Durant la même semaine, le football a eu l’occasion de proposer des « suites » très différentes mais non moins intéressantes.

La finale de la Ligue des Champions, tout d’abord, était comme la revanche de la mémorable finale d’Istanbul , où Liverpool était revenu de l’enfer en seconde mi-temps, pour finalement s’imposer aux tirs au but. La mémoire ne gardera hélas pas très longtemps cette suite, parce que la copie n’a pas égalé l’original, comme la plupart des suites. Le suspense n’a été au rendez-vous que durant une dizaine de minutes, encore qu’un remake des deux buts de Manchester United face au Bayern Munich dans le temps additionnel semble peu probable.

La suite attendue n’est-elle pas forcément décevante ? Lyon vainqueur de son sixième titre est-il plus intéressant que Lyon gagnant son deuxième ou troisième titre ? Quel intérêt pourrait avoir une ligue 1 (2007/2008) avec Lyon devançant son dauphin de 10 points à l’issue de l’exercice ? Deux options pourraient rendre mémorable le prochain championnat de France, si on ne prend en compte que la tête du classement : que Lyon soit mis en ballottage pour le titre (voire, le perde) ; ou que Lyon fasse une saison à 95 ou 100 points. Certains diront que c’est la qualité du jeu qui prime, mais d’une part ce n’est plus suffisant (Troyes, le Real ou Liverpool en sont l’exemple), d’autre part une équipe quasi-invincible (type Manchester cette année, ou Lyon fin 2006) a forcément un collectif mobile et performant.

Le parallèle avec le cinéma s’impose, pour moi : après avoir vu Spider Man 3 (du pourtant très bon Sam Raimi, avec les pourtant très intéressants Tobey Maguire et Kirsten Dunst), en ayant entrevu Pirate des Caraïbes 3 (malgré l’excellent Johnny Depp, la suave nougatine Keira Knightley et le très bon Orlando Bloom) et Shrek 3 (à la franchise pourtant créative et innovante), entendant parler des 4 Fantastiques 2, on se dit que cet amour des suites, amour vénal, amour intéressé, ne mène pas très loin. Deux opus ça va, trois, bonjour les dégâts...







