Depuis plus de 5 ans et de plus en plus nombreux, nous attendons le retour de la dame de la forêt. Enlevée en pleine pré - campagne présidentielle en Colombie, Ingrid Betancourt est pour beaucoup un symbole de courage politique, d’engagement pour un développement durable et équitable de son pays. Mais c’est une femme, une mère, une sœur, une fille.

J’ouvre une parenthèse pour me réjouir que son beau visage, rond, calme, incarne si bien l’espoir d’une issue heureuse, d’une condition meilleure, et en même temps la détermination qui est nécessaire pour soutenir de si longs tourments. Peut-être les petits garçons colombiens, français, belges, suisses, allemands, anglais, américains, espagnols, européens, africains, ou asiatiques rêvent-ils d’aller en expédition dans la touffeur de la forêt colombienne pour libérer cette princesse des griffes de ces gens toujours armés de fusils, ces gens si innommables qu’on ne les appelle qu’avec des lettres isolées, F – A – R – C.
Free All the Remaining Captives ! Libérez tous les prisonniers qui restent là bas ! Voilà comment nous devrions les appeler, ces extorqueurs de peur, ces grands loups rejouant des milliers de fois une version moderne du Petit Chaperon Vert. Le conte est cette fois complexe, il se rapprocherait plus de la pièce shakespearienne, tant l’attitude du gouvernement colombien (bien que partenaire indispensable des négociations) porte d’énigmes durant ces années de captures et de captivités. Mais il sera temps de faire les procès et de mener les accusations qui s’imposent dès que la principale concernée sera en mesure d’apporter sa vie, sa vision et son jugement.
Un témoin récemment échappé de cet enfer vert a déclaré avoir vu madame Betancourt, preuve de vie et preuve que la prisonnière de la jungle n’est pas loin d’en sortir. Pour suivre ce dossier je vous invite évidemment à visiter régulièrement le site qui y est dédié : http://www.betancourt.info .
Merci de penser à elle et aux 3000 personnes séquestrées dans cette forêt des maléfices des FARC. Merci de refuser toute transformation des luttes politiques nécessaires (telles que les menaient Ingrid Betancourt) en luttes armées destructives (telles que les ont menées les FARC, le Sentier Lumineux, la Faction Armée Rouge, l’ETA, l’IRA, Al Kaïda, les Escadrons de la Mort, les Redskins et les Skinheads).
Je souhaite que, comme « Jean-Paul Kaufmann […], Marcel Carton, Marcel Fontaine sont toujours otages au Liban », la phrase « Ingrid Betancourt est retenue prisonnière des FARC depuis maintenant plus de 5 ans » devienne un lointain souvenir, une bribe que la mémoire retrouve toute empoussiérée et sans actualité.







