Après deux tours de la présidentielle, la perspective des deux tours des législatives amène une donne nouvelle dans la redistribution prévue des cartes politiques. Au mileiu de tout cela, il faut bien l'avouer, les encartés sont les plus circonspects des électeurs : les Bayrouistes non-UDF seront-ils assez solides pour constituer une nouvelle base ? Les nouveaux UDF pro-Bayrou vont-ils changer de parti sitôt arrivés ? José Bové voulait créer un parti, qui va-t-il réunir, son électorat seul ou tous les déçus des autres mouvements altermondialistes ? Les Verts se font happer par les grands courants, socialiste à gauche et démocrate au centre (cf. le ralliement de Bennamias, Lepage, Waechter à Bayrou), mais comment vont réagir leurs militants ?
Parmi les vainqueurs même, des questions se posent : faudra-t-il aux Besson, Blanc, Bourlange, Morin, Tapie, Gallo, De Robien, etc., entrer à l'UMP pour faire partie de la majorité présidentielle? Ou seront-ils subventionnés sous des étiquettes à part, "majoritaires de gauche" et "majoritaires du centre" ? Enfin concernant le parti socialiste, ce qui a fait beaucoup polémique et provoque un double danger, c'est la divergence entre les tenants d'une stabilisation et ceux qui prônent un renouvellement immédiat pour minimiser la défaite annoncée en juin prochain. Que Ségolène ait recueillit 17 millions de voix est une pleine réussite. Mais le doit-elle à l'appui de son parti ou à l'appui de ceux qui veulent qu'elle change la gauche? Et terminer "Première Dauphine" comme disait Nicolas... Canteloup, cela ne présage rien de bon pour les résultats du PS lors des prochaines législatives.
Deux camps, au minimum, s'affrontent : ceux qui comme Arthur en son temps, souhaitent que les responsables soient mis sur un pied d'égalité pour mener ensemble les combats (François Hollande primus inter pares, DSK, Fabius, Royal, Emmanuelli, Peillon, Guigou, Rebsamen, Montebourg, Chevènement, Lang, Taubira, Aubry, sur une même ligne très "apparatchik"). Ceux-là sentent le vent d'Est, ils serrent les rangs pour résister à la vague, tiennent coûte que coûte leurs positions quitte à mourir au combat tels les Hoplites de Léonidas.
Il y a aussi ceux qui souhaitent une guerre de mouvement, prônant une modification significative de la ligne politique du parti pour coller au plus près des préoccupations globales des électeurs. Trois chefs s'avancent pour en revendiquer l'apanage, avec des forces et des faiblesses bien différents : Ségolène Royale, qui peut compter sur une assise solide du côté des Désirs d'Avenir, à la fois dans et hors du parti. Strauss Kahn serait sans doute assez fort pour prendre la rue de Solferino par les armes, aidé de Cambadélis, Moscovisci, et pourquoi pas Rocard et Kouchner. Mais en dehors du PS il n'aurait qu'un espoir modéré de rassemblement, parce qu'il n'a pas été assez médiatisé ces derniers mois.
Entre ces deux-là, la guerre a déjà commencé à mots couverts, un duel digne des meilleures chansons de geste (avec tout le côté répétitif que cela implique).

Après l'intérieur- extérieur et le pur intérieur, reste le chef qui souhaite changer le PS de l'extérieur... je pense bien entendu à François Bayrou. Dans la configuration actuelle, s'il ne rallie pas quelques personnes de poids venant du PS, il a peu de chance de briller autant aux législatives qu'à la présidentielles. Mais il a nettement ses partisans à sa gauche, à commencer par les mystérieux Gracques. La difficulté pour lui est de convaincre les socialistes qu'il est plus à même que les socialistes de tradition (Royal et Strauss Kahn) de faire une nouveau mouvement progressiste, républicain, démocrate et hautement respectueux des valeurs humaines.
Cela promet des flots de sang dans les rues de Solférino...
Au-delà de l'image, choquante, il y a aussi le dépit et la tristesse des vaincus, de ceux qui croient encore à leurs idéaux mais ont été débordés par la dure loi du terrain. D'aucunes peuvent en verser une larme...

Mais j'en connais une qui ne se laissera pas faire (Vas-y Ségo!).







