
Adieu Mary Pierce, ou quasiment adieu. Ne fais pas cet air surpris, ta grande et géniale carrière est derrière toi. Ta carrière romanesque est en train de s'achever dans un chapitre "infirmerie" aussi long que ton calvaire est long. Mary Pierce, qui envoyait d'énormes patates en volée du milieu du court, face à une Steffi Graf trépignant d'agacement devant les errements de son service. Le jour de la finale arrosée, Mary avait "des papillons dans l'estomac"... la boucle se fait avec le succès de Butterfly de Superbus en ce début d'année 2007.
Entre-temps, il y a les disparitions, la tristesse des occasions gâchées, les succès à nouveau (1999 - 2000), le faux déclin, puis les succès tardifs avec cette magistrale année 2005, 10 ans après, où Mary et Amélie se sont affrontées en finale du Masters. Ce sont deux arbres du tennis qui cachent la forêt des très bonnes joueuses françaises (Golovin, Dechy, Bartoli, Brémond...). Le paradoxe, c'est qu'avec le départ de Mary, il y aura un peu moins de soleil sur le tennis féminin français, et la forêt ne poussera pas aussi vite qu'avant...
La situation des garçons en atteste : à Forget, Leconte, Boetsch, Pioline, le seul Sébastien Grosjean a succédé (avec succès, certes). Puis la forêt de talents a eu de plus en plus de mal à pousser. L'ombre des filles, l'ombre de Noah, tant d'ombres planent sur Gasquet, Monfils, Patience, Llodra, etc. Le genre d'ombre qui ne donne pas envie de grandir pour recueillir un peu plus de lumière...
Il faut espérer alors que certains joueurs deviendront plus fous, plus diaboliques avec une raquette en main, et feront tourner en bourrique des géants russes (comme Santoro face à Safin) ou tenteront des volées du fond du court comme l'immense Mary Pierce du haut de ses 19 ans, en 1994.







