Lorsqu'elle coupait la parole à son adversaire, que ce soit à propos des 35 heures ou lors de sa "sainte colère" concernant l'accueil des handicapés à l'école, elle se comportait en "homme politique" comme les autres (telles Michèle Alliot-Marie, Martine Aubry, Simone Weil ou Edith Cresson). C'est peut-être le "secret de fabrication" que cachait Sarkozy à une journaliste à l'issue du débat : faire tomber Ségolène dans le même monde que tous les êtres politiques, soumis à l'exigence d'autorité et de compétence, et ce faisant lui retirer sa qualité principale, à savoir sa dimension iconique et maternelle.
Mais il me semble que si demain les réflexes misogynes inconscients se réveillent et confirment les derniers sondages, ce sera le coup final d'un bien cruel engrenage : pour prouver sa compétence, Royal a du se montrer impériale et intraitable; mais en prouvant sa compétence, elle est sortie du rôle que trop de nos compatriotes lui assignent inconsciemment : celui s'une mère, appaisante et aimante, incapable de fermeté politique.
Alors je souhaite sans y croire, j'espère sans m'y préparer, que le 6 mai 2007 sera la journée de la femme politique, à la fois femme ET être politique.







