final du British Open où Jean Van De Velde avait trois coups d'avance au dernier trou et a tout perdu sur un geste légèrement trop mou, je dois reconnaître que c'est un sport de haut niveau, même si les tenues souvent ridicules et désuettes de nos golfeurs préférés nous le font oublier.

Ce genre d'exercice, ici effectué par Michelle Wie, n'est pas à faire sans un minimum d'entraînement, sinon c'est le lumbago et la balle dans le ruisseau !

Le curling est un sport olympique, tout comme le tir au pigeon, alors pourquoi pas les échecs ou le golf, sur le même mode que dans le football (seuls des jeunes, encore amateurs, peuvent y participer) ? Et à quand l'intégration du e-sport, qui devient de plus en plus pointu et compétitif ?

Des esportifs aussi affûtés que des perchistes ou des joueurs de squash ((c) www.esportfrance.com)

Car finalement, ce qui caractérise un sport, c'est surtout la nécessité d'implication physique, technique, mentale que la haute compétitivité des adversaires et partenaires induit. Les loisirs ne sont pas compétitifs, ce sont juste des passe-temps. Et les joueurs de jeux (et non d'un sport) tirent leur principal plaisir de partager du temps sportif, et non de la satisfaction de la victoire. D'où les rappels de certains aux mauvais joueurs : "allez, arrête c'est qu'un jeu !".
Publié le 04/07/2007
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
En empruntant le sous-marin jaune des Beatles, que l'armée américaine a rebaptisé USS-Art, je me suis trouvé sur un lieu de conflit sans merci ni adieu, la lutte des anti (qui parlaient beaucoup) et des pro (qui se taisaient dubitativement) tags. Soyons honnêtes, un tag n'est en général pas très beau, surtout lorsqu'il proclame:

Nike la police

Souhaitant ainsi dans un mélange de grec et de français la victoire (Nikè) de la police. Si vous avez déjà vécu à proximité d'une ville, d'une rame de métro, d'un établissement scolaire, d'un abribus, d'un pont routier ou de bancs en pierres, vous avez des exemples en tête de traits plus dégradants que valorisants.

Mais je fais partie de ceux qui ne s'interdisent pas de reconnaître la créativité, le talent voire même le génie sous prétexte qu'un art est secondaire, mineur, etc. Un exemple de transition possible entre l'art de la rue et l'art des galeries est proposé par Astekz, un grapheur - peintre aux inspirations très "piquantes". Ce qui est intéressant chez cet artiste, c'est qu'il n'a pas un seul mode d'expression, le graffiti; mais le graffiti est une part non négligeable et non inférieure de son travail. Disponibles et empruntés sur son site, voici 3 spécimens intéressants.




















Par ailleurs, le graffiti d'art n'est qu'un sous-genre de la peinture murale, qui n'a plus de difficultés à être reconnue : des trompe-l'oeil de Lyon et Chambéry aux immenses et magistrales fresques de Diego Rivera, ou aux plus récentes scènes peintes par Xavier Cortada, il y a de la valeur potentielle.


Xavier Cortada, Discover Biscayne Bay, 60" x 115", acrylique sur canvas, 2003

Le maître des tags, celui qui amène l'écrit au plus haut point de l'image, c'est Jean-Michel Basquiat . Doté d'un talent honnête (ce qui fait naître l'intérêt) mais surtout d'un génie profond (ce qui fait naître la valeur).

En conclusion, vivent les tags, surtout lorsqu'ils sont mis en oeuvre par l'artiste.
Publié le 03/07/2007
Par fxboffy
Humeur : Ironique

Alors que les résultats du baccalauréat sont tombés, il est d’usage de collectionner les perles produites durant les épreuves. On en trouve par exemple un joli digest dans L'Intégrale des Perles , sorti aux éditions City Editions début juin.

Mais certaines figures des perles sont récurrentes, et pourraient donner lieu à une production industrielle, par opposition à l’artisanat qui caractérise ces amateurs d’élèves Clin d'oeil Voici quelques exemples de perles de culture :

- Jeanne d’Arc a été fusillée par les nazis

- Gutenberg a été guillotiné pour avoir affirmé que la Terre était ronde

- César a été tué par son fils, Césarion

- Victor Hugo était en exil à Sainte-Hélène à cause de Napoléon

- X a été tué de façon Y par Z (ou parce qu’il faisait Z’)

On le voit, de nombreuses combinaisons sont possibles, mais quelques-unes seulement font sourire. Et surtout cela s’use au bout de la troisième ou quatrième erreur du genre. Il y a aussi l’expression mal retranscrite qui donne un sens absurde à la situation :

- Le feu du palais n’a pas pu être circoncis (encore heureux !)

- Le médecin pourrait voir la mygale du patient

- Le poète Michel Ciment fait ici une bétonymie

- Les Aryens vivaient en Nazie d’après Hilter.

Il suffit de trouver deux mots suffisamment proches phonétiquement et éloignés sémantiquement pour provoquer un effet cocasse.

En physique et en maths, on apprécie aussi l’erreur d’échelle, de l’infiniment grand à l’infiniment petit :

  • Il faudrait 1830 ans pour que le train A arrive à Marseille

  • Le terrain de Monsieur Paul mesure donc 1250 millimètres de long

  • La masse volumique de l'eau est donc deux fois supérieure à la masse volumique de l'hydrogène à l'état gazeux

  • Donc sin (x) = 235
Là encore, cela lasse assez vite. Les ruptures de niveau de langue sont elles aussi très savoureuses. Cela donne par exemple des citations très audacieuses, du genre "César dit à Vercingétorix : "ta situation est foutue, les mains en l'air, ren-toi !"" ou "Gallilée avait tellement tort qu'on est toujours pas tombé dans le trou au bout". C'est riche, mais sorti du contexte ça perd de son piquant.

Un dernière manière d'élever les perles artificielles consiste à attribuer une citation à une personne qui n'en est pas l'auteur. César, Napoléon, De Gaulle sont interchangeables facilement, mais c'est surtout en philo qu'on peut se régaler : Platon faisant du Descartes, Kant écrivant que "toutes nos connaissances nous viennent de nos sens", Rousseau s'exclamant que "L'homme est un loup pour l'homme", Adam Smith converti au marxisme, Jacques Chirac disant "on ne se baigne jamais deux fois dans la même rivière", tout est possible ! Même le recours à la splendide expression "un philosophe" est possible lorsqu'on n'est pas sûr de l'auteur d'une pensée : "un philospohe disait récemment que l'homme est un animal politique" (on est pas à 2350 ans près), "un philosophe soulignait que Dieu reconnaissait les siens dans les morts d'une guerre" (quelle belle philosophie que celle de l'abbé Amalric), "Comme l'a écrit un philosophe, chassez le naturel, il revient au galop".

Il faut le reconnaître, toutes ces perles artificielles ne valent pas l'ingénuité des amateurs. Il faudrait supprimer le bac, mais il faudrait garder des épreuves stressantes, pour que ne disparaissent pas les perles !
Publié le 02/07/2007
Par fxboffy
Humeur : Ironique
Les questions, intimement liées, ne semblent pas être suffisamment réglées par la loi sur les Droits d'Auteurs et Droits Voisins dans la Société de l'Information (DADVSI ). Et les deux vidéos de la semaine du zapping (du 25 au 30 juin 2007) le montrent, au travers de l'exemple du journaliste anglais prisonnier à Gaza comme au travers du cas de fraude sur les gains d'un jeu de hasard .

Doit-on flouter les images d'un prisonnier, sachant qu'il peut être aisement identifié au travers de son nom ? Le meilleur moyen de protéger les opérations en faveur de la libération, est-ce de faire connaître cette captivité par tous les moyens ou de n'en montrer que le minimum ? La question se pose au sein de la même chaîne, ce qui est d'autant plus révélateur des précautions à prendre. La question fondamentale restant : comment protéger la vie de celui qui est filmé, au détriment du message proposé par le réalisateur du film donc par-delà les usages en matière de droit de regard sur l'image ? Le journaliste n'est pas libre, donc il ne donne pas librement son accord pour être filmé. Le réalisateur ne respecte pas les droits de l'homme, donc il est exclu du droit d'auteur, de fait, par les Etats démocratiques. Mais à qui le droit et les modalités de diffusion appartiennent-ils alors ? Je serais tenté de dire qu'en France c'est le CSA, mais en l'occurrence cet organisme a bien d'autres chats à fouetter et n'a pas les moyens de ses ambitions croissantes et de champs d'investigation en expansion.

On retrouve cette incertitude sur le droit de regard sur l'image à propos de personnes inculpées pour fraude, des buralistes ayant donné une interview à l'époque d'un tirage au sort gagnant. Partant du principe que l'extrait était disponible dans les archives de l'INA, une rédaction a jugé bon de la diffuser en l'état. Une autre rédaction, ayant pourtant à l'esprit les mêmes réglementations en matière de protection de la vie privée, a préféré flouter le visage d'un personne incriminée. Il s'agit sans doute là d'une anticipation sur une éventuelle plainte (un inculpé a droit à la présomption d'innocence), mais il faut dire que le plaignant serait mal venu de refuser la diffusion d'un reportage pour lequel il avait donné son accord quelques mois auparavant. Un accord de diffusion vaut-il pour toute la vie ? Si l'on ne veut pas que le droit à l'image, déjà extrêmement confus, ne devienne une jungle inextricable, je crois qu'il faut le considérer ainsi.
Publié le 01/07/2007
Par fxboffy
Humeur : En colère
Cela sent les vacances pour tout le monde, même pour nos amis les politiques et pour ceux qui les "suivent". Je corrige tout de suite mon expression, "nos amis" est condescendant alors que je ne les regarde ni de haut ni d'en bas, je préfère donc évoquer les événements, grands ou petits, qui agitent le monde politique.

En cette période d'acharnement sur les boucs émissaires, de François Hollande à Jean-Louis Borloo en passant par les entraineurs de ligue 1, je n'en ferai pas trop à propos des propos de monsieur le président du conseil général des Hauts de Seine sur Madame Anne-Marie Comparini. Je ne reviendrai pas sur son attaque anticommuniste à propos de la dangerosité de la Seine-Saint Denis, grotesque. Mais ce mot ordurier de "salope " a du mal à passer. Non seulement parce qu'aucune femme ne devrait être traitée de ... , parce que l'insulte est à la fois machiste, déshumanisante et arbitraire. Mais surtout parce qu'Anne Marie Comparini ne mérite en aucune matière le dénigrement pour son action politique. Le seul tort qu'elle puisse avoir, aux yeux d'un partisan de la droite dure et bornée, ancien membre du groupe Occident, c'est celui de s'être associé à la gauche pour empêcher Millon d'être président du conseil régional de Rhône Alpes avec le soutien du Front National.


Pour le reste, elle est restée fidèle à François Bayrou pour fonder le Modem, refusant de faire allégeance à l'UMP de M. Devedjian pour être assurée de retrouver son mandat de députée. Son courage en la matière l'a empêchée d'être réélue. Frapper une femme à terre avec ce mot injurieux, c'est trop. Puisque monsieur Sarkozy se targue de s'entourer des hommes et femmes de qualité, quel que soit leur bord, il pourrait aussi rejeter plus fortement ceux qui en manquent singulièrement. De toutes les qualités qui font qu'une personne est bonne politique, la première est qu'elle est policée dans ses rapports avec ses concitoyens. En guise de sanction, je propose que le président du conseil général du 92 devienne président de l'UMP. On rirait bien, alors.

Je fais juste une dernière remarque : le "off" est encore de la partie ! Car c'est bien une forme de "off", discuter devant une caméra ce n'est pas rien, pour un homme politique. S'il souhaitait avoir une conversation privée, qu'il se rende dans un endroit privé ! Quand je vous dis que les femmes et hommes politiques devraient sortir de leur esprit la notion de "off". Toute leur existence publique est "on", et c'est une lourde charge; qu'ils se concentrent donc sur un mandat local et au maximum un mandat national, cela leur donnera des respirations loin des médias !

Autre nouvelle politique, importante, Bernard Kouchner travaille, oeuvre, obtient des pas importants de la part de la Chine. C'est un véritable espoir pour le Darfour, si toutefois avec 50 % des Français heureux au soleil et couchés sur le sable brûlant, la majorité silencieuse ne pense pas qu'après tout, ils n'ont pas à se plaindre, au Darfour, c'est le Pilat toute l'année...

Le ballet des têtes d'affiche du PS est étrange, avec un acharnement de personnalités de poids sur la poupée vaudou d'une grande absente, qui invente le snobisme dans la simplicité. Comment madame Royal pourrait-elle être Sine NOBilitate ? Une noblesse populaire, c'est rare, je n'ai en mémoire que Eva Peròn ou Lady Diana qui y soient parvenu, et cela ne les a pas empêchées d'être mortelles... Mais je préfère m'intéresser aux seconds couteaux, si intéressants, si importants (car qui peut prendre place dans la cuisine d'un parti quand un couteau est usé, sinon les seconds couteaux ?).

Une personnalité me semble de plus en plus affûtée, et volontairement je ne dis pas aiguisée. Aiguisée, c'est pour une personne arriviste. Najat Vallaud-Belkacem est ambitieuse mais très loyale, très intègre, et son positionnement est une merveille. J'avais déjà admiré, je dis bien admiré la beauté claire de son discours devant les chefs d'entreprise du Cercle . J'applaudis maintenant à la précision et au courage de son positionnement, pour Ségolène Royal et favorable à DSK . Il y a une grande cohérence dans ses idées, et une parole très policée, elle n'aurait donc rien à craindre d'une disparition du "off".

Je n'ai bizarrement aucun commentaire à faire au "ghost government" de Jean-Marc Ayrault, qui peut être une initiative démocratique majeure ou un jet de concombre de mer apeuré. L'avenir seul répondra à cette incertitude.

En revanche, et ce sera mon dernier commentaire, le Timor Oriental vivait samedi des élections cruciales pour le retour au calme dans ce pays au bord du déchirement. Le nombre de sujets sur ces élections dans les grands journaux des chaînes généralistes se compte sur les doigts d'un main. Les 298 morts du Pakistan n'ont pas non plus fait le poids par rapport à 5 randonneurs dans les Alpes. Il faut dire que c'est pas les même morts, aussi... Bravo la myopie de nos médias, alors que le Maghreb, l'Allemagne, par exemple, ont souvent un vrai regard sur l'actualité internationale.
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